tarik rammadan , integriste ou pas ?

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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » ven. 22 janv. 2016 12:27

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https://www.youtube.com/watch?v=GKiGgq_28JA








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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » jeu. 31 mars 2016 11:33

Plenel et Ramadan, l’union sacrée

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Tariq Ramadan est comme un serrurier chargé d’ouvrir une porte, il a besoin d’un passe-partout, Edwy Plenel, fondateur du site Mediapart.

MathieuMiannay-BallonsCharlie-4S’il est pour ses disciples un maître, notre confrère Edwy Plenel est quoiqu’il arrive, un mètre. Celui qui sert à mesurer la modernité, la justesse d’une cause : le directeur de Mediapart est l’homme du temps. Un as de la pensée à la mode. Quand, face à Yann Barthès son interlocuteur de Canal Plus, je l’entends lancer une déclaration affectueuse à l’adresse de Tariq Ramadan, je me doute qu’il est en train de se passer quelque chose. Donc d’important puisqu’Edwy ne roule pas à l’ordinaire :

« Avec Ramadan, même si nous avons des divergences, nous devons fonder une maison commune »…

Voilà, les plans sont tracés et le ciment va tenir bon entre les fils de Trotsky, comme l’est Plenel, et la confrérie des Frères musulmans, dont Ramadan est le diamant en Europe. Quel rapport établir entre les idées de Léon qui n’avait jamais assez d’un couteau entre les dents et d’un anarchiste à fusiller pour être heureux et les frères qui prêchent un islam rigoriste et l’asservissement des fidèles ? Sans doute l’amour de l’ordre et de l’organisation de type militaire…

Entre Edwy et Tariq, la passion est si forte qu’elle voyage. Le 15 mars, sous l’égide de Ramadan alors que va se tenir à Bruxelles un forum organisé par le Qatar qui -interdit de rire- porte sur les « Dilemmes éthiques contemporains », le directeur de Mediapart va donc prendre la parole pour édifier les fidèles de la Oumma. Résumons, Plenel, officiellement militant de la démocratie et des droits de l’homme, « républicain » proclamé, s’en va, par sa présence, cautionner une dictature, un Qatar esclavagiste et corrupteur, un paradis fiscal, classé à la place 138 des démocraties dans le monde. Un État sans loi ni comptabilité publique ou un poète a été condamné à 15 années de prison pour avoir souhaité que le « printemps » soit une saison qui passe un jour par Doha… Mais il est également vrai que Dominique de Villepin, grand suporter de Mediapart, est à Doha, une sorte d’émir honoraire. Pour être complet, observons que ce pays couvert d’or peut être un bon investisseur pour une entreprise de presse, d’ailleurs il y a quelques années, frère Tariq a été en mesure de faciliter l’arrivée de capitaux vers les caisses d’un mensuel emblématique français, grand donneur de leçons. Dès lors on peut imaginer que, si un jour Edwy prend en main la cause bouddhiste, on va le retrouver en conférence en Corée du Nord…

Déjà Plenel a surpris en publiant un livre, hélas assez creux, où il affirme son intérêt et sa solidarité très tardive avec les musulmans, en Edwy c’est donc un converti philosophique qui s’exprime. Ceux qui se souviennent du Plenel (était-ce donc son double ?), associé à Alain Minc à la tête du Monde, ont toujours lu son journal comme l’indéfectible défenseur de la politique israélienne… Mieux encore, au cours d’un autre débat télévisé, notre ami si cathodique avait déclaré à Finkielkraut : « Sachez que je suis aussi juif que vous ! ». En l’Edwy nous n’avions pas alors senti le Tariq.

L’alliance trotskystes/Frères musulmans

Les savants, auxquels j’ai soumis le cas de notre maître, m’ont renvoyé à mon ignorance : la bonne entente entre les Frères musulmans et les disciples de Trotsky est vieille comme Nasser et la création du parti Baas. L’Union Soviétique prenant alors la défense des pays arabes, les enfants de Léon avaient choisi aussi sec le camp d’en face. Et pris au sein du monde musulman la défense des Frères, opprimés par des raïs socialisants et laïques. Voilà donc le temps des retrouvailles et le rêve de Pacs projeté par Plenel. À terme la France a le droit de rêver à un islamisme politique à la Erdogan, où la religion serait soluble dans la démocratie. Situation rarement observée au cours de l’histoire, sauf dans les salons de la reine d’Angleterre.

Pour être juste, et il est important de l’être quand on évoque Edwy, le référent en la matière, nous devons observer que d’autres trotskistes français ont déjà dansé quelques pas avec les Frères. « La question musulmane en France », l’excellent livre de Bernard Godard, vient de sortir chez Fayard pour nous rafraichir la mémoire. En 1983 l’esprit libertaire de la « Marche des beurs » a tellement effrayé le Parti socialiste que celui-ci a sous-traité la reprise en main des égarés à ses amis trotskystes. Alors les beurs sont morts noyés dans le tsunami musicalo-bêbête de SOS Racisme, Juju Dray, Eric Ghebali et leur bande nous intimant de ne pas « toucher à leurs potes ». En évoquant cette période, Godard, qui a tout d’un humaniste et rien d’un islamophobe, écrit : « Dans le gauchisme l’islam a commencé à occuper une place importante en raison du vivier intéressant que pouvait représenter les jeunes des « banlieues », de plus en plus socialisés par les mouvements islamistes, en particulier « fréristes ». Dans la revue de la Ligue communiste révolutionnaire, trotskiste donc, après une longue digression sur la laïcité on peut quand même lire : « C’est pour cela que c’est une erreur grave… d’exclure par principe toute organisation musulmane de la lutte anti-impérialiste ». Voilà, le sabre de Trotsky est bien compatible avec le goupillon de l’islam. Dans cet esprit la Ligue va prendre parti contre la loi du voile à l’école, au grand dam des militantes féministes elles-mêmes militantes de ce mouvement.

Trouvant la Suisse trop petite pour son rêve missionnaire, quand Tariq Ramadan ouvre une antenne et une boutique à Lyon, dans les années 90, il fait jonction avec plusieurs groupuscules « anti-impérialistes », écologistes ou évoluant dans l’esprit d’Attac. Épousant la cause de ses amis, Saint Tariq se sent prêt à pourfendre tous les Ramon Mercader.

Dans la naissance de la nouvelle passion arabo-musulmane de Plenel j’oubliais de citer un essai manqué, comme on le dit lors des concours d’athlétisme ou au rugby. L’écriture avec son compère Benjamin Stora -formé lui aussi aux délices de la pensée de Léon- d’un livre sur les « printemps » intitulé : « Un 1789 arabe ». Pour qui se sent morose aujourd’hui, l’achat de ce bouquin est recommandé.

O.P.A sur l’islam de France

Bien sûr Edwy ne va pas se saisir d’une auge et d’une truelle pour édifier la maison commune façon Trois petits cochons. Son édifice est une Tour de Babel faite de paroles et de papier. Papier, celui de son livre « Pour les musulmans » dûment récompensé par le Prix Cojep attribué par de fausses barbes des Frères musulmans turcs. Lors de la remise des lauriers on a pu voir notre nouvel Averoes face aux photographes. Mais aussi aux côtés d’une personne digne d’intérêt, Nabil Ennasri. Pour les curieux, cet éternel « doctorant » qui fait à la fois des piges et de la propagande pour le Qatar, est un « Frère musulman » influent navigant dans les ondes de Ramadan. Autour d’une table dressée face aux caméras d’Alain Soral, on a pu voir encore Ennasri faire bonne figure auprès des Farida Belghoul, Christine Boutin, Béatrice Bourges et les ultras cathos de Civitas. L’objectif de la réunion était d’exiger qu’une fois par semaine les parents retirent leurs enfants de l’école, une Éducation Nationale accusée faussement de vouloir enseigner « la théorie de genre ». Comme excuse Edwy peut avancer que dans une compétition, si rude, on ne choisit pas ses partenaires de podium.

À Mediapart, pour l’avancement de la « maison commune », Plenel, le patron, peut compter sur quelques employés. Le premier d’entre-eux se nomme Puchot, prénom Pierre. Ancien journaliste à La Croix, le jeune homme -du genre qui sait tout- n’est donc pas dépaysé dans ce monde sacré. Pour l’avancement d’une cause où il s’agit d’accoupler les Frères et le marxisme, sous la fausse bannière d’une bataille pour « la démocratie », Puchot vient de diriger un livre, supposé savant. Son but est clair : dé-diaboliser la confrérie des Frères musulmans. Je l’ai acheté, et même lu, ce qui est moins facile, sauf lors de quelques moments de détente, des oasis, où l’on évoque le discret et admirable Qatar, totalement innocent de toute tutelle des Frères… Le sommet du rigolo est atteint au cœur de la prose produite dans ces pages par Romain Caillet, un chercheur qui mérite le stop d’un instant. En dehors de provoquer l’admiration de Puchot, Caillet est aussi pour le gourou islamologue François Burgat, une sorte de « papamadit », un admirable disciple discipliné. Interrogé par Le Monde, quelques jours avant les attentats de janvier à Paris, notre chercheur-sachant, notre Romain, nous avait rassurés : s’il y a bien un pays qui ne risque pas le terrorisme, c’est la France. Pour en finir avec l’opus de Puchot, outre un chapitre sur les relations entre les Frères et Obama, un autre sur le Maroc et enfin celui sur le Hamas, dont on regrette qu’il soit financé par le ministère de la Défense, disons, pour filer la métaphore maçonnière chère à Plenel, que l’œuvre de Pierre est un parpaing dans l’édifice.

En France, à l’heure post-Charlie où il est difficile, après des années de lutte côte à côte avec les musulmans, de défendre à la fois la laïcité et l’islam, il doit être possible de démonter sereinement le Meccano inventé par Plenel et ses amis sans mériter une fatwa ou les clous de l’islamophobie. À l’heure aussi où le religieux Manuel Valls, lui-même, affirme se méfier des Frères musulmans, il apparaît que des mains républicaines se tendent, simplement charitables, pour permettre à Tariq et aux siens de franchir un nouveau pas dans leur djihad : la prise en main de l’islam en France.

1. En 1953 Saïd Ramadan, le père de Tariq dans le bureau ovale de la Maison Blanche, reçu par le président Eisenhower.

2. Pour les lecteurs vraiment curieux de percer un peu plus la vraie nature de Ramadan, celle qu’il n’expose pas à la télévision, je recommande de se procurer sur Internet un CD de conférence du prêcheur. D’écouter en particulier « Les Grands péchés », sermon enregistré dans une mosquée de La Réunion… Là on mesure l’ouverture d’esprit et la lumière diffusée par le Frère musulman.



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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » dim. 17 avr. 2016 20:04

Tariq Ramadan : « Lapidation/femme : c’est plus chrétien que musulman »


Admettons que la langue de Marion Ruggiéri ait « fourché »… Admettons que ce benêt de J.-P. Bédol ait confondu le Nouveau Testament avec l’Indicateur Chaix… Admettons… Mais ne peut-on pas admettre aussi, simple hypothèse de travail je m’empresse de le dire, que tout ce petit monde aurait puisé sa “science” sur la « lapidation chrétienne » à une source plus ancienne et autrement plus autorisée ? L’idée m’a traversé l’esprit quand on m’a mis sous les yeux cette citation de Tariq Ramadan, qui fut prononcée le 26 septembre 2009 sur France 2 dans l’émission « On n’est pas couché »…

« L’association lapidation et femme, c’est plus chrétien que musulman ».

Le sens de la formule est un peu obscur. Que veut dire Tariq Ramadan ? Qu’associer lapidation et femme c’est plutôt dans la tête des chrétiens – éternels “associateurs” – que dans celle des musulmans ? Ou bien que les chrétiens associent immédiatement et uniquement ce châtiment aux femmes, tandis que les musulmans l’appliquent – presque – équitablement sur les femmes comme sur les hommes ? J’ai un doute… À vous de voir et de me le dire…

Sources : MilkiPress, Bismillah (23 octobre 2009), Dieu seul ! (27 septembre 2009)



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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » jeu. 21 avr. 2016 11:53

Tariq Ramadan se rêve-t-il en héros de Houellebecq ?

Tariq Ramadan: « La France est une culture maintenant musulmane. La langue française est une langue de l’islam. »

Le credo de Tariq Ramadan pourrait être qualifié d'islamo-gramscisme. Pour lui, l'islam doit s'imposer, au moins dans un premier temps, non par la force et la terreur, mais par le combat culturel et la bataille des idées. La religion du prophète doit infuser la société française pour mieux la régénérer en la guérissant de son nihilisme matérialiste. «Le réveil de l'islam peut apporter une contribution jusqu'alors insoupçonnée à une véritable renaissance de la spiritualité des femmes et des hommes de notre monde» écrivait-il déjà en 1995 dans Islam, le face à face des civilisations.

Ce dimanche, citant l'abbé Pierre qui voulait mener la guerre à la pauvreté, Tariq Ramadan a appelé son public au «djihad intellectuel, au djihad de l'éducation.». «Nous sommes des agents de réconciliation entre les valeurs de la France», a-t-il précisé.

«La France est une culture maintenant musulmane. L'islam est une religion française.La langue française est une langue de l'islam. Vous avez le capacité culturelle de faire que la culture française soit considérée comme une culture musulmane parmi les cultures musulmanes.»



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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » lun. 16 mai 2016 11:31

Lina Murr Nehmé : « Je trouve inouïe l’outrecuidance de prédicateurs comme Tariq Ramadan, Tariq Oubrou, Dalil Boubakeur ..» [interview]

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16/05/2016 – 08H00 Beyrouth (Breizh-info.com) – Lina Murr Nehmé, franco-libanaise, est professeur à l’Université Libanaise à Beyrouth. Elle est spécialiste de l’Islam, historienne et politologue. Durant 36 ans, elle a fait des recherches intensives au sujet des guerres contemporaines du Moyen-Orient, des mouvements terroristes, de leurs motivations, de leurs textes de référence, de leurs idées, de leurs actions, et aussi de leurs racines historiques: le Moyen Age, la Renaissance, etc. Le résultat: des ouvrages qui démolissent des idées reçues, notamment: 1453, Mahomet II impose le schisme orthodoxe.
En 2014, pour défendre des jeunes menacés de prison parce qu’ils avaient brûlé le drapeau de Daech, elle a brûlé le même drapeau et a mis sa photo sur les réseaux sociaux, déclenchant une épidémie de brûlage de ce drapeau chez les jeunes dans tout le Moyen-Orient. A ce jour, elle demeure la seule célébrité à avoir fait cela.

En septembre 2015, elle a publié aux éditions Salvator un ouvrage choc intitulé « Fatwas et caricatures, la stratégie de l’islamisme », dans lequel elle révèle le véritable enseignement dispensé par les islamistes en France, en Belgique, en Angleterre, en Allemagne. Des islamistes y compris dits « modérés » comme Tariq Ramadan et ses amis Frères musulmans. Dans l’ouvrage, elle retrace le renouveau de l’islamisation depuis quelques décennies, depuis la fatwa de l’imam Khomeiny contre Salman Rushdie en 1989 notamment. Elle a effectué un travail important de recherche sur ces fatwas, ces prêches, ces sermons qui ont amené à la montée de l’islamisme dans nos pays. Elle les dévoile dans son livre, ce qui lui vaut bien entendu des menaces de la part des fous d’Allah.

Nous l’avons interrogée, sur son ouvrage, sur le monde musulman aujourd’hui, sur sa vision de l’Islam, de l’islamisme. Ses propos tranchent avec le politiquement correct en vigueur dans nos pays. Attention, entretien décapant !

Lina Murr Nehmé – Fatwas et caricatures la stratégie de l’islamisme – Salvator – 22€

Breizh-info.com : Depuis 1989 et la fatwa contre Salman Rushdie, comment expliquez vous cette montée impressionnante de l’islamisme à travers le monde ?

Lina Murr Nehmé : Pour comprendre cela, il faut jeter un coup d’œil aux deux autres grandes vagues d’islamisme dans l’histoire. La première est la vague islamiste d’origine arabe, qui a abouti à l’occupation, puis l’islamisation, à moyen et long terme, du Moyen-Orient.

La seconde est la vague islamiste turque, qui a atteint son apogée avec l’invasion de Constantinople et la transformation de la capitale de la chrétienté d’Orient, en capitale de l’islam. Elle a abouti à parachever l’islamisation du Moyen Orient et de l’Europe orientale et même centrale.

La troisième vague est la vague islamiste moderne.

Toujours, la montée de l’islamisme va de pair avec les victoires militaires. Elles procurent au vainqueur l’argent et les richesses qui lui permettront d’acheter les loyautés dans les pays qu’il convoite. La méthode du bakchich a toujours été utilisée par les Arabes, puis par les Turcs, et quand le bakchich est très élevé, il obtient plus de résultats que les guerres et à bien moindre prix. Les victoires militaires procurent également à l’envahisseur un réservoir inépuisable de combattants qu’il achète justement avec de l’argent. Les victoires militaires, également, enthousiasment un certain public et démoralisent les cibles potentielles. En apprenant les massacres des Arabes — puis des Turcs — et leur vente des femmes et enfants en esclavage, beaucoup de villes préféraient se rendre à l’assaillant sans s’être défendues pour éviter ce sort.

Aujourd’hui, le terrorisme joue le même rôle. Il est perçu comme une série de victoires que justifient, aux yeux des masses, les crimes des Occidentaux — crimes vrais ou faux. Sur ce plan, la guerre du Liban a été le plus grand facteur de propagation de l’islamisme. Les Palestiniens, à l’époque, étaient plutôt à gauche, car c’était la mode. Ils ne se réclamaient officiellement pas de la religion. Mais à partir de la révolution iranienne, la rivalité sunnites-chiites a joué : les Frères Musulmans ont commencé à exiger que les femmes soient voilées. En Egypte, ils devenaient de plus en plus envahissants et violaient la loi en construisant des milliers de mosquées partout, même dans les jardins publics, utilisant des haut-parleurs pour diffuser leur doctrine dans la rue, dans les arrêts de bus, harcelant les citoyens dans les cafés, dans les transports en commun, même. A l’université, ils exigeaient l’arrêt des cours à l’heure de la prière, ils interdisaient les fêtes, etc. En toute illégalité. Et comme les Frères Musulmans par-delà les frontières sont comme des vases communicants, on a vu les Frères musulmans des autres pays commencer à faire une guerre psychologique comme en Egypte (mais à moindre degré bien sûr).

L’Organisation des Frères Musulmans, implantée en Europe par Saïd Ramadan (le père de Tariq Ramadan) a commencé à faire porter le voile aux femmes et même aux petites écolières, et ce fut l’affaire du voile en France. Cette affaire a beaucoup aidé à faire monter l’islamisme, car elle était présentée par la propagande comme étant une injustice envers les musulmans. En même temps, elle a fait de la publicité aux livres et aux conférences islamistes qui répandaient l’idée que les musulmans étaient la race supérieure et qu’ils ne pouvaient être gouvernés par des mécréants, etc. Tout cela n’a fait que grossir d’année en année. Sur ce plan, les masses musulmanes sont davantage des victimes que des bourreaux. On ne le voit pas en Occident parce que la solidarité familiale ou religieuse interdit de révéler les contraintes. Mais on le voit très bien en Orient, dans tous les pays qui ont été gouvernés par les Frères Musulmans ou par les organisations dérivées, comme Daech et Nosra.

Plus tard, la chute des tours jumelles de New York a poussé les musulmans à se moquer des Occidentaux et à les mépriser. Elle a été comme du pétrole jeté sur le feu. L’attentat terroriste est tellement publicisé qu’il est en soi un instrument de propagande. C’est même sa principale raison d’être.

La politique occidentale en Orient a également joué un grand rôle dans la montée de l’islamisme, dans la mesure où les Anglais ont, au XIXe siècle, empêché la chute de l’Etat Islamique (califat) de l’époque, qui était ottoman. Ils lui ont même livré le Liban, la Syrie, l’Irak et la Palestine. Ils ont ensuite, durant la Première guerre mondiale, fait la même chose avec les Arabes. Ils ont directement provoqué l’actuelle vague islamiste arabe, dans le but de briser l’empire ottoman. Ils croyaient qu’ils seraient les maîtres du Moyen-Orient s’ils fabriquaient un nouveau calife, arabe, qu’ils tiendraient par l’or. Enfin, ils ont accepté de reconnaître les Saoud après que ceux-ci aient massacré des centaines de milliers d’Arabes, presque tous musulmans. J’ai décrit le rôle des Britanniques dans les origines de la montée de l’islamisme moderne dans un livre intitulé « Quand les Anglais livraient l’Irak et le Levant à l’Etat Islamique », qui sortira en août chez Salvator.

Breizh-info.com : Comment l’Europe a-t-elle pu laisser ses villes devenir la proie des islamistes, en ce début du 21ème siècle ? Comment des pays qui ont mis des siècles à vaincre l’inquisition catholique se sont ils prosternés face à l’islam en quelques années ?

Lina Murr Nehmé : L’Inquisition catholique était certainement une aberration au temps de Philippe II d’Espagne, qui faisait brûler les sorcières alors qu’il honorait les dieux de ces sorcières en tapissant ses salons et son cabinet, de leurs portraits. Il ne faut en effet pas oublier que ces sorciers et sorcières n’étaient que les successeurs de prêtres et prêtresses des temps païens, qui continuaient, dans le souterrain, à offrir leurs sacrifices à Baal ou Asmodée, Asheroth ou Astarté (la Magna Mater), ou Diane, ou d’autres encore…

La même chose arrive aujourd’hui à l’échelle internationale : la politique occidentale s’acharne contre les petits terroristes, et ne touche pas aux grands qui les financent, car c’est dans son intérêt ! On sait que la majorité écrasante des terroristes du 11 Septembre étaient des Saoudiens, et que le rapport de la commission d’enquête sur ces attentats, dénonce clairement l’Arabie Saoudite.

Et pourtant, depuis plus de quinze ans, l’Etat américain protège les assassins en refusant de dévoiler 28 pages de ce rapport ! C’est vrai que le président Obama parle maintenant de rendre ces 28 pages publiques, mais après quoi? Après que l’Arabie Saoudite ait perdu une grande partie de ses moyens financiers, au point qu’elle a été obligée de diminuer les bourses qu’elle offre à ses ressortissants étudiants à l’étranger ! Or c’est l’Arabie qui se vante d’avoir, durant des décennies, dépensé des milliards et des milliards d’euros pour répandre sa façon de voir l’islam dans le monde. J’ai consacré plusieurs chapitres de Fatwas et Caricatures (Salvator, 2016) à décrire cette stratégie et ses effets, à cause, notamment, du contenu de la littérature que l’Arabie — et maintenant le Qatar — propagent en Occident.

Breizh-info.com : Les gouvernements occidentaux ne se focalisent-ils pas trop sur le terrorisme et pas assez sur la montée, plus pernicieuse, de l’islam politique et totalitaire, sous l’influence notamment des frères musulmans ? Le Salafisme n’est-il pas finalement plus dangereux que les actes de quelques illuminés se revendiquant d’al Qaida ou de Daesh ?

Lina Murr Nehmé : Absolument. Les terroristes sont souvent des victimes. On leur a lavé le cerveau, ils sont convaincus qu’ils vont coucher avec des vierges au paradis, dès le moment où ils mourront.

Les gouvernements occidentaux les emploient comme boucs émissaires pour cacher la responsabilité de ceux qui sont derrière leur radicalisation. Ils ont leurs services de renseignement. Les documents déclassifiés ou ceux publiés par Wikileaks (et dont ces gouvernements n’ont pas nié l’authenticité) prouvent que ces services font bien leur travail, et que les gouvernements en question sont parfaitement informés de la réalité sur le terrain. Mais ils veulent gagner les élections. Ils savent que s’ils sévissaient avec les Etats qui financent la propagande salafiste en Occident, ceux-ci pourraient faire un nouvel embargo pétrolier.

Or ils veulent vendre à ces Etats des avions, des armes et des contrats faramineux. En fait, l’argent payé par l’Occident sert ainsi, de façon presque directe, à tuer l’Occident. La baisse du prix du pétrole va limiter les dépenses saoudiennes, voire même les dépenses qataris. Mais le mal est fait : les idées financées par l’Arabie Saoudite durant des décennies ont germé en Occident, elles s’y sont implantées et elles n’ont plus besoin d’apport étranger pour se perpétuer. Maintenant, c’est en Europe même que sont publiés les livres qui plantent dans la tête des jeunes l’idée qu’ils sont une race supérieure, qu’ils doivent tuer les musulmans qui ne pensent pas comme eux, ou qui ne font pas leurs prières, et soumettre les chrétiens et les juifs, et qu’ils peuvent coucher avec les captives de guerre (du viol car elles ne seront pas consentantes), etc.

Il y a aussi la pression collective qui influe et provoque des conversions — conversions qui sont exploitées à outrance par la propagande.

La seule chose qui peut sauver encore l’Occident est de regarder la réalité en face.

Breizh-info.com : Diriez vous, comme Majid Oukacha, auteur de « il était une foi l’islam », que cette religion porte en elle, dès l’origine, une violence vis à vis de tout ce qui ne fait pas partie de l’oumma ?

Lina Murr Nehmé : Je respecte le courage de Magid Oukacha, et j’espère que cela ne se retournera pas contre lui. Mais je laisse Mahomet lui-même répondre à votre question : il affirmait avec fierté qu’il répandait la terreur à un mois de distance. Donc effectivement, le problème a existé dès le début. Les textes le disent, même si les politiciens occidentaux le nient. Je trouve inouïe l’outrecuidance de prédicateurs comme Tariq Ramadan, Tariq Oubrou, Dalil Boubakeur et d’autres. Ils connaissent ces choses, mais en public, ils les nient, tout en envoyant les gens lire les livres qui les contiennent.

C’est pourquoi les fidèles qui leur obéissent deviennent violents. Sur ce plan, les gens de Daech et d’Al-Qaïda sont bien plus honnêtes, ça ils ne trompent pas les musulmans de bonne foi qui haïssent le vol, le meurtre, le viol. Au contraire, ils provoquent chez eux une réaction de rejet. C’est pourquoi la majorité des musulmans du Moyen-Orient, comme je l’ai dit, haïssent Daech. Au contraire, la majorité des musulmans occidentaux très jeunes, qui sont, eux, soumis à l’influence de Tariq Ramadan, Tariq Oubrou, Dalil Boubakeur et les autres, aiment Daech.

Breizh-info.com : En Europe, ceux qui s’opposent à l’islamisme et à l’influence salafiste sont très souvent considérés comme étant « d’extrême droite ». Comment l’expliquez-vous ? On a l’impression aujourd’hui que les premiers opposants les plus écoutés à l’islamisme totalitaire sont finalement des personnes issues du monde musulman ?

Lina Murr Nehmé : Personnellement, je ne comprends pas cette affaire de droit du sol donné à des gens, non parce qu’ils aiment la France, mais parce qu’ils sont nés en France; et qui sont nés en France parce que leurs parents sont venus pour avoir du travail et des allocations familiales et de la médecine gratuite, ou encore, sont des immigrés illégaux. Je rappelle les files de 200 mètres de long devant certaines préfectures quand Mitterrand avait légalisé, d’un coup, la situation de tous ceux qui étaient entrés illégalement en France. Eh ! bien, les enfants de ces mêmes immigrés sont nés français, et ce sont souvent eux qui crient le plus — comme leurs parents criaient quand ils étaient sans papiers, comme si c’était leur dû de voir les Français violer leurs lois en leur faveur.

Lors d’un sit-in qu’ils avaient fait dans une des grandes églises de Paris, un vieux monsieur avait demandé à un des Africains entrés illégalement en France et protestant par l’occupation de l’église, pourquoi il n’allait pas faire le sit-in dans la mosquée. L’Africain avait protesté : « Mais la mosquée est sacrée ! ».

Cela avait d’ailleurs commencé avec le passage à droite de l’électorat traditionnellement gauchiste — les ouvriers et les pauvres en général. Ils étaient « bien » quand ils étaient à gauche, ils sont devenus « mauvais » quand ils sont passés à droite. Pourtant, ils sont toujours pauvres, ils sont toujours les mêmes. Seulement, la couleur des politiciens contre lesquels ils protestent, a changé.

On oublie que le Français est aussi un être humain, et que ce sont les Français pauvres qui subissent le racisme des musulmans salafisés dans les banlieues. C’est la raison pour laquelle la plupart des ouvriers français de souche votent Le Pen ou Les Républicains. Ceux qui votent maintenant à gauche, ce sont généralement les immigrés et les riches, les intellectuels, etc. Ces derniers ont beau jeu d’accabler des ouvriers parce qu’ils expriment leur souffrance avec des manifestations ou des bulletins de vote. Ils ne vivent pas avec eux, pour savoir ce que c’est que de souffrir du racisme.

Il y aurait beaucoup moins de racisme si tout le monde osait présenter le problème tel qu’il est et disait : « Européens, cessez de donner un droit au sol et des aides sociales aux étrangers! C’est injuste envers le tiers-monde! Cela crée chez l’homme du tiers-monde la haine de son pays et le désir de ne plus le servir et d’aller vivre en Europe où il sera malheureux comme un chien! Ou bien il y deviendra terroriste! S’il n’est pas mort en route! »

Pauvres gens! Pauvres familles!

Il faut commencer à réaliser que le problème de l’immigration, en France et en Europe, est un problème de droits de l’homme, à la fois du côté des étrangers et du côté des Européens. Ce n’est pas de la charité d’accueillir plus de gens que le pays ne le peut, car aucun peuple n’est parfait. Des frictions vont donc obligatoirement se produire. Et ce n’est pas de la charité de mieux traiter les étrangers que les Français pauvres. Il faut que tous soient bien traités, et pour cela, il ne faut pas dépasser la capacité d’accueil du pays. Et il faudrait que les politiciens cessent de traiter un problème humain grave comme une affaire qui peut leur procurer des voix aux élections, soit qu’ils la défendent, soit qu’ils la combattent. Pire : il leur arrive de modifier leur discours à ce sujet en fonction des sondages.

En même temps, il ne faut pas oublier que les enfants d’immigrés ont un réel problème humain, car ils ne se sentent chez eux nulle part. Si la droite prenait la peine de penser à ces jeunes, elle serait plus convaincante dans sa lutte contre l’immigration. C’est un crime que d’avoir légalisé tant de sans-papiers et accordé si le droit du sol — comme si c’était vraiment un droit.

Traiter ceux qui veulent défendre le pays d’extrême-droite (même s’ils disent qu’il faut aimer ses ennemis) est par ailleurs une stratégie qui paie politiquement. Le fantôme d’Hitler plane et tous ont peur d’être identifiés à lui.

Mais s’ils traitent ainsi les chrétiens, ils ne peuvent pas parler ainsi aux musulmans. Vous avez donné l’exemple de Majid Oukacha, mais il y en a d’autres : Mohamed Sifaoui, Wafa Sultan, Taha Hussein, Farag Foda, et tant d’autres…

Breizh-info.com : Quel est le rôle de la Turquie dans la propagation de l’Islam totalitaire en Europe ? Du Qatar ? De l’Arabie Saoudite ?

Lina Murr Nehmé : La Turquie rêve de reconstituer l’empire ottoman. C’est aussi simple que cela. Erdogan veut effacer le rôle d’Atatürk et son influence en Turquie. Il a changé la Constitution. Il a tranformé en mosquées des églises-musées très importantes dans l’histoire chrétienne, appelées Sainte-Sophie, alors que ce n’était pas nécessaire. Elles sont donc restées vides. Cela, probablement, pour préparer l’opinion à la transformation de Sainte-Sophie de Constantinople en mosquée.

Quant à l’Arabie Saoudite, son rôle est financier : elle finance de la propagande, et elle finance des propagandistes. Les pirates du 11 septembre étaient pour la plupart des Saoudiens, ou des islamistes qui ont subi la propagande saoudienne en Occident. Un des exemples que je connais le mieux est celui du pirate de l’air Ziad Jarrah, le seul Libanais du groupe des pirates du 11 septembre. Il avait été éduqué dans une école de religieuses à Beyrouth. Il s’est radicalisé en Allemagne, où le père de Tariq Ramadan avait fondé une mosquée et un centre islamique qui a été très actif avant le 11 septembre, et qui a joué un rôle important dans la radicalisation d’une partie des terroristes en question.

Breizh-info.com : L’Europe pourrait-t-elle selon vous, dans les années à venir, de devenir « Dar al Islam », une terre d’Islam comme l’ont déjà annoncé certains leaders Musulmans, Erdogan notamment ?

Lina Murr Nehmé : C’est ce qu’ils voudraient. J’écris mes derniers livres justement pour empêcher cela en éveillant les consciences. Je pense qu’il y a un grand danger, mais je pense aussi que tous ces crimes, s’ils radicalisent les nouvelles générations musulmanes en Occident (parce qu’elles sont déracinées), a l’effet contraire en Occident : il dégoûte la majorité des musulmans, et ils ont à ce sujet une réaction très saine. Le même phénomène se produirait probablement si ces musulmans occidentaux pro-Daech étaient un jour occupés par Daech ou par une de ses sœurs jumelles.

Breizh-info.com : Que faire alors, pour demain ?

Lina Murr Nehmé : Il faut absolument essayer de préserver la cohésion nationale. Il y a des musulmans français qui aiment la France ; ceux-là, il faut les chérir, il ne faut pas les faire souffrir du racisme. En général, et dans la mesure où le problème a été généré par la haine et l’égoïsme, il n’est possible de le vaincre qu’avec les armes contraires : l’amour. Il faut lutter pour empêcher l’immigration, la stopper totalement, et priver de la nationalité française ceux qui n’aiment pas la France. Il faut les renvoyer à leurs pays d’origine, même s’ils n’en parlent pas la langue. Mais il ne faut pas les haïr comme c’est le cas. Il faut leur faire comprendre, tout simplement, que ce sont des fiançailles qui n’ont pas réussi : on n’est pas obligés de les épouser et de faire leur malheur et le nôtre. Les aimer, c’est aussi avoir la lucidité de faire cela.

Propos recueillis par Yann Vallerie, pour breizh-info.com

Crédit photo : DR
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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » lun. 23 mai 2016 10:48

POLITIQUE - Opposé à ce que l'islamologue Tariq Ramadan obtienne la nationalité français, Manuel Valls a dénoncé dimanche 22 mai "l'islamo-gauchisme" et "les discussions avec Mme Clémentine Autain". Un nouvel épisode de la polémique avec la porte-parole d'Ensemble, qui a réagi sur France Info.

"J’ai exprimé publiquement mon désaccord profond avec les propos et les partis pris réactionnaires de Tariq Ramadan", a affirmé la porte-parole d'Ensemble dimanche sur France Info.

"J’ai exprimé publiquement mon désaccord profond avec les propos et les partis pris réactionnaires de Tariq Ramadan", a affirmé la porte-parole d'Ensemble dimanche sur France Info.

DOMINIQUE FAGET / AFP


"C’est un sujet suffisamment grave pour ne pas supporter de tels amalgames, de telles désinformations et je suis vraiment scandalisée par le manque de tenue et la perte de sang-froid du Premier ministre". Accusée dimanche 22 mai par Manuel Valls d'entretenir les ambiguïtés avec l'islamologue suisse controversé Tariq Ramadan, Clémentine Autain a menacé de porter plainte le Premier ministre si ce dernier ne présentait pas "ses excuses".

"Islamo-gauchisme"

Invitée de France Info, la porte-parole d'Ensemble réagissait aux propos du chef du gouvernement exprimés un peu plus tôt dimanche sur Radio J. Opposé à ce que Tariq Ramandan obtienne la nationalité française, Manuel Valls a profité de cette tribune pour dénoncer "l'islamo-gauchisme" – une expression médiatique qu'il "reprend" au socialiste Jean-Marie Le Guen – et "ces ambiguïtés, (...) les discussions avec Mme Clémentine Autain et Tariq Ramadan, ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de la violence et de la radicalisation".

Mais l'élue de Sevran balaye ces accusations. "Je n’ai jamais de ma vie rencontré Tariq Ramadan, je ne le connais pas, affirme-t-elle. J’ai exprimé publiquement mon désaccord profond avec les propos et les partis pris réactionnaires de Tariq Ramadan". Elle ajoute : "Ce que cherche Manuel Valls, c’est à créer un clivage sur la question de l’identité à l’intérieur de la gauche" alors que "le véritable clivage à l’intérieur de la gauche il concerne la politique sociale et économique du gouvernement".

Une vieille polémique

Invité de BFM TV et la chaîne israélienne i24News, ce dernier a d'ailleurs refusé de s'excuser. "Je dis les choses telles qu'elles sont. Quand il y a des ambiguités, c'est la cohésion nationale qui est en péril. Je maintiens ce que j'ai dis", a assuré le Premier ministre. La polémique entre les proches de Manuel Valls et Clémentine Autain n'est en revanche pas nouvelle.

En avril dernier, la militante du Front de gauche avait ainsi publié une tribune dans Le Monde pour répondre aux accusations "d'islamo-gauchisme" portées par Jean-Marie Le Guen dans son ouvrage La gauche qui vient (Fondation Jean Jaurès). Elle y déplorait "la politique à la petite semaine" de la part de certains membres du gouvernement et "un piège dans lequel une gauche digne de ce nom a le devoir de ne pas tomber".




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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » jeu. 3 nov. 2016 20:30

L’islamiste Tariq Ramadan : «L’islam doit infuser la société française pour mieux la régénérer. L’islam est la culture française, l’islam est la langue française»


L’islamiste Tariq Ramadan : «L’islam doit infuser la société française pour mieux la régénérer. L’islam est la culture française, l’islam est la langue française»


Alexandre Devecchio était à la Rencontre annuelle des musulmans du Nord (RAMN) organisée par l’UOIF. Il a assisté au discours de clôture de Tariq Ramadan. Le théologien a réaffirmé sa volonté de demander la nationalité française.

Alexandre Devecchio est journaliste au Figaro en charge du FigaroVox. Chaque semaine, il y observe le mouvement des idées. Passionné par le cinéma, la politique et les questions liées aux banlieues et à l’intégration, il a été chroniqueur au Bondy blog. Il est également co-fondateur du Comité Orwell.

L’orateur a demandé à la salle de ne pas applaudir. Pourtant sa conférence ressemblait étrangement à un meeting et ses propos à un discours de campagne. Pour conclure la neuvième Rencontre annuelle des musulmans du Nord (RAMN) organisée par l’UOIF le dimanche 7 février, Tariq Ramadan était seul sur la scène du Grand Palais de Lille entouré de drapeaux français.

Devant un public de 3000 personnes, dont de nombreuses femmes voilées et une poignée de barbus portant le qamis (tenue du prophète), il a délaissé le costume de l’intellectuel pour enfiler celui du prédicateur. A le voir ainsi devant un public communautaire fasciné, on songe irrésistiblement à Mohammed Ben Abbes, le président musulman qui islamise pacifiquement la France dans Soumission, le dernier roman de Michel Houellebecq.

Loin du double-discours qui lui est souvent reproché à tort, l’élégant théologien aux cheveux grisonnants et à la barbe bien taillée a livré un plaidoyer sans ambiguïté en faveur de l’islam politique. Attention cependant, pas d’amalgame: contrairement aux fanatiques de Daech ou Al-Qaïda, Tariq Ramadan est un islamiste soft.

«Quand on dit qu’on peut tuer des innocents au nom de l’islam, nous avons l’obligation de dire que nous condamnons ces propos et nous les combattons.» a-t-il martelé. Celui qui a reçu le nom de Tariq ibn Ziyad, l’artisan de la conquête arabe de l’Espagne au VIIIe siècle, condamne la violence.

Pour imposer son projet politico-religieux, comme le président de Houellebecq, il mise paradoxalement plus volontiers sur les valeurs démocratiques et libérales de l’Occident et même sur la laïcité.

«Que les Renseignement généraux qui sont dans la salle m’écoutent bien car tout ce que je vais dire est dans la loi. Tout est dans la République, la laïcité et l’unité de la France et en même temps contre un certain nombre de politiques qui feraient bien de se demander si ce qu’ils font et ce qu’ils disent est proprement légal, a-t-il lancé malicieusement, visant Manuel Valls. Lorsqu’on interdit de parole un certain nombre de personne, ce n’est pas nous qui dérogeons à la liberté de conscience et d’expression.»

«L’islam est la culture française, l’islam est la langue française»
Tariq Ramadan

Le credo de Tariq Ramadan pourrait être qualifié d’islamo-gramscisme. Pour lui, l’islam doit s’imposer, au moins dans un premier temps, non par la force et la terreur, mais par le combat culturel et la bataille des idées. La religion du prophète doit infuser la société française pour mieux la régénérer en la guérissant de son nihilisme matérialiste.

«Le réveil de l’islam peut apporter une contribution jusqu’alors insoupçonnée à une véritable renaissance de la spiritualité des femmes et des hommes de notre monde» écrivait-il déjà en 1995 dans Islam, le face à face des civilisations. Ce dimanche, citant l’abbé Pierre qui voulait mener la guerre à la pauvreté, Tariq Ramadan a appelé son public au «djihad intellectuel, au djihad de l’éducation.». «Nous sommes des agents de réconciliation entre les valeurs de la France», a-t-il précisé.

Le petit-fils d’Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans, s’inspire de l’idéologie de ce dernier: celle du Tamkine. «De l’individu, il faut former le foyer musulman, puis le peuple musulman, puis atteindre le gouvernement islamiste, puis établir le califat, puis reconquérir l’Occident puis atteindre le Tamkine planétaire.», expliquait Mohamed Louizi, ancien Frère musulman au FigaroVox. Une vision globalisante qui apparaît clairement dans le discours de Tariq Ramadan. «Ceux qui pensent que ce qui a trait à notre citoyenneté est uniquement lié à ce qui se passe à l’intérieur des frontières nationales se trompent. Il y a une relation très claire entre la question nationale et la question internationale.» a souligné le théologien avant d’asséner, «l’islam est la culture française, l’islam est la langue française».

«Tous ce que j’ai dit est dangereux pour ceux qui aimeraient qu’on continue à se penser comme bénis-oui-oui minoritaires… la France a un grand besoin de renouveau de sa classe politique.»
Tariq Ramadan

Fidèle à la stratégie frériste qui consiste à s’appuyer sur la jeunesse, Tariq Ramadan s’est adressé prioritairement à cette dernière. Surfant sur le sentiment victimaire des jeunes de banlieue, il a défini l’islam comme la religion de «tous les opprimés», aussi bien ceux des «cités française» que ceux de «l’Afrique ou de la Palestine». Pour conclure, il a exhorté les musulmans à prendre leurs responsabilités. «Tous ce que j’ai dit est dangereux pour ceux qui aimeraient qu’on continue à se penser comme bénis-oui-oui minoritaires… la France a un grand besoin de renouveau de sa classe politique.»

Bravache, Tariq Ramadan a confirmé qu’il allait demander la nationalité française. «Ce n’est pas une boutade: la France est un pays que je connais bien, que je connais de l’intérieur. On va voir s’ils vont me refuser la nationalité». Une fois français, Ramadan pourrait passer du statut de simple observateur à celui d’acteur politique et se présenter à une élection.

Et si la fiction rejoignait la réalité? Et si Tariq Ramadan ambitionnait réellement d’être le nouveau Ben Abbes? Mohammed Louizi juge l’hypothèse plausible, mais n’y croit pas vraiment: «Toute cette agitation est plutôt un aveu de faiblesse. Une partie de la gauche laïque et républicaine s’est réveillée et Tariq Ramadan sent bien que le temps de la complaisance à son égard est révolu.». Certes, mais une autre partie de la gauche, qui a troqué l’ouvrier contre l’immigré, semble prête à toutes les alliances pour conserver son pouvoir. Durant les régionales, Claude Bartolone, outre sa sortie sur la «race blanche», n’avait pas hésité à enrôler dans sa campagne des candidats proches du Parti des Indigènes de la République (PIR). Dans l’entre deux tour, ces derniers avaient organisé un meeting «contre les dérives racistes et islamophobes de l’état d’urgence, la politique guerrière de la France, le tout-sécuritaire et l’état d’exception liberticide». A la tribune, un invité de marque: un certain Tariq Ramadan.

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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar omar » jeu. 3 nov. 2016 21:32

Il n y a aucune source de cet article


«L'Occident n'oppose aucune idéologie à l'islamisme, sinon celle de l'argent»

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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » ven. 3 mars 2017 12:47

Lina Murr Nehmé autopsie trois imposteurs : Ramadan, Oubrou et Boubakeur
Publié le 12 février 2017 - par Malek Sibali - 7 commentaires - 1 178 vues

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Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur profitent de toutes les occasions pour obtenir un passage devant les médias. Une fois sur le plateau, ils parlent et cachent l’essentiel. Cela leur permet de faire passer leur message en prétendant que c’est la vérité. Ils se moquent de leur audience. Ils mélangent fleurs et fumiers, tant et si bien qu’il devient difficile pour le public de distinguer entre les mauvaises odeurs et le parfum, entre le bon grain et l’ivraie. Être « cachottier », voilà un drôle de métier qui permet de faire carrière.

Ils ressemblent à des caméléons. Ils s’adaptent à tous les événements, à toutes les circonstances. Ils savent parler de tout. Ils savent défendre le mal et le bien, justifier le vice, la vertu et le crime avec un sang-froid froid, une éloquence chaude, une intelligence tortueuse et une débrouillardise de saltimbanques. Sans scrupules, sans pudeur. Et pour distribuer leurs demi-vérités enveloppant des mensonges, ils profitent de l’inculture des uns et de la candeur, de la naïveté et du bon cœur des autres. Il profitent même de l’ignorance de leurs détracteurs souvent peu familiers avec les ruses des spécialistes des textes islamiques.

L’historienne franco-libanaise Lina Murr Nehmé, également spécialiste de l’islam, analyse, décortique et illustre brillamment ce phénomène scandaleux et ses intrigues dans une nouvelle étude bien documentée, intitulée Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent. Vu sa culture, ses recherches et son expérience, elle fait partie du peu d’intellectuels assez compétents pour oser faire une enquête sur ce crime presque parfait.

Ainsi, un commandement d’Allah interdit au musulman d’obéir aux versets coraniques les plus anciens, s’ils ont été abrogés par des nouveaux. Et quiconque enfreint ce précepte, s’enlise dans l’égarement et la mécréance. La charia le condamne même à mort s’il obéit à certains versets abrogés. Mais pour embellir l’islam, Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et Dalil Boubakeur passent outre ces textes fondamentaux. Ces cachottiers profitent de l’absence de toute autorité suprême osant, en France, demander des comptes à ceux qui incitent à la haine ou au meurtre. L’islamophobie est un délit, l’incitation au meurtre ne l’est pas.

Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et Dalil Boubakeur exploitent les beaux versets qui se trouvent dans la partie du Coran datant de la période mecquoise. Ils cachent à leurs auditeurs le fait que les plus beaux de ces versets ont été supprimés depuis le 7ème siècle, et remplacés par des versets médinois qui les contredisent. Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et Dalil Boubakeur ainsi que beaucoup de leurs semblables savent que ces versets sont invalides. Mais ils bénéficient du droit de recourir à la dissimulation ou taqiya. Ils maquillent l’islam et donnent une douce apparence à ses enseignements. Ils citent ces beaux versets et s’en servent très souvent devant les « mécréants » ou leurs adversaires, occultant ainsi la face cachée et ténébreuse de l’arbre. Ils citent par exemple le verset « Pas de contrainte en religion », alors qu’ils savent qu’il a été abrogé par le verset « Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez. Capturez-les, assiégez-les, dressez-leur toute embuscade possible. S’ils se repentent [de leur mécréance] et font les prières et paient les zakats [c’est-à-dire s’ils deviennent musulmans], relâchez-les, Allah est celui qui pardonne et fait miséricorde. » (Coran, 9,5)

Dans Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et Dalil Boubakeur : ce qu’ils cachent, Lina Murr Nehmé démystifie cette stratégie et met à nu ses auteurs qui se plaisent à parler dans les médias en France sans rencontrer de personnes capables de les démasquer. Et voilà une femme qui ose s’interroger quant aux raisons qui conduisent ces trois cachottiers à citer si souvent des versets coraniques abrogés, comme s’ils étaient toujours valables, et pourquoi ils répètent si souvent que Daech n’a aucun rapport avec l’islam.

Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et Dalil Boubakeur connaissent très bien les nombreux autres versets coraniques qui sont condamnables, intolérables, incompatibles avec les lois occidentales et la Charte universelle des Droits de l’Homme. Mais ils s’abstiennent d’en parler dans leurs interventions publiques ou dans leurs écrits en langues européennes.

Il s’agit surtout de ces versets coraniques xénophobes, raciaux, belliqueux qui ont abrogé les versets pacifistes, mais qui, du coup, incitent à la violence, à la guerre[1], enseignent l’hypocrisie (Coran 16,106), justifient l’irrespect des pactes et des serments (Coran 2,225), autorisent le pillage, le vol, la capture des femmes et des enfants et leur réduction en esclavage (Coran 8,41 et 69), légitiment le mensonge et la pratique de la taqiya (Coran 5,89 ; 16,106), promeuvent la polygamie, la débauche (Coran 4,3 ; 2,230 et 236 ; 33,50 ; 56,16-23), motivent la haine et le combat des Juifs et des Chrétiens (Coran 9,32-33 ; 9,36).

La lecture du livre de Lina Murr Nehmé permet de deviner quel traitement ces cachottiers de Tariq Ramadan et Tareq Oubrou réserveraient aux « mécréants » français si ceux-ci tombaient entre leurs mains. Ils y font allusion de temps en temps. Mais ils sont tellement habiles à citer des textes gentils, que les gens ne remarquent rien, faute de connaître les textes. Ce livre leur démasque les tricheries de ces trois menteurs dans leur manière de présenter l’islam, le Coran et leur prophète à un public non éclairé.

Lina Murr Nehmé a enrichi son livre de documents, de références et de détails très subtils. Elle nous ouvre les yeux pour découvrir les insinuations et détecter les sous-entendus et les arrière-pensées de chacun de ces trois cachottiers.

Le premier cachottier, Tariq Ramadan, est le petit-fils de Hassan Al-Banna, fondateur des Frères Musulmans – cette organisation terroriste interdite dans plusieurs pays musulmans. Tariq Ramadan affirme que la pensée politique de son grand-père est pour lui « une référence de cœur et d’intelligence ». Il dit aussi qu’il ne veut pas expurger l’islam, le Coran et la charia de leurs aberrations. Plutôt, il veut réformer l’intelligence du lecteur. L’objectif de Tariq Ramadan est de formater les esprits et de les initier à cette doctrine dont il s’est imbibé et qu’il présente de façon crédible pour pousser les musulmans à vivre l’islam tel qu’il le lit dans les textes et à le prêcher partout dans le monde. C’est ainsi que Tariq Ramadan cherche, d’une part, à sanctifier le texte coranique qui est illisible, déconcertant et dangereux, et de l’autre, à manipuler l’intelligence humaine en la forçant à s’y adapter. Un gourou hors pair ! Il a demandé un moratoire contre la lapidation ? Ne le croyez pas ! Ses propres paroles que cite Lina Murr Nehmé, prouvent le contraire !

Quant au deuxième cachottier, « l’éminent imam » de Bordeaux, Tariq Oubrou, il est disciple de Hassan Al-Banna et membre de sa confrérie. Lina Murr Nehmé dévoile, à la lumière de ses activités, de ses écrits, de ses déclarations publiques et officieuses, l’art et le génie de la force de manipulation et de dissimulation d’Oubrou, et l’habileté avec laquelle il escamote son propre passé, ses relations et ses convictions. Son affiliation aux Frères Musulmans est prouvée, et il ne la nie d’ailleurs pas. Il préfère plutôt dire du bien de cette organisation, et les médias se laissent embobiner par ce cachottier.

Le troisième imposteur concerné dans ce livre, c’est Dalil Boubakeur, actuellement recteur de la mosquée de Paris. Après chaque attentat terroriste perpétré par ses coreligionnaires, il sert aux médias de belles déclarations dédouanant l’islam de toute violence. Et pourtant, un seul exemple tiré de la charte sur « l’islam de France », qu’il a présentée en 1995 au ministère de l’Intérieur suffit pour dévoiler le mensonge. Dalil Boubakeur demande ainsi aux musulmans en France « un comportement moral inspiré de la conduite exemplaire du prophète Mahomet ». Cela veut dire qu’ils doivent tuer les intellectuels qui critiquent Mahomet, car Mahomet faisait cela. Cela veut dire qu’ils doivent persécuter et tuer les apostats car Mahomet faisait cela. Cela veut dire qu’ils doivent se préparer à égorger les mécréants et les juifs de France comme « le messager d’Allah » avait lui-même égorgé 600 à 900 jeunes et adultes juifs de la tribu de Korayza. En vantant la « charte » qui contient cette phrase, est-ce que Dalil Boubakeur invite les musulmans de France à procéder à l’invasion armée des villes de leur pays d’accueil, comme avait fait leur prophète durant les dix dernières années de sa vie à Médine ? L’attentat du Bataclan que Daech qualifiait de « notre invasion de Paris » n’était-il pas une façon d’imiter Mahomet ? Et j’en passe, car le registre est très long.

Tariq Ramadan, Tareq Oubrou et Dalil Boubakeur et les nombreux autres de leur espèce, cherchent à redorer le blason de Mahomet, du Coran et de l’islam. Ils disent que les crimes commis au nom de Mahomet et de l’islam n’ont rien à faire avec l’islam et l’enseignement de Mahomet. Ils nient cette réalité criante, palpable, vécue quotidiennement et lue dans les livres de l’islam. Cette réalité, c’est que les actes de Daech et consorts, ne sont qu’une application stricto sensu de l’islam et des enseignements barbares de leur prophète et de ses successeurs. Et ces enseignements, on les apprend à la mosquée de Paris, chez Dalil Boubakeur, comme on les apprend à Médine, avec la même interprétation.

Le lecteur trouvera dans ce livre-phare une analyse du cursus de l’institut pour imams que vante tellement Dalil Boubakeur, et des passages incroyables. Il nous dit comment Boubakeur enseigne à ces futurs imams de France, de Belgique, de Suisse et du Canada, la philosophie de l’Occident, et de quelle façon il leur enseigne la religion chrétienne, religion de la majorité des Français. Il nous fait comprendre pourquoi ces gens pratiquent la taqiya en Occident. Pourquoi ils mentent. Pourquoi Boubakeur a réclamé les églises de France pour en faire des mosquées. Et en général, pourquoi les islamistes veulent plus de mosquées en France, en Suisse, en Belgique, en Angleterre. Il nous produit les textes et les fac-similés qui expliquent comment les pétrodollars de l’Algérie participent à endoctriner et à endormir les Français, et pourquoi les pays occupés par l’islam régressent dans tous les domaines. Il nous explique comment Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur pratiquent le djihad contre la France.

Qui paie pour doter la France d’imams fanatiques ? Nos politiciens, opportunistes et carriéristes, concluent des « pactes avec le diable » au détriment des Français, de leur culture et de leurs valeurs.

Bravo encore à cette courageuse grande dame qui sonne le tocsin et contribue à secouer l’inconscience de l’Occident à l’égard de l’islam. En espérant qu’elle sera écoutée. Son livre doit être lu d’abord par les intellectuels, la classe politique et la hiérarchie religieuse de tout bord qui traitent ceux qui disent la vérité de populistes, d’islamophobes et de haineux, tout en disant du bien de Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur. Ils croient pouvoir les utiliser, eux et leurs semblables, à calmer les banlieues, au nom de leur « modération » !

Il est temps de soumettre l’islam au feu de la critique rationnelle dans tous les médias de la République. Nos élites et tout citoyen français doivent apprendre comment, par quels moyens, avec quels mots Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur et les autres représentants de « l’islam de France » les trompent et les cuisinent. Ils doivent apprendre que l’islam autorise ces cachottiers à mentir et que Mahomet leur ordonne même de mentir aux « mécréants » quand ils sont en guerre contre eux, disant : « La guerre est une affaire de tromperie ».

Malek Sibali

[1] Voir l’ensemble des versets de guerre et de violence compilés dans mon ouvrage, L’Islam, sacrée violence – Textes fondateurs



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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » dim. 19 mars 2017 14:51

La République face à l'islamisme : faut-il débattre avec Tariq Ramadan ?

Par Gilles Platret Publié le 17/03/2017 à 19:15

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FIGAROVOX/TRIBUNE- Face aux violentes réactions suscitées par l'annonce de son débat avec Tariq Ramadan, le maire de Chalon-sur-Saône Gilles Platret a décidé d'annuler. Il déplore de ne pas avoir pu débattre face-à-face avec un islamologue dont il condamne la vision.

Gilles Platret est maire de Chalon-sur-Saône.

«Qui ignore la nature du terrain ne pourra faire avancer ses troupes», écrivait Sun Tzu dans son magistral Art de la Guerre. Cette maxime vaut pour tous les combats, y compris idéologiques.

Il y a quelques mois, une proposition est parvenue à l'office des congrès de Chalon-sur-Saône d'accueillir pour une conférence l'islamologue Tariq Ramadan. Depuis 2014, sous mon égide, la Ville de Chalon s'est dressée devant la poussée communautariste. C'est là qu'en mars 2015, j'ai pris une décision qui fit date afin de rétablir la laïcité dans les cantines scolaires. C'est Chalon, qui, dès janvier 2016, fut l'une des premières villes de France à instituer une cellule municipale d'alerte sur la radicalisation. Ma réaction première à la proposition de Ramadan -je devrais même dire mon réflexe immédiat- fut de m'élever contre cette idée. Comment! Le rusé professeur, suffisamment explicite pour abreuver les salafistes et autres stipendiés des Frères musulmans, suffisamment fourbe pour se vêtir des dehors du plus pur républicanisme, aurait table ouverte dans la cité que j'administre? C'était tout bonnement inenvisageable.

Mais, poussant plus loin la réflexion, la proposition qui nous était arrivée ouvrait aussi le champ de l'analyse sur la réaction que les républicains de France doivent opposer à ce qui apparaît indéniablement comme les progrès galopants de l'islamisme dans les têtes et dans les rues.

Un maire est au contact quotidien du terrain ; il est par conséquent en position d'opposer la réalité pratique aux penseurs islamistes.

Partant du principe que notre démocratie se grandit et se fortifie du débat d'idées, même avec ses adversaires les plus coriaces, l'éventualité d'une confrontation publique entre Ramadan et moi fut bientôt soulevée. L'intéressé reçut ce débat contradictoire comme la condition sine qua non de sa présence à Chalon. Il l'accepta et la rencontre fut programmée pour le 10 avril. Ce face-à-face devait me permettre de contribuer, modestement, après d'autres et avant d'autres, en partant de ma vision d'élu au contact des réalités du terrain, à démasquer une partie des arguments fallacieux de celui que je considère comme un ennemi particulièrement habile de nos institutions républicaines. Un maire est au contact quotidien du terrain ; il est par conséquent en position d'opposer la réalité pratique aux penseurs islamistes qui se servent de leurs constructions théoriques pour endormir l'opinion publique.

Or, depuis quelques jours, l'annonce de cet événement a ouvert les vannes de la haine. On eût dit que les trois derniers cercles de l'Enfer se vidaient des personnages les plus déchaînés de Dante. Tout ce que l'extrême droite compte de pire s'excita à grand renfort de tweets. Ah! Le tweet: l'arme par excellence du manque de courage, la grande balle en caoutchouc des guerriers d'opérette qui, comme on l'affirme parfois chez moi, ont plus de gueule que de tripes et livrent bataille sur la toile plutôt que de monter sur le ring.

Au demeurant, la polémique s'annonçait juteuse: un élu Républicain, soutien de François Fillon, offrait une tribune à l'égérie des islamistes, tout ça à deux semaines du premier tour des élections présidentielles… Peu importait de savoir si cette tribune était d'abord celle de la dénonciation des thèses de Ramadan. Aux yeux de mes contempteurs, il ne s'agissait évidemment pas de défendre la République, mais de faire, une fois encore, de la petite politique sur le dos des problèmes les plus graves.

Il y eut également les mises en garde sincères de certains de mes amis m'alertant contre le double risque encouru : récupération par les islamistes, instrumentalisation par l'extrême droite.

L'instrumentalisation était évidente et, disons-le tout net, difficilement évitable. Et puis, je ne veux pas le négliger, il y eut également les mises en garde sincères de certains de mes amis m'alertant contre le double risque encouru: récupération par les islamistes, instrumentalisation par l'extrême droite.

Il devenait de plus en plus évident que, dans ce contexte précis, mon objectif de démasquer Ramadan par un témoignage de terrain était assurément appelé à passer au second plan au profit de la polémique politicienne. Dès lors, décidé à ne pas gêner le candidat que je soutiens parce qu'il est le seul à porter un programme de redressement pour notre pays et qu'il a eu, contrairement à beaucoup d'autres, le courage de désigner l'adversaire islamiste, j'ai décidé d'annuler le face-à-face du 10 avril.

Ce n'est certes pas sans un certain regret. Car, enfin, parviendrons-nous à opposer à l'islamisation des idées une digue efficace si nous ne descendons pas dans l'arène pour la combattre? Lorsqu'en 1905, la majorité parlementaire vota la grande loi de Laïcité, qui n'a par ailleurs pas fini de faire sentir sa nécessité contemporaine, a-t-elle fait la fine bouche en refusant de débattre avec les partisans du pouvoir romain? Les joutes furent publiques et virulentes. Aurions-nous moins de cœur au combat que nos devanciers d'il y a un siècle et plus?

Les pressions sont constantes sur les musulmans modérés afin qu'ils forcent leur pratique dans un sens rigoriste et finissent par rompre culturellement avec la France.

Le contexte de l'élection présidentielle, qui confine au plus indescriptible chahut depuis bientôt deux mois, n'aide évidemment pas à forger une vision toujours claire de la conduite à tenir. Mais ne perdons jamais de vue que le sentiment que nous avons des avancées dans notre population d'une conception dangereuse de l'islam politique sera constamment inférieur à la réalité des choses. Je le mesure chaque jour sur le terrain. Les pressions sont constantes sur les musulmans modérés afin qu'ils forcent leur pratique dans un sens rigoriste et finissent par rompre culturellement avec la France. Prétendre que les filles et femmes voilées le sont toutes de bon cœur est une aberration, un odieux mensonge, que les islamo-gauchistes cultivent à dessein. Et pas qu'eux, si, comme l'a récemment exhumé Malika Sorel-Sutter, on relève qu'en janvier 1958, le député Jean-Marie Le Pen affirmait crânement à l'Assemblée que «sur l'essentiel, les préceptes de la religion musulmane sont les même que la religion chrétienne»!...

Trouver le juste terrain pour combattre l'islamisme, voilà la question préalable car nous sentons le danger, coincés que sont les vrais patriotes, les républicains sincères, entre les salafistes qui détournent le débat démocratique et les extrémistes qui l'hystérisent en période électorale.

J'ai la conviction qu'en la matière, l'État aura besoin de s'appuyer une fois encore sur les communes. L'échelon de proximité est en effet particulièrement pertinent pour développer tout à la fois des actions de pédagogie républicaine pour permettre l'assimilation et de prévention de la radicalisation islamique pour imposer le respect de la Loi. C'est dans la rue, au plus près de la population, qu'une large part du grand combat doit se jouer. La France a un devoir de protection vis-à-vis de ses citoyens, qu'elle doit arracher aux griffes du prosélytisme le plus liberticide. C'est à cette condition seulement que le double langage des Tariq Ramadan de tout acabit finira par produire sa vraie musique: il sonnera creux.

Gilles Platret




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yacoub
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Re: tarik rammadan , integriste ou pas ?

Message non lupar yacoub » sam. 20 mai 2017 13:59

L’appel au Jihâd
Posted by: Tariq Ramadan

Que n’a-t-on pas entendu à propos de la « guerre sainte », de la mobilisation fanatique des « fous de Dieu »… de ce « nouveau fléau de l’intégrisme rampant ». Le monde de l’Islam, dernièrement habité par la gangrène du jihâd, fait peur et terrorise les intelligences.

Comment donc l’une des notions les plus fondamentales de l’islam en est-elle venue à exprimer une de ses caractéristiques les plus sombres ? Comment un concept fort de la plus intense des spiritualités est-il devenu le symbole le plus négatif de l’expression religieuse ? La lecture des événements de l’histoire récente a sa part de responsabilité certes, mais la distorsion remonte à une date avancée du Moyen-Âge. La compréhension d’un certain nombre de notions islamiques s’est bornée, très tôt, à l’exercice de la pure comparaison : il y a eu les croisades, il y a eu l’expansion musulmane ; il y a eu les saintes croisades, il y a donc eu « les guerres saintes », le fameux jihâd. Et si l’Occident a heureusement dépassé le stade primitif de la guerre religieuse, de la croisade, le spectateur est bien forcé de constater que le monde musulman est bien en retard aujourd’hui puisque partout l’on voit des groupes, des mouvements, des partis et des gouvernements en appeler au jihâd, à la lutte armée, à la violence politique. L’arsenal symbolique paraît moyenâgeux et obscurantiste. L’islam évoluera-t-il ?

La question paraît légitime, son expression révèle pourtant un autre malentendu dont on peut douter qu’il ne soit pas volontairement entretenu aujourd’hui. Il faut revenir à la source de cette notion et chercher à mieux comprendre sa portée spirituelle et dynamique. Le jihâd, c’est l’expression la plus réalisée d’une foi qui cherche à exprimer l’équilibre et l’harmonie : il nous faut dire un mot ici de sa portée individuelle, de sa dimension littéralement « inter-nationale » et, enfin, puisque c’est le sujet qui nous occupe ici, de son actualisation sociale.

A) La paix du cœur

Quel être humain pourrait affirmer, au cœur de son intimité, ne pas connaître la violence : parfois l’agressivité, parfois la haine, parfois l’excitation d’un instinct destructeur, parfois la colère. La maîtrise de soi, la sérénité, le respect de l’autre, la douceur ne sont pas naturels, mais s’acquièrent au prix d’un effort personnel permanent. Tel est le lot des hommes : ils abordent les rivages de leur humanité par un long travail sur soi, pensé et mesuré. Chacun le sait, chaque cœur le sent.

Toutes les littératures sont pleines, depuis toujours, de la traduction de cette tension qui tantôt s’apaise, tantôt agite, tantôt déchire l’intimité des hommes. De la Baghavad Gita à la Thora et aux Évangiles, de Dostoievski à Baudelaire, l’horizon humain reste le même. Le Coran confirme la plus quotidienne des expériences :

« Par une (l’) âme et ce qui l’a équilibrée et lui a inspiré son libertinage ou sa piété. Il sera certes heureux celui qui la purifie, il sera certainement perdu celui qui la corrompt. » Coran 91/7-10

Les deux voies sont explicites et elles s’appréhendent de façon à la fois plus vive et plus morale avec le souvenir de la vie de l’au-delà. La vie est cette épreuve de l’équilibre pour les hommes capables du meilleur comme du pire.

Nous sommes ici à proximité de l’essence de la notion de jihâd qui ne peut se comprendre qu’en regard de la conception de l’homme qui la sous-tend. La tension est naturelle, le conflit de l’intimité est proprement humain et l’homme chemine et se réalise dans et par l’effort qu’il fournit pour donner force et présence à l’inclination de son être la moins violente, la moins colérique, la moins agressive. Il lutte, au quotidien, contre les forces les plus négatives de son être : il sait que son humanité sera au prix de leur maîtrise. Cet effort intime, cette lutte entre les « postulations » de l’intériorité est la traduction – littérale et figurée – la mieux appropriée du mot jihâd.

Il ne s’agit pas ici de réduire le jihâd à la dimension personnelle (jihâd an-nafs), mais très clairement de revenir à l’expression de sa réalité la plus immédiate : le jihâd est à l’humanité de l’homme ce que l’instinct est au comportement de l’animal. Être pour l’homme, c’est être responsable et cette responsabilité est liée au choix qui devrait toujours chercher à exprimer la bonté et le respect de soi et d’autrui. Choisir c’est, dans la réalité des conflits intérieurs, se déterminer pour la paix du cœur.

On connaît le propos du Prophète (PBSL) dans un hadîth dont la chaîne de transmission est reconnue comme faible (da’îf), mais dont on peut tirer un enseignement tant son sens et sa portée sont confirmés par d’autres traditions. Au retour d’une expédition qui avait opposé les musulmans à leurs ennemis, le Prophète (PBSL) aurait caractérisé la guerre comme étant un « petit jihâd » en comparaison du « grand jihâd » qu’est l’effort de purification intérieure, de spiritualisation de l’être devant le Créateur. Plus que la comparaison, ce qu’il faut retenir ici, c’est l’association de la foi à l’expérience de l’effort pour atteindre l’harmonie et la sérénité. La vie est cette épreuve et la force spirituelle est signifiée par le choix du bien, de la bonne action pour soi et pour autrui :

« C’est Lui (Dieu) qui a créé la mort et la vie pour vous éprouver et connaître celui d’entre vous qui agit le mieux […] » Coran 67/2

Réformer l’espace de son intériorité, apaiser son cœur au chevet de la reconnaissance du Créateur et dans la densité d’une action humaine et généreuse, aimer dans la transparence et vivre dans la lumière, tel est le sens de la spiritualité islamique. Elle rejoint l’horizon de toutes les spiritualités qui exigent de l’homme de se doter d’une force d’être plutôt que de subir l’acharnement despotique d’une vie réduite aux seuls instincts. Cette tension vers la maîtrise de soi se traduit en arabe par le mot jihâd… comprendre cette dimension est l’étape obligée d’une discussion plus large sur le sens du conflit armé qu’elle peut recouvrir. Ce qu’il faut retenir, au premier chef, sur le plan individuel comme sur le plan inter-national, c’est que Dieu a voulu la tension et qu’il a fait de sa gestion l’une des conditions d’accès à la foi et à l’humanité.

« Le Prophète (PBSL) demanda un jour : “Qui est donc le plus fort parmi vous ?” – Les compagnons répondirent : “Celui qui terrasse son ennemi.” et le Prophète de répondre : “Non, le plus fort est celui qui maîtrise sa colère.” »[1]

[1]. Rapporté par Bukhâri et Muslim.


L’appel au Jihâd 2/3

B- La réalité des conflits
Nous avons rappelé plus haut que la Révélation présente la diversité comme un choix du Créateur : « […] Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté mais il en est ainsi afin de vous éprouver en ce qu’Il vous a donné. Rivalisez donc de bonté […] » Coran 5/48
Ainsi, en même temps qu’elle est le fait d’un choix, la diversité s’avère être une épreuve pour les hommes : la gestion des différences est présentée comme un défi qu’ils doivent relever de la même façon d’ailleurs que chacun doit relever le défi de ses tensions intérieures. La grandeur des hommes sera fonction de leur choix et le Coran oriente ce dernier par l’aspiration à une rivalité dans le bien (on trouve dans un autre verset l’idée que la finalité de la diversité des nations et des tribus trouve son sens dans le fait de chercher à s’entre-connaître). La diversité, la pluralité peuvent être le moyen d’une élévation de l’homme – elles devraient l’être – mais il serait naïf de ne pas tenir compte de la réalité des conflits. Ils existent, et la Révélation nous informe qu’ils sont nécessaires à la préservation de l’harmonie et de la justice parmi les hommes : « […] Si Dieu ne repoussait pas certains hommes par d’autres, la terre serait corrompue. Mais Dieu est celui qui dispense la grâce aux mondes. »Coran 2/251
Ainsi la diversité et les conflits qui en résultent sont inhérents à la création : l’homme relève le défi de son humanité, non pas dans le refus de la pluralité et des divergences mais bien dans leur gestion. C’est sa conscience, nourrie par les principes de justice et d’éthique, qui doit le guider pour défendre les droits de chaque communauté comme de chaque individu. C’est bien ce qu’ajoute ce verset au sens du précédent : « […] Si Dieu ne repoussait point certains hommes par d’autres, les ermitages seraient démolis ainsi que les synagogues, les oratoires et les mosquées où le nom de Dieu est fréquemment invoqué […] » Coran 22/40
On notera avec intérêt que les ermitages, les synagogues et les oratoires sont mentionnés avant les mosquées et qu’il s’agit très clairement de l’expression de leur inviolabilité en même temps que du respect dû aux adeptes des différentes religions. La formulation est on ne peut plus explicite : « Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur terre croiraient. Est-ce à toi de contraindre les gens jusqu’à ce qu’ils soient croyants ? » Coran 10/99
La différence des croyances, comme celle des couleurs et des langues, sont des faits avec lesquels il nous faut vivre. Nous l’avons exprimé plus haut, il convient de le rappeler ici avec force, le principe premier de la coexistence dans la diversité est celui du respect et de la justice. Encore une fois le Coran est clair : « Ô vous les porteurs de la foi ! Tenez-vous fermes comme témoins, devant Dieu, en pratiquant la justice. Que la haine envers un peuple ne vous incite pas à commettre des injustices. Soyez justes ! La justice est proche de la piété. Craignez Dieu ; Dieu est bien informé de ce que vous faites. » Coran 5/8
Face aux inévitables conflits d’intérêt et aux volontés de puissance, le vrai témoignage de la foi est dans le respect du droit de chacun. Si ce dernier est bafoué et si l’injustice se répand, alors il devient de la responsabilité des hommes de s’opposer à cet état de fait. C’est très exactement dans ces conditions qu’a été révélé le premier verset appelant au devoir du jihâd, à la résistance armée : « Autorisation est donnée aux victimes d’agressions (de se défendre), car elles ont été injustement traitées et Dieu est capable vraiment de les secourir.
(L’autorisation est donnée à) ceux qui ont été expulsés injustement de leurs foyers pour avoir seulement dit : “Notre Seigneur est Dieu.” […] » Coran 22/39-40
Après treize ans de vie à la Mecque et presque autant d’années de persécution violente, après avoir dû s’exiler à Médine, le verset permet aux musulmans de se défendre au nom du respect de leur foi et de la justice. Abû Bakr comprit d’emblée la portée du message et il affirmera qu’avec la révélation de ce verset « nous comprîmes qu’il allait s’agir de lutte armée ». On trouve ici une expression explicite de ce que recouvre le jihâd sur le plan inter-communautaire ou inter-national. Comme nous l’avons relevé sur le plan intime, où il s’agissait de lutter contre toutes les forces d’agressivité et de violence inhérentes aux êtres humains, il convient ici, de la même façon, de s’opposer à tout agresseur, à toute volonté de pouvoir et d’exploitation qui se manifestent naturellement dans toutes les communautés humaines et qui font fi des droits fondamentaux.
Tout, dans le message de l’islam, appelle à la paix et à la coexistence entre les hommes et les nations. En toutes circonstances, il faudra préférer le dialogue au silence et la paix à la guerre. À l’exception d’une seule situation qui fait de la lutte un devoir et de l’opposition un témoignage de fidélité au sens de la foi : le jihâd est l’expression du refus de toute injustice et la nécessaire affirmation de l’équilibre et de l’harmonie dans l’équité. On souhaiterait que ce fût une lutte non-violente, éloignée de l’horreur des armes ; on aimerait que les hommes aient cette maturité d’âme qui permette une gestion moins sanglante des affaires du monde ; mais l’histoire nous prouve que l’être humain est par nature belliqueux et que la guerre n’est rien d’autre qu’une des façons qu’il a de s’exprimer. La résistance à l’expression trop violente de ce penchant, le nécessaire équilibre des forces paraissent être les conditions d’un ordre à visage humain : c’est le seul cas où la violence se voit légitimée… très exactement dans les situations où la violence subie, où la répression imposée, où le déni de droit sont tels que ce serait perdre sa dignité humaine que de s’y soumettre : « Dieu vous commande la justice […] » Coran 16/90
Le verset exprime clairement le sens de l’action des hommes : lutter pour le bien et refuser l’injustice de toute la force de son être. Porter la foi, c’est porter le témoignage de cette dignité dans la résistance : elle est à la communauté ce que la maîtrise de la colère est à l’intimité de chacun.
On peut constater aujourd’hui une effervescence dans le monde musulman et beaucoup condamnent la violence qui accompagne le réveil d’un « islam fanatique, radical et intégriste ». On doit comprendre cette inquiétude et il faut dénoncer la violence politique qui s’exprime par des assassinats de touristes, de prêtres, de femmes et d’enfants, par des bombes aveugles et des carnages sanglants. Ces actions ne sont pas défendables et ne respectent en rien le message coranique. Encore faut-il condamner la violence qui s’exprime en amont, et qui est le fait des pouvoirs dictatoriaux qui très souvent sont soutenus par les grandes puissances. Chaque jour qui passe, des peuples entiers subissent la répression, l’abus de pouvoir, et les viols des droits les plus inhumains. Jusqu’à quand faudra-t-il qu’ils se taisent et qu’ils se voient jugés « dangereux » par l’Occident s’ils osent exprimer leur refus ? Il ne s’agit pas ici de justifier la violence mais bien de comprendre dans quelles circonstances elle prend corps : les déséquilibres Nord-Sud, les exploitations des hommes et des matières premières produisent, conjugués avec les démissions des peuples du Nord, une violence bien plus dévastatrice que celle, si spectaculaire, des groupes armés. Pourrions-nous appeler les hommes, en cette fin de xxe siècle, à se mobiliser pour plus de justice tant sociale que politique et économique parce qu’il nous paraît que c’est là la seule façon de rendre aux hommes les droits qui feront taire les armes ? Cet effort serait la traduction littérale du mot jihâd… il est témoignage d’un cœur qu’illumine la foi et d’une conscience que façonne la responsabilité.





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