Espagne et islam

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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » dim. 8 nov. 2015 14:33

Dernier message de la page précédente :

[img]https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.n ... 78CC[/img]
La Reconquista ! Ils ont mis les moyens : massacre de tous les arabes ainsi que des métis ! D'où le pseudonyme de "sang bleu" dans la noblesse espagnole, puis européenne !
:shock:
D'abord, ce n'était pas des arabes, c'était des musulmans qui étaient visés.

En 1492, Isabelle la Catholique, suite à la fin de l'Andalousie islamique, a offert aux musulmans et aux juifs de rester en Espagne s'ils se convertissaient au catholicisme.

Les musulmans qui l'ont fait sont les morisques
Les juifs les marranes.

Mais l'inquisition s'est aperçu très rapidement que les conversions étaient fausses puisque ils refusaient de manger du cochon et donc, à partir de 1515, l'islam et le judaïsme ont été interdits en Espagne et les expulsions ont commencé, convertis ou pas, et le racisme apparut avec la limpieza de sangre




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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » dim. 15 nov. 2015 13:36

l'Espagne était chrétienne bien avant l'invasion des Maures Musulmans
dès les 1º siècles l'Espagne a eu des racines chrétiennes dans beaucoup de régions quand l'Islam n'existait pas encore en 589 le Roi Recaredo a décidé accepté la christianisation complète de la péninsule - l'Espagne est donc totalement chrétienne depuis le VIº siècle .
les Maures ( profitant de querelles politiques entre les royaumes ont envahi la Péninsule en 711

C'est bien une colonisation et violation de territoire dont il est question

Récarèdo I, dit « le Catholique », né en 559 et mort en décembre 601 à Tolède, est roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 586 à 601.

Son règne est marqué par la conversion des Wisigoths de l'arianisme au catholicisme, officialisée par le III Concile de Tolède en 589.
Image

De plus toute l'Espagne ne fut jamais soumise à l'islam .. les provinces de Navarre Cantabrie Asturies et Glaice n'ont jamais été musulmanes 8 siècles pour le petit royaume de grenade oui
mais dès le XIII º siècle les 4/5 de l'Espagne était reconquis
Seville et Cordoue furnet déjà reconquises au XIIIº siècle
la victoire des Naves de Tolosa en 1212 montre que seule l'Andalousie était colonisée encore en rouge zones jamais soumises à l'islam

comparons :
les Arabes sont des colonisateurs pire que tous
.. 8 00 ans en Andalousie // 132 ans de colonisation française en Algérie // 500 ans de colonisation espagnole en Amérique et plus de 1300 ans de colonisation du Maghreb



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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » mar. 3 mai 2016 12:31

L’apport de la civilisation arabo-musulmane à l’Occident ? C’est de l’humour ?


Article publié le 28.11.2015
L’apport de la civilisation arabo-musulmane à l’Occident se résume à peu de choses. Le mythe de l’âge d’or scientifique de l’islam bat de l’aile, tout comme celui de l’âge d’or Andalou.

L’extrait ci-dessous, rédigé par un intellectuel palestinien, à priori objectif, vient confirmer.

« la civilisation arabe s’est éteinte avec la chute de Bagdad en 1258 »

« Non, l’Occident ne doit rien aux Arabes », tel était le titre d’une page du Courrier international du 29 juillet 2004 qui traduisait un texte de l’intellectuel palestinien Saqr Abou Fakhr tiré d’«Ad Safir» à Beyrouth. On y apprend que « la civilisation arabe s’est éteinte avec la chute de Bagdad en 1258 », à la suite de laquelle les arabes cessèrent de créer et d’innover, excepté dans certains domaines limités et disparates.

« Or, la civilisation occidentale a été portée par trois innovations : l’imprimerie, la boussole et la poudre donnant la suprématie militaire ». Et ces innovations sont venues de Chine, dit l’auteur.

Le génie de l’Europe a toujours été d’intégrer et de développer des apports extérieurs. La pensée occidentale est ouverte sur l’innovation, contrairement à la pensée arabo-musulmane (autre constat de l’auteur précité).

Dès lors, qu’ont apporté à la civilisation occidentale les Avicenne (980-1037), Averroès (1126-1198) et Ibn Khaldun (1332-1406) ?

Eh bien l’Europe n’a pas eu besoin de ces penseurs arabes pour avancer sur la voie du progrès, conclut Saqr Abou Fakhr. Il explique :

« Sinon, on serait en droit de se demander pourquoi les principes énoncés par Averroès auraient été un facteur décisif de la Renaissance en Europe alors qu’ils n’ont eu, à la même époque, aucune influence sur la civilisation arabe ». Et il donne cette explication: « En fait, Averroès, Ibn Khaldun et Avicenne se trouvaient en quelque sorte en dehors du courant dominant d’une culture arabe qui les a d’ailleurs refusés et rejetés. Une culture qui, déjà à l’époque, sombrait tout comme aujourd’hui, sous le poids des fatwas, des oulémas, des théologiens et récitants du Coran, du même acabit qu’Al Ghazali, Ibn Taymiya, Al Chafei et Al Achaari »

Pourtant, les arabo-musulmans et certaines élites intellectuelles et politiques occidentales, continuent à affirmer que sans les Arabes, l’Europe n’aurait jamais pu sortir de l’obscurantisme du Moyen Age, les premiers par esprit de revanche sur l’Occident, les seconds dans le but de faire accepter l’islamisation de nos pays.

Essayer de nous faire croire que c’est grâce à l’apport des arabo-musulmans que l’Occident a pu se développer et progresser relève de la pure fantaisie, inspirée par la méconnaissance de l’histoire de l’islam et de l’Occident.

L’islam a-t-il été créatif ou innovateur ?

Difficile à prouver, mais guerrier et envahisseur, certes oui. Les armées arabo-musulmanes se sont distinguées par leur soif de conquête et l’invasion de nombreux pays, dans le seul but d’y apporter l’islam par la force du sabre. Lors de leurs invasions barbares, les arabo-musulmans ont soumis les habitants et se sont appropriés leurs inventions et découvertes, puis les ont « arabisées » par le truchement du vocable.

Les musulmans ont importé les chiffres dits arabes — qui remplacent les chiffres romains — la numération positionnelle et le zéro ? Ce sont des inventions d’origine indienne. L’inventeur du zéro de position s’appelle Brahmagupta, grand astronome et mathématicien indien. Et c’est un mathématicien perse qui inventa l’algèbre.

L’imprimerie, la boussole et la poudre à canon furent inventées par les chinois. De nombreux savants du mythique « âge d’or arabe » n’étaient pas tous des arabes d’ailleurs, mais furent arabisés et assimilés, comme le savant Perse Avicenne, des savants Ouzbeks, et des savants Berbères d’Andalousie.

Un autre mythe de l’âge d’or de la civilisation arabo-musulmane qui a la vie dure et resurgit de plus belle, comme une légende, est celui de la transmission du savoir grec à l’Occident, à l’origine du siècle des Lumières, par les arabo-musulmans.

Si la civilisation arabo-musulmane a pu, effectivement, briller pendant deux siècles, elle le doit, en quelque sorte, aux érudits arabes qui firent traduire tous les textes qui présentaient un intérêt scientifique quelconque. Les textes grecs furent traduits par des Chrétiens d’Orient, à partir du syriaque ou directement du grec, et non par des Arabes. Toutefois, Il y avait aussi une filière parallèle, constituée par des moines copistes, qui traduisaient directement du grec en latin.
Le rôle des Arabes dans la transmission du savoir grec à l’Occident est un mythe

Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès ne lisaient pas un mot des textes originaux, mais seulement les traductions en arabe faites par les Araméens chrétiens.

Cette transmission du savoir et de la science des Grecs à l’Occident se fit surtout grâce aux Chrétiens d’Orient et aux moines d’Occident, une vérité que certains de nos islamophiles essayent de gommer en réécrivant l’histoire du Moyen Age. Décidément, la réécriture de notre histoire devient le passe temps favori de nos dhimmis intellectuels, au service de l’islamisation de l’Occident.

L’Occident d’ailleurs ne rompit jamais ses liens avec les enseignements des anciens grecs, grâce aux traductions des Chrétiens d’Orient et des Moines d’Occident, et les Arabes ne jouèrent aucun rôle dans le développement de l’Occident, qui progressa au fil de siècles, et l’amena à la position dominante actuelle.

Ces érudits, dévoués corps et âme à la cause de l’islam, semblent oublier que la civilisation européenne résulte d’un métissage entre la pensée hellénistique et judéo-chrétienne, et cette civilisation a des racines qui remontent au Ve siècle avant Jésus-Christ. Elle existait bien à avant l’invention de l’islam ! Par contre, la civilisation arabo-musulmane ne dura que deux siècles, et depuis le 13ème siècle, elle n’a guère progressé.

Nos intellectuels et politiques islamophiles se plaisent à nous rabattre les oreilles avec une contrevérité flagrante, affirmant que les racines de l’Europe sont autant chrétiennes que musulmanes, dans le but de diluer notre civilisation judéo-chrétienne, voire la faire disparaître dans les abysses de l’islam.

A ce sujet, dans son livre « Aristote au Mont Saint Michel »* Sylvain Gougenheim réfute cette thèse mensongère.

Son livre lui a d’ailleurs valu de nombreuses critiques, car il a eu l’audace de prouver que la transmission du savoir grec en Occident ne devait rien à l’islam, ce qui est à contre courant de la « bienpensance » actuelle, qui veut à tout prix voir dans l’islam toute la beauté du monde, l’islam des lumières, l’islam qui illumina le Moyen Age, plongé dans un affreux obscurantisme. C’est à l’Orient Chrétien que l’Occident est redevable et non au monde musulman.

« Les images biaisées d’une chrétienté à la traîne d’un ‘Islam des Lumières’ relèvent plus du parti pris idéologique que de l’analyse scientifique », écrit Gougenheim.

Finalement, le seul mérite des arabo-musulmans de l’âge d’or de l’islam fut de faire traduire par les Chrétiens Syriaques les textes grecs, qui leur apportèrent toutes les connaissances qui leur faisaient défaut, et ce dans tous les domaines, car ils étaient, avant tout, des guerriers et des marchands. Ils ne profitèrent de ces connaissances que pendant deux siècles, puis la culture musulmane sombra à nouveau dans l’obscurantisme sous l’influence des fatwas, des oulémas, des théologiens du coran, du salafisme, au nom du retour aux valeurs des ancêtres, pour qui le rationalisme équivalait à l’athéisme, punissable de la peine de mort.

Enfin, le dernier mythe de l’âge d’or arabo-musulman, celui de la grande tolérance de l’islam, imaginé par les islamophiles, pour nous faire accepter l’islam, s’effrite également.

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Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante

Merci à Anne Marie Delcambre et à Bat Ye’Or pour leur lucidité et leur contribution à la vérité :

« Pour accepter l’islam, l’Europe a forgé le mythe de l’Andalousie tolérante qui aurait constitué un âge d’or pour les trois religions. Tout ce qui concerne les combats, le statut humiliant du non musulman, ou dhimmi, a été soigneusement gommé. Il s’agit d’une véritable falsification de l’histoire réelle » Anne Marie Delcambre.

« Les dhimmis connaissaient de terribles contraintes, ils étaient assassinés pour des peccadilles et leur témoignage ne comptait pas. L’interdiction de porter des armes les rendait très vulnérables. Il leur était interdit de construire ou de réparer leurs lieux de culte. Leurs vêtements discriminatoires, obligatoires, les exposaient à la vindicte et aux insultes dans la rue. C’est d’ailleurs là l’origine de la rouelle imposée aux juifs en 1215 par le Concile de Latran. Dans la rue, les dhimmis devaient marcher rapidement, les yeux baissés, passer à gauche des musulmans, c’est à dire du côté impur, et enterrer leurs morts en courant. Leur culte devait être silencieux et les processions étaient interdites.

Ils vivaient dans des ghettos dont on fermait les portes le soir. Le mariage d’un dhimmi avec une femme musulmane et le blasphème contre l’islam étaient évidemment punis de mort (…). Souvent accusés de collaborer avec les chrétiens de l’extérieur, les dhimmis chrétiens tentaient de détourner la colère islamique contre les juifs (…).

Cette histoire, qui a affecté une si large proportion de l’humanité, n’est même pas étudiée dans les universités. Elle est ignorée, alors qu’elle exige d’être examinée dans sa globalité et sa complexité.

C’est une histoire de violence, d’esclavage, de souffrance, de viols, de déportations, d’humiliation. Cette histoire a été occultée à l’époque de la colonisation, puis plus tard quand l’Europe a fondé ses relations avec le monde arabo-musulman, sur le partenariat ». Bat Ye’or

Cette « tolérance » islamique de l’âge d’or andalou sévit encore de nos jours en terre d’islam, et risque de se répandre en Occident, si nos gouvernements persistent dans leur politique d’islamisation.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Rosaly pour Dreuz.info.



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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » mar. 3 mai 2016 13:42

Commençons par rappeler les faits : Sylvain Gouguenheim, agrégé d’histoire, docteur ès-lettres, professeur d’histoire médiévale à l’École Normale Supérieure de Lyon (ex-Saint-Cloud), auteur de plusieurs ouvrages : sur Hildegarde de Bingen, sur les « terreurs de l’an Mil », sur les chevaliers teutoniques, publie en mars 2008 un livre dont le thème général est la transmission de l’héritage intellectuel de la Grèce à l’Europe médiévale[1]. La thèse est que l’essentiel de cette transmission s’est effectué directement, ce qui tend à réduire le rôle de la médiation arabe.

Le livre a suscité un scandale inaccoutumé. Il a débordé le milieu assez restreint des gens compétents. La polémique a dérapé vers des procédés inhabituels entre universitaires, pour lesquels l’arme absolue ne va pas plus loin, à l’accoutumée, que l’éreintement dans une revue spécialisée[2]. En l’occurrence, des manifestes furent publiés dans la presse et l’on fit circuler des pétitions.

J’aimerais ici, d’abord, présenter quelques observations sur les phénomènes qui me semblent avoir rendu possible une telle querelle. Puis, je traiterai sommairement la question du rôle de la culture arabe dans la formation de l’Europe intellectuelle.


Pourquoi le scandale ?

Université et médias

Le premier problème me semble être celui de l’articulation du savoir universitaire sur le discours médiatique.

La polémique est partie d’une recension parue dans Le Monde du 4 avril. Son auteur, Roger-Pol Droit, le chroniqueur philosophique habituel du journal, y présente le livre comme opérant une révolution totale : on croyait jusqu’alors que l’Europe devait tout au monde arabe ; on sait désormais qu’elle ne lui doit rien. Le langage médiatique rabote les nuances et traduit en binaire (tout/rien, bien/mal, etc.). Hegel disait que la philosophie peignait gris sur gris. Il en est de même des petits bouts d’ivoire que polissent les historiens. Les médias, eux, brossent leurs fresques en noir et blanc.

Des manifestes parurent donc, qui évoquaient l’article, sans en nommer l’auteur, et s’attaquaient au livre de S. Gouguenheim. Parmi les signataires, on trouvait des historiens unanimement reconnus dans l’étude de la question. D’autres étaient médiévistes, mais s’occupaient d’autres domaines. Certains, peu nombreux il est vrai, ne connaissaient à peu près rien au Moyen Age. En ce qui me concerne, je me suis abstenu de toute réaction positive ou négative, tout simplement parce que j’étais à l’étranger et n’avais pas encore pu me procurer le livre. On chuchote que certains signataires n’auraient pas eu ce scrupule…

Certaines critiques étaient tout à fait courtoises. On signala des erreurs de fait, des interprétations tendancieuses, une bibliographie incomplète et datée. Tous arguments recevables dans une discussion scientifique de bon ton.

Malheureusement, on lut et entendit aussi des amalgames peu compréhensibles. On mentionna pêle-mêle l’immigration, les discours du Pape, on cria au « racisme » et à l’« islamophobie ».

Une intelligentsia cloisonnée


Le second problème est celui de la structure de l’intelligentsia française. Elle souffre d’un manque de communication entre les chercheurs du CNRS, de l’Université ou des autres établissements d’enseignement supérieur, d’une part, et le grand public, d’autre part. Bien des chercheurs ne publient que dans des revues spécialisées qui ne sont guère lues que par leurs collègues. Certains auraient l’impression de déroger, ou tout simplement de perdre leur temps, s’ils écrivaient pour un public moins restreint. Ceux qui vulgarisent ne sont pas toujours regardés avec beaucoup de bienveillance par ceux qui s’en abstiennent.

Le résultat de ce divorce entre spécialistes et médias est que le marché du prêt-à-penser est entre les mains de gens fort peu compétents, dont personne ne prend soin de rectifier les allégations quand c’est nécessaire. D’où la présence sur ledit marché de plusieurs légendes, au gré des modes.

Les gens compétents ont raison de dire que ce que S. Gouguenheim a écrit, « tout le monde le savait déjà ». C’est exact si l’on prend « tout le monde » au sens où l’on parle du « tout-Paris », ce qui veut dire, dans les deux cas, quelques dizaines de personnes. Si en revanche, on pense au non-spécialiste qui cherche à s’informer dans la presse ou dans les médias, force est de constater que la légende qui y domine actuellement, « la thèse la plus médiatisée » (AMSM, p. 14), est bien celle contre laquelle s’élève S. Gouguenheim, lequel ne prétend pas faire plus que « donner à un public aussi large que possible […] des éléments d’information et de comparaison issus des travaux de spécialistes, souvent peu médiatisés » (AMSM, p. 10).

On peut regretter qu’il ne soit pas sur ces questions le meilleur spécialiste dont on puisse rêver. Mais pourquoi les spécialistes lui ont-ils laissé la tâche désagréable de rectifier le tir ? Et pourquoi abandonnent-ils le terrain à des ignorants, des menteurs et/ou des propagandistes ?

La légende à la mode

Qu’il existe une telle légende constitue le troisième des problèmes que j’ai mentionnés. On peut la décrire à grands traits, telle qu’on la rencontre dans de larges secteurs des médias. L’idée générale est que, au Moyen Age, ce qui s’appelle aujourd’hui l’Europe, la chrétienté latine, si l’on préfère, était plongée dans une obscurité profonde. L’Église catholique y faisait régner la terreur. En revanche, le monde islamique était le théâtre d’une large tolérance. Musulmans, juifs et chrétiens y vivaient en harmonie. Tous cultivaient la science et la philosophie. Au xiie siècle, la lumière du savoir grec traduit en arabe passa d’Islam en Europe. Avec elle, c’était la rationalité qui y rentrait, permettant, voire provoquant la Renaissance, puis les Lumières.

Il est clair qu’aucun de ceux qui ont étudié les faits d’un peu près ne soutient une telle caricature. Il est clair aussi que ceux qui la rejettent le font soit pour de bonnes raisons, liées à un savoir plus exact, soit pour des raisons beaucoup moins avouables, comme le préjugé selon lequel les Arabes auraient de toute façon toujours été incapables de science ou de philosophie… Je suis payé (au sens propre) pour savoir que c’est on ne peut plus faux.

On a en tout cas un peu vite fait de dire que S. Gouguenheim s’en prendrait à des moulins à vent, que « personne » n’adhèrerait à la légende rose que j’ai dite. Car, encore une fois, si l’on veut dire : personne parmi les spécialistes, la cause est entendue. Si l’on veut dire en revanche : personne parmi ceux qui font l’opinion, on se trompe lourdement.
Un exemple : Sylvestre II

Comme exemple, ce discours du roi du Maroc prononcé à l’occasion de l’ouverture du festival de musique sacrée de Fez[3]. On y explique que Gerbert d’Aurillac, le futur Pape Sylvestre II (mort en 1003) a tiré le savoir mathématique qui faisait l’admiration de ses contemporains de ses études à l’Université de Fez.

On suppose donc que : 1) la Qarawiyin (fondée en 859) était une université au sens européen de ce terme et non simplement une mosquée « générale » (jâmi‘a), mot qui en est venu à désigner une université dans le monde arabe contemporain ; 2) on y enseignait non seulement l’exégèse coranique, les traditions sur le prophète et le droit islamique (fiqh), mais aussi les sciences profanes, dont les mathématiques—et pas seulement ce qu’il faut pour calculer la direction de La Mecque ; 3) un chrétien venu d’Europe était le bienvenu à Fez où il pouvait séjourner en toute sécurité[4] ; 4) Gerbert avait appris assez d’arabe pour suivre un enseignement supérieur dans cette langue[5].

Bien sûr, les gens compétents ont devant de telles sornettes le sourire distingué de la supériorité. Et ils me demanderont s’il était bien nécessaire d’épingler ainsi le malheureux écrivaillon qui a pondu ce laïus. Mais est-ce eux qui lisent les dépliants des agences de voyages ? Est-ce à eux que les guides serinent sur place de telles contrevérités ? Est-ce eux qui regardent la télévision ? Faut-il laisser à la merci du faux les braves gens tout prêts à apprendre ?

Et que faire lorsque des hommes politiques, des décideurs au plus haut niveau, sur les deux rives de la Méditerranée, s’en laissent accroire par ceux qui les conseillent ou rédigent leurs discours ?

La maison de la sagesse


Il me faut mentionner ici un second exemple, tant il est répandu. C’est celui de la « maison de la sagesse » (bayt al-hikma) de Bagdad. La légende y voit une sorte de C.N.R.S., un centre de recherche généreusement subventionné par les Califes amoureux du savoir, et où des traducteurs auraient été payés pour faire passer à l’arabe les trésors de la science et de la philosophie grecques.

La légende ne se nourrit que de soi ; rien de tout cela ne résiste à l’examen critique. La maison de la sagesse abritait bien une bibliothèque. Mais l’activité de tous les traducteurs que nous connaissons était commanditée par des clients privés, nullement par l’appareil d’État. Enfin, plus on remonte en arrière dans le temps, moins les chroniqueurs mettent en rapport l’activité de traduction avec cette fameuse maison[6].

Il semble que l’institution en question n’avait rien à voir avec les traductions, ni même en général avec le savoir profane, d’origine grecque. Elle semble avoir été avant tout à usage interne, plus précisément une sorte d’officine de propagande en faveur de la doctrine politique et religieuse que soutenaient les Califes de l’époque, à savoir le mu‘tazilisme, lui aussi objet de bien des légendes.

Rappelons en deux mots que les Mu‘tazilites étaient bien partisans de la liberté morale de l’homme comme indispensable pour penser la justice de Dieu qui ne peut récompenser et punir que des gens responsables de leurs actes. Mais n’oublions pas que, dans la pratique, ils ont lancé le pouvoir califal contre leurs adversaires en une campagne que bien des historiens nomment, au prix d’un anachronisme, « inquisition ».



L’Andalousie

Toute cette légende se replace dans le cadre d’un rêve rétrospectif, celui d’une société multiculturelle où aurait régné la tolérance. En particulier, l’Espagne sous domination musulmane (al-Andalus) aurait été la préfiguration de notre rêve d’avenir d’une société bigarrée de peuples et de croyances vivant en bonne intelligence. Le niveau culturel y aurait été fantastiquement élevé. Cela aurait duré jusqu’à la Reconquête chrétienne, laquelle aurait inauguré le règne du fanatisme, de l’obscurantisme, etc.

Les lieux où coexistaient effectivement plusieurs ethnies et religions ont tous disparu. Certains, comme Alexandrie ou la Bosnie, l’ont fait assez récemment pour que le souvenir de ces échecs, sanglant dans le dernier cas, ne se soit pas encore effacé. Et ne parlons pas de l’Irak… L’Espagne musulmane, elle, est assez éloignée dans le temps pour que l’on puisse encore en idéaliser la mémoire. De plus, l’Espagne est, depuis le xvie siècle, le lieu idéal des légendes et des clichés. Cela a commencé par la « légende noire » sur la conquête du Nouveau Monde. Répandue par les plumitifs stipendiés par les rivaux commerciaux des espagnols et des portugais, dont la France, elle permettait à ceux-ci de légitimer leur piraterie d’État (dite « guerre de course »). N’insistons pas sur les poncifs « orientalistes » de Gautier et de Mérimée. Donc, pourquoi ne pas ajouter aux castagnettes et aux mantilles un al-Andalus rose ?

Pour le dire en passant, il serait fort instructif de reconstituer les origines de ce mythe andalou, depuis l’américain Washington Irving en passant par Nietzsche.

Un arabisant espagnol, Serafín Fanjul, s’est donné pour tâche de détruire cette légende et de montrer que les régions d’Espagne sous domination musulmane n’étaient ni plus ni moins agréables pour les communautés minoritaires que les régions chrétiennes. Des deux côtés, on constate discriminations et persécutions, le tout sur l’arrière-plan d’expéditions de pillage et de rapt. Plutôt que d’une coexistence (convivencia) harmonieuse, il s’agissait d’un système voisin de l’apartheid sud-africain[7]. Là aussi, rien qui soit nouveau pour les historiens qui ont de cette époque une connaissance de première main. Mais qui les lit ?

Oublié ?

A toutes ces légendes vient se superposer ce que l’on pourrait appeler une « métalégende », une légende sur la légende. Cet état de choses si éminemment positif aurait été oublié. Voire, il aurait été refoulé de la mémoire de l’Occident par un processus volontaire, dû à quelque complot obscurantiste. De la sorte, la boucle paranoïaque est bouclée : si l’on ne trouve pas de traces du passé tel qu’on l’imagine, c’est que ces traces ont été effacées…

Mais est-ce bien vrai ? A-t-on jamais perdu de vue la contribution arabe au patrimoine culturel européen ? On parle à ce propos d’un « héritage oublié ». À ma connaissance, l’expression a été lancée par un livre de Maria Rosa Menocal, professeur de littérature comparée à Yale[8]. L’ouvrage portait surtout sur le domaine ibérique. Il montrait que les littératures de la péninsule ont emprunté genres et thèmes aux auteurs d’expression arabe. Ce qui est fort exact. Peu après, l’expression a été rendue populaire en France par un chapitre d’Alain de Libera qui portait ce titre et qui la transposait au domaine de la philosophie[9].

Or donc, je me demande si la mention d’un « oubli », devenue depuis lors une sorte de slogan, ne serait pas un « coup de pub ». Car il faut poser au niveau de l’histoire la même question que celle que j’ai posée un peu plus haut à celui de l’actualité, celle du sujet à qui on attribue le savoir ou l’ignorance. En un mot : cet héritage a été oublié par qui ? L’homme de la rue ne l’a jamais oublié, pour la bonne raison qu’il ne l’avait jamais su. Mais les gens un peu cultivés ?

Avec la « Renaissance » et le mouvement humaniste, il se produisit une réaction contre la scolastique et ses défauts prétendus : mauvais latin, subtilités, abstractions, etc. Elle engloba les arabes dans le mépris de ce qui n’était pas le platonisme et l’aristotélisme supposés « purs ». Mais il fut vite corrigé par les études précises produites par les générations d’orientalistes qui se sont succédées depuis le xvie siècle dans toute l’Europe : Guillaume Postel, Barthélemy d’Herbelot, Ignace Goldziher, et tant d’autres. Les érudits non orientalistes n’ont pas, eux non plus, oublié le rôle des Arabes. J’ai cité ailleurs deux textes du xviiie siècle qui le mentionnent. Et voici un passage d’Auguste Comte, trouvé au hasard de mes lectures : « Par une honorable transmission de la science grecque, la civilisation arabe figurera toujours parmi les éléments essentiels de notre grande préparation au Moyen Age[10] ».

On ne cesse de répéter, pour s’en faire honte, des déclarations sur l’incapacité prétendue des « Sémites » à la pensée philosophique. À y regarder de plus près, elles sont en fait presque exclusivement localisées au xixe siècle, voire au seul Ernest Renan. Celui-ci a en effet appliqué à l’histoire de la culture ce racisme tranquille, et d’ailleurs encore relativement de bon ton par rapport aux horreurs du siècle suivant, que partageaient bien de ses contemporains : la philosophie serait essentiellement « aryenne », et jamais « sémite » ; les philosophes de l’Islam auraient tous été des Persans, etc.[11] Mais les naïvetés de Renan font-elles le poids face aux travaux imposants des orientalistes que j’ai nommés ?



Des nuances

J’en viens à l’aspect positif de mon propos, et tenterai une rapide synthèse de la question. Pour ce faire, je me permettrai de reprendre quelques résultats, évidemment provisoires, de deux de mes livres, auxquels je renvoie pour plus de détails[12].

Commençons par rappeler un peu plus précisément la thèse de S. Gouguenheim. La contribution de la civilisation islamique à celle de l’Europe est réelle, et personne ne songe à la nier. Mais elle est moins exclusive que ce que certains voudraient nous faire croire[13]. La transmission directe à partir de l’Orient byzantin est plus importante qu’on ne l’a pensé. L’Europe latine n’a jamais cessé de loucher avec envie vers Constantinople. Un mince filet de savoir grec, venu d’Irlande ou de Byzance, a continué à irriguer l’Europe. En même temps qu’on traduisait Aristote de l’arabe, surtout en Espagne, on le traduisait directement du grec. Voire, avant. En particulier, S. Gouguenheim a attiré l’attention sur un personnage déjà connu, mais guère en dehors des cercles de spécialistes, Jacques de Venise, qui a traduit Aristote directement du grec au latin un demi-siècle avant les traductions sur l’arabe effectuées à Salerne, à Tolède, en Sicile, ou ailleurs (AMSM, p. 106-115).

Ensuite, sérions les questions et trempons notre pinceau dans les diverses nuances du gris.

La religion de l’islam

Il faut distinguer du côté de l’émetteur : l’islam-religion ne coïncide pas avec l’Islam-civilisation. Celle-ci a été rendue possible par l’unification du Moyen-Orient : d’abord unification politique sous le pouvoir des Califes et, plus tard, unification linguistique au profit de l’arabe. Cette civilisation a été construite autant par le travail des chrétiens, juifs ou sabéens du Moyen-Orient, et par les zoroastriens ou manichéens d’Iran, que par les musulmans qui n’étaient au départ qu’une caste militaire conquérante. Ainsi, les traducteurs qui ont transmis l’héritage grec à Bagdad étaient presque tous chrétiens, le plus souvent nestoriens. Les rares qui ne l’étaient pas appartenaient à la petite communauté « païenne » des Sabéens, comme le célèbre astronome Thabit ibn Qurra[14].

L’islam comme religion n’a pas apporté grand’ chose à l’Europe, et ne l’a fait que tard. Tout simplement parce qu’il n’y a été connu que tard. À la différence de Byzance, où le Coran avait été traduit dès le ixe siècle, l’Europe n’a connu le texte fondateur qu’après un long délai. La première traduction latine en fut faite à Tolède au milieu du xiie siècle sous l’impulsion de l’abbé de Cluny Pierre le Vénérable. Mais elle n’a à peu près pas circulé avant d’être imprimée, tard dans le xvie siècle[15]. Le premier examen du Coran à la fois un peu sérieux et ouvert est l’œuvre du cardinal Nicolas de Cuse, au xve siècle[16].

Parmi les traditions sur Mahomet (hadith), seul le récit merveilleux du « voyage nocturne » du Prophète au ciel (Scala Machumeti) est passé en Europe[17]. L’apologétique (Kalâm) fut connue surtout par la réfutation de son école dominante qu’effectue Maïmonide dans son chef d’œuvre philosophique et exégétique[18]. Elle a fourni à la physique d’Aristote une alternative discontinuiste (atomiste) qui fut exploitée par certains nominalistes, puis à l’époque moderne par Malebranche et Berkeley[19].

La civilisation de l’Islam

Sont venus de l’Islam comme civilisation deux sortes de biens culturels. D’abord, ceux qui ont transité par lui. Ainsi les chiffres dits « arabes », venus des Indes. Ou encore, ce qui d’Aristote ou d’Avicenne fut traduit à Tolède.

Est venue aussi de l’Islam la contribution originale par laquelle ses savants prolongeaient et dépassaient l’héritage grec. C’est le cas en mathématiques, y compris l’astronomie et l’optique avec la révolution introduite par Ibn al-Haytham (Alhacen). C’est le cas en médecine avec Razi (Rhazès) et Avicenne. Et bien sûr en philosophie, avant tout avec, encore une fois, Avicenne, peut-être le plus novateur.

La contribution des savants écrivant l’arabe est d’ailleurs loin de se limiter à ce qui a eu la chance de parvenir à l’Occident. Les travaux d’al-Biruni en géodésie, en minéralogie, etc., sans parler de l’exceptionnel miracle d’objectivité qu’est sa description de l’Inde, n’ont été connus qu’au xixe siècle[20]. En philosophie, al-Farabi n’a été que fort peu traduit au Moyen Age, et pas dans ses œuvres les plus originales de philosophie politique.

Il y a des mathématiques (ou de la médecine, de l’alchimie, etc.) arabes en ce sens que des œuvres relevant de ces disciplines ont été composées dans la langue de culture de tout l’Empire islamique, par des gens dont l’arabe n’était pas toujours la langue maternelle, qui n’étaient que très rarement originaires de la Péninsule Arabique, et qui n’étaient pas non plus tous musulmans.

En revanche, il n’y a pas de mathématiques musulmanes, pas plus qu’il n’y a une médecine chrétienne ou une botanique juive[21]. Il y a des gens de diverses confessions qui se sont occupés de diverses sciences. Même pour la philosophie, je préfèrerais parler d’un usage chrétien, juif ou musulman de la philosophie plutôt que d’une philosophie chrétienne, juive ou musulmane.


Quoi ?
Il faut distinguer aussi la nature de la marchandise : de l’héritage grec, seul est passé par l’arabe ce qui relevait du savoir en mathématiques, médecine, pharmacopée, etc. En philosophie, ne sont passés par l’arabe qu’Aristote et ses commentateurs, avec quelques apocryphes d’origine néoplatonicienne et eux-mêmes attribués à Aristote. Le reste a dû attendre le xve siècle pour passer directement de Constantinople à l’Europe, parfois sous la forme, réelle mais souvent un peu romancée, de manuscrits emportés par des savants byzantins fuyant la conquête turque.

Ce reste, ce n’est rien de moins que toute la littérature grecque : la poésie épique (Homère et Hésiode), lyrique (Pindare), dramatique (Eschyle, Sophocle, Euripide), l’histoire (Hérodote, Thucydide, Polybe), le roman. En philosophie, c’est le cas des traités d’Épicure cités par Diogène Laërce. C’est celui de Platon, de Plotin, et aussi, hélas, d’« Hermès Trismégiste », arrivés de Constantinople à la Florence des Médicis, où Marsile Ficin mit ces trois corpus en latin.

A plus forte raison, le legs théologique des Pères Grecs n’avait aucune raison d’intéresser les penseurs de l’islam. Il est entré en Europe, très partiellement d’ailleurs, en venant directement de l’Orient chrétien. Ce fut parfois par un transfert tout à fait matériel, comme ce manuscrit des œuvres du Pseudo-Denys l’Aréopagite, offert en 827 par le Basileus Michel III à l’empereur d’Occident Louis le Pieux, puis traduit par Hilduin, et à nouveau par Jean Scot Erigène, lequel traduisit aussi des morceaux de Némesius d’Emèse et de Maxime le Confesseur. Pour le reste, il fallut attendre, selon les cas, le xiiie siècle, ou la Renaissance, voire Erasme.

N’oublions pas enfin que la culture ne se limite pas à ce qui se lit et s’écrit. Outre les textes, il y a les œuvres plastiques : architecture, sculpture, peinture. L’Islam, par scrupule religieux, n’a, avant une date récente, développé de sculpture et de peinture que par exception. La plastique grecque n’a donc pu exercer sur ses artistes la même fascination que celle que l’on rencontre en Occident. Tout ce qui relève des arts plastiques est passé du monde grec à l’Occident, la plupart du temps par l’intermédiaire de copies romaines, mais en tout cas sans détour arabe.




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Re: Espagne et islam

Message non lupar Neverime » mar. 3 mai 2016 19:02

La vidéo a été retiré...

Est-ce une censure et si oui, j'aimerais voir ces vidéos pour savoir un peu s'il y avait lieu de censurer.

Des islamistes sont passés par là... très probablement...


"Il y a cent mille ans, une grande et puissante civilisation existait... et comme d'autres, elle a connu un évènement qui lui a été fatal. C'était quelque chose qu'ils n'attendaient pas, l'arrivée d'une force obscure et destructrice qui n'avait aucune limite dans sa soif insatiable de possessions et de domination. Ils nommèrent cet ennemi: les Destructeurs.

Tous les mondes qu'ils prenaient portaient la vie et ils ne laissaient derrière que des terres stériles hautement toxiques, vidées de toutes leurs ressources...

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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » mar. 3 mai 2016 19:07

Salut, Neverime, Youtube et Facebook sont modérés par des mahométans du Maroc. Logique qu'ils censurent.



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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » lun. 9 mai 2016 20:22

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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » dim. 15 mai 2016 14:43

"Toute personne un peu instruite des choses de notre temps voit clairement l’infériorité actuelle des pays musulmans, la décadence des États gouvernés par l’islam, la nullité intellectuelle des races qui tiennent uniquement de cette religion leur culture et leur éducation."

Conférence prononcée à la Sorbonne en 1883.
Discours et conférences, Ernest Renan, éd. C. Lévy, 1887, L'Islamisme et la Science, p. 377



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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » lun. 16 mai 2016 16:02

Maroc : chrétienté, Islam et colonisation

Publié par medisma sur 18 Février 2010, 15:08pm

Catégories : #lintegral


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Jamais la chrétienté n’a pardonné à l’Islam l’occupation de l’Espagne des siècles durant. Jamais, elle n’a fait grâce au conquéreur de l’Andalousie, des Pyrénées et d’une partie de la France, des raids meurtriers sur les régions littorales du Languedoc, de Provence et d’Italie…

La haine à l’égard des musulmans atteignait son paroxysme du VIIème au XVIIIème siècle :

« Les sarrasins (c’est à dire les arabes), écrit le pape Jean VIII, se sont abattus sur la terre comme des sauterelles… » et « ayant attaqué la métropole d’Aix, et l’ayant prise, la dépouille entièrement. C’est ainsi qu’écrivent à la même époque les moines de Vézelay, ajoutant que les arabes écorchèrent vifs hommes et femmes pris prisonniers ».



En outre, tout indique que la réalité et la spécificité religieuse de l’Islam sont demeurées longtemps méconnues par les auteurs chrétiens : La Chanson de Roland qualifie l’Islam de secte païenne et le considère comme une déviance par rapport au dogme catholique.

Et cette image négative de l’Islam doit beaucoup à l’Espagne chrétienne, bastion de la résistance contre l’envahisseur musulman, assimilé pour les besoins de la cause à des créatures d’apocalypse.

Les chrétiens préparent ainsi les esprits à une croisade, à une reconquête totale et à une mobilisation sans précédent décrétée en 1095 par le pape Urbain II contre « un peuple barbare, cruel, méprisable, tyrannique, esclave des démons ». Et Saint Bernard écrira au XIIème siècle, pour justifier l’action des croisés que sont les Templiers : « Le chevalier du Christ est le ministre de Dieu pour le châtiment des méchants…..Quand il tue ‘un musulman’, il n’est pas homicide mais, si je puis dire, malicide ». L’évêque de Paris, Guillaume d’Auvergne, ajoute avec répulsion que ces ‘infidèles’ sont des êtres de débauche et de perversion. Ils sont en outre « fourbes, sadiques voire serpents, vipères, dragons, démons comme les dépeint encore la Chanson de Roland.

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Cette grossière caricature de l’Islam que l’église s’emploie à diffuser en vue de modeler l’imaginaire de leurs disciples est d’un simplisme mesquin : « Les païens ont le tort, et les chrétiens le droit ».

Mais les intellectuels tels qu’Abélard au XIIème, Roger Bacon au XIIIème qui ont appris à côtoyer et à apprécier les arabes musulmans préconisent de reconnaître l’existence, voire la qualité de L’Autre.

Le poète Wolfram Von Eschenbach fait écho dans ses œuvres de critiques à l’égard d’une église intolérante, orgueilleuse et dominatrice.

Et l’illustration la plus spectaculaire d’un esprit d’ouverture à l’égard de la civilisation musulmane a été donnée par l’empereur Frédéric II en butte à l’hostilité persévérante, acharnée de la papauté.

Mais ces attitudes d’ouverture sont minoritaires. Seule l’intolérance demeure l’idéologie dominante : Marco Polo décrit les musulmans comme « de mauvaises gens, coupe-bourses, voleurs, meurtriers et traîtres » ajoutant que la « maudite loi que leur a donné leur prophète leur commande tout le mal qu’ils peuvent faire aux autres gens ».

Cette « maudite loi » qu’est l’Islam est incarnée, aux XIVème et XVème siècle par une force nouvelle, les Turcs : Constantinople succombe, et avec elle le millénaire empire byzantin.

En effet, l'empire Ottoman est arrivé à un niveau de puissance inégalé doté d'une armée redoutable et possédant un arsenal tel que le monde n'en avait encore jamais vu, notamment des fusées volantes et une artillerie de premier ordre.

Que pouvait donc Byzance et l'empereur Constantin XI devant de tels moyens, même soutenus par les prières de milliers de prêtres et de moines qui se relayaient sans cesse dans les églises et les couvents de la métropole.

Après deux mois de siège de Constantinople et un bombardement intense, les troupes osmaniques envahirent la ville, l'empereur Constantin fut tué, la population massacrée, le Sultan Mehémet II renversa les ornements sacrés des églises, proclama la déchéance des images chrétiennes et la victoire de l'Islam : l'empire Ottoman venait de conquérir sa capitale.

La chute de Byzance en 1453 avec la prise de Constantinople par les Turcs, constitue un des plus grands faits de l'histoire du monde :

Les royaumes chrétiens et musulmans tombèrent par pans entiers sous la domination des sultans ottomans.

L'image satanique de l'Islam ressurgit alors. Le célèbre réformateur religieux Luther, au XVIème siècle, avertit les chrétiens : "Vous ne luttez pas contre des êtres de chair et de sang....soyez certains que vous luttez contre une grande armée de diables....Il faudrait contre ces diables une grande croisade".

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Pour les chrétiens, la religion musulmane est désormais l’erreur et le seul salut pour les musulmans est de se rallier à la seule vérité qu’incarne l’Église.

Dés lors, l'incompréhension est à son comble : Le musulman, traité d'infidèle utilise le même terme pour désigner le non-musulman. Et Bernard Lewis ( Comment l'islam a découvert l'Europe, la Découverte 1984 ) donne un exemple frappant de l'optique reductionniste commune à la tradition chrétienne et à la tradition musulmane : deux oeuvres, l'une de l'histoire arabe d'Ibn Khaldoun (fin XIVème siècle), l'autre de Bossuet (XVIIème siècle), portant le même titre "l'histoire universelle"; ce titre recouvre en fait, pour le premier, la seule histoire du monde musulman, pour le second la seule histoire du monde chrétien. Chacun, convaincu de sa supériorité intrinsèque et de détenir la seule Vérité, ignore l'Autre.

Et simultanément à la même époque, les encyclopédistes et hommes de lettres articulent leurs attaques virulentes sur Mahomet en personne, le faisant passer pour un faux prophète ». Et de le traiter avec une férocité inouïe de « sorcier, infâme, débauché, voleur de chameaux, cardinal qui, n’ayant pas réussi à se faire pape, inventa une nouvelle religion pour se venger de ses collègues ».

Ces préjugés injustes à son égard connaissent leur paroxysme au XVIIème siècle. Sa vie n’inspira pas seulement les auteurs de dictionnaires et d’encyclopédies, mais aussi et non moins violemment, les auteurs de pièces de théâtre et de romans : Voltaire y voit un fanatique, Goethe, un assassin.

Il est surprenant de constater que tous lui sont résolument hostiles.

En fait, ces idées injustes reflètent l’image singulièrement déformée que l’Europe chrétienne se donne de Mahomet : Les ecclésiastiques ont compris qu'il fallait remplacer la lutte armée par la lutte idéologique. Ausi, le missionnaire prend-il la succession du croisé. Bien entendu, si la stratégie change, l'optique reste la même : la religion de l'Autre est l'erreur et le seul salut pour cet Autre est d'abandonner son identité.

Ce n’est qu’au terme du XVIIIème siècle, à l’époque des grands voyages de reconnaissance, que nombre d’européens, sans renier leurs croyances, sauront s’ouvrir au monde musulman, et leurs réflexions vont incliner vers un libéralisme religieux de plus en plus affranchi du dogme chrétien.

Et Lamartine d’écrire à propos de Mahomet dans son livre intitulé Histoire de la Turquie :

« Jamais homme ne se proposa….un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la Divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie.

« Jamais homme n’entreprit, avec de si faibles moyens, une œuvre si démesurée aux forces humaines puisqu’il n’a eu, dans la conception et dans l’exécution d’un si grand dessein, d’autre instrument que lui-même….

« Enfin, jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et si durable révolution dans le monde puisque, moins de deux siècles après sa prédication, l’islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait la Perse, le Khorasan, la Transoxiane, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs des îles de la méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule.

Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur le tiers du globe habité : mais il a remué, de plus, des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes ; il a fondé, sur un livre dont chaque lettre est devenue loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toute langue et de toute race, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des idoles et la passion de Dieu Unique….. »

Cette tradition de méconnaissance, voire de mépris qui caractérisera dans son ensemble le rapport du monde chrétien au monde musulman, connaitra une certaine accalmie à partir de la fin du XIXème et ce, grâce à des hommes de grande tolérance et à forte personalité telles que les Bonaparte, Lyautey, Lawrence d’Arabie ….et fait exceptionnel, le charismatique pape Jean-paul II.

Mais le drame est que le monde musulman ne s’avèrera quant à lui dans l’ensemble, pas plus enclin à tenter de combler ce fossé de méconnaissance et d’incompréhension.

Et nous vivons aujourd’hui les conséquences de douze siècles d’incompréhension mutuelle.

Pourtant la contribution des musulmans à la civilisation humaine est exceptionnelle :

Ce sont les chercheurs musulmans qui ont sauvé le patrimoine grec de la disparition et de l’oubli en le traduisant et transmettant l’héritage à l’occident.

C’est Ibn Nafiss qui découvre la circulation du sang.

Ce sont les arabes qui sont les inventeurs de la méthode inductive et les véritables créateurs de la recherche expérimentale ; ce sont eux qui ont créé l’optique, la physique et la chimie expérimentale, l’algèbre et l’arithmétique, la trigonométrie sphérique, la géologie, et la sociologie….Ils ont légué à l’occident comme présent le plus précieux de tous, leur méthode de recherche scientifique.

L’empereur allemand Frédéric II de Hohenstaufen, touché par le souffle vivifiant de l’esprit arabe, attira auprès de lui les érudits musulmans et ce, au mépris des interdictions et des attaques de l’Eglise catholique romaine. Mais la position de l’Empereur est demeurée inébranlable affirmant que « le Germain comme l’Arabe possédaient cette qualité unique : la vision claire et pénétrante de la nature réelle des choses….Eux seuls, sans préjugé aucun, savent observer, examiner et explorer la réalité sensible ».

D'ailleurs, c'est ce même empereur qui est le véritable fondateur d'une nouvelle vision du monde en Europe : Pour lui, le monde chrétien n'accordait guère d'importance à la nature concrête qu'en fonction de Dieu et de l'âme, ajoutant que l'intelligentsia européenne, formée par la théologie chrétienne, est absorbée uniquement par la contemplation de l'Au-delà. Quant au monde des faits, elle ne s'y interessait guère.

Frédéric II s'érigeait contre de telles fantaisies affirmant entre autres "Que notre intention est de rendre perceptibles les choses qui sont, et telles qu'elles sont réellement".

Ces paroles marquent le tournant de la vision du monde occidental :

Il fut en effet le pionnier de la science européenne. Il inaugure toute un lignée de penseurs qui conduit vers la renaissance avec Albert le Grand, Roger Bacon, Léonard de Vinci, Copernic, Galilée et autres qui ont à des degrés divers, subi l'influence arabo-islamique à travers la Physique expérimentale d'Ibn El Heitem, le botaniste Ibn EL Beitar, les astronomes Al-Kindi et Al-Bitouqui, les connaissances arabes relatives au magnétisme, à la boussole, aux matières explosives, à la pharmacologie, à la médecine.....

Au contraire du christianisme, l'Islam a encouragé des sciences qui lui étaient nécessaires pour fixer les heures de prière, pour mesurer les mouvements des astres, soigner les malades, prévenir les épidémies dans les grandes cités......

Et Mahomet avait imposé la recherche du savoir comme un devoir religieux :"Qui aspire au savoir, adore Dieu". Pour lui, les sciences servent la gloire de Dieu : Pour l'amour d'Allah "reçois le savoir, même de la bouche d'un infidèle".

Toutefois l'environnement mondial, bouleversé depuis la chute de Bysance, relégua cette quête transcendante du savoir dans les confins de l'oubli, et le monde musulman dans les ténèbres d'un isolement total : L'heure de la décadence avait sonné pour l'Islam.

En 1482, les rois catholiques, Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille, décidèrent d'éliminer définitivement l'Islam de l'Espagne. Une nouvelle croisade contre les musulmans arabo-bérbères fut lancée.

La reddition de Grenade, dans la nuit du 1er au 2 janvier 1492, fut célébrée comme un fait extraordinaire dans toute la chrétienté. On y voyait la revanche du monde chrétien sur le monde musulman après la prise de Constantinople.

Aussi, les chrétiens espagnols, préconisaient-ils l'occupation des terres de l'Islam situées sur le littoral nord-africain dés le parachèvement de la reconquête et du refoulement définitif des maures de l'Espagne; idée par ailleurs appuyée par le pape Alexandre VI, qui parla en 1493 du possible partage du monde à coloniser afin que " la foi catholique et la religion soient exaltées et répandues.....et que les nations barbares soient subjuguées et réduites à la foi".

Une telle idée n'avait jamais effleuré la pensée des conquérants ottomans et arabo-bérbères qui, en enlevant une grande partie de l'Europe,

n'avaient guère cherché à convertir les populations colonisées, mais d'être plutôt les maitres des territoires conquis et d'en tirer les revenus, notamment fiscaux.

Dés lors, l'Europe chrétienne allait s'étendre, conquérir, dominer et coloniser :

En 1415 déjà, Don Joaô 1er, roi du Portugal, s'empara de Ceuta avec une flotte de plus de 200 navires transportant une armée de 50 000 hommes; elle devint ainsi la première conquête des portugais dans le nord du Maroc. Après la mort de Don Sébastien de Portugal à la bataille de l'Oued el Makhazine à Ksar El Kebir en 1579, Ceuta passa à l'Espagne en 1580.

Mellila, port marocain de la méditerranée fut enlevée à son tour en 1497 par Pierre Estopinan, officier attaché à la maison du Duc de Medina-Sidonia qui la céda en 1506 à la couronne d'Espagne.

Et à l'instar du Portugal et de l'Espagne, les autres puissances européennes souhaitèrent se lancer à leur tour dans les guerres de colonisation. Mais suite à la défaite de Sébastien 1er, elles abandonnèrent toute velléité d'occupation forcée du Maghreb et ce, pendant plusieurs siècles.

Ce désir de revanche et de conquête ne revient qu'au début du XIXème siècle puisqu'il fallait au préalable affaiblir l'empire ottoman, en éveillant le sentiment nationaliste au sein des peuples soumis et en leur fournissant des encouragements et des armes qui donnèrent aux mouvements d'indépendance nationale, la force et la cohésion sans lesquelles elles n'auraient jamais pu briser le joug du Sultan :

Le soulèvement des Grecs en 1822, donna le premier signal du démembrement.

Roumains, Serbes, Bulgares et Albanais suivirent le mouvement.

L'émancipation des peuples chrétiens des Balkans était déjà un fait accompli.

Au lieu de calmer les rebellions nationales au sein de l'empire malade, les puissances européennes les enfiévrèrent et les nourrirent de haine à l'égard de l'autorité sultanienne, profitant simultanément de l'état critique des finances de l'empire dont l'endettement extérieur atteignait des sommets abyssaux : les emprunts étrangers n'étaient accordés qu' en échange de garanties et de gages ( concessions, octrois de monopoles, exploitations des mines, quais, docks, entrepôts, chemins de fer, banques, exploitations pétrolières, droits de douane.....

Ainsi, les Puissances pompaient-elles avidemment les richesses du pays. De sorte qu'une grande partie du revenu national allait directement dans les coffres-forts des banques de Londres, de Paris, de Vienne et de Berlin.

Le pays se putréfiait à vue d’œil et les Sultans sentaient monter vers eux la colère de leurs sujets.

L'Empire, appelé désormais "l'Homme malade", agonisait :

Tout donnait une impression de misère et de vétusté.

Au lieu de remédier à cette pénible situation, le Sultan couvrit ses territoires d'un ensemble de réseaux d' 'indics' ayant pour mission exclusive de surveiller la population. Aussi, n'y avait-il de liberté ni de sécurité pour personne et les prisons regorgeaient de détenus.

Le mécontentement était quasi-général....

C'est à cette période précisément que l'Angleterre, la France et finalement l'Italie s'emparèrent de toutes les possessions africaines ottomanes, ainsi que des îles les plus importantes de la Méditerranée orientale.

L'Algérie, la Tunisie, l’Égypte, Malte, la Crète furent perdues à tour de rôle.

Et la superficie de l'empire ne cessait de se rétrécir au profit des nations chrétiennes.

Ce n'était évidemment pas par philanthropie que les puissances européennes soutenaient les mouvements d'indépendance nationale. C'était simplement parce que ce levier commode, leur permettait d'affaiblir le dernier des empires de l'Islam et facilitait leur propre mainmise sur les possessions ottomanes.

Ces conquêtes s'étaient déroulées sous le signe d'une nouvelle colonisation qui préfigure une "vocation civilisatrice". Aussi, l'aventure colonialiste fut-elle menée de pair avec la participation effective des grands évêques.

La mission chrétienne et l’État colonial s'étaient partagés la besogne selon leurs compétences respectives : Aux coloniaux d'assurer la sécurité et de fournir l'aide matérielle et financière; aux missionnaires d'accomplir la grande œuvre civilisationnelle, de fonder les écoles et un réseau d'oeuvres médicales et sociales.

L'Eglise allait en effet s'affirmer grâce à ses actions sur le terrain. Et Arthur Conte d'affirmer : "La colonisation fut une véritable épopée au temps des croisades et se continua à présent au siècle des lumières". C'était pour nous rappeler que "les croisés furent les ancêtres des colons".

C'était au début du XXème siècle, au moment de la désintégration et de la chute de l'Empire ottoman qu'apparaît Mustapha Kémel.

Il a immédiatement compris que rien n'écarterait l'usure fatale de l'Empire. Aussi, s'était-il plongé corps et âme dans une oeuvre harassante pour la création d'une jeune nation turque, transformée de fonds en comble et bouillonnante de vitalité. Loin de son esprit cet empire "réac, attardé et has been", composé d'une mosaïque de peuplades majoritairement sous-développées.

Il trancha subitement et avec force la question en proclamant le caractère républicain et laïc de son régime :

" L'homme politique qui a besoin des secours de la religion pour gouverner n'est qu'un lâche ! s'écrie-t-il. Or, jamais un lâche ne devrait être investi des fonctions de chef de l'Etat".

" Nous avons énormément souffert par le seul fait que nous sommes demeurés stationnaires alors que le reste du monde continuait à progresser. C'est maintenant à notre tour d'aller de l'avant. Nous aspirons à la civilisation et à la science; c'est là que doit mener notre voie".....

La chute de l'Empire ottoman, la colonisation du monde islamique par les puissances chrétiennes européennes et l'émergence, pour la première fois, d'un régime laïcisé au sein de la nation mahométane, avaient sérieusement ébranlé l'Islam sans pour autant entamer la foi religieuse de ses fidèles....

Et la colonisation ne fera qu'exaspérer les autochtones musulmans et cimenter leur union dans un combat souvent harassant et cruel contre les armées d'occupation; ce combat étant par ailleurs fréquemment mené au nom d'un Islam politique, rigoriste et djihadiste

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Seul le Maroc berbéro-arabe, ayant échappé à la tutelle ottomane et demeuré indépendant, faisait l’objet de convoitises de la part des puissances européennes qui rêvaient chacune en son fonds intérieur, de s’en emparer. La France en particulier, depuis la prise d’Alger, manifestait ardemment auprès de ces mêmes puissances son profond désir de s’approprier l’Empire chérifien. Elle, qui a usé par le passé de subterfuges pour faire main basse sur le Maroc.

Et dés 1808 déjà, Napoléon 1er au zénith de sa gloire, envoya au Royaume un espion, un certain Antoine Burel, polytechnicien et officier du génie, déguisé en émissaire porteur d’une lettre au Sultan. Mais sa véritable mission est de rendre compte de l’état des fortifications et de la force des armées afin de permettre l’élaboration d’un plan pour la conquête du pays. L’Empereur Moulay Slimane reçut en grande pompe M. Burel accompagné du consul de France à Tanger et désigna son frère Moulay Abdeslam pour le représenter dans les pourparlers avec les émissaires français. Ces derniers firent remarquer au prince marocain que le Maroc collabore étroitement avec l’Angleterre et qu’il a permis aux troupes britanniques d’occuper l’îlot de Perjil à côté de Ceuta, et que c’était là «une agression manifeste et que la neutralité s’y trouvait blessée ».

Moulay Abdeslam lui répondit que le Maroc observait une neutralité absolue et ne ferait la guerre qu’à ceux qui le voudraient.

Le soir même, les français furent congédiés et un secrétaire du Sultan les accompagna jusqu’à Tanger.

Mais les difficultés de la France en Espagne avec la capitulation du général Dupert le 22 juillet 1808 et l’évacuation française de Madrid suite à la révolte des espagnols, décida Napoléon de surseoir à toute conquête du Maroc.

Moulay Slaoui, proche du souverain chérifien, considéra l’empereur français comme « le grand coupable qui est sans cesse occupé à injurier tous les serviteurs d’Allah ».

La politique napoléonienne au Maroc se soldait alors par un grand échec.

Depuis, le Maroc s’isolait à peu prés totalement du monde extérieur : La plupart des ports furent fermés aux étrangers et un droit de 50% fut imposé sur les importations, tandis que les exportations des produits marocains (blé, huile, laine et autres) furent prohibés. La colonie européenne se réduisit à une centaine de personnes à Tanger où les consuls vivaient relégués, sans contact avec les réalités du pays. Moulay Slimane voyait dans le contact et le commerce avec l’étranger un appauvrissement économique et un risque pour l’Islam.

Et c’est l’occupation française de l’Algérie en 1830 qui allait basculer cet isolement.

La prise d’Alger prélude dés lors à la création d’un véritable empire d’où « la civilisation chrétienne rayonnera sur les contrées à conquérir où tant de mœurs cruelles existent encore ». Cette «mission civilisatrice» allait se faire évidemment avec l’appui de la papauté.

Prospère Mérimée qui séjournait à Madrid lors de la guerre hispano-marocaine (1859-1860) décrivit l’état d’esprit de la population ibérique : « Toutes les parties se sont remises pour la guerre sainte : Femmes, enfants, vieillards, carlistes et libéraux ont le même cri : El Moro ! On se croirait aux croisades ».

Et c’est sous l’étendard de cette vocation que la France fera main basse sur le Maroc, après l’établissement de son protectorat sur la Tunisie.

Mais le Maroc posait problème : Il intéressait simultanément nombre de puissances :

- les espagnols présents depuis des siècles dans leurs présides, n’ont pas perdu l’idée de prolonger la Reconquista sur le sol marocain.

- Les allemands de Guillaume II ne dissimulent guère leurs visées économiques sur le pays.

- Les britanniques et les italiens sont attirés par la position stratégique du Maroc en méditerranée.

- Pour la France, le Maroc représente le prolongement naturel de son ‘Algérie’.



Pour cet ensemble de raisons, le Royaume chérifien allait devenir un vaste troc négocié par l’Hexagone avec les autres puissances.


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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » mar. 17 mai 2016 12:58

http://ajm.ch/wordpress/?p=949

Juifs persécutés dans l’Islam du haut moyen-âge

Maïmonide et le Prophète «Meshuga»

Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

Cet essai est extrait de travaux provenant de l’ouvrage à paraître en 2008: «L’héritage de l’antisémitisme», chez Prometheus Books.

Le 13 décembre a marqué le 804ème anniversaire de la mort de Maïmonide (au Caire en 1203), talmudiste, philosophe, astronome et médecin renommé.

La biographie de ce «second Moïse» est souvent citée par ceux qui voudraient inférer le prétendu œcuménisme du Haut Moyen Age – en particulier en «Andalousie», ou Espagne musulmane, invariablement accompagnée d’une dénonciation de l’intolérance fanatique de l’Europe chrétienne occidentale, à la même époque. Un exemple particulièrement flagrant de ce genre de comparaisons pesantes a été fait par Amartya Sen, le Prix Nobel d’économie, dans son livre récent «Identité et Violence». Sen a la témérité de déclarer:

Le philosophe juif Maïmonide fut obligé d’émigrer de l’Europe intolérante au 12ème siècle; il trouva un havre de tolérance dans le monde arabe.

Mises à part les sottises de Sen, Maïmonide (né en 1135 à Cordoue) n’était âgé que de 13 ans en 1148 quand Cordoue la musulmane tomba aux mains de Musulmans particulièrement fanatiques, les berbères Almohades, qui envahirent la péninsule ibérique depuis l’Afrique du Nord. Maïmonide et tous les Juifs dhimmis de Cordoue furent obligés de choisir entre l’islam et l’exil. Choisissant celui-ci, Maïmonide et sa famille menèrent pendant les 12 années suivantes une vie nomade, errant à travers l’Espagne. En 1160, ils traversèrent la Méditerranée, et s’installèrent à Fez au Maroc (également sous contrôle Almohade) où, inconnus des autorités, ils espéraient passer pour musulmans, en vivant comme des crypto-juifs.

La double vie de Maïmonide cependant, devint de plus en plus dangereuse alors que sa réputation augmentait sans cesse, et les autorités commencèrent d’enquêter sur les dispositions religieuses de ce jeune homme très doué. Il fut même accusé par un informateur du crime de relapse (apostasie) de l’islam et, sans l’intercession du poète et théologien Abu al-‘Arab al Mu’ishah, un ami musulman, il aurait souffert le destin de son collègue Judah ibn Shoshan, qui avait été exécuté peu auparavant sous les mêmes accusations. Suite à ces conditions précaires, la famille de Maïmonide quitta Fez, embarquant en 1165 vers St-Jean d’Acre, puis vers Jérusalem, puis à Fostat (Le Caire), où ils s’installèrent, vivant de nouveau comme des dhimmis, bien que sous une loi fatimide plus tolérante.

Les déprédations du jihad des Almohades (1130–1232) infligèrent une énorme destruction aussi bien aux populations juives et chrétiennes d’Espagne et d’Afrique du Nord. Un compte-rendu contemporain de Salomon Cohen (comportant une séquence des évènements par l’historien arabe Ibn Baydhaq) depuis janvier 1148, a décrit les conquêtes musulmanes almohades en Afrique du Nord et en Espagne comme suit :

Abd al-Mumin, le chef des Almohades après la mort de Muhammad Ibn Tumart le Mahdi, s’empara de Tlemcen au Maghreb; il tua tous ceux qui s’y trouvaient, parmi lesquels les Juifs, sauf ceux qui embrassèrent l’Islam. A Sijilmasa, cent cinquante personnes furent tuées pour rester attachées à leur foi juive. Toutes les villes de l’Etat almoravide – dirigeants dynastiques de l’Afrique du Nord et de l’Espagne avant les Almohades – furent conquises par les Almohades. Cent mille personnes furent tuées à Fez à cette occasion, et 120.000 à Marrakech. Les Juifs de toutes les localités du Maghreb gémissaient sous le joug pesant des Almohades ; beaucoup d’entre eux furent tués, beaucoup d’autres s’étaient convertis ; aucun ne put apparaître publiquement comme juif. De larges zones entre Séville et Tortosa en Espagne étaient aussi tombées aux mains des Almohades.

Cette dévastation – massacres, captivité et conversion forcée – a été décrite par le chroniqueur juif Abraham Ibn Daud, et le poète Abraham Ibn Ezra. Soupçonnant la sincérité des Juifs convertis à l’Islam, des «inquisiteurs» musulmans, précédant leurs homologues chrétiens espagnols de trois siècles, retiraient les enfants de ces familles, les plaçant sous la garde d’éducateurs musulmans. Quand Sijilmassa (une oasis au Sud-Ouest de Fez) fut conquise par les Almohades en 1146, les Juifs eurent le choix entre la conversion ou la mort. Alors que 150 Juifs choisirent le martyr, d’autres se convertirent à l’islam – y compris le Dayan (rabbin ou juge rabbinique) Joseph ben Amram – qui retournèrent plus tard au judaïsme. La ville de Dar’a endura un sort identique. L’élégie émouvante «Ahah Yarad Al Sefarad» d’Abraham Ibn Ezra décrit la destruction par les Almohades, aussi bien des communautés juives d’Espagne – Séville, Cordoue, Jaen, Almeria – et d’Afrique du Nord dont Sijilmasa et Dar’a ainsi que d’autres à Marrakech, Fez, Tlemcen, Ceuta, et Meknès.

Ibn Aqnin (mort en 1220), philosophe et commentateur renommé, né à Barcelone en 1150, fuyant les persécutions almohades avec sa famille, s’échappa aussi à Fez. Vivant comme crypto-juif, il rencontra Maïmonide et nota dans ses propres écrits poignants les souffrances des Juifs sous la férule almohade. Ibn Aqnin écrivait durant le règne d’Abu Yusuf al-Mansur (régnant de 1184 à1199), quatre décennies après la mise en place des persécutions almohades en 1140. Alors, les Juifs convertis de force à l’islam en étaient déjà à la troisième génération de Musulmans. Malgré cela, al Mansour continuait de leur imposer des restrictions, ce que Ibn Aqnin rapporte. Dans son ‘Tibb al-Nufus’ (thérapie de l’âme), Ibn Aqnin se lamente :

Nos cœurs sont inquiets et nos âmes effrayées à tout moment qui passe, car nous n’avons ni sécurité ni stabilité. Des persécutions et des décrets anciens ont été dirigés contre ceux demeurés fidèles à la Loi d’Israël, et les ont maintenus avec ténacité, de sorte qu’ils pourraient même mourir au nom de leur foi. Dans le cas où ils se soumettraient à leurs exigences, nos ennemis les loueraient et les honoreraient… Mais lors des persécutions présentes, au contraire, autant que nous puissions paraître obéir à leurs instructions abandonner la nôtre, ils appesantissent notre joug et rendent notre travail plus difficile… Observer les duretés des apostats de notre communauté qui ont totalement abandonné la foi, et ont changé de tenue à la suite de ces persécutions… Mais leur conversion ne leur était d’aucune utilité, car ils étaient soumis aux mêmes vexations que ceux restés fidèles à leur foi. De fait, même la conversion de nos pères ou grands-pères ne leur a été d’aucun avantage (…).

Si nous devions prévoir les persécutions qui nous sont tombées dessus dans les années récentes, nous ne trouverions rien de comparable dans les annales de nos ancêtres. Nous sommes l’objet d’inquisitions ; des grands et des petits témoignent contre nous, et des jugements sont prononcés, dont le moindre rend légal de verser notre sang, la confiscation de nos biens, et le déshonneur de nos épouses. (…)

Les gardiens musulmans peuvent disposer de nos jeunes enfants, et de leurs biens à leur guise. S’ils ont été donnés à un individu craignant Allah, il s’efforcera alors d’éduquer les enfants dans leur religion, car l’un de leurs principes est que tous les enfants sont à l’origine nés musulmans, et ce sont leurs parents qui les élèvent comme Juifs, Chrétiens ou Zoroastriens. Ainsi, si leur gardien les éduque dans ce qu’ils déclarent être leur religion originale (c.a.d. l’islam) et ne laisse pas les enfants à leurs parents – les Juifs – il obtiendra une récompense considérable d’Allah. (…)

Il nous était interdit de pratiquer le commerce, qui est notre ressource vitale, car on ne peut vivre sans la nourriture pour sustenter nos corps, et sans vêtements pour les protéger du chaud et du froid. Ces derniers ne peuvent être obtenus que par le commerce, car il est leur ressource et leur origine, sans lequel son effet, c.a.d. notre existence, disparaîtrait. Ce faisant, leur idée était d’affaiblir nos forts et d’annihiler nos faibles. (…)

Puis ils nous imposés des vêtements distincts. De même que pour le décret imposant le port de longues manches, son objet était de nous faire ressembler à l’état inférieur des femmes, qui sont dénuées de force. Ils avaient pour objet, par leur longueur, de nous rendre disgracieux, alors que leur couleur devait nous rendre répugnants. Le but de ces vêtements distinctifs est de nous différencier d’entre eux, de façon à être reconnus dans nos échanges avec eux sans le moindre doute, pour qu’ils puissent nous dénigrer et nous humilier… De plus, cela permet de répandre notre sang dans l’impunité, car quand nous voyageons sur le chemin d’une ville à l’autre, nous sommes attaqués par des voleurs et des brigands, et sommes secrètement assassinés la nuit ou tués en plein jour. (…)

Maintenant, l’objet de la persécution par Ismaël, qu’ils nous demandent de renoncer à notre religion en public ou en privé, est seulement d’annihiler la foi en Israël, et par conséquent, on acceptera plus sûrement la mort que de commettre le moindre pêché… Comme le firent les martyrs de Fez, de Sijilmassa, et de Dar’a.

L’épître de Maïmonide aux Juifs du Yémen fut écrite vers 1172 en réponse aux questions de Jacob ben Netan’el al-Fayyûmi, qui dirigeait la communauté juive au Yémen. A cette époque, les Juifs du Yémen enduraient une expérience familière à Maïmonide – alors qu’ils étaient obligés de se convertir à l’islam – campagne lancée vers 1165 par Abd-al-Nabî ibn Mahdi. Maïmonide adressa des recommandations au chef de la communauté juive du Yémen, et les encouragements qu’il put rassembler. L’épître aux Juifs du Yémen apporte une vision honnête et sans hésitation de ce que Maïmonide pensait du prophète musulman Mohammed, ou «Le Fou» comme il l’appelle, et au sujet de l’Islam en général. Maïmonide écrit :

Vous écrivez que le chef rebelle au Yémen a décrété une apostasie obligatoire pour les Juifs, obligeant les habitants juifs de toutes les places qu’ils avait soumises à abandonner la religion juive, exactement comme les Berbères les avaient obligés à le faire au Maghreb [c.a.d. l’occident islamique]. Et sans délai. Voilà de bien mauvaises nouvelles (…). «Et celui qui les entend, ses deux oreilles frissonnent (I, Samuel 3:11)». En vérité, nos cœurs sont affligés, nos esprits sont meurtris, et la force du corps épuisée à cause des terribles infortunes que nous ont apportées des persécutions religieuses aux deux extrémités de la terre, l’Orient et l’Occident, «de sorte que l’ennemi était au milieu d’Israël, certains de ce côté, et certains de l’autre côté» (Joshua 8:22).

Maïmonide fait clairement savoir que les persécutions implacables des Juifs par les Musulmans équivaut à une conversion force:

Les persécutions continues en entraîneront beaucoup à s’éloigner progressivement de notre foi, d’avoir des craintes, ou de se perdre, parce qu’ils auront vu notre faiblesse, et le triomphe de nos adversaires et leur domination sur nous.

Puis il note: «Après lui s’est levé le Fou qui imita son précurseur puisqu’il lui ouvrit la voie. Mais il ajouta comme nouvel objectif d’apporter férule et soumission, et il inventa sa religion bien connue». Des écrivains juifs médiévaux désignaient souvent Mohammed comme ‘ha-Meshugga’, le Fou en hébreu, comme l’historien Norman Stillman d’un air narquois, étant «lourd d’implications».

L’essai magistral de Georges Vajda en 1937 sur les motifs anti-juifs dans les Hadith, comprend une discussion fascinante des «Teshuvot» – Responsa – de Maïmonide sur la question de savoir si les Juifs devaient tenter d’enseigner la Torah aux Musulmans, par rapport aux Chrétiens. Bien que en principe, la réponse soit négative, c.a.d. que les non juifs étaient proscrits de l’étude formelle de la Torah en soi, Maïmonide fait cette distinction frappante entre les Chrétiens et les Musulmans, concernant l’enseignement des commandements et de leurs explications, du fait de la menace unique posée par les Musulmans de par leur intolérance doctrinale :

Il est permis d’enseigner les commandements et les explications selon la loi rabbinique aux Chrétiens, mais il est interdit d’en faire de même pour les Musulmans. Vous savez en effet que selon leur croyance cette Torah n’est pas divine, et si vous leur enseignez quelque chose, il le trouveront contraire à leur tradition, parce que leurs pratiques sont confuses, et leurs opinions bizarres – mippnei she-ba’uu la-hem debariim be-ma’asiim – (parce qu’ils ont reçu un méli-mélo de pratiques diverses et étranges, et de déclarations inapplicables). Ce que l’on enseigne ne les convaincra pas de la fausseté de leurs opinions, mais ils l’interprèteront selon leurs principes erronés et ils nous opprimeront. Pour cette raison (…), ils haïssent tous les non musulmans qui vivent parmi eux. Ce serait alors le principal obstacle pour les Israélites qui, à cause de leurs pêchés, sont captifs parmi eux. Au contraire, les incirconcis (les Chrétiens) admettent que le texte de la Torah, tel que nous l’avons, est intact. Ils l’interprètent seulement de façon erronée, et l’utilisent pour des objectifs d’exégèse allégorique qui leur est propre – Ve-yirmezuu bah ha-remaziim hay-yedu’iim la-hem – (ils échangeraient des signes secrets connus seulement d’eux). Si quelqu’un les informe de l’interprétation correcte, on peut espérer qu’ils reviennent de leur erreur, et même s’ils ne le font pas, il n’y a pas d’obstacle pour Israël, parce qu’ils ne trouvent pas dans leur loi religieuse une contradiction avec la nôtre (…).

Revenant à l’Epître aux Juifs du Yémen, Maïmonide souligne l’une des raisons présumées de la haine des Musulmans contre les Juifs :

Vu que les Musulmans n’avaient pas pu trouver la moindre preuve qu’ils pourraient utiliser dans toute la Bible, ni une référence ou une allusion possible à leur prophète, ils se crurent obliges de nous accuser en disant, « Vous avez altéré la Torah, et en avez expurgé toute trace du nom de Mohammed». Ils ne purent rien trouver de plus puissant que cet argument ignominieux.

En explicitant la profondeur de la haine musulmane contre les Juifs, Maïmonide fait une nouvelle observation profonde concernant la prédilection juive pour le démenti, une caractéristique qui, insiste-t-il, hâtera leur destruction :

Souvenez-vous, mes coreligionnaires, qu’au décompte du vaste nombre de nos pêchés, D.ieu nous a précipités au milieu de ce peuple, les Arabes, qui nous ont sévèrement persécutés, et ont adopté une législation néfaste et discriminatoire contre nous, comme les Ecritures nous en ont avertis: «Nos ennemis eux-mêmes nous jugeront » (Deutéronome 32:31). Jamais une nation ne nous a frappés, dégradés, dépréciés, et haïs autant qu’eux. Bien qu’ils nous aient déshonorés au-delà de la capacité d’endurance humaine, et que nous ayons dû subir leurs diffamations, pourtant nous nous comportons comme celui qui est dépeint par l’écrivain inspiré: Mais je suis comme sourd, je n’entends pas, et je suis muet comme celui qui n’ouvre pas la bouche (Psaumes 38:14)» (…).

De même nos sages nous ont appris à supporter les tergiversations et le grotesque d’Ismaël en silence. Ils trouvèrent une allusion cachée à cette attitude dans les noms de ses fils: «Mishma, Dumah, et Massa» (Génèse 25:14, dont l’interprétation signifiait «Ecoute, garde le silence, et endure» (Targum Pseudo-Jonathan, ad locum). Nous avons acquiescé, aussi bien les vieux que les jeunes, pour nous endurcir à l’humiliation, comme Isaïe nous en a instruits: «J’ai tendu mon dos aux châtiments, et mes joues dont ils arrachèrent les poils» (50:6). Malgré tout cela, nous n’échappons pas à ce perpétuel mauvais traitement, qui nous écrase presque (…). Peu importe combien nous souffrons et choisissions de rester en paix avec eux, ils soulèvent conflits et sédition, comme David l’a prédit: «Je ne suis que paix, mais quand je parle, ils sont pour la guerre» (Psaumes 120:7).
Si donc, nous commençons à jeter le trouble et à réclamer d’eux le pouvoir de façon absurde et grotesque, nous contribuerons certainement à notre propre destruction.

800 ans plus tard exactement, ignorant tristement l’observation intemporelle de Maïmonide– comme les gouvernements israéliens, tout particulièrement, et américains, ont tant coutume de le faire – l’apaisement irresponsable du suprématisme musulman est vraiment «Meshuga», avec toutes les connotations modernes et anciennes de l’expression.



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Re: Espagne et islam

Message non lupar Maried » jeu. 11 août 2016 16:13



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Re: Espagne et islam

Message non lupar omar » jeu. 11 août 2016 21:32

J'ai entendu dire que les écoles publiques espagnoles enseignent l'islam même aux chrétiens


«L'Occident n'oppose aucune idéologie à l'islamisme, sinon celle de l'argent»

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Re: Espagne et islam

Message non lupar omar » ven. 12 août 2016 13:00

Les juifs ont aidé à l'islamisation de l'Espagne

https://www.youtube.com/watch?v=Sm0g7Jer2l8

https://www.youtube.com/watch?v=Sm0g7Jer2l8

Le mythe de l'Andalousie arabe, exemple d'anti-occidentalisme

Publié par Jonathan Kléber sur 2 Août 2016, 20:47pm

Catégories : #anti-occidentalisme: 2 poids 2 mesures, #islam, #histoire, #Immigration, #série 2 poids 2 mesures
le mythe de l'Andalousie arabe, exemple d'anti-occidentalisme

Idéalisation de l’Andalousie arabe ; diabolisation de l’Algérie française.

L'idéalisation de l’Andalousie arabe (soit la colonisation de l’Espagne par les arabes), véhiculée par les médias dominants, est le parfait exemple de double discours anti-européen et anti-chrétien. A l'inverse, la colonisation française de l'Algérie est diabolisée.

La réalité historique : colonisation de l’Espagne par les musulmans et discrimination

Selon la version politiquement correcte dominante, l’Andalousie arabe aurait été un paradis multiculturel où chrétiens, juifs et musulmans vivaient en paix, paradis qui aurait ensuite été détruit par l’intolérance sanguinaire de la reconquista. La réalité est tout autre :

Au 8e siècle, une armée d’arabes et de berbères islamisés conquiert par les armes puis colonise la péninsule ibérique. Les meilleures terres sont volées aux autochtones chrétiens et attribuées aux colons musulmans. Les chrétiens (appelés mozarabes), devenus minoritaires, survivent péniblement mais n’ont pas de droits politiques et sont systématiquement discriminés. Leurs révoltes sont noyées dans le sang.

Pendant 8 siècles, les colons imposent leur système politique et leur langue (ils n’ont jamais daigné parler l’espagnol). Toutefois, à partir du 11e siècle, les autochtones chrétiens s’organisent afin de se défendre. Partant du nord jusqu’au sud, ils libèrent progressivement l'Espagne du système colonial musulman en rétablissant les droits politiques des chrétiens et la langue espagnole (c'est la reconquista).

Au début de la reconquista, les descendants des colons arabes sont tolérés et peuvent continuer à vivre selon leur culture. Toutefois beaucoup d’entre eux n’acceptent pas la fin du régime colonial et se vengent en massacrant des autochtones chrétiens (révolte des Alpujarras). Comprenant qu’il n’y aura jamais de paix entre les anciens colons (musulmans) et les anciens dominés (chrétiens), les espagnols mettent en place une politique d’hispanisation et de christianisation des descendants de colons, afin de créer une société homogène et pacifiée. Beaucoup d’anciens colons acceptent cette politique et s’assimilent en prenant le baptême. Ceux qui refusent de s’assimiler seront finalement expulsés d’Espagne en 1609 (à noter que parmi ceux-ci beaucoup retourneront au Maghreb après avoir transité dans des ports français où ils ont été bien accueillis).

L’Algérie française : une colonisation inversée mais plus tolérante

D’un point de vue historique, l’Algérie française est en quelque sorte le miroir inversé de l’Andalousie arabe : schématiquement, on a affaire à 2 colonisations qui présentent beaucoup de points similaires. Une des différences majeures, toutefois, est que la colonisation de l’Espagne a été bien antérieure à la colonisation française du Maghreb et surtout beaucoup plus longue. Autrement dit, ce sont les musulmans qui ont été les premiers à attaquer et à occuper le territoire européen, la colonisation française n’étant qu’une réponse tardive à cette menace, destinée surtout à sécuriser la Méditerranée.

Dans l’Algérie française le statut des musulmans (absence de droits politiques mais protection des personnes) est à peu près équivalent au statut des chrétiens dans l’Andalousie arabe. Dans plusieurs domaines les européens se sont touefois montrés plus tolérants que les musulmans. La religion musulmane, par exemple, était parfaitement tolérée dans l’Algérie française : pas de politique de christianisation, lieux de culte protégés. Par ailleurs, après la guerre d’indépendance, les algériens ont immédiatement expulsé tous les pieds-noirs, alors que les espagnols avaient permis aux colons musulmans de rester sur place.

Comparaison des discours officiels: Andalousie arabe versus Algérie française

Or, malgré ces points communs, l’Andalousie arabe et l’Algérie française sont traitées de manière radicalement différente dans les discours politiquement correct : la colonisation de l'Espagne par les arabes est présentée comme un bienfait alors que l’Algérie française est systématiquement diabolisée.

Comparaison:
Colonisation arabe de l’Espagne Colonisation française de l’Algérie
« la présence arabe a engendré une société plurielle moderne où cohabitaient pacifiquement les 3 religions révélées ». « les français ont occupé illégitimement un territoire musulman en y introduisant une religion étrangère (le christianisme). Ils n'avaient rien à faire en Algérie ».
« les arabes ont fait progresser la civilisation européenne, en apportant de nouvelles techniques et en faisant redécouvrir certains penseurs grecs » (on verra dans un autre billet que cet apport est largement exagéré). l'apport technique des français à une Algérie qui sortait du Moyen-Âge est complètement nié.
on s'émerveille du fait que les chrétiens étaient tolérés (on se garde bien de préciser qu'ils n'avaient aucun droit politique). on insiste sur la discrimination qu'aurait constituée à l'égard des algériens l'absence de droits politiques.
« la reconquista fut un acte d'intolérance religieuse envers les colons musulmans ». « la guerre de libération des algériens fut un acte héroïque et l'expulsion des pieds-noirs légitime».



La comparaison de ces « lieux-communs » complètement contradictoires, met bien en évidence leur absurdité et leur caractère idéologique anti-européen.



But et effets du double discours anti-occidental: culpabilité et acceptation de l'islamisation

Le but de ce double-discours est simple:

- culpabiliser les européens/français en leur faisant croire qu'ils ont une dette à l'égard des musulmans, afin de les forcer à accepter sans broncher l'immigration massive de musulmans en Europe (immigration qui dépasse très largement, par ses proportions, la colonisation de l'Algérie par les pieds-noirs).

- transformer dans l'imaginaire collectif européen le conquérant musulman en une victime de l'intolérance française/espagnole, renforçant ainsi la culpabilité des européens.

- faire croire que l'islam fait partie depuis toujours de l'identité européenne et que, par conséquent, l'islamisation ne menace pas du tout nos valeurs et notre civilisation.

Pire, ce double discours nourrit les thèses djihadistes, selon lesquelles l'Espagne, et par extension l'Europe, leur appartiennent et qu'ils ont la légitimité de les reconquérir. Il alimente la haine et la victimisation des musulmans, carburants du salafisme et du djihadisme. Les mouvements islamistes exploitent d'ailleurs parfaitement le mythe andalou (voir: http://www.memri.fr/2016/05/05/lespagne ... islamisme/).

C’est ainsi qu’on en est arrivés aujourd’hui à ce que de plus en plus d’adolescents français, en manque d’idéaux, nourris depuis tout jeune par la culpabilité, la haine de leur propre patrie et de leur propre culture, s’en vont en Syrie rejoindre les rangs djihadistes, afin de soutenir la cause des islamistes « innocentes victimes des européens lors de la reconquista, de la colonisation française et des croisades ».

[les fameuses « Croisades » sont d’ailleurs un autre exemple parfait de double-discours anti-occidental et de travestissement des faits historiques. Je publierai tout prochainement un billet sur ce sujet dans la rubrique « 2 poids, 2 mesures ».]


«L'Occident n'oppose aucune idéologie à l'islamisme, sinon celle de l'argent»

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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » dim. 25 sept. 2016 20:17

L’Andalousie, le faux paradis perdu des salafistes

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Les salafistes invoquent donc souvent l’âge d’or de l’Andalousie pour dire l’apogée qu’a pu atteindre la civilisation «arabo musulmane», mais ils oublient de préciser qu’ils en ont été les fossoyeurs.

Par Rachid Barnat

Après un petit séjour à Séville et à Grenade, quelques réflexions me viennent sur l’Andalousie que fantasment beaucoup de nostalgiques d’un âge d’or de la civilisation «arabo-musulmane» qu’ils n’ont connu qu’à travers les légendes qui, comme toutes les légendes, embellissent et falsifient l’histoire.

Quand Boabdil, le dernier roi de Grenade, quittait l’Alhambra, vaincu par Isabelle la Catholique, sa mère a prononcé selon la légende cette phrase définitive: «Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su conserver comme un homme»!

Un «mauvais musulman» en cache toujours un autre

Mais, en réalité, le déclin des Arabes en Andalousie est une longue histoire commencée depuis longtemps et qui a vu se développer des guerres entre les Arabes eux-mêmes jusqu’à l’apparition des «Taïfas» (multitude de petites principautés) qui signeront le début de la fin de la conquête de la péninsule ibérique.

Des conflits permanents pour chasser les sultans avec toujours la même technique éprouvée: leur reprocher de n’être pas de bons musulmans. Comme ces régimes ne connaissaient aucune règle pour l’alternance du pouvoir, instaurant souvent le régime dynastique, la seule opposition politique que pratiquaient les salafistes, c’était l’islamisme! Celui qui voulait prendre la tête du pouvoir développait toujours l’idée que son prédécesseur était un «mauvais musulman». Et c’est ainsi que, dès cette époque, l’islam a été instrumentalisé et utilisé à des fins politiques, comme instrument de conquête du pouvoir. Ce que font les islamistes aujourd’hui.

Image

Par conséquent l’idée, si souvent reprise par les islamistes, selon laquelle l’Andalousie a été perdue parce que les musulmans ont cessé d’être de «bons musulmans» est une vaste supercherie pour ne pas dire plaisanterie.

En réalité, l’Andalousie a été perdue en raison des rivalités et des guerres auxquelles se livraient les différentes tribus et dynasties arabes puis berbères; et la pratique, bonne ou mauvaise, de l’islam n’y a strictement rien à voir. Car la pratique de l’islam n’était en réalité que prétexte pour éliminer ses concurrents!

Quand Ghannouchi et ses hommes traitent leurs opposants de «koffar» (mécréants), ils ne font rien d’autre qu’instrumentaliser la religion pour conquérir et asseoir leur pouvoir, comme le faisaient les candidats au pouvoir en Andalousie!

Il faut ajouter que si la chrétienté avec Isabelle la Catholique a triomphé, c’est parce qu’elle a su unir divers pays européens et obtenir le concours déterminant du Pape, fort puissant à l’époque.

Il faut dire aussi que pendant une période, Arabes, Juifs et Chrétiens ont partagé leur connaissance, ce qui a permis le progrès qu’a connu leur société d’alors, jusqu’à atteindre un degré civilisationel raffiné d’une Andalousie enviée dans une Europe empêtrée encore dans son moyen-âge.

Al-Andalus devint alors un foyer de haute culture au sein de l’Europe médiévale, attirant un grand nombre de savants et ouvrant ainsi une période de riche épanouissement culturel.

Les civilisations sont mortelles

Il faut donc tordre le cou à cette thèse de la perte de l’Andalousie par un mauvais comportement religieux! Revenir à la pratique de l’islam de cette période ne rendra pas aux musulmans un pouvoir qu’ils ont perdu. Ils doivent se rendre compte que le monde a bougé, qu’il a progressé et que ce n’est pas en se complaisant dans une nostalgie rêvée de l’Andalousie qu’ils redeviendront forts.


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Ibn Roshd campé par Nour Cherif dans ''Le Destin'' de Youssef Chahine.

Les civilisations, qu’on le veuille ou non, évoluent et Paul Valéry a dit d’elles qu’elles sont mortelles: certaines progressent quand elles donnent la priorité à l’éducation, à la recherche scientifique, aux arts; et d’autres régressent quand elles se contentent de rêver à une époque révolue et à bannir tout ce qui est innovation et recherche, pour soutenir qu’il faut revenir à une pratique moyen-âgeuse de l’islam!

Si l’Andalousie peut encore aujourd’hui donner des leçons au monde, c’est uniquement dans le fait que ce «paradis» n’a existé, pendant quelques temps, que lorsque la tolérance régnait et que les trois religions du Livre ont pu cohabiter en paix.

Ce n’est donc pas un repliement sur un Islam arriéré et fermé, que certains voudraient imposer, qui va nous conduire à de nouvelles «Andalousies».

Les salafistes, par leur intolérance et leur rejet de tout savoir, ont été à l’origine du déclin de l’Andalousie. Yousef Chahine, dans son film prémonitoire ‘‘Le Destin’’, sur les méfaits de l’islamisme radical dans les sociétés arabophones, que vivent actuellement les pays du printemps arabe, nous raconte comment les salafistes s’en sont pris au calife, ami des intellectuels, au point de le contraindre à «lâcher» son ami Ibn Rochd (Averroès), le philosophe commentateur d'Aristote, mais aussi le mathématicien, le physicien, qui maîtrisait la médecine, l’astrologie, un grand exégète du Coran…, dont ils demandaient la tête, mais qui partira en exil pendant qu’ils faisaient un autodafé de sa riche bibliothèque, source de tous les maux de la société de l’époque selon eux.

Faut-il rappeler que Youssef Chahine lui-même a été menacé de mort et a connu la censure des fondamentalistes musulmans pour qui les intellectuels sont des ennemis à abattre!

Or que font les salafistes d’aujourd’hui? Ils s’attaquent au savoir, aux livres à la création artistique et aux lieux du savoir.

En Tunisie, ils se sont attaqués aux facultés des Lettres (de Sousse, de Kairouan, de Manouba…) au théâtre, au cinéma, à la diffusion du film ‘‘Persépolis’’ sur NessmaTV, aux livres et à la presse. Tout ce qui est liberté de l’esprit leur est insupportable car cela entrainerait le peuple à réfléchir et dès lors à mettre en cause leur pouvoir.
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La tour de Boabdil et ses remparts où où fut emprisonné le dernier roi des Nasrides de Grenade, Boabdil.

Une débauche de foi ostentatoire

En Espagne la foi/spectacle est si courante qu’elle devient folklorique. Séville détient la plus spectaculaire manifestation dans ce domaine. Quelle en est l’origine? Après la Reconquista par les rois catholiques, Isabelle donna le choix aux Musulmans et aux Juifs de rester en Espagne en se convertissant au catholicisme sinon de quitter le pays. Elle a même instauré les tribunaux de l’Inquisition pour dénoncer les fausses conversions.

Ce qui va inciter à plus d’hypocrisie, puisqu’il fallait donner des gages du «bon croyant»; ce qui entraînera une débauche dans la foi ostentatoire, puisqu’il fallait montrer qu’on était plus croyant que son voisin. Cette ostentation grandissante de la foi va marquer tout un peuple au point de devenir de nos jours, dans ce pays apaisé, le folklore majeur des Espagnols, dont Séville détient la plus belle manifestation avec la procession impressionnante des pénitents.

Les salafistes, dont le mouvement politique instrumentalise la religion et, prenant exemple sur le Calife Omar, le premier à avoir usé de l’épée pour prendre le pouvoir, vont trouver dans le wahhabisme un outil «politique» pour mieux se maintenir au pouvoir. Le but de cette obédience étant de dévier le croyant de tout ce qui peut le «distraire» de Dieu, des «consignes» précises touchant au «halal» (licite) et au «haram» (illicite) vont réguler désormais sa vie quotidienne. Sa pratique devient ainsi réglée comme un spectacle auquel le croyant doit s’adonner complètement. D’où l’ostentation de certains pour que l’on ne doute point de leur bonne foi!

Imposition de la foi par la violence

Car en imposant l’ostentation de la foi par la violence, les salafistes s’assurent la soumission et le contrôle d’un peuple. D’où les prières dans les rues, les codes vestimentaires, capillaires et langagiers. Des signes «visibles» d’une religiosité «accrue» qu’exportent Saoudiens et Qataris: voile et burqa pour les femmes; qamis, sceau frontal et barbe pour les hommes; un langage «codé» avec citation de texte coranique ou de hadith…

Des tribunaux religieux expéditifs jugent les mauvais musulmans et condamnent à mort les apostats, comme faisaient les tribunaux de l’Inquisition qui envoyaient aux bûchers les mécréants et les apostats.Ce que fait le roi Ibn Saoud et grâce à quoi cette tribu conserve le pouvoir.

Ce qui choque les Tunisiens, malékites depuis des siècles, pour qui l’ostentation dans la foi relève de l’hypocrisie, qui estiment qu’il n’y a que Dieu qui juge des pratiques religieuses d’un croyant et qui admettent qu’il ne peut y avoir de contrainte en islam!

Les salafistes invoquent donc souvent l’âge d’or de l’Andalousie pour dire l’apogée qu’a pu atteindre la civilisation «arabo musulmane», mais ils oublient de préciser qu’ils en ont été les fossoyeurs.

Alors il faut qu’ils cessent de travestir l’Histoire et de duper les peuples.

Il faut aujourd’hui les empêcher de recommencer et, force est de constater qu’ils n’ont rien appris et qu’ils sont toujours aussi arriérés qu’au moment où Bourguiba faisait, contre eux, entrer la Tunisie dans la modernité. La lecture de la lettre qu’il adressa, le 25 mai 1951, à Salah Ben Youssef est intéressante et toujours d’actualité en ce qu’elle montre le combat d’un homme politique pour la modernité et contre les islamistes arriérés de la Zitouna.

Si Bourguiba a pu trouver un homme lettré et éclairé en la personne de Fadhel Ben Achour, dans la Zitouna d’aujourd’hui il n’y en a, hélas, plus; quand on voit les prétendus oulémas de cette auguste institution accepter sa wahhabisation par Ghannouchi et ses hommes, et par-delà, admettre que la société tunisienne perde son identité forgée par des siècles de malékisme au profit d’une obédience que leur prédécesseurs ont qualifiée de dangereuse et inadaptée au caractère des Tunisiens.

Ce que confirme l'historien Hichem Djaït, auteur de ‘‘La Grande Discorde’’. Selon lui, «le mouvement islamiste n’a ni dimension religieuse profonde, ni dimension culturelle et intellectuelle marquée du sceau de la religion, car ses bases intellectuelles sont faibles».




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yacoub
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Re: Espagne et islam

Message non lupar yacoub » ven. 18 août 2017 12:37

Barcelone, Cambrils, Alcanar... la chronologie des événements

Deux attentats ont frappé coup sur coup la côte catalane.

 18/08/2017 11:55 CEST | Actualisé il y a 7 minutes

TERRORISME - La Catalogne émerge d'une nuit terrifiante. Une nouvelle attaque a été perpétrée ce vendredi 18 août peu après minuit à Cambrils, blessant au moins six civils et un policier, après un premier attentat perpétré jeudi après-midi sur la très touristique artère des Ramblas de Barcelone. L'attaque au camion-bélier, revendiquée par le groupe jihadiste État islamique, a fait au moins treize morts et une centaine de blessés.

Les enquêteurs catalans, considérant d'ores et déjà que les deux attaques sont liées, remontent petit à petit le fil des événements macabres de ces dernières heures, qui ensanglantent une Espagne déjà touchée par le terrorisme islamiste à Madrid en 2004. Ils s'intéressent notamment à l'explosion d'une maison, survenue la veille de l'attaque de Barcelone, à plusieurs dizaines de kilomètres de la capitale catalane.

Mercredi 16 août, 23 h 15, Alcanar

Dans la nuit de mercredi à jeudi, peu avant minuit, une très forte explosion défigure un logement de la petite commune d'Alcanar, dans la province de Tarragone (voir notre carte en bas de l'article), à quelque 200 kilomètres au sud de Barcelone.

Les enquêteurs retrouvent une vingtaine de bouteilles de gaz dans les décombres. Ils évoquent la piste d'un accident domestique dû au gaz.

Jeudi 17 août, 17 h, Barcelone

Vers 16 h 50, toujours à Alcanar, une deuxième explosion, entendue de très loin, a lieu à l'endroit de la déflagration de la veille. Elle fait encore plusieurs blessés. D'après La Vanguardia, elle pourrait avoir été déclenchée par le passage d'une pelleteuse chargée de désencombrer les lieux après la première explosion.

À 17 heures, à Barcelone cette fois-ci, une camionnette blanche descend à toute allure l'allée centrale des Ramblas, une longue avenue bondée de touristes, fauchant les passants par dizaines et percutant un kiosque à journaux. Le conducteur descend du véhicule et s'enfuit en courant, sans dire un mot.

Au moins treize personnes sont mortes et plus d'une centaine ont été blessées. Les victimes sont d'au moins 34 nationalités différentes. 26 Français font partie des blessés, ce qui amène le parquet de Paris à ouvrir une enquête antiterroriste.


Après l'attaque, alors que la foule déserte des Ramblas meurtries, la confusion règne: le conducteur a-t-il été appréhendé? La police indique en fait qu'il est toujours recherché. Un témoin a décrit "un homme très jeune, d'une vingtaine d'années, au visage mince".

Le groupe jihadiste État islamique, qui a déjà revendiqué des attentats similaires à Nice, Londres et Berlin, revendique l'attaque en début de soirée.

Deux hommes sont arrêtés dans la soirée, dont aucun n'avait d'antécédents judiciaires. L'un d'eux, le Marocain Driss Oukabir, est lié à la fourgonnette utilisée dans l'attentat. D'après les médias espagnols, elle aurait été louée à son nom. Il a été arrêté à Ripoll, dans le nord de la Catalogne.

L'autre personne interpellée est un Espagnol né à Melilla, une enclave espagnole au Maroc. Il a été arrêté à Alcanar, où ont eu lieu les deux explosions liées à des bonbonnes de gaz.

La police fait le rapprochement: lors d'une conférence de presse jeudi soir, le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero, indique que les enquêteurs ont établi un lien "clair" et comportant "peu de doute" entre les explosions d'Alcanar et l'attaque de Barcelone. "Nous soupçonnons qu'ils (les occupants du logement) préparaient un engin explosif", dit-il.

Vendredi 18 août, entre minuit et 00 h 30, Cambrils

Les autorités étaient toujours en train de recenser les victimes de l'attaque des Ramblas quand l'alerte a été donnée à Cambrils, à mi-chemin entre Barcelone et Alcanar sur la côte espagnole, peu après minuit.

Une Audi A3 vient de foncer sur la promenade de bord de mer, renversant les passants. Elle a percuté une voiture des Mossos d'Esquadra, la police catalane, et une fusillade a éclaté. "Cinq terroristes présumés" sont tués, un policier et six civils blessés par les assaillants, dont un dans un état critique, indique la police. Les "terroristes présumés" portaient de fausses ceintures d'explosifs, a annoncé le chef du département de l'Intérieur.

D'après La Vanguardia, les policiers effectuaient un contrôle lorsque l'Audi A3 est arrivée à leur niveau. Un seul agent a tué quatre terroristes, qui ont tenté de l'attaquer avec des armes blanches (poignards, machettes, haches). Un cinquième terroriste a blessé un passant au visage avec un couteau en prenant la fuite, avant d'être abattu par un autre agent.

Vendredi 18 août, 9 h, Ripoll

Dans la matinée, les Mossos d'Esquadra annoncent avoir arrêté un troisième homme à Ripoll, la commune où a été arrêté le suspect marocain.





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