Au Maroc aussi ça commence !!

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Re: Au Maroc aussi ça commence !!

Message non lupar yacoub » mar. 12 janv. 2016 20:50

http://www.sciencesetavenir.fr/decouvri ... maroc.html

Le hors-série de Sciences et Avenir "Dieu et la science" interdit de vente au Maroc
Dominique LegluPar Dominique Leglu

Le hors-série de Sciences et Avenir consacré au thème "Dieu et la science", en kiosque depuis décembre 2015, a été censuré par le ministère de la communication marocain.

CENSURE. Deux miniatures en pages 30 et 31 de notre hors-série "Dieu et la science" sont à l’origine d’une décision de censure par le gouvernement marocain, en ce début 2016. Ces représentations remontent au 16e siècle et illustrent une célèbre "Biographie du prophète Mohammed", commandées alors par le sultan ottoman Mourad III. Selon le ministère de la Communication, elles enfreignent l’interdit de représentation du prophète. La rédaction de Sciences et Avenir s’élève avec vigueur contre cette atteinte à la liberté d’expression. La protestation officielle de la directrice de la rédaction Dominique Leglu est disponible en ligne.




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Re: Au Maroc aussi ça commence !!

Message non lupar yacoub » lun. 4 juil. 2016 11:51

Disparition d'un pilier de la littérature amazighe

Disparition d'un pilier de la littérature amazighe
lundi 4 juillet 2016
par Masin
Il est des hommes qui ont choisi d’être libres, qui dérangent par leur franchise, qui réduisent les tabous en miettes dans des sociétés fossilisées, mises à genou par l’islam et l’arabisme. Mohamed Chacha, l’écrivain et poète rifain, décédé mercredi 29 juin à Amsterdam aux Pays-Bas des suites d’une longue maladie, est de cette trempe de Berbères fidèles à eux-mêmes qui ont toujours refusé de plier à la monarchie marocaine, qui ont eu le courage de dire non, de le crier fort, de l’écrire et même de le chanter.


Feu Chacha est né le 15 août 1955 à Ikebdanen (Kebdana), près de Nador. Enfant, il a été marqué par la répression de la révolte rifaine de 1959 par le régime de Hassan II. Cette répression sauvage a fait plusieurs milliers de morts dans les rangs des Imazighen d’Arif (Rif). La souffrance qu’elle a provoquée a été gravée dans son esprit. Elle changera à jamais sa perception des choses, de la politique, d’Arif et de la monarchie. Son engagement politique est précoce. A Nador où il poursuivait ses études au lycée Mhend Amezian, il commença à chanter et à faire du théâtre. Il intégra l’organisation d’extrême gauche "En avant" et entra en rébellion contre la tyrannie. Il sera expulsé de son lycée suite à son refus de chanter lors d’une fête officielle marocaine. Engagé sur plusieurs fronts, il finira par s’attirer les foudres des forces de la répression de la monarchie. Il quitta A-if pour les Pays Bas en 1977 pour ne jamais y retourner.

Aux pays bas, le militantisme de Chacha n’a pas pris fin ; il s’intensifia. Il s’engagea dans les associations de défense des droits humains et milita en faveur des droits du peuple amazigh. Au fil des années, il publia des livres en arabe et en amazigh, il participa à des soirées artistiques, il chanta. Il était sur tous les fronts et participe à des rencontres et des conférences en Allemagne, en Belgique, en Espagne et en France. Arif a toujours été au centre de tous ses travaux et sa réflexion. Conscient que les Berbères doivent prendre leur destin en main et s’affranchir de la monarchie marocaine, il contribua à la vulgarisation des concepts comme celui de l’indépendance d’Arif et de la république. Il se définit d’ailleurs comme étant républicain rifain.

Chacha écrit comme il parle. Il dit ce qu’il pense librement. Ses textes sont simples, mais tranchants. Dans une émission qui lui a été consacrée sur Amazigh TV, plusieurs de ses amis, dont le poète et caricaturiste Mhend Abettoy, expliquent qu’il est "incompris par ses contemporains". Visionnaire et révolté, il est né avant son temps. "Peut-être que les gens comprendront ce qu’il voulait dire dans une centaine d’années", explique Abttoy. Ses œuvres littéraires sont d’une sincérité rare. Dans ses livres, les tabous tombent en lambeaux. Ils disparaissent. Ils fendent comme neige au soleil. Ses œuvres sont d’énormes espaces de liberté dont on ne sort jamais indemnes. Il a publié "Raẓ, tuɛaryent, d tarewra zeg yiṭan" (1995) et traduit en néerlandais et "Reẓ ṭṭabu ad d teffeɣ tfukt" (Roman/1997), "Ajḍiḍ umi yitwagg celwaw" (Nouvelles /1998) "Cway zi tibbuherya εad war twid" (Nouvelles / 1999), "Abrid ɣer yezran" (2000), Aṛaji (2016), "Tuf teqqen" (roman), Tayri n tayri (Roman), Tarwa n umadal (chants). Il a également publié 4 recueils de poésie en langue arabe. Il a rejeté toutes les idéologies dominatrices et rêvé de révolution et de libération des Imazighen.

Feu Chacha était aussi l’un des animateurs d’Amazigh TV, une cyber-TV qui émet des Pays Bas. Il a effectué une série d’interview et de chroniques sur la littérature et la vie politique dans le Rif. Chacha est né et a vécu libre et en colère. Il est mort en homme libre. Dans son testament, il a appelé à ce que la prière funéraire musulmane ne soit pas faite sur sa dépouille. Son souhait a été respecté par sa famille. Des femmes ont aussi assisté à son enterrement. Il a fédéré dans sa mort des femmes et des hommes amoureux de la liberté et de l’amazighité.


Aksel Azerrgi.




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Re: Au Maroc aussi ça commence !!

Message non lupar yacoub » jeu. 7 juil. 2016 18:37

Manuels scolaires au Maroc : Le ministère de l’Education supprime Sourate Al Fath incitant au jihad

Le ministère de l’Éducation nationale s’apprête à supprimer des manuels scolaires de la 3e année du collège Sourate Al Fath, jugée trop pro-jihad. Elle sera remplacée par Sourate Al Hashr. Détails.

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La réforme de l’enseignement de la religion est en marche. Après la décision de la tutelle de rebaptiser la matière "éducation islamique", en « éducation religieuse », elle passe à la deuxième phase de son programme. Le ministère s’apprête à supprimer Sourate Al Fath (la Conquête) des manuels scolaires de la 3e année du collège. En cause, son contenu incitant les musulmans au jihad.

Ce qui ne cadre ni avec la vision conjointement élaborée par les départements de l’Education nationale et les Affaires islamiques, esquissée lors du conseil des ministres du 6 février à Laâyoune, ni avec la Fatwa émise, au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, par le Conseil supérieur des oulémas du royaume.

S’inscrivant en faux contre le discours en vogue d’organisations islamistes radicales, l’instance avait précisé que « le jihad par les armes, les musulmans n'y ont recours qu'en cas d'extrême nécessité lorsqu'ils sont attaqués par leurs ennemis et que toutes les voies pacifiques échouent ». La proclamation du jihad dans ce cas, avait mis en garde le Conseil, « relève du ressort exclusif du Grand Imam à qui l'islam a donné le droit exclusif de le proclamer, d'y appeler et de l'organiser. L'islam ne permet, par conséquent, à aucun individu ou groupe de proclamer le jihad de leur propre chef ».
Les modernistes applaudissent

« Bayt Al Hikma » (Maison de la sagesse) a salué, dans un communiqué, la décision du département de Rachid Belmokhtar. L’ONG a toujours plaidé pour une révision des manuels religieux. C’est un axe majeur de son plan d'action, au même titre que la liberté de conscience.

L’association croit que l’initiative du ministère contribuera à doter les jeunes d’« outils du dialogue et du discours religieux rationnel ». Un objectif qui passe d'abord par « une qualification des manuels de l’éducation islamique de tous les contenus déviants et aux fausses interprétations » et des « contextes qui portent préjudice à la lecture, aux interprétations des textes et aux instrumentalisations extrémistes du texte religieux ».
L’annonce de la suppression de Sourate Al Fath devra davantage tendre les relations, déjà difficiles, entre les milieux conservateurs et Rachid Belmokhtar. Une donne annonciatrice de l’ouverture d’un nouveau front entre les deux camps.

...Suite :
http://www.yabiladi.com/articles/detail ... ation.html



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Re: Au Maroc aussi ça commence !!

Message non lupar yacoub » mer. 12 oct. 2016 18:42

Leïla Slimani : "Le Maghreb vit dans la culture de l'hypocrisie et du mensonge"

ENTRETIEN. Elle est l'une des sensations de la rentrée littéraire avec "Chanson douce". Rencontre avec la romancière franco-marocaine Leïla Slimani.
Propos recueillis par Sophie Pujas
Publié le 15/09/2016 à 11:06 - Modifié le 15/09/2016 à 12:22 | Le Point Afrique
Leïla Slimani ici le 19 septembre 2014 sur le plateau de l'émission littéraire de France 5 où chaque jeudi, en direct et à 20 h 40, François Busnel reçoit les auteurs qui font l'actualité littéraire. © Baltel/Sipa

Leïla Slimani a l'art des romans-chocs et vertigineux. Son premier livre, Dans le jardin de l'ogre, racontait l'abyssale solitude d'une femme souffrant d'addiction sexuelle. Chanson douce, son deuxième opus très remarqué (il est en lice pour le Goncourt, le Renaudot et le prix de Flore), est la fascinante chronique d'une tragédie annoncée : le meurtre de deux enfants par leur nounou. Rencontre.

Le Point Afrique : Vous aviez eu l'idée de votre premier roman, sur l'addiction sexuelle, à cause de DSK. Et Chanson douce ?

Leïla Slimani : Je suis une grande lectrice de faits divers. J'avais été très marquée par l'histoire d'une nounou portoricaine, à New York, qui avait assassiné les deux enfants dont elle avait la garde. J'ai suivi le procès, qui m'avait fascinée à cause du mystère de cette femme qui n'a jamais véritablement donné d'explication. Je me suis aussi rendu compte que le lien entre nounou et parents était un puissant moteur romanesque, parce qu'il s'agit d'une relation employé-employeur très particulière. Puis j'ai eu moi-même un enfant, comme d'autres de mes amies, je me suis rendu compte de la place que ça prenait dans la vie. J'ai mis du temps à trouver la forme qui convenait à cette histoire, à cause de la banalité du propos : quoi de plus répétitif que de s'occuper d'enfants, jour après jour ? Il fallait donc éclater un peu la narration : raconter le passé de cette femme, et donner d'emblée le dénouement, pour que les lecteurs aient envie de comprendre ce qui s'était passé. J'ai relu Thérèse Raquin, de Zola, qui raconte un basculement vers la folie, ou revu des Chabrol, où l'on est face à un monde bourgeois, ordinaire, qui dérape…

Vous évitez soigneusement de tomber dans une explication sociologique, de gommer la dimension incompréhensible du meurtre…

Je suis persuadée qu'on ne connaît jamais quelqu'un, même si on vit avec lui dans la plus grande intimité. Rien ne permet de résoudre le mystère de l'autre. Ce qui s'en approche peut-être le plus, c'est la littérature. Ça aurait été trop simple de dire qu'elle tuait les enfants parce qu'elle était humiliée socialement ! Psychologiquement, ce n'est pas tenable. Mais, bien sûr, je voulais aussi raconter la difficulté de cette position, difficile à tenir pour les employés comme pour les employeurs. J'ai grandi au Maroc, qui est un pays où on a encore des nounous à domicile, mais aussi des gens qui travaillent et vivent chez vous. Cette façon d'être à la fois des intimes et des étrangers, cette place à l'écart, m'a beaucoup interrogée. Souvent, j'ai assisté à des situations qui m'ont brisé le cœur. Je voulais explorer ce terreau d'humiliation possible, sans dire que c'est une explication possible du meurtre – je n'y crois pas.

Vouliez-vous susciter la compassion vis-à-vis de Louise, la nounou ?

Quand on vit avec un personnage pendant des mois, on plonge dans sa solitude… Je ressentais les choses en même temps qu'elle, et je trouvais intéressant d'installer une forme de trouble chez le lecteur, qu'il se surprenne à avoir de la compassion pour cette femme tout en sachant qu'elle est monstrueuse. Dans le premier roman, certains lecteurs me disaient déjà que le personnage était détestable, mais qu'ils avaient de la peine pour elle. J'aime bien installer cette ambiguïté.

C'est une forme de conte noir…

Parce que c'est un récit qui tourne autour de l'enfance, j'ai été très influencée par l'univers du conte. Ma nounou est un peu un ogre, une marâtre, comme dans les histoires pour enfants où des femmes font semblant d'être gentilles mais martyrisent les enfants ou essayent de les manger. Cela m'a sans doute aussi permis d'exorciser des cauchemars liés à ce qu'il y a de plus noir dans la maternité.

Vous êtes née à Rabat et êtes arrivée à Paris à 18 ans. Quelle est votre relation avec le Maroc ?

J'ai grandi à Rabat, dans un milieu plutôt bourgeois. Je suis allée au lycée français. J'ai eu une existence un peu marginale par rapport au reste de la société marocaine : très ouverte sur le monde, avec la possibilité de voyager, celle de bénéficier de deux langues et de deux systèmes de valeur. On était trois filles, nos parents ne nous ont pas élevées différemment que si nous avions été des garçons. J'ai toujours pu sortir, nous étions très libres. J'étais donc au Maroc, certes, mais aussi dans une bulle protégée. À la fois par la façon de vivre de mes parents et par mon milieu social.

Vous avez fait une tournée au Maroc pour Dans le jardin de l'ogre, vous y avez reçu le prix littéraire de la Mamounia. Comment ce roman a-t-il été accueilli, avec sa description d'une sexualité féminine très libre ?

Très bien. Là-bas, souvent, l'audace est saluée. Et la littérature, c'est très particulier : elle ne touche qu'une toute petite partie de la population. Et puis mon héroïne était une Française, à Paris. D'une certaine façon, on peut se dire qu'elle souffre d'une maladie occidentale… Ça aurait été plus compliqué si je l'avais installée au Maroc. Mais cela a tout de même libéré la parole. À la fin d'une tournée, une femme est venue me voir, on a commencé à discuter et elle m'a raconté sa vie intime, très longuement. Pendant toute la tournée, cela s'est répété avec d'autres. Je me suis rendu compte que c'était incroyable, le besoin de raconter de ces femmes…

J'ai décidé d'en faire un livre, qui sortira en janvier et s'appellera Sexe et Mensonge. C'est une série d'entretiens, entrecoupés de réflexions que je mène, sur la sexualité des femmes au Maroc. J'y reviens sur des scandales récents, des affaires de mœurs, les lynchages d'homosexuels. J'interroge un peu ce que disait Kamel Daoud autour de la misère sexuelle dans le Maghreb. Pour moi, toute la question est de savoir si une société peut longtemps tenir ainsi en interdisant l'adultère, l'homosexualité…

Êtes-vous d'accord avec ceux qui considèrent que la liberté de mœurs régresse dans le Maghreb ?

Non, je crois qu'il faut arrêter de voir tout en noir. Beaucoup de lois datent de la colonisation. Dire qu'on régresse, c'est laisser vaincre les intégristes et les conservateurs. La notion de libertés individuelles était encore inconnue au Maroc il y a 50 ans, de même que celle de la liberté des femmes à disposer de leur corps. Tant qu'on se bat, qu'il existe des militants, rares mais très courageux, pour défendre ces libertés, les intégristes n'ont pas gagné.

Publier ces entretiens aujourd'hui vous semblait-il important ?

Aujourd'hui, dans les sociétés musulmanes et maghrébines, on est vraiment à un tournant. Il est très dangereux de ne pas faire de choix de projet de société, de rester dans une ambiguïté où on ménage les conservateurs tout en se donnant certains aspects de modernité. Ça fait le lit des intégristes. Le Maghreb vit dans cette culture de l'hypocrisie, du mensonge. Tu peux faire les choses, mais en cachette : ne fais pas le ramadan, couche avec qui tu veux, mais tant pis pour toi si tu te fais prendre… Cette culture de l'arbitraire, de l'hypocrisie, génère de la violence, des gens qui se font justice eux-mêmes. Cela nourrit des discours de plus en plus conservateurs, de plus en plus frustrés. Je pense qu'il faut être courageux et dire ce qu'on veut pour notre société.

Grandir dans ce que vous décrivez comme une culture de la dissimulation, est-ce l'une des sources de votre fascination pour les personnages menant une double vie ?

Oui, je pense. Il y a une chanson marocaine qui s'appelle « Blad Schizo » (pays schizophrène) et je crois qu'on en est là. Et on est tous élevés dans cette schizophrénie. On dit des choses et on fait le contraire. On ment, on dissimule pour garder une apparence de moralité et de probité. Mes parents nous ont toujours élevées dans l'idée qu'on pouvait faire ce qu'on voulait, qu'on pouvait disposer de notre corps, mais en même temps, ils étaient bien obligés de nous enseigner les lois en vigueur au Maroc, qui contredisaient tout ce qu'ils croyaient ! J'ai grandi dans cette logique un peu double. Peut-être que ça m'a amenée à m'intéresser beaucoup à la dissimulation, oui…

À l'heure où les romans identitaires se multiplient, les héroïnes (parisiennes) de vos deux romans ont des origines maghrébines, mais cela n'est jamais un enjeu narratif ou psychologique. Était-ce un choix ?

J'aimais bien l'idée d'en faire quelque chose de très anodin. Le dire, sans que ce soit le cœur du récit. Je trouve qu'on y accorde tellement d'importance aujourd'hui que je préfère avoir la démarche inverse. Dire que oui, elle s'appelle Myriam, elle est maghrébine, mais ça ne change rien à l'histoire. Au fond, on s'en fiche. Aujourd'hui, si vous êtes un écrivain maghrébin, même quand vous n'écrivez pas sur le sujet, même si vous avez écrit douze livres qui n'ont rien à voir, vous pouvez être certain qu'en interview on va vous demander ce que vous pensez de l'islam, du Proche-Orient, du burkini, etc. J'essaye de lutter un peu contre ça, de botter en touche, de ne pas forcément répondre... Au moment de la parution de mon premier livre, j'avais d'ailleurs été choquée de voir que certaines librairies le classaient dans le rayon « Maghreb-Moyen-Orient » simplement à cause de mon nom… Moi, bien sûr, ça va, je suis binationale, et je suis très attachée au Maroc. Mais quand on est français, qu'on est né ici, ça doit être très difficile d'être constamment assigné à son origine.



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Re: Au Maroc aussi ça commence !!

Message non lupar yacoub » sam. 2 déc. 2017 15:57

Maroc : lancement d’une pétition contre la construction d’une mosquée
par M Takadoum. (son site)
samedi 2 décembre 2017


Les choses bougent dans le pays avec dans la prise de conscience citoyenne que ce qui prime c’est d’abord le développement économique et social, la satisfaction des besoins des populations en matière de logement, de santé, d’éducation et de lutte contre la pauvreté et la précarité. C’est dans ce cadre qu’a été lancée dernièrement une initiative inédite dans le pays. Une pétition dénonçant la construction d’une mosquée.

Le journal H 24 rapporte que tout a commence lorsque sur la route entre Agadir et Taghazout, Mohamed Reda Taoujni découvre une grande pancarte sur laquelle figurait un appel au dons. "On y demandait de l'aide pour collecter des fonds pour la construction d'une mosquée. Le montant 35.800.000 m'a interpellé. Je connais le quartier, il a été construit pour reloger les gens qui habitaient des bidons villes donc c'est un quartier très fragile, où il n'y a pratiquement rien... Consacrer un montant aussi énorme que 35.800.000 de dirhams pour la construction d'une mosquée est aberrant " nous déclare Mohamed Reda Taoujni.

Une fois lancée, la pétition fait vite le tour du web et est signée par plus de 800 personnes en une semaine. Mohamed Reda nous assure qu'elle a été bien accueillie chez les habitants d'Agadir qui ont encouragé l'initiative. " A Agadir, il y a eu la mosquée El Houda, en construction depuis cinq ans parce qu'elle faisait 10.000 m2 et qu'on n'a jamais pu finir. Les habitants ont beaucoup encouragé notre initiative parce que justement ils ne veulent pas voir ce scénario se répéter" nous a-t-il souligné. Les habitants pointent le manque d’infrastructures de base et de services sociaux. Ils prennent en exemple deux dispensaires mal équipés et qui ouvrent leurs portes quelques heures seulement par jour. Ils réclament par ailleurs l'ouverture d'un arrondissement de police, pour plus de sécurité et déclarent qu’il n y a pas de théâtres, de bibliothèques, de centres d'hémodialyse, d'école pour enfants handicapés.

Il s’en explique dans un texte : « Par la présente pétition, nous souhaitons attirer l'attention des pouvoirs publics que la construction d'une immense mosquée au coût exorbitant n'est pas une priorité pour un quartier qui manque de tout et souhaitons que cet argent récolté serve d'abord au bien-être de la population ». Les médias locaux estiment que ce type de pétition contre la construction d'une mosquée est une première dans le pays. Mohamed Reda T. souhaiterait que l’argent soit investi dans d’autres projets. Il explique que ce quartier « dispose de maisons de jeunesse qui n'ont jamais pu ouvrir leurs portes faute de moyens financiers, les deux dispensaires n'ouvrent qu'une heure ou deux par jour mais ne disposent ni de matériel, ni de médicaments pour survenir aux besoins de la population, les infrastructures sportives sont quasiment inexistantes ».

D’après le site H24 Mohamed Reda Taoujni a par ailleurs envoyé une lettre au Roi Mohamed VI pour demander son intervention pour que le Ministère des Habous et des Affaires Islamiques encadre les bénévoles qui souhaiteraient construire des mosquées grandioses, suivant des études de besoins définies dans les quartiers ou villes où ils souhaitent les construire. Il est vrai que la construction de mosquées luxueuses réalisées dans des quartiers qui disposent déjà de lieux de culte par des appels à la générosité publique à cote de poches de pauvreté gène. Cette initiative qui sera certainement suivie par d’autres permettrait de diriger les fonds récoltés vers des actions caritatives.





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