Conférence de Sami Aldeeb – 17 avril à Paris

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yacoub
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Re: Conférence de Sami Aldeeb – 17 avril à Paris

Message non lupar yacoub » ven. 27 janv. 2017 11:07

Dernier message de la page précédente :

M. Trump, quelques suggestions sur le terrorisme et l’immigration
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Publié le 26 janvier 2017 - par Sami Aldeeb - 7 commentaires - 667 vues
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Sami Aldeeb: lettre ouverte à M. le Président Trump à propos du terrorisme et de l’immigration
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Monsieur le Président,

Je me permets de m’adresser à vous en tant que chrétien d’origine palestinienne vivant en Suisse, expert en droit arabe et musulman, domaine que j’ai enseigné dans différentes universités en Italie, en France et en Suisse, et sur lequel j’ai publié une quarantaine d’ouvrages, dont une édition arabe, une traduction anglaise et une traduction française du Coran par ordre chronologique.

Il est du devoir de chacun de nous de soutenir les efforts de nos dirigeants pour une société meilleure et de leur souhaiter plein succès dans l’accomplissement de leurs obligations.

La société, comme une statue, a deux pieds : le pouvoir, et le savant qui détient la connaissance. Le pouvoir pour exécuter, et le savant pour éclairer la lanterne du pouvoir.

Lorsqu’une épidémie survient, il faut que les savants l’identifient … Mais encore faut-il qu’ils aient été formés et soient libres de s’exprimer. Ensuite, il faut que les savants informent le pouvoir pour qu’il prenne les mesures qui s’imposent en vue de contrer cette épidémie.

Votre pays, comme l’Europe, la région dont je suis originaire et le reste du monde sont confrontés à la montée de la violence exercée notamment par différents groupes terroristes islamiques. Cette violence est l’une des causes des vagues d’immigrés qui déferlent sur l’Europe, les États-Unis et d’autres pays du monde. Dans vos déclarations, vous avez insisté sur ces deux problèmes.

Vous avez ainsi décrit le «terrorisme islamique radical» comme un «mal» inédit dans l’histoire, ajoutant qu’il devait être «éliminé de la surface de la Terre»: «Nous allons y mettre fin. C’est le moment. C’est maintenant le moment d’y mettre fin.» Mais vous n’avez pas précisé les moyens que vous allez déployer pour y parvenir. Vous avez en outre dénoncé ce que vous appelez l’erreur catastrophique de la chancelière allemande Angela Merkel en ouvrant son pays aux immigrés, estimant que Berlin, plutôt que d’accueillir des réfugiés, aurait mieux fait de militer davantage pour obtenir la création de zones d’exclusion aérienne en Syrie pour protéger la population locale des bombardements. «Les pays du Golfe auraient dû payer pour ça, après tout ils ont plus d’argent que quiconque.»

Permettez-moi de vous donner mon avis à propos de ces deux problèmes.

En ce qui concerne le terrorisme islamique radical, il est certes nécessaire d’y faire face avec des armes, mais les armes seules ne suffiront pas. Il faut aussi et surtout éliminer l’idéologie sur laquelle il se base, à savoir l’idéologie islamique. Car il faut nommer les choses par leur nom pour fournir une réponse adéquate.

Le terrorisme islamique radical se base sur le Coran, la Sunnah de Mahomet et l’enseignement de l’islam. Les groupes terroristes islamiques radicaux ne font que mettre en pratique ce que les universités, les centres islamiques, les écoles et les mosquées enseignent depuis quatorze siècles dans tous les pays musulmans, et même dans les pays occidentaux, dont le vôtre. Des intellectuels et journalistes égyptiens ne cessent de dénoncer cet enseignement, qui est à l’origine du terrorisme qui déstabilise l’Égypte. Cet enseignement y est véhiculé notamment par les mosquées et les institutions scolaires et universitaires de l’Azhar, la plus importante institution religieuse du monde sunnite. Sans un changement radical de cet enseignement, il est impossible de mettre fin au terrorisme islamique radical. Mais comment procéder?

Le penseur soudanais Mahmoud Muhammad Taha, qualifié de Ghandi Africain, avait proposé à ses coreligionnaires de suivre le Coran et l’islam mecquois, plus ou moins pacifiques, et d’abandonner le Coran et l’islam médinois:

qui prône la discrimination contre les femmes et les non-musulmans;
qui prescrit la guerre contre les mécréants jusqu’à la conversion de l’humanité entière à l’islam, accordant aux gens du livre le choix entre la conversion à l’islam, le paiement d’un tribut ou leur mise à mort et l’asservissement de leurs enfants et leurs femmes. Quant à ceux qui ne font pas partie des gens du livre, ils n’ont que le choix entre l’islam et leur mise à mort et l’asservissement de leurs enfants et leurs femmes;
qui prévoit des châtiments cruels contraires aux droits de l’homme (amputation de la main du voleur, lapidation de l’adultère, mise à mort de ceux qui quittent l’islam, etc.). Ces châtiments sont d’ailleurs repris dans un code pénal arabe unifié signé par tous les ministres arabes de justice et figurant sur le site de la Ligue arabe, code que j’ai traduit en français.

L’EI et les autres groupes terroristes islamiques radicaux ne font qu’appliquer fidèlement ces enseignements de l’islam. Les dirigeants occidentaux qui prétendent que les pratiques de ces groupes terroristes n’ont pas de lien avec l’islam se trompent et trompent leurs citoyens. Et c’est la raison pour laquelle ils ne parviennent pas à éliminer le terrorisme islamique radical. Un médecin qui diagnostique mal une maladie expose son patient à un danger fatal.

Si la proposition de Mahmoud Muhammad Taha avait été acceptée par les musulmans, le terrorisme islamique radical actuel ne serait pas apparu. Mais hélas, Mahmoud Muhammad Taha a été pendu en 1985 sur instigation de l’Azhar et d’autres organisations islamiques telles que la Ligue du monde musulman dont le siège est en Arabie saoudite. Pour mettre fin au terrorisme islamique radical, il faut prendre les mesures qui s’imposent pour changer ses bases idéologiques.

Il faut donc inciter le monde musulman à restreindre la diffusion du Coran actuel, qui mélange les chapitres mecquois plus ou moins pacifiques et les chapitres médinois violents et discriminatoires, et imposer de nouvelles éditions du Coran par ordre chronologique séparant les deux parties, afin que les musulmans et le reste de l’humanité puissent distinguer entre les deux parties du Coran. C’est ce que j’ai fait avec mon édition arabe et mes traductions du Coran: https://goo.gl/72ya61.

Il faut en outre exiger des pays musulmans le changement radical de leurs enseignements dans les écoles, les universités et les mosquées, et leur imposer le respect de la liberté religieuse telle qu’elle est définie par l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.»

Il faut aussi, impérativement, que les pays arabes retirent officiellement leur projet de Code pénal arabe unifié qui prévoit des sanctions islamiques cruelles, code qui figure sur le site web de la Ligue arabe et que j’ai traduit.

Enfin, il faut que les universités et centres de recherches dans les pays occidentaux, y compris le vôtre, œuvrent pour un tel changement.

En ce qui concerne l’immigration, il est extrêmement probable que si les pays occidentaux ouvrent leurs portes, quelque cent millions de musulmans quitteront leurs pays d’origine pour échapper à l’enfer des pays arabes et musulmans. Des milliers de musulmans tentent actuellement de forcer les frontières au risque de leur vie et se retrouvent dans des situations inhumaines. Or ces musulmans transportent l’idéologie qui a détruit leurs propres pays, idéologie qui finira par détruire aussi les pays occidentaux. D’autre part, beaucoup de musulmans sont internés dans des prisons occidentales où ils se radicalisent de plus en plus. On estime qu’environ 70% des prisonniers en France sont des musulmans. Lorsque ces prisonniers quitteront leurs prisons après l’exécution de leurs peines, ils détruiront les pays occidentaux. Des terroristes qui ont commis des attentats en Europe et dans votre pays sont passés par ces prisons, véritables pépinières de terroristes.

Face à cette réalité que personne ne peut nier, ne serait-il pas plus judicieux de créer un nouvel État sur la moitié du territoire de l’Arabie saoudite, sous protection internationale, pouvant accueillir cent millions de musulmans désirant quitter leurs pays d’origine ainsi que les musulmans détenus dans les prisons occidentales? Ce «nouveau pays» devrait être placé sous protection internationale, géré selon les normes internationales des droits de l’homme, et financé par la moitié des revenus pétroliers de l’Arabie saoudite, principal pourvoyeur de fonds aux groupes terroristes et principal pays propageant l’idéologie islamique radicale sur laquelle se basent les groupes terroristes islamiques. Ce faisant, on donnera une chance à ces musulmans de se réhabiliter et de trouver une nouvelle vie, digne et humaine.

En bref, Monsieur le Président, il ne suffit pas d’envoyer des avions bombarder les groupes terroristes islamiques en Syrie, en Irak et ailleurs. Il faut aussi, et surtout, démanteler l’idéologie qui sert de base à ces groupes terroristes islamiques qui sont actifs aussi en Europe et dans votre pays. Pour éliminer les épidémies, il ne suffit pas de traiter les effets, il faut absolument s’attaquer à leurs causes et à leurs sources.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes meilleurs vœux de succès dans votre fonction pour le bien de votre pays et de l’humanité entière.

Dr. Sami Aldeeb, Professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman
Traducteur du Coran en français et en anglais, et auteur de nombreux ouvrages

https://youtu.be/e9RcnwbYpp4
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Re: Conférence de Sami Aldeeb – 17 avril à Paris

Message non lupar omar » ven. 27 janv. 2017 13:15

J'aime bien ce que Sami écrit mais je ne crois pas qu'il est chrétien


«L'Occident n'oppose aucune idéologie à l'islamisme, sinon celle de l'argent»

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Proust
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Re: Conférence de Sami Aldeeb – 17 avril à Paris

Message non lupar Proust » ven. 27 janv. 2017 14:13

Bonjour à tous, je me demande vraiment s'il est chrétien.


Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime ! Il est complice.
George Orwell.









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Re: Conférence de Sami Aldeeb – 17 avril à Paris

Message non lupar yacoub » dim. 7 mai 2017 13:56

L’ancien grand cheikh de l’Azhar appelle à la démolition des églises
Publié le 6 mai 2017 - par Sami Aldeeb - 1 commentaire - 1 077 vues

Entretien avec le conseiller Ahmed Maher sur le livre de l’ancien grand cheikh de l’Azhar appelant à la démolition des églises en Égypte

L’émission «cri et espoir» du canal chrétien csat.tv a diffusé un dialogue de Mme Nadia Youssef mené par téléphone avec le conseiller Ahmed Maher goo.gl/3mG3de


Mme Nadia Youssef lui a demandé d’exprimer son opinion à propos du livre «L’établissement de la preuve éclatante pour la démolition des églises d’Égypte et du Caire», dont l’auteur est Ahmed Abdel Moneim Al-Damanhori, grand cheikh de l’Azhar, décédé en 1192 AH (1778 AD) (à partir de la 45e minute), et dont la couverture a été présentée à l’écran.

Le conseiller a répondu que l’auteur du livre est «un salafiste et non pas un azharite». Mme Nadia Youssef lui répéta le nom de l’auteur et son titre, grand cheikh de l’Azhar, mais Ahmed Maher affirma à nouveau que l’auteur du livre est «un salafiste et non pas un azharite».

Mme Nadia Youssef a rappelé que le livre est toujours sur le marché, et Ahmed Maher a répondu que la police de sûreté devrait faire son travail, que l’État devait le confisquer et examiner qui a accordé la licence pour le publier.

Mme Nadia Youssef a dit alors pour la troisième fois que la couverture mentionne le nom du grand cheikh de l’Azhar comme auteur, mais Ahmed Maher rétorqua de façon catégorique qu’il «exonère l’Azhar de ce livre, que ce soit dans le passé comme dans le présent», en ajoutant que «la police de sûreté et les services de renseignement doivent retirer ce livre et enquêter sur son origine». La question doit être traitée avec fermeté, ce livre étant, selon lui, contraire au texte du Coran, qui dit: «Si Dieu ne repoussait pas les humains les uns par les autres, auraient été démolis des ermitages, des églises, des lieux de prière, et des sanctuaires, où le nom de Dieu est beaucoup rappelé. Dieu secourra qui le secourt» (22:40). «Nous devons collaborer pour que les synagogues des juifs, les églises des chrétiens et les mosquées les musulmans restent protégées. Les trois doivent rester protégées. Et c’est bien cela l’islam.»

Le livre est bel et bien écrit par un ancien grand cheikh de l’Azhar

Face à l’insistance de Mme Nadia Youssef sur le fait que le livre a été écrit par un ancien grand cheikh de l’Azhar, et la négation d’Ahmed Maher affirmant que l’auteur du livre est «un salafiste et non pas un azharite», nous avons estimé nécessaire d’enquêter sur l’auteur de ce livre et son contenu.

Le livre, dont la couverture a été présentée à l’écran par Mme Nadia Youssef (à partir de la 45e minute) porte la mention suivante :
«L’établissement de la preuve éclatante pour la démolition des églises d’Égypte et du Caire»

اقامة الحجة الباهرة على هدم كنائس مصر والقاهرة

Il est écrit par Ahmed Abdel Moneim Al-Damanhori, grand cheikh de l’Azhar, décédé en 1192 AH (1778 AD). Le titre de ce livre est mentionné dans la biographie de l’auteur sur Wikipedia goo.gl/VTiDuv. Il a occupé la fonction de grand cheikh de l’Azhar de 1182 à 1190 AH (1768 à 1776 AD).

Il est publié par Dar Al-Farouk, Mansoura, en 1433 AH (2012 AD), 215 pages. Il est aussi fait mention de ce qui suit sur la couverture :

Lu, commenté et comparé à l’original par Muhammad Ibn Saleh Al-Najdi Al-Athari, chercheur en droit musulman et membre de la commission de fatwa et des recherches scientifiques dans la Fondation de la réforme en Égypte, sous la supervision du cheikh Ahmed Ibn Abdul Rahman Al-Naqib. Tous les deux sont des salafistes. Le superviseur est professeur à la Faculté d’éducation, de l’Université de Mansoura goo.gl/IBWPSm

Le livre porte le numéro de dépôt 1883-2012 auprès de la Bibliothèque nationale égyptienne.
Il peut être téléchargé de plusieurs sites Internet, dont goo.gl/8dEqPW.

Muhammad Ibn Saleh Al-Najdi Al-Athari a présenté une conférence sur ce livre en trois épisodes dans une mosquée de Sinbillawain dont le titre est «L’établissement de la preuve éclatante pour la démolition des églises d’Égypte et du Caire», conférence dans laquelle il a appuyé le contenu de ce livre et s’est attaqué aux coptes:

Épisode I. youtube.com/watch?v=oC4Xdq_6lpc
Épisode II. youtube.com/watch?v=Wv_1xSD-WKw
Épisode III. youtube.com/watch?v=oUkIjI1Tllk

Le conférencier a expliqué la biographie de l’auteur, soulignant qu’il s’agit de l’ancien grand cheikh de l’Azhar Ahmed Abdel Moneim Al-Damanhori.

Autre édition de l’ouvrage de ce même grand cheikh de l’Azhar

Il existe une autre édition de ce livre publiée par la maison d’édition Maktabat Al-Nour, Mansoura, en 1434 AH = 2013 AD, 138 pages. Il est fait mention de ce qui suit sur la couverture :

«L’établissement de la preuve éclatante pour la démolition des églises d’Égypte et du Caire»

اقامة الحجة الباهرة على هدم كنائس مصر والقاهرة

Il est écrit par Ahmed Abdel Moneim Al-Damanhori, grand cheikh de l’Azhar, décédé en 1192 AH (1778 AD)
Il a été révisé par Ahmed Al-Aqour (un salafiste), enseignant dans le département de rhétorique et de critique et littérature comparée à l’Université de Fayoum goo.gl/YQdUrA

Le livre porte le numéro de dépôt 7181-2013 auprès de la Bibliothèque nationale égyptienne.
Il peut être téléchargé de plusieurs sites Internet, dont goo.gl/9xLhCK.

On peut donc déduire que le livre «L’établissement de la preuve éclatante pour la démolition des églises d’Égypte et du Caire» est bien écrit par Ahmed Abdel Moneim Al-Damanhori, ancien grand cheikh de l’Azhar. Il est sorti auprès de deux maisons d’édition, en 2012 et 2013, à Mansoura, et il fait l’objet de dépôt légal auprès de la Bibliothèque nationale égyptienne.

Articles égyptiens critiquant cet ouvrage

Article de Shafiq Taher

Shafiq Taher a écrit un article à ce sujet (dostor.org/1334979) intitulé «Le dixième Imam incite à la démolition des églises». Il s’agit d’une référence à l’auteur du livre susmentionné. L’article présente brièvement la position de l’auteur :

«Le grand cheikh Al-Damanhori partage la Terre en quatre sections :

Terre de l’Islam pure, dont la péninsule arabique : il y est strictement interdit de construire des églises, des lieux de culte ou des couvents.
Terres conquises par la force, comme l’Égypte et le Maghreb, l’Irak et d’autres : il y est strictement interdit de construire de nouvelles églises, et celles qui existent déjà doivent être détruites.
Terres conquises par un traité de paix, et dont les habitants peuvent y rester contre paiement de tribut (jizya) et l’impôt foncier : il y est permis de construire des églises si cela figure dans le traité de paix.
Villes construites par les musulmans après la conquête comme le Caire, Bagdad, Wasit, Bassora, etc. : il y est strictement interdit de construire des églises parce qu’il s’agit de villes musulmanes qui étaient auparavant des déserts ou des ruines, et elles ont été construites par les musulmans.

Dans ces quatre catégories susmentionnées, les mécréants (Al-kuffar : les dhimmis) ne peuvent manifester extérieurement leur religion ou leurs prières.»

L’article ajoute :

«Je ne suis pas partisan de la censure et de l’interdiction. Mais un tel livre négligé dans les sous-sols des vieilles bibliothèques moisies est sorti tout à coup et réimprimé rapidement dans une librairie de Mansoura en 2013 suite aux événements de la démolition de l’église d’Atfeeh et l’interdiction de la construction de l’église d’Edfou à Assouan. (…) Puis le cheik salafiste appelé Abu Hafs Ibn-al-Arabi Al-Athari en fournit une explication, diffusée sur youtube, dans une mosquée Sinbillawain. (…) Je ne pense pas que tout cela soit pure coïncidence, c’est une chose planifiée par des groupes salafistes.

J’ai lu deux fois le livre, qui porte comme titre «L’établissement de la preuve éclatante pour la démolition des églises d’Égypte et du Caire», et j’ai entendu toute l’explication, et n’y ai trouvé qu’incitation à la démolition des églises et incrimination des autorisations de construction de nouvelles églises en Égypte et au Caire, qualifiées de terres conquises par la force. Et comme le Caire a été construite par les musulmans, la construction d’églises doit y être interdite, et celles qui y existent doivent être démolies. Une question revient avec insistance dans mon esprit en lisant le livre du dixième Imam de l’Azhar Ahmed ben Abdel – Moneim Ibn Siam Ibn Youssef Al-Damanhori : Qu’est-ce que Daesh a fait et qui ne figure pas dans les livres de droit musulman, et reste enseigné aux étudiants de l’Azhar aujourd’hui? Qu’est-ce que Daesh a fait et qui n’a pas été écrit par le grand cheikh susmentionné de l’Azhar ?!»

Article de Rabab Kamal

Rabab Kamil a écrit un article (goo.gl/oVW1gm) portant le titre du livre «L’établissement de la preuve éclatante pour la démolition des églises d’Égypte et du Caire». Elle critique ceux qui prétendent que les actes terroristes contre les églises sont des actes individuels et isolés. Elle signale que l’auteur du livre en question n’est pas un cheikh salafiste, mais bien le grand cheikh Ahmed Ibn Abdul Menem Ibn Yousef Ibn Siyam Al-Damanhori, connu sous le nom du grand cheikh Ahmed Al-Damanhori, autrefois grand cheikh de l’Azhar.

Rabab Kamal indique que l’histoire du manuscrit de ce livre a commencé quand certains chrétiens ont entrepris la construction d’une nouvelle église au Caire. Les musulmans se sont fâchés et ont demandé une fatwa du grand cheikh sur la construction et la rénovation des églises. Le grand cheikh Al-Damanhori a répondu que cela est interdit selon les quatre écoles (Hanafite, Shafi’ite, Malikite et Hanbalite), ajoutant qu’il est même interdit de réparer les édifices détruits, même si la destruction a eu lieu illégalement. Certains cheikhs salafistes se réfèrent à cette fatwa pour soutenir leurs interprétations sur la nécessité de démolir les églises, ou au moins d’en empêcher la construction et la restauration.

Parmi les partisans de ce manuscrit : Ahmed Abdel-Rahman Al-Naqib, un cheik salafiste et à la fois professeur à la Faculté d’éducation de l’Université de Mansoura et titulaire d’un doctorat en études islamiques. Rabab Kamal commente :

«Oui, nous avons un professeur universitaire dans une université publique égyptienne qui parle librement de la démolition des églises en Égypte sans être poursuivi par les tribunaux pour incitation à la violence contre les lieux de culte prévue par les articles 160 et 161 du Code pénal, et sans être questionné en vertu de la loi sur la diffamation des religions et l’incitation par la parole définie par l’article 98 de cette même loi. Et la raison est évidente: il utilise des sources islamiques pour diffamer. Devrait-il être jugé par les tribunaux étatiques, ou faut-il juger ses sources islamiques et religieuses ?» Elle signale en outre qu’Ahmed Al-Naqib a écrit l’introduction de ce manuscrit publié en 2012 dans un livre portant le titre du manuscrit original et publié par la maison d’édition Dar Al-Farouk, et que le livre a reçu le numéro de dépôt légal 1883-2012 de la Bibliothèque nationale égyptienne sans la moindre objection”.

Rabab Kamal signale que le discours officiel actuel de l’Azhar comprend des fatwas permettant la construction d’églises, pour différentes raisons, dont probablement l’influence du discours politique sur l’Azhar, basé notamment sur le slogan de l’unité nationale. On ne doit pas non plus oublier que l’Azhar est une institution religieuse étatique, et pour cette raison elle ne peut être en contradiction avec le discours du gouvernement lui-même, en particulier dans le cadre d’un problème aussi épineux. On ne doit pas non plus perdre de vue la fatwa de l’actuel grand cheikh de l’Azhar Ahmed Al-Tayeb, qui a déclaré en août 2014 qu’il est licite de construire des églises, ceci toutefois à condition que la construction ne nuise pas à la sécurité nationale, comme si la construction des églises nuit à l’avenir du pays et non le terrorisme, la pauvreté, l’ignorance et l’intolérance ? Nous ne pouvons pas non plus oublier la Fatwa égyptienne d’octobre 2011 qui permet une telle construction si elle n’est pas incompatible avec les lois de l’État. Ce qui impose l’établissement d’une loi unifiée relative aux lieux de culte, et non pas une loi pour construire des seules églises.»

En même temps, Rabab Kamal signale une autre fatwa contradictoire publiée en 1997, lorsqu’on a interrogé le cheikh Attia Saqr, précédent chef du Département, à propos de la construction des églises dans les pays des musulmans (et la journaliste marque son opposition à ce que l’Égypte soit appelée pays des musulmans, car l’Egypte est le pays de tous les Égyptiens). Le cheikh Attia Saqr cita alors dans sa fatwa un récit rapporté par Ibn-Adiy de ‘Umar, du Prophète Mahomet: «Aucune église ne devrait être construire dans l’Islam.»

Rabab Kamal se demande :

«Pourquoi Al-Azhar ne critique pas les sources du manuscrit en question et ses sources ? Pourquoi ne fait-il pas face au vrai problème au lieu de recourir à des fatwas complaisantes et de se soumettre au message officiel étatique ?» et «Pourquoi l’Azhar ne confisque-il pas ce livre alors qu’il a obtenu le droit de saisie judiciaire de la part du ministère de la Justice en 2004 ? L’Azhar a fait usage de ce droit pour confisquer les écrits des romanciers et des penseurs jugés attentatoires à l’identité islamique, mais il ne trouve pas attentatoire un livre légitimant la démolition des églises bien qu’il soit en contradiction avec les fatwas officielles de l’Azhar au cours de ces dernières années.»

Dr Sami Aldeeb, Professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman
Traducteur du Coran en français et en anglais, et auteur de nombreux ouvrages

Couverture des deux éditions du livre «L’établissement de la preuve éclatante pour la démolition des églises d’Égypte et du Caire».

Sami Aldeeb

goo.gl/9xLhCK (republié en 2013) goo.gl/8dEqPW (republié en 2012)





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