Donald Trump

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la guerre de Trump contre l'islam

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Donald Trump

Message non lupar yacoub » mer. 9 nov. 2016 13:28

Donald Trump annonce qu’il obligera les Alliés – dont la France – à entrer en guerre contre l’islamisme global
Posted by La Rédaction on 6th septembre 2016 | 2259 views

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BREIZATAO – ETREBROADEL (06/09/2016) Absolument pas rapporté dans les médias hexagonaux, le discours de politique étrangère de Donald Trump, prononcé le 15 août 2016 à l’université d’état de Youngstown (Ohio), marque un tournant historique et se voulant comme tel.

Déclaration de guerre formelle et globale contre l’islamisme

Dans celui-ci, le candidat républicain rompt avec plus d’une dizaine d’années de coopération active avec l’islamisme – Frères Musulmans en tête – de la part des administrations Bush et Obama, notamment au Moyen-Orient. Politique qui a également été suivie par l’ambassade américaine en France (lire ici) où la CIA a activement fait pression en faveur de l’islam, d’organisations islamistes et de l’immigration de masse afro-musulmane.

Donald Trump consacre l’essentiel de ce discours à la lutte contre l’islam radical, enterrant au passage toute la politique moyen-orientale US entamée à partir de 2001.

Le candidat républicain place son discours dans une perspective historique : la victoire contre le communisme remportée sous Ronald Reagan. Pour le candidat à la présidence américaine, la question ne fait pas le moindre doute : les USA sont en guerre contre l’islam radical et cette guerre est globale, équivalente à celle menée contre le communisme pendant près de 50 ans.

Elle implique, pour lui et sa future administration en cas de victoire à l’élection présidentielle US de novembre, un alignement de l’Otan et des Alliés – dont la France – dans cette guerre contre l’Occident déclarée par le monde musulman radicalisé. Et ceci tant en Europe que partout dans le monde.

Extraits du discours traduit par BREIZ ATAO (source) :

Au XXème siècle, les États-Unis ont vaincu le fascisme, le nazisme et le communisme. Maintenant, une menace différente pose un défi à notre monde : le terrorisme islamique radical.

Donald Trump dénonce formellement le Discours du Caire de Barack Obama, prononcé en 2009, point majeur de la collaboration active entre le Parti Démocrate américain au pouvoir à Washington et les Frères Musulmans. Largement influencé par une vision tiers-mondiste, il faisait l’apologie de l’islam et dénigrait l’Amérique et l’Occident.

Peut-être qu’aucun discours n’a été aussi erroné que le discours du président Obama au monde musulman donné au Caire, en Égypte, en 2009.

En gagnant la Guerre Froide, le président Ronald Reagan a constamment rappelé la supériorité de la liberté sur le communisme et appelé l’URSS « l’Empire du Mal ».

Pourtant, quand le président Obama a donné son discours au Caire, aucun courage de cet ordre ne peut être trouvé […] Ses mots naïfs furent suivis d’actions encore plus naïves.

L’heure est venue pour une nouvelle approche.

Notre stratégie actuelle d’exportation de la démocratie et de changement de régime est un échec avéré. Nous avons créé les vides qui ont permis aux terroristes de croître et de prospérer.

Après avoir dénoncé l’intervention en Libye décidée par Clinton au profit des Frères Musulmans, Donald Trump poursuit en indiquant que les alliés des USA – dont la France – auront l’obligation de s’aligner et de combattre l’ennemi nouvellement désigné :

J’étais un opposant à la guerre d’Irak depuis le début, une différence majeure entre moi et mon adversaire.

Mais il est temps de mettre les erreurs du passé derrière nous et de dessiner une nouvelle voie.

Si je deviens président, l’ère de la construction [armée, NDLR] de la démocratie sera terminée. Notre nouvelle approche – qui doit être partagée par les deux partis en Amérique, par nos alliés outre-mer, et par nos amis au Moyen-Orient – devra être de stopper l’expansion de l’islam radical.

Toutes les actions devraient être orientées vers ce but et n’importe quel pays qui partage ce but sera notre allié. Nous ne pouvons pas toujours choisir nos amis mais nous ne pouvons jamais échouer à reconnaître nos ennemis.

En tant que président, j’appellerai pour une conférence internationale centrée sur ce but. Nous travaillerons avec tous ceux qui reconnaissent que cette idéologie de mort doit être éteinte.

Nous travaillerons aussi étroitement avec l’Otan sur cette nouvelle mission.

Donald Trump évoque une nouvelle ère dans les relations américano-russes :

Je crois également que nous pourrions trouver un terrain d’entente avec la Russie dans le combat contre l’État Islamique. Ils ont également beaucoup en jeu dans le résultat de la guerre en Syrie et ont eu leurs propres batailles contre le terrorisme islamique.

Le candidat a également présenté l’enjeu central de la lutte idéologique contre l’islam radical :

Le lutte militaire, cyber et financière sera essentielle dans le démantèlement du terrorisme islamique. Mais nous devons également utilisé la guerre idéologique.

Exactement comme nous avons gagné la Guerre Froide, en partie, en exposant les maux du communisme et les vertus du marché libre, nous devons également confronter l’idéologie de l’Islam Radical.

Pour vaincre le terrorisme islamique, nous devons également parler puissamment contre l’idéologie haineuse qui fournit le terreau fertile pour que la violence et le terrorisme croissent.

Donald Trump a logiquement établi un lien de causalité entre le terrorisme islamique et l’immigration musulmane, annonçant des mesures de guerre pour encadrer cette menace.

Des sondages montrent que dans beaucoup de pays dans lesquels se trouvent de nombreux immigrés, les opinions extrémistes religieuses – telle que la peine de mort pour ceux qui abandonnent la foi – sont courantes.

Durant la Guerre Froide, nous avions une évaluation idéologique. Le temps est venu de développer des tests d’évaluation pour les menaces que nous affrontons aujourd’hui.

En plus d’analyser tous les membres ou les sympathisants de groupes terroristes, nous devons également analyser tous ceux qui ont des attitudes hostiles à l’encontre de nos pays ou de ses principes, ou qui pensent que la charia [la loi islamique, NDLR] devrait supplanter la loi américaine.

Pour mettre en place ces nouvelles procédures, nous devrons temporairement suspendre l’immigration de certains des régions les plus dangereuses et instables du monde qui ont un historique d’exportation du terrorisme.

Entreprenant de réduire à néant la politique pro-islamique de l’administration Obama, Donald Trump annonce une politique de destruction systématique de tous les réseaux musulmans actifs aux USA :

Pour atteindre un but, vous devez vous fixer une mission : les réseaux de soutien aux à l’islam radical dans ce pays seront dénombrés et extirpés, un par un.

Analyse : Il ne fait pas de doute que ce discours constituerait une rupture historique dans les rapports entre l’Occident et le monde musulman, ravagé par la prolifération de l’islamisme. C’est un discours de guerre qui désigne formellement l’ennemi et détaille toutes les sphères où la lutte serait engagée une fois Donald Trump élu président des USA.

Outre cette rupture historique et ce passage du pacifisme – voire de la bienveillance à l’égard du monde musulman et de ses ferments islamistes – à la contre-attaque, la première puissance du globe imposerait à ses alliés européens d’entrer en guerre contre l’ennemi précité.

Cette rupture imposée par les USA et l’Otan en cas de victoire de Trump heurterait de plein fouet la politique pro-musulmane de la France, tant en termes géopolitiques que de politique intérieure, notamment migratoire. De fortes tensions entre forces pro-musulmanes et anti-musulmanes, au sein de la société comme dans l’appareil d’état, ne manqueraient pas d’éclater.

BREIZ ATAO soutiendra, en Bretagne, les objectifs fondamentaux énoncés par Donald Trump dans le domaine de l’information. Les intérêts bretons et américains convergeant dans cette lutte existentielle contre l’islam


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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » mer. 9 nov. 2016 18:36

Michel Onfray : "Trump est la poupée gonflable du capital"
Pour le philosophe, Donald Trump montre ce qu'est le capitalisme sans fard. Ce que lui reprochent ses détracteurs. Président, il se pliera au système.
Propos recueillis par Sébastien Le Fol
Publié le 09/11/2016 à 11:16 | Le Point.fr

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Pour Michel Onfray, Donald Trump est le visage sans fard du capitalisme.

Le Point.fr : Quelle est votre analyse de l'élection de Donald Trump ?

Michel Onfray : Elle montre que Marx avait tort de croire que le capitalisme travaille à sa fin et que la révolution s'avère dialectiquement inéluctable ! Le capitalisme est plastique et change en fonction de l'histoire. Il s'avère increvable. Trump en est la forme contemporaine : cet homme, qui est un pur produit de la télé-réalité et de l'argent, ignore la morale et manifeste un franc cynisme en tout. Il est la figure grossière de nos petits marquis poudrés et policés de la politique. Son premier discours après qu'il a gagné les élections a été indigent, vide, creux, insipide, comme lui : des remerciements comme à la cérémonie des Césars – à mon père, à mes parents, à ma femme, à mes filles, à mon frère mort qui me voit de là-haut, etc. Rien qui ait à voir avec la grande histoire, tout qui ait à voir avec la petite, la toute petite histoire de sa petite personne. Trump est le nom du capitalisme nu. En ce sens, les médias, les élites, les sondeurs, les penseurs comme il faut le haïssent parce qu'il montre la vérité du capitalisme cynique pour lequel l'argent est le fin mot de l'histoire. Ceux qui haïssent Trump lui reprochent de montrer ce qu'est le capitalisme sans fard et de leur gâcher le travail pendant qu'eux avancent masqués. Trump est la poupée gonflable du capital.

Qu'est-ce que son élection nous dit de l'état de nos démocraties ?

Qu'elles n'ont de démocratie que le nom : le battage médiatique éhonté pour nous le présenter comme le Diable, les sondeurs qui le donnaient perdant, les économistes qui le montraient comme une catastrophe, les politologues qui le méprisaient ouvertement ont été désavoués par le peuple de l'Amérique profonde qui a dit à la nomenklatura, sinon à la mafia, dont elle ne veut plus. La désillusion viendra pourtant ! Cette élection est l'occasion de reculer pour mieux sauter. Car la brutalité du capitalisme qui produit des victimes ne sera pas remise en cause par Trump. Au contraire. Le prétendu remède que le peuple se prescrit va s'avérer un véritable poison pour lui. Le président des États-Unis est toujours l'homme de paille des lobbies, du complexe militaro-industriel, des vendeurs d'armes, de Wall Street. Il n'y a aucune raison pour que Trump s'émancipe de ces pouvoirs véritables. En régime capitaliste libéral, c'est l'argent qui fait la loi. Trump ne dérogera pas.

Trump symbolise-t-il le triomphe des passions en politique ?

Les passions sont partout ! Trump n'en a pas le monopole. Il n'y avait pas d'un côté les passions avec Trump, de l'autre la raison avec Clinton. On ne gagne pas des élections avec la raison et l'intelligence, des raisonnements et de l'analyse, mais en mobilisant les passions : la haine, le ressentiment, la vengeance, le mépris, l'agressivité, la parade, la vanité, l'arrogance, l'orgueil font la loi. Je vous renvoie à l'actuel spectacle pitoyable des primaires de la droite et du centre… L'éthologie est la discipline avec laquelle il convient de décoder le jeu politique. On apprend plus en la matière en regardant la chaîne Animaux que la chaîne Histoire !

Existe-t-il un trumpisme français ?

Oui. Mais il n'est pas chez tel ou tel plus que chez tel autre. Car il est partout distillé en plus ou moins grande quantité dans le personnel politique français.

L'élection américaine peut-elle rebattre la présidentielle française ?

Non, je ne crois pas. La présidentielle française nous invite à changer le ruban du paquet cadeau, mais pas son contenu : le prochain président de la République française sera un libéral. Libéral de droite, libéral du centre, libéral de gauche, libéral d'ailleurs, mais libéral. Il restera dans le cadre de l'Europe libérale pour laquelle le marché doit faire la loi. Après avoir parlé de la France avec des trémolos dans la voix pendant la campagne, le président nouvellement élu ira prendre ses ordres à Bruxelles. Et la France sera dans la rue dans les mois qui suivront…

Propos recueillis par Sébastien Le Fol


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Re: Donald Trump

Message non lupar omar » mer. 9 nov. 2016 20:38

C'est une catastrophe


«L'Occident n'oppose aucune idéologie à l'islamisme, sinon celle de l'argent»
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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » jeu. 10 nov. 2016 18:41

L’Amérique, « État voyou »
En juin dernier, le département d’Etat, à Washington, a exclu l’expression « Etat voyou » de son langage diplomatique, au profit de la catégorie, plus vague, de « state of concern » (« Etat source d’inquiétude »), dans le dessein d’avoir une plus grande flexibilité dans ses rapports avec les Etats ainsi désignés. Réservée à sept pays bien précis (Corée du Nord, Cuba, Irak, Iran, Libye, Soudan et Syrie), l’expression « rogue state », que l’on peut traduire par Etat voyou, Etat hors-la-loi ou encore Etat paria, désignait des pays qui, selon Washington, soutenaient le terrorisme et, par conséquent, étaient soumis unilatéralement à des sanctions.
par Noam Chomsky


Le concept d’« Etat voyou » (1) ou d’Etat hors-la-loi a joué, jusqu’à ces derniers temps, un rôle primordial dans l’analyse et la stratégie politique américaines. La crise irakienne, qui dure depuis exactement dix ans (l’invasion du Koweït par l’Irak date du 1er août 1990), en fournit l’exemple le plus connu (2). Washington et Londres décrétèrent alors que l’Irak était un « Etat voyou » constituant une menace pour ses voisins et pour les autres pays, une « nation hors-la-loi » dirigée par une réincarnation d’Hitler, et qui devait être tenue en échec par les gardiens de l’ordre international : les Etats-Unis et leur valet d’armes britannique.

La caractéristique la plus intéressante de ce débat sur les « Etats voyous » est précisément qu’il n’a jamais eu lieu, les discussions restant circonscrites dans des limites empêchant que soit formulée cette exigence évidente : les Etats-Unis et le Royaume-Uni doivent agir conformément à la loi et aux traités internationaux qu’ils ont signés.

Le cadre légal pertinent à cet égard est la Charte des Nations unies, fondement du droit international, et, pour les Etats-Unis, la Constitution américaine. La Charte stipule que, « une fois constatée l’existence d’une menace contre la paix, d’une rupture de la paix ou d’un acte d’agression, le Conseil de sécurité peut décider quelles mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée doivent être prises. Si ces mesures se révèlent inadéquates, le Conseil peut entreprendre toute action qu’il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales ».

La seule exception admise figure dans l’article 51 : « Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un membre des Nations unies est l’objet d’une agression armée, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales. »

Il existe donc des voies de recours légitimes pour faire face aux nombreuses menaces pesant sur la paix du monde, et aucun Etat n’a autorité pour agir à sa guise par des mesures unilatérales. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne font pas exception à la règle, quand bien même ils auraient les mains propres, ce qui est loin d’être le cas. Ni les « Etats voyous », par exemple l’Irak de M. Saddam Hussein, ni les Etats-Unis n’acceptent ces contraintes. Ainsi, lors d’une première confrontation avec l’Irak, Mme Madeleine Albright, actuelle secrétaire d’Etat, et, à l’époque, ambassadrice auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU), ne se gêna pas pour déclarer au Conseil de sécurité : « Nous agirons de façon multilatérale quand nous le pourrons, et unilatéralement quand nous le jugerons nécessaire », car « nous considérons cette région du Proche-Orient comme d’une importance vitale pour les intérêts nationaux des Etats-Unis ».
« Quand, où et comment ils le décident »

Elle réitéra cette position en février 1998, au moment où le secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, entreprenait une mission diplomatique à Bagdad : « Nous lui souhaitons bonne chance et, à son retour, nous verrons si ce qu’il rapporte est compatible avec nos intérêts nationaux. » Quand M. Annan annonça qu’un accord avec M. Saddam Hussein était intervenu, le président William Clinton, pour sa part, déclara que si l’Irak ne s’y conformait pas - Washington étant seul juge en la matière - « tout le monde comprendrait que les Etats-Unis et, il faut l’espérer, tous nos alliés, auraient le droit unilatéral de répliquer quand, où et comment ils le décideraient ». Le Conseil de sécurité de l’ONU entérina à l’unanimité l’accord signé par M. Annan et rejeta l’exigence de Londres et de Washington d’être autorisés à faire usage de la force s’il n’était pas observé. Dans cette dernière hypothèse, l’Irak s’exposerait cependant « aux plus graves conséquences », indiquait - sans plus de précisions - la résolution du Conseil, lequel décidait de rester saisi en permanence. Aux termes de la Charte des Nations unies, il s’agissait bien du Conseil de sécurité, et de lui seul (3).

Washington eut une lecture totalement différente de ce texte pourtant sans aucune ambiguïté. Selon l’ambassadeur américain auprès des Nations unies Bill Richardson, l’accord conclu « n’empêchait pas l’usage unilatéral de la force », et les Etats-Unis conservaient le droit légal d’attaquer Bagdad quand bon leur semblerait. M. Richardson précisa : « Nos bombardements peuvent être de trois types : frappes chirurgicales, frappes ponctuelles ou frappes massives. Les frappes chirurgicales ne seront pas suffisantes. Nous envisageons des frappes ponctuelles. » M. Clinton déclara à son tour que la résolution du Conseil de sécurité lui « conférait autorité pour agir » - par des moyens militaires, précisa son conseiller de presse - en cas de non-respect par l’Irak de ses engagements. Au Congrès, certains élus considérèrent que cette position officielle était encore trop respectueuse du droit national et international. Ainsi, le républicain Trent Lott, leader de la majorité au Sénat, dénonça le gouvernement de M. Clinton pour avoir « sous-traité » sa politique étrangère « à d’autres », c’est-à-dire au Conseil de sécurité. Son collègue démocrate John Kerry, pourtant ancienne « colombe », ajouta que l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis était « légitime » si M. Saddam Hussein « s’obstinait à violer les résolutions de l’ONU ».

Le mépris de la primauté du droit est profondément enraciné dans la culture intellectuelle et les pratiques américaines. Il suffit de se rappeler, entre autres exemples, la réaction de Washington à l’arrêt de la Cour internationale de justice de La Haye en 1986. On se souvient que les Etats-Unis furent condamnés pour « usage illégal de la force » contre le Nicaragua sandiniste, et sommés de mettre un terme à leurs activités clandestines au service des antisandinistes de la Contra ainsi qu’à verser des réparations au gouvernement légal de Managua (4).

Cette décision de la plus haute instance judiciaire internationale souleva un ouragan de protestations aux Etats-Unis. La Cour fut accusée de s’être « discréditée », et son arrêt ne fut pas jugé digne d’être publié. Il n’en fut évidemment tenu aucun compte, bien au contraire : le Congrès, à majorité démocrate, débloqua de nouveaux fonds pour les terroristes de la Contra. Dans une déclaration d’avril 1986, le secrétaire d’Etat George Shultz avait bien formulé la doctrine américaine en la matière : « Le mot négociation est un euphémisme pour capitulation si l’ombre de la puissance n’est pas projetée sur le tapis vert », expliqua-t-il, fustigeant dans la foulée ceux qui préconisaient « des moyens utopiques, légalistes, telles la médiation par des tiers, l’ONU ou la Cour de La Haye, en ignorant l’élément de puissance dans l’équation. »

Le mépris affiché pour l’article 51 de la Charte des Nations unies est particulièrement révélateur. On en eut un exemple lumineux après les accords de 1954, qui mirent fin à la première guerre d’Indochine, conduite par la France. Ceux-ci furent considérés comme un « désastre » par Washington, qui entreprit aussitôt de les saboter : le Conseil national de sécurité décida secrètement que, « en cas de rébellion ou de subversion communistes locales ne constituant pas une attaque armée », les Etats-Unis envisageraient l’usage de la force, y compris contre la Chine si celle-ci était identifiée comme « la source de la subversion ». Le même document préconisait la remilitarisation du Japon et la transformation de la Thaïlande en « point focal des opérations clandestines et de guerre psychologique en Asie du Sud-Est (5) », et tout particulièrement en Indochine, c’est-à-dire au Vietnam. Ensuite le gouvernement américain allait donner sa propre définition du concept d’agression en y incluant « le combat politique ou la subversion » - sous-entendu : par d’autres que lui. C’est ce qu’Adlai Stevenson, démocrate, appelait une « agression interne », au moment où il justifiait l’escalade du président John Kennedy qui allait conduire à une attaque de grande envergure au sud de la péninsule, et finalement à la longue guerre du Vietnam (6).

Pour justifier devant le Conseil de sécurité l’invasion du Panama en décembre 1989 par les troupes américaines, l’ambassadeur Thomas Pickering invoqua l’article 51 de l’ONU : il s’agissait, selon lui, d’empêcher que le territoire de ce pays « ne soit utilisé comme une base pour le trafic de drogue à destination des Etats-Unis ». Dans l’opinion « éclairée », nul ne trouva à redire à cette interprétation.

En juin 1993, le président Clinton se tailla un grand succès au Congrès et dans la presse lorsqu’il ordonna une attaque de missiles contre l’Irak, qui fit de nombreuses victimes civiles. Les commentateurs furent particulièrement impressionnés par le recours de Mme Albright au fameux article 51 : les bombardements constituaient, dit-elle, « un acte de légitime défense contre une attaque armée », en l’occurrence une prétendue tentative d’assassinat contre l’ancien président George Bush deux mois plus tôt ! Des responsables de l’administration, s’exprimant anonymement, informèrent les journalistes que « ce jugement sur la culpabilité de l’Irak était fondé sur des preuves et des analyses factuelles plutôt que sur des renseignements en béton armé », ce qui n’empêcha pas la presse de saluer unanimement l’utilisation du fameux article 51. A la Chambre des communes du Royaume-Uni, le secrétaire au Foreign Office, M. Douglas Hurd, défendit, lui aussi, cet « exercice justifié et mesuré du droit à la légitime défense ».

Un tel bilan tend à donner raison à tous ceux qui, de par le monde, s’inquiètent de l’existence d’« Etats voyous » déterminés à faire usage de la force au nom d’un « intérêt national » défini par les seuls jeux de pouvoir internes, et, plus inquiétant encore, de l’existence d’« Etats voyous » qui s’érigent en juges et bourreaux à l’échelle planétaire (lire Eduardo Galeano, « Aidez-moi, docteur, je ne peux pas dormir ! »).

Qu’est-ce donc qu’un « Etat voyou » ? L’idée qui sous-tend cette formulation est que, même si la guerre froide (1947-1989) est terminée, les Etats-Unis conservent la responsabilité de protéger le monde. Mais contre qui ? La « conspiration monolithique et impitoyable » de John F. Kennedy et l’« empire du Mal » cher à M. Ronald Reagan ont fait leur temps. Il faut trouver d’autres ennemis (7).

Sur le front intérieur, la crainte de la criminalité — en particulier de la drogue — a été stimulée par « une série de facteurs qui n’ont que peu ou pas grand-chose à voir avec le crime proprement dit ». Telle est la conclusion de la Commission nationale sur la justice criminelle, qui cite le comportement des médias, ainsi que « la façon dont l’Etat et l’industrie privée entretiennent la peur chez les citoyens » en « exploitant les tensions raciales latentes à des fins politiques ».

Et de souligner le parti pris racial au sein de la police et de la magistrature, qui disloque les communautés noires et crée un « abîme racial » faisant courir au pays « le risque d’une catastrophe sociale ». Des criminologues ont évoqué à ce propos un « Goulag américain », un « nouvel apartheid » avec, pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, une population carcérale de quelque deux millions (!) de détenus à majorité afro-américaine. Le taux d’emprisonnement des Noirs est sept fois supérieur à celui des Blancs, sans commune mesure avec celui des arrestations, lesquelles affectent pourtant les Noirs dans des proportions sans rapport avec les chiffres réels de l’usage ou du trafic de stupéfiants (8).

A l’extérieur, les périls mis en avant sont le « terrorisme international », les « narcotrafiquants hispaniques » et, le plus grave de tous, les « Etats voyous ». Une étude secrète, datant de 1995 et rendue publique récemment grâce à la loi sur la liberté de l’information, esquissait les grandes lignes de l’approche stratégique à l’aube du nouveau millénaire. Commandée par le Strategic Command, qui a la responsabilité de l’arsenal nucléaire stratégique, et intitulée Essentials of Post-Cold War Deterrence (« Principes de base de la dissuasion dans l’après-guerre froide »), elle montre, selon l’agence Associated Press, « comment les Etats-Unis ont modifié leur stratégie de dissuasion en remplaçant l’Union soviétique par les Etats dits “voyous” ou “hors-la-loi” : Irak, Iran, Libye, Syrie, Soudan, Cuba et Corée du Nord ». Elle recommande que les Etats-Unis exploitent leur potentiel nucléaire pour projeter d’eux-mêmes une image « irrationnelle » et « vindicative » au cas où leurs intérêts vitaux seraient menacés : « Il est nuisible de nous présenter comme des gens raisonnables, rationnels et pleins de sang-froid », et, pis encore, comme respectueux d’enfantillages aussi dérisoires que le droit et les traités internationaux. « Que certains élé ments » du gouvernement fédéral « puissent apparaître comme potentiellement fous, impossibles à contrôler peut contribuer à créer ou à renforcer les craintes et les appréhensions dans l’esprit de nos adversaires. »

Ce rapport ressuscitait la « théorie du fou » de Richard Nixon : les ennemis des Etats-Unis doivent comprendre qu’ils ont en face d’eux des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction. La peur les conduira ainsi à se plier aux volontés américaines. Ce concept avait été élaboré en Israël dans les années 50 par le gouvernement travailliste, dont les dirigeants « prêchaient en faveur d’actes de folie », comme l’a écrit l’ancien premier ministre Moshe Sharett dans son journal intime. Il était d’ailleurs en partie dirigé contre les Etats-Unis, jugés insuffisamment fiables à l’époque. Reprise à son compte par l’unique superpuissance actuelle, qui se considère au-dessus des lois et subit peu de contraintes de la part de ses propres élites, cette théorie pose, on l’admettra, un sérieux problème au reste du monde.

Dès les débuts du gouvernement Reagan, en 1980, la Libye fut désignée comme l’« Etat voyou » par excellence. Vulnérable et sans moyens de défense, ce pays est en effet un parfait punching-ball. En 1986, par exemple, le bombardement de Tripoli par l’aviation américaine sera le premier de l’histoire à être programmé pour passer en direct à la télévision en prime time afin que les plumitifs du « Grand Communicateur » Reagan puissent, dans la foulée, mobiliser l’opinion en faveur des attaques terroristes de Washington contre le Nicaragua. Le prétexte ? Le « superterroriste » Khadafi avait « envoyé 400 millions de dollars et tout un arsenal à Managua afin de porter la guerre au cœur des Etats-Unis », lesquels exerçaient leur droit de légitime défense contre l’agression armée de cet « Etat voyou » qu’était le Nicaragua sandiniste.

Immédiatement après la chute du mur de Berlin, en 1989, qui mit fin à la menace soviétique, le gouvernement de M. George Bush soumit au Congrès sa demande annuelle pour un gigantesque budget du Pentagone : « Dans l’ère nouvelle qui s’annonce, l’emploi de nos forces ne concernera probablement plus l’Union soviétique, mais sans doute plutôt le tiers-monde, pour lequel de nouvelles capacités et de nouvelles façons de procéder se révéleront sans doute nécessaires. » Il ajouta que les Etats-Unis devraient entretenir des forces de projection considérables, particulièrement celles destinées au Proche-Orient, où « les menaces contre nos intérêts », qui exigent des interventions militaires directes, « ne peuvent être mises sur le compte du Kremlin » - contrairement, soit dit en passant, à une kyrielle sans fin de contrevérités diffusées par la propagande américaine pendant quarante ans, et aujourd’hui mortes de leur belle mort.

A l’époque, les menaces contre les intérêts américains ne pouvaient pas non plus être mises sur le compte de l’Irak. M. Saddam Hussein, qui faisait alors la guerre contre l’Iran de l’imam Khomeiny, était pour Washington un ami courtisé et un partenaire commercial. Mais son statut allait changer du tout au tout quelques mois plus tard lorsqu’il interpréta, à tort, en juillet 1990, l’acquiescement américain à une modification par la force de ses frontières avec le Koweït comme un chèque en blanc pour envahir tout ce pays (9), c’est-à-dire, dans la perspective du gouvernement Bush, pour renouveler l’exploit que les Etats-Unis venaient eux-mêmes d’accomplir au Panama, en décembre 1989.

Les parallèles historiques ne sont cependant jamais tout à fait exacts. Lorsque Washington se retira partiellement du Panama après y avoir installé un gouvernement fantoche, une vague de colère déferla sur tout l’hémisphère, y compris à Panama. Une vague de colère qui fit même le tour du monde, obligeant Washington à opposer son veto à deux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et à se prononcer contre une résolution de l’Assemblée générale qui condamnait « la violation flagrante du droit international et de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats » et exigeait le retrait du Panama « du corps expéditionnaire américain ».

De quoi alimenter la réflexion des analystes politiques comme, par exemple, Ronald Steel, qui s’interrogeait sur l’« énigme » à laquelle étaient désormais confrontés les Etats-Unis : « En tant que nation la plus puissante du globe, ils voient leur liberté d’employer la force soumise à davantage de contraintes que tout autre pays. » D’où le succès (temporaire) de M. Saddam Hussein au Koweït, en août 1990, comparé à l’incapacité de Washington à imposer sa volonté au Panama.

Avant l’Irak, la tête de liste des « Etats voyous » avait été occupée par l’Iran et la Libye. Mais d’autres n’y avaient jamais figuré. L’Indonésie est un bon exemple, qui, d’ennemie, devint amie lorsque le général Suharto prit le pouvoir en 1965, après un bain de sang très applaudi en Occident (10). M. Suharto allait rapidement devenir « un type comme nous les aimons » (« our kind of guy »), pour reprendre une formule du gouvernement Clinton, tout en commettant des agressions meurtrières et des atrocités sans fin contre son propre peuple. Pour les seules années 80, on dénombre 10 000 Indonésiens tués par les forces de l’ordre, selon le témoignage personnel du dictateur, qui explique également qu’« on laisse traîner les cadavres, comme une sorte de thérapie de choc (11) ».

Dès le mois de décembre 1975, le Conseil de sécurité de l’ONU avait pourtant intimé à l’Indonésie l’ordre de retirer « sans délai » ses troupes, qui avaient envahi le Timor-Oriental, ancienne colonie portugaise, et demandé à « tous les Etats de respecter l’intégrité territoriale du Timor-Oriental, de même que le droit inaliénable de ses habitants à l’autodétermination ». Les Etats-Unis allaient répondre à cette décision des Nations unies en augmentant secrètement leurs livraisons d’armes aux agresseurs.

Ambassadeur auprès de l’ONU à l’époque, M. Daniel Patrick Moynihan se dit fier, dans ses Mémoires, d’avoir rendu, à l’égard de l’Indonésie, les Nations unies « totalement inefficaces, quels que soient les domaines où elles prenaient des mesures ». Et ce sur les instructions du département d’Etat, « qui avait appelé de ses vœux l’évolution que l’affaire a connue, et oeuvré pour qu’il en soit ainsi ». Washington acceptera tranquillement, en dépit de la transgression de la légalité internationale que cela représente, le vol du pétrole timorien (avec la participation d’une compagnie américaine), au mépris de toute interprétation raisonnable des accords internationaux.

L’analogie entre les situations du Timor-Oriental et du Koweït est assez forte, mais il existe aussi quelques différences. Pour ne citer que la plus évidente, les atrocités commises par le régime indonésien dans l’île de Timor avec la bénédiction américaine dépassent, et de très loin, celles attribuées à l’Irak chez son voisin (12). Cela n’a pas fait pour autant de l’Indonésie, dans le palmarès établi par Washington, un « Etat voyou ».
Un concept très flexible

Ce ne sont pas les crimes de M. Saddam Hussein contre son propre peuple, notamment l’utilisation - parfaitement connue des services de renseignement américains - d’armes chimiques contre des civils, qui ont métamorphosé le dictateur en « monstre de Bagdad ». Avant l’invasion du Koweït, les Etats-Unis lui avaient manifesté un soutien à ce point indéfectible qu’ils avaient passé l’éponge sur une frappe aérienne irakienne contre le bâtiment de guerre USS Stark (qui fit 37 victimes chez les marins américains), privilège dont seul Israël avait jusqu’alors bénéficié (lors de son attaque, « par erreur », contre l’USS Liberty, en juin 1967, qui fit 34 morts). Ils avaient coordonné avec M. Saddam Hussein la campagne diplomatique, militaire et économique qui avait conduit, en 1989, à la capitulation de l’Iran « devant Bagdad et Washington », comme l’écrit l’historien Dilip Hiro. Ils avaient même demandé à M. Saddam Hussein les menus services couramment rendus par un Etat vassal : par exemple, prendre en charge l’entraînement de plusieurs centaines de mercenaires libyens recrutés par les Américains pour renverser le colonel Kadhafi, comme le révélera un ancien conseiller de M. Reagan, M. Howard Teicher (13).

Si M. Saddam Hussein a basculé dans le camp des « Etats voyous », c’est parce qu’il a mordu le trait et s’est montré désobéissant, tout comme ce criminel de bien moindre envergure, le général Manuel Noriega, du Panama, dont les principaux forfaits furent commis lorsqu’il était au service - rémunéré - de Washington. Cuba a été classée dans cette catégorie pour son implication présumée dans le « terrorisme international », mais pas les Etats-Unis, qui, pendant près de quarante ans, ont pourtant multiplié les attaques terroristes contre l’île caraïbe et les tentatives d’assassinat contre M. Fidel Castro. Le Soudan, lui aussi, fut classé « Etat voyou », mais pas les Etats-Unis, qui, en août 1998, y bombardèrent une prétendue fabrique d’armes chimiques, dont il fut ensuite prouvé qu’il s’agissait bien, comme l’affirmaient les autorités de Khartoum, d’une usine pharmaceutique (14).

On le voit, le concept d’« Etat voyou », aujourd’hui officiellement abandonné, a été particulièrement flexible. Finalement, les critères étaient parfaitement clairs : un « Etat voyou » n’était pas simplement un Etat criminel, c’était un Etat qui ne se pliait pas aux ordres des puissants, et, en particulier des Etats-Unis, eux-mêmes évidemment à l’abri de cette catégorisation infamante.

Noam Chomsky
Professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Boston, Etats-Unis. Auteur notamment de Les Etats manqués. Abus de puissance et déficit démocratique, Fayard, Paris, 2007. La plupart des textes de Noam Chomsky sont disponibles sur son site Internet.
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(1) L’expression « Etat voyou » « a perdu sa raison d’être », a déclaré le porte-parole du département d’Etat, M. Richard Boucher, car plusieurs de ces pays ont corrigé leur conduite. Mais cette modification de terminologie n’affecte pas les sanctions contre les Etats concernés. Cf. Le Monde, 21 juin 2000.

(2) Lire Alain Gresh, « Muette agonie en Irak », Le Monde diplomatique, juillet 1999.

(3) Lire Eric Rouleau, « Scénario contrarié dans le Golfe », Le Monde diplomatique, mars 1998.

(4) Sur l’attitude des Etats-Unis face aux sandinistes alors au pouvoir à Managua, lire Ignacio Ramonet, « La longue guerre occulte contre le Nicaragua », Le Monde diplomatique, février 1987.

(5) National Security Council 5 4292, Washington.

(6) On notera que M. Robert McNamara, secrétaire d’Etat américain à la défense de 1961 à 1968, a récemment estimé que les Etats-Unis eux-mêmes, par leur tendance croissante à agir de manière unilatérale et « sans respect pour les préoccupations des autres », étaient devenus un « Etat voyou ». Cf. Flora Lewis, « Some Learn Power’s Hard Lessons Better Than Others », The International Herald Tribune, 26 juin 2000.

(7) Lire Philip Bowring, « Rogue States Are Overrated », International Herald Tribune, 6 juin 2000.

(8) Lire The Real War on Crime : the Report of the National Criminal Justice Commission (sous la direction de Steven Donziger), HarperCollins, New York, 1996.

(9) Lire Pierre Salinger et Eric Laurent, Guerre du Golfe, le dossier secret, Olivier Orban, Paris, 1990.

(10) Lire « Timor-Oriental, l’horreur et l’amnésie », Le Monde diplomatique, octobre 1999.

(11) Cité par Charles Glass, Prospect, Londres, 1998.

(12) Lire Roland-Pierre Paringaux, « Lourdes séquelles au Timor-Oriental », Le Monde diplomatique, mai 2000.

(13) The New York Times, 26 mai 1993.

(14) Lire Alain Gresh, « Guerres saintes », Le Monde diplomatique, septembre 1998.


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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » jeu. 10 nov. 2016 20:15

Il semble que tout ne soit pas perdu pour la candidate démocrate Hillary Clinton: elle aurait encore une possibilité, la toute dernière celle-là, de prendre le dessus sur Donald Trump. Son dernier espoir? Le collège électoral des États-Unis.

Conformément à la Constitution américaine, les grands électeurs du collège électoral sont des personnes physiques votant le 19 décembre pour le futur président des États-Unis dans les capitales de leurs États respectifs.

Et même si d’aventure une telle chose avait lieu, cela ne veut pas dire que Trump ne serait pas élu, souligne le Huffington Post. En effet, la seule fois où ces électeurs sans foi eurent un impact, ce fut en 1836. 23 électeurs de Virginie refusèrent de soutenir le vice-président Richard Johnson car celui-ci était accusé de vivre avec une afro-américaine. Trump, lui, vit avec une Slovène. Donc rien à craindre de ce côté-là…


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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » ven. 11 nov. 2016 18:21

Donald Trump président : un tremblement de terre géopolitique
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Avec l'élection de Donald Trump (ici le 3 octobre dans le Colorado), le monde entre dans l’une des périodes les plus dangereuses depuis les années 1960. (Theo Stroomer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
L'élection du candidat républicain résonne comme un tremblement de terre géopolitique aux conséquences potentiellement dramatiques.


L’impensable – le cauchemar – devient donc réalité : le 20 janvier prochain, la première puissance militaire et économique de la planète sera dirigée par un président raciste, erratique et isolationniste. Un tremblement de terre géopolitique aux conséquences potentiellement dramatiques.

L’Europe se réveille en se demandant, effarée, si le Grand Frère qui l’a protégée depuis 1945 continuera à assurer sa défense. La panique va probablement s’emparer des pays frontaliers de la Russie, en particulier, les Baltes, l’Ukraine et la Pologne. Non seulement Donald Trump a menacé de réduire l’engagement américain vis-à-vis de l’Otan mais il n’a jamais clairement dit qu’il s’opposerait vigoureusement à une nouvelle aventure militaire de Vladimir Poutine sur ses flancs occidentaux. Cette victoire affaiblit dramatiquement les tenants de la démocratie libérale en Europe et dans le monde. Elle va donner des ailes aux "hommes forts" du Vieux Continent, à tous les Mussolini en herbe, les leaders polonais, hongrois, slovaque, et à tous les chefs populistes, Marine Le Pen en premier lieu qui le soutient ouvertement.

En Asie, la course à l’armement nucléaire, si redoutée par tous les spécialistes, risque d’être brutalement accélérée. Le président élu a non seulement fait part de son admiration pour le leader nord coréen, Kim Jong Un (celui-ci a d’ailleurs appelé à voter pour lui), qui disposera bientôt de la bombe H, mais il a mis en doute l’engagement américain à défendre le Japon et la Corée du Sud, incitant ces deux pays à se doter de leur propre force de frappe atomique. Une spirale terrifiante.
"Un monde s'effondre"

Ce n’est pas tout. Les tensions sino-américaines vont sans doute s’accroître dangereusement. A l’évidence, la Chine, contre laquelle Donald Trump a tenu des propos d’une extrême virulence, va vouloir tester le leadership du nouveau locataire de la Maison-Blanche dans la région, et particulièrement en Mer de Chine. Jusqu’où le président américain sera-t-il prêt à aller ? De cette réponse, dépend peut-être l’avenir de la planète.


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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » lun. 14 nov. 2016 11:15

Aucun rapport entre Marine le Pen et Donald Trump.
11 novembre 2016, 3:49 Auteur : Jean 3 commentaires

Les frontistes sont aux anges : Trump vient d’être élu président des Etats-Unis, alors que tous les instituts de sondage, tous les médias, tous les intellectuels, tous les politiques, bref, toute l’oligarchie était contre lui. Signe que Marine le Pen sera élue en mai 2017 présidente de la République française selon eux. Or c’est tout le contraire.

Les libertariens ont publié le comparatif suivant, qui se passe de commentaires :

Image


Ajoutons tout de même nos commentaires :

Carrière

Marine le Pen est une héritière, elle n’a travaillé dans le privé (en tant qu’avocate) que très peu d’années, elle n’a jamais créé d’entreprise, ni créé des dizaines de milliers d’emplois comme Trump. Elle est sans doute millionnaire par héritage, tandis que Trump est milliardaire par le succès de ses multiples entreprises.

Armes

En effet, Marine le Pen représente tout ce que Donald Trump honnit en terme de lobby anti-arme à feu. Pendant sa campagne, Trump a dit et redit que Paris était la ville où la législation anti-armes était la plus restrictive, or si les gens avaient été armé au Bataclan “les balles auraient été tirées dans les deux sens”, dixit Trump. Marine le Pen n’a jamais défendu le libre droit du port d’armes pour les Français.

Psy

Trump est l’auteur de nombreux best-seller, contrairement à Marine le Pen, dont les livres ne se sont jamais vendus à plus de 5000 exemplaires. Un de ces best-seller, c’est The art of the deal, l’art de la négociation, qui permet à Trump de prendre l’avantage sur tout adversaire politique, commercial ou autre. Marine le Pen ne comprend rien à tout cela, et la meilleure preuve c’est que ses rares alliés comme le SIEL ont quitté le RBM qu’elle avait pourtant fondé il y a des années pour rassembler d’autres partis que le FN.

Quant au réalisme politique, il consiste à voir que les USA sont encore en démocratie, donc que les élections ont encore un sens, comme on vient de le voir, tandis que la France n’est plus en démocratie et que tout est verrouillé par l’oligarchie. Le réalisme consiste donc à dénoncer l’oligarchie dictatoriale et d’appeler ses partisans à son renversement, au lieu d’aller se faire plumer aux élections tout en donnant une légitimité au système qui ne demande que ça.

Économique

Point de divergence majeure en effet, Trump est un maître du capitalisme, il a développé ses entreprises pour en faire une multinationale, tandis que Marine le Pen dénonce un ultra-libéralisme inexistant en France. Elle veut un Etat fort, Trump veut un Etat (fédéral) faible. Inutile d’en rajouter, c’est assez caricatural ainsi.

Quelques autres points de divergence majeure

Médias

Trump est un maître des médias, il a animé pendant 14 ans une émission de télé-réalité, The apprentice, qui lui ont permis de maîtriser les codes télévisuels à la perfection. Et dans le même temps, dès lors qu’il s’est lancé en politique, il s’est mis à dos la totalité des grands médias, papier et télé, les prenant frontalement, comme lors du dîner Al Smith à la fin de sa campagne :
Image de prévisualisation YouTube

Même Fox News était contre Trump, à l’exception de quelques présentateurs et leurs émissions, alors que cette chaîne est censé être du côté des Républicains.

Marine le Pen n’a jamais attaqué les médias aussi directement, et les médias ne l’ont jamais attaquée aussi directement qu’ils ont attaqué Trump. Je me suis étonné tant de fois que les médias ne la poussent jamais dans ses retranchements, qu’ils n’aient jamais mis en avant le rôle de Florian Philippot comme son sous-marin avant de venir au FN, ni de son frère et des sondages. Il fallut attendre octobre 2016 pour cela.

En fait les médias ont besoin du FN, pour l’audience, pour faire croire qu’il y a encore du débat et que nous serions en démocratie, ce qui n’est pas le cas.

De son côté, Marine sait qu’elle a besoin des médias, dans lesquels elle passe d’ailleurs constamment, tout comme son n°2 Florian Philippot. Et ces médias sont parfois même très complaisants avec elle, comme récemment Karine Le Marchand.
Image de prévisualisation YouTube

Sondages

Trump n’a jamais bénéficié de sondages favorables face à Hillary Clinton, on sait désormais qu’ils étaient totalement biaisés en faveur de sa rivale.

Marine le Pen, par contre, bénéficie du soutien officieux du frère de Florian Philippot, Damien, qui travaille à l’IFOP, comme je l’ai révélé il y a bien longtemps déjà.

Infiltration du parti Républicain

Trump a réalisé un coup de maître en prenant la tête du parti Républicain lors des primaires, tandis que Marine le Pen est l’héritière d’une stratégie vouée à l’échec de troisième parti qui, dans le contexte constitutionnel de la 5ème République, n’a pas plus de chance de remporter l’élection qu’un troisième parti aux Etats-Unis.

D’ailleurs, on pourra noter que le FN tente depuis plus de 40 ans de prendre le pouvoir en échouant à chaque fois, tandis que Trump a réussi du premier coup ! Et lui n’a pas renforcé la gauche, contrairement au FN qui s’est fait instrumentaliser depuis Mitterrand pour faire gagner la gauche.

Infiltration par l’oligarchie

Le FN est infiltré par des agents de l’oligarchie (francs-maçons, énarques, membres LGBT etc.) depuis que Marine le Pen en a pris la direction. Le rapport de forces est de plus en plus en leur faveur, comme on le voit à l’œuvre lors de la Manif pour tous (auquel le FN ne participe pas officiellement) et dans les mesures politiques de plus en plus islamophiles et marxistes.

Trump a pris la tête des Républicains, ridiculisant les membres les plus éminents de l’oligarchie (notamment Jeb Bush) et les obligeant à se prononcer à voter pour Clinton, ce qui les a totalement décrédibilisé et démasqué.

Positionnement politique

Marine le Pen s’est toujours déclarée “à la gauche d’Obama”, donc sur la position de Bernie Sanders.

Certes, certains électeurs de Sanders ont dû voter pour Trump, mais tout de même, l’immense majorité d’entre eux allaient mettre la pagaille dans ses meetings en taxant ses soutiens de fascistes, de racistes, et de nazis.

Marine le Pen n’a jamais été d’extrême-droite, ni de droite, elle est d’extrême-gauche, tandis que Trump est de la vraie droite, anti-avortement (Marine est pour un référendum), pro-armes (Marine est contre), libérale (Marine est marxiste), pour un Etat limité à ses fonctions régaliennes (Marine est pour un Etat fort).

L’islam

Voici sans doute la différence la plus nette entre Trump et Le Pen, le premier ayant mené une campagne principalement axée sur la lutte contre l’islam et l’islamisation, tandis que Marine le Pen fait copain-copain avec les Emirats-Arabes-Unis, le chef d’Al Azhar tout en virant du FN des anti-islam comme Aymeric Chauprade. Cela s’inscrit d’ailleurs dans une attitude islamo-collabo du FN que nous avions analysée en détail.
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Rapports avec Nigel Farage

Nigel Farage, qui a toujours refusé la main tendue par Marine Le Pen au parlement européen et a tenu à bien se distinguer du FN, est allé prêter main forte à Donald Trump, notamment pour la préparation (décisive) du 2ème débat présidentielle. Il a même participé à une de ses conférences :
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Conclusion

Que Marine le Pen ait souhaité que Trump gagne, et qu’elle se félicite qu’il ait gagné ne suffit pas à rapprocher ces deux personnes et leurs programmes respectifs, et encore moins leurs stratégies. On voit bien à quel point la stratégie de Trump est gagnante, et celle de Le Pen est perdante, ne cessant de contribuer à renforcer le système qu’elle prétend dénoncer quand Trump terrasse le même système.

Qu’attendre d’autre en effet, puisque l’un est multi-milliardaire, auteur de nombreux best-sellers, animateur d’une émission de télévision pendant 14 ans qui a battu tous les succès d’audience, tandis que l’autre est une simple héritière qui n’a quasiment jamais travaillé de sa vie dans le privé, et qui vivait encore chez son père à 40 ans.

Les patriotes qui espèrent une victoire du FN en 2017 et qui voient dans la victoire de Trump des prolégomènes d’une hypothétique victoire du FN se mettent le doigt dans l’œil très profondément, car même si le FN gagnait, il n’aurait aucune base parlementaire pour diriger le pays, contrairement à Trump qui bénéficie de tout l’appareil républicain, et dont l’élection vient même de le renforcer, de telle sorte que son parti a tous les pouvoirs.

Les Etats-Unis sont encore une démocratie, comme on vient de le constater, alors que la France ne l’est plus depuis longtemps, sinon le FN aurait dix ou vingt fois plus de députés qu’il n’en a, et il aurait une chance de remporter l’élection majeure qui détermine toutes les autres.

En fait, à bien y réfléchir, Marine le Pen convient parfaitement à la description que Donald Trump fait des politiciens qu’il combat : “all talk, no action” (beaucoup de blabla, pas de résultats).


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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » lun. 14 nov. 2016 12:02

https://youtu.be/O6ibg8OLR00

https://youtu.be/O6ibg8OLR00

Trump et le Moyen-Orient
lundi 14 novembre 2016 / 5h:54
Image
Abdel Bari Atwan - Photo: via Quantara.de

Abdel Bari Atwan – Al-Assad et al-Sisi semblent être les plus grands bénéficiaires d’une présidence Trump, et l’opposition syrienne et l’Arabie saoudite les plus grands perdants, écrit Abdel Bari Atwan.

Depuis que Donald Trump a largement contredit les sondages, les experts et l’ensemble de l’establishment politique et médiatique en emportant l’élection en tant que nouveau président américain, les commentateurs et analystes arabes se sont efforcés d’en évaluer les implications pour le Moyen-Orient et le reste du monde.

Il est un peu prématuré de prédire avec une certaine confiance les politiques étrangères qu’une administration Trump est susceptible de suivre. D’une part, il y avait beaucoup de contradictions et d’incohérences dans les déclarations de politique étrangère faites par Trump lors de sa campagne électorale, et ses positions déclarées devraient être modifiées à une plus ou moins grande échelle une fois qu’il entrera en fonction. Les politiques suivies par son administration dépendront également de façon non négligeable de ses aides et conseillers et des hauts fonctionnaires qu’il nommera, et le processus de sélection vient tout juste de commencer.

De plus, Trump s’est concentré principalement sur les questions intérieures, principalement l’emploi et l’immigration, et c’est le programme national qui va orienter la nouvelle administration sur les questions internationales. Il considère que la reconstruction de l’économie américaine – plutôt que des mesures spécifiques de politique étrangère en tant que telles – est la clé de la restauration du pouvoir américain et de sa « grandeur » à l’étranger.

Néanmoins, il est possible, sur la base des éléments aujourd’hui disponibles, de faire provisoirement quelques prévisions sur les possibles ruptures d’une « administration Trump » avec la politique d’Obama au Moyen-Orient, et sur qui pourraient être les principaux gagnants et perdants dans la région.

Le président syrien Bashar al-Assad est en tête de liste des gagnants potentiels, en raison de l’admiration et du respect déclarés par Trump envers le président russe Vladimir Poutine et de son souhait déclaré de travailler avec lui et d’améliorer les relations avec la Russie. Trump considère Poutine comme un adversaire déclaré des « djihadistes » en Syrie et il est prêt à les combattre à ses côtés plutôt que d’essayer de renverser le régime syrien. Il s’est abstenu de rejoindre le chœur des dénonciations américaines des actions militaires russes en appui au régime syrien, à Alep et dans d’autres secteurs.

Combattre avec la Russie contre l’État islamique et d’autres groupes « djihadistes » équivaudrait à combattre aux côtés d’Assad, ce qui implique une ré-légitimation effective aux yeux de l’administration américaine et une relation plus stable avec le régime en place. Trump s’est exprimé contre l’invasion de l’Irak et l’intervention de l’OTAN en Libye, et il a affirmé qu’il ne s’intéressait pas à l’exportation de la démocratie américaine ou à l’évolution des régimes au Moyen-Orient. Cette attitude bénéficie à un certain nombre de régimes dans la région, mais surtout et avant tout à celui de Syrie.

L’Égyptien Abdel Fattah al-Sisi peut également compter parmi les gagnants possibles. Trump l’a chaleureusement salué lorsque les deux hommes se sont rencontrés sur les bancs de l’Assemblée générale des Nations Unies et il a promis de renforcer les relations avec l’Égypte, tout en critiquant l’administration Obama pour avoir soutenu le gouvernement des Frères musulmans que al-Sisi a renversé.

L’Iran, pour sa part, pourrait avoir un pied à la fois dans les camps gagnant et perdant. En tant qu’allié régional de la Russie, il tirerait profit d’un rapprochement entre les États-Unis et la Russie, renforçant alors sa présence en Syrie et en Irak. Mais si Trump tente de modifier ou d’annuler l’accord nucléaire iranien comme il l’a promis lors de sa campagne électorale, cela le placerait dans une confrontation directe avec Téhéran.

Pourtant, il est peu probable que Trump respecte son engagement : l’accord n’est pas un accord bilatéral avec l’Iran mais un accord international approuvé par les Nations Unies et impliquant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne. L’abandon de cet accord laisserait alors les mains libres à l’Iran pour développer ses options nucléaires et placerait les deux pays sur la voie d’une éventuelle confrontation militaire, une perspective que Trump ne voudrait vraisemblablement pas avoir à gérer.

Parmi les perdants d’une victoire de Trump, figurent les divers éléments, armés ou modérés, de l’opposition syrienne. Ils ont attendu avec impatience que l’administration Obama termine ses derniers jours au pouvoir et laisse la place à un successeur plus vindicatif, comme Hillary Clinton. Celle-ci avait promis de fournir à l’opposition armée des armes plus sophistiquées et de mettre en place des zones d’exclusion aérienne en Syrie – ce qui aurait été un pas vers le renversement d’Assad – et d’adopter une approche plus conflictuelle à l’égard de la Russie. Mais la victoire inattendue de Trump a réduit en miettes tous leurs rêves et les a laissés en plan… Au lieu de l’augmentation attendue et décisive du soutien américain, ils font face à la possibilité de voir les États-Unis s’associer à la Russie pour les détruire.

L’Arabie saoudite attendait avec impatience une victoire de Clinton dans l’espoir qu’elle allait adopter une ligne plus dure que celle d’Obama envers l’Iran et la Syrie. L’Arabie saoudite et d’autres États du Golfe savent que Trump n’a que peu d’égards pour eux, malgré les politesses diplomatiques qu’il a échangées avec le monarque saoudien par téléphone. Obama s’est peut-être plaint – dans son célèbre entretien avec le magazine The Atlantic – de l’Arabie Saoudite essayant d’abuser des États-Unis et de leur faire livrer ses guerres à sa place, mais Trump est allé plus loin. Il veut se faire rembourser les coûts de toutes les protections militaires américaines qui ont été accordées [à l’Arabie saoudite] au fil des années et il a promis qu’il n’y aura plus de passe-droit ou de protection. Il est également l’un des partisans les plus enthousiastes de la loi JASTA qui encourage les Américains touchés par les attentats du 11 septembre, à poursuivre l’Arabie saoudite pour obtenir une compensation financière pouvant s’élever à plusieurs milliards de dollars.

Il reste difficile de dire sur la base des déclarations de Trump, dans quelle mesure les Israéliens et les Palestiniens se retrouveront – en termes relatifs – dans le camp des perdants ou des gagnants. Initialement, Trump avait déclaré qu’il adopterait une position neutre dans le conflit, mais il a ensuite exprimé un soutien inconditionnel pour Israël – comme Clinton – et il a promis de déplacer l’ambassade des États-Unis en Israël à Jérusalem sous occupation. C’était probablement destiné à séduire ou au moins neutraliser le lobby israélien aux États-Unis. Ce lobby n’a pas joué de rôle actif pour soutenir sa campagne ou lui fournir des dons. Sa future administration cependant, garantit qu’Israël restera l’allié privilégié et choyé de toute administration américaine. C’est donc un pari sûr, jusqu’à nouvel ordre, de placer les Palestiniens dans le camp des perdants.

Je ne peux pas être plus d’accord avec le point de vue selon lequel les Arabes devraient cesser de spéculer sur les résultats des élections présidentielles américaines et devraient compter sur eux-mêmes pour améliorer leur condition. Il aurait peut-être été plus logique de dire cela quand il y avait des États forts et stables dans le Monde arabe, et des dirigeants réellement indépendants. Le fait que cela semble maintenant inconcevable est un reflet douloureux de l’ampleur de son déclin.

A1 * Abdel Bari Atwan est le rédacteur en chef du journal numérique Rai al-Yaoum. Il est l’auteur de L’histoire secrète d’al-Qaïda, de ses mémoires, A Country of Words, et d’Al-Qaida : la nouvelle génération. Vous pouvez le suivre sur Twitter : @abdelbariatwan


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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » mer. 16 nov. 2016 11:23

Les chrétiens américains face à Donald Trump


La majorité des chrétiens américains, évangéliques et catholiques, ont voté pour le candidat républicain Donald Trump. Le Saint-Siège attend de « voir comment évolue le président ». Sur le terrain, des chrétiens s’inquiètent des nouvelles tensions raciales dans la société.


Image

Donald Trump a assisté à une messe à l'église internationale de Las Vegas, le dimanche 30 octobre 2016.


Le nouveau président des États-Unis a rassemblé plus de 80 % des voix des évangéliques blancs. Déjouant les pronostics, les catholiques américains ont également voté majoritairement pour le candidat républicain. Les électeurs sans religion ont largement choisi Hillary Clinton.

À l’annonce de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, le secrétaire d’État du Saint-Siège a particulièrement insisté sur le rôle du pays « pour le bien-être et la paix dans le monde » et attend de « voir comment évolue le président ». Les relations entre le Saint-Siège et Donald Trump avaient connu un précédent tandis que le pape avait jugé le candidat dans sa position vis-à-vis de son projet de bâtir un mur à la frontière mexicaine.

La conférence épiscopale américaine, dont le nouveau président, le cardinal Daniel Dinardo, archevêque de Galveston-Houston, a été élu le mardi 15 novembre, doit se situer devant la nouvelle donne politique du pays et opter pour une ligne axée sur les questions d’immigration, d’environnement et de lutte contre le racisme ou bien garder ses priorités sur les questions sociétales et de défense de la vie, afin de pousser la nouvelle administration à tenir les engagements en la matière du candidat Trump.

> A lire :

Trump triomphe chez les évangéliques blancs et remporte le vote catholique
Le cardinal Parolin appelle Trump à travailler « pour le bien-être et la paix dans le monde »
Quand le pape François disait de Donald Trump : « Il n’est pas chrétien »
Le Vatican dans l’expectative après l’élection de Donald Trump
« Beaucoup de chrétiens se sont sentis méprisés sous Obama »
Les religieuses américaines s’inquiètent des nouvelles tensions raciales dans la société
« Le grand embarras » des évêques américains pendant la campagne présidentielle
Après l’élection de Donald Trump, les évêques américains appellent à l’unité
Quel visage aura l’Église américaine sous Donald Trump ?​​​​​​[/quote]


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Re: Donald Trump

Message non lupar Proust » mer. 16 nov. 2016 15:47

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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » mar. 22 nov. 2016 15:23

USA : Le futur principal stratège militaire de Trump considère que l’islam est un « cancer »


Le Général Michael Flynn veut remporter la guerre contre l’islam

BREIZATAO – ETREBROADEL (19/11/2016) A peine nommé Conseiller à la Sécurité Nationale par le nouveau président américain Donald Trump, le général Michael Flynn a été l’objet de nombreuses attaques de la part de la presse d’état hexagonale. Et pour cause : il fait de la victoire contre la guerre déclarée par l’islam à l’Occident la pierre angulaire de la stratégie US. Une révolution qui met les élites pro-musulmanes françaises en état d’alerte.

Rupture complète

Cet esprit brillant et patriote entend rompre avec le soutien actif à l’islamisme de l’ère Obama, une ligne politique qui heurte de plein fouet l’alliance le gouvernement français et le monde musulman.

Un rapide tour d’horizon des titres des journaux d’état donne le ton :

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Le journal Le Figaro, propriété du vendeur d’armes Bloch-Dassault proche de l’armée française, n’est pas moins caricatural (source) :

Après deux ans à la tête de l’Agence de renseignement militaire (DIA), Flynn a été mis à pied en 2014 en raison de son tempérament erratique, de sa brutalité envers ses collègues et subordonnés et de sa propension à déformer les faits pour conforter ses convictions. Sous son mandat, les «vérités Flynn» étaient l’objet de sarcasmes au département de la Défense.

En réalité, ce qui rend la presse hexagonale nerveuse, c’est que le Général Flynn s’est violemment opposé au soutien donné aux djihadistes et aux islamistes en Syrie, en Irak ou Libye par l’administration Obama et l’Otan, France incluse. Et peut maintenant, en tant que véritable architecte de la grande stratégie américaine, mettre en œuvre la politique qu’il promeut depuis plus d’un an.

Opposant déterminé à l’alliance entre les USA, l’Otan et l’islamisme

Ancien chef de l’agence de renseignement militaire américaine (DIA) de 2012 à 2014, M. Flynn a dénoncé l’alliance entre l’internationale socialiste, Parti Démocrate américain en tête, et l’islam, djihadistes compris.

Dans une interview donné à Al Jazeera, le Général Flynn assurait, sur la base des informations qu’il avait transmises à la Maison Blanche comme chef du renseignement militaire US, que la création de l’État Islamique avait une décision « volontaire » du gouvernement américain.

Il est alors interrogé sur un document officiel de la CIA (source) reconnaissant le soutien délibéré à la constitution d’un état djihadiste dans l’Est de la Syrie :

Les salafistes, les Frères Musulmans et Al Qaeda en Irak [futur Etat Islamique, NDLR] sont les forces principales de l’insurrection en Syrie […] L’Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent l’opposition, tandis que la Russie, la Chine et l’Iran soutiennent le régime […] Si la situation se détériore, il existe la possibilité de créer une principauté salafiste – déclarée ou non – dans l’est de la Syrie et c’est exactement ce que veulent les soutiens de l’opposition afin d’isoler le régime syrien qui est considéré comme l’élément de profondeur stratégique de l’expansion chiite (Irak, Iran) […] Al Qaeda en Irak pourrait aussi déclarer un état islamique via son unification avec les autres organisations terroristes en Irak et en Syrie

Le Général Michael Flynn répond (à partir de 0:49′) :

Interviewer : Vous dites qu’au sein du gouvernement à l’époque, vous saviez que ces groupes [djihadistes] étaient là, vous avez vu cette analyse et vous plaidiez contre cela mais qui n’écoutait pas ?

M. Flynn : Le gouvernement je pense.

Interviewer : Le gouvernement a détourné le regard de votre analyse.

M. Flynn : Je ne sais pas s’ils ont détourné le regard, je pense que c’était une décision, une décision volontaire.

L’alliance entre le gouvernement français et l’islamisme international

Cette politique a son pendant français, mis en œuvre par le socialiste Jean-Yves Le Drian en tant que ministre de la Défense comme nous l’avons expliqué dans deux articles (lire ici et ici).

Hillary Clinton était largement achetée par ces états musulmans (source) et liée, via sa conseillère Huma Abedin, aux Frères Musulmans et à leurs innombrables organisations politiques et militaires dont Al Qaeda (source).

Cette politique, reposant sur une alliance stratégique entre les partis socialistes européens et américain et l’islamisme international et ses principaux financiers – les états terroristes du Golfe – s’est totalement effondrée avec la victoire de Donald Trump.

Seule l’Europe de l’Ouest, France en tête, se situe encore sur cette ligne pro-musulmane. Ceci essentiellement en raison de la corruption massive des principaux politiciens hexagonaux à laquelle il faut encore ajouter le cynisme électoral que porte la démographie afro-islamique en France.

L’Occident face au « cancer » qu’est l’islam

L’approche de Michael Flynn rompt avec la convergence entre le socialisme occidental institutionnel et l’islam. Reconnaissant la nature propre de l’islam comme de l’Occident, le Général Flynn raisonne en termes culturels et historiques, comprenant que la guerre d’anéantissement entre les deux est ininterrompue depuis treize siècles.

Fort logiquement, le nouveau conseiller pour la sécurité du président américain ne distingue pas l’islam de l’islamisme, ce dernier n’étant que l’avant-garde du second. Dans une conférence publique, il affirmait sans détour cette réalité : « L’islam est une idéologie politique. Il se cache derrière cette notion de « religion ». C’est comme le cancer […] il a métastasé ».

Voir ici :

Ce discours s’oppose en tous points à celui de l’ère Bush et Obama. Durant ces deux présidences, le gouvernement américain, encouragé par ses liens avec les pétromonarchies sunnites, a puissamment encouragé le dialogue avec les forces islamistes.

Cet effort étant clairement énoncé lors du discours du Caire de Barack Obama en 2009 (voir ici) avant de prendre une tournure concrète lors des « printemps arabes » où Hillary Clinton a appuyé les Frères Musulmans dans leur tentative de conquête du pouvoir en Égypte, Syrie, Libye ou en Tunisie.

Le Général Michael Flynn, alors présent dans le public, s’est dit « sidéré » par le contenu du discours qui reprenant, dans les grandes lignes, une tonalité marxisante et tiers-mondiste résolument pro-musulmane.

Guerre de civilisations

Pour le Général Michael Flynn, désormais en charge de fixer les grandes lignes en matière de sécurité pour le président américain, la guerre contre l’islam occupera au moins « 4 à 5 présidents » américains avant d’être remportée.

Il a volontiers comparé dans son livre paru en juillet « Terrain de combat : comment gagner la guerre globale contre l’islam radical et ses alliés » (voir ici) cette guerre contre l’islam à celle contre le communisme.

Une telle approche constitue, pour la France et ce qu’il reste de l’Union Européenne, une ligne rouge. Largement colonisées par les masses musulmanes, dominées par des élites socialo-marxistes acquises au tiers-mondisme et à l’islamophilie, celles-ci n’ont aucune appétence pour une forme de résistance face à l’islam invasif.

En conséquence, les réactions paniquées de Jean-Yves Le Drian (source) ou de Manuel Valls (source) en faveur d’une « défense autonome » de l’Europe traduit une prise de distance vis-à-vis des USA en amont du virage stratégique américain.

On comprend ce sentiment de panique compte tenu du degré d’implication de ces derniers aux côtés du djihadisme global à des fins court-termistes.


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Re: Donald Trump

Message non lupar Proust » mer. 14 déc. 2016 16:06

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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » sam. 31 déc. 2016 11:07

Le risque Trump pour Israël

Julien Tourreille
31 décembre 2016 |Julien Tourreille | États-Unis | Chroniques

Les derniers gestes du gouvernement Obama concernant le conflit israélo-palestinien (l’abstention lors d’un vote au Conseil de sécurité de l’ONU le 23 décembre et le discours du secrétaire d’État, John Kerry, le 28 décembre) ont suscité l’ire du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, et du président américain désigné, Donald Trump. Se qualifiant de meilleur allié d’Israël à Washington, ce dernier a annoncé l’avènement d’une nouvelle ère dans les relations israélo-américaines après son investiture le 20 janvier prochain. Elle pourrait être périlleuse pour Israël.


L’inimitié personnelle entre Barack Obama et Benjamin Nétanyahou est de notoriété publique. Elle ne fut cependant pas synonyme de refroidissement dans les relations entre les États-Unis et Israël. Barack Obama aura en fait été le président américain qui a accordé le soutien diplomatique le plus indéfectible et l’aide militaire la plus généreuse à cet État.


Obama, l’allié fidèle


Permettre l’adoption de la résolution 2334 par le Conseil de sécurité ne fut pas un geste de trahison sans précédent dans la relation entre les États-Unis et Israël comme l’ont affirmé les détracteurs du président américain sortant, Nétanyahou en tête. Depuis 1967, tous les présidents américains ont laissé passer (soit en s’abstenant de voter, soit en votant pour) de telles résolutions critiquant les agissements israéliens vis-à-vis des Palestiniens, ou plus largement des voisins arabes.


Selon un décompte réalisé par Lara Friedman dans le New York Times en avril 2016, cela est arrivé 7 fois sous Johnson, 15 fois sous Nixon, 2 fois sous Ford, 14 fois sous Carter, 21 fois sous Reagan, 9 fois sous Bush père, 3 fois sous Clinton et 6 fois sous W. Bush. En s’opposant systématiquement jusqu’au 23 décembre dernier à l’adoption de résolutions critiquant l’État hébreu, Barack Obama était donc en rupture avec une tradition bien établie de la politique étrangère américaine.


L’objectif d’Obama était d’inciter le gouvernement Nétanyahou à engager des négociations de paix constructives avec les Palestiniens. Cette approche conciliante a clairement échoué et s’est avérée contre-productive. Depuis 2009, la construction de colonies s’est poursuivie et les confiscations de terres palestiniennes se sont multipliées, rendant de plus en plus irréalisable la solution de deux États.


Outre un soutien diplomatique indéfectible, le gouvernement Obama a accordé à Israël une aide militaire sans précédent. Mi-septembre 2016, Washington et Tel-Aviv se sont entendus sur une aide militaire de 38 milliards de dollars répartis sur une décennie, soit une hausse de plus de 25 % par rapport à la précédente entente signée en 2007.


Dans le contexte de la campagne présidentielle, Barack Obama souhaitait ainsi satisfaire les républicains au Congrès et éviter de faire de l’aide à un allié majeur un enjeu de débat. Un peu plus d’un an après la signature de l’accord sur le nucléaire iranien, cette aide militaire accrue devait également rassurer l’allié israélien. Même si l’accord de 2015 devrait geler les ambitions nucléaires de Téhéran pour les 10 à 15 prochaines années, le premier ministre Nétanyahou considère toujours que l’Iran constitue une menace sérieuse, voire vitale.


Enfin, cette augmentation de l’aide militaire américaine apparaît comme une prise en compte de l’environnement régional dégradé avec lequel doit composer Israël, que ce soit le chaos en Syrie, l’influence du Hezbollah au Liban, la menace islamiste dans le Sinaï égyptien ou les capacités balistiques croissantes de l’Iran.


L’effritement du consensus pro-israélien


Au sein de l’élite politique à Washington, l’appui tant diplomatique que militaire à Israël fait encore l’objet d’un large consensus bipartisan. Celui-ci pourrait néanmoins s’éroder en raison de la dérive droitière de la politique israélienne et de l’évolution de l’opinion publique américaine.


Un sondage Gallup de 2016 démontre que 60 % des Américains ont une opinion plus favorable des Israéliens que des Palestiniens. Les divergences partisanes sont pourtant marquées. 80 % des républicains appuient les Israéliens, alors qu’ils sont un peu plus de 50 % chez les démocrates.


Plus préoccupant, un sondage réalisé par la Brookings met en évidence le fait que la moitié des démocrates (auxquels s’identifient 70 % des juifs américains) estiment qu’Israël a trop d’influence sur la politique étrangère des États-Unis. Il apparaît en outre que les jeunes Américains sont moins favorables à Israël que leurs aînés. Un sondage réalisé en 2014 par Gallup illustre que 50 % des 18-34 ans favorisent Israël dans le conflit qui l’oppose aux Palestiniens, contre 58 % pour les 35-54 ans et 74 % pour les plus de 55 ans.


Nétanyahou fait un pari risqué en se réjouissant de l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche. En choisissant un ambassadeur en Israël qui milite pour le déplacement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem et pour la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, Trump appuie des options qui sont largement critiquées.


En plus d’être contraire aux préférences d’une portion croissante de la population américaine, de ternir l’image des États-Unis et de les disqualifier comme honnêtes courtiers dans le conflit israélo-palestinien, la politique de Trump risque finalement de contribuer à l’isolement diplomatique d’Israël sur la scène internationale.


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Re: Donald Trump

Message non lupar yacoub » sam. 14 janv. 2017 13:09

Que retiendra-t-on d'Obama en Afrique ?

REVUE DE PRESSE. Si le bilan de la politique africaine du président Obama est mitigé, le symbole Obama continue d'inspirer et de faire rêver.
Par Agnès Faivre
Publié le 13/01/2017 à 22:53 - Modifié le 14/01/2017 à 10:02 | Le Point Afrique
Le président Barack Obama le 21 septembre 2016 après son discours au forum USA-Afrique des affaires. © Drew

C'était son dernier discours en tant que président des États-Unis. Ce mardi 10 janvier, Barack Obama a fait ses adieux aux Américains et au reste du monde. Le 20 janvier, Donald Trump, vainqueur de la présidentielle du 9 novembre, prendra sa place dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche. Changement de style en vue tandis que la nouvelle politique étrangère américaine fait l'objet de moult spéculations, y compris sur le continent. D'autant que la vague d'« Obamamania » née en 2008 n'a pas tardé à retomber, quand il a fallu réaliser que le président noir était bel et bien celui des Américains, et non des Africains. Alors, « L'Afrique regrettera-t-elle Obama ? » La question est posée par le quotidien burkinabè Le Pays. Cette fin de mandat est ainsi l'occasion d'interroger le legs, réel ou symbolique, en Afrique de ce fils de Kenyan amené à diriger la plus grande démocratie occidentale.
Les plans d'Obama qui peuvent marquer

À l'exercice du bilan de la politique africaine de Barack Obama, certains voient d'abord le verre à moitié plein. Bénin Monde Infos pointe, par exemple, certains des programmes lancés par le président américain, surtout à partir de son second mandat, en 2013. « Feed Africa, qui devait promouvoir l'autosuffisance alimentaire, Trade Africa, destiné à faciliter les exportations africaines vers de nouveaux marchés, et surtout Power Africa, projet phare censé doubler l'accès à l'électricité en Afrique pour atteindre 300 000 mégawatts à l'horizon 2030, (sont) des projets à long terme qui pourraient changer, croit-on, le visage du continent, si le financement prévu pouvait se poursuivre », peut-on lire sur le site d'info béninois.
Militarisation et alliances contestées

Adekeye Adebajo, directeur de l'Institut de pensée et de conversation panafricaines de l'université de Johannesburg, en Afrique du Sud, manie quant à lui une plume plus acérée dans sa tribune intitulée « L'héritage d'Obama en Afrique : le triomphe du symbolisme ». Elle est publiée dans le quotidien The Guardian Nigeria. Il pointe notamment la hausse des opérations militaires sur le continent africain au nom de l'« interminable guerre contre le terrorisme » initiée par l'ancien président américain George W. Bush. « L'administration Obama a en fait supervisé une des plus grandes expansions militaires en Afrique, en établissant de petites bases et des avant-postes pour les drones, en mettant en place la surveillance des bases aériennes, en déployant des forces spéciales », commence-t-il. Et de déplorer les liens noués, au nom des partenariats sécuritaires, avec des « régimes autocratiques » tels que « la Guinée équatoriale, l'Égypte, le Maroc, l'Ouganda, le Rwanda et l'Éthiopie », autant d'alliances qui « vident de son sens la promesse faite par Obama en 2009 à Accra de soutenir des institutions fortes et non des hommes forts ».
Aspirations démocratiques déçues

Le renforcement de la démocratie semble avoir cristallisé de nombreuses attentes. Le site d'info Tunisie Numérique se désole qu'Obama ait « continué à traiter avec des dictateurs » et « très rarement influé pour pousser vers une plus grande démocratisation sur le continent ». Plus nuancé, Le Pays note qu'« au-delà de l'effet des discours » le président afro-américain « quitte donc le « Bureau ovale » sans avoir trouvé les prescriptions médicinales à même de guérir les plaies qui se sont ouvertes sous son mandat, comme la crise burundaise ou la crise en RD Congo ». Et, s'agissant justement de discours, de « ces appels répétés d'Obama » aux « satrapes du continent accros du pouvoir à vie » à « lâcher les rênes du pouvoir au terme de leurs mandats constitutionnels », le titre de Ouagadougou estime qu'ils ne furent pas tout à fait vains, en ce que certains « trépignent d'impatience de le voir emballer ses bagages et faire place au nouveau maître des lieux ».


Le Djely a, quant à lui, les yeux rivés sur la transition politique aux États-Unis. « Au moment où le premier président noir de l'histoire des États-Unis tourne la page », nous dit-il, ce n'est plus « le débat très animé sur ce qu'il a fait ou non pour le continent de ses origines » qui « focalise l'attention des Africains ». « Ouvertement envieuse, l'Afrique vit plutôt avec une délectation assumée et revendiquée le processus de transfert du pouvoir aux États-Unis. (…) Car cette dynamique vertueuse d'élections libres et transparentes et de passation des pouvoirs pacifique et ordinaire, c'est encore un luxe en Afrique », poursuit-il. Citant le quatuor « Obiang Nguema-Paul Biya-Sassou Nguesso-Dos Santos », il note que, depuis leur accession au pouvoir, il y a plus de 30 ans, « l'Amérique a vu défiler cinq présidents pour un total de neuf mandats ».
Les leçons à tirer

C'est à un autre symbole que s'attache Adekeye Adebajo : celui de l'origine kenyane du président américain qui lui apparaît si déconnectée de sa politique africaine. Le professeur à l'université de Johannesburg souligne ainsi dansThe Guardian Nigeria l'incapacité pour Barack Obama, quels qu'aient pu être ses projets initiaux, de s'émanciper du poids des institutions américaines, pour lesquelles l'Afrique demeure un continent marginal. C'est ce qu'il appelle « le triomphe du symbolisme ». « La tragédie de cette histoire, c'est que la continuité de décennies de politique étrangère américaine a triomphé sur l'idéalisme primitif d'un individu extraordinaire d'ascendance africaine », conclut-il, pragmatique, dans le quotidien The Guardian Nigeria.

Le Pays engage, quant à lui, ses lecteurs à dépasser leur déception et à tirer de ces années de pouvoir d'Obama d'« importantes » leçons. Parmi celles-ci : « Les Africains devront désormais intérioriser le fait qu'ils ne doivent pas tout attendre de l'extérieur et qu'ils doivent d'abord compter sur leurs propres forces. »

Ce message fait écho à un article du Huffington Post South-Africa intitulé « Obama et l'erreur du rêve africain ». L'auteur cherche à comprendre pourquoi Obama a tant inspiré la « fascination » et le « respect » en Afrique. Il fait rêver de la même façon qu'un Kwame Nkrumah ou qu'un Nelson Mandela, et sa femme Michelle Obama est, elle aussi, « très populaire », nous dit-il. Et d'interroger : « l'Afrique est-elle tant démunie de femmes phénoménales comme Mme Obama ? (…) Où sont les jeunes pionniers africains d'aujourd'hui capables de créer des entreprises technologiques en Afrique et de créer des millions d'emplois décents pour les Africains qui émigrent en Europe dans de petits bateaux de pêche ? » Il invite ainsi ses concitoyens à transposer leur idéal sur le continent africain : « Les Africains ont si ardemment embrassé le rêve afro-américain de Barack Hussein Obama II qu'ils en ont oublié le rêve d'une Afrique libre et prospère, resté solidement coincé quand les espoirs nés en 1957 (l'auteur se réfère à la date de l'indépendance du Ghana et à l'idéal de Kwame Nkrumah, NDLR) se sont atténués. »

En attendant, Obama « restera longtemps dans le cœur de nombreux Africains contraints, par la réalité des choses, à la modestie », avanceLe Pays. Et s'il n'a pas été « forcément exceptionnel », modère le quotidien burkinabè, « c'est précisément tout ce qui fait le charme de cet homme élégant, accessible, qui s'est acquitté avec simplicité d'une mission plus que complexe »



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