Episode 26 : La conquête de La Mecque

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curtz
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feuilleton: la conquête de la Mecque en 630

Message non lupar curtz » dim. 17 févr. 2008 16:18

La marche sur la Mecque



C'est la moment de la revanche pour Muhammad. Après sa fuite , il a lutté , avec ses troupes , pendant huit années , avec acharnement. Au terme d'une politique habile , mêlant toutes les ressources de la guerre , il a réussi à épuiser ses adversaires , à les miner moralement , à les soumettre en esprit avant même la véritable soumission. Sa marche sur la Mecque est présentée comme un chef-d'oeuvre tactique.


1- La rupture de la trêve.

Muhammad profite d’une guerre civile larvée à la Mecque pour intervenir , et rompre la trêve. Quand il le faut , il sait réactiver les liens de solidarité tribale , qui servent de prétexte. Il est notable que ceux qu’il vient protéger en force ne sont pas encore musulmans. Mais il est préférable de surmonter pour le moment l’habituel dégoût que provoquent à cette époque les infidèles.

1-Rappel de l’accord d’Hodaybiyya.
Il n'est pas inutile de considérer à nouveau cet épisode complexe qui sert de prélude à la conquête ; d'une certaine façon , à Hodaybiyya , s'est jouée la conquête des esprits mecquois , avant celle des corps et des maisons. Muhammad a réussi par la manipulation et l'intimidation à soumettre ses ennemis , sans avoir à manier le sabre.


(Tabari , Histoire des Prophètes et des Rois III 271).2
Dans le traité que le prophète avait conclu à Hodaybiyya avec les Quraysh , il était stipulé que ceux-ci ne lui feraient pas la guerre , qu'ils n'aideraient pas ses ennemis , qu'ils n'exciteraient personne contre lui , qu'ils ne donneraient point de secours à ses ennemis , soit en armés , soit en hommes , et qu'ils ne feraient pas et n'aideraient pas à faire la guerre à ses alliés. Or il y avait , sur le territoire de la Mecque , deux tribus alliées du prophète , l'une nommée les Banu Khuzaa , l'autre les Banu Bakr ibn Kinana. Les Banu Khuzaa étaient d'anciens alliés des Banu Hashim , tandis que les Banu Bakr étaient alliés avec les Banu Omayya , les Banu Makhzum et d'autres Quraysh. Lors de la conclusion du traité de Hodaybiyya , les Banu Khuzaa s'étaient déclarés les alliés du prophète , qui les avait acceptés et qui leur avait assuré qu'ils seraient à la Mecque sous sa protection , quoiqu'ils ne fussent pas de sa religion. Les Banu Bakr avaient renoncé à son alliance et à sa protection. Après ces stipulations , on s'était séparé , et le prophète était retourné à Médine.


2-Une satire qui ne fait plus rire.
C’est une atteinte à l’image de Muhammad3 , le prophète , qui est la cause première de tout le mouvement : une simple satire , qui montre qu'à ce moment , le rire est toujours près des larmes. Ensuite , les solidarités tribales , habilement exploitées , permettent d'aggraver la crise.

(Baladuri , Livre des conquêtes 36).
Un membre du clan des Khuzaa ayant entendu qu’un membre des Kinana avait chanté un poême satirique4 contre le prophète , il l’attaqua et lui fracassa le crâne. L’incident provoqua la dissension et l’affrontement des deux parties. Les Quraysh , renforcés par les Kinana , attaquèrent les Khuzaa de nuit , violant ainsi l’accord. Ensuite , Amir (...) vint trouver le prophète et lui demanda son aide. Cela conduisit le prophète à envahir la Mecque.

Les troubles à la Mecque.
(ibn Hisham , Conduite de l'envoyé d'Allah 803).5
Quand fut conclu l’armistice , les Banu al Dil et les Banu Bakr prirent l’avantage sur les Khuzaa dans leur désir de se venger sur eux pour les fils d’Aswad qu’ils avaient tués. Alors Nawfal ibn Muawiya (...) leur chef à ce moment , partit avec les Banu al Dil , sans les Banu Bakr et ils attaquèrent les Khuzaa de nuit , alors qu’ils étaient près de leur puit al Watir , tuant un de leurs hommes. Les deux parties se replièrent et continuèrent la lutte. Les Quraysh aidèrent les Banu Bakr avec leurs armes , et certains d’entre eux ont combattu secrètement avec eux , sous couvert de la nuit , et ils finirent par repousser les Khuzaa à l’intérieur de l’aire sacrée. Quand ils furent dedans , les Banu Bakr dirent:
-Nawfal , nous sommes dans l’aire sacrée. Souviens toi de notre dieu! Souviens toi de notre dieu!
Il répondit en termes blasphématoires , et disant qu’il n’avait pas de dieu pendant ce jour-ci6.

(Waqidi , Livre de des expéditions 64).
... à l’époque de la jahiliyya , il y eut une dette de sang à payer entre les Khuzaa et les Banu Bakr (...). Les Khuzaa avaient frappé à mort un membre des Bakr. Et ensuite , les Bakr avaient attaqué un Khuzaa , ensuite les Khuzaa contre trois des Banu Bakr les plus nobles , Dhuayb , Salma et Kulthum , les fils de al Aswad , pour lesquels il fallait payer le double comme prix du sang. Ils les avaient tués à Urana , au bornes du sanctuaire.
L’inimitié continua , et tout repartit à l’occasion suivante(...).
Finalement , Anas ibn Zunaym fut frappé jusqu’au sang par un Khuzaa parce qu’il avait composé des vers satiriques contre le prophète , et c’est qui entraina la suite des événements.

L’intervention de Muhammad.
( ibn Hisham , Conduite de l'envoyé d'Allah 805-6).
Quand les Quraysh et les Banu Bakr se furent alliés contre les Khuzaa et qu’ils en eurent tué certains , rompant ainsi leur parole face à l’envoyé , en agressant les Khuzaa , qui était liés à lui , alor , Amir ibn Salim al Khuzaa du clan des Banu Kab vint voir l’envoyé à Médine (Cela conduisit finalement à la conquête de la Mecque).
Il se mit debout face à lui , qui était assis parmi ses gens dans la mosquée. Il dit:
-Ô seigneur , je suis venu rappeler à Muhammad la vieille alliance qui existe entre nos pères. Vous êtes les fils dont nous avons fournis la mère , nous avons fait la paix et n’avons pas changé dans nos esprits. Aide-nous , maintenant qu’Allah te guide , et appelle les serviteurs d’Allah à notre aide...
L’envoyé dit alors:
-Puisses tu être aidé , ô Amir ibn Salim.
Un nuage apparut dans le ciel , et il dit:
-Ce nuage va fournir de l’aide aux Banu Kab.

(Waqidi , Livre de des expéditions 64).
Amir ibn Salim se mit à la tête d’une ambassade de 40 Khuzaa vers Muhammad et il présenta devant quelques vers dans lesquels il demande le soutien contre les Quraysh. Il se plaignit aussi d’Anas ibn Zumayn , à cause des vers satiriques qu’il avait composés contre lui. Et celui-ci le condamna au bannissement ; plus tard , il lui pardonna pourtant sur les conseils de Nawfal , après qu’il eut composé des vers élogieux pour le prophète.7

L’ordre divin.
(Tabari , Histoire des Prophètes et des Rois III 272).
Les Khuzaa se réunirent pour délibérer , et firent partir l'un d'entre eux , nommé Amir ibn Salim , vers le prophète , pour lui rendre compte de la manière dont les quraysh avaient rompu le traité , et pour réclamer son assistance. Avant que cet homme fut arrivé à Médine , Gabriel était venu avertir le prophète , et lui avait apporté de la part d'Allah l'ordre d'aller attaquer la Mecque , et la promesse de la victoire. Lorsqu’Amir ibn Salim , se présenta devant lui et remplit son message , le prophète lui dit , en présence du public :
-Allah t'assistera , toi et tous les Banu Khuzaa.

Le mensonge d’Amir ibn Salim
(Waqidi , Livre de des expéditions 64).
...Sur son chemin vers Médine , abu Sufyan tombe sur une partie des Khuzaa8 sur le retour. Il était certain qu’ils étaient allés chez Muhammad. Mais quand il leur demanda , le chef répondit qu’il était allé négocier une vengeance de sang entre gens de sa tribu.
soir , abu Sufyan continua son chemin , et il se mit à examiner le crottin des chameaux et il y trouva des noyaux de dattes de Médine. Il dit alors:
-Ces gens-là se sont sûrement rendus à Médine , ce matin même.

(ibn Sad, Tabaqat II 166).9
abu Sufyan arriva à Médine avant l’apôtre d'Allah, pour lui demander de renouveler le pacte, et de prolonger la période de trêve. Mais il refusa cette demande. abu Sufyan se leva et dit:
-J’ai reçu mes pouvoirs devant le peuple.
L’apôtre d'Allah dit:
-Ô abu Sufyan! Que dis-tu?
Ensuite, il rentra sur la Mecque. L’apôtre d'Allah fit les préparatifs de l’attaque, mais gardait l’affaire secrète. Il fermait ses oreilles et disait:
-Ô Allah! Ferme leurs yeux et ne les laisse pas nous voir, jusqu’à la fin.
Quand il fut décidé à marcher contre la Mecque, Hati ibn abu Balta écrivit une lettre aux Quraysh pour les en informer. L’apôtre d'Allah envoya Ali pour s’emparer du messager, qui fut amené devant l’apôtre d'Allah.
L’apôtre d'Allah envoya des messages tout autour de lui, chez les Arabes, dans les tribus des Aslam, Ghifar, Muzaynah, Juhaynah, Ashja et Sulaym. Certaines l’ont rejoint à Médine, d’autres sur le chemin. Le nombre des musulmans pour l’attaque de la Mecque était 10 000.

L'appel aux tribus voisines.
(Muslim , Hadiths 44).

4574.
D'après abu Hurayra , l'envoyé d'Allah dit : "'Aslam que Allah la préserve, Ghifâr, que Allah lui pardonne. Ce n'est pas moi qui l'a dit, mais c'est Allah Tout Puissant".

4576.
D'après ibn 'Omar , l'envoyé d'Allah a dit : "Ghifâr, Allah leur a garanti le pardon; 'Aslam, Allah les a délivrés de tout danger. Quant aux 'Usayya, ils ont été rebelles à Allah et à son envoyé". 10

4578.
D'après abu Hurayra , l'envoyé d'Allah a dit : "Quraysh, les ansar, Muzayna, Juhayna, 'Aslam, Ghifâr et 'Ashja' sont mes alliés et ils n'ont d'autres supporteurs que Allah et son envoyé".

4579.
D'après abu Hurayra , l'envoyé d'Allah a dit : "'Aslam, Ghifâr, Muzayna et quelques-uns des Juhayna, ou les Juhayna sont mieux que les Banû Tamîm, les Banû 'Amr et les deux alliés 'Asad et Ghatfân".

4582.
Récit rapporté d'après abu Bakra : Al Aqra ibn Hâbis vint trouver l'envoyé d'Allah et lui dit : "Ce ne sont que les voleurs des pèlerins qui t'ont fait acte d'allégeance parmi 'Aslam, Ghifâr, Muzayna (je crois également qu'il a mentionné Juhayna, c'est le transmetteur Muhammad qui l'a mis en doute)". L'envoyé d'Allah a dit : "Et si 'Aslam, Ghifâr, Muzayna et -je crois- Juhayna valaient mieux que les Banû Tamîm, les Banû 'Amr, les Banû 'Asad et les Banû Ghatafân, est-ce que les gens de ces dernières tribus seraient-ils perdus et ruinés?".
- Un homme dit alors : "Oui".
- "Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains ils valent mieux, reprit le prophète, qu'eux (les Banû Tamîm, les Banû 'Amr, les Banû 'Asad et les Banû Ghatafân)".

Le retour sans gloire d’abu Sufyan.
(Waqidi , Livre de des expéditions 64).11
Les Mecquois le soupçonnaient entretemps , à cause de ses longues absences d’être devenu sabéen.
La nuit , il rentra chez lui , et sa femme Hind lui parla de ce sujet. Il s’approcha d’elle , comme un homme fait avec une femme12 , et en même temps , il lui racontait ce qui s’était passé. Mais elle le repoussa avec les pieds , le frappant en pleine poitrine , en s’écriant:
-Quel mauvais négociateur tu fais!

La décision de l’assaut.
(ibn Hisham , Conduite de l'envoyé d'Allah 808).
L’envoyé ordonna le début des préparations de l’expédition et abu Bakr vint voir sa fille Aïsha alors qu’elle sortait l’équipement de l’envoyé. Elle demanda si l’envoyé lui avait ordonné de préparer toutes ces choses , et elle dit qu’elle l’avait fait , et que son père ferait mieux de se préparer. Elle lui dit aussi qu’elle ne savait pas où les troupes allaient. Plus tard , l’envoyé informa ses hommes qu’il allait partir à la Mecque et leur ordonna de se préparer avec soin. Il ajouta:
-Prenez les yeux et les oreilles des Quraysh pour que nous puissions les prendre par surprise sur leurs terres. Et les hommes se tinrent prêts.

L’effet de surprise.
(Mahomet , Coran 18/10).13
Ô Allah , frappe leurs oreilles de surdité , qu’ils ne puissent pas entendre et qu’on les prenne par surprise.14

La diversion d’abu Qatada.
(Waqidi , Livre de des expéditions 64).
Pour mettre les gens sur une fausse piste , Muhammad envoya abu Qatada avec 8 hommes vers Bathna Isham. (...)
Alors que nous15 étions dans une partie de la vallée d’Isham , Amir passa à côté de nous , et nous salua avec la salutation de l’islam. Malgré cela , Mukhallam l’attaqua , le tua et le dépouilla. Ceci a été la circonstance de la révélation de la sourate 4 , verset 96.

Le verset révélé.
(Mahomet , Coran 4/96).
Ô vous qui croyez!
Quand vous vous engagez dans le chemin d’Allah , voyez bien clair et ne dites point à celui qui vous offre la paix: “tu nes pas croyant!” , recherchant par là ce qu’offre la vie immédiate. Auprès d’Allah sont les prises de guerre nombreuses.
Ainsi , vous vous comportiez antérieurement , mais Allah les a comblés.
Voyez bien clair!
Allah , de ce que vous faites , est bien informé.


3-Les versions de la conversion d’abu Sufyan.
La conversion , forcée et du bout des lèvres , de l’archi-ennemi de Muhammad a donné lieu à plusieurs versions ; chaque auteur a voulu donner à cette pièce de choix une tonalité personnelle , voire cocasse. Le fait qu’abu Sufyan soit à l’origine de la première dynastie muuslmane n’y est sûrement pas étranger : on voit ensemble les éponymes des dynasties ommeyades et abbassides dans cet épisode.

La capture d’abu Sufyan.
(Baladuri , Livre des conquêtes 37).
Le prophète accéléra la marche et alla camper à Marr az Zahran. Les Quraysh demandèrent à abu Sufyan de rentrer. Mais quand il passa à Zahran , il vit les feux et les tentes et dit:
-Que sont ces gens? On dirait qu’ils célèbrent la nuit de l’Arafa...
Disant cela , il fut encerclé par les cavaliers du prophète , qui te firent prisonnier. Il fut amené devant le prophète. Omar arriva et voulut l’exécuter mais al Abbas s’interposa et abu Sufyan accepta l’islam16 et se présenta lui-même devant le prophète.

Les observations d’abu Sufyan.
(Baladuri , Livre des conquêtes 37).
-Que se passe t-il? Vont-ils me tuer?
-Non , répondit al Abbas , ils se lèvent pour la prière.
Comme ils commençaient à prier , abu Sufyan remarqua que quand le prophète s’agenouillait , ils s’agenouillaient , quand il s’inclinait , ils s’inclinaient.
Là dessus , il conclut:
-Par Allah , je n’ai jamais vu , comme aujourd’hui une telle soumission d’un peuple venu d’ici ou là , ni de la part des nobles Perses , ni des Grecs aux longues franges.

La conversion d’abu Sufyan.
(Waqidi , Livre des expéditions 64).
abu Sufyan , frère de lait et ami de jeunesse de Muhammad se mettait à évoluer depuis la révélation de Muhammad et devint son adversaire le plus dur.
(...)
Dans cette inimitié contre Muhammad , abu Sufyan se tint durant 20 ans ; il n’était jamais absent d’une entreprise des Mecquois contre lui17 mais maintenant , il se disait:
(...)
-De quel côté , vais-je aller? L’islam s’est établi totalement. J’ai donc décidé de me rendre avec femme et enfants chez Muhammad.
Comme Muhammad apparut , je me mis devant lui , et il me jeta un long regard et détourna son visage. Je me mettais alors de l’autre côté et il tournait le visage encore. Cela se répétait plusieurs fois. J’avais pensé qu’il serait enchanté de ma conversion , mais là , je me sentais mal à l’aise et je prenais peur. Suivant l’exemple de Muhammad , les autres se détournèrent de moi...
Il ne me parlait toujours pas et se détournait toujours en me voyant.
Finalement , après la conquête de la Mecque... Il me lança un regard plus gentil... Je sautais de mon cheval , décidé de mourir pour lui. Il demanda alors à al Abbas18 de me faire venir.
(...)
Selon une autre version , abu Sufyan rencontra le prophète (...) mais il ne fut pas autorisé à le voir. abu Sufyan dit alors:
-Soit il m’accepte , soit moi et mon petit fils , nous allons mourir dans le désert.
Entendant cela , Muhammad fut pris de pitié et accepta leur soumission. Et ils devinrent de bons musulmans.
(...)
Quand l’armée musulmane installa son camp à Marrr al Tharan , il n’y avait pas encore de nouvelle qui était venue à la Mecque de ce fait.
Les Quraysh décidèrent d’envoyer abu Sufyan pour prendre des nouvelles et d’obtenir des assurances de la part de Muhammad.
La plus grand partie de la nuit passa en négociation , et Budayl et Hakim firent leur profession de foi mais abu Sufyan , de son côté n’avait rien contre la première proposition “Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah” , mais qu’à propos de la seconde “Muhammad est son prophète”19 , il avait encore de légers doutes.
Après que Muhammad eut accepté la protection des envoyés , al Abbas les reçut dans ses quartiers. Le matin , abu Sufyan prit peur à cause de l’appel à la prière qui résonnait de partout dans l’armée. Al Abbas lui expliqua et annonça que les musulmans devaient faire cinq prières. abu Sufyan estima que c’était vraiment beaucoup trop. Quand il vit les musulmans se ruer sur l’eau des ablutions du prophète , il dit , avec surprise:
-Cette chose , je ne l’ai vue ni chez le roi des Perses , ni l’empereur.
-Alors convertis-toi! dit al Abbas.
Il souhaita voir encore une fois le prophète pour faire sa profession de foi complète.
(...)
Je20 craignais le pire pour les Quraysh , au cas où les Muhammad s’emparaient de la Mecque par la force , au moment où Muhammad s’installa à Marra al Tharan.
Je reconnus abu Sufyan et je lui criais pour lui exposer vite la situation. Effrayé , il demande ce qu’il devait faire.
-Assieds-toi sur la croupe de cette mule et viens avec moi vers le prophète. Sinon , tu es mort s’ils te rattrapent...
Nous avons été contrôlés plusieurs jusqu’à notre arrivée devant Omar. Quand celui-ci reconnut abu Sufyan , il s’écria:
-Merci à Allah , qui nous a livré l’ennemi de l’islam sans accord de sauvegarde!
Il partit aussitôt vers le prophète et moi je me poussais la mule en avant pour arriver en même temps que lui. Il entra immédiatement après moi dans la tente et demanda la permission de trancher la tête d’abu Sufyan.
Moi je disais qu’il était sous ma protection et en me tenant près de l’apôtre d'Allah , déclarais que à part moi , personne ne lui parler en privé. Après avoir débattu quelque temps , Muhammad me dit:
-Je t’accorde sa protection , mène-le à tes quartiers et fait le revenir demain matin ici.
Le matin suivant , Muhammad lui exposa l’islam. Il répondit qu’il n’y avait pas de dieu sinon Allah , et que cela lui semblait clair. Parce que , s’il y en avait , dit-il , ils l’auraient aidé...
Mais que Muhammad était l’apôtre d'Allah , vraiment il avait toujours des doutes , qui pourtant ont disparu dès que je me mis à le menacer:
-Soumets toi vite , sinon , tu seras exécuté.
Là , il se soumit totalement.
je dis ensuite à Muhammad:
-Tu connais abu Sufyan , et ses ambitions. Il faut lui fournir une compensation.21
-Oui , va dans son domaine et protège ses biens.
A notre départ , Muhammad nous dit:
-Retiens-le un peu , près la route , au niveau de la colline pour qu’il voit passer les troupes d’Allah22.

La conversion d’abu Sufyan.
(Maqrizi, Livre du contentieux 36).23
abu Sufyan n’a cessé de s’opposer à Allah et au apôtre d'Allah jusqu’à ce que l’apôtre d'Allah envoie son attaque contre la Mecque. Al Abbas a amené abu Sufyan à l’apôtre d'Allah. Il avait amené abu Sufya sur le dos de son chameau parce qu’abu sufyan était son ami du temps de la jahiliyya. Quand il l’amena devant l’apôtre d'Allah, il demanda au prophète d’assurer à abu Sufyan sa sauvegarde.
Quand l’apôtre d'Allah l’a vu, il a dit:
-Honte à toi, abu Sufyan! Le temps est-il venu pour toi de reconnaître qu’il n’y a de dieu qu’Allah?
(...)
-Le temps est-il venu pour toi de reconnaître que je suis l’apôtre d'Allah?
(...)
-Sur ce point, j’ai une petite hésitation qui vient de mon intime conviction...
Al Abbas s’écria:
-Honte à toi! Prononce la profession de foi sur la vérité divine, ou alors tu seras exécuté!
Alors il a dit sa profession de foi, et il est devenu musulman.

source: islam-documents.org




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Message non lupar curtz » lun. 18 févr. 2008 13:35

SOUVENT, LA "CONQUETE" EST PRÉSENTÉE COMME UN MOMENT PACIFIQUE, PLEIN DE DOUCEURS ET DE PARDONS. LES SOURCES ORIGINALES MONTRENT UNE TOUTE AUTRE AMBIANCE.


2-“Personne ne peut leur résister”.

La marche sur la Mecque s’est déroulée “presque” sans combats24 , sans violence manifeste , si l’on compare avec le reste des opérations décidées par Muhammad. Mais la violence est remplacée par une habile politique de terreur et la tradition musulmane considère d’ailleurs que la ville a été prise de force25.

La soumission d’abu Sufyan et Abbas , les deux dirigeants mecquois est un prélude. Ils viennent pour négocier , vider de l’intérieur la capacité de résisance des Mecquois , et sauver la ville , lui offrir la défaite pour lui éviter la catastrophe26 .


1-La “Grande Armée”.
Il faut pétrifier les Mecquois pour rendre tout résistance impossible. Le montant des effectifs à lui seul (plus de 10 000 hommes) suffit à le faire comprendre: jamais une telle troupe n’a été rassemblée en Arabie27. Les descriptions insistent sur la masse , la puissance et la détermination des troupes : la tactique est celle de la dissuasion , pour dissuader l'ennemi de toute réaction , et de la terreur , pour le décourager davantage.

La revue des troupes musulmanes.28
(ibn Hisham , Conduite de l'envoyé d'Allah 810 , 814-5).
Il se mit en route jusqu’à Marr al Zahran avec dix mille musulmans ; les Sulaym étaient sept cents et certains disent mille ; les Muzayna , mille , et dans chaque tribu , un grand nombre étaient musulmans. Les muhajirun et les ansar partirent comme un seul homme29 ; aucun ne resta derrière. (...)
Quand il partit en arrière , l’envoyé me dit de l’installer au niveau le plus étroit de la vallée , là où la montagne avance , de telle façon que les armées d’Allah puissent passer et qu’il puisse bien les voir.
Les escadrons passèrent devant lui avec leurs étendards , et chaque fois , il demanda qui ils étaient.
Il vit les Sulaym et il dit:
-Qu’ai-je à faire avec les Sulaym30 ?
Même chose avec les Muzayna , jusqu’à ce que tous soient passés , il posa a même question et fit la même réponse à la question31.
A la fin , l’envoyé passa en revue son escadron “vert-noir” dans lequel il n’y avait que des muhajirun et des ansar dont seuls les yeux étaient visibles à cause de leur armure32.
Il dit:
-Bonté céleste , Abbas , qui sont-ils?
Je lui dis que personne ne pourrait leur résister.

Autre estimation des effectifs
(Tabari , Histoire des Prophètes et des Rois III 247).
Tous les hommes valides de Médine , muhajir et ansar , prirent les armes et partirent. A la première étape , le prophète passa l'armée en revue. Elle se composait de dix mille hommes: cinq mille muhajir et ansar , et cinq mille hommes des différentes tribus arabes , telles que les Banu Sulaym , les Banu Ghatafan , les Banu Juhayna , les Banu Tamim et les Banu Asad.
Le prophète partit le 10 du mois de ramadan , avec ces dix mille hommes , tous montés , complètement armés et approvisionnés.

(Waqidi , Livre de des expéditions 64).
Le mercredi du 10 de ramadan , après la prière de l’après-midi , Muhammad partit à la tête de 10 000 hommes et n’arrêta qu’à al Sasal.
L’avant-garde de 200 hommes était conduite par al Zubayr.

La terreur d’abu Sufyan.
(Tabari , Histoire des prophètes et des rois III 279).
En levant le camp , le prophète dit à Abbas :
-Conduis abu Sufyan à un endroit où la route est resserrée , au moment où l'armée y passera , afin qu'il la voie défiler , et que , à son retour à la Mecque , il puisse dire aux habitants combien elle est nombreuse , pour qu'ils ne songent pas à la résistance.
Abbas et abu Sufyan , postés à l'issue de la vallée , virent les troupes , montées sur de beaux chevaux et complètement armées , défiler les unes après les autres. abu Sufyan questionnait Abbas sur chaque corps qu'il voyait passer , et Abbas lui nommait toutes les tribus , les Banu Ghatafan , les Banu Sulaym , les Banu Juhayna , et toutes les autres , qui formaient cinq mille hommes. Enfin le prophète parut au milieu d'un corps de cinq mille hommes , formé de muhajirun et ansar , armés de casques et de cuirasses , de sorte qu'on ne voyait de leurs corps que les yeux ; ils ressemblaient à des masses de fer , et on les appelait la troupe verte , parce que , de loin , le fer les faisait paraitre de couleur verte. A leur aspect , abu Sufyan fut frappé d'étonnement et de terreur , et il dit à al Abbas :
-Certes , la royauté du fils de ton frère est grande.
Abbas répliqua :
-Malheur à toi! Il n'est pas un roi , mais un prophète!33


2-Episodes de l’offensive.
Parmi les anecdotes , une permission de rompre le jeûne pendant le jihad , jihad qui décidément , prend le pas sur quasiment tout , y compris les obligations rituelles.

La rupture du jeûne.
(Tabari , Histoire des Prophètes et des Rois III 276).
La journée était très chaude , et l'observation du jeune du ramadan fort pénible. Alors fut révélé le verset suivant:
... Celui qui est malade et celui qui est en voyage jeûneront , dans la suite , le même nombre de jours , etc. 34
En conséquence , le prophète rompit le jeûne. En quittant ce campement , il s'avança jusqu'à Osfan.

(Waqidi , Livre de des expéditions 64).
A al Kadid , Muhammad. a pris un bol avec de l’eau , et a rompu le jeûne devant tout le monde. Quand il entendit que d’autres continuaient le jeûne , il considéra que c’était des personnes désobéissantes.
Il déclara:
-Comme vous êtes en train d’attaquer l’ennemi , il est préférable de rompre le jeûne.

L’inquiétude des troupes.
(Waqidi , Livre de des expéditions 64).
A al Arg , les musulmans commençaient à avoir des doutes: allaient-ils combattre contre les Quraysh ou contre les Hawazin?
Pour leur fournir quelque certitude , Kab ibn Malik se rendit chez Muhammad , se mit à genoux et déclama un poème dans lequel il s’exprima l’idée que l’armée marchait contre les Thaqif. Muhammad. souriait , sans rien dire , et à la fin , on se mit à se moquer de Kab.
A Qudayd , Muhammad a été interrogé ainsi:
-As-tu vraiment envie de prendre des femmes blanches et des chameaux marrons?35
Il répondit:
-Allah m’a rendu les Mecquois invulnérables.

Sara la messagère.
(ibn Hisham , Conduite de l’apôtre d'Allah 809-810).
Lorsque le prophète eut décidé de marcher sur La Mecque , Hatib ibn abu Baltaa écrivit aux Quraysh , pour les informer de cette décision , une lettre qu'il confia à une femme appartenant , selon Muhammad ibn Jafar36 , aux Muzayna ou qui , d'après d'autres , était Sara , cliente37 d'un membre des Banu Abd al Muttalib , en la chargeant , moyennant rétribution , de la faire parvenir aux Quraysh. Cette femme plaça la lettre sur sa tête en l'enveloppant dans ses tresses et se mit en route. Mais le prophète , informé par le ciel38 de l'acte de Hatib , dépêcha Ali ibn abu Talib et al Zubayr ibn al Awwam en leur enjoignant de rattraper une femme porteuse d'une lettre de Hatib ibn Abi Baltaa aux Quraysh pour les informer de la décision qu'il avait prise à leur sujet et les mettre en garde. Ils la rejoignirent à al Khulayqa (...) , la firent descendre de sa monture et fouillèrent ses affaires , mais sans succès.
Ali ibn abu Talib lui dit alors :
-Je jure par Allah que l'on n'a menti ni au prophète ni à nous-mêmes. Tu vas retirer cette lettre de sa cachette ou nous te mettrons nue.39
Voyant qu'il ne plaisantait pas , elle lui demanda de se détourner , puis elle défit ses tresses et en retira la lettre qu'elle lui remit .

(Muslim , Hadith 44/4550).
Alî a dit : L'envoyé d'Allah m'envoya en compagnie d'Az Zubayr et d'Al Miqdâd, en nous disant :
-"Marchez jusqu'à Rawdat Khâkh (endroit situé à une douzaine de milles au sud de Médine); vous y trouverez une femme en litière qui porte une lettre. Prenez-la d'elle".
Nous partîmes sur nos chevaux qui couraient, jusqu'à l'endroit indiqué où nous trouvâmes la femme, à laquelle nous dîmes :
-"Remets-nous la lettre que tu as!".
- "Je n'ai pas de lettre", répondit-elle.
- "Tu vas remettre la lettre, réprimes-nous, ou nous allons te fouiller!".
Alors elle retira la lettre du cordon qui retenait ses cheveux. Là-dessus, nous emportâmes la lettre à l'envoyé d'Allah : or c'était un de Hâtib ibn 'AbuBalta'a à certains polythéistes de La Mecque, par lequel il leur donnait des renseignements sur un projet de l'envoyé d'Allah . L'envoyé d'Allah dit à Hâtib :
-"Qu'est-ce que c'est, ô Hâtib?".
Le coupable répondit :
- "Ne te hâte pas de me juger, envoyé d'Allah; moi, je n'ai eu dans Quraysh que la situation d'un rapporteur".
Sufyân dit :
-"Il était leur allié, n'appartenant pas originairement à la tribu".
Hâtib poursuivit : "Les autres muhâjirûn ont, à La Mecque, des parents par lesquels ils peuvent assurer la protection de leurs familles; moi, comme les liens du sang ne me donnaient pas cet avantage, j'ai voulu m'acquérir à la reconnaissance de Quraysh des droits qui assurassent la protection de mes proches. Mais je n'ai pas agi par infidélité ou par apostasie; je n'ai point accepté comme religion l'infidélité après avoir embrassé l'islam".
L'envoyé d'Allah répondit :
-"En vérité, il vous a parlé sincèrement".
Omar dit alors :
-"Envoyé d'Allah, laisse-moi couper la tête de cet hypocrite".
L'envoyé d'Allah lui répondit : Cet homme a assisté au combat de Badr; comment pourrais-tu savoir qu' Allah n'aurait pas considéré les combattants de Badr en leur disant : "Faites tout ce que vous voudrez, car je vous pardonne d'avance?". Allah, que Son nom soit exalté et loué, a donc révélé ce verset : ô vous qui avez cru! Ne prenez pas pour alliés mon ennemi et le vôtre...



3-Les combats.

Contrairement à ce que diffusent l'essentiel des travaux modernes de vulgarisation , la conquête de la Mecque n'a pas été un moment pacifique , celui d'une communion qui ne serait que le prélude à une conversion universelle , autour d'un chef impeccable au sens strict. On a déjà vu que la terreur , la conversion forcée et la manipulation étaient des armes utilisées par Muhammad. Il y a aussi de véritables combats qui se déroulent. L'importance du sujet et de sa dissimulation condamnent à citer longuement les sources originales.

(ibn Hisham , Conduite de l’envoyé d’Allah 817).
Safwan ibn Umayya , Ikrima ibn abu Jahl et Suhayl ibnb Amir avait rassemblé des hommes à al Khadama pour combattre. Himas ibn Qays (...) aiguisait son épée avant l’arrivée de l’envoyé dans la Mecque , et sa femme lui demanda pourquoi il faisait ainsi. Il lui dit que c’était pour Muhammad et ses compagnons. Elle dit qu’elle pensait que cela ne ferait pas grand mal....
Il alla ensuite à al Khadama avec Safwan , Suhayl et Ikrima et quand les musulmans sont arrivés , une escarmouche s’ensuivit dans laquelle Kurz ibn Jabir (...) et Khunays ibn Khalid (....) , qui était dans la cavalerie de Khalid furent tués. Ils avaient pris un chemin à part et furent tués ensemble. Khunays fut tué d’abord , et Kurz mit le corps entre ses pieds et fut tué ensuite...
Salama ibn al Mayla , un des cavaliers de Khalid , fut aussi tué , et les polythéistes perdirent environ 12 à 13 hommes.
Himas se réfugia chez lui et dit à sa femme de bloquer la porte. Elle lui demanda ce qui s’était passé , en référence à ses paroles précédentes. Il déclara:
-Si tu avais été témoin de la bataille de Khandama , quand Safwan et Ikrima se sont enfuis , et quand abu Yazid se tenait debout comme un pilier , les musulmans les rencontraient avec leurs sabres , qui tranchaient les bras et les têtes ; on entendait que des cris confus , et derrière eux , leurs cris et grognements: tu ne devrais pas prononcer une parole de reproche.

(Tabari , Histoire des Prophètes et des Rois III 280).
Le prophète , de son côté , croyait que les Mecquois allaient résister. Le jour où il voulut faire son entrée , il demanda quelles dispositions ils avaient prises. On lui dit :
-Ils ont fait appel aux tribus confédérées (Ahabish40) , qu'ils ont réunies , avec les principaux guerriers , du côté d’Arafat ; les autres se tiennent armés aux portes de leurs boutiques et de leurs maisons.
Ils ont dit aux Banu Bakr et aux autres confédérés :
-Si Muhammad ne nous attaque pas , nous ne combattrons pas ; s'il nous attaque , nous nous défendrons ; alors entrez dans la ville , de manière que , tandis que nous le chargerons par devant , vous puissiez le charger par derrière.
Le prophète , en apprenant ces faits , résolut de ne point les attaquer , et Allah révéla le verset suivant :
Ne les combattez pas près du saint temple , à moins qu'ils ne vous attaquent , etc. 41
Le prophète appela Zubayr , ibn Awwam , qui commandait l'avant-garde de deux mille hommes42 , et lui dit :
-Avance avec ton corps et entre à la Mecque ; tu planteras le drapeau sur la montagne , à l'entrée de la ville , du côté oriental.
Khalid ibn Walid , qui commandait l'aile gauche , composée de deux mille hommes , reçut l'ordre de pénétrer dans la ville du côté occidental , près du mont Safa , là où étaient postés les confédérés et les Banu Bakr , d'y faire halte , et de ne point attaquer , à moins qu'il ne fut attaqué lui-même. Zubayr ibn Awwam , se mit en marche et planta le drapeau à l'endroit que le prophète avait désigné. Deux hommes de son corps , qui étaient restés en arrière , furent aperçus par les Mecquois , du haut de la montagne , et tués à coups de pierres. Zubayr n'eut pas connaissance de ce fait , parce qu'ils étaient loin de lui. Khalid ibn Walid , s'avança vers la partie inférieure de la ville. Les confédérés et les Banu Bakr se jetèrent à sa rencontre et l'attaquèrent. Khalid les mit en fuite et les repoussa jusqu'à l'extrémité de la ville. Il prit position à l'entrée de la Mecque et planta le drapeau au haut de la montagne. Khalid avait perdu trois hommes , tandis que les infidèles eurent plusieurs morts. Cinq musulmans seulement furent tués ce jour-là: trois du corps de Khalid et deux du corps de Zubayr.

(Baladuri , Livre des conquêtes 38).
Khalid ibn al Walid conduisit le combat contre les Quraysh et reçu le premier l’ordre d’entrer dans la ville. Ainsi , il tua 24 hommes de Quraysh et 4 des Hudhayl.
D’autres disent 23 Quraysh et que les autres se sont enfuits dans la montagne.

(Waqidi , Livre des expéditions 63).
Les musulmans sont entrés sans trouver de résistance ; Khalid a rencontré de la résistance de la part de Safwan , Ikrima et Suhayl avec leurs troupes. Après une brève bataille , au cours de laquelle 24 Quraysh et 4 Khuzaa sont tombés , et ils furent poursuivis jusqu’à al Khazvara et jusqu’au sommet des montagnes.
(...)
abu Sufyan et Hakim s’écrièrent auprès des Quraysh:
-Pourquoi vous jetez vous dans la mort? Qui rentre chez soi et jette ses armes est sur de sauver sa vie.
Ils couraient dans leurs maisons et jettaient leurs armes dehors. Les musulmans les ramassaient.
Comme Muhammad voyait d’en haut l’éclat des armes , il se mit en rage à cause de l’irrespect de ses ordres. Ensuite , il se calma , en apprenant ce qui se passait en réalité.

Deux victimes de la conquête.
(ibn Sad , Tabaqat 8/106).43
Le prophète épousa Mulayka bint Kab. Elle était connue pour sa beauté remarquable.
Aïsha lui rendit visite et elle dit:
-N’as-tu pas honte d’épouser celui qui a tué ton père?
Alors elle s’enfuit de chez le messager d’Allah et il divorça d’elle.
Sa famille vint voir le prophète et dit:
-Ô messager d’Allah , c’est une jeune fille et elle n’a pas de jugement. Elle s’est trompée , reprends-la.
Le prophète refusa...
Son père avait été tué sur le jour la Mecque fut conquise. Khalid ibn al Walid l’a tué à al Khandama.
(...)
Le messager d’Allah a épousé Mulayka bint Kab al Laythi au mois de ramadan , l’année huit ; il a consommé le mariage et elle est morte avec lui44.

Allusion coranique aux combats de la conquête.45
(Mahomet , Coran 48/24-25).
C’est lui qui a écarté de vous les mains des infidèles et qui a écarté d’eux vos mains , dans le val de la Mecque46 , après vous avoir donné avantage sur ceux.
Allah sur ce que vous faites , est clairvoyant.
Ce sont là ceux qui ont été infidèles et vous ont écartés de la mosquée sacrée ainsi que de l'oblation dont le lieu de sacrifice vous était interdit.
N'eussent été des hommes croyants et des femmes croyantes inconnus de vous , parmi les infidèles , que vous risquiez , à votre insu , de broyer sous vos pieds , en sorte qu'une représaille vous aurait atteints de leur part , vous auriez porté vos coups contre les infidèles.
Tout cela s'est fait pour qu'Allah fasse entrer qui il veut , en sa miséricorde.
S'ils s'étaient signalés , nous aurions fait subir un tourment cruel à ceux d'entre ces gens qui sont infidèles.


SOURCE: islam-documents.org



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victorien3
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Episode 26 : La conquête de La Mecque

Message non lupar victorien3 » mer. 30 juil. 2008 14:59

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux





Introduction :

Le Prophète (BP sur lui) avait soixante ans lors de la conquête de la Mecque, le 23 Ramadan de l’an 8 de l’Hégire. La situation était devenue stable dans la péninsule pour trois raisons. Tout d’abord, le traité de Al-Houdaïbiya avait permis aux tribus de déclarer leur conversion à l’Islam sans craindre Qoraïche. Une des clauses du traité stipulait que n’importe laquelle pouvait s’unir à Mohammed ou à Qoraïche, et le champ était devenu libre devant le Prophète (BP sur lui) pour communiquer son Message parmi elles. Achga‘ qui avait participé à la guerre de la tranchée (Al-Khandaq) avec Qoraïche, Ghifâr, Daws, Bani Soulaïm et chaque jour d’autres nouvelles tribus venaient lui déclarer leur alliance. La paix installée, le Message avait pu atteindre les gens et les deux dernières années, le nombre de personnes converties à l’Islam avait atteint plusieurs fois celui de toutes les années précédentes. C’était la reconnaissance officielle par Ooraïche de la puissance de l’état musulman.



La violation du traité :

Une tribu appelée Khouzâ’a s’était alliée au Prophète (BP sur lui) et convertie à l’Islam, une autre appelée Bani Bakr s’était alliée à Qoraïche. La guerre avait duré longtemps entre les deux avant le dépôt des armes selon le traité de Al-Houdaïbiya. Mais, comme ceux qui s’alliaient au Prophète (BP sur lui) devenaient plus forts tandis que les alliés de Qoraïche faiblissaient, les anciennes rancunes des Bani Bakr ressurgirent. Ils pensèrent tuer des gens parmi leurs ennemis, surtout que ces derniers avaient déposé les armes et allaient sans méfiance faire des pèlerinages à la Mecque.



Cependant Nawfal ibn Mou‘âwya, le chef des Bani Bakr, eut peur de causer des problèmes avec Khouzâ’a sans l’assentiment de Qoraïche. Il leur dit qu’il voulait attaquer les Khouzâ’a parce qu’il pensait qu’ils devenaient plus forts que lui. Ils acceptèrent, lui fournirent des armes et lui donnèrent même la permission de les tuer à l’intérieur de la ville sacrée. De plus, c’étaient Souhayl ibn ‘Amr, Houwaïth ibn ‘Abdil ‘Ouzza ‘Ikrima ibn Abi Djahl et Safwân ibn Oumayya qui avaient signé eux-mêmes le traité avec le Messager d’Allah (BP sur lui) qui donnèrent l’assentiment. Ils ne réalisaient pas qu’ils donnaient ainsi au Prophète (BP sur lui) l’occasion d’envahir la Mecque.



Une délégation de cent personnes des Khouzâ‘a était partie faire une ‘Oumra (petit pèlerinage) à la Mecque et avait campé à l’intérieur de la ville, hors de la mosquée, dans un endroit appelé Al-Watîr. Nawfal ibn Mou‘âwya, le chef des Bani Bakr les surprit avec ses hommes et en tua trois. Les autres coururent se réfugier dans la mosquée de la Ka’ba pensant que personne n’oserait les attaquer dans ce lieu sacré. Nawfal continua à courir derrière eux sans faire cas de ses hommes qui lui rappelaient la sainteté de l’endroit. Ils pénétrèrent malgré tout et tuèrent vingt des Khouzâ‘a. Ces derniers coururent de nouveau vers la maison de leur chef Guzaïl ibn Warqâ’ à l’intérieur de la Mecque mais, leurs ennemis accompagnés des notables de la Mecque, continuèrent à les poursuivre et en tuèrent encore dix. Guzaïl qui était intelligent envoya de suite un messager appelé ‘Amr ibn Sâlim au Prophète (BP sur lui) et lui dit de ne pas s’arrêter un seul instant en route. ‘Amr enfila les nuits et les jours et arriva chez le Prophète (BP sur lui) devant qui il exprima le message en quelques vers qui résumaient toute la situation. Le Messager furieux et le visage tout rouge frappa avec sa poigne sur sa cuisse plusieurs fois en disant : “Tu triompheras, ô ‘Amr, ibn Sâlim.” Quelle attitude noble et fière de la part du Prophète, il ne pouvait supporter la traîtrise.



Le Messager renvoya ‘Amr ibn Sâlim et décida de marcher sur Qoraïche sans faire connaître son plan qu’il ne révéla aux Compagnons que quatre milles avant la Mecque. Ces derniers croyaient que le traité de Al-Houdaïbiya était encore valable pour huit ans mais Qoraïche avaient agi d’une façon insensée et la situation des Musulmans s’en trouvait changée. Il était temps que l’Islam s’installe à la Mecque, mais le Messager d’Allah (BP sur lui) voulait y parvenir sans verser une seule goutte de sang. Son but n’était pas de se venger mais de diffuser l’Islam. Malgré la gravité de cette trahison de la part de Qoraïche et malgré toutes leurs méchancetés passées, le Prophète était magnanime comme le Coran l’exprime dans ce verset –qui peut être traduit par - :“ Et tu es certes, d'une moralité éminente. “(TSC, AL-QALAM (LA PLUME): 4).

Il faut que les Musulmans retiennent cette leçon, savoir pardonner et avoir de la compassion envers les gens. En entrant à la Mecque le Messager (BP sur lui) disait – ce qui peut être traduit par : “Et dis: “La Vérité (l'Islam) est venue et l'Erreur a disparu. Car l'Erreur est destinée à disparaître”. " (TSC, Al-'Isrâ' (LE VOYAGE NOCTURNE) : 81). Ainsi que: “Aujourd’hui c’est le jour de la miséricorde.”



Qoraïche commença à regretter son action et, avec à leur tête Abou Soufiâne, ils se réunirent pour en discuter. Un homme du nom de ‘Abdillâh ibn Sa‘d ibn abi As-Sarh, un apostat, qui, cas rare, avait abandonné l’Islam après s’y être converti, leur dit : “ Vous n’avez que trois options : payer le prix du sang à Khouzâ‘a, leur donner ceux qui les ont tués pour qu’ils se vengent d’eux ou leur faire la guerre.” Ils lui répondirent qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour payer le prix du sang de tout ce monde et qu’ils ne pouvaient pas lui remettre leurs alliés parce que sinon personne ne leur ferait plus confiance par la suite. Abou Soufiâne qui ne savait pas qu’un messager des Khouzâ‘a avait été dépêché au Prophète (BP sur lui), leur dit qu’il avait un plan. Il voulait se rendre à Médine pour dire qu’il n’avait pas assisté au traité de Al-Houdaybiya qu’il appréciait beaucoup et qu’il voulait en signer un autre avec les mêmes clauses. La signature de ce traité serait ultérieure à celle de Al-Houdaïbiya et Mohammed ne pourrait pas le blâmer pour les gens morts avant.



Abou Soufiâne entra dans Médine à l’étonnement de tous ses habitants. Personne ne voulait l’approcher ou lui faire de mal pensant que le traité de Al-Houdaïbiya était toujours en cours. Il se rendit d’abord chez sa fille Oum Habîba, l’épouse du Messager (BP sur lui). Dès qu’elle le vit entrer chez elle et se diriger vers la couche pour s’y asseoir, elle, qui n’avait pas revu son père depuis quinze ans, la retira vivement. Il lui dit étonné : “ Est-ce parce que la couche n’est pas digne de moi ou c’est moi qui n’en suis pas digne ?” Elle lui répondit : “C’est toi qui n’es pas digne de la couche du Messager d’Allah (BP sur lui) parce que tu es souillé par la mécréance.”



J’ouvre là une parenthèse et je dis aux jeunes d’aujourd’hui de ne pas imiter cette réponse avec leurs parents parce que la situation était complètement différente. Il était l’ennemi du Messager et de son peuple. Lorsque la mère de Asmaa encore mécréante était venue rendre visite à sa fille à Médine et que Asmaa avait demandé au Messager (BP sur lui) si elle pouvait la recevoir, il lui avait dit : “Naturellement et tu dois être bienfaisante envers elle.”



En sortant de chez sa fille, Abou Soufiâne s’était dirigé vers la mosquée où il savait trouver le Prophète (BP sur lui). Ce dernier qui avait deviné pourquoi l’homme était venu, dit à ses Compagnons qui ne connaissaient encore rien de l’histoire : “On dirait qu’Abou Soufiâne revient vers vous pour renouveler le traité.” Abou Soufiâne dit : “Ô Mohammed, je n’ai pas assisté à la signature du traité de Al-Houdaïbiya et je suis venu le renouveler et consolider nos serments.” Le Prophète lui répondit : “ C’est pour cela que tu es venu, Abou Soufiane, est-ce que vous avez commis quelque chose ?” Il lui répondit : “Qu’Allah ne le veuille.”

Le Prophète alors lui affirma que leur accord tenait toujours tant que les Qoraichites n’avaient pas failli à leurs engagements.

Le Prophète avait devant lui le chef des mécréants, celui qui avait mené toutes les batailles que Qoraïche avait livrées au Prophète, et qui venait de surcroît demander la paix alors que les Qoraichites avaient trahi le serment donné. Le Prophète était en droit de l'emprisonner et même de le tuer en guise de réparation pour tout le mal qu'il avait fait et pour la traîtrise de sa tribu. Mais le Prophète ne fit rien de tout cela ! Il ne voulait pas davantage d'effusions de sang et il souhaitait du bien à tous. Il voulait que la miséricorde de Dieu atteigne toutes Ses créatures en les guidant à l'Islam. Y a-t-il à travers l'histoire de toute l'humanité un personnage d'une telle grandeur ? Y a-t-il un chef ou un roi qui ait su se conduire avec ses ennemis avec autant de bravoure, de miséricorde et de grandeur d'âme ? Nous ne le défendons pas parce que nous sommes musulmans, mais parce que les faits parlent pour eux-mêmes.



Abou Soufiâne s'en fut voir alors Abou Bakr. Il le pria d’intercéder auprès du Prophète pour que celui-ci prolonge la trêve. Abou Bakr, qui n’avait pas eu vent de l'agression des Qoraichites contre les Bani Khozaâ, lui dit que les musulmans tenaient toujours aux clauses de leur accord et que sa parole ne saurait contredire celle du Prophète. Alors Abou Soufiâne le pria de proclamer sa protection pour les gens. C’était chez les Arabes un code d'honneur qui consistait à ce que lorsqu’une personne prenait les gens sous sa protection, personne ne pouvait les atteindre sans atteindre à cet honneur. Mais Abou Bakr refusa encore et lui dit qu'il n'y avait de protection que celle accordée par le Prophète. Abou Soufiâne, déçu, s’adressa alors à ‘Omar Ibn Al Khattâb auquel il fit la même demande. ‘Omar lui répondit qu'à sa connaissance la trêve tenait toujours et qu'il espérait d'ailleurs que Dieu y mette fin pour pouvoir les combattre de nouveau. Abou Soufiâne s'adressa cette fois à Othmâne Ibn Afâne. Othmâne ne voulut rien entendre à sa demande et lui répondit comme les Compagnons avaient répondu. Il s’adressa alors à Ali Ibn Abi Tâleb qui était marié avec Fatima, la fille du Messager d’Allah et lui dit : ” Ali, tu es le plus proche de moi et je suis venu te demander une faveur, intercède pour moi auprès du Messager d’Allah. ”. Ali ne dérogea pas à la conduite de ses compagnons et opposa son refus à la requête d'Abou Soufiâne.

Abou Soufiâne ne trouva d'autre issue que d'aller à la mosquée et de proclamer sa protection aux gens. Le Prophète écouta et lui dit sans l'humilier que cela n'engageait que lui.

Abou Soufiâne désappointé, regagna la Mecque. Il ne trouva personne pour parler au Prophète car ce dernier avait promis de défendre ses alliés contre ceux qui ne respectent pas leur parole.



Les préparatifs :

Après le départ d'Abou Soufiâne, le Prophète entra chez lui et dit à ‘A’icha de lui préparer son armure et ses habits de guerre. Il la mit au secret et lui enjoignit de ne pas en parler. Elle était la seule personne qui connaisse la décision du Prophète d'aller conquérir la Mecque. Aicha tint le secret et n'en parla même pas à son père qui l'interrogea à la vue de ces préparatifs.

Le Prophète avertit ses Compagnons et les tribus des alentours de Médine de se préparer pour partir à la guerre. Quand ils s'enquirent sur la destination, le Prophète leur dit qu'ils le sauraient plus tard. La conduite du Prophète était guidée par son souci de ne pas verser le sang. Médine comptait parmi ses habitants des hypocrites qui, s'ils apprenaient les intentions du Prophète auraient alerté les Mecquois qui se seraient préparés à l'affrontement.

Le Prophète, avant de quitter Médine, envoya huit Compagnons pour faire diversion avec à leur tête Talha Ibn Oubeida Allah pour explorer la route vers la tribu de Hawazen. Tout le monde pensa alors que la destination était Hawazen.



Mais, un incident grave se produisit avant que l'armée musulmane ne sorte de Médine. Le Compagnon Hâteb Ibn Abi Baltaâ, qui était présent à la rencontre du Prophète et de ‘Amr Ibn Sâlim envoya une missive à Qoraïche pour l'avertir que Mohammed se préparait à les attaquer. Il la confia à une femme et lui ordonna de bien la cacher et d'aller à la Mecque pour la donner à Abou Soufiâne en empruntant un chemin différent.

A ce moment Jibrîl descendit et informa le Prophète de ce qu'avait fait Hâteb. Le Prophète envoya Ali, Al-Miqdad et Az-Zoubayr rattraper la femme pour récupérer la lettre. Ali et ses Compagnons partirent au galop et purent rejoindre la femme. Ils lui demandèrent de leur remettre ce qu'elle portait mais elle nia porter un message. Alors ils lui dirent que le Prophète et l'ange Jibrîl ne sont pas des menteurs et menacèrent de la fouiller. La femme démêla alors ses cheveux où elle tenait cachée la lettre qu’elle remit aux Compagnons.

Le Prophète prit la lettre et, à la mosquée, il demanda à Ali de la lire aux gens. Quand Ali lit la lettre, les Compagnons furent abasourdis par le geste de Hâteb qui avait pourtant combattu à Badr. Quand le Prophète interrogea Hâteb sur ce qu'il venait de faire, celui-ci implora son pardon et lui dit qu'il n'avait pas renié sa foi et n'avait pas fait cela par mécréance à son message ou hypocrisie, mais parce qu'il avait laissé parmi Qoraïche sa famille et ses enfants et avait voulu par ce geste gagner les faveurs de Qoraïche pour qu'ils lui préservent sa famille et ses biens. ‘Omar se leva et demanda la permission du Prophète de couper la tête au traître qu'ils venaient de débusquer. Mais le Prophète le retint et lui dit que Hâteb avait combattu à Badr et que peut-être Dieu avait pardonné à tous ceux qui avaient combattu à Badr. ‘Omar pleura ému par la miséricorde du Prophète. Hâteb qui avait agi par faiblesse se repentit et le Prophète continua à se servir de lui. Pour cela nous ne devons jamais perdre espoir en la miséricorde de Dieu et tout particulièrement durant ces derniers jours du mois sacré de Ramadan.



Le but de l'expédition était à présent connu. Le Prophète ordonna un blocus sur Médine et interdit toute sortie de la ville et désigna ‘Omar pour veiller à ce que personne ne quitte Médine.



La conquête de la Mecque:

L'armée des musulmans s'ébranla enfin, elle comptait dix mille hommes. Les deux ans de paix avec Qoraïche avaient été bénéfiques aux musulmans et la conversion des Arabes était massive. L'armée prit le chemin de la tribu des Hawazen, et tous ceux qui espionnaient les musulmans surent que le Prophète se dirigeait vers les Hawazen qui se préparèrent à la guerre. Mais le Prophète changea ensuite de cap et se dirigea droit vers la Mecque en toute hâte. Il envoya Talha et Az-Zoubayr en éclaireurs et leur enjoignit de capturer tout espion de Qoraïche qu'ils rencontreraient. Cela coupa les nouvelles des Qoraichites qui croyaient que l'armée du Prophète rampait sur Hawazen. Le Prophète réussit à s'approcher de la Mecque sans que Qoraïche ne sache rien de sa venue, il était à quelques verstes de la Mecque avec dix mille hommes.



Quand le Prophète arriva aux abords de la Mecque, il dressa son camp et ordonna aux Compagnons d'allumer les feux. Il voulait abattre le moral des Qoraichites afin de briser en eux toute velléité de guerre. A ce moment, un homme de Qoraïche quittait la Mecque pour Médine, c'était Al-‘Abbâs, l'oncle du Prophète qui s’était converti à l'Islam. Le Prophète se réjouit de la conversion de son oncle qui pria le Prophète de ne pas entrer à la Mecque et lui demanda de l'autoriser à y retourner pour convaincre Abou Soufiâne de livrer la Mecque sans combat. Le Prophète l'autorisa et lui donna sa mule en signe de son approbation.



En retournant vers la Mecque, Al-‘Abbâs rencontra Abou Soufiâne qui sortait à destination de Médine dans l'espoir d'attendrir le Prophète et de lui arracher un prolongement de la trêve. Mais que pouvait-il aux desseins de Dieu, le moment était venu pour que la vérité éclate. Abou Soufiâne au détour d'une crête vit des milliers de feux allumés dans la plaine. Pris au dépourvu, il ne sut pas quelle armée c'était. Et voilà Al-‘Abbâs qui venait au devant de lui en lui disant : “ Ô Abou Soufiâne; c'est le Prophète en compagnie de dix mille hommes. Si tu t'entêtes à lui faire la guerre, c'est toute Qoraïche qui périra, alors va lui livrer la Mecque et épargne la vie de tes compatriotes. ”



Abou Soufiâne accepta et monta avec Al-‘Abbâs sur la mule du Prophète et à chaque fois qu’ils passaient devant un feu musulman, il entendait quelqu’un leur demander qui ils étaient, et dès qu’ils voyaient la mule du Messager d’Allah, ils disaient : “ C’est l’oncle du Messager sur la mule du Messager d’Allah ” et les laissaient passer. Mais quand ils sont passés à côté de ‘Omar Ibn Al-Khattâb, ce dernier reconnut Abou Soufiâne et s’écria : “ C’est Abou Soufiâne l’ennemi d’Allah, louanges à Allah qui m’a permis de te retrouver sans qu’il y ait entre nous une trêve ou un pacte.” Mais Al-‘Abbâs lui avait offert l'immunité et Abou Soufiâne entra dans la tente du Prophète. A sa vue, le visage du Prophète devint rouge. Il lui dit (BP sur lui): “ Vous avez trahi ô Abou Soufiâne et tu es venu me demander la paix en prétendant qu'il n'y avait pas de trahison… ” Abou Soufiâne lui dit : “ Par Allah ! Vraiment Allah t'a préféré à nous et nous avons été fautifs. ” Alors le Prophète lui dit : “ Pas de récriminations contre vous aujourd'hui, qu’Allah vous pardonne.” Puis le Prophète lui dit : “ N’est-il pas temps que tu saches qu’il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah ?” Abou Soufiâne répondit : “ Comme tu es noble, généreux attentionné envers la famille, par Allah s’il y avait une autre divinité qu’Allah, elle m’aurait épargné quelque chose maintenant.” Le Prophète lui dit : “ N’est-il pas grand temps pour toi de savoir que je suis le Messager d’Allah ? ” Abou Soufiâne lui répondit : “ Quant à cela j’en doute encore. ” Al-‘Abbâs lui dit alors : “ Malheur à toi, convertis-toi et atteste qu’il n’y a pas de dieu qu’Allah et que Mohammad est Son Messager”. Abou Soufiâne déclara alors malgré lui : “ J'atteste qu'il n'y a pas de Dieu qu’Allah et j'atteste que Mohammad est Son Messager ”.

Al-'Abbâs dit alors au Prophète (BP sur lui) : “ Abou Soufiâne est un homme qui aime le prestige, accorde lui un honneur ”. Le Prophète (BP sur lui) déclara alors : “ Oui, celui qui entrera dans la maison de Abou Soufiâne sera en sécurité et celui qui fermera sa porte sur lui-même sera en sécurité et celui qui entrera à la mosquée sera en sécurité. ”

Le Prophète demanda à son oncle de retenir Abou Soufiâne dans le camp jusqu'au matin. Le Prophète craignait qu'il change d'avis en rentrant à la Mecque et il voulait qu'il voit l'armée de jour pour couper court au doute dans son cœur.

Le matin, le Prophète passa en revue l'armée devant Abou Soufiâne qui se rendit compte de la force des musulmans en voyant toutes les tribus qui avaient rallié le camp de l'Islam. Il devança le Prophète à la Mecque en criant : “ Celui qui entrera dans la maison de Abou Soufiâne sera en sécurité et celui qui ferme sa porte sur lui-même sera en sécurité et celui qui entrera à la maison sacrée sera en sécurité. ”



Le Prophète entra à la Mecque sans coup férir en récitant la sourate Al-Fath (LA VICTOIRE ECLATANTE) Allah (exalté soit-Il) dit-ce qui peut être traduit comme : " En vérité Nous t'avons accordé une victoire éclatante, " (TSC, Al-Fath (LA VICTOIRE ECLATANTE) : 1).

Le Prophète ordonna à son armée de ne combattre que ceux qui se montreraient hostiles, il dit : “ Voici venu le jour de la clémence et non le jour du deuil et du carnage ”.

Il se dirigea vers la Ka’ba la tête baissée en signe d'humilité, en disant à haute voix : “ La vérité est venue et l'erreur a disparu. Car l'erreur est destinée à disparaître !” Et il brisa toutes les idoles qui s'y trouvaient et fit monter Bilâl sur son toit pour l’appel à la prière pour la première fois à la Mecque.



Le Prophète monta alors sur le mont As-Safa et dit aux gens qui s'y étaient réunis : “ Ô les Qoraichites, que croyez-vous que je vais faire de vous ? ” Ils répondirent : “ (Tu es) Un frère généreux et un neveu généreux ! ” Alors le Prophète (BP sur lui) leur dit : “ Pas de récrimination contre vous aujourd'hui. Qu'Allah vous pardonne, partez, vous êtes libres. ”



Conclusion :

C’était le récit de la conquête de la Mecque, un épisode de la sira du Prophète chargé de nombreuses significations. Je conclus en vous racontant cette histoire.

Foudala Ibn Oumeyr tenta de tuer le Prophète alors que celui-ci faisait la circumambulation autour de la Ka’ba. Quand il s'approcha du Prophète ; celui-ci le sentit et se tourna vers lui et lui dit : “ A quoi penses-tu ? ” “ Je pensais à Allah ”, lui répondit-il. Le messager d'Allah sourit et lui dit : “ Implore le pardon du Seigneur ”, puis il posa sa main contre la poitrine de Foudala pour l'apaiser. Ce dernier raconte : “ Avant qu'il ne me touche il était le plus haï des hommes pour moi, mais quand il retira sa main, je l'aimais plus que toute autre créature au monde ”. En rentrant chez lui, Foudala rencontra une femme qui lui plaisait et avec qui il était en relation. Elle l'interpella et lui demanda de venir faire un brin de causette. Il lui répliqua: “ Allah et l'Islam m'en défendent. Je leur suis soumis depuis le jour où Mohamed brisa les idoles et fit paraître au grand jour la religion de Dieu en jetant dans l'ombre celle des idoles.”



La conquête de la Mecque fut une fin en apothéose du sacrifice et de la détermination du Prophète (BP sur lui) et de ses Compagnons qui avaient été chassés de leurs maisons et privés de leurs biens et que Dieu récompensa en leur accordant la victoire par la conquête de la Mecque. Saurions-nous aujourd'hui marcher sur leurs pas, vivre et mourir pour la cause d'Allah ? Nous sommes à la nuit du vingt-septième jour de Ramadan et cette nuit sera témoin auprès d’Allah de nos sentiments aujourd'hui.



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Re : Episode 26 : La conquête de La Mecque

Message non lupar Georges » mer. 30 juil. 2008 15:37

Et la conquête de New York

Image


"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
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Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928


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la mecque est le centre du monde

Message non lupar maya » sam. 1 nov. 2008 22:53

j'aimerai savoir ce qui amène les scientifiques musulmans a cette conclusion sachant que la terre est ronde (légèremetn sphérique)?




Salut
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Re: la mecque est le centre du monde

Message non lupar Salut » sam. 1 nov. 2008 23:56

maya a écrit :finalement j'ai trouvé ce lien
intéressant
http://forum.doctissimo.fr/psychologie/ ... 7687_1.htm
Le centre du monde c'est chez Mira :roll:

Non, plus serieusement, tu nous a envoyé un lien doctissimo, pas vraiment une référence :wink:


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Re: la mecque est le centre du monde

Message non lupar mira » dim. 2 nov. 2008 00:42

Le centre du monde serait chez moi? J'ai rien contre a condition de ne pas venir me casser les pieds.

Bon plus serieusement , à ma connaissance je ne vois pas comment la Mecque peut etre le centre de la terre. Aucun pays d'ailleurs ne peut l'etre puisqu'ils sont en surface. Enfin je parle du centre de gravité.


Je signale que je me désolidarise des propos racistes , musulmanophobes ou pro israeliens de certains intervenants.
J'ai utilisé le mot "youppin" en opposition à "muzz" car c'etait le seul moyen que j'ai trouvé pour réveiller des consciences complètement endormies. Le résultat n'est pas des plus concluants mais je ne regrette pas d'avoir essayé. Il va de soi que pour moi les deux sont aussi infâmes l'un que l'autre . Ce sont des injures qui ne visent que des personnes en particulier et jamais un groupe humain. Je demande pardon aux gens que j'aurais blessé sans le vouloir.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus l'islam , je vous conseille de vous référer aux archives.

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Re: la mecque est le centre du monde

Message non lupar maya » dim. 2 nov. 2008 00:58

Salut a écrit :
maya a écrit :finalement j'ai trouvé ce lien
intéressant
http://forum.doctissimo.fr/psychologie/ ... 7687_1.htm
Le centre du monde c'est chez Mira :roll:

Non, plus serieusement, tu nous a envoyé un lien doctissimo, pas vraiment une référence :wink:

j'ai tapé sur google
en as tu d'autre a proposer?



Salut
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Re: la mecque est le centre du monde

Message non lupar Salut » dim. 2 nov. 2008 01:01

C'est ton sujet et tes questionnement Maya. De plus google n'est qu'un moteur de recherche, faut trier les informations et ne prendre que celles qui soient exploitables.


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Re: la mecque est le centre du monde

Message non lupar maya » dim. 2 nov. 2008 01:11

Salut a écrit :C'est ton sujet et tes questionnement Maya. De plus google n'est qu'un moteur de recherche, faut trier les informations et ne prendre que celles qui soient exploitables.

oui ma quesiton était comment arrivent ils a en déduire que la mecque est le centre dumonde
finalment je crois que les explications sont vraiment tirés par les cheveux,



Salut
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Re: la mecque est le centre du monde

Message non lupar Salut » dim. 2 nov. 2008 01:23

maya a écrit :
Salut a écrit :C'est ton sujet et tes questionnement Maya. De plus google n'est qu'un moteur de recherche, faut trier les informations et ne prendre que celles qui soient exploitables.

oui ma quesiton était comment arrivent ils a en déduire que la mecque est le centre dumonde
finalment je crois que les explications sont vraiment tirés par les cheveux,
Apres tout dépend de ce que l'on entend par centre du monde.
Et aussi il faudrait aussi analyser les explications de ceux qui l'affirment (je te parle de ceux qui sont serieux bien entendu).
Sinon la on reste dans le vague !


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Re: la mecque est le centre du monde

Message non lupar Raf » dim. 2 nov. 2008 01:25

Salut a écrit :Et aussi il faudrait aussi analyser les explications de ceux qui l'affirment (je te parle de ceux qui sont serieux bien entendu).
Euh pardon ? Tu peux me répéter ça sans te marrer ?



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Re: la mecque est le centre du monde

Message non lupar Salut » dim. 2 nov. 2008 01:32

Raf a écrit :
Salut a écrit :Et aussi il faudrait aussi analyser les explications de ceux qui l'affirment (je te parle de ceux qui sont serieux bien entendu).
Euh pardon ? Tu peux me répéter ça sans te marrer ?
Je dis qu'il faut lire les explications de ceux qui l'affirme suivant leur définition a eux du centre du monde.
Inutile de jouer avec les mots, on ne parle pas du centre comme étant celui d'une sphere.


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Re: la mecque est le centre du monde

Message non lupar david » dim. 2 nov. 2008 03:01

Comme les autres j'attends une source fiable comme quoi pour les musulmans la mecque est le centre du monde. Si c'est juste 2 pelés et 3 tondus qui disent ça dans un forum médical avec un lien youtube ça vaut pas le coup de faire un débat la dessus.

Aprés que spirituellement la mecque soit le centre de tout pour un musulman, là oui ça se comprend.





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