Etre Juif

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yaoull
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Re: Etre Juif

Message non lupar yaoull » dim. 21 févr. 2016 10:46

Dernier message de la page précédente :

« Si les statistiques sont justes, les juifs constituent un quart de un pour cent de la race humaine… Aproprement parler, on ne devrait pas entendre parler d’eux. Mais on parle d’eux, on a toujours parlé d’eux. Les juifs ne sont pas plus importants que les autres peuples, mais leur place est pourtant hors de proportion avec la petitesse de leur nombre. Leur contribution à la liste des grands noms de la littérature, de la science, de l’art, de la musique, de la finance, de la médecine et des connaissances absconses, est également hors de proportion avec leur nombre… Les Egyptiens, les Babyloniens et les Perses s’élevèrent, remplirent la planète de sons et de splendeur, puis s’évanouirent comme dans un rêve pour ne plus revenir ; les Grecs et les Romains suivirent faisant grand bruit pour disparaître à leur tour… Les juifs les ont vu passer tous, leur ont survécu et demeurent ce qu’ils ont toujours été… Toutes choses meurent sauf les juifs ; les autres forces passent mais ils restent. Quel est le secret de leur immortalité ? » (Mark Twain, article du Harper Magazine, 1897).

Ce n'est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l'Eternel s'est attaché à vous et qu'il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. (Deut7:7) Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. (2cor12.16) Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. (1cor1.28)

https://www.youtube.com/watch?v=SnFry1Xs4ZA


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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » mar. 15 mars 2016 11:04

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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » lun. 21 mars 2016 12:30

Elohim/Jéhovah

La création du monde est, dans la « Genèse », racontée de deux façons différentes. Dans le premier récit, « Dieu » est appelé « Elohim », dans le second « Jahveh ». On a donc donné le nom de « Elohiste » et de « Jehoviste » à chacun de ces récits. A titre de spécimen, nous donnons quelques passages de ces deux récits ; on remarquera que la création d'Eve, que le péché d'Adam n'existent que dans le récit Jehoviste.

Récit Elohiste. - I. - 1. Au commencement, Elohim créa les cieux et la terre. 2. La terre était un chaos ; le souffle d'Elohim se mouvait sur les eaux. 3. Elohim dit : « Que la lumière soit ! » Et la lumière fut. 4. Et Elohim vit la lumière, qu'elle était bonne, et Elohim sépara la lumière d'avec les ténèbres. 5. Et Elohim nomma la lumière jour, et les ténèbres nuit ; et il fut soir, et il fut matin ; un jour. 6. Elohim dit : « Qu'il y ait un firmament entre les eaux ! »… 9. Elohim dit : « Que les eaux qui sont sous les cieux se rassemblent et que le sec apparaisse. »… 11. Et Elohim dit : « Que la terre produise la verdure, l'arbre fruitier portant le fruit suivant son espèce. »… 14. Elohim dit : « Qu'il y ait des luminaires dans le firmament pour diviser le jour d'avec la nuit. »… 20. Elohim dit: « Que les eaux fourmillent de vie et que les oiseaux volent sur la terre. »… 21. Et Elohim créa les monstres marins et tous les êtres dont fourmillent les eaux, et tout oiseau ailé. 22. Et Elohim les bénit en disant : « Soyez féconds, multipliez et remplissez les eaux des mers, et que l'oiseau multiplie sur la terre ! » 24. Et Elohim dit : « Que la terre produise des êtres vivants suivant leurs espèces. » 26. Et Elohim dit : « Faisons l'homme à notre image » ; mâle et femme, il les créa. 28. Et Elohim les bénit et il leur dit : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et l'assujettissez ! » 29. Et Elohim dit : « Voici, je vous donne toute herbe portant semence et tout arbre qui a un fruit... pour votre nourriture. »

II. - 1. Et furent achevés les cieux et la terre et toute leur armée. 2. Et Elohim acheva au septième jour son œuvre ; et au septième jour il se reposa. 4. Ceci est les généalogies des cieux et de la terre, lorsqu'ils furent créés.

Récit Jehoviste.
- II. - 4. Au jour que Jahveh Elohim fit la terre et les cieux. 5. Aucun arbuste n'était encore sur la terre, aucune herbe n'avait encore germé, parce que Jahveh Elohim n'avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, et il n'y avait pas d'hommes pour cultiver le sol. 6. Mais une nuée s'éleva de la terre et arrosa le sol. 7. Et Jahveh Elohim forma l'homme de la poussière du sol et souffla dans ses narines le souffle de vie. 8. Et Jahveh Elohim planta un jardin dans l'Eden et y plaça l'homme qu'il avait formé. 9. Et Jahveh Elohim fit pousser du sol tout arbre agréable, et l'arbre de vie au milieu du jardin et aussi l'arbre de la science du bien et du mal. 15. Jahveh Elohim prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Eden pour le cultiver et le garder. 16. Et Jahveh Elohim ordonna à l'homme, en lui disant : « De tout arbre du jardin tu peux manger. » 17. Mais de l'arbre de la science du bien et du mal tu ne mangeras pas, car au jour où tu en mangeras tu mourras de mort. 18. Et Jahveh Elohim dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide qui lui corresponde. » 21. Alors Jahveh Elohim fit tomber un profond sommeil sur l'homme, il prit une de ses côtes et enferma la place avec de la chair, 22. Et Jahveh Elohim forma le côté qu'il avait pris à l'homme, en femme, et il l'amena à l'homme...



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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » jeu. 19 mai 2016 18:18

Le 12 mars 2014, l'Institut Universitaire des Etudes Juives Elie Wieselet son directeur des études, Franklin Rausky, ont eu le privilège de recevoir le professeur Henri Atlan pour donner une leçon sur le thème « L'invention de la religion juive », devant quelques 200 participants.
Nous sommes heureux de vous permettre de voir à votre tour cette conférence passionnante dans laquelle le professeur Atlan met en lumière le long processus historique qui conduit le peuple juif, à l'origine défini par une tradition, une mémoire et une législation, à devenir au moyen-âge, une religion au sens strict du terme, avec des principes doctrinaux différents de ceux du christianisme et de l'Islam.
Les notions de croyance et de foi n'ont pas eu la même signification dans les temps bibliques, à l'époque talmudique et dans la période qui a suivi jusqu'à nos jours. Les professions de foi qui caractérisent la religion juive, plus récentes que celles du Christianisme et de l'Islam, datent du Moyen Age.
L'évolution du statut des articles de foi de Maïmonide et de leur relation avec une connaissance scientifique et philosophique montre comment une partie du judaïsme s'est instituée en religion. De là il faudrait conclure que la notion de « religion » d'Israël n'est pas si antique que cela. Dans le monde de l'antiquité hébraïque et particulièrement dans l'écriture biblique, le terme « religion » n'existe pas. Israël est une civilisation globale et non une secte avec des dogmes théologiques établis par une autorité unique. A l'époque médiévale, face aux deux autres religions monothéistes, christianisme et islam, les philosophes juifs tentèrent de définir le corpus de la foi d'Israël marqué par la singularité du message hébraïque en regard des deux grandes civilisations conquérantes de l'époque.

Retrouvez les enseignements de l'Institut Elie Wiesel sur

http://www.instituteliewiesel.com

https://www.youtube.com/watch?v=jI3WSr7-KU4&t=1521s

https://www.youtube.com/watch?v=jI3WSr7-KU4&t=1521s




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Re: Etre Juif

Message non lupar Proust » mer. 1 juin 2016 14:08

Un film sur la haine des juifs dans le monde.

https://www.youtube.com/watch?v=pjOSovRwLVY


Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n'est pas victime ! Il est complice.
George Orwell.

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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » dim. 3 juil. 2016 13:30

BHL : "La mort d'Elie Wiesel me bouleverse"
Le philosophe et écrivain admirait le Prix Nobel de la paix, homme de combats et de justes causes. Il livre au "Point" un poignant témoignage.

Elie Wiesel est mort samedi 2 juillet à l'âge de 87 ans.

Bernard-Henri Lévy avait partagé avec Elie Wiesel de nombreux combats. Celui de la vérité contre l'obscurantisme, de la mémoire contre l'oubli, de la justice contre l'indifférence, de la paix contre la guerre, de la beauté du monde contre la barbarie de quelques-uns et, finalement, du courage contre la lâcheté. Le philosophe perd un grand frère et un modèle. Quelques minutes après avoir appris la mort du Prix Nobel de la paix 1986, il a confié au Point.fr les souvenirs et les convictions qui les unissent à jamais !

« Je suis bouleversé. Elie Wiesel, c'était une certaine idée du judaïsme. C'était l'esprit et le génie du judaïsme faits homme. C'était aussi, avec Primo Levi, avec Imre Kertész, l'un des rares, des très rares, à avoir su dire l'indicible, à avoir pu mettre des mots sur ce qui, en principe, aurait dû intimer silence à tout langage. C'était la mémoire vivante de la Shoah. C'était, à lui seul, un bloc de mémoire et de vérité. C'est par lui, à travers lui, qu'un grand nombre de Juifs, survivants du pire ou s'en souvenant, ont pu recommencer de vivre.
Il était un grand Juif

Elie Wiesel était aussi un homme bon. Simple. C'est aux simples d'esprit, aux mendiants que, dans ses romans, il s'identifiait. Et puis c'était un Juif universaliste. C'était un Juif qui avait su se mobiliser pour les Rwandais, les Darfouris, les Cambodgiens. C'est là, d'ailleurs, que je l'ai vu pour la première fois. À la frontière du Cambodge qui sortait d'un génocide. Il avait une conviction inébranlable : l'exception n'exclut pas, elle oblige ; le souvenir de la Shoah ne ferme pas, il ouvre ; ne pas céder sur la Shoah n'avait, pour lui, qu'un sens – nous rendre attentifs au toujours possible retour de l'horreur. C'était, en tous les sens possibles, un grand Juif. »



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Re: Etre Juif

Message non lupar omar » dim. 3 juil. 2016 21:01

C'était un sioniste


«L'Occident n'oppose aucune idéologie à l'islamisme, sinon celle de l'argent»

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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » mar. 5 juil. 2016 13:06

Claude Lanzmann règle ses comptes avec Elie Wiesel !

VIDÉO. Moins de 24 heures après la mort du Prix Nobel, le cinéaste lui a rendu un hommage "très personnel" que France Inter a fait disparaître de son site.

Invité de France Inter dimanche 3 juillet peu avant 8 heures, Claude Lanzmann, le réalisateur de Shoah, a contenu ses larmes et son émotion pour parler d'Elie Wiesel décédé la veille. Tirant la conversation à lui – comme souvent –, Lanzmann reproche d'abord au Prix Nobel de ne pas lui avoir réservé un bon accueil lorsqu'il lui a annoncé à New York qu'il allait préparer le film. « L'idée que je réalise Shoah le rendait fou. Je crois que l'explication est simple. La Shoah était, pensait-il, son domaine à lui et moi, je n'étais pas survivant d'un camp », explique péniblement Lanzmann.

Plus tard, il dresse Imre Kertész, Prix Nobel de littérature – à qui il tresse des lauriers –, contre Wiesel en lisant un extrait d'Ê tre sans destin. « Elie Wiesel a passé à Auschwitz en tout et pour tout 3 ou 4 nuits. Le reste du temps, il était à Buchenwald. Il n'était pas à Auschwitz », semble-t-il extraire de l'ouvrage de l'auteur hongrois ? Oui, vous avez bien lu !
« Un étonnant article »

Ultime et peu glorieuse salve du journaliste, écrivain et cinéaste de 90 ans, il se souvient de l'accueil qu'ont réservé les médias à Shoah en 1985. Et Wiesel en prend encore pour son grade, coupable d'avoir pris la plume trop tard. « Elie Wiesel a fini par écrire dans le New York Times un étonnant article où il ne parlait ni du film ni de celui qui l'avait fait, mais simplement disant qu'il aurait bien voulu connaître les protagonistes de Shoah pour leur serrer la main. » 31 ans plus tard, ce texte est resté en travers de la gorge de Claude Lanzmann qui trouve important d'en faire référence quelques heures après la mort d'Elie Wiesel.

Cette interview de près de 8 minutes n'était plus disponible ce mardi matin sur le site de France Inter. Quelques blogueurs l'ont néanmoins conservée. Nous vous proposons de l'écouter in extenso...



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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » lun. 19 sept. 2016 11:19

Histoire des juifs en terre d'islam
MASSACRES PERPÉTRÉS PAR LES MUSULMANS LORS DE LEURS CONQUÊTES

Liste des massacres perpétrés au nom de l'islam dans sa conquête de l'Afrique, l'Asie et l'Europe.
D'après le livre d'IBN WARRAQ "Pourquoi je ne suis pas musulman"
Complété par
http://www.lemanlake.com/french/chronos_2.htm

«Histoire des Juifs »
http://www.histoiredesjuifs.com
Et par différentes recherches sur Internet
_____________________________________________________


624. Après la victoire de Badr, début de l'élimination des juifs.
625. Expulsion du clan juif des Al Nadir.
626. Massacre des juifs Beni Khazradj et partage des familles et du butin.
Expédition contre les juifs Beni Qoraizha, insultés par Mahomet : "O vous, singes et cochons".

Massacre des 700 juifs Beni Qoraizha, liés pendant trois jours, puis égorgés au-dessus d'un fossé, avec les jeunes garçons.

Meurtre du juif Kab chef des Beni nadhir poète satiriste, et de sa femme, qui s'était moqué de Mahomet

Expédition contre les juifs de Khaybar.

Meurtre sur ordre de Mahomet du juif Sallam Abou Rafi

Mahomet fait couper les palmiers de l'oasis des juifs Beni Nadhir

Mahomet prend parmi les Beni Qoraizha une jeune fille très belle comme part du butin Rayhanna

Près la bataille du Fossé, en 627, Muhammad décide d’en finir avec la tribu des Banu-Kuraiza, qu'il accuse d'avoir soutenu ses ennemis ;
Sur son ordre, les musulmans décapitent 600 à 700 hommes (d’autres sources écrivent 600 à 900 victimes) s’emparent des biens de la tribu, et vendent les femmes et les enfants en esclavage.
même époque: expulsion des Nadir et leur massacre

628. Mahomet aux juifs beni Qainoqa : "Si vous n'embrassez par l'islam, je vous déclare la guerre".

Rapt des femmes et enfants de la tribu des Moshjarik

Attaque des juifs de Khaïbar, et torture des prisonniers

Prise de l'oasis juive de Fadak comme bien personnel de Mahomet

Soumission des juifs de Wadil Qora.

630. Soumission des juifs et chrétiens de Makna, Eilat, Jarba

Mort de Mohammed
-
638. Expulsion des juifs de Jérusalem
-
640. Expulsion des juifs du Hedjez

-
643. Expulsion des juifs de Khaybar par Omar

Prise de Reï : "Le sang coulait dans la ville comme un ruisseau"
-
940. Décapitation de l'exilarque juif de Bagdad pour avoir souillé le nom de Mahomet
-
945. Assassinat par une foule de fanatiques du dernier exilarque juif de Bagdad
-
948. Fermeture de l'école de théologie juive de Bagdad "Sora".
-
1004. Juifs et chrétiens doivent porter un turban et une ceinture noirs en Égypte

1009. Juifs et chrétiens d’Égypte doivent porter une croix ou des clochettes dans les bains

1010/ 1013. Des centaines de juifs tués dans le sud de l'Espagne.
-
1016: juifs chassés de Kairouan (Tunisie)

1033: massacre de 6000 juifs à Fez (Maroc)

1040. Décapitation du théologien juif Gaon Chiskiya chef d'une école talmudique.
-
1152. Avènement d'Abd el Moumin ; choix pour les chrétiens et juifs entre la conversion ou la mort

1066: Au cours du massacre de Grenade, assassinat du Nagid de la communauté,
successeur de Samuel Ha Nagid
Massacre de 4.000 juifs à Grenade
-
1073. Début des persécutions contre juifs et chrétiens par les Turcs à Jérusalem
Massacres d'infidèles à Damas.

1090 Expulsion de Juifs de Grenade -
1100. Massacre de juifs à Fez et Grenade
1140. Les Almohades deviennent maîtres du Maghreb. Cette dynastie fondamentaliste de l’Islam ne laissera aux Juifs que le choix entre la conversion et la mort.

1145. L’Andalousie passe des mains des Almoravides à celles des Almohades, dynastie musulmane qui persécutera les Juifs et détruira les principales communautés juives d’Andalousie. Les Juifs sont contraints d’adopter l’Islam et ne peuvent pratiquer le judaïsme qu’en cachette.

1146. TLEMCEN Massacre de juifs par les Almohades

1159. La famille de Maïmonide quitte l’Espagne, aux mains des Almohades, et se réfugie à Fès, au Maroc. C’est à cette époque que Maïmonide rédige son Maamar Kidoush Hashem (la lettre sur la sanctification du Nom) où il traite de la question du martyr, question que la dynastie des Almohades rend très actuelle. Au cours de cette période, il rédige également un ouvrage où il tente d’éclairer le contenu et le plan de la Mishna, le luminaire (HaMaor).

1165 et 1178 conversions forcées au Yémen pour les juifs

1165 (avant) Benjamin de Tudèle visite le faubourg de Pera, à proximité de Constantinople, d’où les Juifs ont été expulsés. A Pera, un mur sépare le quartier Juif rabbinique du quartier Caraïte.

1184.à 1199 Règne des Almohades Abu Yousouf Akub Al Mansour qui persécutera durement les Juifs.
Ils obligent les juifs à porter des insignes distinctifs – c’est l’invention de la future étoile jaune.

1198. conversions forcées à Aden pour les juifs
Al Malik Al Mouez, sultan Ayyubide, convertit de force les Juifs du Yémen à l’Islam. Maimonide leur adresse une lettre de consolation. (Epître au Yémen)

1201. à la mort du Sultan, les Juifs reprennent leur ancienne foi.

1200 massacres de juifs en Afrique du nord par les Almohades
1232 massacres de juifs à Marrakech

1270. Ségrégation généralisée des juifs en Andalousie

1291 conversions forcées des juifs à Tabriz (nord ouest de l'Iran)

1276. Émeute anti-juive à Fès
-
1301. Début de la persécution des juifs en Égypte
En Eretz Israël, et dans tout le territoire Mamelouk, le statut des Dhimmis, Juifs et Chrétiens, est durci.

1318. conversions forcées des juifs à Tabriz (nord ouest de l'Iran

1333. conversions forcées des juifs à Bagdad (Irak)
-
1334. conversions forcées des juifs à Bagdad (Irak)
1448. Le sultan Mamelouk Djakmak interdit aux Musulmans de se faire soigner par des non-musulmans.

1450. Procès de juifs accusés d'avoir écrit le nom de Mahomet dans leur synagogue de Fustat ; ils sont convertis de force.

1460 Conquête de Constantinople par les Musulmans et fin de l’empire Byzantin. L’empire Ottoman à venir sera un des ensembles politiques les plus tolérants à l’égard des Juifs et abritera de nombreuses communautés.

1465. MAROC : sous la dynastie des Merinides, pogrom dans le mellah, les habitants furent presque tous massacrés

1474. La synagogue de Jérusalem est détruite par des fanatiques Musulmans. Elle est reconstruite la même année sur ordre du sultan Mamelouk Qalbay.

1488. Alya du rabbin Ovadia de Bartinoro, auteur d’un incontournable commentaire de la Mishna. Il passe dans son voyage par la célèbre synagogue du Caire, qu’il décrit comme la synagogue du prophète Elie, contenant un rouleau de la Torah copié par Ezra lui-même. Arrivé à Jérusalem, il donne une description lapidaire de l’état de la ville et de la communauté juive : « Le nombre de ses habitants, m’a-t-on dit, se monte à 4 000 familles. Quant aux Juifs, il en reste environ 70 familles, de la classe la plus déshéritée. Il n’est guère de famille qui ne manque des choses les plus nécessaires ; celle qui a du pain pour un an est dite riche ».

1492. Communauté juive de Touat au Maroc massacrée ; synagogues détruites.

1560 Joseph Nassi est parmi les courtisans proches de Soleman 1er le magnifique. Il le pousse à choisir Selim comme héritier du trône au détriment de son autre fils, Bayazid. Proche de Selim, il est promu par celui-ci membre de la garde royale, après sa victoire sur son frère. Soleman, quant à lui, offre à Joseph Nassi la ville de Tibériade en Galilée avec de nombreuses terres cultivables, pour en faire un domaine destiné exclusivement à l’immigration des Juifs. Il pense alors réaliser son projet en implantant à Tibériade la culture de vers à soie, produit précieux et demandé dans toute l’Europe. Il met également en place la logistique afin d’amener d’Italie les Juifs convertis de force au christianisme.

1608 Persécution pendant deux ans des juifs de Taroudat par les Berbères.
-
1622 persécutions contre les juifs en Perse
-
1656 conversions forcées des juifs en Perse

1656-61 - les Juifs chassés sont chassé d'Ispahan

1676. Expulsion des juifs de Sanaa au Yémen.

1700 Massacre des juifs au Yémen

1700 à 1786 juifs expulsés de Jeddah et se réfugient au Yémen

1790Massacre de juifs à Tétouan
1791
19èm siècle

1805. Pogrom contre les juifs d'Alger après une famine
Exil des juifs d'Alger vers Tunis et Livourne
-
1806 Expulsion par fatwa des juifs de Sali au Maroc
Interdiction pour les juifs marocains d'avoir des vêtements occidentaux
Les janissaires du dey d'Alger massacrent et pillent dans le quartier juif
Les juifs d'Alger sont forcés à lutter contre une invasion de sauterelles.

1807 Expulsion des juifs de Tétouan

1815 Les juifs d'Alger sont forcés à lutter contre une invasion de sauterelles.

1828 Massacre de juifs à Bagdad

1830Tabriz : 400 Juifs égorgés.

1830 : début de la persécution des juifs en Perse, provoquée par l'avance russe dans le Caucase.
-
1834 - Pillage à Safed

1839 Conversions forcées et massacre de juifs à Meshed (Iran)
-
1840 Massacre de juifs à Damas - affaire des meurtres rituels
-
1848 Disparition totale des juifs de Machhad en Iran
-
1852 Profanation de la synagogue de Naplouse par des soldats turcs
-
1854 Pogrom antijuif à Demnate au Maroc
-
1867 Massacre de juifs à Barfurush (Iran) Milieu du 18èm siècle
Les sultans du royaume de Boukhara entament une série de campagne d'islamisation forcée
-
Explosion de violence au Maroc, en Algérie, Tunisie, Libye, et dans les pays arabes du Moyen-Orient

20èm siècle

1912
17 au 19 avril 1912
« Les journées sanglantes de Fez » (voir document en fin de liste)


1921 Palestine : 95 morts (fomentés par Al Husseini)

1929 Palestine : Hébron 70 morts

1934 Constantine, Algérie : plus d'une trentaine de juifs sont massacrés par les arabes. Femmes enceintes éventrées, seins coupés, enfants égorgés.
-
1941 IRAK - LE FAHROUD : 200 morts - 2.000 blessés - 1.200 maisons pillées
-
1948
Pendaison à Bagdad de SHAFIK ADAS membre important de la communauté juive –
Oujda et Jerada : Pogrom - 100 morts
Aussi la Résidence passa à des actes plus conformes à son style. Après un échec d'une tentative de provocation au Mellah de Fès le soir de Mimouna, échec dû à la réaction immédiate de militants du Parti Communiste Marocain, le Contrôleur Civil Chennebault organisa à Oujda et Jerada les 7 et 8 juin 1948, le massacre d'une centaine de marocains juifs.(a. serfaty : le judaïsme marocain et le sionisme http://www.lehman.cuny.edu/deanhum/lang ... 5.html)"

En 1948, l’état d’Israël voit le jour. Des troubles éclatent au Maroc qui feront plus de 40 victimes juives. Ces émeutes provoquent le début de l’émigration vers Israël.
http://www.bladi.net/492-l-histoire-des ... e=histoire

1951
Attentat contre la synagogue – à Bagdad - IRAK
Au début du vingtième siècle, au Yémen, eût lieu la mise en pratique de la loi islamique prônant l'islamisation forcée des orphelins. (16.000 yéménites émigrèrent de 1919 à 1948 en Israël) - Les juifs du Najran, Arabie Saoudite, se joignirent à eux.

Pour le Tritl, saccage de Fès en 1912, cliquez sur le lien
http://www.dafina.net/tritl_emeutes_fez.htm

MA LISTE NE COMPREND QUE LES JUIFS



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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » lun. 26 sept. 2016 12:10

Conspirationnisme et antisémitisme : la source de la fureur contre la critique de la doctrine islamique
Les musulmans observants croyant au coran sont censés croire, et croient pour beaucoup, que la critique de l'islam est une abomination et une absurdité, que les critiques de l'islam sont des ennemis de dieu.
On comprend.
On comprend moins que des personnes qui ne cessent de proclamer sur tous les tons leur attachement aux droits humains soient aussi déchaînés contre les critique d'une doctrine, d'une loi, qui est contraire aux droits humains fondamentaux.
L'explication est simple : ces personnes préfèrent imaginer que seuls des juifs peuvent dire du mal de l'islam,
elles préfèrent imaginer cela pour différentes raisons :
certaines personnes préfèrent imaginer qu'elles ont trouvé leurs " juifs du XXI ème siècle " pour se laver du soupçon de racisme,
certaines préfèrent imaginer que les juifs sont bien tous et à jamais tels que Jésus ou Jean, juifs tous les deux, ont qualifiés d'autres juifs, lors de leurs disputes à l'époque,
certaines préfèrent l'islam, "viril", religion de la force, au christianisme issu du judaïsme, trop défenseurs des faibles,
certaines préfèrent imaginer qu'ils ont trouvé " l'ennemi ultime", le juif, " le sioniste" qui ne critique l'islam que pour conquérir " le grand Israël " et le monde en général ...
Narcissiques, chrétiens qui ont juste compris le christianisme à l'envers, impuissants, paranoïaques ... toute une panoplies de délirants
Un exemple de ces délires ? Ce site sur " la mafia khazare ".
Ce texte est du même style que Mein Kampf.
Pourquoi le citer : parce qu'il faut comprendre le raisonnement de ces fous et montrer son absurdité.
Sur la volonté qu'ils prêtent à un groupe manipulateur sans être jamais clair sur l'identité précise des personnes, ce qui laisse comprendre que tous les juifs sont peu ou prou impliqués, sauf ceux qui veulent s'opposer à tous les juifs, j'ai écrit un texte montrant le comique en fait de leur description des coupables : le monde serait dirigé, si on suit les délires complotistes, par un nid de vampires ...



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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » sam. 26 nov. 2016 15:21

Le Judaïsme
Par
Jean Rochette, M.A.
Sciences de la religion
jean.rochette@hotmail.com

Plan de l'ensemble.

Histoire

1. Les origines
2. Deuxième période ( durée: 7 siècles)
3. Le premier retour (la Restauration).
4. La seconde Diaspora
5. Le premier millénaire
5.1 Dans le christianisme
5.2 Aux côtés de l’Islam
6. Le deuxième millénaire.
7. Les 18e et 19e siècles.
8. Le vingtième siècle.
9. Le deuxième retour.
10. Répartition des juifs dans le monde aujourd’hui.
Les doctrines

1. Les livres sacrés
1.1 La Bible
1.2 Le Talmud
1.3 La Cabale (Kabbale)
2. Contenu doctrinal du Judaïsme
3. Les groupes différents
Les pratiques

1 Organisation hiérarchique.
2 Pratiques de culte
2.1 Pratiques collectives.
2.2 Pratiques plus individuelles
3 Pratiques morales
4 Le Judaïsme aujourd’hui
Conclusion
Bibliographie
Liens utiles

Histoire

1. Les origines

Retracer l’histoire du judaïsme de l’Antiquité, c’est entrer dans un domaine familier que la plupart d’entre nous qui ont suivi une instruction religieuse ont connu. C’est aussi faire un saut dans l’inconnu puisque, pour le judaïsme, les événements n’ont pas toujours eu la même signification que pour les chrétiens.

Quoi qu’il en soit, nous sommes maintenant entre le 18e et le 20e siècle avant Jésus-Christ. A cette époque, un Empire important existe au Moyen-Orient, du Liban actuel jusqu’au Golfe persique: c’est l’Empire de Sumer.

Dans cet empire, originaire de Haran au nord-ouest de la Mésopotamie, vit à Ur un nommé Terah et toute sa famille. Terah est un homme de son temps, polythéiste comme il se doit, adorant sans doute Sin, le dieu lunaire d’Ur et de Haran. Ur à cette époque est une ville prospère et confortable. C’est d’ailleurs sans doute ce qui y a attiré Terah, lui-même sans doute éleveur. Mais cette prospérité ne dure pas longtemps puisque les Élamites, originaires des montagnes du Golfe Persique, attaquent et anéantissent cette ville en -1960.

Les murs de la ville furent rasés, ses édifices réduits en cendres, et ses portes elles-mêmes furent comblées avec les corps des tués. Forts et faibles périrent de famine ou furent surpris par le feu dans leurs maisons; quant à ceux qui trouvèrent le moyen de survivre, ils s’éparpillèrent en tous sens. Les familles furent disloquées. Les parents abandonnèrent leurs enfants et les maris leurs femmes. (Epstein p.7)

Ce ne fut cependant pas le cas de Terah qui réussit à s’enfuir et à regagner Haran où, malheureusement, il mourut. Il semble que son intention ait été de se réfugier dans les collines de Canaan mais ce fut son fils aîné qui hérita de lui: il s’appelait Abram, et accomplira ce que son père avait prévu. Avec quelques différences, cependant.

Selon Epstein, Abram était déjà à cette époque monothéiste. Mais ce n’était pas un monothéisme comme il en existait déjà. En effet à l’opposé des divinités d’autres religions, comme, par exemple, Anu, grand dieu de Sumer, et Shemesh, dieu universel de Babylone, le Dieu d’Abram n’était pas un dieu de la nature, dieu du ciel ou du soleil; ce n’était pas non plus un dieu local, limité à une ville ou à un pays. Créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui s’y trouve, le Dieu d’Abram était indépendant de la nature et de toute les limitations géographiques. En outre, contrairement aux autres divinités, le Dieu d’Abram était essentiellement un Dieu moral pour qui la droiture et la pratique de la justice étaient choses primordiales. (Epstein, p.8)

Cette conception de Dieu allait bouleverser le reste de l’histoire humaine. Comment Abram en eut-il l’intuition? La Bible parle d’une révélation, plusieurs auteurs de l’histoire juive ne la mettent pas en doute (Benaïm Ouaknine, Chouraqui, Szlakmann etc.). Epstein va un peu plus loin:

Nous ignorons comment Abram parvint à cette conception de Dieu, conception que l’on a justement appelée un "monothéisme éthique", pour la distinguer de toutes les autres formes de monothéisme. Peut-être fut-ce l’aboutissement d’un raisonnement spéculatif, comme ce fut le cas pour d’autres monothéistes, et il se peut que sa noblesse d’âme innée, dont le récit biblique nous est une preuve, l’ait conduit à attribuer à la Divinité qu’il adorait les mêmes qualités morales auxquelles, dans sa propre vie, il tentait d’être fidèle. A moins que, peut-être, sa foi religieuse lui ait été donnée d’un coup, par le moyen de quelque illumination intérieure, par une expérience mystique, une révélation. Quoi qu’il en soit, le jour où il échappa à la ruine d’Ur fut manifestement un tournant dans son évolution spirituelle. Sensible au divin, il comprit que sa délivrance avait été providentielle, et bientôt il possédait la conviction qu’il avait été préservé en vue de fonder une nouvelle nation, une nation qui apporterait au monde la connaissance de Dieu, et à toutes les familles de la terre les bénédictions qui en découlent. (Epstein, pp.8-9)

Deux buts guidaient Abram lorsqu’il reprit la route de Canaan. D’une part, il voyait sans doute la solitude des collines de Canaan comme propices au développement de son intériorité en même temps que proche des routes importantes permettant de faire connaître sa foi à d’autres civilisations et d’autres peuples.

Déjà, à ce stade, on peut parler d’Alliance entre Dieu et Abram, une Alliance qui sera la clé de compréhension de tout le judaïsme et aussi de tout le christianisme. Déjà, Abram avait eu l’intuition de Dieu ainsi que celle de partir d’Haran. Parvenu à Sichem, une révélation confirmera cette Alliance et Abram continuera sa route jusqu’au Néguev. Tout le long du chemin, il fit des adeptes. C’était, véritablement, quelque chose de révolutionnaire car l’idée de convertir des gens de leur "méchanceté" à la foi en Dieu et à une vie droite était parfaitement inconnue avant Abram. (Epstein, p.9)

Arrivés en Canaan, ils reçurent le nom d’hébreux, nom provenant sans doute du cunéiforme habiru qui signifie émigrants, nomades. Avec le temps, ils s’installèrent et c’est ainsi que "les Hébreux, à l’origine une tribu nomade d’agriculteurs et d’éleveurs," vivant "en Mésopotamie aux environs du XVIIIe siècle avant Jésus-Christ" (Ouaknine, p. 9), implantèrent au Moyen-Orient une religion originale dont personne avant eux n’avaient eu l’intuition.

Abraham eut deux fils. Le premier avec Hagar, sa servante égyptienne, eut pour nom Ismaël. Le deuxième, celui qui devait hériter, naquit de son épouse Sarah et eut pour nom Isaac. Plusieurs ont vu dans ces naissances un conflit d’héritage (Szlakmann), la descendance d’Ismaël étant traditionnellement identifiée aux musulmans.

Quoi qu’il en soit, Isaac eut à son tour deux fils: Esaü d’abord et Jacob ensuite. Lors d’une famine, Esaü vendit son droit d’aînesse à Jacob qui devint celui qui devait hériter. Ici encore, certains ont vu un conflit d’héritage, présentant la descendance d’Esaü comme les chrétiens. Toujours est-il que Jacob eut quant à lui douze fils. Jacob fut renommé Israël et ses douze fils furent les ancêtres des douze tribus d’Israël.

Une famine poussa les Hébreux en Égypte où, grâce à un des plus jeunes fils d’Isaac, Joseph, ils purent vivre en paix. En effet, à cette époque, c’étaient les Hyksos qui régnaient sur l’Égypte. Or les Hyksos étaient des sémites et à ce titre, se reconnaissaient des affinités avec les Hébreux. Joseph put donc faire une carrière à la cour égyptienne et les Hébreux purent vivre en paix en Égypte. C’est à ce moment-là que les douze tribus se multiplient et deviennent une ethnie. (Benaïm Ouaknine, p.9)

Pourtant, vers -1580, Ahmosé réussit à expulser les Hyksos d’Égypte. A ce moment-là, un long calvaire va commencer pour les Hébreux, mal vus à cause de cette même parenté avec les Hyksos. Graduellement, le peuple entier sera réduit en esclavage par les égyptiens. Cet esclavage ira toujours en empirant.

Durant ce temps d’esclavage, les Hébreux conserveront ce qui les caractérisent. Le monothéisme d’abord, puis le respect de la tradition et des patriarches, leurs noms et leur langue. Cela leur donne "le sentiment d’être un peuple distinct, c’est-à-dire ayant une identité différente de celle des égyptiens." (Benaïm Ouaknine p.10)

Thouthmosis III conquiert et annexe les territoires du Moyen-Orient jusqu’à l’Euphrate. Cependant, à sa mort, les états sémites se révoltent et tentent de recouvrer leur liberté. Cela a pour conséquence que son successeur, Aménophis II, par vengeance mais aussi par peur, usera de représailles auprès des Hébreux et la situation deviendra si intolérable que, vers -1450, il semble bien que les Hébreux seront exterminés.

Suite à un édit du Pharaon ordonnant de tuer tous les premiers nés mâles des Hébreux, une femme cache son fils qui est recueilli par une princesse égyptienne. C’est Moïse. Élevé à la cour égyptienne, il prend graduellement parti pour les Hébreux contre les égyptiens et doit s’enfuir vers Madian où il se mariera et entreprendra une vie de berger. Cependant, une révélation va transformer la vie de Moïse. La voix de Dieu, venant d’un buisson en flammes ne se consummant pas, lui ordonna de retourner en Égypte afin de libérer les Hébreux et les emmener en Terre Promise. Sur la demande de Moïse, Dieu se nomme: YHWH, que l’on peut traduire par Je suis ce que je suis ou encore Il est ce qu’Il est: "cela implique l’idée que Dieu est Celui qui est partout présent auprès de Son peuple, avec les enfants comme avec les pères, tout au long de leur histoire, passé, présent et avenir." (Epstein, p.12)

Moïse partit donc et le peuple le reconnut comme l’envoyé du Dieu d’Abraham et de l’Alliance. Sous l’effet de 10 fléaux successifs (les dix plaies d’Égypte), Aménophis II finit par laisser partir les Hébreux qui, sous la conduite de Moïse, traversèrent la mer Rouge où les égyptiens qui les poursuivaient se noyèrent. Les hébreux aboutirent au mont Sinaï.

Cette suite d’événements extraordinaires eut sur la vie spirituelle du peuple un effet extrême. Elle les rendit particulièrement sensibles aux choses divines et leur inspira une foi plus forte que jamais dans le Dieu de leurs pères, qui s’était interposé pour les délivrer de la maison de servitude et de la main de leurs ennemis... C’est dans cet état d’exaltation spirituelle que le peuple suivit Moïse dans le désert du Sinaï, où ils devaient apprendre à quelles fins ils avaient été délivrés, et quel destin les attendait. (Epstein, pp.12-13)

Au mont Sinaï, Moïse reçoit des mains de Dieu les dix commandements. En les recevant, il accepte, au nom du peuple, de conclure une nouvelle Alliance avec Dieu, une Alliance décisive.

L’idée d’alliance est fondamentale dans le mosaïsme: l’alliance permet la rencontre de l’éternel incréé et de la créature... Moïse, au Sinaï, conclut le pacte qui unit Israël à son Dieu par le sacrifice: son signe est le Sabbat, le jour de la plénitude de la création parfaite, sa loi celle que Dieu révèle sur le Sinaï. Un peuple est ainsi élu, pour en promouvoir l’ordre dans l’univers. (Chouraqui, p.13)

Dans la révélation du Sinaï, Dieu se révèle comme "le Dieu de l’histoire, intervenant sans cesse dans sa création" (Szlakmann, p.10), et sa Parole, la Torah et les dix commandements, est un ordre universel, bon pour tous les humains de toutes les époques. Le peuple élu doit, quant à lui, jouer le rôle de prêtre et annoncer au monde cet ordre voulu par Dieu: "Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte." (Ex 19,6). Ainsi donc, dès le départ, le judaïsme aura une vocation sacerdotale (prêtres) et universelle qui le caractérisera tout au long de son histoire.

L’Alliance est un véritable mariage entre Dieu et l’être humain, mariage indissoluble qui prévaut pour chaque être humain et dont Israël doit être le témoin privilégié. Ce mariage comprend un cadeau de noces, la Terre sainte, que le peuple élu n’oubliera jamais, et un engagement, celui de Dieu à continuer d’agir dans l’histoire et celui du Peuple d’obéir à la Torah et de la mettre en pratique. Car la loi de Dieu est d’abord et avant tout une loi morale qui fait du judaïsme, comme nous l’avons dit plus haut, un monothéisme éthique.



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Message non lupar yacoub » sam. 26 nov. 2016 15:24

2. Deuxième période ( durée: 7 siècles)

Moïse conduira le peuple à travers le désert durant 40 ans, mais c’est à Josué que reviendra la tâche d’installer le peuple en terre de Canaan. Cette installation sera marquée par une conquête mémorable inscrite avec beaucoup de détails dans la Bible.

Après et pendant la conquête, toute une première partie de l’histoire du peuple élu sera dirigée par des Juges dont les rôles seront à la fois d’être des leaders politiques en même temps que prophétiques et théologiques. C’est aussi à eux qu’incombera l’application de la loi. Les plus célèbres seront Déborah, Gédéon, Samson et Samuel (Benaïm Ouaknine, p.11).

Au cours des conquêtes et des premières années de vie en terre de Canaan, Israël a été en contact avec beaucoup d’autres peuples, religions et coutumes. Ces contacts ont mis en péril l’unité nationale (Chouraqui p. 14) et le mélange des coutumes et des peuples a dissous quelque peu l’originalité d’Israël.

Lorsque Samuel, à la demande du peuple, puis de Dieu, consacre le premier roi d’Israël, Saül, l’unité nationale se restaure et le sentiment d’appartenance redevient fort.

Cette période de l’histoire marquée par les rois conduira Israël à des sommets politiques et temporels jamais atteints. Après Saül, David à qui l’on attribue les Psaumes, sera un grand roi. Son fils Salomon fera construire le Temple et conduira "Israël à l’apogée de sa puissance" (Chouraqui, p.15)

Malheureusement, à la mort de Salomon, le royaume sera divisé en deux, opposant les deux royaumes dans des rivalités et des guerres fratricides. Le premier royaume, celui de Juda, aura pour capitale Jérusalem et pour rois les descendants de David. Le deuxième, celui d’Israël, aura pour capitale Samarie et aura pour rois des petits rois de dynasties diverses. Ces deux royaumes abandonneront peu à peu les enseignements de la Torah, pratiquant l’idolâtrie et sombrant dans la corruption. (Szlakmann, p.11)

À partir de ce moment, Dieu ne passe plus vraiment par les rois pour instruire et conduire son peuple mais par les prophètes. Le prophétisme, en effet, se développe à cette époque d’une façon tout à fait naturelle.

Le prophète est un homme inspiré directement par Dieu et dont le rôle est de juger les événements, de prévoir les châtiments et d’annoncer "l’éternel triomphe de la lumière sur les ténèbres." (Chouraqui, p. 15) Pour cela, il interprète les événements à la lumière de la révélation de Dieu et discerne la volonté de Dieu en confrontant les exigences de la Torah à la réalité historique. C’est ainsi que le prophète va faire évoluer le peuple en intégrant désormais à la théologie judaïque un messianisme nouveau qu’on n’avait jamais rencontré auparavant.

Le Prophétisme conçoit désormais l’histoire universelle comme une marche des ténèbres vers la lumière, de l’iniquité vers l’amoureuse justice de Dieu, connu, reçu, aimé, obéi dans la transcendance de son règne. Quelles que soient les profondeurs de la chute, le triomphe et le règne du Messie sont attestés dans les certitudes de la vision: un reste annoncera son règne. (Chouraqui, p.16)

C’est sans doute aussi de cette époque qu’origine le mot que nous connaissons aujourd’hui pour définir le peuple d’Israël. En effet,

Jusqu’alors, les Juifs se désignent eux-mêmes du nom d’Israël, aussi bien dans le domaine de la liturgie que de la littérature: peuple d’Israël, fils d’Israël. Mais le peuple d’Israël ne correspondant plus qu’au royaume de Juda est appelé "habitants de la Judée" ou Judéens, mot qui a donné le terme que tout le monde connaît aujourd’hui: Juifs. (Benaïm Ouaknine, p. 12)

En -722, la conquête assyrienne fait disparaître le royaume d’Israël. Celui de Juda lui survivra quelques temps, mais en -586, le royaume de Juda est rasé par les babyloniens, le Temple est détruit et la plus grande partie du peuple est déporté à Babylone. C’est la première dispersion des juifs hors de leur terre, la première diaspora.



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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » sam. 26 nov. 2016 15:26

3. Le premier retour (la Restauration).

Après un certain temps, l’Empire babylonien tombe sous la domination perse et Cyrus permet aux juifs de retourner chez eux. C’est la restauration du royaume de Juda dans une vie relativement autonome sous la tutelle Perse. On procède à la reconstruction du temple (de -538 à -515). Graduellement, le prophétisme disparaîtra, faisant place à un rôle qui deviendra prépondérant: celui des scribes (les sopherim) et des écrivains apocalyptiques. Sauf durant une petite période, les juifs ne connaîtront plus l’autonomie totale. Après la domination perse, ce sera la domination grecque. En -168, sous la conduite de Juda Maccabée, la nation redevient indépendante, mais en -63 retombe sous la domination romaine jusqu’à sa fin vers +70.

Toute cette période est marquée par des rivalités théologiques, et dans cette atmosphère on peut discerner deux grands partis qui s’affrontent: Les Sadducéens et les Pharisiens. Parallèlement aux grandes discussions des deux principaux partis naît aussi un monachisme juif: les Esséniens.

Les Sadducéens sont les représentants des grands et des prêtres. Ils ne sont que peu populaires parmi le peuple. Ils croient en la suprématie de la nation élue dans le monde, sont d’une extrême sévérité en matière de morale et d’application de la loi car ils prônent une fidélité totale et rigoureuse à la lettre de la Torah. Les Sadducéens refusent aussi des idées nouvelles comme celle de la survie de l’âme et de la résurrection des corps.

Du mot hébreu perushim, les séparés, les Pharisiens sont très mal connus dans le christianisme et, selon Chouraqui, bien sévèrement jugés:

les jugements péjoratifs que l’on porte souvent sur le compte des Pharisiens sont injustes, sinon grossiers, et ne tiennent aucun compte du rôle déterminant qu’ils remplirent dans la vie religieuse du judaïsme et, on peut bien le dire, de l’humanité. (Chouraqui, p.19)

Toujours selon Chouraqui, les Pharisiens sont en fait responsables de la structuration du judaïsme tel qu’on l’a connu pendant des siècles. Ce sont eux qui ont défini les principaux concepts comme la justice de Dieu, la liberté de l’homme, l’immortalité personnelle, le jugement après la mort, le paradis, le purgatoire, l’enfer, la résurrection des morts, le règne de gloire etc. Ce sont eux qui donneront le rôle essentiel d’enseignants et de commentateurs de la Torah aux Rabbins et qui développèrent les Synagogues comme lieu privilégié d’enseignement de cette Torah.

Mais chez les pharisiens, l’entente non plus n’existait pas. On note généralement deux écoles très divergentes: l’école de Hillel l’Ancien et celle de Shamaï. L’école de Hillel était plus conciliante et tolérante, mettant l’accent sur l’amour du prochain dans son interprétation de la Torah. L’école de Shamaï était plutôt intransigeante, insistant surtout sur l’observance aveugle de la lettre de la Torah.

On conte qu’un jour un homme, un païen, qui songeait à se convertir, demanda à Hillel quel était le commandement essentiel de la Thora (sic), et il reçut cette réponse: "Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas pour toi-même." Parole tout évangélique - c’est celle que donnent Mt 7, 12 et Lc 6,31, et qu’on nomme la règle d’or - et qui a fait dire qu’Hillel était le vrai maître de Jésus. Il n’admettait le divorce, c’est-à-dire la répudiation de la femme, que si elle tombait dans l’adultère, tandis que Schammaï (sic) consentait à ce qu’un mari pût chasser son épouse si elle avait seulement gâté le dîner. (Gugnebert, pp. 87-88) Les Esséniens se développèrent une centaine d’années avant l’ère chrétienne. Des hommes et des femmes se regroupèrent pour vivre en communauté un idéal de vie religieuse dans le silence, la prière, la pauvreté, l’obéissance et la pureté. On estime leur nombre à environ 4000 (Chouraqui p.20) et leur influence a été marquante, non pas du point de vue juif mais par l’héritage laissé aux chrétiens. Beaucoup, en effet, font un lien entre ce monachisme et celui des chrétiens.

Les romains laissent généralement les juifs s’administrer eux-mêmes mais sont polythéistes et pour les juifs, l’entrée d’idoles sur le territoire sacré (la Terre sainte) est certainement inadmissible. De plus, écrasés par les impôts qu’ils arrivent difficilement à payer, les juifs ne sont pas contents. A côté du pharisaïsme et souvent avec lui se développe un "parti" prônant la lutte armée, les Zélotes, et la résistance s’organise lentement. C’est dans cette atmosphère que naîtra Jésus, le Nazaréen, autour de l’an -7.

4. La seconde Diaspora

En +66 éclate la première guerre entre juifs et romains. En 70, Jérusalem tombe et le Temple est détruit. En 73, Massada, la dernière forteresse, tombe aux mains de l’ennemi. Beaucoup de juifs seront alors dispersés à travers le monde, plusieurs resteront aux alentours, mais plus aucun n’a désormais de pays.

Le peuple tout entier était ainsi placé dans la situation du Messie souffrant des prédications rabbiniques, de l’Homme des Douleurs de la vision d’Isaïe ou des psaumes. (Chouraqui, p.24)

Cette nouvelle diaspora fut déterminante pour le développement de la pensée juive. Des petites communautés se formèrent un peu partout autour du bassin méditerranéen et l’école, donc la Synagogue prit de plus en plus d’importance.

Après une telle défaite, il ne reste plus aux Juifs que l’école pour remplacer le Temple. C’est donc l’étude de la Loi qui devient le ciment du peuple juif. Les chefs d’Israël seront des princes de l’esprit, les nassi, dont l’autorité sera reconnue aussi par les Romains. (Benaïm Ouaknine, p.14)

À partir de là, le mot d’ordre sera de sauver le patrimoine spirituel et de réaliser l’unité interne. Les Sadducéens, Zélotes et Esséniens disparaissent et les Pharisiens prennent le contrôle spirituel des synagogues. Autour du nassi (le patriarche) et du Sanhédrin, la pensée juive se développe à Jérusalem. Un autre grand centre se développe aussi à Babylone en Mésopotamie.

Entre 135 et 200, Judah le Saint achèvera ce qui est commencé depuis longtemps. En effet, on admet couramment qu’à côté de la Torah, la Loi écrite, existe une tradition orale, une Torah orale transmise de génération en génération depuis Moïse. Ces commentaires oraux sont le Midrash (signifiant étudier les textes pour en tirer des enseignements) halakha (enseignement législatif, de Halah’a = marcher) et le Midrash haggada (enseignement narratif et moral).

Le rôle de la Torah orale est de permettre l’application de la Torah écrite dans les situations concrètes de la vie. Szlakman en donne un bon exemple (p.57):

Torah écrite = Le Chabbath "tu n’y feras aucun labeur". Qu’est-ce qu’un "labeur"? La Torah orale nous énumère 39 travaux interdits le Chabbath.

Pour ne pas figer cet enseignement, il était interdit de le mettre par écrit. Pourtant, vers 135-200, il devient impératif de sauvegarder ce précieux enseignement pour les générations à venir. On met donc la loi orale par écrit. C’est Judah (Yehoudah) le Saint, un rabbin (rabbi) de l’époque qui le fait. L’ouvrage terminé prendra le nom de Mishna et sera divisé en six ordres (les semences, les saisons, les femmes, les dommages, les choses sacrées et les choses pures). Le (ou la) Mishna deviendra le fondement de tout l’enseignement juif et suscitera lui-même de nombreux commentaires qui seront regroupés sous le nom de Guemara. Autant à Jérusalem qu’à Babylone, on procède à la compilation de ces textes et commentaires. Vers le 4e siècle, le Mishna et le Guémara sont regroupés sous le nom de Talmud: d’une part le Talmud de Jérusalem qui ne sera pas très populaire et le Talmud de Babylone qui sera huit fois plus répandu que le premier.

5. Le premier millénaire

Avec la conversion de Constantin au 4e siècle, les chrétiens voient leur foi triompher dans tout l’Empire. Mais en même temps que les rabbi de l’époque coupent les ponts avec le monde extérieur pour garder la foi pure se développe dans le christianisme un antisémitisme grandissant.

Peu de textes parlent de cette époque. De tous les volumes consultés, seul Chouraqui aborde franchement la question, les autres préférant se centrer sur la rédaction et le contenu du Talmud. Il est vrai qu’on ne peut couper au couteau ce qui date des années 300 et des années 1000 ou même 1200. Historiquement, disons que les juifs auront à vivre au cours des siècles qui suivirent dans des contrées marquées soit par le christianisme (Empire romain d’abord puis Europe du Nord) soit par l’Islam qui conquiert presque l’ensemble du Moyen-Orient dès 732.



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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » sam. 26 nov. 2016 15:27

5.1 Dans le christianisme

C’est, nous l’avons dit, Chouraqui qui aborde le plus franchement la question de la relation juifs-chrétiens. Citons pour commencer son texte éloquent:

L’Église naissante avait tout reçu d’Israël: les Écritures, les Patriarches, les Alliances, la Loi, le Culte, les Prophètes, la Vierge, le Christ, les Apôtres, la Chrétienté primitive enfin; il n’est pas jusqu’au monachisme chrétien dont on ne puisse trouver les antécédents dans le monachisme juif des Esséniens, mieux connu depuis la découverte des Manuscrits de la mer Morte. Et elle le savait si bien qu’elle se proclama l’héritière de la Synagogue, le Nouvel Israël. On hérite d’un mort: or, si Israël semblait bien devoir expirer après sa guerre contre Rome, le destin contraire prévalut; ayant sauvé les vestiges de son authenticité spirituelle, ses Écritures, ses traditions, ses croyances, il refusa sa défaite et s’installa en marge de l’Histoire dans l’attente de la réparation promise; la Synagogue de l’Exil était constituée de telle sorte qu’elle pouvait affronter toutes les tempêtes de l’Histoire, et sans plier, attendre l’heure de l’épanchement de la paix, où ses yeux pourraient s’ouvrir enfin pour contempler la gloire du Messie triomphant.

La situation était grosse d’un conflit inexorable qui engageait en fait les fins dernières de l’humanité: la paix entre la Synagogue, annonciatrice du Verbe révélé et du Messie de Gloire, et L’Église, issue de son sein, adoratrice du Verbe incarné et du Messie crucifié, signifierait un jour la fin de la contradiction parmi les hommes, l’ultime triomphe de l’unité d’amour qu’elles annonçaient et servaient toutes deux, selon leur vocation propre.

Et la guerre fut sanglante. La chute de Jérusalem marque l’arrêt du mouvement d’expansion du judaïsme et de ses missions extérieures; toutes les forces n’étaient pas de trop pour assurer l’oeuvre du sauvetage des reliques. Bientôt, par surcroît, les Juifs vaincus durent subir l’assaut du prosélytisme chrétien désormais triomphant et maître de l’Empire depuis la conversion de Constantin. Privé de tous moyens de défense, Israël se réfugia dans la toute-puissante passivité de la prière. Cette résistance--la seule qu’ils ne purent jamais vaincre en Europe--était bien faite pour irriter, parfois jusqu’à la furie, les propagateurs ou les fidèles de la foi nouvelle. Et la Croix devint crucifiante pour ceux qui attendaient le Messie de Gloire...

Il apparut essentiel à la Chrétienté de ruiner en terre de mission la puissance et le prestige du Juif (saint Jean Chrysostome) et de s’en servir en le gardant en tant que témoin avili de la Passion du Christ (saint Augustin), dont le peuple déicide était accusé de porter la responsabilité. L’enseignement du mépris se renforça d’une législation qui organisait contre le Juif un impitoyable système d’avilissement (Jules Isaac): sanctions rigoureuses contre le prosélytisme juif, contre les mariages mixtes, interdictions de bâtir, de réparer ou de restaurer les synagogues, exclusion absolue de toutes les fonctions publiques, interdiction de posséder des esclaves chrétiens (ce qui entraînait le corollaire d’une exclusion pratique de l’agriculture et de l’industrie qui exigeaient l’emploi d’une main-d’oeuvre servile), interdiction de commercer avec les Chrétiens, etc. Des pontifes, des monarques, des princes s’efforceront bien d’humaniser ces lois, aux périodes de crises, elles seront impitoyablement appliquées et donneront aux masses des réflexes meurtriers dont notre génération sait que l’habitude ne s’est pas perdue partout. Aussi l’histoire des Juifs en Europe a-t-elle pu s’écrire comme une suite accablante d’expulsions, d’exactions, de pillages, de viols, de meurtres, de massacres: on constate, surtout pendant le IIe millénaire de l’Exil le même procès historique: les Juifs sont largement accueillis par les nations lorsqu’elles sont en voie de formation; ils sont tolérés par la suite sans qu’aucun droit ne leur soit formellement garanti, et toujours persécutés, voire définitivement éliminés, en temps de crise. Les pires procédés dont furent victimes les Juifs font une timide apparition pendant le IIe millénaire de l’Exil, qui dans l’ensemble fut paisible (signalons toutefois l’expulsion des Juifs d’Espagne par Sisebut en 613, et celle des Juifs de France par Dagobert en 629). (Chouraqui, pp 72-74)

Dans ce texte, Chouraqui laisse entendre que les chrétiens persécutèrent les juifs de façon continue. Il faut dire ici que la coupure avec le judaïsme, commencée avec l’apôtre Paul, devait atteindre son apogée au moment des persécutions d’Hadrien contre les juifs et les chrétiens.

Epstein voit d’ailleurs dans cette coupure une certaine lâcheté:

Les Judéo-chrétiens, eux, furent incapables d’accepter l’idée d’une nation séparée de son territoire. Pour eux, la fin de l’État juif fut la perte des fondements sur lesquels était construite la vie spirituelle et culturelle juive. Cela ouvrait la porte à une séparation complète d’avec leur peuple, séparation que les tragiques événements ne firent que hâter. Afin d’échapper à la proscription générale de la Torah par Hadrien et d’acquérir quelques avantages temporels, les Judéo-chrétiens n’hésitèrent pas à abandonner toutes les pratiques religieuses qu’ils avaient observées pendant un siècle environ, et se coupant de leur propre peuple, finirent par rejoindre la masse des païens qui, sous l’influence de Paul, avaient entre temps été attirés au christianisme. (Epstein, p.112)

Quoi qu’il en soit de cette période pré-chrétienne où il est tout de même certain que les chrétiens furent persécutés eux aussi, il reste qu’au moment de la conversion de Constantin, l’Église développa vraiment un antisémitisme parfois agressif mais avait beaucoup à faire avec ses propres hérésies. Ce n’est que vers le 7e siècle mais surtout au début du deuxième millénaire que les juifs commencèrent à ressentir les persécutions des chrétiens. Pour notre propos, nous ne retiendrons ici que la grande persécution qui eut lieu vers 618, alors que le roi Sisebut força 90 000 Juifs à devenir chrétiens.

5.2 Aux côtés de l’Islam

Dès le 7e siècle, les conquêtes arabes font du Moyen-Orient un univers musulman. En terre d’Islam, le sort des juifs sera moins pire qu’en occident. Plus méprisé que haï, le juif est toléré par les musulmans comme un des peuples du Livre (la Bible) et, s’il ne peut plus travailler la terre comme autrefois, peut tout de même s’établir comme artisan ou commerçant. Il est déclaré par les musulmans "dhimmi" (protégé) et doit vivre dans des quartiers réservés et porter un costume spécial.

6. Le deuxième millénaire.

C’est en terre d’Islam que les juifs prennent connaissance de la littérature grecque traduite en arabe, puis en hébreu et qu’ils développent la philosophie. Il se produit sur le plan de la pensée et de la culture, surtout en Espagne, une sorte de symbiose judéo-arabe qui a fait qualifier d’âge d’or de la pensée cette période, qui ira jusqu’au 12e siècle. Cependant, cette philosophie grecque toute empreinte des idées d’Aristote n’est pas toujours bien vue et risque de déformer la Torah et le Talmud. C’est en 1195 que Moïse Maïmonide, surnommé l’aigle de la synagogue, publie à le «Guide des égarés», une oeuvre maîtresse qui concilie les idées d’Aristote à celles de la Torah, qui intègre la raison à la foi. Epstein décrit ainsi son influence:

Le Guide de Maïmonide fit une impression profonde. Il fut traduit en hébreu deux fois du vivant de l’auteur, et, par cet intermédiaire, exerça une influence énorme sur la pensée juive, en dehors même du monde juif de langue arabe. Le Guide agit également, grâce à une traduction latine, sur la pensée chrétienne latine du Moyen-Âge, et le moins influencé ne fut pas Thomas d’Aquin. Parmi les Juifs eux-mêmes, le Guide devint le manuel de philosophie de la classe cultivée, surtout en Provence, où, sous l’influence d’une forte immigration judéo-hispanique, les Juifs s’étaient initiés à la culture de leurs coreligionnaires vivant en pays musulman. Plus grande et plus répandue encore fut l’influence de son credo, qui, en moins d’un siècle, devint le grand thème pour les poètes de la Synagogue; cela aboutit à son incorporation sous deux formes distinctes (prose et poésie) au livre de la prière quotidienne juive. (Epstein, p. 204)

Entre les 11e et 14e siècles, ce sera l’époque des croisades. Parallèlement à cela on assistera évidemment à un certain déclin politique et économique de l’Islam. Avec les conquêtes chrétiennes, les Juifs se préparent à vivre de douloureux instants. Accusés d’être un "peuple déicide, maintenant condamné par Dieu à être perpétuellement errant à cause de son infidélité" (Vernette, p. 136), les juifs seront persécutés, à mesure que l’avance des troupes chrétiennes pénétreront en territoire islamique. Les chrétiens ne leur laissant le choix que de renier leur foi, mourir ou s’exiler, il se produira une migration massive des juifs vers l’Afrique du Nord, la Provence et l’Europe occidentale qui deviendra le centre de gravité de la culture juive. "En 1215, le Concile de Latran décrète le port obligatoire de la rouelle jaune par tous les Juifs et, dans les villes, des quartiers réservés aux Juifs, les ghettos, apparaissent." (Vernette, p. 136) En fait, ce nom de ghetto n’apparaîtra officiellement que vers le 16e siècle, alors que la réalité était déjà bien ancrée. Il vaut sans doute la peine de reproduire ici les décrets au sujets des juifs dans le texte intégral du IVe Concile du Latran en 1215 afin de pouvoir soi-même s’en faire une idée précise.

MESURES CONTRE LES JUIFS

De l’usure pratiquée par les juifs

Canon 67. Plus la religion chrétienne s’efforce de rejeter les pratiques usuraires, plus celles-ci se répandent avec perfidie chez les juifs: ils sont en passe d’épuiser à bref délai les richesses des chrétiens. Nous entendons en nos régions aider les chrétiens à échapper aux sévices des juifs; nous statuons donc ceci par décret synodal: si à l’avenir, sous quelque prétexte, les juifs extorquent des intérêts usuraires aux chrétiens, tout commerce entre juifs et chrétiens devra cesser jusqu’à juste réparation des graves préjudices infligés. Les chrétiens eux-mêmes, si nécessaire, seront contraints par censure ecclésiastique sans appel de cesser tout commerce avec eux. Nous enjoignons toutefois aux princes d’épargner à cet égard les chrétiens en s’appliquant plutôt à détourner les juifs de commettre de si lourdes injustices. Sous menace de sanction identique, nous décrétons qu’il convient d’obliger les juifs à s’acquitter envers les églises des dîmes et offrandes qu’elles recevaient des maisons et autres biens avant qu’ils ne soient passés à quelque titre que ce soit entre leurs mains: de telle sorte que les églises ne soient point lésées.

Que les juifs doivent se distinguer des chrétiens par un habit spécial

Canon 68. En certaines provinces, juifs ou Sarrasins se distinguent des chrétiens par un habit différent; en d’autres au contraire règne une telle confusion que rien ne les différencie. D’où il résulte parfois, qu’ainsi trompés, des chrétiens s’unissent à des femmes juives ou sarrasines; des Sarrasins ou des juifs à des femmes chrétiennes. Pour éviter que des unions aussi répréhensibles ne puissent à l’avenir invoquer l’excuse du vêtement, nous statuons ceci: en toute province chrétienne et en tout temps, ces gens de l’un ou de l’autre sexe, se distingueront publiquement par l’habit des autres populations, comme Moïse le leur a d’ailleurs prescrit (Lév 19,19; Dt. 22,5 et 11). Les jours de lamentation et le dimanche de la Passion, les juifs devront s’abstenir de paraître en public: certains d’entre eux, en effet, nous l’avons appris, osent en de tels jours arborer leurs plus beaux habits, et se moquent des chrétiens qui portent des signes de deuil en mémoire de la très sainte Passion. Nous leur interdisons rigoureusement de danser de joie en outrage au Rédempteur. Et parce que nous ne saurions nous taire devant l’opprobre qui a lavé nos péchés, nous enjoignons aux princes séculiers de frapper les transgresseurs d’une peine appropriée, afin qu’ils cessent de blasphémer Celui qui fut crucifié pour notre salut.

Inaptitude des juifs et des païens aux emplois publics

Canon 69. Il serait absurde de laisser les blasphémateurs du Christ exercer quelque pouvoir sur des chrétiens. Le décret pris à cet égard par le concile de Tolède, nous le renouvelons ici, en raison de l’audace des transgresseurs, interdisant de confier des charges publiques aux juifs, car c’est prétexte pour eux de sévir contre les chrétiens. Quiconque leur aurait confié de telles charges, le concile provincial que nous enjoignons de célébrer annuellement sur monition préalable, le contraindra par sanction appropriée. Quant à l’officier juif, il sera écarté de tout commerce et autres relations avec les chrétiens, tant qu’il n’aura pas restitué au profit des chrétiens pauvres et à l’arbitraire de l’évêque diocésain, ce qu’il aurait perçu des chrétiens à l’occasion de sa fonction. Il devra se démettre humblement de la charge indûment assumée. Nous étendons la même règle aux païens.

Les juifs convertis ne doivent pas retourner à leur ancien rite.

Canon 70 . Certains, nous l’avons appris, ayant accédé de plein gré au saint baptême, ne dépouillent pas entièrement le vieil homme pour revêtir parfaitement le nouveau (Col. 3, 9): conservant des pratiques du rite judaïque, ils troublent par ce mélange la beauté de la religion chrétienne. Il est écrit: "Maudit soit l’homme qui pénètre sur sa terre par deux chemins" (Sir. 1, 3, 28), et aussi: "On ne doit pas revêtir des vêtements tissés à la fois de lin et de laine" (Dt. 22, 11). Nous statuons donc ceci: ces personnes, les recteurs des églises doivent les contraindre de rejeter leurs anciens rites, afin que quiconque s’est librement offert à la religion chrétienne, une salutaire contrainte le maintienne en observance. Car "il y a moindre mal à ignorer la voie du Seigneur qu’à retourner en arrière après l’avoir connue" (2 P. 2, 21).

(source: Foreville, pp.357-382, in: Chelini, pp.367-368)

En territoire chrétien, cela ira donc très mal pour les juifs. Benaïm Ouaknine résume ainsi les trois siècles de persécutions les plus marquants (11e-14e) (p. 16)

Le juif est méprisé, traqué, accusé: il est un être mis à part, responsable des épidémies et des calamités qui affligent l’Europe du Moyen-Âge. On lui retire le droit de séjourner dans un voisinage chrétien, d’exercer la plupart des professions, de devenir propriétaire. Ce qui ne lui laisse qu’une seule ressource: devenir prêteur d’argent (ce qu’on lui reprochera plus tard).

Les procès se multiplient, suivis de condamnations au bûcher; les livres sacrés son censurés et brûlés sur la place publique. D’un pays à l’autre, d’un siècle à l’autre, les Juifs sont décimés, d’abord en Allemagne puis en Angleterre, en France, aux Pays-Bas, en Espagne et même en Palestine.

Chaque persécution est suivie d’un ordre d’expulsion, qui à tour de rôle videra ces pays de leur population juive (l’Angleterre en 1290, la France en 1394, l’Espagne en 1492.)

On peut se demander l’origine de cet antisémitisme chez des chrétiens provenant pourtant de la même tradition culturelle.

Chélini voit plusieurs causes complexes à cela.

Premièrement, il faut dire qu’au 11e siècle et aux suivants, l’idée du salut par le Christ et le sentiment d’appartenance à l’Église était fort. En même temps, les Chrétiens savaient que les Juifs ne faisaient pas partie de cette Église et les considéraient donc forcément comme différents.

Deuxièmement, les Juifs d'Orient avaient la réputation d’aider les Turcs à persécuter les chrétiens en Terre Sainte. Comme il s’agissait du même peuple Juif, il n’en fallait pas plus pour que la différence se transforme en agressivité. Lorsque la première croisade fut déclenchée, on monta à l’assaut de l’Islam mais aussi de tous leurs alliés. Les Juifs d’occident en firent également les frais.

Troisièmement, "les thèmes du judaïsme dégénéré à la naissance du Christ, du peuple juif comme un peuple charnel incapable de comprendre le sens spirituel de l’Écriture, mais surtout le thème du peuple déicide et pour cela repoussé de l’univers entier, courants déjà chez les Pères, furent repris et développés par les clercs du temps." (Chélini, p.326)

Quatrièmement, porté par tous les facteurs mentionnés plus haut, des gestes légaux ont été posés, contribuant d’une part à accentuer les différences entre juifs et chrétiens et d’autre part augmentant les agressivités en confinant les Juifs à des tâches comme le prêt d’argent qu’on leur reprochait déjà.

Cinquièmement, enfin, la littérature et l’iconographie traça le portrait-type du juif. Alimenté par le fait que les Juifs avaient pris l’habitude, influencés par la Cabale, de porter la Barbe et les papillotes, on représenta les juifs avec une barbe pointue, des sourcils épais et un nez de plus en plus crochu.



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yacoub
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Re: Etre Juif

Message non lupar yacoub » sam. 26 nov. 2016 17:36

Les écoles juives anciennes: pharisiens, sadducéens et esséniens: Qui sont-ils et quelles sont leurs eschatologies respectives

Stephan Hoebeeck·jeudi 10 novembre 2016
Les trois écoles qui existaient à l'époque du Second Temple et qui furent semble-t-il, en guerre les unes avec les autres, sont assez difficiles à distinguer et à comprendre. Et cela, d'autant plus que les textes qui nous sont parvenus sont en général polémiques, et noircissent tant qu'ils peuvent leurs adversaires.
Quand les manuscrits de Qumran furent découverts, un texte resta longtemps caché et fut l'objet d'intenses débats: il s'agit de 4QMMT. 4Q pour Qumran Grotte 4 et MMT pour Miqsat Ma’ase ha-Torah (Quelques préceptes de la Torah); il ne s'agit pas du titre original qui est, hélas, perdu, mais du titre donné par un des chercheurs ayant travaillé sur les fragments; nous ne reviendrons pas sur les polémiques relatives à sa publication qui furent nombreuses, et qui donna même lieu à des débats judiciaires.
4QMMT fut comme une bombe, trouvé en plusieurs exemplaires à Qumran, certes tous fragmentaires, il contenait des décisions relatives à l'interprétation de la Torah, qui sont décrites dans le Talmud, comme étant celles des sadducéens.
La question devenait: mais que vient faire un texte sadducéen dans les manuscrits de Qumran, censés être esséniens?
La réponse n'est pas aussi complexe qu'on veut le croire, la lecture comparée des Pesharîm et de l'Écrit de Damas, montre que ce dernier traité ne connaît que deux écoles:

celle de l'auteur
et la congrégation des traîtres, surnommée Ephraïm;

les Pesharîm connaissent eux trois écoles:

celle de l'auteur (la même que celle de l'auteur de l'Écrit de Damas),
une école surnommée Ephraïm
et une autre surnommée Manassé.

Éphraïm fut assez facilement identifié aux pharisiens, à cause de la similitude phonétique; Manassé devait alors correspondre aux sadducéens. Les raisons de ce surnom demeuraient mystérieuses, mais ce n'est pas aussi difficile à comprendre qu'on ne le pensait: Manassé se réfère au grand-père d'un lévite qui servit des idoles or, il est vraisemblable que ce lévite était le petit-fils de Moïse: en effet, dans le texte massorétique de Juges 18, 14–31, Manassé s'écrit M N S H (מנשה), mais le nun (נ) est suscrit; si on le retire, il reste les lettres M S H (משה) qui sont celles du nom hebreu de Moïse, Moshèh. De plus le père de ce lévite est appelé Gershom qui est le nom de l'un des fils de Moïse. Manassé désigne donc des prêtres ou qohanîm qui ont rallié le camp ennemi. Cela correspond parfaitement aux sadducéens, dont Flavius Josèphe dit:
Leur doctrine n'est adoptée que par un petit nombre, mais qui sont les premiers en dignité. Ils n'ont pour ainsi dire aucune action; car lorsqu'ils arrivent aux magistratures, contre leur gré et par nécessité, ils se conforment aux propositions des Pharisiens parce qu'autrement le peuple ne les supporterait pas [l'application des peines par les sadducéens était bien plus rigoureuse que chez les pharisiens]. [Antiquités Juives, Livre XVIII, chapitre I, §4]
Comme on le voit les sadducéens n'appliquent pas leur propre doctrine, mais appliquent la doctrine de leurs ennemis, les pharisiens. Esséniens et sadducéens ont donc la même doctrine, mais les premiers préfèrent ne pas servir au Temple qu'y servir en appliquant des préceptes qui souillent, à leurs yeux, le culte de Dieu; c'est d'ailleurs la raison de 4QMMT qui réclame le retour à l'application des préceptes traditionnels au Temple et l'abolition des préceptes pharisiens.
Sadducéens et esséniens sont donc une seule et même école à l'origine qui s'est scindée quand les pharisiens prirent le pouvoir et appliquèrent manu militari leurs décisions au Temple, c'est-à-dire, à l'époque d'Hyrcan II et de Salomé Alexandra; sombre période qui vit l'assassinat du Maître de Justice. De plus, on constate que dans l'Écrit de Damas, les esséniens s'appellent les «Fils de Sadôq» — c'est-à-dire, les Justes, donc les Sadducéens.
On a souvent fait des sadducéens, des littéralistes, ce qu'ils furent certainement, mais cette définition est insuffisante. Leur principale polémique, qui était donc aussi celle des esséniens, contre les pharisiens concerne les récompenses après la mort. Les sadducéens sont présentés comme ceux qui refusent la résurrection des morts dans les évangiles et d'ailleurs aussi dans le Talmud.
Nous ne pensons pas que les sadducéens ou les esséniens rejetaient la résurrection des morts, mais qu'ils différaient sur le système des récompenses consécutives à la résurrection des morts.
Le Traité des Pères, qui est inclus dans le Talmud, a conservé un précepte sadducéen, c'est celui d'Antigone de Sokhos, disciple de Shiméon le juste, qui disait:
Ne soyez pas comme des serviteurs qui servent leur maître afin de recevoir un salaire; soyez plutôt comme des serviteurs qui servent leur maître sans en attendre de rémunération, et que plutôt la crainte de Dieu soit sur vous. [Traité des Pères, chapitre I, §3.]
Notons que dans le Traité de rabbi Nathan, il est précisé que le serviteur recevra une double rémunération dans l'autre monde, ce qui est un contre-sens par rapport au précepte du Traité des Pères, mais est plus conforme à la vision pharisienne.
Cette maxime a une similitude à une parabole des évangiles, celle du Serviteur inutile, conservée seulement en Luc 17, 7–10:
Qui de vous, ayant un serviteur qui laboure ou paît les troupeaux, lui dira, quand il revient des champs: “Approche vite, et mets-toi à table?” Ne lui dira-t-il pas au contraire: “Prépare-moi à souper, ceins-toi, et sers-moi, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu; après cela, toi, tu mangeras et boiras?” Doit-il de la reconnaissance à ce serviteur parce qu’il a fait ce qui lui était ordonné? Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire.
Le véritable débat entre pharisiens et esséno-sadducéens n'est pas sur la réalité ou non de la résurrection; mais, bien à déterminer si l'application de la Torah est une obligation pour l'homme ou si son application est facultative et amène alors à l'homme une récompense pour l'avoir appliquée.
Posons le problème en termes modernes. L'État fixe des dates avant lesquelles, chaque citoyen doit remettre sa déclaration fiscale; l'État détermine aussi toutes sortes de normes, relativement à la vitesse maximum à laquelle on peut rouler.

Les pharisiens estiment que l'État devrait donner 1000 euros à celui qui remet à temps sa déclaration fiscale et 1000 euros à celui qui roule moins vite que la vitesse limite...
Les esséno-sadducéens estiment que l'État ne doit pas récompenser ceux qui remettent à temps leur déclaration fiscale, mais punir ceux qui la remettent en retard; pareillement ils estiment que l'État ne doit pas récompenser ceux qui respectent les limitations de vitesse, mais punir ceux qui dépassent la vitesse maximum autorisée.

Pharisiens et Esséno-sadducéens diffèrent donc fondamentalement sur l'approche de la Torah: pour les pharisiens, étudier la Torah permet à l'homme d'accumuler du mérite qui le mènera à sa récompense; pour les esséno-sadducéens, appliquer la Torah est une obligation, il n'y a aucune récompense à en attendre, l'homme qui n'a pas appliqué la Torah sera simplement puni de son non respect des règles édictées par Dieu pour l'homme.
Mais qu'en tirer du point de vue de la résurrection finale des hommes: Les opinions des esséno-sadducéens ne nous sont pas parvenues suffisamment complètement pour que nous puissions faire autre chose que les supposer: les esséno-sadducéens ont donc dû estimer à une certaine époque que tous les hommes étaient promis à la résurrection, mais que certains passeront mieux que d'autres la période intermédiaire entre la mort et la résurrection finale: celui qui a respecté les préceptes de la loi sera traité avec douceur par les anges de miséricorde (voir le pauvre Lazare consolé par Abraham, en Luc 16, 19–31), quant à celui qui n'a pas respecté les préceptes de la loi et commis des crimes majeurs, comme pratiquer l'injustice, voler, tuer, commettre des crimes contre Dieu, etc. sera puni pendant cette période et soumis à la puissance des anges de destruction qui arracheront ses fautes (voir le sort du mauvais riche dans la Parabole du pauvre Lazare, en Luc 16, 19–31); en effet, il est absurde de supposer que l'homme serait condamné après la résurrection, puisqu'il aura un corps rénové, il ne peut expier ses fautes qu'avant la résurrection. Cette expiation n'est pas une punition au sens strict, il s'agit d'une purgation violente, un peu comme si un dentiste vous arrachait toutes vos dents sans prendre la peine de vous endormir, ou si vous êtes blessé par une balle, il faut que vous cautérisiez la blessure par le feu, cela permettra d'empêcher une infection microbienne de se répandre à tout l'organisme, mais cela reste très douloureux; les fautes que nous faisons laissent des traces dans nos âmes, et elles sont purgées par le feu des anges de destruction.
Distinguer les pharisiens des sadducéens et des esséniens, n'est en rien facile, mais on pourrait poser les distinctions suivantes:

les pharisiens sont ceux du Sanhédrin, ce sont les futurs rabbins; les sadducéens et les esséniens sont ceux du Temple;
les responsables pharisiens sont issus de toutes les tribus juives; les responsables esséniens et sadducéens sont exclusivement des prêtres et secondairement des lévites;
les pharisiens sont les auteurs d'une interprétation dynamique de la Torah qui visait à motiver chaque juif à l'étudier, les esséno-sadducéens sont archaïques: obéir à la Torah est une simple obligation, il n'y a aucun mérite à la faire, mais désobéir à la Torah est susceptible de pénalités.
les pharisiens furent probablement plus ouvert à la culture grecque que les sadducéens qui restaient des nationalistes judéens; Philon d'Alexandrie est plutôt un sadducéen, il utilise la philosophie grecque mais la retourne contre elle.
la domination des pharisiens sur le Temple doit être considérée comme très partielle, très forte au moment de Salomé Alexandra, elle restera contestée par les qohens plutôt sadducéens; la domination romaine va compliquer les choses: les pharisiens se retirent au Sanhédrin en tentant d'imposer leurs décisions; les sadducéens restent au Temple; et les esséniens préparent la nouvelle révolution assidéenne.
les pharisiens recherchent un compromis avec Rome; les sadducéens pas vraiment et les esséniens certainement pas, ils attendent leur heure.
les pharisiens ont une application plus molle des peines; alors que les sadducéens et les esséniens sont rigoureux au dernier degré.
Le sionisme doit être considéré comme un néo-sadducéisme, au sens où pour les pharisiens celui qui domine la Judée n'est pas important tant que la Torah est pratiquée, alors que pour les esséno-sadducéens, les Juifs doivent dominer la Judée conformément aux préceptes bibliques.
Les pharisiens ont aussi développé une perspective eschatologique dans laquelle l'appartenance au peuple Juif permet le pardon automatique des fautes par Dieu; les sadducéens refusaient cela, et estimaient que le Juif était responsable de ses actes face à Dieu.

La négation de la résurrection par les sadducéens est douteuse, il semble plutôt qu'ils estimaient qu'il était dangereux et inexact d'en parler comme d'une récompense dont pourraient bénéficier quelques élus.
CONCLUSION
Les esséno-sadducéens pourraient avoir développé une eschatologie dans laquelle le jugement suit immédiatement la mort; l'homme a trois solutions après la mort:

expier par la rigueur s'il a fait subir aux autres des souffrances ou a commis des actions à leur encontre;
bénéficier de la miséricorde, si ses souffrances ont perturbé sa neshamah (d'après la parabole du pauvre Lazare, qui est consolé mais pas ressuscité);
atteindre directement un état angélique, qui consiste en l'acquisition d'un corps spirituel si sa pratique spirituelle a été ferme pendant sa vie.

L'idée d'un jugement final et collectif est basée sur notre vision, bien humaine, d'une succession des temps, mais qu'est-ce qu'une succession des temps dans l'éternité?
Quelques passages subsistants dans les évangiles font clairement de Jésus un esséno-sadducéen; ces passages ne sont pas majoritaires, mais existent et doivent impliquer que chaque chrétien s'interroge sur les écritures réellement originales des évangiles, et les réécritures tardives des évangiles.

Qu'est-ce qu'un crime contre Dieu?
Nous développerons en autre endroit la question des délits dont seuls trois types existent:

ceux commis contre soi-même;
ceux commis contre les autres;
et ceux commis contre Dieu.

Les crimes contre Dieu sont évidemment les plus complexes à comprendre, par exemple, certains intégristes feraient de pratiques sexuelles des crimes contre Dieu: les pratiques sexuelles sont simples à définir: il y a celles qui sont autorisées et celles qui sont interdites. Celles qui sont interdites mais qui ne font aucun tort aux autres concernent la personne qui les pratique et c'est tout; puis, il y a celles qui sont interdites et qui causent du tort aux autres comme la pédophilie ou le viol: celui qui fait cela mérite d'être puni très durement en ce monde et dans l'autre, mais ce ne sont assurément pas des crimes contre Dieu.
Les crimes contre Dieu consistent à violer les domaines réservés de Dieu: les peuples, les espèces et la terre qui appartient à Dieu. Ainsi, celui qui commet un génocide, commet un crime contre les autres, et aussi un crime contre Dieu; quant à ceux qui mélangent des espèces entre elles comme le font les fabricants d'OGM, ils commettent des crimes contre Dieu (s'il n'a déjà pas permis de mélanger du lin d'origine végétale et de la laine d'origine animale, à plus forte raison, il est interdit de mélanger les gènes d'espèces différentes entre elles); de même, ceux qui enterrent des déchets toxiques sans les traiter et qui deviennent susceptibles d'empoisonner les gens ou leurs descendants, simplement parce qu'ils vivent à proximité, commettent un crime contre Dieu, car la terre appartient à Dieu. De plus, ces pollutions peuvent altérer le code génétique humain qui appartient à Dieu et donc sont bien des crimes contre Dieu.






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