Juifs et musulmans face à l'intégrisme

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lorolei2008
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L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar lorolei2008 » jeu. 4 déc. 2008 17:06

L’intégrisme islamique ou la culture en danger


par Benaouda Lebdaï, Maître de Conférences, Spécialiste de littérature africaine.



(… ) Le peuple aspirait à une démocratie véritable après les troubles de 1988. Notre propos n’est pas de faire l’historique de la situation mais de montrer que l’intégrisme islamique est contre la liberté d’expression de
‘l’autre’, contre la culture sous toutes ses formes. La position des fondamentalistes ne portait aucune ambiguïté au lendemain de la reconnaissance de leur parti. Ils ont immédiatement clamé que la démocratie était “blasphème”. Dans les mosquées, ils déclaraient qu’ils utilisaient la démocratie pour arrêter la démocratie et installer définitivement la “Chariaa”, la loi islamique, telle qu’ils la perçoivent. Leur but a toujours été l’abolition de toute séparation entre sphère de la vie privée et espace public. (… )
Dans des conditions effroyables de barbarie, ce n’est pas par hasard que
des femmes et des hommes de culture ont été la cible des intégristes : des
romanciers, des poètes, des hommes et des femmes de théâtre, des artistes,
des universitaires, des instituteurs, des médecins, des ingénieurs et des
journalistes. Le programme macabre vise et privilégie les algériens
francophones car ces derniers sont porteurs de modernité et d’ouverture.
Mais il s’est vite avéré aussi que les arabophones modernistes étaient
également sur les listes. Les modernistes arabophones sont également
assassinés.
Les intégristes islamistes se sont d’abord attaqués à la culture et à ceux
qui symbolisent cette culture. Mohamed Saïd du GIA a décrété
ostensiblement : “Tous ceux qui vivent de leur plume mourront par la
lame”. Avant l’arrêt du processus électoral de 1992, les intégristes
islamistes géraient les mairies. A ce moment-là, ils avaient donné des signes
de leur haine de la culture, celle qui éveille et ouvre les esprits. En effet, ils
ont vidé les bibliothèques de quartiers de tous les livres de littérature écrits
en langue française, puis de tous les livres non religieux. Les Intégristes
islamistes ont aussi interdit les spectacles de chant, de danse; ils ont interdit
dans de nombreuses villes les productions théâtrales comme celle de la
troupe Mesrah El-Kalâa. Plus tard, Azzedine Medjoubi, comédien, sera
assassiné devant le théâtre d’Alger en 1995; il venait d’être nommé
directeur de ce théâtre. Ils interdisent même les fêtes familiales où la culture
traditionnelle s’exprime. Cela ne correspond pas à leurs préceptes.
Au lendemain du premier tour des élections législatives de décembre
1991, les intégristes Islamistes ont annoncé que les Algériens devaient
changer leur habitudes alimentaires et vestimentaires. Dans FIS de la haine
l’écrivain Rachid Boudjedra rappelle justement cette situation vécue comme
un mauvais cauchemar par la majorité des algériens :
Le FIS était prêt à éradiquer toute la culture traditionnelle (qui
garde en elle quelques pincées de paganisme et de pratiques
païennes) et toute la culture contemporaine. Interdits la musique, le
théâtre, la littérature, le sport, le cinéma, tout quoi! (… ) Le FIS veut
aussi apprendre aux Algériens comment manger. Des dattes et du
lait... Quant au couscous, il est mis sur une liste rouge, au même titre
que l’alcool (...) Les hommes doivent mettre du Khôl, à la manière du
Prophète. Les femmes pas... Ainsi l’Algérie serait restée quelques
décennies, pourquoi pas quelques siècles, dans cette régression
féconde, c’est-à-dire dans le bain du sang, la mort atroce, les rites
funéraires d’un autre âge, la saloperie, la peste verte. Non, jamais!1
L’université, le lieu du savoir, de la réflexion et du débat est investi au
grand jour par les étudiants intégristes. Menaces, intimidations deviennent
le lot quotidien des enseignants. Interrogé par un journaliste sur le sort de
l’enseignement de la littérature, si le FIS venait à prendre le pouvoir; Abassi
Madani, professeur de psychologie à l’université d’Alger, président du FIS,
répondait sans hésitation que le seul ouvrage qui méritait d’être étudié était
le Coran — donc l’étude de tout autre livre était une déviation du droit
chemin. L’université allait devenir une université strictement religieuse.
Ainsi, des enseignants des écoles, des lycées et des universités, ont été
assassinés pour leurs idées modernistes comme par exemple le Recteur de
l’université des sciences d’Alger, M. Djebaili, ou cet instituteur de Jijel
assassiné dans sa salle de classe, en présence de ses élèves ou encore du
Directeur de l’Ecole des Beaux-Arts, M. Asselah : tout un symbole. Ceux
qui ont pu s’exiler en France l’ont fait, les autres vivent un exil intérieur, la
peur au ventre.
Les journalistes ont payé un lourd tribu. A ce jour une centaine de
journalistes algériens ont trouvé la mort parce qu’ils ont le courage de
dénoncer au quotidien l’obscurantisme des Intégristes islamistes ainsi que
1 Boudjedra, Rachid, FIS de la haine . Paris : Denoël, 19992 : 110-111.
leur barbarie et leur haine de tout ce qui est authentiquement algérien. Said
Mekbel, Smaïl Yefsah et tant d’autres. La liste malheureusement est bien
longue.
Les chanteurs sont interdits de cité. Ils sont assassinés comme Chab Hasni
d’Oran, chanteur de Raï. Le Raï est honnis ainsi que les autres genres et
Khaled ne peut rentrer en Algérie.
Les femmes, intellectuelles ou non, sont sommés de porter le ‘hidjab’, le
foulard islamique. Elles sont violées par des hordes qui se décrètent “soldats
de Dieu”, elles sont maltraitées, défigurées. Elles sont assassinées.
Chanteuses, enseignantes, journalistes, femmes au foyer, romancières,
diseuses de bonne aventure, paysannes, citadines, policières, avocates, juges,
secrétaires, coiffeuses, lycéennes, étudiantes, peu importe leur statut et leur
situation, elles sont les premières victimes de l’idéologie intégriste
islamique. Le code de la famille, inspiré de la loi islamique “Chariaa”,
transforme les femmes en mineures à vie.
Cette ‘deuxième guerre algérienne’ comme dit Benjamin Stora2 est
complexe. Mais dans cette complexité, la ligne directrice constante des
intégristes islamistes est l’élimination physique des intellectuels algériens,
donc la destruction de la culture. Tahar Djaout, écrivain et journaliste, a été
assassiné devant ses deux filles le 25 mai 1993. Rachid Mimouni dont les
derniers textes s'intitulaient La malédiction et De la barbarie en général et
de l’intégrisme en particulier, a été condamné à mort par les intégristes. Il
est mort en exil, de chagrin et de désespoir. Enterré en Algérie, son corps a,
dit-on, été déterré et dépecé le lendemain de ses funérailles. Youcef Sebti,
poète et universitaire, a été sauvagement assassiné à l’intérieur de l’Institut
National d’Agronomie d’Alger. L’écrivain et médecin Laadi Flici a été
assassiné dans son cabinet. L’écrivain Merzac Bagtache a subi un grave
attentat. Le libraire Joaquim Grau a été assassiné dans sa librairie ‘Les
Beaux-Arts’, en plein centre d’Alger. Abdelkader Alloula, comédien et
dramaturge de grande qualité, a été assassiné au coeur de la ville d’Oran. La
liste est longue.
Afin d’exorciser la peur et la combattre, afin de combattre cette violence
d’un autre âge, les écrivains algériens ont décidé de s’exprimer haut et fort
en publiant en France et en Algérie. Contrairement à ce que souhaitaient les
intégristes, les écrivains qui échappent à la mort s’expriment encore plus,
comme pour donner raison au poète et romancier Tahar Djaout qui a su
trouver cette formule devenue célèbre : “Si tu dis tu meurs, si tu ne dis pas
tu meurs, alors dis et meurs”. Le poète Djamel Amrani pleure publiquement
2 Stora, Benjamin, “Deuxième guerre algérienne? Les habits anciens des
combatants”, dans Les temps modernes, janvier-février 1995, n° 580 : 242.
Benjamin.
son grand ami l’acteur Azzedine Medjoubi assassiné devant la porte du
Théâtre National Algérien :
La mort cruelle, la mort faucheuse
alors que tu étais plus candide
que la poésie qui tremblait
sur tes lèvres
Le jour sans voix
Le temps confondu
Le coeur dégorgé
Des balles dans ta chair
déjà meurtrie et la plaie
mise à nue 3 ...
Cette malédiction s’exprime dans les romans de. Malika Mokeddem,
médecin de formation, L’Interdite et Des rêves et des assassins. Ce dernier
raconte l’histoire d’une Algérienne qui ne veut pas abdiquer et qui dit son
angoisse sans fioritures :
Maintenant, l’interdit et la terreur calcinent tout (...) Maintenant
les lois sont allées plus loin que la tradition. Elles ne laissent plus
aucun droit aux femmes (...) Ignominies : gamines violées devant
leurs parents. Volées et emportées dans le maquis par des
sanguinaires qui, leur rut assouvi, les mutilent et les jettent. Pauvres
miettes de leur sauvagerie. Meurtres de pieds-noirs restés là par
amour pour cette terre... J’ai peur. Peur de l’horreur qui rôde
partout, qui sème la suspicion jusqu’au sein des familles (...)
Maintenant les entchadorées ressemblent à des corbeaux (...) Par
quelle perversion la génération de l’indépendance s’est transformée
en hordes de l’aliénation et de la mort?... Maintenant il est des
moments où je me sens réellement timbrée à hurler.4
Etre sur ses gardes, apprendre à maîtriser sa peur deviennent un nouveau
mode de vie pour la majorité des Algériens. Cette situation si subite et qui
dure incite à l’écriture, justement pour exprimer ce nouvel état d’esprit. De
nouveaux textes apparaissent, même sous X, anonymat qui démontre encore
mieux les craintes au quotidien. Une nouvelle, signée X, appelle au secours
en exprimant l’angoisse d’une mère qui a peur pour sa fille, qui a peur pour
ses amis :
3 Amrani, Djamel, dans El Watan, 19 février 1995.
4 Mokeddem, Malika, Des rêves et des assassins . Paris : Grasset, 1995.
L’Interdite. Paris : Grasset, 1993.
Je ne te dis pas l’angoisse des ‘mères de filles’ au jour
d’aujourd’hui : nous avons oublié la nôtre (nous avons aussi acquis
la possibilité de fractionner nos angoisses, comme tu vois) (...) Outre
la violence quotidienne extérieure, apparaît la violence ‘intérieure’.
Les plombs sautent chez quelques copains 5 ...
5 X, “Lettres d’Alger, novembre-décembre 1994 ”, dans Sud (Paris : Soleil),
1995 : 147.
Maintenir la mémoire alerte est essentiel. Ecrire pour ne pas sombrer
dans la folie et le désespoir, pour ne pas tomber dans l’oubli devient source
de vie. Dans ce registre, la romancière Assia Djebar publie, en tant
qu’écrivain et en tant qu’historienne, un témoignage intitulé Le Blanc de
l’Algérie. Elle y évoque avec force le souvenir de ses amis disparus. Elle
souligne : “le blanc de l’écriture, dans une Algérie non traduite. L’Algérie
de la douleur, sans écriture, une Algérie sang-écriture, hélas!”6 Assia
Djebar pose la question : pourquoi une société en arrive-t-elle à vouloir
éliminer physiquement ses poètes porteurs de rêves, ses romanciers, ses
journalistes, ses universitaires. Où se situe la faille? Où se trouve la réponse
pour sauver un pays qui n’en peut plus de pleurer ses morts? Cette question
revient comme un leitmotive dans les écrits les plus récents. Abasourdis, les
Algériens se demandent ce qui leur arrive et espèrent que tout cela n’est
qu’un mauvais rêve. Dans Sable rouge, Abdelkader Djemai fait dire à son
personnage principal :
Personne n’imaginait cette hécatombe, ce champ de ruines, ces
massacres sous le soleil, cette folie meurtrière et confuse qui
décimait sauvagement les familles, saccageait ce pays si beau qu’il
s’en punissait. Un pays à la lumière lente et cruelle, qui ne finissait
pas de venir au monde, de tourner autour de lui-même, de dévorer
ses enfants, d’osciller au bord du gouffre, de la démence.7
La lame ne réussit pas à faire taire la plume. Il y va de la survie de tout un
peuple qui refuse le diktat de l’intégrisme. Grâce à un peuple qui continue à
fonctionner au quotidien, grâce aux femmes algériennes qui ont vite
compris quel serait leur sort sous un régime islamiste, les intégristes
islamistes n’ont pas réussi à bâillonner les voix de la liberté d’expression,
comme celle de Khalida Messaoudi qui rappelle : “N’oublions jamais que
l’intégrisme comme le fascisme, n’est pas une opinion mais un délit.”8 Les
6 Djebar, Assia, Le blanc de l’Algérie. Paris : Albin Michel, 1995 : 179. Assia
Djebbar vient de publier Oran, langue morte (Paris : Actes Sud, 1997) : ce sont des
nouvelles sur la tragédie algérienne et sa mémoire.
7 DjemaÏ, Abdelkader, Sable rouge . Paris : Michalon, 1996 :144.
8 Messaoudi, Khalida, “La nouvelle inquisition”, dans Les temps modernes,
janvier-février 1995 : 220.
intellectuels algériens se chargent de ce travail de mémoire au nom de ceux
qui ont péri, pour maintenir l’espoir et la vie, pour préserver la culture dans
son sens le plus noble.


"ce n'est pas parce que vous êtes nombreux à avoir tort que vous avez raison"
"Le religion est née quand le premier hypocrite à rencontrer le premier imbécile" Voltaire



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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar yacoub » jeu. 4 déc. 2008 21:36

Khalida Messaoudi est une traitresse :mad: comme
certaines soi-disant apostates de ce site que je ne nommerai pas. :evil:



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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar Georges » ven. 5 déc. 2008 14:08

Khalida Messaoudi après son livre "Une Algérienne debout", où elle dénonçait l' islam religion totalitaire qui opprime les femmes réduit l'esprit des enfants, obscurcit la raison, s'est quand même rallié à la politique de réconciliation
nationale permettant à des assassins de couler des jours heureux en narguant leurs victimes.


"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928


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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar yacoub » sam. 6 déc. 2008 20:37

Le père Boulad qui vit en Egypte a expliqué pourquoi depuis 14 siecles les sociétés musulmanes restent
totalitaires.

Y a-t-il un pays où le non-muz est l' égal de musulman ?

Même la Turquie est critiquée pour sa prétendue laïcité.
L' occident est naïf il se fera avoir par des sectateurs du roué gourou
surtout que l' occident tend lui même le baton à l' islam qui va lui faire sa fête.



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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar Georges » mer. 24 déc. 2008 17:34

Après des décennies d' obscurantisme et d'interdits islamiques, le cinéma en Saoudie fait une timide entrée. :lol: :lol:

Le cinéma refait une timide apparition en Arabie Saoudite
22.12.08 - 09:13 Banni depuis 30 ans en Arabie Saoudite, le cinéma a refait une timide apparition dans ce royaume ultra-conservateur avec la récente projection publique dans 2 villes d'un film qui a rencontré un vif succès populaire.
Les réactions des milieux conservateurs et religieux, pour lesquels cet art est synonyme de dépravation, montrent toutefois que la réouverture de salles de cinéma n'est pas pour demain.

"Le cinéma est un mal absolu", a ainsi lancé le chef de la puissante police religieuse saoudienne, cheikh Ibrahim al-Gaïth, dont les hommes veillent au respect du code de vie inspiré du wahhabisme, une école rigoriste de l'islam sunnite appliqué dans le royaume.

Il a toutefois tempéré cette position deux jours plus tard en déclarant que "le cinéma (pouvait) être acceptable s'il (servait) la cause de Dieu et le bien".

Ces prises de position ont été motivées par la projection de "Manahi", une comédie -- sans scènes osées -- décrivant les mésaventures de spéculateurs en Bourse.

Il a été montré ce mois-ci durant une dizaine de jours à Jeddah et Taëf avec le soutien du gouverneur de La Mecque, le prince Khaled Al-Fayçal, poète et homme de lettres.

L'organisateur de ces projections, Mamdouh Salem, patron de la compagnie artistique "Roadmedia", a déclaré avoir pris contact avec la police religieuse avant les projections de Djeddah.

Des membres de cette force sont venus vérifier la salle pour s'assurer qu'elle disposait bien de deux entrées séparées pour les femmes et pour les hommes et ils ne se sont plus manifestés, a-t-il déclaré à l'AFP.

Il n'y a plus de cinémas en Arabie Saoudite depuis une trentaine d'années, lorsque les rares salles de Jeddah, ville portuaire sur la Mer Rouge ouverte aux influences étrangères, ont été fermées sous la pression des religieux.

"Le succès (des projections) a dépassé toutes les attentes", s'extasie Mamdouh Salem. "C'est une expérience excitante au regard de l'immense succès rencontré auprès du public, qui a démontré qu'il était assoiffé de cinéma", déclare-t-il.

"Regardez, c'est un lieu de 1.200 places qui n'est pas conçu pour le cinéma et le projecteur n'est même pas fait pour les films de 35 mm", poursuit-il en montrant la salle du Centre culturel du roi Abdel Aziz où les projections ont eu lieu à Jeddah.

"La salle était pleine durant trois jours pendant les deux séances programmées et il a fallu organiser une troisième séance après minuit à la demande du public", ajoute Mamdouh Salem.

Les projections ont pris fin le 17 décembre. Une foule nombreuse se pressait encore ce jour-là devant les deux entrées de la salle, l'une réservée aux hommes, généralement accompagnés de jeunes garçons, et l'autre aux femmes, voilées, vêtues de noir de la tête aux pieds et tenant souvent de petites filles par la main.

Les femmes occupaient un balcon de 300 places et les hommes la salle en dessous, plus vaste, où de nombreux jeunes chahutaient et criaient en réaction au film.

L'oeuvre, interprétée principalement par des acteurs saoudiens, a été produite par Rotana, une compagnie appartenant à un membre de la famille royale, le prince Al-Walid Ibn Talal, un richissime hommes d'affaires.

La vedette du film, Fayez Malki, se dit "enthousiasmé" par la réponse du public.

"Cela m'encourage à jouer dans d'autres films saoudiens et je me prépare déjà pour une nouvelle oeuvre de Rotana", dit-il.

Les projets d'avenir ne manquent pas pour Mamdouh Salem, qui veut continuer à organiser des projections publiques, notamment pendant les fêtes.

Quant aux jeunes, nombreux dans le public, ils veulent des salles de cinéma et des films, comme au Caire où à Dubaï, où Khaled Al-Amri, venu avec ses enfants voir "Manahi", affirme se rendre souvent pour assouvir sa passion du cinéma.

Pour sa part, Roua Mohammed, une décoratrice, dit aller trois fois par an au Caire pour regarder les nouveaux films. "Pourquoi ne pas les montrer ici?", demande-t-elle.


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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar Georges » ven. 23 janv. 2009 13:43



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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar Georges » ven. 23 janv. 2009 13:50



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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar Georges » ven. 30 janv. 2009 17:06

Boualem Sansal, Yasmina Khadra, Slimane Benaïssa... les enfants de l'amertume

PAR AUDE LANCELIN
«Sans enracinement dans sa propre douleur, il n'y a pas d'universalité, et l'Occident a vite fait de nous modeler un faciès littéraire facile à digérer», écrivait Rachid Boudjedra, l'un des monstres sacrés de la littérature algérienne émergente des années 70. Il songeait à ces auteurs maghrébins d'expression française qui donnaient selon lui dans l'image «Fatma-palmier-ciel-bleu-berbère-à-la-fo...

A cet exotisme-là les années 90 ont vu se substituer un autre exotisme, hélas tragique, celui de l'horreur, du désespoir et de l'exil, suscitant une lecture plus documentaire que littéraire chez un public français obnubilé par l'enjeu politique immédiat. Cette autre page, de nombreux auteurs algériens la tournent aujourd'hui, et de tout côté on voit l'élaboration littéraire reprendre le dessus sur la transcription littérale de la souffrance. De nouveaux genres font leur apparition, le polar par exemple, élevé par certains au rang d'art majeur, et qui a la vertu de ne pas se prêter aux facilités du lyrisme de l'horreur. Si la violence est omniprésente dans tous ces nouveaux romans algériens, l'heure n'est plus au cri, à la seule condamnation vertueuse. Sept ans de réflexion ont mûri le regard et donné aux auteurs un sens du tragique dont les résonances sont universelles.

Somptueux et libre jusqu'à l'extravagance, un des romans de cette rentrée se place d'emblée à une hauteur où la distinction entre politique et littérature perd tout sens. «Le Serment des barbares» est le premier roman de Boualem Sansal, haut fonctionnaire algérien qui n'a choisi ni l'exil ni le pseudonyme. Son récit est le réquisitoire féroce et inspiré des comptes qu'un jour peut-être le peuple réclamera à ceux qui ont réduit un grand pays à n'être plus qu'un «obscur objet de scandale». La terre algérienne porte en creux l'empreinte de ce crime à travers ses villes attifées de béton scrofuleux, ses cités poubelles, ses taudis nains, ses décharges sauvages, ses casemates terroristes et ses charniers à ciel ouvert auxquels l'écriture superbe de l'auteur offre un suaire bouleversant.

Une telle désolation ne peut être le fruit d'une simple accumulation de hasards historiques funestes, «pour réussir si mal il fallait vouloir rater bien et savoir comment échapper à la dichotomie du hasard». Telle est la conviction profonde qui sous-tend ce polar politique où l'enquête que mène Larbi, un vieux flic, sur l'assassinat d'un anonyme est le prétexte saisi par l'auteur pour traîner les vandales de l'Algérie devant le tribunal de l'Histoire.

De réminiscence de l'époque coloniale en errance dans la Casbah d'Alger, Larbi en viendra à une supposition vertigineuse. Les «revanchards», ces factions rivales du FLN écrasées lors de la guerre d'indépendance, seraient en passe de se relancer à la conquête du pouvoir, utilisant la peste islamiste et les inextricables réseaux de la corruption pour parvenir à leurs fins. La fureur qui dévaste le pays serait en somme la poursuite d'une lutte à mort entre frères rivaux pour le butin de guerre arraché au colon: le pouvoir. Hypothèse folle? Par ce biais Boualem Sansal entraîne le lecteur dans un puissant vertige historique et impose une vision du drame algérien qui, elle, est loin d'être insensée.

L'«hérésie absurde et vicieuse» qui a conduit de «simples et pauvres Berbères» à s'accoutrer à l'afghane? Qu'aura-t-elle été dans ce drame si ce n'est l'échec d'un pouvoir rapace ayant élevé la gabegie et le mépris du peuple au rang de méthodes de gouvernement... L'auteur ne trouve pas de mots assez terribles pour montrer de quelle façon l'école de la République lui a ouvert la voie en obscurcissant l'esprit de la jeune génération. «Xénophobe, misogyne, crétine à casser des pierres», la «nouvelle école» - ayant opté pour une «arabisation brutale» - leur a enseigné pour tout bréviaire de tolérance que «l'ONU est une secte chrétienne dont l'unique pensée est de détruire le phare d'Alger».

Quant à la grande absente... «Trente années après le divorce, nous voilà ruinés et avec plus de nostalgiques que le pays ne comptait d'habitants et plus de rapetouts qu'il n'abritait de colons.» L'absolution accordée par Boualem Sansal à la parenthèse coloniale aura de quoi faire grincer bien des dents, mais il y va semble-t-il pour lui d'une nécessité curative pour le pays. La haine a-t-elle jamais fourni un bon ciment pour bâtir une souveraineté?

Qu'aura-t-on dit cependant sur cet incroyable premier roman si l'on omet de rendre à nouveau hommage à son style, qui allie si étrangement l'opacité à la limpidité au détour de phrases interminables et de brèves pointes déchirantes d'amertume. La puissance suggestive des descriptions de la misère bestiale du petit peuple ou de ces «patelins envoûtants de tristesse», où «la vie n'est rien que du temps qui passe, mendiant misérable et dégoûté», suffirait à elle seule à en imposer la lecture.


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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar Georges » mer. 15 avr. 2009 21:42



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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar Georges » ven. 1 mai 2009 14:17

Comment un orphelin tunisien Ali « SNP » est-il devenu Ali Benhadj ?

Ali Benhadj est un délinquant politique. Comme ceux qui ont pris le pouvoir par la force des armes en 62 et 65, Ali est entré par effraction dans les arcanes des décideurs, par la force de la rue le 5 octobre 1988. Pendant 7 ans, de 1988 à 1995, il fut un interlocuteur craint et privilégié par un pouvoir divisé et dépassé par les événements. Même en prison, les généraux ont continué à négocier avec lui.

C’est donc en grande partie à cause de ses rendez-vous manqués avec l’Histoire que le pays a raté le tournant démocratique et a fait un bond de plus de 40 ans en arrière. Bouteflika replonge l’Algérie profonde dans l’allégeance populiste et la soumission stérile au candidat unique.

Depuis sa libération en 2003, après avoir purgé douze ans de prison, tout le monde a remarqué l’isolement médiatique et politique de Benhadj, en particulier dans le camp islamiste. Il ne peut plus se déplacer sans garde du corps de peur d’être lynché et molesté par d’anciens compagnons qui ont payé très cher ses errements. Au moment où l’Algérie authentique doit se ressourcer pour se reconstruire politiquement, il est temps que l’opinion publique sache comment et pourquoi Ali Benhadj a tué l’islamisme politique et contribué au chaos sanglant par son comportement suicidaire et insurrectionnel.

Une bête de scène

Ali Benhadj est le Michael Jackson du prêche islamiste, ni blanc, ni noir, mince et longiligne, et une présence scénique phénoménale. Par la force du verbe qui soulève les foules, il surclasse tous les prédicateurs. Le seul qui pouvait le concurrencer était Mahfoud Nahnah. Mais ses discours modérateurs et conciliants n’avaient pas prise sur une jeunesse citadine avide de violence et de règlements de comptes. Nahnah et Abdallah Djaballah, instruits par leur propre expérience et celle de l’affaire Bouyali, marquèrent leur désaccord avec la « délinquance » d’Ali avant même le lancement du FIS.

Lors du conclave islamiste qui devait décider de la marche à suivre après plusieurs années de militantisme clandestin, le jeune Benhadj, âgé de 32 ans, a bousculé toute la hiérarchie alors que son niveau intellectuel est moyen et ses connaissances théologiques très limitées. Son rôle fut déterminant dans la création du FIS le 10 mars 1989 à la mosquée Ben Badis de Kouba où il s’imposa comme vice-président derrière Abassi Madani, piètre orateur, qui croyait pouvoir dompter le fougueux prédicateur dont il avait besoin pour galvaniser les foules. Dans les meetings, après quelques interventions des membres du majliss, Abassi ne prononçait que quelques mots en guise d’introduction au prêche enflammé d’Ali qui clôturait dans un délire incantatoire. Elevé dans les quartiers populaires d’Alger, Ali était doté de toute la panoplie verbale et gestuelle du « houmiste ». Il savait utiliser le langage de la sous-culture urbaine pour la catalyser en violence politique.

La quintessence de son discours se réduisait au simplisme naïf du petit caïd de quartier qui veut prendre la place des grands caïds qui dirigent le syndicat du crime. Dans un prêche mémorable diffusé et parodié sur dailymotion, il résume le fond de la pensée du délinquant politique : « ils nous font peur avec leurs kalachnikov ? Et bien nous aussi, nous pouvons utiliser des kalachnikov ». C’est ainsi que les discours d’Ali ont créé les germes du terrorisme brutal qui a ensanglanté l’Algérie. (1)

Le rendez-vous manqué de Juin 1991

Le fulgurant succès électoral du FIS n’est pas le fruit du seul discours de Benhadj dont l’aura se limitait aux jeunes de la capitale. Mais pour un pouvoir aux abois qui n’avait plus le temps de comprendre les ressorts profonds qui animaient la société après tant d’années de parti unique et de répression, les chefs du FIS s’imposaient soudain comme des interlocuteurs avec lesquels il fallait négocier en urgence. La déliquescence du FLN et la marginalisation des démocrates avaient dénudé le pouvoir militaire qui ne disposait plus d’intermédiaire ni de décodeur politique.

Après la victoire du FIS aux municipales en été 1990, les palabres ont commencé pour adapter le mode de gouvernance du pays à un partage des responsabilités avec les islamistes. D’abord à l’échelon des wilayas avec les APC FIS, puis à l’échelle du gouvernement.

Le président Chadli Bendjedid, qui maîtrisait encore l’armée se tenait prêt à cette éventualité et avait mandaté le Chef du gouvernement Mouloud Hamrouche et le DRS. Alors que le FIS durcissait son discours contre la modification de la loi électorale, des négociations secrètes furent entamées les mois d’avril et mai 1991. (2)

Il y eut au moins trois rencontres entre Abassi et Benhadj d’une part et Hamrouche et le général Smain Lamari, n°2 du DRS, d’autre part. L’objectif de ces entretiens qui se déroulaient dans une villa du côté de Zeralda était de préparer la nouvelle configuration gouvernementale en cas de victoire très probable du FIS aux élections législatives prévues en juin 91. Les négociations avaient pour objet le partage des portefeuilles ministériels et les fameuses « lignes rouges » à ne pas dépasser. L’armée consentait à respecter la victoire électorale du FIS mais demeurait gardienne de la Constitution et ne voulait pas transiger sur les ministères de souveraineté. La prétention et la suffisance insurrectionnelle de Benhadj firent capoter les discussions. Exalté et enivré par son succès populaire, il lança précipitamment avec Abassi l’appel à la grève générale. Les luttes de clans, le coup de poker de Hamrouche et le jeu de coulisses de Kasdi Merbah, qui voulaient pousser Chadli à la démission pour prendre sa place, sont aussi en partie responsables de la dégradation de la situation. Le 3 juin 1991, Hamrouche fut contraint de démissionner et les places publiques furent prises d’assaut par l’armée qui tira sur les manifestants. Abassi Madani fut arrêté en compagnie de 5 membres du majliss echoura. Puis ce fut le tour de Benhadj le 29 juin.


Le jusqu’au-boutisme d’Ali a non seulement fait rater une chance historique et pacifique d’accession des islamistes au pouvoir, mais c’est à ce moment là que Chadli a perdu le contrôle de l’armée en nommant Khaled Nezzar au poste de ministre de la Défense. Ce fut le prélude au coup d’Etat du 12 janvier 92, la proclamation de l’état d’urgence le 9 février et l’interdiction du FIS le 4 mars.

Le rendez-vous manqué avec Zeroual

Le contre feu islamiste à la répression fut terrible et imprévisible pour les sphères du pouvoir. Le trop plein de rancœur populaire explosait dans le fracas des armes et des attentats. Les désertions se multipliaient. L’état-major de l’armée fut soumis à une terrible pression interne et internationale qui a abouti au remplacement de Khaled Nezzar par le général Liamine Zeroual à la tête du ministère de la Défense en été 1993 avec pour mission de mettre fin coûte que coûte à ce qu’il est convenu d’appeler une « guerre civile ». C’est à ce moment que Ali Benhadj si vit offrir une nouvelle chance historique et inespérée. Avant même d’être intronisé président de l’Etat en janvier 1994, Zeroual décida d’engager directement des négociations avec les leaders du FIS à qui il rendit visite à l’intérieur même de la prison militaire de Blida. Cette initiative suscita de terribles remous dans les états-majors de l’armée et du DRS et faillit coûter la vie à Zeroual. Malgré la désapprobation de ses pairs, il persista dans sa vision dialoguiste. Pour prouver sa bonne foi, il transféra les détenus à la résidence luxueuse de Djenane Al Mithaq. Puis il gracia et libéra cinq membres du majliss, des seconds couteaux condamnés quasiment par erreur (Mohamed Boukhemkhem, Ali Djeddi, Djamel Guemazi, Abdelkader Omar, Nourredine Chigara). Ils continuèrent à participer aux discussions tout en étant libres. Les négociations laborieuses mais bon enfant étaient menées par le général Mohamed Betchine, accompagné du général Tayeb Derradji, commandant de la gendarmerie nationale et Ahmed Ouyahia, chef de cabinet de Zeroual.

(2)

Le deal de Zeroual était d’une candeur à faire pleurer de rage aujourd’hui. Il demandait tout simplement aux chefs « historiques » du FIS de signer une lettre d’appel à l’arrêt de la violence pour ôter toute couverture politique au terrorisme. En contrepartie de quoi, il gracierait Abassi et Benhadj, garantirait le retour du FIS et organiserait de nouvelles élections. Devant une telle proposition inespérée de retour à juin 91, tous les chefs du FIS étaient enthousiastes pour signer la lettre qu’ils avaient rédigée… Tous sauf Ali Benhadj, dont cette dernière et ultime intransigeance est à l’origine de la sentence zeroualienne : « Le dossier du FIS est clos ! »

Benhadj fut séparé de Abassi Madani, transféré à Tamanrasset et détenu au secret et à l’isolement. Il fit une nouvelle victime puisque la fuite de cette information « secrète » a valu au correspondant de l’APS, trois ans de prison. Puis il transita par les prisons de Blida et Tizi-Ouzou jusqu’à sa libération le 2 juillet 2003 après avoir purgé la totalité de sa peine. Après l’élection de Zeroual en novembre 95, le pouvoir a mis en œuvre un plan B qui a abouti en 1997 à l’intégration des islamistes modérés de Hamas au gouvernement et dans les assemblées élues, et la négociation directe avec l’AIS et les groupes armés pour la trêve, la réconciliation et l’amnistie.

Ali « SNP » ne s’appelle pas Benhadj

La question cruciale est de savoir d’où vient cette personnalité étrange et tourmentée d’Ali Benhadj. Il suffisait de fouiller son passé pour le comprendre. (3)

En réalité, Ali ne s’appelle pas Benhadj, mais SNP, c’est-à-dire « sans nom patronymique ». C’est au hasard de plusieurs transcriptions hasardeuses d’état-civil qu’Ali et ses deux frères se font appeler « Benhadj ».

Selon certains documents, leur père SNP Mohamed ben hadj Lahbib ben hadj Abdallah, serait originaire du Touat et né à Oran présumé en 1928. Si c’est vraiment le cas, on peut en conclure qu’il est d’origine marocaine. En effet, l’administration coloniale, qui donnait arbitrairement des noms de famille aux algériens, affublait de SNP (sans nom patronymique) les étrangers « indigènes », c’est-à-dire les marocains et tunisiens qui vivaient en Algérie. C’était un signe distinctif qui permettait de les identifier. Par la suite, le nouveau code de la nationalité algérienne de 1963 empêcha les nommés SNP d’être reconnus légalement comme algériens.

Selon d’autres documents, le père d’Ali serait né en Tunisie en 1927 et travaillait comme docker au port de Tunis. Il épousa une tunisienne, SNP également, nommée Kheira Latifa bent Hassen, née à Tunis en 1933. Ils eurent 3 enfants tous nés à Tunis : Habib, actuellement avocat à Alger né le 15/12/55 ; Ali né le 16/12/56 et Abdelhamid, sans profession né le 3/7/59. Le père d’Ali serait décédé en 1961 sans que l’on connaisse l’origine exacte du décès alors qu’en mai 60, il travaillait encore comme docker. Rien ne prouve qu’il fut moudjahid ou chahid. Leur grand-père SNP Hassen ben Mohamed ben Abdallah les prit en charge et les fit entrer en Algérie grâce à un laissez-passer délivré par la mission du FLN de Tunis en 1963. Il monta différents dossiers pour obtenir le statut de chahid et membre de l’ALN pour leur père. (4)

Leur mère décéda le 16/8/1966 à l’âge de 33 ans et Ali se retrouva donc orphelin à 10 ans, élevé par son grand-père tunisien qui se démena pour élever ses trois petits-enfants à Diar Es Semch avec leur maigre pension de pupilles de
la Nation. (5)

Selon d’autres sources, ce serait Mustapha Bouyali, en poste à l’APC d’El Achour, et dont Ali était un adepte, qui aurait établi des papiers d’identité aux trois frères au nom de Benhadj, c’est-à-dire des faux.

C’est justement parce qu’ils sont incapables de fournir des extraits de naissance d’origine, ni celui de leur père et grand-père qu’Ali, ses frères et leurs enfants ne peuvent obtenir de passeport, encore moins de certificat de nationalité algérienne. L’orphelin tunisien Ali SNP a donc eu une enfance difficile et tourmentée. Il n’a aucun repère familial, tribal, régional ou national et n’évoque jamais ses origines réelles. C’est sans doute pour ces raisons qu’il s’est réfugié corps et âme dans le Coran, son seul et unique repère.

Est-ce que les négociateurs de l’Etat connaissaient l’identité réelle et le parcours d’Ali SNP quand ils discutaient avec lui le partage du pouvoir ? Dans un pays où on continue d’ignorer tout des origines et du passé de nombreux dirigeants, il est permis d’en douter. Quant aux démocrates, trop occupés à se regarder le nombril et à se crêper le chignon, ils n’ont toujours pas compris comment un orphelin tunisien a pulvérisé l’islamisme politique algérien et leur a tracé un boulevard vers la prise du pouvoir.

Saâd Lounès

(1) http://www.dailymotion.com/relevance/se ... 2_politics

(2) Avec les journaux Simsar (90-91) et El Ouma (94-95), nos sources islamistes nous informaient du déroulement des négociations


(3) Les informations suivantes sont extraites de divers documents remis par un proche de Ali

(4) Demande d’attestation de chahid

(5) Acte de tutorat du grand-père


"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928

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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar yacoub » ven. 1 mai 2009 15:16

Ali Ben Haj est un enragé de la secte, un vrai fou
La nature l' a rendu glabre alors qu' il aurait pour imiter son gourou pédophile avoir une barbe
de 1 mètre.

Il n' a aucun remords pour tous les morts qu' on doit à ses sataniques moujahiddines
à ses violeurs lâches à ses massacreurs de bébés sans humanité. :evil:




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Re: L’intégrisme islamique ou la culture en danger

Message non lupar yacoub » sam. 23 mai 2009 20:15

Le FIS
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Ces femmes martyres de l'intégrisme

Message non lupar phileas » sam. 25 sept. 2010 08:40

Ces femmes martyres de l'intégrisme


Image

de Patrick Banon

Écrivain, essayiste, spécialisé dans l’étude des systèmes de pensée religieux, Patrick Banon est directeur de l’Institut des Sciences de la Diversité et conseille sur ces sujets entreprises et institutions. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont La Révolution théoculturelle, Comprendre et gérer la diversité religieuse dans notre société (Presses de la Renaissance) ; Dieu et l’entreprise (Eyrolles) ; ainsi que de romans historiques et biographies dont Flavius Josèphe, un juif dans l’Empire romain paru aux Presses de la Renaissance en 2007.



Lapidées, enterrées vivantes, excisées, violées, vendues, mariées de force, assassinées pour l’honneur, des dizaines de millions de femmes subissent aujourd’hui le joug d’un autre temps.
Ces femmes, de leur naissance à leur mort, sont soumises à une pensée intégriste dans des régions où règnent des coutumes archaïques et des pratiques totalitaires.
Asservies, cachées, dominées par un système patriarcal plusieurs fois millénaire, elles sont les victimes d’une violation des droits humains la plus répandue et malheureusement la mieux tolérée.
Dans cet ouvrage choc, l’auteur a choisi d’évoquer à travers une dizaine de destins tragiques, la violence faite aux femmes sous toutes ses formes et sur tous les continents.
En revenant aux sources de la pensée intégriste, Patrick Banon en décrypte les motivations religieuses, culturelles et politiques, et lance un avertissement aux sociétés démocratiques : abandonner ces femmes à leur sort, c’est renoncer aux principes fondamentaux des démocraties et accepter de disparaître.
table des matières :

Avant-propos
Coupable d’être femme
L’intégrisme, une pensée mythologique

1. La lapidation, une pensée fossilisée
Récit : Aïcha, lapidée
La lapidation, l’inhumanité sacralisée
Le culte des pierres
La lapidation, une tradition ?
Retour à l’archaïsme
Le moratoire sur la lapidation : une manipulation
Lois ou mirages ?
L’islam n’a pas inventé la persécution des femmes
Lapider, une affaire de famille
Une ligue patriarcale sans frontières

2. Enterrer des femmes vivantes : l’appel de la terre
Récit : Médine, enterrée vivante
Ensevelir pour mieux renaître
Médine ou le supplice des vestales
Enterrer ou précipiter vers la terre, des supplices en miroir
Ensevelir l’objet du délit, un rite d’inspiration nomade
Enterrées vivantes au Pakistan

3. Femmes défi gurées, vies volées
Récit : Saira, dé-visagée
Bannir le féminin de la société
Un voile de chair
Hors d’une sexualité licite, pas de salut pour les femmes
Sans visage, prisonnières à perpétuité
L’homme, la femme, le feu : un trio infernal
À Londres, il vole son visage mais pas son âme
Katie et Samira, sœurs de souffrances
Priver une femme de son nez : une condamnation à mort
Une justice aveuglée par les traditions
Résister, ici et maintenant

4. Coupable d’être violée
Récit : Yasmine, exécutée par son frère
Le viol, ça n’existe pas
Le mythe du rapt
Venezuela et Pakistan, même loi ?
Exclure la victime
L’utérus, temple du patriarcat
Maintenir l’ambiguïté entre adultère et viol
Le viol, une sentence légale ?

5. Voiler les femmes, une frontière intérieure
Récit : Aqsa, étranglée par son père
La société canadienne est-elle responsable ?
Voiler pour signaler la sexualité
La femme, un isolant social ?
Bandage des pieds et voilement du corps
Quel voile ?
Contrôler la sexualité des femmes, de Kandahar à Marseille
Interdire les causes du voile intégral ?

6. Vierge ou morte
Récit : les noces sanglantes d’Huda Salem
L’hymen, un capital
L’hymen, un voile intime
La virginité, une assurance sur la vie
Plus que l’hymen, la maternité
L’hymen, une protection contre le viol ?
La virginité, image de l’idéal chrétien
Mentir sur sa virginité, un motif d’annulation de mariage ?
L’homme, gardien de la matrice

7. Mariages forcés : les femmes sont des marchandises
Récit : Amina, Sarah et Sadia : des destins brisés
Du mariage forcé au crime « d’ honneur »
De la prostitution sacrée… au mariage forcé
Mariée à neuf ans, divorcée à dix
Une bombe à retardement
Du mariage forcé au mariage temporaire
En Europe, la tradition s’amplifie
À Berlin, un nouveau mur culturel
Crime d’honneur à Tel-Aviv
Mariage sanglant en Jordanie
Au Royaume-Uni, un début de prise de conscience

8. Mutiler les femmes pour exister
Récit : excisées avec la complicité de leur mère
L’excision, une trahison maternelle ?
Le relativisme culturel, une déstructuration de la démocratie
Une mutilation venue de l’aube des temps
Une justice déstabilisée

9. Battre les femmes, un droit divin ?
Récit : violence des hommes, femmes sans défense
Frapper pour éloigner le mal
Légitime violence ?
Jérusalem : les gardiens de la pureté

Conclusion : Les femmes, un enjeu politique
L’inégalité ou le refus de la démocratie
Le blasphème, un port d’arme spirituel
Intégrisme et contagion
Du blasphème aux droits de l’homme
Entre hommes et femmes, le mur de la honte
Valeurs traditionnelles, une brèche dans les droits humains
Les traditions peuvent-elles se réformer seules ?
Vers une terre d’asile pour les femmes ?
Un crime contre l’humanité





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