Le chantage à l'islamophobie

Expériences et témoignages des apostats de l'islam mais aussi des convertis à une autre religion - leur histoire - les problèmes rencontrés dans leur vie de tous les jours - Soutien et aide. Pour les tous "mécréants" qui subissent les attaques des musulmans orthodoxes - Racontez nous votre expérience...
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Georges
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Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar Georges » sam. 24 janv. 2009 13:50

Le chantage à l'islamophobie
Pascal Bruckner * le 05/11/2003

L’islam est intouchable: le critiquer ou le soupçonner, c’est faire preuve de racisme.
Telle est la nouvelle vulgate que tente d’accréditer le Mrap, un certain nombre de médias et de chercheurs et une partie des dirigeants politiques. De quoi s’agit-il en l’occurrence? De soustraire la religion coranique à l’épreuve que subissent, depuis longtemps, les deux autres monothéismes existants: l’épreuve de la remise en cause. Un petit brûlot rédigé par un «spécialiste» (1) tente d’accréditer cette thèse: l’islam ferait l’objet d’amalgames scandaleux.
Attaqué par des écrivains, tel Michel Houellebecq, ou des journalistes, telle Oriana Fallaci, il constituerait le paria des confessions et la confession des parias.
Or ceux qui l’incriminent ne le connaissent pas et leur virulence serait proportionnelle à leur ignorance: «fantasme» des fous d’Allah invoqué par des «intellectuels médiatiques», «fantasmes sécuritaires» dirigés contre les nouvelles classes dangereuses que sont les jeunes de banlieue; fantasme, enfin, de l’asservissement des femmes islamiques qui n’est rien d’autre qu’un «cliché». Conclusion: vilipendé, caricaturé, l’islam doit être protégé par tous les moyens, et ceux qui médisent de lui, traînés devant les tribunaux.

Notons d’abord à quel point cette notion est calquée terme à terme sur celle de judéophobie comme s’il s’agissait en quelque sorte de rétablir le principe d’équivalence, de se lancer dans une compétition victimaire et de ne pas laisser aux seuls Juifs la couronne du martyre.

Or, après le 11 septembre 2001, déclaration de guerre adressée aux infidèles du monde entier, on n’a pas en France, que je sache, brûlé des mosquées ou saccagé des lieux de culte musulmans, et c’est tant mieux : hormis quelques incidents, les Français, dans leur majorité, savent faire la différence entre les croyants ordinaires et les terroristes qui défigurent la foi.

Ceux qui veulent, en se drapant dans l’uniforme du réprouvé, protéger l’islam du moindre jugement dépréciatif, semblent oublier l’extraordinaire virulence du combat anticlérical en France et en Europe qui confina parfois à la barbarie : églises, temples, couvents brûlés et rasés, objets de culte dégradés, prêtres, évêques, religieuses guillotinés, pendus, massacrés. La violence de cette réaction fut à l’image de celle exercée par les Églises pendant tant de siècles sur les populations. Ce fut un prix terrible à payer, une lutte d’un sectarisme outrancier, mais qui nous a libérés de la tutelle ecclésiastique et a contraint Rome et les divers protestantismes à des révisions déchirantes quant à leur prétention à diriger l’ordre social.


Car le christianisme et l’islam ont en commun d’être deux religions impérialistes, persuadées de détenir la vérité et toujours prêtes à faire le salut des hommes par le sabre, le bûcher ou l’autodafé.

Au nom de Dieu miséricordieux, elles ont tué et liquidé, directement ou indirectement, des millions d’individus. Mais le christianisme, miné par quatre siècles d’opposition en Europe, a dû céder du terrain et admettre le principe de laïcité, d’ailleurs inscrit dans les Évangiles ; il a dû, aussi, faire son aggiornamento couronné pour les catholiques par le concile de Vatican II et poursuivi par Jean-Paul II. Ce long travail de remise en question reste à accomplir pour l’islam habité par la certitude d’être la dernière religion révélée, donc la seule authentique.

En France, on peut chaque jour, notamment aux «Guignols de l’info» «bouffer du curé», se moquer du Pape, de Mère Teresa, du dalaï lama, mais jamais de l’islam, sous peine d’être accusé de racisme.
Pourquoi ce «deux poids, deux mesures» ? Ajoutons que les intégrismes juif et chrétien sont eux aussi grotesques et obscurantistes ; mais outre qu’ils ne débouchent pas sur des foules haineuses et hurlantes ou des tueries de masse, ils restent minoritaires et sont contenus par la prépondérance des laïcs, de libéraux, des conservateurs.
Enfin, contester un système de pensée ou de croyances, rejeter des idées, des convictions que l’on juge, à tort ou à raison, fausses ou dangereuses, est à la base même de la vie intellectuelle et de la libre délibération.


Faut-il parler alors de racisme anticapitaliste, antilibéral, antisocialiste, antimarxiste ? On a parfaitement le droit, jusqu’à preuve du contraire, de vomir les religions dans leur ensemble, de les juger mensongères, abrutissantes, abêtissantes. Ou alors faut-il rétablir le crime de blasphème comme il y a peu avec Salman Rushdie ? Il y a plus grave, toutefois, et que prouve le libelle de Vincent Geisser : il vise avant tout à pénaliser ces musulmans dits modérés ou agnostiques qui souhaitent s’émanciper de l’intégrisme.

C’est là que le concept d’islamophobie se révèle une machine de guerre pernicieuse au service d’intérêts particuliers : elle consiste à stigmatiser ceux des intellectuels, religieux, journalistes, philosophes d’origine maghrébine qui osent critiquer les principes de leur foi, en appellent à une relecture du Coran ou plaident pour une séparation des pouvoirs temporel et spirituel. Cela permet de les désigner à la vindicte de leurs coreligionnaires extrémistes en dressant une véritable liste de proscription (où l’on retrouve pêle-mêle Dalil Boubakeur, Soheib Bencheikh, Malek Boutih, Rachid Kaci, Latifa Ben Mansour, Mahammed Sifaoui, Abdelwahab Meddeb et beaucoup d’autres).


Le livre de Vincent Geisser constitue ce qu’il faut appeler une opération de basse police intellectuelle digne de l’ère stalinienne : en traitant ces démocrates de vilains poujadistes, d’opportunistes, de carriéristes, de laïcards, de persécutés d’opérette, il fait d’eux des quasi-apostats, des traîtres à leur religion, voire des harkis, des collabos, des ennemis de l’islam (même si ces mots ne sont jamais utilisés).

Coupables, donc, les beurettes qui veulent s’affranchir du voile, coupables tous ces enfants d’immigrés qui réclament le droit à l’indifférence religieuse, le droit de ne croire en rien et ne se sentent pas automatiquement musulmans parce qu’ils sont d’ascendance marocaine, algérienne ou tunisienne ?

L’invention de l’islamophobie remplit plusieurs fonctions : nier, pour mieux la légitimer, la réalité d’une offensive islamiste en Europe, intimider, faire taire les mauvais musulmans, les impies soucieux de changement et au final bloquer tout espoir d’une mutation religieuse en terre d’islam.


Il s’agit donc de réhabiliter le délit d’opinion afin de clouer le bec aux contradicteurs et déplacer la question du plan intellectuel au plan pénal, toute objection ou réticence étant immédiatement passible de poursuites. Nous assistons bien à la fabrication d’un nouveau délit analogue à ce qui se faisait jadis dans l’ex-Union soviétique contre les ennemis du peuple (2). Or l’assimilation de l’esprit d’examen avec le racisme est trompeuse : autant ce dernier s’adresse aux personnes en tant qu’elles existent et pour ce qu’elles sont, le Juif, le Noir, l’Arabe, autant la discussion critique porte sur de notions mobiles, variables, les idées, les dogmes, les principes, toujours susceptibles de transformations.

Tout le fond de l’affaire est là. Car Vincent Geisser comme Le Pen, (...) et l’universitaire américain Samuel Huntigton, sont, malgré leurs différences, des essentialistes imprégnés de pessimisme culturel : ils voient les religions, les cultures, les races comme des blocs qu’on ne saurait modifier d’un iota sous peine de les détruire et encore moins mélanger. L’on sait pourtant, comme l’a dit l’Iranienne Cherine Ebadi, récent Prix Nobel de la paix, que la démocratisation des sociétés musulmanes passe par les femmes et le changement de statut de ces dernières par la réinterprétation des textes canoniques.

Or l’islam, surtout depuis la révolution kémaliste en Turquie, est une maison divisée: les intégristes voudraient refermer cette blessure en l’imputant aux croisés, à l’Occident, aux mécréants, les laïcs l’ouvrir plus encore afin de provoquer une crise salutaire. Ceux qui salissent la religion du Prophète, ce sont d’abord les «martyrs» qui commettent des attentats monstrueux, les clercs ou les théologiens qui les justifient et les idiots utiles ou les idiots tout court qui défendent ces derniers.


L’islam fait partie du paysage français ; il a droit à ce titre à la reconnaissance publique et au respect ; à condition qu’il respecte lui-même les règles républicaines et ne réclame pas des droits séparés, dérogations pour les femmes, faveurs et privilèges divers. Ce qu’on peut lui souhaiter de mieux, ce n’est pas la «phobie» ou la «philie» mais l’indifférence bienveillante dans un marché de la spiritualité ouvert à toutes les croyances. S’il ne veut plus souffrir de suspicion, il devra s’engager dans un type de réforme aussi radicale que celle opérée par les catholiques et les protestants au cours du siècle écoulé. Jusque-là, il restera, y compris pour les musulmans modérés, l’objet d’une prudence légitime. Il y a quelque chose d’ahurissant à voir une «organisation antiraciste» criminaliser les adversaires du fanatisme et de la superstition. Si Voltaire vivait aujourd’hui, gageons que certains «antiracistes» le feraient jeter en prison.

* Ecrivain, philosophe.

(1) La Nouvelle Islamophobie, Ed. La Découverte, 122 p.

(2) Si l’extrême gauche manifeste une telle indulgence pour les fondamentalistes du Coran ce n’est pas simple accident ; elle voit ce collectivisme théocratique avec bienveillance puisqu’elle n’a jamais fait son deuil du totalitarisme et que sa vraie passion n’est pas la liberté ou la justice, mais la servitude.


"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928


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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar Georges » sam. 24 janv. 2009 15:09



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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar yacoub » mer. 25 févr. 2009 11:13

Salman Rushdie attaque Slumdog Millionaire
Mercredi 25 février, 10h35

fluctuat
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Slumdog Millionaire et ses huit oscars ne font pas l'unanimité partout. L'écrivain Salman Rushdie, par exemple, a souligné au cours d'une conférence à Atlanta les nombreuses invraisemblances du livre de Vikas Swarup et de l'adaptation qu'en a donné Danny Boyle. Comment, demande l'écrivain d'origine indienne, les deux jeunes personnages principaux finissent-ils au Taj Mahal, à un millier de miles de leur village natal ? Comment ont-il réussi à se procurer une arme à feu en Inde ? Pour un auteur qui met en scène des personnages anges, démons et télépathes, Rushdie est devenu bien tatillon...Selon l'Atlanta Journal-Constitution, l'auteur des Les Versets sataniques n'a pas trop apprécié non plus les deux autres films adaptés de livre primés aux oscars : il a trouvé Le Liseur (tiré du roman éponyme de Bernhard Schlink) "prévisible et sans vie", et trouve que L'Etrange histoire de Benjamin Button (tiré de la nouvelle de Fitzgerald) "n'a finalement rien à dire".Rushdie n'a encore jamais vu aucune de ses œuvres portées à l'écran, mais le roman Les Enfants de minuit, réputé pour être inadaptable, est en cours de réalisation. Quelles en seront les critiques ? Via





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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar Georges » ven. 27 févr. 2009 13:11

Qui parle d'islamophobie?
par Eric Conan
Ce terme, qui a fait son entrée dans le débat sur l'islam, est une création des militants du communautarisme.
Objectif: diaboliser la laïcité en la faisant passer pour du racisme
Il aura fallu peu de temps pour qu'un mot inconnu du vocabulaire français - «islamophobie» - s'impose jusqu'au sommet de l'Etat: l'Assemblée nationale a accueilli un colloque sur ce thème le 20 septembre dernier et le Premier ministre a repris l'expression lors de sa visite à la Grande Mosquée de Paris, le 17 octobre, en se déclarant inquiet «d'une certaine islamophobie qui se développe incidemment dans notre pays».


Cette création sémantique peut surprendre: l'attitude générale de la société française à l'égard de l'islam depuis une quinzaine d'années inciterait plutôt à parler d'islamophilie.
C'est pour l'islam que le Conseil d'Etat a, selon sa propre expression, «renversé» le sens de la laïcité scolaire, revenant sur un texte du Front populaire prohibant les signes religieux pour autoriser le voile au nom de l' «expression des différentes fois» à l'école.
C'est pour «aider l'islam à s'organiser» que l'Etat a créé le Conseil français du culte musulman (CFCM), tout en le dispensant de passer sous les fourches Caudines de la laïcité comme y furent contraints le catholicisme et le judaïsme. C'est pour aider l'islam que des municipalités financent des mosquées au mépris de la loi de 1905.
Les signes de cette islamophilie sont nombreux, de ces cantines scolaires qui, par simplification, privent tous les élèves de viande de porc toute l'année, à la mairie de Paris, qui choisit la fin du ramadan p our organiser une grande fête mondaine «afin que les Parisiens de toutes religions mélangent leurs richesses».

«Cette invocation permet de faire diversion à la réapparition de l'antisémitisme»


L'«islamophobie» est en fait une invention militante. Caroline Fourest et Fiammetta Venner en retracent l'historique dans leur dernier ouvrage (Tirs croisés. La laïcité à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman, Calmann-Lévy). C'est en 1979 que les mollahs iraniens utilisent ce terme pour stigmatiser les femmes qui refusent le voile et celles qui les soutiennent, comme la féministe américaine Kate Millett.
L'invective sera reprise ensuite contre Salman Rushdie et Taslima Nasreen, et tous ceux qui s'opposent, dans les pays islamiques, au totalitarisme intégriste.
Tariq Ramadan introduira le terme en France en 1998, mais il ne doit son succès récent qu'à la décision stratégique d'une partie de l'extrême gauche de s'allier avec l'islamisme au nom de la lutte commune contre l'Occident libéral
.


L'invocation de l' «islamophobie» relève donc de cette «guerre des mots» décrite par George Orwell.
Elle permet d'abord, selon une fausse symétrie, de faire diversion à l'apparition, depuis trois ans, d'un antisémitisme issu de l'immigration et baptisé «nouvelle judéophobie» par le spécialiste du racisme Pierre-André Taguieff.
Selon le ministère de l'Intérieur, il y a eu en 2002, dans l'Hexagone, quatre fois plus d'actes de violence antisémite que d'actes de violence antimaghrébine ou anti-islamique.
Pour la première fois depuis 1944, des synagogues brûlent, mais l'on ne défile plus dans les rues.
Jean-Marie Le Pen a été condamné en justice pour avoir dressé des listes de journalistes juifs accusés de s'exprimer en fonction de leur origine, mais Tariq Ramadan, qui se livre au même exercice, reste la star de l'altermondialisme adoubée par José Bové et se voit invité par France 2 comme représentant de l'islam pour débattre avec le ministre de l'Intérieur.


L'autre objectif de la rhétorique de l'islamophobie consiste à diaboliser la laïcité en la faisant passer pour du racisme. Un petit livre récent (La Nouvelle Islamophobie, de Vincent Geisser, La Découverte), édité par la maison qui a pris la suite des éditions Maspero et signé d'un auteur se réclamant du CNRS, constitue un exemple de l'avancée du discours islamiste au sein de la gauche universitaire: y sont en effet dénoncés comme «musulmans islamophobes» (sic) tous ceux qui critiquent et dénoncent le sectarisme et militent en dehors du communautarisme, au PS ou à l'UMP.
Sont aussi désignés comme «facilitateurs d'islamophobie» Malek Boutih, les militantes algériennes des droits de la femme en exil à Paris et même les responsables de la Grande Mosquée de Paris!


Ayant réussi cet habile renversement consistant à culpabiliser ceux qui défendent la liberté de conscience et l'égalité des sexes, les pourfendeurs de l'islamophobie cherchent aussi à bannir toute critique de l'islam. Ce qui constitue une régression préoccupante dans le pays de Voltaire et de Sade, qui garantissait jusqu'alors le droit au blasphème: l'antichristianisme fait partie de l'histoire littéraire et artistique française. Les surréalistes se sont fait remarquer du grand public en conchiant l'Eucharistie et la Croix, et, il y a quelques jours, Les Guignols de l'info, de Canal +, représentaient Jean-Paul II en épave abrutie et infestée d'asticots impatients.
«Nous sommes contaminés par l'intolérance islamique», écrivait récemment Claude Lévi-Strauss, se demandant s'il pourrait encore publier Tristes Tropiques.

«Une confusion qui fait passer au second plan le racisme anti-immigré»


Les intégrismes catholique et juif ont eu, notamment à l'égard des femmes, des prétentions similaires à celles de l'intégrisme musulman.
Mais ils ont été défaits depuis longtemps et soumis à la loi commune.

Certaines associations traditionalistes catholiques essaient encore d'invoquer en justice un «racisme antichrétien», mais elles sont tournées en dérision par médias et magistrats.
Alors que, venant d'associations musulmanes, la même démarche est considérée avec un grand sérieux, comme l'ont montré les réactions aux propos de Michel Houellebecq («La religion la plus con, c'est quand même l'islam») et de Claude Imbert («Je suis un peu islamophobe»), qui auront eu tous deux le mérite de révéler la fragilité de nos libertés publiques.
C'est en effet une institution née avec la liberté de parole (la Ligue des droits de l'homme) qui a poursuivi Michel Houellebecq.
Et une association laïque de gauche (le Mrap) qui a demandé la démission de Claude Imbert du Haut Conseil à l'intégration, dont les membres, ébranlés par cette progression de l'obscurantisme, ont jugé nécessaire de voter à l'unanimité une motion rappelant que, «en République, la critique de la religion, comme de toutes les convictions, est libre, est constitutionnellement garantie et fait partie de la liberté d'opinion et d'expression, et ne saurait être assimilée au racisme et à la xénophobie».


Cette confusion a pour effet de faire passer au second plan la lutte contre le racisme anti-immigré.
Mais c'est parce que les islamistes poursuivent un objectif communautaire, différent de l'intégration, fondée sur le respect des droits de l'individu: pour l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) comme pour Tariq Ramadan, tout Français issu de l'immigration maghrébine est supposé rester sous l'emprise d'une culture religieuse immuable qu'ils prétendent représenter et régenter.
Comme si les origines primaient sur le libre arbitre, ainsi que l'a concédé l'Etat en tolérant que l'UOIF refuse de reconnaître le droit de changer de religion parce que le Coran punit les apostats.

Une complicité officielle encourage cette «biologisation» du fait culturel religieux (symbolisée par l'absurde néologisme «racisme antimusulman»), qui favorise une société fonctionnant de plus en plus selon des critères communautaires et incitant chacun à décliner son origine, sa religion.
C'est Nicolas Sarkozy qui, mettant en place le CFCM, considère qu'il représente «5 millions de musulmans», parce qu'il fait la même assimilation que Tariq Ramadan entre «immigrés» et «musulmans», au mépris de la liberté de conscience et au détriment de la majorité de musulmans qui veulent l'être discrètement, comme tant de juifs et de chrétiens: plus de la moitié des Français d'origine algérienne déclarent ainsi ne pas avoir de religion ou ne pas être pratiquants.


A l'encontre de tous les principes républicains, le ministre de l'Intérieur annonce ainsi la nomination de «préfets musulmans» (et pourquoi pas de préfètes musulmanes?...) dans une administration qui exigeait jusqu'alors la neutralité de ses fonctionnaires, recrutés au mérite.
Mais c'est aussi Fabienne Keller, maire de Strasbourg, qui demande aux responsables musulmans de lutter contre la délinquance dans les quartiers difficiles en invoquant leur «influence» sur les populations qu'ils côtoient.
C'est la secrétaire médicale qui croit bien faire en rappelant une patiente au nom oriental pour annuler un rendez-vous à l'hôpital, car ce jour-là il n'y aura qu'un médecin homme. C'est cet homme d'affaires poursuivi en justice qui veut récuser une magistrate, supposée juive par son nom, parce que lui est de «confession musulmane». Ce sont ces associations féministes qui se mobilisent pour la parité et contre les offenses faites aux femmes célèbres, mais ne se sentent pas concernées par le sort de dizaines de milliers de femmes mariées de force, mutilées, répudiées, parce qu'elles «relèvent» d'une autre «culture». C'est l'employée de cantine scolaire qui dissuade un enfant de prendre du porc, alors qu'il en mange chez lui.
Parce que, comme le ministre de l'Intérieur, qui considère aujourd'hui que «l'islam, cela se voit sur la figure», elle finit par être convaincue que la religion n'est pas un choix mais une affaire de faciès.


"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928

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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar Georges » ven. 27 févr. 2009 13:38

Vincent Geisser et la nouvelle islamophobie
par Rudy Reichstadt, étudiant en sciences politiques
Automne 2003. Désarroi des républicains. Tous ceux qui militent contre le port de signes religieux à l’école publique et pour la réaffirmation de la laïcité sont confrontés à une inacceptable logique du soupçon, à un intolérable « chantage à l’islamophobie » [1 et 2].

NB : Ce texte est un point de vue extérieur à l'Observatoire du communautarisme. Il est publié dans la rubrique "Contradictions" qui est ouverte aux tribunes libres et aux critiques du travail et de la production de l'Observatoire.

« Je suis frappé depuis quelques années par l’opération de médicalisation systématique dont sont l’objet tous ceux qui ne pensent pas dans la juste ligne : on les taxe de phobie. »

Philippe Muray, Exorcismes spirituels III.



« L’Arabe est, très exactement, le voleur qui attend au coin de la rue le passant attardé, le matraque et lui vole sa montre ». Le passage est extrait de L’Aurore [3], année 1954.
L’arabophobie était alors, dans un pays comme la France, un mal bien réel, ba nal, qui contaminait aussi bien la droite que la gauche.
Elle culmina avec la répression sanglante de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 qui voit le massacre de centaines d’Algériens (on ne déterminera d’ailleurs jamais le nombre exact de victimes).

Bien qu’on ne puisse comparer la France de 1954 avec celle de 2004, force est de constater que l’arabophobie y est persistante. Elle s’étend, depuis peu, à la pratique religieuse majoritaire des Français d’origine maghrébine : l’islam. Ainsi a-t-on pu assister encore récemment à des profanations de cimetières musulmans ou à des attentats contre des mosquées [4]. Mais voilà que certains tentent de faire accréditer la thèse selon laquelle des intellectuels « nationaux-républicains » [5], parce qu’ils n’accepteraient pas l’expression française de la religion musulmane, s’évertueraient à jouer sur la peur de l’islam. Il faut tordre le cou à ce nouveau mythe du complot. Car si la xénophobie anti-arabe et, par contagion, anti-musulmane, est une réalité, qui se déverse notamment avec une virulence infecte sous la plume d’Oriana Fallaci [6] ; si une islamophobie est revendiquée ici ou là par des éditorialistes pour le moins maladroits comme Claude Imbert [7] ; s’il faut s’acharner à dénoncer l’une (l’islamophobie structurelle d’une extrême-droite qui a réactualisé son répertoire raciste après le 11 septembre 2001 [8]) et à désavouer l’autre (un anti-cléricalisme dévoyé) sans pour autant rétablir le délit d’opinion, il est absolument mensonger et ignoble de populariser l’idée selon laquelle la France, en vertu de son exception républicaine, serait devenue un haut lieu de la haine anti-musulmane.
C’est pourtant ce à quoi s’emploient avec constance les fondamentalistes musulmans qui taxent d’islamophobie la moindre critique qui leur est adressée.
Ils ont, comme tous les intégristes, leurs « idiots utiles » qui leur emboîtent le pas.

Vincent Geisser en est. Chercheur à l’IREMAM [9], représentant de cette gauche universitaire islamophile qui a parfois du mal à distinguer clairement islamisme et islam, l’auteur de La Nouvelle islamophobie expose une thèse aussi erronée qu’insupportable : la France, en raison du traumatisme hérité de son histoire coloniale, n’arriverait pas à appréhender le fait musulman comme un fait religieux national.
Le discours islamophobe emprunterait de manière privilégiée au registre républicain ses arguments d’un islam incompatible avec l’universalisme issu des Lumières.
Dans le prolongement du racisme néo-colonial, les « républicains » ne seraient toujours pas sortis d’un rapport civilisateur à l’islam et verraient l’identité française comme exclusive de l’identité musulmane !
D’où l’hostilité des républicains au port du voile islamique à l’école ! C.Q.F.D.

Lorsque ces absurdités viennent d’organisations religieuses rétrogrades comme l’UOIF, ou d’associations qui ont fait de l’a ntiracisme incantatoire leur cheval de bataille comme le MRAP, il n’y a pas de quoi s’alarmer. On commence à être habitué. Mais quand c’est un universitaire attaché au CNRS, repris par le Monde diplomatique et derrière lui toute une frange de la gauche française qui se laissent abuser par les fondamentalistes de tous poils (sans mauvais jeu de mots à la Luc Ferry !) ; quand on les entend répandre la thèse d’un camp « national-républicain » forcément islamophobe, d’« intellectuels médiatiques » islamophobes, et même de « musulmans islamophobes » ; quand on les écoute, enfin, nous expliquer que les seuls intégristes sont les laïques et qu’au bout du compte, la laïcité masque un racisme « à la française » qui ne dit pas son nom, on ne peut qu’être indigné. « Les douaniers de la pensée sont de retour » [10] prévenait, il y a deux ans, un Pierre-André Taguieff décidément prémonitoire.

* * *

Qu’e n est-il en réalité ? Islamophobe la France ? Rien n’est moins sûr. Comme le souligne Eric Conan, « l’attitude générale de la société française à l’égard de l'islam depuis une quinzaine d'années inciterait plutôt à parler d’islamophilie » [11] : ainsi le retour à une certaine forme de gallicanisme concernant la religion musulmane [12] ; ainsi, récemment, la levée de boucliers de militants de « gôche » et d’extrême-gauche contre le projet de loi sur la laïcité, tiraillés sans doute par une mauvaise conscience postcoloniale décrite en ces termes par Anne Vigerie et Anne Zelensky :

« Dans notre société postcoloniale, travaillée par une culpabilité mal assumée, la phobie d'être accusé de racisme par "refus de l'autre" conduit à la sacralisation irraisonnée de la différence. Nous vivons ainsi sous la coupe d'une bien-pensance héritée des réflexes de "gauche", dont même la droite est victime. Voilà comment, a u nom du respect des coutumes, on nous a fait honte quand nous avons décidé de dénoncer l'excision et de porter devant la justice les cas d'excision. De cet état d'esprit apeuré qui se réfugie dans une tolérance tous azimuts, les islamistes jouent à fond, sans états d'âme. Le drame est, en réalité, que cette bien-pensance-là est un véritable racisme, qui ne se voit plus, mais survit et se réincarne dans l'antiracisme apparent du "droit à la différence".
Le bigotisme islamiste, dont l'équivalent chrétien nous indignerait, c'est "bon pour les maghrébin(e)s"... » [13].

Dans un entretien accordé à Politique Autrement [14], Jean-Claude Guillebaud a des mots très justes pour évoquer la « culture de la différence » qui triomphe actuellement dans les rangs de la gauche bien-pensante. Le différentialisme, pourtant enraciné dans une tradition intellectuelle d’extrême-droite, aurait émigré vers la gauche anti-colonialiste à la faveur d’une mise en critique acerbe de l’héritage occidental ».
Le remords suscité par les guerres coloniales et la Shoah aurait, en effet, nourrit une véritable « honte de soi », voire une « haine de soi », qui se serait accompagnée « d’une ouverture à l’autre allant jusqu'à la démagogie ».
Acceptant un « relativisme culturel » qui ne serait, au fond, qu’« un renoncement à l’universel », la gauche en serait arrivée, « au nom du respect de la diversité des cultures », à justifier l’injustifiable, à légitimer tout et n’importe quoi : « c’est au nom de ce différentialisme qu’on trouvait formidable la révolution maoïste à la revue Tel Quel, parce que, disait-on, les Chinois n’avaient pas la même conception de la liberté que les Occidentaux » nous explique ainsi Jean-Claude Guillebaud.

Vincent Geisser, en créant la catégorie de « musulmans i slamophobes » (auxquels il consacre un chapitre entier sur quatre comme si cela devait révéler la « complexité » du phénomène islamophobe !) n’échappe malheureusement pas à ce différentialisme.
Par une sorte de préjugé raciste inversé, il en arrive, à son corps défendant [15], à « essentialiser » des Français réputés musulmans en les renvoyant à ce qui, est-il suggéré, n’aurait dû cesser d’être leur communauté.
Ainsi l’étiquette de « musulmans islamophobes » est-elle accolée à tous ceux qui, ayant un lien ostensible avec la culture ou la religion musulmane, se permettent d’émettre des critiques contre les islamistes.
Comme s’ils étaient dans l’incapacité de s’abstraire de leur « communauté primordiale » – en l’occurrence l’islam – et de penser par eux-mêmes.
Comme si toute critique des dérives de l’islam par un musulman révélait nécessairement les ambitions cachées de son auteur, suspect parce que forcément mu par des intérêts carriéristes et un arrivisme de capo. En ce sens, écrit Pascal Bruckner :

« (…) le libelle de Vincent Geisser (…) vise avant tout à pénaliser ces musulmans dits modérés ou agnostiques qui souhaitent s'émanciper de l'intégrisme.
C'est là que le concept d'islamophobie se révèle une machine de guerre pernicieuse au service d'intérêts particuliers : elle consiste à stigmatiser ceux des intellectuels, religieux, journalistes, philosophes d'origine maghrébine qui osent critiquer les principes de leur foi, en appellent à une relecture du Coran ou plaident pour une séparation des pouvoirs temporel et spirituel.
Cela permet de les désigner à la vindicte de leurs coreligionnaires extrémistes en dressant une véritable liste de proscription (où l'on retrouve pêle-mêle Dalil Boubakeur, Soheib Bencheikh, Malek Boutih, Rachid Kaci, Latifa Ben Mansour, Mohammed Sifaoui, Abdelwahab Meddeb et beaucoup d'autres) » [16].

On le voit, V. Geisser relaye les aspirations des fondamentalistes qui revendiquent pour cet islam « paria des confessions » et « confession des parias » (selon l’expression de Pascal Bruckner) un privilège d’intouchabilité : l’islam devrait être incritiquable parce que les musulmans sont vulnérables.
Or, se permettre de critiquer l’islam dans ses dérives intégristes et communautaristes, n’est-ce pas déjà le mettre sur un pied d’égalité avec les autres grandes religions de France – et, en conséquence, ouvrir la voie à sa normalisation ? Car si la République a une dette envers ses anciens colonisés devenus Français, c’est bien de les traiter en citoyens à part entière.
Ainsi, les dérives de certaines organisations musulmanes n’ont à être ni plus ni moins critiquables que celles d’organisations chrétiennes ou juives.
Lorsque le Consistoire israélite de France, par la voix de son président, Jean Kahn, traite de « traîtres au peuple juif » (sic) les philosophes Bernard-Henr i Lévy et Alain Finkielkraut en raison de leur soutien public au pacte de Genêve [17], est-ce être judéophobe que de dénoncer sa dérive extrémiste ?


Au sujet de la judéophobie, justement, Dominique Vidal écrit : « En titrant sur la « nouvelle islamophobie », Geisser renvoie sans nul doute à la « nouvelle judéophobie » de Pierre-André Taguieff.
Ce rapprochement ne manque pas d’intérêt : si l’une et l’autre suscitent des agressions de plus en plus nombreuses, la première se présente, en France, comme un courant de masse, tandis que la seconde recule sur la longue période » [18].
Le rédacteur en chef adjoint du Monde diplomatique, qui tire ses sources du rapport d’activité 2002 de la CNCDH [19], a noté que le calquage de la notion d’islamophobie sur celle de judéophobie n’est pas innocente.
Certes, l’antisémitisme ne présente pas le caractère « massif » du racisme anti-maghrébin.
Mais comment nier la singularité inquiétante de cette poussée contemporaine de judéophobie ?
Comment négliger la spécificité d’un nouvel antisémitisme qui a conduit, pour la première fois depuis la Seconde Gu erre Mondiale, à des incendies de synagogues ?
Comment peut-on rester impassible devant ce constat que la France est le seul pays d’Europe où s’est transposée la violence du conflit israélo-palestinien ?
Comment, enfin, ne pas s’apercevoir que la parole judéophobe s’est décomplexée ?
Tandis que José Bové réactive le vieux mythe de la conspiration judéo-sioniste [20], Tariq Ramadan dresse, dans un texte stupéfiant, une liste d’« intellectuels juifs » [21] accusés de se positionner politiquement en fonction de leur seule appartenance communautaire, sans que tout cela ne semble émouvoir les militants alter-mondialistes, de tradition antiraciste.
Gageons que ceux-ci n’auraient peut-être pas été les derniers à réagir si ces propos avaient été tenus par Jean-Marie Le Pen.

C’est en ce sens que l’invocation de la nouvelle islamophobie consisterait, selon Pascal Bruckner, à « rétablir le principe d'équivalence, (à) se lancer dans une compétition victimaire et (à) ne pas laisser aux seuls Juifs la couronne du martyre » [22].
Pour Eric Conan, elle relèverait « de cette "guerre des mots" décrite par George Orwell » [23].
Le dernier livre de Vincent Geisser viendrait donc bien en contrepoint à l’ouvrage de Pierre-André Taguieff paru il y a deux ans [24]. Y sont dénoncés, à plusieurs reprises, les accents prétendument « islamophobes » de Taguieff dans La Nouvelle judéophobie.
Comme nous l’indique Jean Birnbaum cependant, le théoricien du « bougisme » [25] n’a pas attendu V. Geisser pour s’en prendre au racisme antimusulman qu’il dénonçait dès 1991 [26].

Mais le tatillon V. Geisser veut voir de l’islamophobie partout. Il s’attelle à débusquer, même lorsqu’elle n’existe pas, la parole ou l’expression qui suggérerait que son auteur est un raciste qui se cache.
Dès lors, si Taguieff et les « tenants de la thèse de la "nouvelle judéophobie" » (parmi lesquels Raphaël Draï et Shmuel Trigano) ne sont pas passés plus tôt sous les fourches ca udines des associations anti-racistes, c’est uniquement parce qu’il ont su user de « précautions de langage, refusant de ranger tous les musulmans dans la catégorie "islamo-terroristes" » [27].
De « précautions de langage », Ginette Lévy, la grand-mère des petites Alma et Lila Lévy, n’en a pas spécialement prises lorsqu’elle exprimait, dans un article au Monde, des propos qui pourraient aisément passer, dans l’acception de V. Geisser, pour islamophobes :

« C’est peu dire que je suis navrée, triste, désespérée de ce qui leur arrive. Ce qui leur arrive en premier, et ce qui m'a bouleversée, c’est leur conversion à l’islam. (…) Pour mes petites-filles, le malheur a voulu qu’elles se réfugient dans la religion la plus visible, et le malheur est encore plus grand. (…) Je déteste leur conversion, leur voile, leur foulard et leur prière à Allah, mais je les aime et souhaite qu’elles puissent vivre heureuses (…) » [28].

Aucun « appel à la haine racial » d ans les propos de Madame Lévy.
Mais ne lui serait-on pas, elle aussi, tombé dessus si elle s’était prononcée publiquement en faveur d’une loi réaffirmant le principe de laïcité ?

Pour en revenir aux auteurs prétendument islamophobes listés par V. Geisser, ils n’auraient, selon lui, pas été démasqués avant parce qu’ils auraient savamment « codé » leur discours !
On nage ici en plein dans le procès d’intention.
Il est triste d’avoir à préciser qu’aucun d’entre eux ne s’est jamais compromis avec l’extrême-droite.
Ajoutons qu’aucun n’a franchi la ligne de la critique raisonnée de l’islam. Par ailleurs, il est pour le moins cocasse de noter qu’en matière de « précautions de langage », V. Geisser excelle.
Qualifiant les islamistes tantôt de « conservateurs » [29], tantôt de « communautaristes » [30], il ne va jamais jusqu’à appeler un chat un chat et un congrès de l’UOIF un rassemblement de fondamentalistes.
On peut s’interroger sur cette étrange complaisance. On trouve un élément de réponse dans le passage qui suit :

« La dénonciation récurrente de l’influence néfaste des mouvements religieux auprès des jeunes de banlieues apparaît comme une stratégie pour disqualifier des « concurrents gênants », accusés d’être des islamistes ou des fondamentalistes, alors qu’en réalité ils ne sont souvent que des musulmans croyants et pratiquants, liés aux grandes organisations comme la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) ou l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) » [31].

Et voilà où nous divergeons radicalement. Voilà précisément le point sur lequel nous n’arriverons jamais à nous entendre.
Tout se passe comme si V. Geisser considérait que la laïcité, doctrine « franco-française », ne pouvait pas être comprise des musulmans – fussent-ils Français !
En outre, là où il voit une pratique anodine et innocente de l’islam, nous y voyons une dérive fondamentaliste.
Nous sommes prêts à croire que les musulmans « liés » à l’UOIF ne sont, au fond, que de simples pratiquants sans histoire et de bonne foi : soumis à un puissant prosélytisme, instrumentalisés à leur insu, ils se recrutent, le plus généralement, dans des banlieues défavorisées et sont frappés, de ce fait, par une misère économique et sociale réelle.
Mais quant aux dirigeants des organisations qui les encadrent, soutenir, avec la caution intellectuelle d’un chercheur du CNRS, que leur vision de l’islam n’est pas fondamentaliste, cela est proprement scandaleux.

C’est pourtant ce que fait, avec V. Geisser, Françoise Lorcerie, elle aussi chercheur à l’IREMAM, qui n’hésite pas à prétendre que des organisations telles que l’UOIF promouvraient une « lecture réformiste de l’islam » [32]. Concédons que l’UOIF n’a rien à voir avec les salafistes, ces ultra-fondamentalistes qui s’alignent entièrement sur les positions wahhabites de l’Arabie Saoudite, ni avec les fanatiques du Tabligh, ce mouvement d’origine pakistanaise q ui prône sensiblement le même islam que celui qui prévalait dans l’Afghanistan des talibans.
Il n’en reste pas moins que « les dirigeants de l’UOIF, même s'ils refusent de le reconnaître clairement, appartiennent tous, de près ou de loin, à l’organisation internationale des Frères musulmans, un mouvement islamiste créé en Egypte en 1927 par Hassan al-Banna » [33].
Que le président de l’UOIF, Lhaj Thami Breze, a déclaré à la presse « Notre Constitution, c’est le Coran ! » [34] (le mot d’ordre de la confrérie) ?
Que c’est à l’initiative de cette organisation que le Conseil européen de la Fatwa (dont plusieurs membres sont à la tête de partis islamistes « modérés » dans le monde) a été créé.
Que le dit-Conseil justifie les attentats kamikazes et émet des avis rappelant par exemple l’interdiction des mariages mixtes (entre musulmans et non-musulmans).
Qu’enfin cette organisation appelait à manifester, dans les années 1990, contre l’écrivain Salman Rushdie, condamné à mort par l’ayatollah Khomeiny pour avoir publié ses Versets sataniques.
Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas, pour les gens de l’UOIF, d’accommoder une pratique ingénument conservatrice de l’islam à la République mais bien de tout mettre en œuvre pour adapter la société à une certaine forme d’islam particulièrement obscurantiste : celui, en l’occurrence, des Frères musulmans [35].

Caution intellectuelle pour caution intellectuelle, une autre chercheur au CNRS, l’écrivain Latifa Ben Mansour, écrit :

« L'islam bien vécu est serein, paisible, nullement agressif, solidaire, partageur. Comme le dit l'adage, les gens heureux n'ont pas d'histoire. Cet islam-là, vous ne le verrez jamais dans la revendication hystérique et stérile; il est dans le travail, la réflexion et provoque le respect. Malheureusement, on ne voit pas ces gens sur les plateaux de télévision, on ne les entend pas à la radio. D'ailleurs, ces personnes n'aiment pas être désignées par leur religion, mais par l'ensemble des paramètres qui les constituent et qui font d'elles des êtres humains » [36].

On aurait pu penser que ces paroles de raison et d’apaisement toucheraient V. Geisser. Il n’en est rien puisqu’il a le culot de ranger sa consœur dans la catégorie des « musulmans islamophobes ».
Ainsi, certains de nos spécialistes patentés du monde arabe et musulman s’entêtent à rester sourds aux appels de ces musulmans libéraux qui, à l’instar de Latifa Ben Mansour ou encore de Betoule Fekkar-Lambiotte [37], nous adjurent de résister aux intégristes ; de nous mobiliser « face à la tentative de ceux qui veulent imposer un fondamentalisme musulman importé de l’étranger et qui souhaitent instrumentaliser l’Islam et les musulmans à des fins politiques » [38].
Bien sûr, pour V. Geisser, ces musulmans islamophobes ne sont que les « cautions ethniques du discours public sur le danger islamique ». On tenait Malek Boutih – ancien président d’SOS Racisme – pour un m ilitant sincère. On se trompait, il n’est qu’une « caution ethnique ». De même que Soheïb Bencheikh et Dalil Boubakeur, respectivement mufti de Marseille et recteur de la Mosquée de Paris, eux aussi accusés de faciliter l’islamophobie ! Une islamophobie d’autant plus pernicieuse qu’elle avancerait masquée : « ces porte-parole auto-proclamés de l’islam de France favorisent une islamophobie latente qui se cache, le plus souvent, derrière une islamistophobie » [39] écrit ainsi V. Geisser.


Cependant, si l’on accorde un tant soit peu de sérieux au concept de « caution ethnique », force est de constater que c’est le rôle endossé par les deux sœurs Alma et Lila Lévy auprès des islamistes. En effet, la situation des deux jeunes filles rompt totalement avec l’image qu’on se fait communément d’une petite musulmane qui porterait le voile : elles ne sont pas d’« origine maghrébine », se sont converties, et leur père, Alain Lévy (par ailleurs avocat du MRAP) se définit comme un Juif athée. C’est pourquoi elles ont été mises en avant par les médias autant que par les politiques (Daniel Cohn-Bendit [40], Alain Lipietz [41], etc.), bref par tout le front « anti-loi », trop heureux d’avoir trouvé là un cas qui n’aurait rien du cliché. Alma et Lila auraient démontré que le port du foulard peut, aussi, consister en un acte d’individualisme et d’émancipation de la tutelle familiale. Soit. On souhaite croire cependant que les défenseurs « officiels » d’Alma et Lila n’ont pas discuté avec elles ni ne les ont lues. Car, bien que nullement soumises à une influence parentale (mais alors, à laquelle ?), les deux sœurs ont développé une vision de l’islam que ne renieraient pas les « réformistes » (!) de l’UOIF. Elles justifient la peine de mort par lapidation des femmes adultères, disent leur hantise de l’homosexualité, prétendent que le cinéma « est un lieu qui favorise le pêché », expliquent leur refus de serrer la main aux hommes…
Ces hommes qui, lorsqu’ils « jouent au foot en short, (…) ne respectent pas le hadith » : idéalement, ils seraient obligés de « se couvrir des poignets jusqu’aux chevilles » [42] nous apprend ainsi Alma. Quant à aller à la plage ou à la piscine, cela supposerait de se mettre en maillot. Proprement impensable pour ces phobiques de la mixité.

Encore une fois, il est vain de nier l’existence d’un racisme anti-arabe et, par extension, d’une islamophobie. De ce point de vue, le terme repris par V Geisser a le mérite d’éviter le barbarisme que constitue le terme de « racisme anti-musulman » qui biologise « par là même le fait culturel religieux, comme s’il s'agissait d’une question de gènes » [43]. Ainsi, tant que le concept d’islamophobie est réservé à la qualification d’actes d’agression contre des lieux de culte musulmans ou contre des manifestations publiques de la présence de l’islam en France, il ne pose aucun problème : il ne fait que décrire une réalité alarmante. C’est lorsqu’on prétend lui donner une autonomie que le bât blesse.
Comme le soutiennent Caroline Fourest et Fiammetta Venner [44], ce concept de « nouvelle islamophobie » présente en effet l’inconvénient de réduire « la question du racisme et de l’intégration à une question confessionnelle, comme si tous français originaires du Maghreb étaient tous musulmans pratiquants et comme si l’enclavement des banlieues n’était plus qu’une question de choc des religions ». En ce sens, la bienveillance d’ un Nicolas Sarkozy vis-à-vis d’organisations comme l’UOIF « donne surtout le sentiment de vouloir traiter le dossier de l’exclusion sociale uniquement par le biais de l’intégration religieuse » [45].

Il faut se rendre à l’évidence, la « nouvelle islamophobie » remplit, pour V. Geisser, au moins trois fonctions. Tout d’abord, le mot sert d’intimidation à tous ceux qui, musulmans ou non, sont contre le port du voile à l’école (sans préciser que les laïques militent contre le port de tous signes religieux visibles, sans distinction de confession), contestent les interprétations archaïques de la charia (notamment en termes d’égalité des sexes) et luttent contre les intégristes. Il culpabilise ceux qui tentent de moderniser l’islam de l’intérieur (comme Malek Chebel [46] par exemple) et diabolise les laïques. Or, comment ne pas voir que cette définition de l’islamophobie, en plus de nous faire lâcher la proie – la question du racisme – pour l’ombre – une islamophobie attrape-tout, largement fantasmée et qui serait principalement le fait des « nationaux-républicains » – rejoint celle des mollahs iraniens les plus obscurantistes [47] ? La frontière entre critique de l’islam et hostilité réelle envers les musulmans est pourtant assez facile à déterminer : la première s’en prend à ce que pensent les musulmans, tandis que la seconde en veut à ce qu’ils sont. L’islamophobie anti-cléricale est une chose ; l’islamophobie comme racisme anti-musulman en est une autre.

En second lieu, il y a une vraie démagogie de V. Geisser vis-à-vis d’un public majoritairement musulman qui souhaite qu’on l’éclaire sur la fièvre polémique qu’a connu le pays au cours de la dernière affaire du voile. Cherchant à comprendre l’hostilité a priori de l’opinion publique vis-à-vis de l’expression ostensible d’un signe islamique, ils trouvent, dans la thèse de l’islamophobie, une explication qui brille par son évidente simplicité. En réalité, V. Geisser dit à des musulmans déboussolés ce qu’ils veulent entendre. Il brosse son auditoire dans le sens du poil. Un auditoire écorché vif par des discriminations raciales encore trop nombreuses, mais aussi par des inégalités sociales criantes et un véritable déficit d’intégration professionnelle (malgré les diplômes). Bref, c’est un orgueil blessé que flatte notre chercheur « ès islamophobie » ; et cet orgueil, les promesses non tenues du pacte républicain l’ont atteint au plus profond de lui-même. C’est pourquoi la République a le devoir de tendre la main à ses citoyens défavorisés, qu’ils soient ou non de confession musulmane, mais sans jamais oublier qu’« il n’y a pas de pire hospitalité que celle qui n’a que son ouverture à offrir » [48].

Troisièmement, on a l’impression que V. Geisser s’est emparé d’une notion polémique pour régler ses comptes. On aurait attendu de cet essai une étude approfondie du concept d’islamophobie, une mise en discussion qui se serait fondée sur une e nquête sociologique sérieuse (qui fait, hélas, cruellement défaut, bien que l’auteur ne cesse de s’y référer [49] !). Or V. Geisser se contente de jeter dans le même sac des individualités aux horizons très différents, pour ne pas dire carrément contradictoires. Il amalgame, de manière indiscriminée, des personnalités pour le moins douteuses comme Oriana Fallaci, Alexandre Del Valle ou encore Rachid Kaci, mais aussi toute une constellation de musulmans « libéraux », d’intellectuels algériens exilés, de philosophes, de sociologues, d’associatifs, etc. Bref, nous avons affaire, avec la Nouvelle islamophobie, à un pamphlet qui, dans le droit fil du Rappel à l’ordre de Daniel Lindenberg [50], s’apparente à une basse manœuvre de flicage idéologique. Ainsi V. Geisser parle-t-il de ces « hérauts républicains (…) dont la fonction est précisément de réitérer nos grands principes de cohésion nationale et surtout de « rappeler à l’ordre » ceux qui cherchent délibérément à s’en écarter » [51]. Comme si, parmi les réflexes hérités de l’ère stalinienne, le « rappel à l’ordre » ne venait pas précisément de ceux qui, comme lui, s’attachent à « fasciser l’inquiétude » [52]. D’ailleurs, nous dit V. Geisser, la nouvelle islamophobie cacherait, en réalité, une sinistrophobie :

« (…) ces « nouveaux intellectuels » algériens (Mohamed Sifaoui, Hassane Zerrouky, Latifa Ben Mansour) s’en prennent fréquemment à la gauche française et aux milieux progressistes européens (ATTAC, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, Amnesty International, Le Monde diplomatique, etc.), accusés de donner la parole aux islamistes et à leurs supposés défenseurs. Leur islamophobie verse alors dans une certaine forme de sinistrophobie » [53].

Cette thèse, qui est une manière pour V. Geisser de se poser en défenseur des valeurs de la gauche, ne sert, encore une fois, qu’à excommunier les républicains de progrès accusés de nourrir une véritable < I>« haine de la gauche partisane et syndicale » ! Au passage, notons qu’il accomplit le tour de force de réconcilier la deuxième gauche et la gauche alter-mondialiste, unanimes dans la dénonciation de la nouvelle islamophobie. Pas tout à fait d’accord sur la définition du « nouveau réactionnaire », sociaux-libéraux et gauchistes se retrouvent dans la désignation du bouc émissaire qui revient à tour de rôle sous leurs plumes : le philosophe Alain Finkielkraut. Ce dernier, au moment de la parution du livre de Daniel Lindenberg, écrivait : « De son aile radicale à son extrême centre, l'intelligentsia engagée militarise la vie de l'esprit. Il n'y a plus d'oeuvre singulière, il y a deux camps – l'humanité et ses ennemis » [54].

De même, si V. Geisser nous invite à briser la conception binaire qui fait s’opposer les « gentils » musulmans aux « mauvais », il ne fait que substituer une vision étroitement manichéenne à une autre. Car selon lui, il y aurait, d’un côté, tous ceux qui n’ont aucun problème avec l’islam et, de l’autre, les islamophobes. Or, l’islam – non moins que notre système de retraites, la Corse ou le taux de chômage – fait aujourd’hui problème ; c’est un fait. Et à moins de mettre des barrières à l’investigation du libre examen, dire cela n’est pas être raciste.

À ce propos, l’Affaire Houellebecq illustre assez bien la dérive d’un certain antiracisme institutionnel qui en arrive à remettre en cause la liberté d’expression elle-même. L’organisation emblématique de cet antiracisme dogmatique qui défend systématiquement et aveuglément les revendications des lobbies communautaristes, est le MRAP [55], dirigé par un ami de V. Geisser, Mouloud Aounit. Mais quid de Michel Houellebecq ? Dans un entretien accordé au magazine Lire [56] à l’occasion de la sortie de son livre, Plateforme, le romancier déclare : « (…) la religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran on est effondré… effondré ! ». Immédiatement accusé de racisme et d’islamophobie, Michel Houellebecq est attaqué en justice par le MRAP et finalement relaxé, la justice arguant que « l’énonciation d’une opinion personnelle relativement à une religion envisagée au sens conceptuel du terme, et qui n’est accompagnée d’aucune exhortation ni appel à la partager (ne constitue pas un délit), même si elle peut heurter ces personnes elles-mêmes dans leur attachement communautaire ou leur foi » [57]. On ne peut pas plaire à tout le monde. Michel Houellebecq non plus. Mais, dans une République laïque qui, de surcroît, a été le pays de Voltaire, la liberté d’expression se doit d’être égale pour tous. De ce point de vue, il faut reconnaître que l’islamophobie de Houellebecq vaut bien l’occidentalophobie des fondamentalistes qui l’accusent de répandre la haine. Ainsi, Houellebecq n’est coupable ni d’incitation à la haine raciale, ni de diffamation. Son propos relèverait, à la rigueur, de l’insulte. Peut-être por te-t-il préjudice aux musulmans mais pas moins que François Furet ne porte préjudice aux communistes lorsqu’il publie Le Passé d’une illusion. Le seul motif pour lequel on pourrait finalement condamner l’écrivain, ce serait pour délit de blasphème… supprimé – c’est une chance – depuis 1791. Car la France sera républicaine tant qu’elle continuera à prendre au sérieux ses principes. Elle l’est déjà moins lorsqu’elle en vient à défendre qu’on piétine le drapeau tricolore et qu’on siffle la Marseillaise [58] – choses qui devraient, pourtant, aller de soi. Elle ne le serait absolument plus si elle restreignait, sous la pression des communautarismes, la liberté d’expression consacrée non seulement par la loi « fondatrice » du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse mais aussi, sinon surtout, par les articles 10 et 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (26 août 1789). De la même manière, ce n’est pas parce que nous ne sommes pas d’accord avec ce que dit ou écri t V. Geisser que nous lui contestons le droit de s’exprimer publiquement. « Je hais vos idées, mais je me ferais tuer pour que vous ayez le droit de les exprimer » (Voltaire).

* * *

En guise de conclusion, on ne peut que se sentir solidaire de ces intellectuels qui, cloués au pilori par les chiens de garde de la bien-pensance, s’étaient vus contraint de publier un article affublé du joli titre de « Manifeste pour une pensée libre ». On y trouvait des mots qui gardent toute leur acuité :

« Oui, nous pensons que l'abandon progressif du modèle français d'intégration, fait d'exigences et de générosité, est une erreur dont les populations issues de l'immigration sont les premières victimes. Oui, nous redoutons, face à certaines prétentions islamiques, la naïveté de ceux qui dénoncent par ailleurs le retour de l'ordre moral derrière toutes interrogations sur l'omniprésence de la pornographie, tout en traitant d'« islamophobe » ceux qui critiquent la misogy nie de l'intégrisme religieux musulman. Oui, nous craignons l'abandon des principes de la laïcité, dépréciés parce que leurs bienfaits pacificateurs ont fini par paraître évidents. Oui, nous osons parler d'antisémitisme ou de judéophobie quand des synagogues flambent dans le silence » [59].

Après la nouvelle islamophobie, la « nouvelle laïcophobie » reste à écrire…

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[1] Vincent GEISSER, La Nouvelle islamophobie, La Découverte, septembre 2003, 122 pp. Acheter en ligne
[2] Pascal BRUCKNER, « Le chantage à l’islamophobie », Le Figaro, 5 novembre 2003.
http://www.ac-versailles.fr/PEDAGOGI/se ... ckner.html
[3] Dominique VIDAL, « De l’arabophobie à l’islamophobie », Le Monde diplomatique, novembre 2003.
http://www.monde-diplomatique.fr/2003 /11/VIDAL/10510
[4] Voir les incendies des mosquées de Seynod et d’Annecy dans la nuit du jeudi au vendredi 5 mars 2004.
[5] V. Geisser inclut dans cette catégorie des personnalités aussi différentes que Régis Debray, Elisabeth Badinter, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay et Catherine Kintzler, soient les cinq intellectuels qui avaient signés l’appel « Profs, ne capitulons pas ! », Le Nouvel Observateur, n° 1304, 2 au 8 novembre 1989. Notons que le terme de « nationaux-républicains » incessamment employé à l’égard des républicains laïques est pratique pour disqualifier d’entrée de jeu ceux que l’on cherche à stigmatiser, le terme faisant immédiatement penser au mouvement crypto-fasciste du même nom – le MNR de Bruno Mégret. Enfin, dans un récent article (« Le score de Mouloud Aounit et son élection prochaine au Conseil Régional d'Ile-de-France donnent de l'espoir », site internet de Marseille Solidaire, 24 mars 2004), Vincent Geisser encourage ceux qui, tel le p résident du MRAP, auraient lutté contre le « développement du national-laïcisme », manière de nazifier à proprement parler le combat républicain (« nazisme » signifiant « national-socialisme »).
[6] Oriana FALLACI, La Rage et l’orgueil, Plon, 2002, 195 pp.
[7] « Moi, je suis un peu islamophobe. Cela ne me gêne pas de le dire. Nous avons le droit de combattre le racisme, d'accepter une pratique paisible de l'islam. Et j'ai le droit, je ne suis pas le seul dans ce pays à penser que l'Islam – je dis bien l'Islam, je ne parle même pas des islamistes – en tant que religion apporte une débilité d'archaïsmes divers, apporte une manière de considérer la femme, de déclasser régulièrement la femme, et en plus un souci de supplanter la loi des États par la loi du Coran, qui en effet me rend islamophobe » a déclaré Claude Imbert, fondateur de l’hebdomadaire Le Point, lors d’un débat sur LCI le vendredi 24 octobre 2003.
[8] « Non à l’islamisation » p eut-on lire sur les affiches de campagne des candidats MNR (le parti de Bruno Mégret) aux élections régionales de 2004. Comme à son habitude, l’extrême-droite joue sur les peurs et, de la xénophobie, fait son fond de commerce.
[9] Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman (CNRS).
http://www.mmsh.univ-aix.fr/laboratoires/iremam
[10] Pierre-André TAGUIEFF, « Le nouvel opium des intellectuels », Le Figaro, 27 novembre 2002.
http://www.ifrance.com/photosdinde/taguieff.htm
[11] Eric CONAN, « Qui parle d’islamophobie ? », L’Express, 4 décembre 2003.
http://www.lexpress.fr/info/societe/dos ... ida=415637
[12] « C'est pour « aider l'islam à s'organiser » que l'Etat a créé le Conseil français du culte musulman (CFCM), tout en le dispensant de passer sous les fourches Caudines de la laïcité comme y furent contraints le catholicisme et le judaïsme. C'est pour aider l'islam que des municipalités financent des mosquées au mépris de la loi de 1905 » in Eric CONAN, « Qui parle d’islamophobie ? », L’Express, 4 décembre 2003.
[13] Anne VIGERIE & Anne ZELENSKY, « "Laïcardes" puisque féministes », Le Monde, 29 mai 2003.
http://www.ac-versailles.fr/PEDAGOGI/se ... ensky.html
[14] « Quel héritage pour faire face aux défis du présent ? », rencontre avec Jean-Claude Guillebaud, 7 novembre 2000.
http://www.politique-autrement.asso.fr/ ... ttre22.htm
[15] « Ce qui est en cause ici, ce n’est pas tant la diabolisation médiatique des musulmans – les journalistes ne cherchaient pas a priori à donner à voir une image négative de l’islam – qu’une tendance à homogénéiser des attitudes et des comportements, à les essentialiser et à les communautariser, comme si les musulmans de France se devaient d’avoir nécessairement un avis sur Ben Laden et les événements en cours » in Vincent GEISSER, op. cit., p. 25.
[16] Pascal BRUCKNER, « Le chantage à l’islamophobie », a rt. cit.
[17] Cf. Marianne du 2 au 8 février 2004, p. 11.
[18] Dominique VIDAL, « De l’arabophobie à l’islamophobie », art. cit.
[19] Commission nationale consultative des droits de l’homme, La lutte contre le racisme et la xénophobie. Rapport d’activité 2002, La Documentation française, Paris, 2003.
[20] Doutant de la réalité de la recrudescence des violences antisémites enregistrées en France au cours des années 2001 et 2002, José Bové a émis publiquement des soupçons quant à l’implication du Mossad derrière ces attentats.
[21] Cf. Tariq RAMADAN, « Critique des (nouveaux) intellectuels communautaires », diffusé sur le site du Forum Social Européen, 2 octobre 2003.
[22] Pascal BRUCKNER, « Le chantage à l’islamophobie », art. cit.
[23] Eric CONAN, « Qui parle d’islamophobie ? », art. cit.
[24] Pierre-André TAGUIEFF, La Nouvelle judéophobie, Mille et une nuits, 2002, 234 pp. Acheter en ligne
[25] Pierre-André TAGUIEFF, Résister au bougisme, Mille et une nuits, 2002, 112 pp.
[26] « En 1991, les éditions La Découverte publiaient Face au racisme, ouvrage collectif en deux tomes dirigé par le politologue Pierre-André Taguieff. On pouvait y lire un chapitre entièrement voué à la réfutation du discours antimusulman – notamment cette « stratégie de l’amalgame » selon laquelle « l’islam serait par nature, de toute éternité et partout, fanatique, conquérant et générateur de terrorisme » in Jean BIRNBAUM, « L’islamophobie reste à étudier », Le Monde des livres, 3 octobre 2003.
[27] Vincent GEISSER, op. cit., p. 86.
[28] Ginette LÉVY, « Alma, Lila, le voile », Le Monde, 10 octobre 2003.
[29] Vincent GEISSER, op. cit., p. 39.
[30] Vincent GEISSER, op. cit., p. 37.
[31] Vincent GEISSER, op. cit., p. 96.
[32] Françoise LORCE RIE, « L’islam, une religion d’intrus ? », L’Humanité, 4 novembre 2003.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2 ... -04-381885
[33] Jean-Michel DÉCUGIS, « L’UOIF, une machine de pouvoir », Le Point, n° 1599, 9 mai 2003, p. 56.
http://www.lepoint.fr/dossiers_societe/ ... did=130079
[34] Cf. Le Parisien du 12 février 2003.
[35] « Le guide suprême des Frères musulmans égyptiens, Mohammed Mehdi Akef, persuadé que "l'Islam va conquérir l'Europe et l'Amérique", s'est déclaré convaincu que l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche de son mouvement, pourrait "faire face à ce courant malveillant (...) qui combat le voile et qui est similaire au courant existant en Turquie et en Tunisie" » in Christophe BARBIER, « Enquête sur les ennemis de la République », L’Express, 26 janvier 2004.
http://www.lexpress.fr/info/france/doss ... ida=425773
[36] Latifa BEN MANSOUR, « L’islam bien vécu est serein , paisible, nullement agressif », propos recueillis par Besma LAHOURI & Eric CONAN, L'Express, 18 septembre 2003.
http://www.lexpress.fr/info/societe/dos ... ida=404532
[37] La présidente de l’association Terres d’Europe, Betoule Fekkar-Lambiotte, avait été désignée pour siéger au CFCM. Elle a démissionné le 7 février 2003, avant les élections, afin de protester contre l’hégémonisme octroyé par Nicolas Sarkozy à l’UOIF, déclarant vouloir « reprendre (sa) liberté d’expression pour défendre la conception d’un islam républicain » in Mina KACI, « L’UOIF avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy », L’Humanité, 24 juin 2003.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2 ... -24-374490
[38] « Appel aux citoyens musulmans de France épris de paix, de justice, de liberté et de laïcité », Marianne, n° 315, 5-11 mai 2003.
perso.wanadoo.fr/sacw/fund/appelmai2003.html
[39] Vincent GEISSER, op. cit., p. 96.
[40] Daniel & Gabr iel COHN-BENDIT, « Une honte pour l’école laïque », Le Monde, 17 octobre 2003.
http://www.lemonde.fr/web/recherche_res ... 989,0.html
[41] Alain LIPIETZ, « Le débat sur le foulard islamique : ce que j’en pense actuellement », ProChoix, n° 26, décembre 2003.
lipietz.net/article.php3?id_article=1123
[42] Alma & Lila LÉVY, Des filles comme les autres. Au-delà du foulard. Entretiens avec Véronique Giraud et Yves Sintomer, La Découverte, 2004, 224 pp. Acheter en ligne
[43] Besma LAHOURI & Eric CONAN, « La laïcité face à l’islam », L’Express, 18 septembre 2003.
http://www.lexpress.fr/info/societe/dos ... ida=404529
[44] Fondatrices de la revue ProChoix et auteurs de Tirs Croisés, la laïcité à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman, éd. Calmann-Lévy, octobre 2003.
http://www.prochoix.org
[45] C. FOUREST & F. VENNER, « Islamophobie ? », ProChoix, n° 26-27, automne-hiver 2003.
http://www.prochoix.org/frameset/fst_26.html
[46] Cf. Malek CHEBEL, Manifeste pour un islam des Lumières. 27 propositions pour faire bouger l'islam, Hachette Littératures, 2004.
[47] « C'est en 1979 que les mollahs iraniens utilisent ce terme pour stigmatiser les femmes qui refusent le voile et celles qui les soutiennent, comme la féministe américaine Kate Millett. L'invective sera reprise ensuite contre Salman Rushdie et Taslima Nasreen, et tous ceux qui s'opposent, dans les pays islamiques, au totalitarisme intégriste. Tariq Ramadan introduira le terme en France en 1998 (…) » in Eric CONAN, « Qui parle d’islamophobie », art. cit.
[48] Alain FINKIELKRAUT, « Suis-je réactionnaire ? », Le Figaro, 23 avril 2003.
[49] « (…) où sont les résultats de cette fameuse « enquête de terrain » dont se réclame Vincent Geiss er ? Où sont les études précises sur « l’islam vécu » et les « musulmans ordinaires » dont il se prévaut au nom de « l’analyse sociologique » ? On aura beau fouiller jusque dans les notes infrapaginales, on n’en trouvera pas trace » in Jean BIRNBAUM, « L’islamophobie reste à étudier », art. cit.
[50] Daniel LINDENBERG, Le Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Le Seuil, 2002.
[51] Vincent GEISSER, op. cit., p. 40.
[52] « L’heure n'est plus à la confiance dans l'avenir, mais à l’inquiétude. Et Lindenberg veut, comme d’autres avec lui, culpabiliser, voire "fasciser" l’inquiétude » in Alain Finkielkraut, « A bout portant », Le Soir, 7 décembre 2002.
archives.desinfos.com/finkelkraut021207.html
[53] Vincent GEISSER, op. cit, p. 107.
[54] Alain FINKIELKRAUT, « La catégorie de "réactionnaire" est fictive », propos recueillis par Joseph Macé-Scaron et Alexis Lacroix, Le Figaro, 14 novembre 2002.
voxdei.bethel-fr com/infos/afficher_info.php3?cle=4670
[55] Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples.
[56] Lire, septembre 2001, entretien avec Didier Sénécal.
[57] Le Monde, 24 octobre 2002.
[58] Cf. la loi, votée à l’unanimité en janvier 2003, qui crée un délit d’outrage aux symboles de la République, pénalisant les « agissements » portant atteinte au drapeau et à l’hymne national.
[59] Alain FINKIELKRAUT, Marcel GAUCHET, Pierre MANENT, Philippe MURAY, Pierre-André TAGUIEFF, Shmuel TRIGANO et Paul YONNET, « Manifeste pour une pensée libre », L’Express, 28 novembre 2002.
livres.lexpress.fr/wo/wo_imprimer.asp?idC=5718


"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928

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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar AliadArrakis » ven. 27 févr. 2009 14:19

Georges a écrit : plus de la moitié des Français d'origine algérienne déclarent ainsi ne pas avoir de religion ou ne pas être pratiquants.
Y a-t-il une source concernant ces chiffres? Parce que "ne pas avoir de religion" et "ne pas être pratiquants" sont quand même deux choses bien différentes.


"L'esprit est comme le bois et la pierre. C'est comme si quelqu'un peignait de sa propre main des dragons et des tigres, et s'effrayait à leur vue."
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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar Georges » ven. 12 juin 2009 12:50



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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar yacoub » mer. 8 juil. 2009 18:41

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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar Rajai » mer. 8 juil. 2009 23:44

J'ai regardé que le 1er témoignage, difficile de porté un jugement quand on a pas tous les éléments en main.

Sinon pour moi c'est claire que l'islamophobie est un slogan que beaucoup de musulman m'ont sortie quand je les interroge sur certains point de leur religion.
J'ai lu sur un site je sais plus ou que l'arabie saoudite essayait de faire en sorte que des propos islamophobe ne soit plus autorisé internationalement (apres je pourrais pas vous donné la fiabilité de la source ).

Mais bon c'est pas parce qu'on me taxe de raciste ou islamophobe que je vais me laissé faire !
Je trouve que l'islamophobie est justifié par l'Histoire.


Quand la loi et le devoir ne font qu'un dans une religion nul n'est plus vraiment conscient.
Alors on est toujours un peu moins qu'un individu.

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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar Maried » dim. 13 sept. 2009 20:53



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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar Georges » mar. 15 sept. 2009 15:10



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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar yacoub » mar. 15 sept. 2009 19:42

http://matin.branchez-vous.com/nouvelle ... _hort.html
Accusé de propos racistes: Hortefeux condamne l'islamophobie

Le ministre de l'intérieur de la France ne ménage pas les efforts pour racheter ses propos de la semaine dernière, alors qu'il a été accusé d'avoir fait une blague raciste.


Depuis qu'une vidéo dans laquelle on le voit visiblement faire une blague sur un jeune d'origine arabe, Brice Hortefeux multiplie en effet les explications et les gestes symboliques.

Par exemple, lundi soir, le ministre du gouvernement Sarkozy a rompu le jeûne du ramadan pour la deuxième fois, alors qu'il était l'invité d'honneur du Conseil français du culte musulman. Lors de cette rencontre, Hortefeux s'est dit désolé que tout ce «tohu-bohu médiatique» et cette «interprétation totalement inexacte» de ses paroles ait pu blesser des personnes «dans leur être et leurs convictions».

Parlant d'une polémique «inutile et injuste», il a exprimé son «respect pour tous les Français, celles et ceux qui vivent sur notre sol, quelles que soient leur religion, leurs convictions». Il a aussi tenu à défendre la tolérance en France, disant notamment que «l'islamophobie n'a pas sa place» dans le pays.
....
.



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Re: Le chantage à l'islamophobie

Message non lupar Georges » sam. 10 oct. 2009 17:21



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