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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : lun. 11 avr. 2016 18:31
par yacoub

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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : jeu. 12 mai 2016 12:51
par yacoub
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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : jeu. 12 mai 2016 13:13
par yacoub
La Fatiha et la culture de la haine
Interprétation du 7e verset à travers les siècles
Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh


Table des matières
Introduction 5
Partie I. Présentation de la Fatiha 7
1. Traduction 7
2. Sens donné par les exégètes et leurs justifications 8
3. Les versets du Coran en rapport avec le verset 7 10
4. Les récits de Mahomet en rapport avec le verset 7 12
5. Analogie avec la prière catholique 13
6. Antagonisme avec les normes antiracistes 14
Partie II. Les exégètes par ordre chronologique 17

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Introduction
La prière fait partie des cinq piliers de l’islam, qui sont: l’attestation de la foi, la prière, le jeûne, l’aumône et le pèlerinage. En droit musulman, celui qui nie l’obligation de prier est considéré comme apostat et passible de la peine de mort. Et celui qui ne prie pas par paresse est considéré comme un pécheur, et doit être contraint de prier. Puis, s’il refuse, il peut être mis à mort. Cette obligation de prier, sous peine de mort, est confirmée dans le traité de droit d’Ibn Ruchd, le fameux philosophe et juriste dit Averroès (décédé en 1198)1. Le père de famille peut contraindre les membres de sa famille qui ne s’y conforment pas, et cela s’applique même au mineur à partir de l’âge de dix ans2.
Aujourd’hui aussi, les musulmans sont obligés, dans certains pays, d’accomplir les cinq prières et doivent pour cela interrompre toutes leurs activités. Une fatwa demande à l’État de licencier l’employé qui ne prie pas, et permet à son collègue de le tuer3. L’article 306 du Code pénal mauritanien réitère la peine de mort contre le récalcitrant:
Tout musulman majeur qui refuse de prier tout en reconnaissant l’obligation de la prière sera invité à s’en acquitter jusqu’à la limite du temps prescrit pour l’accomplissement de la prière obligatoire concernée. S’il persiste dans son refus jusqu’à la fin de ce délai, il sera puni de la peine de mort.
S’il ne reconnaît pas l’obligation de la prière, il sera puni de la peine pour apostasie et ses biens confisqués au profit du Trésor public. Il ne bénéficiera pas de l’office consacré par le rite musulman.
Selon le droit musulman, les cinq prières quotidiennes que doit accomplir le musulman ne sont valides que si la Fatiha y est récitée4. Elle est récitée aussi lors de la conclusion du contrat de mariage, lors des visites des cimetières et à d’autres occasions.
Al-Fatiha, écrite aussi Al-Fatihah, traduite par La Liminaire, Le Prologue, L’Ouverture ou L’Inaugurale, etc. est le titre du premier chapitre du Coran dans l’ordre canonique qu’utilisent les musulmans et le cinquième chapitre dans l’ordre chronologique. Elle est composée de sept versets, dont les 6e et 7e versets comportent l'invocation suivante: «Dirige-nous vers le chemin droit. Le chemin de ceux que tu as gratifiés, contre lesquels [tu n’es] pas en colère et qui ne sont pas égarés.»
L’aspect qui nous intéresse dans cette étude est l’interprétation qui a été donnée à cette invocation à travers les siècles, et plus particulièrement à ce que désignent les deux groupes: «les gens contre lesquels Dieu est en colère», et «les gens égarés».
La réponse à cette question peut être résumée en une phrase: chez l’écrasante majorité des exégètes, les gens contre lesquels Dieu est en colère المغضوب عليهم sont les juifs, et les gens égarés الضالين sont les chrétiens5. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut aussi le démontrer à travers des citations de ces exégètes et indiquer les justifications qu’ils ont fournies. Sans ces justifications, il serait téméraire et hasardeux d’avancer le sens particulier donné à ces termes, car ils peuvent aussi bien revêtir une signification générale et désigner tout pécheur et toute personne qui s’égare de la voie prescrite par Dieu.
Si effectivement le sens avancé par les exégètes est celui que nous venons d’évoquer, on se demande comment les musulmans peuvent coexister en paix et en harmonie avec les juifs et les chrétiens alors qu’ils répètent ce chapitre dans leurs cinq prières quotidiennes, y compris le septième verset précité? Et si telle est leur posture
1 Bidayat Al-Mujtahid, vol. 1, p. 96-99
2 Mahomet dit: «Commandez vos enfants de prier dès l’âge de sept ans, et frappez-les la concernant à l’âge de dix ans», récit rapporté par Abu-Da’ud مروا أولادكم بالصلاة وهم أبناء سبع سنين واضربوهم عليها وهم أبناء عشر سنين
3 Fatwa du cheikh Salih Al-Fawzan
4 Mahomet dit: «Pas de prière pour celui qui ne récite pas la fatiha», récit rapporté par Al-Bukhari no 723 لا صلاة لمن لم يقرأ بفاتحة الكتاب
5 Le Coran et les exégètes utilisent le terme «nazaréens» (nassara) en lieu et place de «chrétiens» (massihiyyoun). Malgré l’existence de différences historiques entre les deux termes, on les utilise aujourd’hui indistinctement en arabe, alors que seul le terme «chrétiens» est en usage dans les langues occidentales. C’est donc ce terme que nous utiliserons dans la partie française de la présente étude.
6
à l’égard des juifs et des chrétiens, qui sont les Gens du Livre, que penser alors de leur attitude à l’égard de ceux qui ne font même pas partie des Gens du Livre?
Dans une vidéo, une petite fille de deux ans répond à des questions sur la religion. Parmi celles-ci: qui sont les gens contre lesquels Dieu est en colère? Et la petite fille de répondre: ce sont les juifs. Et qui sont les égarés? Ce sont les chrétiens. Quel espoir pouvons-nous avoir en nos jeunes gens si on leur enseigne une telle discrimination dès leur plus tendre enfance?
La société arabe et musulmane brûle dans le feu d’un sectarisme religieux odieux. Nous sommes en droit de nous demander d’où viennent ce sectarisme et cette haine? Et comment nous pouvons y mettre fin sans un changement radical de la religion musulmane?
La haine que génère le verset 7 envers les juifs et les chrétiens ne se limite pas à ces derniers. Les musulmans sont des êtres humains comme tous les autres, et la haine ne peut que susciter un rejet chez ceux qui réfléchissent parmi eux. Chacun de nous cherche un idéal dans la religion, toute religion. Mais quand on ne trouve que haine et discrimination à la lecture des textes fondateurs de la religion dans laquelle on est né, on éprouve de la répulsion pour cette religion, imposée par le milieu familial, scolaire, social et étatique.
Cela peut expliquer la vague d’athéisme qui déferle actuellement sur les pays arabes et musulmans. Ainsi, le texte fondateur ne donne pas seulement naissance à des fanatiques djihadistes qui tranchent des têtes, enlèvent des femmes, les asservissent et leur imposent des normes vestimentaires dégradantes. Il donne aussi naissance à des révoltés contre la religion. On l’a vu en Occident lorsque l’Église a voulu exercer son pouvoir et museler la liberté d’expression par des bûchers allumés à chaque coin de rue et par son tribunal d’inquisition. Et on le voit aujourd’hui avec des musulmans qui brûlent le Coran et affichent leur rejet de l’islam. Certaines sources estiment que le nombre des athées dans le monde arabe et musulman atteint 75 millions de personnes1, soit un chiffre plus élevé que celui des djihadistes, même si ces derniers se rendent plus visibles par leurs actes de violence.
Cet ouvrage est divisé en deux parties. La première partie est consacrée à l’étude de la Fatiha, et la deuxième présente les exégètes par ordre chronologique.
1 Voir cet article: مصطفى راشد: الإلحاد زادَ بفَضلِ الجماعاتِ الكافرة والحكومات الفاشية
7
Partie I. Présentation de la Fatiha
1. Traduction
Nous en donnons ici la version arabe, en orthographe uthmani et moderne, et cinq traductions: la nôtre, celle de Hamidullah, celle de Zeinab Abdelaziz, celle de Malek Chebel, et celle de Berque.
Versets du Coran Orthographe uthmani Orthographe usuelle
1. Au nom de Dieu, le tout miséricordieux, le très miséricordieux.
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Au nom d’Allah, le Miséricordeur, le Miséricordieux.
Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux.
Au nom de Dieu, le Tout miséricordieux, le Miséricordieux.
   
بِاسْمِ ا ه للَِّ ال ه رحْمَانِ ال ه رحِيمِ
2. Louange à Dieu, le Seigneur du monde! Louange à Allah, Seigneur de l’univers. Louanges à Allah, Seigneur des univers.
Louange à Allah1, le Seigneur des mondes.
Louange à Dieu, Seigneur des univers
   
الْحَمْدُ هِ للَِّ رَ بِ الْعَالَمِينَ
3. Le tout miséricordieux, le très miséricordieux. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
le Miséricordeur, le Miséricordieux.
Le Clément, le Miséricordieux.
le Tout miséricordieux, le Miséricordieux.
 
ال ه رحْمَانِ ال ه رحِيمِ
4. Possesseur du jour du jugement. Maître du Jour de la rétribution. Maître du Jour du jugement.
Maître du Jour de la rétribution.
Le roi du Jour de l’allégeance.
  
مَالِكِ يَوْمِ الدِ ينِ
5. C’est toi que nous adorons, et c’est toi dont nous demandons l’aide. C’est Toi [Seul] que nous adorons, et c’est Toi [Seul] dont nous implorons secours.
C’est Toi Seul que nous adorons et c’est Toi Seul à que nous recourons.
C’est Toi que nous adorons, et Toi dont nous implorons l’assistance.
C’est toi que nous adorons, Toi de qui le secours implorons.
   
إِيهاكَ نَعْبُدُ وَإِيهاكَ نَسْتَعِينُ
6. Dirige-nous vers le chemin droit. Guide-nous dans le droit chemin,
Indique-nous le chemin de rectitude,
Conduis-nous sur le droit chemin,
Guide-nous sur la voie de rectitude,
  
اهْدِنَا ال صرَاطَ الْمُسْتَقِيمَ
8
7. Le chemin de ceux que tu as gratifiés, contre lesquels [tu n’es] pas en colère et qui ne sont pas égarés. Le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés. Le chemin de ceux que Tu as gratifiés: ni les réprouvés, ni les fourvoyés.
Le chemin de ceux que Tu as comblés de Tes bienfaits, et non pas de ceux qui ont suscité Ta colère, ni le chemin des égarés.
La voie de deux que tu as gratifiés, non pas celle des réprouvés, non plus que de ceux qui s’égarent.
    
   
صِرَاطَ الهذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ غَيْرِ
الْمَغْضُوبِ عَلَيْهِمْ وَلَا ال ه ضالِ ينَ
Si l’on considère que le Coran est la parole de Dieu, comme le prétendent les musulmans, ces propos ne peuvent provenir de Dieu. On conçoit mal comment Dieu peut se rendre louange à lui-même ou solliciter sa propre aide. De ce fait, Ibn-Masoud, fameux compagnon de Mahomet, refusait l’intégration de ce chapitre dans son Coran. Mais laissons ce point de côté et examinons le sens donné aux deux groupes: «les gens contre lesquels Dieu est en colère», et «les gens égarés» mentionnés dans le verset 7.
2. Sens donné par les exégètes et leurs justifications
Au verset 6, les croyants demandent à Dieu de les diriger vers le chemin droit. Et le verset 7 précise que
Le chemin droit est celui des gens que Dieu a gratifiés
Et non pas le chemin des gens contre qui Dieu est en colère
Ni le chemin des gens qui sont égarés:
Versets du Coran Orthographe uthmani Orthographe usuelle
M-5/1:6. Dirige-nous vers le chemin droit,
  
اهْدِنَا ال صرَاطَ الْمُسْتَقِيمَ
M-5/1:7. le chemin de ceux que tu as gratifiés, contre lesquels (tu n’es) pas en colère et qui ne sont pas égarés.
    
   
صِرَاطَ الهذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ غَيْرِ الْمَغْضُوبِ
عَلَيْهِمْ وَلَا ال ه ضالِ ينَ
On se trouve donc face à trois groupes:
1) Ceux qui sont gratifiés
2) Ceux contre lesquels Dieu est en colère
3) Ceux qui sont égarés
Certains estiment que ces trois catégories doivent être lues à la suite et ne forment qu’un seul et même groupe, les éléments 2 et 3 qualifiant simplement ceux qui sont gratifiés. Mais l’écrasante majorité distingue entre ces trois groupes et tentent de les définir. On constate d’ailleurs cette divergence dans les traductions citées plus haut. Si l’on suit l’opinion majoritaire, le verset 7 comporterait des lacunes et devrait être lu comme suit:
M-5/1:7. le chemin de ceux que tu as gratifiés, non pas [le chemin de ceux] contre lesquels (tu es) en colère, et ni [le chemin] de ceux qui sont égarés.
     ]...[
   ]...[ 
صِرَاطَ الهذِينَ أَنْعَمْتَ عَلَيْهِمْ غَيْرِ ]...[
الْمَغْضُوبِ عَلَيْهِمْ وَلَا ]...[ ال ه ضالِ ينَ
Les exégètes divergent sur le premier groupe (les gratifiés): ils seraient les prophètes, voire les juifs avant qu’ils se détournent de la vraie foi, voire les musulmans eux-mêmes qui ont été gratifiés par la foi.
Cette première catégorie ne nous intéresse pas ici, et nous n’en parlerons que par ricochet.
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Quant aux deuxième et troisième groupes («les gens contre lesquels Dieu est en colère», et «les gens égarés»), en règle générale, les exégèses disent qu’il s’agit respectivement des juifs (al-yahoud) et des chrétiens (al-nassara). La formulation de cette appréciation diffère d’une exégèse à l’autre.
Les exégètes se limitent parfois à une ou deux phrases indiquant que le verset 7 susmentionné désigne les juifs comme étant les gens contre qui Dieu est en colère, et les chrétiens comme étant les gens égarés. Ceci sans fournir de justification à leur interprétation.
D’autres en revanche recourent aux deux sources du droit musulman, à savoir le Coran et la sunnah de Mahomet. En effet, pour les musulmans, la détermination de ce qui est bien et de ce qui est mal, de ce qui est licite et de ce qui est illicite, doit nécessairement se baser sur ces deux sources, conjointement ou séparément, de façon directe ou indirecte, à travers un raisonnement par analogie. Nous nous limitons ici à trois passages du Coran:
Versets du Coran Orthographe uthmani Orthographe usuelle
M-70/16:116. Ne dites pas, conformément aux mensonges proférés par vos langues: «Ceci est permis, et ceci est interdit», pour fabuler sur Dieu le mensonge. Ceux qui fabulent sur Dieu le mensonge ne réussissent pas.
    
    
      
     
وَلَا تَقُولُوا لِمَا تَصِفُ أَلْسِنَتُكُمُ الْكَذِبَ هَذَا
حَلَالٌ وَهَذَا حَرَامٌ لِتَفْتَرُوا عَلَى ا ه للَِّ الْكَذِبَ إِ ه ن
الهذِينَ يَفْتَرُونَ عَلَى ا ه للَِّ الْكَذِبَ لَا يُفْلِحُونَ
H-88/8:20. Ô vous qui avez cru! Obéissez à Dieu et à son envoyé et ne lui tournez pas le dos lorsque vous l’écoutez.
    
    

يَا أَيُّهَا الهذِينَ آَمَنُوا أَطِيعُوا ا ه للََّ وَرَسُولَهُ وَلَا
تَوَلهوْا عَنْهُ وَأَنْتُمْ تَسْمَعُونَ
H-92/4:59. Ô vous qui avez cru! Obéissez à Dieu, et obéissez à l’envoyé et à ceux parmi vous chargés des affaires. Si vous vous disputez à propos d’une chose, ramenez-la à Dieu et à l’envoyé, si vous croyez en Dieu et au jour dernier. Voilà ce qui est mieux et un meilleur aboutissant.
    
     
      
     
     
يَا أَيُّهَا الهذِينَ آَمَنُوا أَطِيعُوا ا ه للََّ وَأَطِيعُوا
ال ه رسُولَ وَأُولِي الْْمَْرِ مِنْكُمْ فَإِنْ تَنَازَعْتُمْ فِي
شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى ا ه للَِّ وَال ه رسُولِ إِنْ كُنْتُمْ
تُؤْمِنُونَ بِا ه للَِّ وَالْيَوْمِ الَْْخِرِ ذَلِكَ خَيْرٌ وَأَحْسَنُ
تَأْوِيلًا
La règle veut que le musulman commence par interroger le Coran, censée être la parole divine et qui, même si son interprétation peut largement varier, reste la source la plus sûre. Il ne recourra à la sunnah que si le Coran ne prévoit pas de réponse précise et détaillée. Mais la sunnah pose un problème d’authenticité, les recueils comportant les récits de Mahomet n’étant pas révélées à la lettre, et ces recueils contiennent de nombreuses imperfections pouvant amener à écarter un récit attribué à Mahomet pour une raison ou une autre, notamment du fait que le rapporteur de ce récit serait une personne peu fiable.
Dans le cas d’espèce, les exégètes procèdent souvent de manière inverse: ils commencent par le verset 7 dont les éléments ne sont pas déterminés avec précision, et vont chercher chez Mahomet une interprétation de ce verset dans le récit suivant: «Les juifs sont les gens contre qui Dieu est en colère, et les chrétiens sont les gens égarés.»
Certains exégètes s’arrêtent à cette deuxième étape, mais nombre d’entre eux passent à une troisième étape, en cherchant dans le Coran une attestation qui corrobore le contenu du récit de Mahomet. Ceci vise généralement à contrer toute mise en doute de l’authenticité du récit. Ce qui signifie que même si le récit est écarté pour des raisons formelles, son contenu est conforme à ce que dit le Coran à propos des juifs et des chrétiens. Ils vont donc chercher dans le Coran les termes utilisés dans le verset 7 accolés soit aux juifs (contre lesquels Dieu est en colère) soit aux chrétiens (qui sont les égarés). Certains exégètes se bornent à citer un verset, d’autres plusieurs, et pas toujours les mêmes.
10
Certains exégètes vont plus loin, et cherchent dans une quatrième étape les raisons pour lesquelles Dieu est en colère contre les juifs et pourquoi les chrétiens sont considérés comme égarés. Certains versets en effet motivent leur jugement contre les juifs et contre les chrétiens.
Certains exégètes expliquent dans une cinquième étape que les juifs comme les chrétiens sont à la fois des gens contre lesquels Dieu est en colère et des gens égarés, mais le qualificatif «gens contre lesquels Dieu est en colère» caractérise plus particulièrement les juifs pour des raisons données, et le qualificatif «gens égarés» caractérise plus particulièrement les chrétiens.
Dans une sixième étape, certains exégètes se demandent si seuls les juifs et les chrétiens sont concernés par ces qualificatifs, ou si ces qualificatifs peuvent en fait concerner d’autres groupes. Certains estiment que les polythéistes seraient dans un état plus alarmant encore que celui des juifs et des chrétiens. Et que, dans tous les cas, ces qualificatifs peuvent être attribués aussi aux hypocrites (qui font semblant d’être musulmans), aux pervers, voire aux musulmans qui n’observent pas la loi musulmane et commettent une injustice.
Certains enfin se demandent pourquoi le verset mentionne d’abord les gens contre lesquels Dieu est en colère, et ensuite les gens égarés.
Il arrive, mais très rarement, qu’un exégète ne fasse aucune mention des juifs et des chrétiens et donne au verset 7 un sens général. On l’observe surtout chez des exégètes soufis, qui brodent autour du verset 7 en lui donnant un sens ésotérique. Et certains exégètes chiites attribuent les deux qualificatifs non seulement aux juifs et aux chrétiens, mais aussi à ceux qui n’adhèrent pas à leur communauté.
Malgré les modalités susmentionnées, l’écrasante majorité des exégètes affirment en premier lieu, avec ou sans nuances, avec ou sans développement, que les juifs sont des gens contre lesquels Dieu est en colère, et les chrétiens des gens égarés. Cette affirmation se retrouve aussi bien chez les exégètes anciens que chez leurs confrères contemporains. Et aucun exégète ne conteste explicitement l’interprétation selon laquelle les gens frappés de la colère de Dieu sont les juifs et les gens égarés sont les chrétiens.
3. Les versets du Coran en rapport avec le verset 7
Nous donnons ici une liste des versets auxquels les exégètes se réfèrent, ce qui nous évite de nous répéter dans les traductions, d’autant que les exégètes se limitent souvent à citer un bref élément du verset, censé être connu par coeur. La traduction complète de tous ces versets rendrait le texte trop lourd.
Nous utiliserons notre propre traduction du Coran par ordre chronologique, en faisant usage des deux numérotations: le premier numéro renvoie à l’ordre chronologique du Coran, et le deuxième à l’ordre conventionnel. Ces deux numéros sont suivis du numéro du verset, et précédés d’un H en rouge (Hégire) pour les versets médinois, et d’un M en noir pour les versets mecquois.
Versets du Coran
Orthographe uthmani
Orthographe usuelle
M-39/7: 152. Ceux qui ont pris le veau (pour un dieu), auront sur eux de la part de leur Seigneur, une colère, et une humiliation dans la vie ici-bas. Ainsi rétribuons-nous les fabulateurs.
    
     
    
إِ ه ن الهذِينَ اتهخَذُوا الْعِجْلَ سَيَنَالُهُمْ
غَضَبٌ مِنْ رَب هِمْ وَذِلهةٌ فِي الْحَيَاةِ
الدُّنْيَا وَكَذَلِكَ نَجْزِي الْمُفْتَرِينَ
M-42/25:44. Ou bien penses-tu que la plupart d’entre eux écoutent ou discernent? Ceux-là ne sont que comme les bétails. Ils sont plutôt plus égarés de la voie.
    
       
   
أَمْ تَحْسَبُ أَ ه ن أَكْثَرَهُمْ يَسْمَعُونَ أَوْ
يَعْقِلُونَ إِنْ هُمْ إِ ه لا كَالْْنَْعَامِ بَلْ هُمْ
أَضَلُّ سَبِيلًا
M-51/10:32. Voilà Dieu, votre vrai Seigneur! Qu’y a-t-il après la vérité sinon l’égarement? Comment vous (en) détournez-vous?"
      
     
فَذَلِكُمُ ا ه للَُّ رَبُّكُمُ الْحَقُّ فَمَاذَا بَعْدَ
الْحَ قِ إِ ه لا ال ه ضلَالُ فَأنَهى تُصْرَفُونَ
11
M-70/16:106. Quiconque a mécru en Dieu après avoir cru (…), sauf celui qui a été contraint alors que son coeur est rassuré par la foi. Mais celui qui ouvre la poitrine à la mécréance, une colère de Dieu tombera sur eux et ils auront un très grand châtiment.
      
    
    
    
 
مَنْ كَفَرَ بِا ه للَِّ مِنْ بَعْدِ إِيمَانِهِ إِ ه لا مَنْ
أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالْإِيمَانِ وَلَكِنْ
مَنْ شَرَحَ بِالْكُفْرِ صَدْرًا فَعَلَيْهِمْ
غَضَبٌ مِنَ ا ه للَِّ وَلَهُمْ عَذَابٌ عَظِيمٌ
H-87/2:40. Ô fils d’Israël! Rappelez-vous ma grâce dont je vous ai gratifiés. Acquittez-vous de votre engagement envers moi, et je m’acquitterai de mon engagement envers vous. Ayez donc de l’effroi de moi.
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  
يَا بَنِي إِسْرَائِيلَ اذْكُرُوا نِعْمَتِيَ
الهتِي أَنْعَمْتُ عَلَيْكُمْ وَأَوْفُوا بِعَهْدِي
أُوفِ بِعَهْدِكُمْ وَإِيهايَ فَارْهَبُونِ
H-87/2:61. (…) lorsque vous dîtes: «Ô Moïse! Nous n’endurerons plus une seule nourriture. Appelle donc ton Seigneur pour qu’il nous fasse sortir de la terre ce qu’elle fait pousser, de ses légumes, ses concombres, son ail, ses lentilles et ses oignons!» Il dit: «Voulez-vous échanger le meilleur contre le moindre? Descendez en Égypte. Vous y trouverez ce que vous demandez!» Ils seront frappés d’humiliation et d’indigence, et encourront la colère de Dieu. Cela parce qu’ils mécroyaient dans les signes de Dieu, et qu’ils tuaient les prophètes sans droit. Cela parce qu’ils désobéissaient et transgressaient.
     
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   
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 
وَإِذْ قُلْتُمْ يَا مُوسَى لَنْ نَصْبِرَ عَلَى
طَعَامٍ وَاحِدٍ فَادْعُ لَنَا رَبهكَ يُخْرِجْ
لَنَا مِ ه ما تُنْبِتُ الَْْرْضُ مِنْ بَقْلِهَا
وَقِثهائِهَا وَفُومِهَا وَعَدَسِهَا وَبَصَلِهَا
قَالَ أَتَسْتَبْدِلُونَ الهذِي هُوَ أَدْنَى
بِالهذِي هُوَ خَ يرٌ اهْبِطُوا مِصْرًا فَإِ ه ن
لَكُمْ مَا سَألَْتُمْ وَضُرِبَتْ عَلَيْهِمُ الذِ لهةُ
وَالْمَسْكَنَةُ وَبَاؤُوا بِغَضَبٍ مِنَ ا ه للَِّ
ذَلِكَ بِأنَههُمْ كَانُوا يَكْفُرُونَ بِآيََاتِ ا ه للَِّ
وَيَقْتُلُونَ النهبِ يِينَ بِغَيْرِ الْحَ قِ ذَلِكَ
بِمَا عَصَوْا وَكَانُوا يَعْتَدُونَ
H-87/2:65. Vous avez connu ceux des vôtres qui transgressèrent le sabbat. Nous leur dîmes: «Soyez des singes humiliés!»
     
    

وَلَقَدْ عَلِمْتُمُ الهذِينَ اعْتَدَوْا مِنْكُمْ فِي
ال ه سبْتِ فَقُلْنَا لَهُمْ كُونُوا قِرَدَةً
خَاسِئِينَ
H-87/2:90. Combien détestable ce contre quoi ils ont troqué leurs âmes: ils mécroient en ce que Dieu a fait descendre, abusés par le fait que Dieu fasse descendre de sa faveur envers qui il souhaite de ses serviteurs. Ils ont encouru colère sur colère. Les mécréants auront un châtiment humiliant!
    
      
      
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  
بِئْسَمَا اشْتَرَوْا بِهِ أَنْفُسَهُمْ أَنْ يَكْفُرُوا
بِمَا أَنْزَلَ ا ه للَُّ بَغْيًا أَنْ يُنَ زلَ ا ه للَُّ مِنْ
فَضْلِهِ عَلَى مَنْ يَشَاءُ مِنْ عِبَادِهِ
فَبَاؤُوا بِغَضَبٍ عَلَى غَضَبٍ
وَلِلْكَافِرِينَ عَذَابٌ مُهِينٌ
H-89/3:112. Où qu’on les trouve, ils seront frappés d’humiliation, à moins d’une corde (de secours) de la part de Dieu ou d’une corde (de secours) de la part des humains. Ils encourront la colère de Dieu, et seront frappés d’indigence. Cela parce qu’ils mécroyaient dans les signes de Dieu, et qu’ils tuaient les prophètes sans droit. Cela parce qu’ils désobéissaient et transgressaient.
      
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    
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      

ضُرِبَتْ عَلَيْهِمُ الذِ لهةُ أَيْنَ مَا ثُقِفُوا
إِ ه لا بِحَبْلٍ مِنَ ا ه للَِّ وَحَبْلٍ مِنَ النهاسِ
وَبَاؤُوا بِغَضَبٍ مِنَ ا ه للَِّ وَضُرِبَتْ
عَلَيْهِمُ الْمَسْكَنَةُ ذَلِكَ بِأنَههُمْ كَانُوا
يَكْفُرُونَ بِآيََاتِ ا ه للَِّ وَيَقْتُلُونَ الْْنَْبِيَاءَ
بِغَيْرِ حَ قٍ ذَلِكَ بِمَا عَصَوْا وَكَانُوا
يَعْتَدُونَ
12
H-92/4:69. Quiconque obéit à Dieu et à l’envoyé, ceux-là seront avec ceux que Dieu a gratifiés: prophètes, véridiques, témoins et vertueux. Quels bons compagnons que ceux-là!
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     
   
  
وَمَنْ يُطِعِ ا ه للََّ وَال ه رسُولَ فَأوُلَئِكَ مَعَ
الهذِينَ أَنْعَمَ ا ه للَُّ عَلَيْهِمْ مِنَ ال ه نبِي ينَ
وَال صدِ يقِينَ وَالشُّهَدَاءِ وَال ه صالِحِينَ
وَحَسُنَ أُولَئِكَ رَفِيقًا
H-92/4:93. Quiconque tue délibérément un croyant, sa rétribution sera la géhenne. Il y sera éternellement. Dieu est en colère contre lui, l’a maudit et lui a préparé un très grand châtiment.
    
     
    
وَمَنْ يَقْتُلْ مُؤْمِنًا مُتَعَ مدًا فَجَزَاؤُهُ
جَهَنهمُ خَالِدًا فِيهَا وَغَضِبَ ا ه للَُّ عَلَيْهِ
وَلَعَنَهُ وَأَعَده لَهُ عَذَابًا عَظِيمًا
H-92/4:167. Ceux qui ont mécru et ont rebuté (les autres) de la voie de Dieu se sont égarés d’un égarement lointain.
     
    
إِ ه ن الهذِينَ كَفَرُوا وَصَدُّوا عَنْ سَبِيلِ
ا ه للَِّ قَدْ ضَلُّوا ضَلَالًا بَعِيدًا
H-112/5:60. Dis: «Vous informerai-je de ce qui est pire que cela, comme rétribution auprès de Dieu? Celui que Dieu a maudit, contre lequel il est en colère, ceux dont il a fait des singes et des porcs, de même que celui qui a adoré les idoles, ceux-là ont la pire situation et sont les plus égarés de la voie droite.»
      
       
    
     
  
قُلْ هَلْ أُنَب ئُكُمْ بِشَ ر مِنْ ذَلِكَ مَثُوبَةً
عِنْدَ ا ه للَِّ مَنْ لَعَنَهُ ا ه للَُّ وَغَضِبَ عَلَيْهِ
وَجَعَلَ مِنْهُمُ الْقِرَدَةَ وَالْخَنَازِيرَ
وَعَبَدَ ال ه طاغُوتَ أُولَئِكَ شَرٌّ مَكَانًا
وَأَضَلُّ عَنْ سَوَاءِ ال ه سبِيلِ
H-112/5:77. Dis: «Ô gens du livre! N’exagérez pas dans votre religion, (Ne dites) que la vérité. Ne suivez pas les désirs des gens qui se sont égarés auparavant, ont égaré beaucoup et se sont égarés de la voie droite.»
     
    
      
    
قُلْ يَا أَهْلَ الْكِتَابِ لَا تَغْلُوا فِي
دِينِكُمْ غَيْرَ الْحَ قِ وَلَا تَتهبِعُوا أَهْوَاءَ
قَوْمٍ قَدْ ضَلُّوا مِنْ قَبْلُ وَأَضَلُّوا
كَثِيرًا وَضَلُّوا عَنْ سَوَاءِ ال ه سبِيلِ
H-112/5:78. Ceux qui ont mécru parmi les fils d’Israël ont été maudits par la langue de David et de Jésus fils de Marie. Cela parce qu’ils désobéissaient et transgressaient.
    
    
      

لُعِنَ الهذِينَ كَفَرُوا مِنْ بَنِي إِسْرَائِيلَ
عَلَى لِسَانِ دَاوُودَ وَعِيسَى ابْنِ
مَرْيَمَ ذَلِكَ بِمَا عَصَوْا وَكَانُوا
يَعْتَدُونَ
H-112/5:79. Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de répugnant. Combien détestable ce qu’ils faisaient!
    
    

كَانُوا لَا يَتَنَاهَوْنَ عَنْ مُنْكَرٍ فَعَلُوهُ
لَبِئْسَ مَا كَانُوا يَفْعَلُونَ
4. Les récits de Mahomet en rapport avec le verset 7
Nous donnons ici les récits attribués à Mahomet dans les recueils de sunnah en rapport avec le verset 7. Ces récits sont importants car ils constituent la deuxième source du droit musulman. Le Coran incite le croyant à s’y soumettre, comme nous l’avons vu plus haut, et les juristes musulmans placent ces récits au même niveau que le Coran, même si l’authenticité de bon nombre d’entre eux est mise en question. Signalons ici qu’un courant très minoritaire appelé «Les Coranistes» rejette tout recours à la sunnah.
Un récit de Mahomet est présenté en deux parties:
- La première partie (appelée isnad) comporte une liste de personnes qui ont rapporté le dit récit. On parle de chaîne de transmission: A a entendu B qui a entendu C qui a entendu D qui a entendu Mahomet dire … Cette liste peut s’étendre sur plusieurs lignes et sert à vérifier l’authenticité du récit en question.
- La deuxième partie (appelée matn) mentionne ce que Mahomet aurait dit.
13
Nous nous limitons ici à la deuxième partie, classant les sources selon l’année de décès de leurs auteurs. On remarquera à cet égard que ces récits étaient connus et cités par des exégètes que nous mentionnerons avant qu’ils ne soient publiés dans des recueils.
Source Texte arabe Traduction
Ibn-Hanbal ابن حنبل
(décédé en 855)
ان المغضوب عليهم اليهود وان الضالين
النصارى
Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens.
Al-Tirmidhi الترمذي
(décédé en 892)
اليهود مغضوب عليهم والنصارى ضلال
Les juifs sont les gens contre lesquels Dieu est en colère, et les chrétiens sont les gens égarés.
Al-Tabarani الطبراني
(décédé en 918)
صراط الذين أنعمت عليهم غير
المغضوب عليهم اليهود ولا الضالين
النصارى
Le chemin de ceux que tu as gratifiés, contre lesquels tu n’es pas en colère (les juifs) et qui ne sont pas égarés (les chrétiens).
Al-Tabarani الطبراني
(décédé en 918)
ان المغضوب عليهم اليهود وان الضالين
النصارى
Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens.
Ibn-Habban ابن حبان
(décédé en 965)
المغضوب عليهم: اليهود والضالون:
النصارى
Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens.
Al-Bayhaqi البيهقي
(décédé en 1066)
هؤلاء اليهود المغضوب عليهم وهؤلاء
النصارى الضالون
Ces juifs sont les gens contre lesquels Dieu est en colère, et ces chrétiens sont les gens égarés.
Ibn-al-Athir ابن الْثير
(décédé en 1233)
المغضوب عليهم: اليهود، والضالِ ينَ :
النصارى
Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens.
Al-Suyyuti السيوطي
(décédé en 1505)
إن المغضوب عليهم اليهود وإن الضالين
النصارى
Les gens contre lesquels Dieu est en colère sont les juifs, et les gens égarés sont les chrétiens.

Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : jeu. 12 mai 2016 13:25
par yacoub
5. Analogie avec la prière catholique
La liturgie catholique du Vendredi saint introduite au VIIe siècle disait: Oremus et pro perfidis Judaeis, ce qui devait signifier, à l’origine, «Prions aussi pour les Juifs incroyants» ou «Prions aussi pour les Juifs infidèles», au sens où ces derniers n’adhéraient pas à la foi chrétienne. Cependant, avec l’évolution de la liturgie et les traductions dans les langues communes, notamment le français (Prions aussi pour les Juifs perfides afin que Dieu Notre Seigneur enlève le voile qui couvre leurs coeurs et qu’eux aussi reconnaissent Jésus, le Christ, Notre-Seigneur), l’expression a rapidement changé de sens. Elle est devenue, dans un contexte d’antijudaïsme, synonyme de «déloyauté», de «fourberie», puis a pris un caractère gravement offensant et chargé d’antisémitisme.
Cette terminologie a suscité des controverses depuis le début du XIXe siècle, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’Église catholique. Les discussions officielles au sein de la hiérarchie catholique pour l’abolir ou la réformer commencèrent dans les années 1920. En 1959, le pape Jean XXIII fit supprimer les termes contestés (perfidis, ainsi que perfidiam, qui figurait dans l’oraison). Lors de la réforme liturgique qui suivit le concile Vatican II, ces termes ne réapparaissent pas, et les allusions à la conversion des juifs, présentes dans l’oraison, sont supprimées.
Depuis le missel de Paul VI, promulgué en 1970, la formulation est devenue «Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier: qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité de son Alliance». Le motu proprio
14
Summorum Pontificum de Benoît XVI, paru en 2007 et facilitant l’utilisation, dans la liturgie, du missel de 1962, a suscité quelques inquiétudes. La prière pour les juifs a donc été modifiée dans cette édition, les propos concernant l’«aveuglement» étant supprimés, mais l’intention demeurant, selon l’ancienne tradition, la conversion des juifs au christianisme1.
Certes, il est délicat de demander aux musulmans d’abandonner la récitation de la Fatiha, qui constitue une condition de validité de la prière musulmane. Mais on est en droit de signaler que ce chapitre du Coran, telle qu’il est compris par la quasi-totalité des exégètes musulmans, y compris Mahomet, sème la haine. Et il est loin de constituer la seule composante discriminante de la prière musulmane. On n’a à cet égard qu’à écouter les prêches du vendredi, qui comportent souvent des invocations demandant à Dieu de détruire les mécréants, de rendre veuves leurs femmes, et orphelins leurs enfants, et de les frapper par des maladies incurables2. De tels prêches sont entendus et diffusés non seulement dans les pays arabes et musulmans, mais parfois aussi dans les lieux de culte des pays occidentaux3.
6. Antagonisme avec les normes antiracistes
Le but de cette étude consiste à attirer l’attention, en premier lieu, des musulmans eux-mêmes sur le fait que leurs prières ne favorisent pas la paix, bien au contraire, et qu’ils sont les premières victimes de ces invocations haineuses. Ensuite, cette étude souhaite alerter les organisations internationales qui oeuvrent pour la paix ainsi que des responsables politiques et académiques en Occident afin que des mesures soient prises pour inciter les autorités religieuses musulmanes à dénoncer l’interprétation du chapitre coranique en question et à interdire les prêches haineux dans les lieux de culte et leur diffusion.
Rappelons ici le préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO:
Les gouvernements des États parties à la présente Convention, au nom de leurs peuples, déclarent:
Que, les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix.
Mais il faut relever également que la récitation régulière de la Fatiha, dans sa compréhension tant classique que moderne, viole les normes contre la discrimination, dont nous citons ici des extraits tirés des articles 261 et 261bis du Code pénal suisse:
Article 261 – Celui qui, publiquement et de façon vile, aura offensé ou bafoué les convictions d’autrui en matière de croyance, en particulier de croyance en Dieu, ou aura profané les objets de la vénération religieuse, (…)
sera puni d’une peine pécuniaire de 180 jours-amende au plus.
Article 261bis – Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse;
celui qui, publiquement, aura propagé une idéologie visant à rabaisser ou à dénigrer de façon systématique les membres d’une race, d’une ethnie ou d’une religion; (…)
celui qui aura publiquement, par la parole, l’écriture, l’image, le geste, par des voies de fait ou de toute autre manière, abaissé ou discriminé d’une façon qui porte atteinte à la dignité humaine une personne ou un groupe de personnes en raison de leur race, de leur appartenance ethnique ou de leur religion ou qui, pour la même raison, niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité; (…)
sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.
Certes, des actions en justice fondées sur l’affrontement entre les résultats de la présente étude et les lois en vigueur, par exemple en Suisse, présenteraient un caractère provocateur peu compatible avec l’idéal premier d’information et de médiation qui doit présider à la résolution des problèmes posés par des incitations malsaines telles que celles révélées ici.
1 Information reprise de l’article Oremus et pro perfidis Judaeis
2 Voir Al-Qaradawi sur la chaîne arabe Aljazeera علاقة المسلمين باليهود
3 Enquête sur les prêches haineux dans une mosquée de Londres
15
Cependant, force est de constater que deux visions très antagonistes s’affrontent bel et bien, dans la réalité quotidienne des pays occidentaux, qui connaissent une immigration musulmane croissante, entre la pratique rituelle de l’islam classique et les lois anti-discrimination modernes. Il peut donc s’avérer raisonnable de faire usage de la présente étude, dans un cadre juridique limité, pour sinon interdire la prière musulmane, du moins faire connaître, ou rappeler, le problème que pose, très concrètement, la pratique normalisée de la religion musulmane, dont le respect conduit le croyant à répéter au moins 17 fois par jour1 ce qui constitue sans doute aucun des incitations à la discrimination et à la haine en raison d’une appartenance religieuse. Pour résoudre un problème, il faut commencer par prendre conscience de sa présence.
1 Consulter par exemple le site islamfrance, qui décrit très précisément le déroulement des cinq prières quotidiennes et prescrit ainsi au total 17 récitations de la Fatiha par jour. Or ce nombre n’est que le minimum obligatoire – le croyant est par ailleurs incité à multiplier de telles récitations en certaines occasions, ou simplement par piété.

Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : lun. 16 mai 2016 11:44
par yacoub
De l'islamisme au surmusulman : quand la psychanalyse se penche sur les parcours sacrificiels


Amedy Coulibaly et sa femme, 2010.

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EnquêteL'Islam est-il en guerre contre les femmes ? Abo


Six mois après les attentats de Paris, on peine encore à expliquer le comportement de leurs auteurs. Faut-il aller chercher dans leur inconscient les motifs réels de leur violence et et de ce délirant désir de sacrifice ? Entretien avec le psychanalyste Fathi Benslama, auteur d'“Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman”.

La psychanalyse peut-elle aider à penser la volonté sacrificielle qui s’est emparée ces dernières années de jeunes Français, au nom de l’islam ? Oui, répond Fathi Benslama dans un essai percutant, Un furieux désir de sacrifice. Le Surmusulman, qui vient d'être publié aux éditions du Seuil. Le psychanalyste, professeur de psychopathologie à l’université Paris-Diderot, auteur de La psychanalyse à l’épreuve de l’islam (Aubier, 2002) et La guerre des subjectivités en islam (Lignes, 2014) y éclaire la réalité de la radicalisation grâce à la figure du « surmusulman » : un musulman imprégné par l’islamisme, hanté par la culpabilité de n’être « pas assez musulman » et par le sacrifice. Entretien.

Comment est né ce concept de « surmusulman »?

L’idée m’est venue peu à peu, en travaillant dans les services de protection de l’enfance en Seine-Saint-Denis, au cours des années 90. Pendant une quinzaine d’années, j’ai vu en consultation des musulmans et observé chez une partie d’entre eux la montée d’une culpabilité profonde par rapport à la religion, et du tourment de « n’être pas assez musulman ». A l’époque, on ne parlait pas de radicalisation mais d’intégrisme ou de fanatisme. Ces individus étaient non seulement confrontés à une sorte d’exigence intérieure mais également aux harcèlements des prédicateurs les accusant des pires crimes moraux, et les sommant de prouver qu’ils étaient de « bons » musulmans. D’où des processus d’affirmation identitaires par la religion : il s’agissait de dépasser leur sentiment de honte en s’identifiant au musulman exemplaire, le Prophète, et en devenant plus musulmans que ne l’étaient leurs parents, ou grands-parents. Pour eux, il n’était plus suffisant de vivre leur religion dans le cadre de la tradition, fondée sur l’idée d’humilité. Car l’une des significations du mot « musulman » est « l’humble », ce qui constitue le noyau éthique fondamental de l’islam. Avec le surmusulman, il s’agit au contraire d’afficher l’orgueil de sa foi face aux autres. Il y a les démonstrations publiques – prières dans la rue, marquages corporels et vestimentaires… Certains expriment le « surmusulman » sous forme de tendance. D’autres se mettent à l’incarner, c’est-à-dire à exprimer une toute-puissance religieuse, de façon agressive, voire dangereuse dans certains cas.

Que peut apporter la psychanalyse dans la compréhension de ces comportements ?

Avec Le Surmusulman, je propose un diagnostic sur la vie psychique de musulmans imprégnés par l’islamisme, hantés par la culpabilité et le sacrifice. Mon but est d’apporter des éclaircissements, pas de tout expliquer. Aucune discipline ne peut fournir une explication globale. Qu’il s’agisse des approches en termes géopolitiques, en termes de civilisation (appréhendant l’islam comme une civilisation en crise), ou en termes sociologiques, aucune ne peut prétendre à rendre compte à elle seule du phénomène. L’approche psychanalytique, informée du terrain, en intersection avec d’autres savoirs, peut ouvrir une brèche ; c’est d’ailleurs le croisement du clinique et du social qui a permis la décantation de cette figure du surmusulman. Cette notion a pour but de permettre de penser ces comportements, par delà les différences qui peuvent exister entre salafistes ou takfiristes. Je ne les récuse pas mais je propose de penser l’excès en tant que tel, de façon plus générale.

Par ailleurs je m’adresse plus spécifiquement aux musulmans en leur disant : voilà, le danger est là, chez ce surmusulman. C’est ce qui menace votre culture, votre religion, votre civilisation. C’est un danger pour vos enfants, pour votre place dans le monde. Le surmusulman est un symptôme, qui correspond à un désespoir chez certains musulmans.

“Qu’est ce qu’un être humain sans croyance ? Cela n’existe pas ! Toute la société repose sur l’idée d’une confiance qui est la base de la croyance.”

Les « psy » sont arrivés tardivement sur le terrain de l’étude de la radicalisation. Pourquoi ?

Effectivement, la première rencontre en France à ce sujet, entre cliniciens, ne s’est tenue qu’en mars 2015. Les causes de ce décalage avec les sciences sociales sont multiples. Il faut d’abord rappeler que les phénomènes de croyance sont des phénomènes « normaux », et que la limite entre le normal et l’anormal est très difficile à évaluer. Et puis, pour la psychanalyse, le normal et le pathologique ne sont pas des qualités mais des quantités. Chacun de nous compte, en soi, de petites quantités d’aspects pathologiques. Chez certains individus, ces quantités sont plus importantes. De même une quantité trop grande de croyance peut-elle finir par devenir de la crédulité ou du fanatisme. Mais de façon générale, les psychiatres, psychanalystes et psychologues sont méfiants face à la « pathologisation » de ces phénomènes et ils ont raison. Car qu’est ce qu’un être humain sans croyance ? Cela n’existe pas ! Quand vous prenez un taxi, vous croyez que le conducteur est honnête et qu’il ne s’agit pas d’un fou. Toute la société repose sur l’idée d’une confiance qui est la base de la croyance. Les psy restent donc très prudents. Par ailleurs, ils travaillent au cas par cas, sur des situations individuelles, d’où leur difficulté à tirer des enseignements plus généraux. Quand vous recevez un homme ou une femme qui a manifestement des attitudes excessives par rapport à la religion, il faut d’abord établir une relation de confiance, écouter l’histoire de la personne, voir par où elle est passée. Ce cheminement est très lent.

Justement, comment en êtes-vous venu à élargir votre analyse ?

Cela m’est apparu urgent, face à ces situations d’extrême violence, mon expérience clinique suffisamment longue me permettant d’avancer sur un plan un peu plus général. Par ailleurs, à la différence de beaucoup de mes collègues, je connais bien l’islam. D’une façon générale, le monde occidental ne sait plus ce qu’est la religion ; et en France ou en Europe de l’Ouest, le terme n’a pas exactement la même connotation que dans le monde musulman, le monde hindou, ou encore le monde orthodoxe. D’où notre difficulté à appréhender la ré-irruption en Occident de la religion, vue comme ayant la prétention de gérer l’ensemble de la société, ce qu’a longtemps été le christianisme.

Ce que nous appelons retour de la religion peut être appelé fondamentalisme : sous l’effet de la destruction de la tradition par la modernité, les croyants reviennent aux fondements ou prétendent y revenir, pour tenter de retrouver les repères de la tradition. Ce phénomène concerne toutes les religions, du mouvement évangéliste ou fondamentalisme hindou. La grande particularité du fondamentalisme musulman tient à ce qu’il a été armé, du fait des guerres qui ravagent le monde musulman depuis un siècle. Une partie des fondamentalistes ont été équipés par l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis, les pays du Golfe pour des raisons géopolitiques, stratégiques, économiques… Si demain on arme les évangélistes, ils feront la même chose.
Cherif Kouachi dans le documentaire Pieces a Convictions (2005).

“L’islamisme a donc construit l’idée d’un homme totalement religieux, totalement musulman, ce qui ouvre la voie au surmusulman.”

Et le surmusulman, écrivez-vous, est issu du fondamentalisme…

Effectivement, cette figure est la production, consciente et inconsciente, de près d’un siècle d’islamisme. Il ne faut pas oublier l’état de belligérance civile permanente entre musulmans depuis le début du XXe siècle, autour de questions cruciales telles que : qu’est ce qu’être musulman ? Qu’est-ce que qu’être homme ou femme ? C’est dans ce terreau, où rien n’est plus évident, où les certitudes identitaires se sont effondrées, que l’islamisme a levé l’ennemi interne du musulman, dont la hantise pourvoit l’obsession du surmusulman.

Mais il y a eu une erreur d’appréciation au sujet de l’islamisme lorsqu’on a fait prévaloir qu’il s’agissait d’un “islam politique”. Je soutiens au contraire que l’islamisme est l’invention, par des musulmans, à partir de l’islam, d’une utopie anti-politique, faisant prévaloir la religion comme seule apte à gouverner les deux mondes. Dès le départ, sa visée fondamentale a consisté à s’opposer à la sécularisation des sociétés, et à subordonner le politique au religieux, au point d’aspirer à l’y faire disparaître. Les premiers à l’avoir fait sont les Frères musulmans, qui ont voulu imposer un programme proprement religieux et théologique, refusant que les êtres humains édictent eux-mêmes les principes du gouvernement de la cité. Idem avec la révolution islamique iranienne de 1979, fondée sur l’idée que les religieux doivent être au sommet du pouvoir. Le Guide spirituel au sommet de l’Etat est un ayatollah sélectionné par une assemblée d’experts religieux, gardien du droit théologique, chef des armées, auquel le président de la République est subordonné. Aujourd’hui, Daech poursuit le même objectif, en imposant la religion au dessus du politique. Et pour arriver à son but, l’islamisme a donc construit l’idée d’un homme totalement religieux, totalement musulman, ce qui ouvre la voie au surmusulman.

En France, parmi les radicalisés, 40% sont des convertis, souvent issus des classes moyennes (selon le rapport du député Sébastien Pietrasanta, juin 2015). Pourquoi cette figure du surmusulman peut-elle les séduire ?

Quand on regarde les chiffres donnés par le gouvernement, les deux tiers ont entre 15 et 25 ans. Ce qui signifie que la grande majorité est constituée soit d’adolescents, soit de jeunes adultes, qui se trouvent dans cette zone moratoire où la traversée de l’adolescence peut connaître une extension et un état de crise prolongé. Ils sont en panne d’idéaux, ceux de l’enfance ne tiennent plus la route. Certains sont en très grande difficulté, voire dans des états limites. Et la radicalisation va leur permettre d’estomper ces symptômes, en proposant un pansement à leurs douleurs. Peu importe qu’ils ignorent de quoi est fait exactement l’islamisme, pourvu qu’il apporte « la solution ». J’ai rencontré ces jeunes dans mes consultations. Ils vont très mal puis en se radicalisant, ils deviennent tout puissants, héroïques, ils trouvent un idéal absolu, une cause englobante et c’est précisément cette offre très forte qui attire les jeunes convertis. Le fait que le nombre de jeunes issus des classes moyennes ou favorisées se soit accru montre d’ailleurs que le choix de la radicalisation correspond désormais davantage à des conditions en rapport avec la vie psychique.

On ne peut parler de pathologie pour tous. Certains sont dans la délinquance. D’autres vivent des tourments secrets ou dissimulés, avec des défaillances dans leur environnement familial ou social, et font la mauvaise rencontre. D’où l’importance d’apporter toutes ces nuances car nous ne sommes pas face à un profil d’un seul tenant.

Ensuite, c’est souvent l’insertion dans un groupe qui conduit au vrai basculement. On insiste souvent sur le pouvoir d’internet et effectivement, internet rapproche l’offre de celui qui est dans une situation de malaise. Mais la rencontre avec le groupe est déterminante, c’est ce qui va finalement donner consistance à toutes les idées glanées sur le réseau. J’ai récemment vu une femme en consultation qui m’a dit : “mais mon fils (17 ans), il n’avait pas de fréquentations, il était tout le temps dans sa chambre, devant son ordinateur, il ne sortait pas !” C’est précisément le problème, ce garçon n’a pas de relations sociales et son basculement se fait en rencontrant le groupe qui va l’adopter, et confirmer, petit à petit, ce qu’il a capté jusque-là. Ce qui peut le conduire à aller plus loin.

Pourquoi les ados sont-ils plus touchés en France aujourd’hui ?

Trois éléments conjugués ont contribué à la situation actuelle. Il y a d’abord le travail au long cours fait par des prédicateurs, dans les banlieues (puisque c’est de là que c’est parti). Il y a aussi un changement de stratégie des terroristes au sujet du djihad. Pour reprendre Gilles Kepel, on est passé d’organisations hiérarchiques régionales à des réseaux plus décentralisés, et surtout focalisés sur le terrorisme individuel, en se concentrant particulièrement sur l’Europe, considérée comme le maillon faible occidental, pour essayer de créer une fracture entre les musulmans et leurs pays d’adoption. Par ailleurs, et j’y vois l’élément majeur, avec sa diffusion sur internet, la radicalisation islamiste est devenue un produit de masse. Internet rapproche l’offre de jeunes gens en situation de malaise, crée et configure la demande. C’est aussi une question de marché. Aujourd’hui, l’islamisme radical est le produit le plus répandu sur le marché, le plus excitant, le plus intégral.

Parmi les « radicalisés », vous insistez sur le nombre croissant de femmes - 35%…

Ce sont les femmes qui conduisent le changement dans le monde musulman, ce sont donc elles qui apparaissent comme les plus menaçantes pour l’ordre fondamentaliste, qui les pensent d’abord et avant tout comme un objet sexuel total. Les femmes sont donc souvent accusées, directement ou pas, d’introduire la dislocation de la communauté musulmane, d’où la culpabilité particulière qu’on leur fait porter. C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines peuvent être preneuses de la proposition du voile et être tentées de se tourner vers un modèle de féminité ultra-traditionnel, vu comme plus « rassurant », et allant souvent à l’encontre du modèle féminin de leur propre mère. J’en ai souvent vu en consultation, qui expriment le désarroi suscité par l’émancipation, et la difficulté à remplir tous les rôles (mère, amante, travailleuse…) que propose la modernité. Ces tourments ne sont pas propres aux jeunes musulmanes, c’est l’une des raisons pour lesquelles l’islamisme radical peut aussi toucher des femmes occidentales qui se convertissent, en leur offrant une réponse à une liberté difficile à porter.

Concernant les femmes, il y a d’ailleurs un autre aspect largement sous-estimé, c’est le rôle qu’elles jouent dans cette guerre. Je suis convaincu qu’il est loin d’être passif, ou secondaire. Dans le cas de Mohammed Merah, il semble que sa compagne n’était pas très loin de lui au moment où il opérait. Je pense aussi à Hayat Boumedienne, la compagne d’Amedy Coulibaly, ou à la cousine d’Abaaoud.
Chérif Kouachi dans le documentaire Pieces a Convictions (2005).

“Les jeunes se radicalisaient car ils étaient à la recherche d’enracinement, dans le ciel, à défaut de le pouvoir sur terre.”

A propos de prévention, vous vous opposez au terme de « déradicalisation », pourquoi ?

Revenons d’abord sur son inverse, la « radicalisation », qui me semble en revanche présenter un grand intérêt. Il est particulièrement efficace quand on l’entend au sens d’« extrémiste » mais on oublie souvent un autre sens, le fait que « radical » signifie « la racine ». Et c’est ce que j’ai constaté sur le terrain, en Seine-Saint-Denis : les jeunes se radicalisaient car ils étaient à la recherche d’enracinement, dans le ciel, à défaut de le pouvoir sur terre. Car tout, autour d’eux, témoignait du déracinement, leur histoire familiale, l’environnement urbain de la cité, leur avenir sans horizon… On peut évidemment trouver que ces racines ne sont pas les bonnes mais ce sont celles qu’ils se sont choisies. Venir dire à quelqu’un qui pense avoir trouvé des racines, qu’on va lui proposer un déracinement, ça ne peut pas marcher ! Notre travail ne consiste pas à « déradicaliser » quelqu’un mais à lui permettre de retrouver la singularité qu’il a perdue dans l’automatisme fanatique, à l’amener à redevenir sujet de son histoire. Heureusement, les autorités renoncent peu à peu à ce terme de « déradicalisation », et les centres qui devraient bientôt voir le jour pour accueillir les jeunes radicalisés ont d’ailleurs été nommés « centres d’insertion et de citoyenneté ».

Vous êtes l’un des rares à porter un regard positif sur les révolutions arabes, et notamment celle qui a eu lieu en Tunisie. Vous y voyez même une proposition de dépassement du surmuslman. Pourquoi?

Je rappelle un fait très simple : tous les soulèvements se sont faits sans slogan religieux, alors même que ces sociétés apparaissent comme dominées par le religieux. Les femmes et les hommes, souvent jeunes, qui sont descendus dans la rue, n’ont pas scandé le nom de Dieu, ils n’ont pas prié ni psalmodié, ils ont parlé de droits politiques, civiques, d’égalité… Les islamistes, eux, étaient absents, ils sont arrivés après, parce qu’ils étaient plus organisés.

Mais tous ces jeunes gens n’ont pas disparu. Ils n’ont pas oublié. De bout en bout des révolutions, de Tunisie en Egypte, les gens ont repris ces vers d’un poète tunisien des années 30, Abbou El Kacem Chebbi : “Quand le peuple veut vivre, le destin doit plier”. Ce vers a été condamné par tous les religieux jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que le mot « destin » désigne en arabe la puissance de Dieu, puisque c’est Dieu qui destine d’avance chaque être vivant, et que ce vers est blasphématoire puisque s’y exprime la volonté humaine, et non divine. Mais les populations du monde arabe ont scandé ce vers à bon escient, car elles savent très bien combien le mot est connoté religieusement. Comme si elles disaient : quand le peuple veut vivre, on se passe d’un Dieu déterministe ; nous ne voulons plus de ce Dieu de la théologie, qui décide d’avance de tous les destins humains, nous voulons vivre selon notre volonté. Je suis convaincu que rien de cela n’est oublié.

Vous êtes très optimiste !

Nous adoptons trop facilement le point de vue de ceux qui ont détruit les tentatives des révolutionnaires. Un nombre croissant de musulmans sont exaspérés par le fanatisme et les violences, certains sortent d’ores et déjà de la religion. J’en rencontre beaucoup lors de mes consultations : dès que les gens peuvent avoir un lieu pour réfléchir, parler, ils avancent et remettent les choses à leur place. Le problème, c’est qu’ils n’existent pas publiquement ; on ne voit, et on n’entend que ceux qui se radicalisent. Mais les gens en ont assez des excès imposés par les “religionnaires”. J’ai trouvé ce terme ancien chez des auteurs français du début du XVIIIe siècle. La situation du monde européen de l’époque, avec cette crise énorme de la conscience européenne et cette grande bascule vers les Lumières, ressemble à certains égards à ce que vit le monde musulman aujourd’hui : on quitte le XVIIe, monde d’une grande stabilité, et la bataille fait rage entre ceux qui veulent conserver l’ordre ancien et ceux qui le combattent.

Aujourd’hui, le monde musulman doit opérer sa bascule vers le XXIe siècle. Cela prendra du temps, sans doute une bonne partie du XXIe siècle, ce sera violent, mais je suis convaincu qu’au bout du compte, les radicalisations religieuses ne l’emporteront pas. Regardez la proportion des radicalisés en France. La population française compte 4 millions de musulmans. 25% vont à la mosquée, mais parmi ceux-ci, tous ne sont pas des radicaux. Selon le premier ministre, il y aurait 20 000 salafistes. Que représentent-ils face aux 4 millions de musulmans ? 0,2%.
Evidemment, certains sont dangereux, ou peuvent le devenir. Mais la grande masse de nos concitoyens musulmans ne s’y retrouve pas et finira par l’emporter. D’autant plus que les organisations religieuses en France n’ont plus le choix, elles sont obligées d’adopter plus de rigueur, et beaucoup sont déjà en train d’évoluer. Ce qui change une religion, c’est la société. L’Eglise catholique a été obligée d’évoluer sous la pression d’une société qui a évolué, jusqu’à aujourd’hui. Et il en ira de même pour le monde musulman. Le changement de l’islam sera socia

Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : ven. 10 juin 2016 19:38
par yacoub
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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : lun. 13 juin 2016 11:08
par yacoub
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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : lun. 13 juin 2016 18:30
par yacoub
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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : lun. 13 juin 2016 20:06
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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : mer. 15 juin 2016 12:58
par yacoub
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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : jeu. 16 juin 2016 16:05
par yacoub
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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : ven. 17 juin 2016 20:06
par yacoub
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Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : ven. 17 juin 2016 20:44
par omar
Cette femme est courageuse !

Re: L'islamisme modéré n'existe pas ... selon .Fédorovski

Posté : dim. 9 avr. 2017 23:55
par marmhonie
Précisons le voile dans le Coran



Je cite la sourate 33, verset 59: "يَا أَيُّهَا النَّبِيُّ قُلْ لِأزْوَاجِكَ وَبَنَاتِكَ وَنِسَاءِ الْمُؤْمِنِينَ يُدْنِينَ عَلَيْهِنَّ مِنْ جَلاَبِيبِهِنَّ  ۚ  ذَلِكَ أَدْنَى أَنْ يُعْرَفْنَ فَلاَ يُؤْذَيْنَ  ۗ  وَكَانَ اللَّهُ غَفُورا ً رَحِيما", traduction "Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées. Allah est pardonneur et miséricordieux."

Je cite la sourate 24, verset 31: "وَقُلْ لِلْمُؤْمِنَاتِ يَغْضُضْنَ مِنْ أَبْصَارِهِنَّ وَيَحْفَظْنَ فُرُوجَهُنَّ وَلاَ يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلاَّ مَا ظَهَرَ مِنْهَا  ۖ  وَلْيَضْرِبْنَ بِخُمُرِهِنَّ عَلَى جُيُوبِهِنَّ  ۖ  وَلاَ يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلاَّ لِبُعُولَتِهِنَّ أَوْ آبَائِهِنَّ أَوْ آبَاءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ أَبْنَائِهِنَّ أَوْ أَبْنَاءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي إِخْوَانِهِنَّ أَوْ بَنِي أَخَوَاتِهِنَّ أَوْ نِسَائِهِنَّ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُنَّ أَوِ التَّابِعِينَ غَيْرِ أُوْلِي الإِرْبَةِ مِنَ الرِّجَالِ أَوِ الطِّفْلِ الَّذِينَ لَمْ يَظْهَرُوا عَلَى عَوْرَاتِ النِسَاء  ۖ  وَلاَ يَضْرِبْنَ بِأَرْجُلِهِنَّ لِيُعْلَمَ مَا يُخْفِينَ مِنْ زِينَتِهِنَّ  ۚ  وَتُوبُوا إِلَى اللَّهِ جَمِيعاً أَيُّهَا الْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ", traduction"Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu'elles ne montrent leurs atours qu'à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu'elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu'elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l'on sache ce qu'elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ٍcroyants, afin que vous récoltiez le succès."

Je cite la sourate 33, verset 53: "يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لاَ تَدْخُلُوا بُيُوتَ النَّبِيِّ إِلاَّ أَنْ يُؤْذَنَ لَكُمْ إِلَى طَعَامٍ غَيْرَ نَاظِرِينَ إِنَاه ُُ وَلَكِنْ إِذَا دُعِيتُمْ فَادْخُلُوا فَإِذَا طَعِمْتُمْ فَانْتَشِرُوا وَلاَ مُسْتَأْنِسِينَ لِحَدِيث ٍ  ۚ  إِنَّ ذَلِكُمْ كَانَ يُؤْذِي النَّبِيَّ فَيَسْتَحْيِ مِنْكُمْ  ۖ  وَاللَّهُ لاَ يَسْتَحْيِ مِنَ الْحَقِّ  ۚ  وَإِذَا سَأَلْتُمُوهُنَّ مَتَاعا ً فَاسْأَلُوهُنَّ مِنْ وَرَاءِ حِجَاب ٍ  ۚ  ذَلِكُمْ أَطْهَرُ لِقُلُوبِكُمْ وَقُلُوبِهِنَّ  ۚ  وَمَا كَانَ لَكُمْ أَنْ تُؤْذُوا رَسُولَ اللَّهِ وَلاَ أَنْ تَنْكِحُوا أَزْوَاجَه ُُ مِنْ بَعْدِهِ~ِ أَبَدا ً  ۚ  إِنَّ ذَلِكُمْ كَانَ عِنْدَ اللَّهِ عَظِيما", traduction "Ô vous qui croyez! N'entrez pas dans les demeures du Prophète, à moins qu'invitation ne vous soit faite à un repas, sans être là à attendre sa cuisson. Mais lorsqu'on vous appelle, alors, entrez. Puis, quand vous aurez mangé, dispersez-vous, sans chercher à vous rendre familiers pour causer. Cela faisait de la peine au Prophète, mais il se gênait de vous, alors qu'Allah ne se gêne pas de la vérité. Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez-le leur derrière un voile (ou rideau): c'est plus pur pour vos sœurs et leurs cœurs; vous ne devez pas faire de la peine au Messager d'Allah, ni jamais vous marier avec ses épouses après lui; ce serait, auprès d'Allah, un énorme pêché." Phonétique du passage sur le voile: "Wa Idha Sa'altumūhunna Mata aan Fas'aluhunna Min Warai Hijabin". Cette sourate est humaine, car il y a 1380 ans que Mahomet est mort et ce verset ne s'applique qu'à ses femmes, quoiqu'on puisse prendre exemple sur lui, et revenir 1380 ans en arrière...

Même une journaliste française faisant son métier dans une dictature islamique tel que l'Iran, risque la flagellation, la prison ou la mort, Cliquer

Et comme on peut en demandez plus sur la condition de la femme, en attendant qu'une femme libre réponde, je vous cite le début de la sourate 33, verset 33: "وَقَرْنَ فِي بُيُوتِكُنَّ وَلاَ تَبَرَّجْنَ تَبَرُّجَ الْجَاهِلِيَّةِ الأُولَى  ۖ ", traduction "Restez dans vos foyers; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes avant l'Islam."

Il y a encore ce hadith fiable de Mahomet par exemple: "Il y aura dans ma communauté des femmes habillées, mais nues sur leur tête, ce sont comme des bosses de chameaux: maudissez-les car elles sont maudites."

Au contraire, Jésus-Christ, dans l'évangile selon Jean, chapitre VIII, versets 5 à 11, est tout Amour et tout Pardon devant la haine des hommes méchants: "Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol. Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit :
- Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre.
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol. Quant à eux, sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui. Il se redressa et lui demanda :
- Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ?
Elle répondit :
- Personne, Seigneur.
Et Jésus lui dit :
- Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus."


Pas de femme objet, liberté de nudité !
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Bonjour les momies vivantes
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Le voile pour mentir, l'imposture faussement religieuse !
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