La traversée des siècles

La traversée des siècles

Voici comment les chiites présentent leurs origines et leur histoire. Un texte à lire avec la plus grande prudence, mais très instructif sur leur mentalité.

Ma vie, ma Tunisie

La traversée des siècles

Lors de la disparition du douzième imam infaillible El Mehdi, le fameux imam caché (878), les premiers partisans du réseau chiites prétendirent que ce dernier, malgré son retrait provisoire de la vie publique, continuait à adresser aux hommes ses messages prophétiques.

Celui-ci désignerait bientôt son successeur, unique savant religieux capable de construire l’avenir du monde musulman. Pourchassés depuis de nombreuses décennies, les membres de ce réseau étaient alors très affaiblis.

Aussi décidèrent-ils de se retirer de la scène politique, tout comme leur idole, afin d’échapper à la torture de leurs détracteurs et de préparer dans l’ombre le renouveau de la religion chiite en restructurant son organisation à la lumière des textes sacrés issus de la parole d’El Mehdi. La disparition de ce dernier marqua donc le début de leur clandestinité.

À cette époque, la première tâche entreprise par les grands savants chiites fut de conserver et de protéger les écrits sur lesquels se fonde toute la stratégie du réseau, d’hier jusqu’à nos jours, et pour les siècles à venir. Ces textes comportaient deux volets, l’un destiné à la masse des croyants, l’autre à l’élite et devant être tenu secret.

Des écoles religieuses furent ouvertes, réservées exclusivement à leurs descendants. Chaque nouvel élève postulant se voyait soumis à des tests draconiens avant de pouvoir y être admis, une étude sur son passé et sa famille était également diligentée. La formation religieuse comportait sept étapes.

La première se déroulait sur plusieurs années, pendant lesquelles l’élève apprenait les bases de l’islam et le Fiqh (la jurisprudence qui rassemble l’exégèse des savants chiites), sous l’autorité d’un « assidu» (moujtéhid celui qui interprète les textes).La deuxième le hissait au rang de savant religieux, mais il devait rester sous la tutelle de son maître, lequel avait pour mission de lui enseigner les subtilités de la jurisprudence. Durant la troisième étape, il acquérait le degré de Houjatou El Islam.

À partir de ce moment-là, il lui était possible de se détacher partiellement de son maître. L’élève rédigeait alors sa propre jurisprudence. À la suite de quoi, il atteignait le niveau de « prudence » (ihtiate).Lors de la quatrième étape, il défendait sa thèse Rissala El Amalia (pratiques jurisprudentielles) devant les plus grands savants chiites, lesquels lui accordaient son titre d’ « assidu », l’autorisant à exprimer son opinion personnelle et à devenir totalement indépendant à l’égard de son maître.

La cinquième l’élevait au rang d’Ayatoullah, lui donnant le droit de diriger sa propre école religieuse, puis d’envoyer ses disciples à travers le monde pour propager sa jurisprudence. Ses élèves lui devaient l’aumône (el zakat).La sixième correspondait au rang de Ayatoullah El Ouadhama (signe du Dieu grandiose), le plus haut degré de connaissance. Peu de religieux pouvaient y prétendre.Enfin la septième, appelée Ouléyatou El Féqih, couronnait le savant religieux suprême.

Ce degré reste toutefois sinon contesté, pour le moins théorique. En pratique, aucun religieux n’a encore osé le revendiquer, hormis l’imam Khomeiny lors de sa révolution contre le shah d’Iran ! Selon certains, seul l’imam El Mehdi détient ce pouvoir.Les membres du réseau se replièrent dans leurs écoles élitistes, consolidant ainsi leur organisation. C’est ainsi que la pensée chiite put traverser les âges.

Djamel Eddin El Afghani, né en 1839, de son vrai nom Djamel Eddin Assad Abadi, fut l’un des premiers à participer à l’infiltration du corps sunnite. Son apparition sur la scène politico-religieuse, vers 1860, déclencha l’entrée du réseau dans le domaine politique pour le conduire ensuite au terrorisme. Cet Afghan, converti à la doctrine chiite, reçut une formation religieuse en Iran avant d’entrer dans les rangs du réseau.

Après ses études, il se rendit en Afghanistan où il s’introduisit chez les sunnites afin de percer leur logique et leur mode de fonctionnement. Ensuite il gagna l’Égypte pour entrer dans la célèbre école religieuse El Azhar.

Sa première action pour le réseau consista à propager de façon indirecte au sein de cet établissement les idées politiques du chiisme. Cela avait valeur de test préparatoire à la mise au point d’une science de l’infiltration devant servir de modèle aux futurs agents du réseau.

Grand précurseur de la guerre secrète, dès 1867, El Afghani projeta d’installer en Égypte un mouvement islamiste puis de le pousser à prendre le pouvoir. De là il unifierait le monde arabe après l’avoir préalablement divisé, chassant par là même les colons occidentaux de la terre d’Islam.

El Afghani initia Mohamed Abdou (1849-1905), père fondateur du réformisme musulman El Nahdha (la renaissance), qui fut l’un des premiers sunnites politiques à enseigner à l’illustre école religieuse El Azhar. C’est là que les deux hommes firent connaissance. Derrière les actions d’El Afghani se cachait un puissant espion exerçant dans tout le monde arabo-islamique au service du réseau.

Il entretenait d’excellentes relations avec les colons européens, spécialement avec les Britanniques à qui il livra toutes sortes d’informations sur les partis d’opposition, communistes, nationalistes ou chiites n’appartenant pas au réseau.Dans les années vingt, après la chute de l’Empire ottoman et le partage du monde arabo-islamique entre Britanniques et Français, les dirigeants chiites prirent toute la mesure de la puissance occidentale.

Ils décidèrent de réagir énergiquement en formant un appareil ultra secret ayant pour mission, d’une part de mener des actions terroristes contre les intérêts occidentaux, et d’autre part de créer des mouvements islamistes au sein de la communauté sunnite.

Cette prise de conscience entraîna un durcissement de leur mouvement et la remise en cause de son action politique. Face au gigantesque corps sunnite et à la domination du monde occidental, la stratégie de l’attaque frontale se révélait en effet inopérante.

L’infiltration, la manipulation, la déstabilisation – bref tout ce qui relève de la guerre secrète, devinrent leurs armes privilégiées. Dans le même temps, les dirigeants s’isolèrent davantage dans leur tour d’ivoire occulte, instaurant un système de communication à la fois horizontale et verticale ultra verrouillé.

Ils développèrent également la méthode El Tekia, technique de l’agent double. Lors de l’indépendance de l’Égypte en 1936, le mouvement des Frères musulmans, créé en 1929 auparavant par Hassan al-Banna, a précipité le départ des Britanniques. En réalité, cette confrérie religieuse avait pu voir le jour grâce à l’influence d’El Afghani. Mais le manque d’expérience de ses dirigeants en matière politique leur interdit l’accès au pouvoir. Cet échec les obligea à se réorganiser.

Ils mirent au point un système économique et social spécifique, différent du capitalisme et du socialisme. Parallèlement, ils prêchaient un retour intégral à la tradition islamique pure et dure. Pendant ce temps, l’œil noir du réseau les surveillait de près.

Peu à peu les Frères musulmans sombrèrent dans le fanatisme et l’intégrisme sunnite, mettant en péril les plans chiites. Ces derniers parvinrent toutefois à reprendre le contrôle du mouvement par l’intermédiaire d’El Said Kotb, sympathisant du réseau et grand leader des Frères musulmans. Les chiites consentirent même une aide financière importante.

Plus les idées politico-religieuses des Frères musulmans se propageaient dans le monde islamique, plus la présence du réseau se fortifiait sur ces mêmes terres. Lorsque les autorités égyptiennes condamnèrent à mort El Said Kotb, le réseau continua néanmoins de préserver son hégémonie sur les Frères musulmans jusqu’à ce que ceux-ci soient réprimés par Nasser dans les années cinquante. Cette défaite relative poussa les à intensifier l’infiltration du corps sunnite en Égypte.

Reprenant de nouvelles positions stratégiques, ils manœuvrèrent pour y développer des mouvements islamistes conservant leur religion locale mais placés sous le contrôle direct ou indirect de ses agents. De cette façon ils renforcèrent leurs positions dans les principales villes égyptiennes, à partir desquelles ils purent ensuite implanter des branches annexes dans les pays voisins. Après la première offensive chiites menée par El Afghani au Moyen-Orient, la suivante fut lancée vers l’Occident.

L’analyse des dirigeants du réseau, que ni Karim ni moi ne partageons, je tiens encore à le préciser, est la suivante le monde occidental est l’objet d’une opération de minage par les « juifs sionistes qui président de nombreuses institutions financières, civiles, mais également militaires ».

Profitant de la naïveté des chrétiens et de leur méconnaissance du danger que représente la puissance islamique, les sionistes organisent de leur côté une guerre secrète destinée à anéantir les musulmans.

Les chiites envoyèrent partout en Europe des espions chargés de dresser des rapports détaillés sur les activités sionistes. Travail minutieux et de longue haleine, mais les investigations interminables ne sont pas pour effrayer le réseau, qui raisonne à très long terme, édifiant des plans d’action sur des centaines d’années à la lumière des prédictions d’El Mehdi… Selon les chiites, le temps joue en leur faveur.

Texte écrie en arabe 1987 et sortie en 2020 dans le livre Ma vie Ma Tunisie.

Par : Mohamed karim Labidi

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Définition du mot ex-musulman

Définition du mot ex-musulman

Définition du mot ex-musulman

Le mot ex-musulman est un mot composé de préfixe « ex » qui signifie ancien, et du mot « musulman » qui signifie une personne qui professe l’islam, et qui appartient à la religion islamique, le mot musulman vient de l’arabe muslim « celui qui se soumet à Allah et ce que Mohamed a enseigné ».

Être un musulman est appartenir à la communauté musulmane « el Oumma » et devenir un ex-musulman est se détacher de cet « oumma » et se libérer de cette soumission communautaire religieuse.

Définition du mot ex-musulman

Définition du mot ex-musulman

Mais malheureusement, pour la majorité des musulmans orthodoxes pour ne pas dire tous, le mot ex-musulman veut dire autre chose, puisqu’il est lié au mot arabe irtidād et rida qui veut dire : reculer en arrière et abandonner l’islam comme religion et foi, cela signifie dans la majorité des cas pour les musulmans une trahison et les ex-musulmans des traitres…

Cette signification fausse que les musulmans pensent des ex-musulmans, est liée à la religion islamique elle-même, qui se croit la seule et unique vérité et que toutes les autres sont fausses, ce qui veut dire pour elle, qu’abandonner l’islam par les musulmans veut dire quitter le vrai pour le faux et sortir de la lumière vers l’obscurité.

Et bien sur, il ne faut pas oublier que la majorité des musulmans aujourd’hui ont une idée bien claire, qui se résume en le fait qu’une personne qui abandonne l’islam ou bien un l’athée est sans principe ni morale ou bien considéré comme un traitre qui s’est « vendu » à l’occident et un pro- sioniste, ennemi des musulmans. Donc dire ou être un ex-musulman est une grande trahison qui mérite bien la mort ou la prison, et dans le cas le plus apaisé, l’humiliation et le rejet total.

Le problème est que les musulmans avec leur notion d’el « oumma », rajoutent à l’islam en plus d’une religion, une identité nationale qui regroupe tous les musulmans dans un seul et unique regroupement, ce qui fait que quitter ce groupe veut dire automatiquement la trahison, ce qui laisse la majorité des musulmans ne penser même pas à quitter l’islam, et même s’ils le font, ils vont le faire en cachette sans avoir le courage de le dire, par peur d’être poursuivis et accusés de tous les mots possibles par les musulmans.

Le choix de quitter l’islam est un choix personnel, qui est le fruit d’une réflexion individuelle du musulman qui a suivi dès sa naissance, un lavage de cerveau considérable dans sa famille, dans la société et dans les médias pour ne voir que l’islam, et ne laisse aucun autre choix pour douter ou pour choisir autre chose que l’islam.

C’est très rare qu’un musulman lui vienne à l’esprit de douter de l’islam ou de changer de croyance, et même s’il pense à cela, il est rapidement menacé et il est empêché par tous les moyens de se libérer.

Quitter l’islam ne veut pas dire être traitre comme croient beaucoup de musulmans orthodoxes, on peut quitter l’islam pour mille raisons personnelles ou autres, parce qu’on ne se sent pas bien dans cette croyance, ou parce qu’on trouve le salut et la paix dans une autre croyance, chrétienne, bouddhiste… etc, ou encore, être athée. Quitter l’islam et choisir d’être un ex-musulman qui est la libération d’une soumission despotique politique, sociale et religieuse.

Mais les musulmans orthodoxes croient dur comme fer que tout être humain est né de nature musulmane : [Mohamed a signalé que Allah a dit : “J’ai créé mes serviteurs dans la religion droite (pour les musulmans c’est l’islam) mais les diables de leur fit égarer.

Un autre hadith dit aussi :”Chaque enfant est né dans un état de « Fitrah», puis ce sont les parents qui font de lui un Juif, chrétien ou un zoroastrien, la manière d’un animal donne naissance à une progéniture normale. Avez-vous remarqué que sont nés mutilé ? ” (Al-Bukhari et Muslim).].

Et puisque l’islam est la seule vérité, pour eux, les ‘non-musulmans’ sont ainsi suite à l’éducation de leurs parents, et que se convertir à l’islam est un acte tout à fait naturel et juste et que c’est le retour à la nature humaine qui mérite tout respect ; par contre, quitter l’islam pour ceux qui naissent musulmans est une déviation de la nature humaine et un recul injuste, qui mérite un châtiment sévère et sans aucune pitié.

Toutes ces idées reçues qu’ont les musulmans sur les ex-musulmans doivent disparaître, et les musulmans eux-mêmes doivent comprendre et accepter que toute personne est libre de choisir sa croyance, et n’est pas obligée de suivre ses parents, cela s’applique sur les musulmans ou autres.

Le droit de quitter une croyance ou une origine doit être respecté, puisque chacun est libre, et que choisir d’être un ex-musulman ne veut pas dire être traitre, puisqu’on peut trouver des traitres parmi les musulmans eux-mêmes, qui ont sacrifié leurs pays et leurs familles comme on peut trouver des ex-musulmans loyaux et qui aiment leurs pays et leurs peuples.

Ce qu’on demande est le droit de quitter l’islam, et que les musulmanes acceptent qu’un musulman les quitte comme ils acceptent qu’un non-musulman se convertisse à l’islam. Mais cela semble impossible puisque l’islam est clair et net sur ce point, que quitter l’islam est formellement interdit et qu’il mérite la peine de mort.

La seule solution actuelle est de dénoncer haut et fort cet islam orthodoxe qui interdit d’être apostat, mais si un musulman dénonce cela, il va lui même être accusé par le musulman orthodoxe de trahison et d’apostasie. On reste alors dans ce cercle vicieux qui ne finit jamais tant que les musulmans n’ont pas le courage de dénoncer cet islam orthodoxe et de se libérer de cette soumission infernale.

Par : Mohamed Karim Labidi

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Le mythe de l’identité arabo-musulmane

Le mythe de l’identité arabo-musulmane

Beaucoup de partis politiques en Tunisie ou en Égypte parlent de l’identité arabo-musulmane, comme unique identité qu’il ne faut pas modifier dans la constitution, car elle représente la réelle identité du peuple.

Le mythe de l’identité arabo-musulmane

Le mythe de l’identité arabo-musulmane

Depuis l’indépendance et jusqu’à aujourd’hui, la question de l’identité arabo-musulmane reste une revendication de tous les partis politiques et du peuple et reste pour eux une vérité sacrée est requise, la seule issue pour nous protéger de tout effacement culturel, même après le soulèvement contre les dictatures.

Ma question est si l’idée de l’identité arabo-musulmane n’est rien d’autre qu’un mensonge alimenté par les pro-islamistes et les pro-arabes? Est-ce que nous sommes vraiment des arabo-musulmans ? Loin de toute polémique du complot d’effacement identitaire, un peuple qui ne peut pas définir sa vraie identité est un peuple qui ne peut, ni se libérer ni évoluer et qui ne pourra pas arriver à une civilisation humaine digne de notre temps. Un peuple sans identité réelle est un peuple sans histoire, donc forcement, sans avenir, il va de soi qu’un peuple qu’on lui impose une identité est un peuple sans dignité.

Avant de savoir qui nous sommes, il faut d’abord définir ce que c’est que l’identité. Cette dernière peut définir un peuple, un groupe ou un pays ? Sur quels critères se base l’identité réelle d’un peuple ? Est-elle si importante pour un individu ? L’identité est primordiale pour pouvoir avancer ?

Se tromper sur la définition de l’identité nous empêcherait certainement d’avancer, alors, essayons d’approcher tous ces concepts.

L’identification d’un peuple est comme l’identification d’un individu, une personne qui ne connaît pas son sexe ne pourra choisir son orientation sexuelle et un peuple qui ne connaît pas son identité ne pourra pas choisir son orientation culturelle.

L’être humain et quel qu’il soit, a besoin d’être identifié au point de vue individuel ou social afin de pouvoir avancer vers l’avant et surtout dans la bonne direction, sinon, il va vivre la crise d’identité qui le bloquera sur tous les plans.

Définition simple de l’identité selon le dictionnaire : “Ce qui détermine une personne où un groupe, données qui déterminent chaque personne et qui permettent de la différencier des autres, L’identité regroupe les façons dont les individus ou les groupes se définissent par eux-mêmes, et sont définis par autrui”.

L’identité n’est pas que l’on prononce seulement ou que l’on peut imposer, mais elle est bien une réalité qui émane de l’intérieur et commode à la pratique à l’extérieur, il ne suffit pas de dire ou d’être convaincu d’être un homme ou une femme, mais il faut que le comportement arrive à en convaincre l’entourage de l’identité de la personne même. Il en va de même pour l’identité collective : il ne suffit pas simplement de le dire, mais plutôt de vivre cette identité, non pas uniquement dans le présent, mais dans le passé et à travers l’histoire également.

Il y a plusieurs critères pour définir un peuple ou un groupe, on se contente des plus importants, cités dans l’histoire :

    1. Critère du sang ou de la couleur de la peau : Ce critère est le plus ancien et remonte au temps de l’âge animal, comme pour la différence entre deux sortes d’animaux et la différence entre deux êtres humains, ce critère est utilisé dans l’histoire pour différencier les peuples sur des bases héréditaires et physionomiques. Ce critère a causé des massacres dans l’histoire et de l’esclavagisme ainsi que des crimes racistes et des génocides, aujourd’hui et suite à l’évolution de l’esprit humain, ce critère est considéré comme raciste et inhumain. Toute personne ou un groupe s’identifiant par ce critère est condamné par les esprits civilisés.
    2. Critère religieux, des croyances et critères idéologiques : Ce critère est évolutif par rapport à son précédent, il est apparu dans l’histoire pour faire opposition au critère racial, et explique que l’identité d’un peuple se définit par rapport à la croyance: C’est constaté chez les chrétiens, mais plus clairement dans l’islam sous la notion d’el umma. Ce critère a permis de créer des empires despotiques et impérialistes dans l’histoire dans lesquelles les minorités religieuses ou idéologiques sont opprimées et détournées au silence et à la soumission dans la majorité. Ce critère du religieux se considère plus dangereux que le critère de la race, il se base plutôt sur les idées que sur l’apparence.

Ce critère est apparu en dernier et partage les peuples selon la langue et la culture, il ne prend pas en compte le sang ni la physionomie ni les croyances, mais la langue parlée et ce que véhicule cette langue comme comportement social et culturel et qui crée une identité des peuples, comme les Kurdes, les Berbères, les Basques, les Arabes…

Ce critère et malgré son évolution par rapport aux précédents reste imparfait, car il limite d’un côté la liberté des individus à choisir leurs identités, de l’autre côté, il permet de créer des groupes fermés sur eux-mêmes et qui refusent toute évolution, ce qui s’en suit, ce sont des états nationalistes qui interdisent la diversité culturelle et linguistique. Le monde aujourd’hui vit dans cet état de préservation culturelle et linguistique et une division du monde en des pays.

Cette situation a créé dans certains de ces pays une injustice envers les minorités culturelles et linguistiques, surtout quand l’état d’un pays prend une identité culturelle unique ou principale et une langue officielle majoritaire, ce qui a engendré beaucoup d’effacement et de disparition des langues et des cultures, on prévoit une impasse à laquelle va se heurter le monde dans l’avenir.

  1. Critère du sol et du territoire :Critère nouveau et avant-gardiste qui se base sur le droit du sol, quelle que soit l’appartenance de la personne, sa religion, sa langue ou sa culture. La personne est considérée citoyenne à part entière dans un pays et un état qui respecte toutes les cultures et toutes les langues et dialectes ainsi que toutes les croyances et les idéologies, dans cette atmosphère diversifiée, vivra tout personne sur le sol d’un pays sans aucune injustice. Ce seul critère est pris en considération comme critère d’identité dans l’histoire, dans le présent et dans le futur. À travers l’histoire, les idéologies, les croyances et les personnes changent par contre, la terre ne change pas. Jean-Marie Adiaffi a cité, “Rien ne vaut la force de l’amour de l’homme pour sa terre, sa forêt, ses fleuves, ses montagnes, ses rochers, ses arbres, ses oiseaux, ses pierres.

En se basant sur ce critère du droit du sol, on peut avoir des pays civilisés qui avancent vers un avenir sans aucune discrimination tout en acceptant la différence qui est née du multiculturalisme, celle qui fait la richesse réelle d’un pays. Avec certainement cette identité réelle, on pourra se créer une union équilibrée et claire afin d’être reconnu et s’identifier par rapport à l’autre, cette dernière doit se baser sur l’endroit géographique, seul critère stable à travers l’histoire, la race, l’identité et les croyances étant présentes sur la terre, une terre sur laquelle nous vivons depuis toujours. Cela-dit, quelles que soient l’origine, la croyance, la langue ou la culture, le citoyen doit être reconnu à part entière et avec dignité sur la terre qu’il a choisie où vivre.

Quand on prend l’exemple de la Tunisie, on peut dire que chaque personne se sent tunisienne à part entière dans sa chaire et dans son esprit quelles que soient son origine ou sa croyance et se considère tunisienne nord-africaine, je crois à la toute-puissance de la terre sur laquelle nous vivons. La race n’est pas dans le sang ni dans les croyances ni dans la langue, mais elle est ultimement liée à la terre et à l’atmosphère de cette terre: c’est notre origine et la base de notre conception, c’est ce qui a fait notre propre culture, c’est le trait d’union entre les hommes et les femmes. Le symbole de la culture naît dans la considération des lieux où elle est née. Aimer un lieu doit se refléter à travers le respect dans les comportements et les attitudes de la personne envers ce lieu-là. Ce dernier qui n’est rien d’autre que la terre qui nous donne l’identité dont on est fier.

Quand on se pose la question à propos des Arabes installés au nord de l’Afrique, sont-ils les mêmes aujourd’hui ? Ils se sont certainement mélangé avec les Turcs, les Romains, les Phéniciens, mais aussi les Français, bref, tous ceux qui ont vécu sur cette terre, pour former les Nord-Africains. Serait de même pour un Africain qui habitera plusieurs siècles en Europe, il sera finalement un Européen. Logiquement, nous pourrons dire aujourd’hui que Maghrébins, Libyens et Mauritaniens ne sont pas des Arabes, mais ils sont réellement des Nord-Africains, qu’ils soient différents par la race, la couleur ou la langue, la religion ou les croyances, ils vivent sur la terre du nord d’Afrique et respirent l’air du nord d’Afrique. Nous ne rejetons pas nos origines, nous ne nions pas d’où nous venons, car les civilisations précédentes méritent tout respect et toute reconnaissance.

Pensons plutôt à la vie actuelle et aux générations futures, qui ne cessent de se projeter et de côtoyer le monde entier sans se soucier des frontières et de ses limites, pour devenir ce qu’elles veulent et réaliser le rêve d’être libre et d’appartenir à la terre et au droit du sol, sans jamais s’arrêter aux particularités. Dire que les Nord-Africains ne sont que des Arabes ou que des Magrébins, c’est nier l’origine de la terre et nier notre histoire avant l’arrivée des Arabes et de l’islam, le nord d’Africain existait bien avant les Arabes et l’islam et demeure jusque-là sur cette terre. Il ne faut surtout pas nier notre identité réelle qui va nous permettre d’évoluer et d’aller vers l’avant, sinon, nous allons tomber dans l’illusion de la fausse identité.

Aujourd’hui, l’identité arabo-musulmane est celle qu’affiche la majorité comme unique identité, par ignorance, par dogmatisme religieux ou même nationalisme. Cette identité n’est qu’un mythe et un mensonge inventé afin de cacher la vraie identité, celle qui existait bien avant l’arrivée de l’islam et des musulmans. C’est une injustice envers l’autre et envers le berbère qui revendique dans son combat sa présence, et une discrimination des non musulmans sur cette terre.

Les valeurs de l’islam et de cette identité arabo-musulmane effacent notre identité réelle et ne gardent que ce que l’islam retient, pour nous empêcher d’être fiers en dehors de l’islam et des Arabes. Finalement, notre identité réelle a été arabisée et islamisée sans nous donner le choix d’être ce que nous étions avant l’islam et ce que nous voudrons être. Le peuple tunisien est nord-africain et humain, un peuple diversifié et varié dans ses valeurs, ses origines et ses opinions, il doit se sentir libre à travers le droit du sol sans avoir honte ni avoir peur.

Le citoyen tunisien doit l’être à part entière, quelqu’un qui aime cette terre, son air et son âme, quelle que soit son origine, sa langue ou ses croyances, sans pour autant appartenir à la majorité ou nier les minorités. Toute personne a le droit de choisir son identité et de changer par soi-même, sans être accusé de traître ou autre.

L’identité est fortement liée au sol et à la terre ; à vous de méditer le sujet et de conclure par vous-même, ce qui pourrait nous faire avancer et non reculer.

Par : Mohamed Karim Labidi

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L’athéisme mode de pensée

L’athéisme mode de pensée

L’athéisme mode de pensée et conduite de vie libérale et responsable où l’individu est seul maître de lui-même et de son destin. L’athéisme est une philosophie qui nie l’existence des forces surnaturelles et attribue une grande importance à l’être humain et à la liberté individuelle.

L'athéisme mode de pensée

L’athéisme mode de pensée

Aperçu : Tout au long de l’histoire humaine, les athées étaient des grands penseurs et des philosophes individuels, l’athéisme n’a jamais pris une forme d’un groupe ou d’une secte. Ce sont des individus qui pensent différemment mais ils sont tous d’accord sur l’importance de l’être humain et de la liberté individuelle.

Les plus anciennes prises de position à l’athéisme sont apparues avec Démocrite, au début du IVe siècle av. J.-C, sous forme de philosophie. Pour lui, les mouvements de la nature sont régis de façon mécaniste.

L’athéisme ne propose pas des pensées du genre “prêt-à-penser” mais assure plutôt un apprentissage de comment penser par soi-même sans peur d’une quelconque force surnaturelle. Un apprentissage qui se base sur la logique et la réalité palpable.

L’athéisme développe l’image d’une humanité lucide et courageuse, les athées rejettent l’ordre émanant d’en haut et refusent de se laisser dominer par la peur de la mort.

Résistant à l’angoisse suscitée par la perspective d’un anéantissement, la philosophie athée conçoit sereinement la condition humaine, sans se réfugier dans l’illusion d’un passage vers une autre vie. Pour ce courant de pensée, des forces surnaturelles n’existent pas et, par conséquent, selon l’expression de Jean-Paul Sartre, l’Homme est “condamné à la liberté”.

Récemment et suite aux divers événements internationaux, les athées ont ressenti le besoin de se rassembler dans des associations pour être représentés et leur nombre ne cesse d’accroître. Elles appellent toutes à un humanisme et à une liberté individuelle plus responsable dignes de l’être humain d’aujourd’hui.

Être athée c’est quoi ? : Être athée ne veut dire en aucun cas penser comme les autres athées. Chacun parle en son propre nom. Il n’y a ni maître ni force surnaturelle dans l’athéisme mais des êtres libres. L’athée puise dans les idées de plusieurs libres penseurs, il n’adopte pas exclusivement les idées d’un seul libre penseur.

Tout dépend de l’évolution de son esprit et de ses convictions. Être athée c’est avant tout être soi-même. Chaque personne choisit en toute liberté les idées qui correspondent à son être. La critique est le fondement de base de l’athéisme. Rien n’est sacré sauf la vie humaine. Pour se défendre, l’athée ne dispose que d’idées.

Il refuse les violences physiques. Les athées ne prétendent détenir la vérité. Pour eux, l’absolu n’existe pas. Ils préfèrent dire qu’il y a une hypothèse plus plausible qu’une autre. Les idées reçues ne sont pas les bienvenues. En effet, toute idée doit suivre un processus objectif et rationnel pour être acceptée. Enfin, j’insiste sur le fait que les athées s’intéressent aux idées et non aux personnes qui les ont avancées.

L’athée ne suit pas, il pense et il pose des questions.

Par : Mohamed Karim Labidi

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L’idée d’Une seule origine…

L’idée d’Une seule origine…

Adam, le père commun de toute l’humanité, Eve l’unique mère de tout être humain, Dieu notre seul créateur, la seule origine de l’Univers. Le Un comme base de tous les nombres, le Point source de toutes écritures ou schémas. La racine absolue d’où on provient et vers laquelle on se dirige.

C’est sur cette idée que toutes les religions, les sectes et les politiques totalitaires se sont appuyés pour se faire entendre. Une seule et unique origine pour tout le monde, un seul gouvernement, un seul parti au pouvoir, une seule force, un seul responsable, une seule politique, une seule idéologie.

L'idée d'Une seule origine...

L’idée d’Une seule origine…

L’opposition est interdite, l’autre doit disparaître. Il n’y a qu’une seule force reconnue, une idée cache une autre, un mensonge sans preuve auquel on doit croire et prendre comme une vérité absolue. Même ceux qui se disent rationnels et scientifiques cherchent la vérité à travers le UN et oublient les autres UNS.

L’influence religieuse de cette approche est sans équivoque. La réunion de l’ensemble dans le UN était nécessaire pour pouvoir aborder l’univers infini qui nous entoure et l’approcher sans crainte et sans le risque de se perdre.

L’humanité a toujours su changer de direction à chaque fois qu’elle se confronte à une impasse. C’était, et c’est toujours le cas, le seul moyen de progresser dans les labyrinthes de la vie. Elle a inventé les religions, par nécessité, afin de pouvoir franchir un obstacle qui l’empêche d’aller vers l’avant.

Parce que l’Homme évolue, et le monde avec, chaque invention humaine devient, elle-même, un obstacle dans l’avenir. En revanche, les méthodes et les idées reçues demeurent les mêmes sous prétextes de l’origine commune. L’idée du Un absolu nous bloque sur tous les niveaux : idéologique, politique, économique…

Et continuer à ne plus avancer de la sorte ne fait que nous retarder de notre conquête de l’univers environnant. Notre orgueil nous empêche d’inaugurer une nouvelle étape, dont rêve l’humanité, celle du « Non Un absolu » mais du « Un infini » sans limite. Celle du Un multiple qui s’harmonise avec l’ensemble des autres Uns. Celle du Un souple, le Un d’être différant, le Un d’être plusieurs, le Un sans Un.

Il faut être capable de se libérer de cet Un pour reprendre le chemin de l’évolution. Cette idée doit être, non seulement, abandonnée mais aussi combattue par tous les moyens afin de se délivrer de son emprise. Pour pouvoir accéder à une nouvelle étape de notre évolution, on peut attendre passivement que cela se produise naturellement. Seulement, le problème c’est que cette solution nous fera perdre beaucoup de temps et le pire c’est qu’elle risque de nous coûter plusieurs vies humaines suite au développement galopant des armes de destruction massive.

L’ensemble de l’espèce humaine est menacé si une seule force gagne et décide d’exterminer le reste afin de confirmer et de réaliser l’idée du UN absolu. Notre temps n’est plus celui des anciens et les menaces sont différentes. Aujourd’hui, le monde est de plus en plus petit, la moindre action provoque des répercussions immédiates sur l’ensemble de la planète. Chacun de nous doit prendre son destin en main au lieu de continuer à se laisser guider par une poigné d’illuminé qui cherche à gouverner le monde au détriment des autres protagonistes.

La recherche du pouvoir du Un sur le monde est dévastatrice pour l’ensemble de l’humanité. Oui, la guerre des Uns est belle et bien lancé et chaque Un se croit le meilleure et cherche à détruire les autres Uns. Seulement, les plus dangereux de tous les Uns, se trouvent le Un islamiste et le Un impérialiste qui se rivalise pour la domination de la planète quitte à mettre la Terre à feu et à sang pour aboutir sur une seule force totalitaire.

Par : Mohamed Karim Labidi

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