L'Algérie, un pays "pathétique"

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MietteLubrique
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L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par MietteLubrique » jeu. 22 sept. 2011 05:02



"Comment, vous petez, Panurge ?"
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jug
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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par jug » jeu. 22 sept. 2011 06:05

Miete

Quand on balance un lien sur le forum,il faut commenter le sujet et donner son avis.
Au moins une demi ligne comme fait Yacoub le flemmard.

Je trouve qu'il est trop facile pour la France qui soutient les petits roitelets et grosses dictatures de donner son avis sur la manière de diriger un pays.
Ceci étant,ce ne sont que des ambassadeurs donnant leurs appréciations après un repas bien arrosé.
Et pour clore le sujet,je ne vois pas le rapport avec le but de ce forum.
Tu nous la joue à la Yacoub qui viens nous balancer un lien sur la mort d'une petite fille de ménage au Maroc.....Quel rapport avec l'islamisation du monde?

Toi qui donne l'air d’être intelligent,viens en Algerie et donne nous tes commentaires.


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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par MietteLubrique » jeu. 22 sept. 2011 11:44

En effet, j'ai manqué de courtoisie,

La diatribe de Rue89 semble aller dans le sens de quelques propos que j'ai tenu ici et là sur le forum. A c'que j'sache, Bouteflika n'est pas un intégriste ni fanatique, au contraire il passe pour le rempart contre l'islamisation. Mais le hic c'est que ça l'arrange bien que le FIS fasse des siennes, il a trouvé son bouc-émissaire et peut continuer avec sa brochette de vieux militaires verreux de s'en foutre plein les fouilles, en attendant le peuple continue de ne pas voir la couleur des pétro-dollars.

Voilà, ça vaut aussi pour ça,
Et pour clore le sujet,je ne vois pas le rapport avec le but de ce forum
et ça,
Quel rapport avec l'islamisation du monde?
Ensuite,
Je trouve qu'il est trop facile pour la France qui soutient les petits roitelets et grosses dictatures de donner son avis sur la manière de diriger un pays.
Ceci étant,ce ne sont que des ambassadeurs donnant leurs appréciations après un repas bien arrosé.
Ben tu viens de me couper la chique en posant un commentaire ...et l'explicitant aussitôt.

Enfin,
Toi qui donne l'air d’être intelligent,viens en Algerie et donne nous tes commentaires.
Gné ? Où ça ? Parce-que je fais des phrases avec des conditionnelles et relatives et peu ou prou de SMS ?

Et puis je viendrai volontiers en Algérie si j'y suis invité ... Prépare la tambouille, j'aime pas quand c'est froid ! :ghee:


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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par jug » jeu. 22 sept. 2011 14:40

Salut Miete

On est donc d'accord.
Certes l'Algérie subi la dictature mais c'est toujours un peu mieux que la république islamique.
Je t'invite donc à venir passer un séjour....Sanglier grillé et vin à volonté,chaque soir.
Il n'y a pas mille façon de diriger un pays.Il faut des gens compétents et intégres.
Ce qui n'est pas encore le cas dans ce pays.
Dis moi,sinon en France,vous avez des dirigeants compétents et intègres?
Ne sont ils pas de vieux loups manipulateurs qui mangent à tous les râteliers?
Ils soutiennent les dictatures jusqu'à laminer les peuples.
Quand ça pète on retourne casaque :ghee:

Au lieu d'éditer des propos,anonymes, d'anciens ambassadeurs qui ont fait leur beurre,la France ferait mieux de jouer cartes sur table.

Tu es le bienvenue en Algerie,on ira à la chasse au sanglier.


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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par samay » jeu. 22 sept. 2011 18:02

Le cas Bouteflika est pour moi une enigme .
Tu dis qu'il s'en fout plein les fouilles mais à quoi ça peut bien lui servir ? Il n'a ni femmes ni enfants pour profiter de tout ça et je ne le vois franchement pas organiser des bunga bunga à la berlusconi . Je suis sûre que des centaines de milliers d'algériens profitent bien mieux de la vie que ce malheureux boutef .



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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par Lilith » jeu. 22 sept. 2011 18:38

QUOI? Boutef est célibataire et n'a pas de descendance? ça sent le président gay tout ça :P



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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par nexus » jeu. 22 sept. 2011 20:25

jug a écrit :Miete

Quand on balance un lien sur le forum,il faut commenter le sujet et donner son avis.
Au moins une demi ligne comme fait Yacoub le flemmard.

Je trouve qu'il est trop facile pour la France qui soutient les petits roitelets et grosses dictatures de donner son avis sur la manière de diriger un pays.
Ceci étant,ce ne sont que des ambassadeurs donnant leurs appréciations après un repas bien arrosé.
Et pour clore le sujet,je ne vois pas le rapport avec le but de ce forum.
Tu nous la joue à la Yacoub qui viens nous balancer un lien sur la mort d'une petite fille de ménage au Maroc.....Quel rapport avec l'islamisation du monde?

Toi qui donne l'air d’être intelligent,viens en Algerie et donne nous tes commentaires.
L'Algérie est un beau pays avec de belles régions et il est surtout riche en ressources naturelles il y aurait de quoi en faire un pays avancé ,malheureusement avec des dirigeants canailles et des religieux un peu trop présents dans vie des citoyens cela fait un cocktail pas très reluisant pour avancer vers une vraie démocratie et surtout il leur faudrait des dirigeants intègres pour mettre cela en place et c'est rare de nos jours.
Quant a certains diplomates occidentaux ils feraient mieux de se taire parfois, parce que avec les révolutions qui se sont produites au Maghreb, ces éminences grises n'ont rien vu venir et au lieu de critiquer ils feraient mieux de donner un coup de main a ce pays et ce de manière DESINTERESSE cela éviterait l'immigration massive de certaines populations revanchardes en occident et éviterait des problèmes a tout le monde .
En occident depuis une bonne trentaine d'années les dirigeants politiques sont de plus en plus corporatistes et gouverner un pays c'est le faire dans l'intérêt général chose ô combien rare de nos jours!
Modifié en dernier par nexus le jeu. 22 sept. 2011 20:56, modifié 1 fois.


L'islam n'est pas la révélation de dieu a l'homme mais celle de l'homme sur dieu.
La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi, et en ce sens l'athéisme est une purification
L'athéisme est une négation de Dieu, et par cette négation, il pose l'existence de l'homme.

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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par yacoub » jeu. 22 sept. 2011 20:56

Lilith a écrit :QUOI? Boutef est célibataire et n'a pas de descendance? ça sent le président gay tout ça :P
Bouteflika a eu une vie amoureuse chargée avec des maitresses de diverses nationalités.
Il est marié mais vit séparé de sa femme qui vit à Paris.



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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par Lilith » ven. 23 sept. 2011 16:40

c'était une boutade :mrgreen:



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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par jug » sam. 24 sept. 2011 21:13

C'est simple à deviner.
Bouteflika ne peut pas faire de gosses.
On s'en fout,il est à son dernier virage avant de rejoindre le paradis d'Allah.
Il aura certainement la certitude,avant de crever,d'avoir bien agit au bien etre des algériens.
Il avait apuré toute la dette et entamé les grands travaux publics.
Son jeune frère par contre,il pourrait finir le chantier sur un mandat et organiser des élections libres et démocratiques.....C'est juste une idée. :idea:


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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par yacoub » dim. 3 sept. 2017 13:13

Mariages consanguins en Algérie

Quand l’héritage compromet l’avenir de générations entières

L’enquête du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière (enquête Grappes MICS4), remontant à 2012-2013, révèle les conséquences fâcheuses sur la santé des enfants issus de mariages consanguins : 40% des handicapés résultent de ces mariages. Idem pour l’enquête de la Forem menée dans ce sens. De l’avis de Kamel Chachaoua, chercheur en anthropologie, il n’y a que la loi qui peut mettre fin à ces mariages en les interdisant carrément dans le cas où les résultats de ces enquêtes sont probants. Pour le volet sensibilisation, M. Chachoua suggère plutôt l’instauration de l’égalité entre les hommes et les femmes en matière d’héritage pour stopper les causes de ces mariages.

Le mariage consanguin existe à l’échelle nationale, néanmoins dans certaines régions, ce mariage est plus fréquent. Si l’enquête menée par le ministère de la Santé conjointement avec l’Unicef et l’UNFPA en 2012 (enquête Grappes MICS4) donne la Kabylie et la vallée du M’zab comme étant les deux régions les plus touchées, celle de la Forem (Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche), datant de 2012, démontre que l’Algérie enregistre l’un des plus forts taux de consanguinité au monde. Soit un Algérien sur quatre marié à sa cousine.

La même étude a montré que le taux de mariage consanguin est supérieur à celui qu’on trouve en Tunisie ou au Maroc. Selon cette enquête, la commune de Bir El Ater, dans la wilaya de Tébéssa, vient en tête de la liste des mariages consanguins avec un taux de 88%. Lors de la journée de sensibilisation organisée récemment par le docteur Boulbina, des explications ont été données quant à ce sujet : le conservatisme, les traditions et la religion sont, entre autres, des facteurs favorisant ces mariages. De plus, la conception qu’ont certaines populations de l’héritage, notamment lorsqu’il s’agit des terrains, a accentué le recours à ce genre de mariage. «On n’aime pas les intrus. On aime garder nos biens», lance un témoin ayant un enfant aveugle à cause de son mariage avec sa cousine, lors de la journée de sensibilisation organisée par le docteur Boulbina.

Cet homme, dont 58 personnes de sa famille sont aveugles à cause de la consanguinité, lance un cri de détresse pour stopper ce fléau. Les deux enquêtes précitées remontent à quelques années, tandis que le phénomène reste bel et bien d’actualité, d’où la nécessité de mobiliser plus les secteurs concernés afin de mener des enquêtes plus exhaustives, mais surtout des campagnes larges afin de limiter ces mariages. Si les autorités représentées par le ministère de la Santé et celui de la Solidarité comptent lancer une campagne de sensibilisation, des spécialistes en neuro-sciences, à l’instar de Yazid Haddar, appellent carrément à l’interdiction du mariage consanguin afin de réduire des maladies coûteuses à la fois sur le plan individuel et social. En effet, 6000 maladies, dont 400 sont dermatologiques, ont été répertoriées parmi des pathologies causées par la consanguinité.

Le mariage consanguin cause des malformations et des anomalies génétiques chez les enfants de parents consanguins deux à trois plus fréquentes que la normale. Il s'agit entre autres du bec de lièvre, de la maladie de Duchene, de l'hémophilie, des cardiopathies, de l'agénésie des membres, de la trisomie 21 et de la mucoviscidose.

Selon une étude de terrain menée par la Fondation nationale pour la promotion de la santé et du développement de la recherche (Forem), à travers 12 wilayas, l’anémie, la malformation congénitale, le retard mental et la surdité sont dus à la consanguinité.

Plus de 80% des pathologies neurologiques, telles que la myopathie, la neuropathie, l'épilepsie, l'ataxie et la maladie de Parkinson et d'autres affections sont provoquées par des gènes héréditaires.



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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par yacoub » sam. 11 août 2018 12:38

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Re: L'Algérie, un pays "pathétique"

Message non lu par yacoub » mer. 20 mars 2019 11:34

Karim Akouche: « L’Algérie est un non-État »
Entretien avec l'écrivain algérien Karim Akouche

karim akouche algerie bouteflikaImage

Manifestattion anti-Bouteflika, Marseille, mars 2019. Auteurs : Adlan Mansri/SIPA. Numéro de reportage : 00898484_000024
Réfugié au Canada, l’écrivain kabyle algérien Karim Akouche est connu pour ses courageuses prises de positions contre l’islamisme. Pour Causeur, il analyse le bras de fer entre le système Bouteflika et le peuple, non sans écorner l’historiographie officielle algérienne.

Jérôme Blanchet-Gravel. Karim Akouche, vous êtes un écrivain et dramaturge algérien (kabyle) reconnu dans votre pays d’origine, en France et au Québec. Vous habitez toujours Montréal, métropole québécoise, même si vos projets vous emmènent régulièrement à Paris. Comment la crise actuelle est-elle perçue par la communauté algérienne au Québec ?

Karim Akouche. Les Algériens du Québec perçoivent ce vent de révolte diversement, souvent avec espoir et crainte mêlés. Globalement, hormis les opportunistes qui ont intérêt que perdure le régime actuel, tout le monde applaudit. Mais la nature des aspirations varie selon les convictions des uns et des autres. Les plus lucides sont non seulement pour le départ de Bouteflika, mais pour la fin de tout le système. Les plus déterminés sont contre cet État artificiel qui nie leur existence, qui a fait d’eux des citoyens de seconde zone.

Dans un article publié récemment dans Libération, vous écrivez que la jeunesse algérienne ne doit pas se « laisser voler ses rêves », même après le renoncement au pouvoir du président Bouteflika. Selon vous, le combat des Algériens pour la liberté ne fait que commencer. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Bouteflika veut mourir sur le trône. Comme un morpion, il refuse de desserrer les pinces, quitte à plonger le pays dans les ténèbres et le sang. Lui et son clan feront tout pour rester aux affaires et, pour y parvenir, ils useront de toutes les manigances pour faire avorter le mouvement citoyen. Bouteflika, c’est l’antipode de Boudiaf, l’ancien président assassiné en direct à la télévision en 1992, qui disait « L’Algérie avant tout ». Pour Bouteflika, imbu de lui-même, ivre de pouvoir et de mépris, c’est « moi au-dessus de tout ». À peine est-il revenu, en 1999, de sa traversée de désert, qu’il a déclaré : « Si je n’ai pas un soutien franc et massif du peuple algérien, je considère qu’il doit être heureux dans sa médiocrité. » Avant d’envoyer ses flics mater les Kabyles, il a maintes fois provoqué ces derniers : « Je suis venu dégonfler votre ballon de baudruche », « les Kabyles sont des nains… » En réalité, il n’est qu’un roitelet qui se prend pour un roi. La couronne et le fauteuil sont trop grands pour son petit corps de tyran. Dans une ultime pirouette, en guise de réponse aux millions de voix qui réclament son renoncement au cinquième mandat, il prolonge, toute honte bue, le quatrième. Il a fait de l’Algérie sa propriété privée, composée de sa famille, de ses ouailles, de son clan de généraux et un ramassis de notables et de patrons corrompus.

A lire aussi: Algérie: la « révolution » des fleurs bleues qui ont cru à la démocratie

Quelques questions sur l’après-Bouteflika : quand celui-ci ne sera plus aux rênes du pays, ou de ce monde, qui le remplacera ? Un de ses avatars ? Son clan rival ? Les islamistes qui rôdent comme des vautours autour de « la momie » ? Et si, par miracle, le peuple accédait aux affaires de la cité, qu’en fera-t-il ? Pratiquera-t-il la vraie démocratie ou se contentera-t-il d’une démocratie sélective ? En « vraie » démocratie, l’ennemi et l’adversaire ne sont pas synonymes, les coups de poing sont remplacés par la guerre des idées et on a le droit de cracher sur l’opinion de son détracteur, mais jamais sur son visage… Une fois « la liberté » arrachée, si les Algériens veulent bâtir un pays digne de ce nom, ils ne devront pas trier les thèmes, éviter les sujets qui fâchent, s’offrir seulement des roses et éviter tout contact avec les épines. Leur dépossession identitaire, l’intrusion de l’islam dans les affaires de leur cité, les palissades qui séparent les hommes des femmes, leur rapport à la sexualité… sont autant de sujets qu’ils devront aborder sans fard ni tabou dans les agoras, les écoles et les foyers.

Votre œuvre littéraire est ponctuée de réflexions sur votre pays d’origine. Dans votre roman La Religion de ma mère (Édition Écriture 2017), par exemple, vous parlez d’une Algérie divisée, voire même « schizophrène ». Abdelaziz Bouteflika est-il responsable de cette division ?

Oui, en grande partie. Bouteflika est l’incarnation de l’Algérie officielle, cette Algérie stagnée, rouillée, en panne. C’est le clan d’Oujda, dont fait partie Bouteflika, qui a confisqué l’indépendance au peuple en 1962. Postés à la frontière marocaine, ils ont attendu le départ de la France pour rentrer et prendre le pouvoir d’où ils ont écarté les « vrais » révolutionnaires, des Kabyles et des Chaouis. Bouteflika, Boumédième et leurs compères ont gouverné contre les Berbères, les progressistes et la femme. Pour régner et durer, ils ont endormi le peuple, ont arabisé et islamisé de fond en comble la société. Chaque fois qu’ils étaient menacés par un vent de révolte, pour faire peur au peuple, ils brandissaient un spectre à quatre têtes : la main étrangère (la France), l’ennemi intérieur (les Kabyles), l’ennemi voisin (le Maroc) et l’ennemi juif (Israël).

Comme essayiste, vous vous êtes aussi intéressé à la montée de l’islamisme en Occident et dans les pays arabes. Quel rôle l’islamisme joue-t-il en Algérie et y a-t-il encore un risque que ce courant s’impose ?

Biberonné aux ruses et à la manipulation, Bouteflika est un animal politique perfide. Il a réussi à atomiser aussi bien les opposants démocrates que les islamistes qu’il a intégrés dans son système. Mais ces derniers n’ont pas encore dit leur dernier mot. Ils ont opté pour une stratégie plus sournoise : la salafisation de la société par le bas. Ils font un travail de fond, à pas feutrés, surfent sur la misère et la peur des gens, en leur injectant leur poison idéologique. L’islamisme et ses avatars sont partout en Algérie, banalisés dans les institutions, les rues, les cafés, les lois, la presse, la télévision, les téléphones. Patients, ils ont le temps et l’argent. L’avenir joue en leur faveur. Bref, Bouteflika n’a stoppé le djihadisme qu’en nourrissant l’islamisme, lequel deviendra, à son tour, un jour ou l’autre, du djihadisme, car l’islamisme n’est que le terrorisme qui n’est pas encore passé à l’acte.

Vous soutenez le projet d’une plus grande autonomie pour la Kabylie, une région culturellement distincte en Algérie. Ce combat politique vous a rapproché du mouvement souverainiste au Québec. Quel espoir pour la Kabylie dans un contexte post-Bouteflika ?

Fer de lance de tous les combats démocratiques en Algérie depuis les années 1920, la Kabylie connaît bien la rue, que ses enfants investissent régulièrement, massivement et pacifiquement, pour chanter leur soif de liberté et de justice. D’ailleurs, le premier Printemps algérien est berbère, il a eu lieu en avril 1980 lorsque les étudiants ont défié le pouvoir de Chadli. Il y a eu ensuite le Printemps d’octobre 1988, suivi du Printemps noir de 2001 où les gendarmes de Bouteflika ont assassiné plus de 128 manifestants kabyles.

A lire aussi: Jean Sévillia dévoile « les vérités cachées » de la guerre d’Algérie

La vérité est que l’Algérie est la fille illégitime de la France. C’est en 1839, au café Les Deux Magots, à Saint-Germain-des-Prés, que le général Schneider a remplacé la longue appellation « Possessions françaises en Afrique du Nord » par « Algérie », extrapolation du mot « Alger », et a tracé à la règle les frontières du pays. Le problème algérien est donc structurel, identitaire : son ADN est falsifié, ses fondations sont de pacotille, son drapeau et son hymne sonnent faux, ses valeurs sont factices…

L’Algérie est un non-État, tout est à reconstruire : les institutions, l’histoire officielle, la mémoire douloureuse, l’école, l’économie, la justice, les partis, les syndicats, le patronat, tout, absolument tout. La constitution et la gouvernance, en décalage avec la cartographie du terrain, doivent être révisées, remises à plat. « L’Algérie arabe et musulmane, une et indivisible », dont nous bercent depuis l’Indépendance les dirigeants, est une farce. Le pays est une mosaïque de nations et l’État actuel, centralisé, jacobinisé, « arabe et musulman », étouffe toutes les cultures et les richesses qui le composent.



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