Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde musulan

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Angelotin
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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde mus

Message non lu par Angelotin » dim. 12 oct. 2014 22:42

Dernier message de la page précédente :

Les croyances d'Einstein ont évolué au cours de sa vie. Il a été longtemps panthéiste, voir néo-panthéiste, pour finir athée.
Mais es-ce important? Je ne pense pas. Le phénomène me semble plus important que le détail ou sa conclusion. Ce que je retiens de l'affaire, c'est que plus il découvrait l'univers, plus sa croyance se modifiée.
En sommes plus la science avance, plus les religions ou les nouvelles croyances sont obligées d'évoluer en parallèle. Prenons "les miracles scientifique du Coran" (je m'y ferai jamais à nommé cela!), le fait que des musulmans implantent des données scientifique en reformulant l’interprétation des versets est une preuve du phénomène.


Ni Dieu, Ni Maitre. Athéisme naturaliste et humaniste. l'auto gestion comme forme politique. L'écologie pour nous sauver. La vie comme une romance gothique!.
"Vous n'avez pas besoin de religion pour justifier l'amour, mais c'est le meilleur outil jamais inventé pour justifier la haine."


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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde mus

Message non lu par yacoub » mer. 5 août 2015 17:40

Un vrai mahométan croit au Saint Coran la Parole d'Allah et selon les Plus Grands savants de l'islam dont l'éminent Al Quardaoui le chef de la fatwa en Europe.

Le jihad (il ne faut pas écrire djihad c'est ridicule) est le sixième pilier de l'islam
C'est l’obligation absente al fardh al ghaïb

il faut savoir qu'un Noble Mahométan qui meurt tué par des mécréants n'est pas vraiment mort , il reste vivant et va directement chez Allah qui va lui octroyer son lot de houris-des vierges éternelles aux yeux noirs et aux seins ronds.

Le spectre de l’athéisme hante l’islam sur les réseaux sociaux

https://www.youtube.com/watch?v=30z4ayUSL2o



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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde mus

Message non lu par Neverime » mer. 5 août 2015 19:11

La question est de savoir comment ça va finir et avec les islamistes qui bouffent du terrain, daesh et compagnie, le risque, dans un avenir proche, qu'ils dominent une grande partie de l'Afrique au moins sur le nord puis en zone équatoriale, est très élevé!

Et avec aussi les haines des musulmanes qui se cristallisent de plus en plus, les montées au pouvoir de groupes fanatiques, je pense qu'ils feront comme hitler.

Ils massacreront alors tous les athées qu'ils trouveront.

Maintenant, faudrait aussi faire la part des choses car on utilise le terme athée de façon vague j'ai l'impression ou c'est moi qui me trompe...

Car ne pas avoir de dieu et de religion, pas de foi spirituelle, ne veut pas dire ne croire en rien et n'avoir foi en rien ni en des mauvaises choses.

Corrigez-moi je me trompe, ça m'informera au moins et m'éclaircirait les choses mais, un athée si je dis pas de bêtise n'a absolument foi en rien, il ne croit en rien.

Peut-être à la limite ses proches, quelques attaches personnelles, mais pas de choses vraiment à grande échelle et générales.

Par exemple je sais que l'empathie existe, que la compassion existe et qu'il y a finalement du bon dans les humains, qu'ils ne naissent pas mauvais. Et malgré toutes les saloperies, j'ai quand même fois en ça même si c'est attaqué, si c'est combattu (par la religion aussi d'ailleurs.)

Car des gens, y en a qui font des choses très belles, qui se sacrifient pour les autres, des gens qui font aussi des œuvres superbes, des messages très forts, qui apportent du bon et font du bien même s'ils ne sont pas "parfaits" et qu'ils ont aussi leur défauts, leurs torts, ils ont souvent conscience (ou plus ou moins) et essaient de s'améliorer, d'évoluer, d'aller de l'avant...

Et c'est quelque chose de réel, de vrais alors que la religion c'est virtuel, c'est du blabla, c'est des pseudos leçons sans sagesse et des trucs basiques que n'importe qui peut savoir et comprendre facilement, du moins normalement...

Et mise à part dire "ça oui" "ça non" ou "ça bien" "ça pas bien" la religion ne dit rien d'autre, ne fait rien d'autre! C'est des trucs qui s'appliquent bêtement de façon arbitraire et on ne veut pas que les gens réfléchissent et se posent des questions...

On peut considérer ça comme windows en fait... ça veut tout contrôler, c'est lourd, c'est plein de pépins, c'est pas honnête ni sincère... et ça coûté très cher (là pour le coup c'est sur le plan humain que ça coûte cher! (rien de mieux pour oblitérer l'intelligence et réduire l’intellect!)


"Il y a cent mille ans, une grande et puissante civilisation existait... et comme d'autres, elle a connu un évènement qui lui a été fatal. C'était quelque chose qu'ils n'attendaient pas, l'arrivée d'une force obscure et destructrice qui n'avait aucune limite dans sa soif insatiable de possessions et de domination. Ils nommèrent cet ennemi: les Destructeurs.

Tous les mondes qu'ils prenaient portaient la vie et ils ne laissaient derrière que des terres stériles hautement toxiques, vidées de toutes leurs ressources...

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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde mus

Message non lu par yacoub » mer. 5 août 2015 19:32

L'athée ne croit ni en dieu ni aux religions.

L'agnostique nie les religions mais croit possible l'existence de dieu. C'est mon cas.

Le déiste croit en dieu mais ne croit pas aux religions, Voltaire était déiste par exemple

Le théiste croit en dieu et à une religion naturelle.




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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde mus

Message non lu par Neverime » mer. 5 août 2015 20:42

Merci pour l'info et la précision.^^


"Il y a cent mille ans, une grande et puissante civilisation existait... et comme d'autres, elle a connu un évènement qui lui a été fatal. C'était quelque chose qu'ils n'attendaient pas, l'arrivée d'une force obscure et destructrice qui n'avait aucune limite dans sa soif insatiable de possessions et de domination. Ils nommèrent cet ennemi: les Destructeurs.

Tous les mondes qu'ils prenaient portaient la vie et ils ne laissaient derrière que des terres stériles hautement toxiques, vidées de toutes leurs ressources...

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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde musulan

Message non lu par yacoub » lun. 8 août 2016 14:42

Pourquoi les intellectuels ne croient pas en Dieu?

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Le départ des Hébreux d’Égypte de David Roberts (1830) via Wikimedia Commons

Devons-nous croire en Dieu? Non, pour la plupart des professeurs de philosophie des grandes universités. Selon une étude menée dans 99 universités anglo-saxonnes, seulement 14% des philosophes interrogés ont la foi. Et la situation est encore plus nette chez les scientifiques. Les membres de l’Académie nationale des sciences des Etats-Unis sont seulement 7% à avoir une croyance religieuse! Surprenant dans un pays où il existe encore sept États où vous ne pouvez occuper une fonction officielle si vous n’êtes pas croyant!

Il y a trois siècles, la croyance en Dieu était universelle y compris parmi les savants et les instruits. Tout cela a changé à la suite du développement de la science moderne et de la capacité de l’homme à dominer et comprendre la nature par l’usage de la raison. Les croyances et autres révélations et doctrines religieuses sont aujourd’hui considérées par une majorité de grands intellectuels comme des légendes pour enfants et des créations humaines afin de conforter des pouvoirs eux aussi très humains.

Pour autant, si les fondements historiques et scientifiques des religions sont mis à mal, les croyances sont loin d’avoir disparu, au contraire. Pourquoi, s’interroge Salon Magazine?

La génétique et les comportements humains jouent un rôle considérable. L’attirance universelle qu’exercent les croyances religieuses a une origine biologique que confirme la science. Il y a un consensus scientifique pour considérer que la façon dont notre cerveau réagit est notamment le fruit de la sélection naturelle. Quel rôle dans la survie et la reproduction ont donc joué les pratiques et les croyances religieuses?

Il y a deux types d’explications. La première est que la religion donne un avantage en terme d’évolution. Elle a pu contribuer à augmenter la cohésion sociale des groupes humains et donc à améliorer leurs chances de survie.

.

La seconde explication, c’est que les croyances et les pratiques religieuses sont la conséquence d’autres capacités d’adaptation issues de la sélection naturelle. Par exemple, l’intelligence contribue à la survie. Et la façon dont l’intelligence humaine fonctionne consiste à lier les causes et les effets et à postuler l’existence d’autres esprits derrière ces causes et ces effets. L’idée de dieux expliquant les phénomènes naturels pourrait être née ainsi.

Et puis il y a des facteurs psychologiques. Le monde qui nous entoure prouve en permanence les progrès permis par la science et la raison, mais cela n’empêche pas les gens de préfèrer les pseudo-sciences et la superstition. La réponse simple est que les gens croient ce qu’ils veulent croire, ce qu’ils jugent réconfortant, pas ce que les preuves réelles démontrent. En règle générale, les gens ne veulent pas savoir, ils veulent croire.

Les facteurs sociaux enfin, jouent aussi un rôle important dans les croyances religieuses. Les religions sont évidemment un facteur de pouvoir et également une façon de gérer une partie des dysfonctionnements de la société. De les rendre supportables et même de les justifier, mais pas forcément de les corriger.

Même si aucun lien de causalité n’a été établi, dans la liste des Nations Unies des 20 pays au monde où la qualité de la vie est la meilleure, on retrouve généralement des nations où le poids de la religion est le plus faible. Et la grande majorité des pays en bas de ce classement sont considérés comme très religieux. Il y a ainsi de sérieuses raisons de douter du fait que la religion améliore la vie.

Pour Salon Magazine, «les hommes doivent sortir de l’enfance. Ils doivent faire face à la vie avec toutes ces beautés et son côté sombre, la luxure et l’amour, la guerre et la paix. Ils doivent rendre le monde meilleur. Et personne ne le fera à leur place».



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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde musulan

Message non lu par yacoub » mar. 28 nov. 2017 14:28

L’islam en débat. Une vague d’athéisme dans le monde arabe

Moyen-Orient
Raseef22 - Beyrouth

Publié le 16/12/2014 - 13:23
Image
Dessin de Ballaman paru dans La Liberté (Fribourg).

Le “califat islamique” a délié les langues. Les critiques ne visent plus seulement les mauvaises interprétations de la religion, mais la religion elle-même.

Dans le monde arabe, on pouvait certes critiquer les personnes chargées de la religion, mais critiquer la religion musulmane elle-même pouvait coûter la vie à celui qui s’y risquait, ou du moins le jeter en prison. Le mot d’ordre “l’islam est la solution” a été scandé durant toute l’ère moderne comme une réponse toute faite à toutes les questions en suspens et à tous les problèmes complexes du monde musulman.

Mais la création de l’Etat islamique par Daech et la nomination d’un “calife ayant autorité sur tous les musulmans” soulèvent de nombreuses questions. Elles mettent en doute le texte lui-même [les fondements de la religion] et pas seulement son interprétation, l’idée même d’une solution religieuse aux problèmes du monde musulman. Car, au-delà de l’aspect terroriste du mouvement Daech, sa proclamation du califat ne peut être considérée que comme la concrétisation des revendications de tous les partis et groupes islamistes, à commencer par [l’Egyptien fondateur des Frères musulmans], Hassan Al-Banna, au début du XXe siècle. Au cours de ces trois dernières années, il y a eu autant de violences confessionnelles en Syrie, en Irak et en Egypte qu’au cours des cent années précédentes dans tout le Moyen-Orient.

Cela provoque un désenchantement chez les jeunes Arabes, non seulement vis-à-vis des mouvements islamistes, mais aussi vis-à-vis de tout l’héritage religieux. Ainsi, en réaction au radicalisme religieux, une vague d’athéisme se propage désormais dans la région. L’affirmation selon laquelle “l’islam est la solution” commence à apparaître de plus en plus clairement comme une illusion. Cela ouvre le débat et permet de tirer les leçons des erreurs commises ces dernières années.

Peu à peu, les intellectuels du monde musulman s’affranchissent des phrases implicites, cessent de tourner autour du pot et de masquer leurs propos par la rhétorique propre à la langue arabe qu’avaient employée les critiques [musulmans] du XXe siècle, notamment en Egypte : du [romancier] Taha Hussein à [l’universitaire déclaré apostat] Nasr Hamed Abou Zayd.

Car la mise en doute du texte a une longue histoire dans le monde musulman. Elle s’est développée là où dominait un pouvoir religieux et en parallèle là où l’extrémisme s’amplifiait au sein de la société. [L’écrivain arabe des VIIIe-IXe siècles] Al-Jahiz et [l’écrivain persan considéré comme le père de la littérature arabe en prose au VIIIe siècle] Ibn Al-Muqaffa avaient déjà exprimé des critiques implicites de la religion. C’est sur leur héritage que s’appuie la désacralisation actuelle des concepts religieux et des figures historiques, relayée par les réseaux sociaux, lieu de liberté pour s’exprimer et débattre.

Le bouillonnement actuel du monde arabe est à comparer à celui de la Révolution française. Celle-ci avait commencé par le rejet du statu quo. Au départ, elle était dirigée contre Marie-Antoinette et, à la fin, elle aboutit à la chute des instances religieuses et à la proclamation de la république. Ce à quoi nous assistons dans le monde musulman est un mouvement de fond pour changer de cadre intellectuel, et pas simplement de président. Et pour cela des années de lutte seront nécessaires.

—Omar Youssef Suleiman



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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde musulan

Message non lu par yacoub » ven. 8 juin 2018 14:27


«L’islam caricatural d’aujourd’hui signe sa spectaculaire désacralisation»


Propos recueillis par Marie Chabbert - publié le 29/05/2018

Le sociologue Reda Benkirane en appelle aux sciences et à la raison pour dégager l’islam du fondamentalisme et le ramener aux réalités sociales et culturelles de notre époque.

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Dans Islam, à la reconquête du sens*, vous déplorez le repli dogmatique et politique de l’islam contemporain. Comment expliquez-vous le développement de cet islam radical que vous décrivez comme « pathologique » ?

Beaucoup d’Occidentaux pensent que l’islam a toujours été ostentatoire, politique et violent, et qu’ils n’en auraient pris conscience que récemment avec l’arrivée de migrants musulmans en Europe. Mais si l’on se tourne vers l’histoire, on remarque rapidement que l’islam politique tel qu’il se manifeste aujourd’hui dépend moins des manifestations historiques de la religion musulmane que d’une stratégie politique récente à laquelle ont largement contribué les gouvernements occidentaux.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, dès le XIXe siècle, les sociétés du Maghreb et du Moyen-Orient étaient en voie de sécularisation. La religion n’y était qu’un facteur culturel de cohésion sans rôle politique prééminent. Au moment de la décolonisation, les pays du monde arabo-musulman étaient plutôt attirés par les modèles idéologiques du socialisme et du communisme. En sa qualité d’ennemi numéro un de l’idéologie libérale des anciens colons, le marxisme en vogue à l’époque correspondait aux besoins des nouveaux États arabes et africains, ce dont étaient bien conscients les pays occidentaux dans un contexte de guerre froide. Ceux-ci ont donc encouragé le développement d’un autre modèle idéologique perçu comme réactionnaire dans les pays du Maghreb et au Moyen-Orient : un retour politique au religieux.

Pendant des décennies, des courants minoritaires, voire considérés comme hérétiques, ont donc été encouragés de manière artificielle jusqu’à devenir le cœur de l’orthodoxie. C’est le cas du wahhabisme en Arabie Saoudite. Avec la première crise du pétrole dans les années 1970, les pétromonarchies ont commencé à prendre de l’importance sur le plan idéologique et politique, et la stratégie des pays occidentaux leur a tout simplement échappé. L’islam politique et dogmatique qu’ils avaient encouragé s’est émancipé pour donner lieu entre autres au khomeynisme, à l’assassinat d’Anouar el-Sadate, à la guerre d’Afghanistan et pour finir à l’émergence du djihadisme.

Or, selon vous, le développement d’un tel islam politique signe moins un retour spectaculaire du religieux qu’une « sortie de l’islam »…

Vue de près, la phase actuelle de repli dogmatique de l’islam et ses conséquences violentes ressemblent à un retour du religieux. Cependant, il me semble que cette manifestation spectaculaire d’un « religieux ultra-religieux » n’est qu’un effet de surface qui résulte d’un mouvement global de sortie de l’islam. En fait, il faut bien distinguer les discours et les pratiques. L’islam contemporain se veut toujours plus absolu, normatif et crispé autour d’une confusion des dimensions spirituelles et temporelles. Pourtant, dans la pratique, les plus radicaux procèdent à une désacralisation sauvage de l’islam.

On le voit clairement dans le lien de courants fondamentalistes à l’économie capitaliste. Après la fin de la guerre froide, la chute du bloc communiste a laissé un vide idéologique : le rôle d’ennemi métaphysique de l’Occident était à pourvoir. À première vue, il semble que l’islam ait pris le relais. Pourtant, loin de proposer une alternative idéologique, celui-ci semble plutôt accompagner sinon faciliter le triomphe idéologique du capitalisme. Le salafisme a beau louer, sur le papier, le modèle de vie des pieux anciens, dans les faits, il s’accommode bien de la transformation de La Mecque en un nouveau Las Vegas et de l’émergence de temples de la consommation sur les ruines mêmes des sites les plus sacrés de l’islam. Ainsi, les vestiges de la demeure de Khadija, la première épouse du Prophète, ont été rasés pour y construire des toilettes publiques. Le lieu de naissance du Prophète a lui aussi été détruit.

Dans les pétromonarchies de la péninsule Arabique, cela prend des proportions sidérantes. L’islam caricatural d’aujourd’hui signe donc moins un retour du religieux qu’une désacralisation spectaculaire de l’islam au nom du capitalisme rentier et de l’injonction planétaire à consommer.

Face à cette « sortie de l’islam », vous cherchez à exhumer l’universalité de la religion musulmane, trop souvent obscurcie par des dispositions coutumières ou politiques. Contre la « sortie de l’islam », nous devrions donc cultiver un « islam de la sortie ». Qu’entendez-vous par là ?

En se repliant sur la politique, le dogme, le matérialisme et le consumérisme capitaliste, l’islam s’est fortement appauvri en terme de théologie. En prônant la supériorité des anciens et une lecture littérale du Coran, l’islam des oulémas (des théologiens, ndlr) s’est immobilisé, asséché. Il n’y a plus de commentaires exégétiques, de nouvelles interprétations. Le renouvellement théologique en islam et son élan spirituel ont été interrompus. On ne fait que répéter l’ancien dans un rapport mythifié au passé.

Mais la foi de l’immense majorité des musulmans est toujours vivante et ceux-ci souhaitent sortir l’islam de l’impasse dans laquelle il s’est échoué. Ils souhaitent voir émerger un islam de la sortie – de la sortie de l’impasse – qui restitue à la religion sa vivacité et exhume son universalité, aujourd’hui obscurcie par des considérations politiques, juridiques et normatives. D’autres religions ont déjà procédé à un tel aggiornamento (le catholicisme avec Vatican II par exemple).

En islam, le Coran est considéré comme la parole verbatim de Dieu et les vérités qui y sont révélées sont absolues. Comment peut-on reconstruire et moderniser la pensée religieuse de l’islam si l’on estime que les vérités du Coran sont indiscutables ?

La reconstruction et la modernisation de la pensée religieuse imposent tout d’abord de distinguer entre vérité et sens. L’effort porte sur les sens à produire d’une lecture contemporaine du Coran. C’est un défi que relève actuellement avec brio le penseur syrien Muhammad Shahrour, ingénieur civil de formation, qui a entrepris une relecture dynamique du Coran, sans jamais remettre en question la nature ou l’origine du texte lui-même. Pour lui, comme pour la plupart des musulmans, le Coran est la parole impeccable de Dieu. Reconstruire la pensée religieuse de l’islam peut ainsi se concevoir sans avoir à remettre en question la moindre voyelle, le moindre mot du Coran. Shahrour et d’autres penseurs critiques affirment que le Coran porte en lui des vérités universelles qui trouvent un écho à toutes les époques. Une interprétation moderne du texte coranique est donc, selon eux, tout à fait possible, à condition que celle-ci s’affranchisse d’us et coutumes du VIIe siècle tombés en désuétude – bien qu’évoqués dans le texte sacré – ainsi que des interprétations les plus rétrogrades développées en marge du Coran par les oulémas.

Au fil des siècles, ces penseurs ont greffé à la théologie musulmane un certain nombre de préceptes normatifs et juridiques, par exemple sur le statut des femmes ou sur la violence, qui sont aujourd’hui caduques. Remettre en question les positionnements des oulémas, qui servaient souvent les intérêts de l’autorité politique (calife, émir, sultan), ne veut donc pas dire rejeter tout l’édifice de l’islam ! D’autant que, sur le plan doctrinal, l’islam n’admet pas de cléricature religieuse… Shahrour propose d’ailleurs de se concentrer sur le Coran en ignorant purement et simplement des siècles d’exégèse afin d’exhumer la spiritualité profonde et l’universalité du Coran, et pour révéler ainsi son potentiel de modernité intrinsèque.

Comment l’islam peut-il se réconcilier avec la modernité ?

Pour pouvoir inventer la modernité en islam, il faut nécessairement rompre avec la rationalité religieuse dominante aujourd’hui, qui se légitime selon un cadre de pensée médiéval (ce que j’appelle la « structure mythique salafie »). Cette rationalité défective – parce qu’anachronique – touche sans exception tous les courants et les ordres religieux, toutes les écoles théologiques, de jurisprudence et de pensée. L’idée maîtresse de mon livre est qu’il faut désormais lui substituer une rationalité religieuse dotée d’une structure mythique (que j’appelle « l’iqbal ») résolument tournée vers l’avenir et devant nécessairement instaurer de nouveaux rapports au pouvoir et au savoir. Mon livre explore ainsi les possibilités d’un islam sécularisé, c’est-à-dire affranchi de toute inféodation au pouvoir politique et à l’autorité religieuse.

Le type de rationalité – élargie – convoqué aujourd’hui par les sciences du vivant, de la matière et du calcul est susceptible d’aider à faire émerger une rationalité éclairée promue par une approche philosophique de la pensée musulmane. En islam, ce sont les idées des philosophes plutôt que celles des théologiens qui ont accédé à l’universalité en circulant jusqu’à nous à travers l’espace et le temps. C’est au nom de cette universalité que dans mon livre Maïmonide, Spinoza, Leibniz, Bachelard, Deleuze dialoguent avec Ibn Arabi, Avempace, Averroès, Ibn Khaldoun, Mohamed Iqbal. En d’autres termes, ce n’est qu’en empruntant les voies de la connaissance que la religion musulmane pourra à nouveau sécréter en son sein une rationalité libre et critique à même de répondre aux défis sociaux, scientifiques et technologiques du XXIe siècle.

Il existe donc, selon vous, un terrain d’entente entre islam et science…

Il faut se rendre compte que l’islam et la science ont concouru, il y a plus d’un millénaire, à une phase historique créative en rupture avec l’esprit classique de l’Antiquité tardive. L’essor civilisationnel de l’islam est dû en partie à une grande ouverture sur les savoirs et sur les autres cultures de l’époque. Il faut rappeler que la transmission de l’héritage grec à l’Occident a été rendu possible par les humanités arabes et que la langue arabe a été la lingua franca des sciences durant plusieurs siècles.

L’influence de l’esprit grec a joué un rôle prépondérant mais ambivalent. D’une part, la pensée grecque, privilégiant toujours la sphère des Idées au monde phénoménal, a marqué profondément la philosophie et aussi la mystique de l’islam. Mais d’un autre côté, cette connaissance théorique héritée de Platon et Socrate les a détournés de l’aspect empirique de la raison coranique qui, pour prouver l’existence de Dieu, met toujours l’accent sur l’incommensurabilité, l’ordonnancement et la créativité du cosmos ainsi que la spontanéité et la beauté de la nature. On ne peut comprendre l’essor des sciences expérimentales en milieu islamique (notamment à la « Maison de la Sagesse » de Bagdad) sans comprendre qu’il a répondu à des problèmes pratiques de la vie sociale et économique et qu’il s’est ressourcé dans la connaissance perceptuelle privilégiés par l’esprit coranique.

La réception du savoir grec s’est faite en islam dès le VIIIe siècle par les penseurs mutazilites et les partisans de la falsafa (transcription de philosophie en arabe). Celle-ci a eu une grande influence tant sur le rationalisme de philosophes musulmans comme Averroès que sur l’esthétique et l’éthique des penseurs mystiques comme al-Ghazali. Au cours de l’histoire, ces deux courants ont cependant atteint leurs limites : le rationalisme, comme toute idéologie abstraite, céda facilement au dogmatisme – les mutazilites ont par exemple mené une véritable inquisition au VIIIe siècle –, et l’envolée mystique aboutit parfois à une déconnexion du réel.

Le philosophe Mohamed Iqbal (1873-1938) a bien vu que l’esprit grec avait « obscurci » la vision des premiers savants musulmans. Iqbal rappelle que « le Coran met l’accent sur l’acte plutôt que sur l’idée » et en cela il est foncièrement « anticlassique ». En contexte islamique, les sciences expérimentales (algèbre, arithmétique, chimie, optique, astronomie, etc.) rompent avec la distinction propre à la Cité gréco-latine entre arts libéraux et arts mécaniques. Cette rupture de l’islam avec la pensée grecque marque d’une certaine manière la transition du classique au moderne, de la pensée géométrique (formes pures et autres idéalités) à la pensée algorithmique (calcul et raisonnement sur celui-ci).

Or, au cours des trois derniers siècles, le développement des sciences a suivi un processus comparable de transition du classique au moderne, d’une vision linéaire, réductionniste et absolue (mise en équation par Newton et Descartes) à une approche non déterministe et non linéaire des singularités de la nature. Des systèmes mathématiques, géométriques et physiques jusque-là considérés comme incontestables ont été soudain invalidés – c’est le cas de la géométrie euclidienne et de l’arithmétique – pointant ainsi du doigt les limites de la science classique. On est alors passé d’une science classique à une science du complexe, de la turbulence, de la non-linéarité. Des concepts comme l’écart à l’équilibre, l’incertitude, le hasard, le chaos et l’auto-organisation sont énormément sollicités dans ces avancées scientifiques. Or, ces nouveaux motifs sont des figures auxquelles une pensée islamique libre et critique peut se reconnecter. Elles sont d’ailleurs en filigrane dans une certaine tradition islamique, dans les arts géométrique et calligraphique ainsi que dans l’architecture.

À l’heure où l’islam semble se calcifier sur le plan théologico-politique, enferré dans le monde des Idées et ses fermentations théoriques, il faudrait valoriser le sens de la raison sensible et pratique, soucieuse de coller aux réalités sociales et culturelles de notre temps. Les sciences nous permettent à la fois de ré-humaniser et réenchanter la raison islamique, de la libérer de sa condition de « servante » du politique et enfin de dé-théologiser son arrogance normative et sa fixité dogmatique. Nous sommes dans un âge d’explosion des savoirs et de grandes ouvertures de la connaissance, il est temps que l’islam y fasse sa place.

(*) Islam, à la reconquête du sens, Reda Benkirane (Le Pommier, 2017)



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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde musulan

Message non lu par yahv2005 » sam. 9 juin 2018 12:10

La Croix International

https://www.la-croix.com/Religion/Islam ... 1200867683

« L’athéisme progresse dans le monde musulman »

Anne-Bénédicte Hoffner , le 04/08/2017 à 11h42


Une conférence internationale a été organisée fin juillet 2017 à Londres par le Conseil des ex-musulmans d’Angleterre, dénonçant notamment la condamnation à mort des « apostats » dans l’islam.


Sociologue, Houssame Bentabet achève une thèse sur « l’abandon de l’islam » chez les musulmans de France. Il explique l’essor de ce phénomène, mais aussi la discrétion à laquelle sont contraints les athées dans le monde musulman.



En Angleterre, on recense de plus en plus d’athées dans le monde musulman.


Quels sont les faits ?

« Le plus grand rassemblement d’ex-musulmans dans l’histoire. » C’est ainsi que le Conseil des ex-musulmans d’Angleterre (CEMB) qualifie la Conférence internationale sur la liberté de conscience et d'expression qu’il a organisée à Londres du 22 au 24 juillet. Des orateurs venant de trente pays avaient été invités à témoigner : principalement d’anciens musulmans, mais aussi des croyants s’affirmant comme homosexuels ou transgenres, ainsi que des libres-penseurs.


Le documentaire de la Norvégienne Deeyah Khan – Islam’s Non Believers (2016) – a été projeté, et les participants ont gonflé 99 ballons rouges en souvenir de 99 « victimes de la condamnation de l’apostasie ». Une résolution a été votée contre la déprogrammation d’une intervention du biologiste Richard Dawkins – spécialiste de la théorie de l’évolution – par une station de radio californienne en raison de propos jugés « offensants » pour les musulmans. Et une autre en soutien à l’Égyptien Ismail Mohamed, « ex-musulman » revendiqué, arrêté à l’aéroport du Caire alors qu’il se rendait à la conférence.


Quel est le contexte ?

« Ce rassemblement n’est pas une première, mais il est significatif », observe Houssame Bentabet, qui achève une thèse de sociologie sur « L’abandon de l’islam  : de l’irréligiosité au reniement de la foi chez les musulmans de France ». Créée en 2007 en Grande-Bretagne par l’Iranienne Myriam Namazi, le Conseil des ex-musulmans a essaimé dans plusieurs pays d’Europe et même du monde musulman.


En France, il est piloté par Waleed Al-Husseini, d’origine palestinienne et auteur de Blasphémateur ! Les prisons d’Allah (Grasset, 2015) puis de Une trahison française (Ring Editions, mars 2017). « Sauf en Grande-Bretagne, où l’association est officielle, ces structures restent généralement informelles en raison des menaces de mort qui pèsent sur leurs membres et fonctionnent plutôt comme des réseaux », explique le sociologue, qui constate que – dans certains milieux et pays – « il reste plus difficile d’avouer son athéisme que son homosexualité ».


Dans sa thèse, le jeune sociologue tente d’expliquer les « processus » très divers par lesquels ces anciens croyants se distancient de l’islam. « Certains d’entre eux sont militants » et se battent contre la condamnation à mort des apostats. D’autres se présentent uniquement « comme des "libre penseurs" », sans renier officiellement l’islam. « D’autres encore refusent le terme "d’ex-musulmans" et souhaiteraient simplement vivre en paix comme athées ».


Quelle évolution ?

L’athéisme est indéniablement plus visible aujourd’hui qu’il y a cinq ou dix ans : les différentes branches du Conseil des ex-musulmans sont présentes sur les réseaux sociaux ou via une page Internet, en Égypte ou au Maroc. « Internet facilite énormément les connexions entre ex-musulmans du monde entier, souvent condamnés à la discrétion et à l’isolement », note Houssame Bentabet, qui a interrogé, pour sa thèse, un Afghan affichant « son islamité devant sa famille » mais qui « en réalité ne se sent plus musulman ».


D’où la difficulté de mesurer le phénomène. Dans un rapport publié pour l’Institut Montaigne ( « Un islam français est possible »), l’essayiste et banquier Hakim El Karoui constatait que 15% des personnes ayant au moins un parent musulman se déclaraient « non-musulmanes ». À l’inverse, 7,5 % d’autres se disaient musulmanes sans qu’un de leurs deux parents ne le soient. « Les trajectoires de "sortie" de la religion musulmane – ou de désaffiliation – apparaissent deux fois plus importantes que les trajectoires d’entrée ; prenant à rebours les représentations faisant de l’islam une religion attirant massivement des individus a priori éloignés de cette tradition », affirmait-il donc.


Depuis le début de ses travaux en 2014, Houssame Bentabet constate, lui, à quel point la situation a changé  : « L’athéisme progresse et va continuer à progresser dans le monde musulman. Et cela commence à faire du bruit ».


« Le problème, c’est la condamnation à mort des apostats inscrite dans le droit musulman classique, sur laquelle s’accordent les quatre écoles juridiques sunnites et reprise dans la Constitution de certains pays majoritairement musulmans », souligne le sociologue. Cette condamnation s’appuie sur « au moins deux hadith (propos ou geste prêté par la tradition islamique au prophète de l’islam) considérés comme ’authentiques’, même s’ils contredisent plusieurs passages du Coran ».


Dans un article de 2015, L’athéisme face aux pays majoritairement musulmans, l’historien Dominique Avon constatait lui aussi la montée d’une « nouvelle génération d’athées dans le monde musulman », mais présentait aussi la diversité des outils utilisés pour contenir ou réprimer le phénomène.


La question doctrinale n’étant « pas tranchée », les « ex-musulmans » restent sous la menace d’un partisan – même isolé – de l’application de cette disposition.


Anne-Bénédicte Hoffner



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marmhonie
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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde musulan

Message non lu par marmhonie » dim. 10 juin 2018 13:54

Il y a des mouvances philosophiques et religieuses qui provoquent des maladies mentales.
C'est la grande Anne Marie Delxambre qui avait démontré la schyzophrénie en Islam dans un ouvrage à lire absolument.

Attention, des variantes de l'athéisme conduisent aussi à des psychoses.
Je traiterai le sujet apparu historiquement au 15e siècle et bien compris au tout début du 20e siècle.

Pour une fois qu'il y a une explosion pacifique en pays musulmans !



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yacoub
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Re: Explosion des sujets liés à l'Athéisme dans le monde musulan

Message non lu par yacoub » dim. 10 juin 2018 14:44

La majorité des musulmans sont conformistes et ne veulent entendre parler d'aucune réforme. Il faut des dictateurs comme Kémal Atatürk pour les sortir de l'obscurantisme puisque leur raison est engourdie.




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