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Message non lu par yacoub » lun. 24 oct. 2016 17:59

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Le procès politique contre Djemila Benhabib

Procès de Djemila Benhabib
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Mathieu Bock-Coté
Mathieu Bock-Côté
Dimanche, 23 octobre 2016 08:43 MISE à JOUR Dimanche, 23 octobre 2016 08:48

Quelques jours avant le début du procès de Djemila Benhabib, j’ai eu le privilège de participer à une soirée visant à lui témoigner du soutien d’un grand nombre de Québécois. J’y ai prononcé un petit discours portant sur les différentes méthodes de disqualification publique des dissidents en régime multiculturaliste. Je rappelais notamment qu’on les étiquette de manière à les transformer en infréquentables dans le débat public, ou encore, qu’on les psychiatrise en leur prêtant de multiples phobies, ce qui justifierait leur mise à l’écart de la conversation démocratique. Je rappelais enfin que ses ennemis entendaient manifestement faire de Djemila Benhabib un exemple politique pour tous ceux qui voudraient s’aventurer à critiquer le multiculturalisme : il s’agit de faire comprendre à la population dans son ensemble le prix à payer pour entrer en dissidence avec l’idéologie diversitaire.

C’est sur ce dernier point que je voudrais revenir aujourd’hui. Une idéologie dominante ne demeure dominante que si, de temps en temps, elle parvient à envoyer un signal clair à ceux qui d’une manière ou d’une autre, prétendent se mêler de la vie publique : on ne la conteste pas librement. Elle doit, de temps en temps, faire une démonstration de force, rappeler qu’elle a le pouvoir de distinguer entre les gens fréquentables et les infréquentables, entre les modérés et les radicaux, entre les esprits civilisés et les extrémistes. L’idéologie dominante doit rappeler, en d’autres mots, qu’elle seule décidera quels contradicteurs elle tolérera dans la vie publique, et quels contradicteurs elle refoulera dans les marges. Pour donner l’impression qu’elle se prête à une comédie démocratique, elle peut tolérer, pour la forme, des détracteurs modérés. Elle formate à l’avance la dose de critique qu’elle peut accepter sans être vraiment compromise.

Et c’est là que Djemila Benhabib intervient. Dans ses interventions publiques des dernières années, celle qui est devenue une figure majeure de la critique de l’islamisme à la fois au Québec et dans de nombreux pays européens n’a pas joué selon les règles du jeu de la dissidence domestiquée, aseptisée, et politiquement acceptable pour les gardiens de l’idéologie dominante qui par exemple, transforme la critique de l’islamisme en symptôme d’une islamophobie militante ou encore, qui veut faire de la laïcité une forme de néocolonialisme identitaire à l’endroit des immigrés. En d’autres mots, Djemila Benhabib n’a pas accepté le rôle du dissident vaincu d’avance, qui accepte son mauvais sort, mais demande de le pleurer un peu. Elle nomme les choses, elle les critique frontalement, elle ne fait pas de concessions et témoigne d’ailleurs d’un immense courage, qui l'honore en notre temps où il manque un peu.

Ce que ne comprennent pas ceux qui se contentent de la défendre mollement, ou encore, qui multiplient les nuances à son endroit, c’est qu’elle est devenue, bien malgré elle, un symbole de notre liberté d’expression. On mène contre elle un procès politique et idéologique. On veut la faire taire. Ruiner sa réputation. Et la ruiner tout simplement. À terme, on veut la marquer du sceau de l’infamie. La faire passer pour une intolérante. Il s’agit de faire comprendre au grand nombre le sort qui frappera ceux qui disent non au multiculturalisme d’État. Il s’agit aussi de frapper d’interdit civique qui ne font pas preuve de complaisance devant un islamisme conquérant qui entend s’imposer à ses propres conditions dans la cité, sans rien lui concéder, en misant principalement sur une stratégie d’exhibitionnisme identitaire. Si l'idéologie dominante ne s'interdit pas les armes de la censure, à terme, l’idéologie dominante entend pousser à l’autocensure généralisée.

Djemila Benhabib, dans ses livres comme dans ses conférences, n’accepte pas de jouer ce jeu. Elle milite, elle se bat, elle critique. À travers elle, c’est le droit de nommer ce qu’on voit et de le dire publiquement qui est en jeu. À travers elle, c’est aussi le droit de résister à l’idéologie dominante qui est en question. Il faudrait en être conscient.




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Message non lu par yacoub » ven. 4 nov. 2016 11:19




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Message non lu par yacoub » mer. 9 nov. 2016 11:45

Après la potentielle victoire de Trump, le Canada croule sous les requêtes
Par LIBERATION, avec AFP — 9 novembre 2016 à 07:42
Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, le 23 septembre à Montreal, durant la visite de son homologue chinois Li Keqiang. Photo Clément Sabourin / AFP AFP
Depuis plusieurs mois, bon nombre d'Américains ont manifesté leur intention de déménager de l'autre côté de la frontière, au nord des Etats-Unis, en cas de victoire du milliardaire.

Après la potentielle victoire de Trump, le Canada croule sous les requêtes

L’accès au site du ministère canadien de l’Immigration a progressivement ralenti mardi soir, à mesure que le candidat républicain, Donald Trump, emportait des Etats clés. Avant d’être inaccessible quand il s’approchait de la barre des 270 grands électeurs, synonyme de victoire.

Le site, expliquant les démarches à engager ou donnant les critères d’éligibilité pour obtenir la résidence ou la nationalité canadienne, a commencé à envoyer un message d’erreur vers 23 heures, heure locale (4 heures GMT, mercredi) quand la Floride a basculé dans l’escarcelle de Donald Trump.

Depuis plusieurs mois, bon nombre d’Américains ont manifesté leur intention d’émigrer dans ce pays en cas de victoire de Trump. Des agences immobilières et même quelques régions en mal de population ont profité de l’occasion pour se faire de la publicité.

Alors que le milliardaire n’était qu’un candidat parmi une dizaine de républicains pour la course à l’investiture l’hiver dernier, la petite île de Cap-Breton, au nord de la province de Nouvelle-Ecosse, sur la côte atlantique, avait proposé d’accueillir les Américains préférant éviter une administration Trump. Sur le mode humoristique, le site Cape Breton if Donald Trump wins («Cap-Breton si Donald Trump gagne») vantait la possibilité d’acheter une maison bon marché et de décrocher facilement un emploi dans une région plutôt déserte, à 400 kilomètres de la frontière américaine. Plusieurs célébrités des Etats-Unis ont promis de déménager au Canada en cas de victoire de l’homme d’affaires. Dernier en date, le héros de la série culte Breaking Bad, Bryan Cranston, a émis cette volonté la semaine dernière, selon le Hollywood Reporter. Les chanteuses Cher, Barbra Streisand ou la star de la série télévisée Girls, Lena Dunham, ont aussi ces derniers mois affiché ce désir de franchir la frontière.

Le site du ministère canadien des Affaires étrangères a également été plus difficile d’accès au cours de la soirée tandis que celui du Premier ministre, Justin Trudeau, restait accessible.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a fait savoir sur Twitter que le Bureau d’intégration des nouveaux arrivants de la ville serait exceptionnellement ouvert après le vote.



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Re: News Canada

Message non lu par yacoub » mar. 10 janv. 2017 15:17

Djemila Benhabib: résultat d'une campagne...


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(Trois-Rivières) CHOISIR LES RÉGIONS / Vivre en région, y développer ses talents, son projet ou son entreprise, c'est le choix de plusieurs personnes qui ont contribué à l'épanouissement de leur communauté. Les quotidiens de Groupe Capitales Médias présentent une série d'entrevues de personnalités qui rayonnent partout au Québec tout en cultivant leur attachement à leur milieu.

Le 4 septembre 2012, la candidate péquiste dans Trois-Rivières, Djemila Benhabib, perdait ses élections par seulement trois points. Quatre ans plus tard, l'auteure bien connue y demeure toujours, malgré une carrière qui l'amène régulièrement à l'extérieur du pays.

À quelques jours du déclenchement du scrutin provincial, Pauline Marois l'avait jointe pour lui proposer la circonscription de Trois-Rivières. «J'en oubliais presque que j'habitais avec ma famille à Gatineau, que j'avais un excellent emploi dans la fonction publique fédérale, plusieurs collaborations médiatiques, ici et là, ainsi qu'une carrière littéraire bien entamée», raconte l'écrivaine.

En lui demandant d'y réfléchir un moment avant de la rappeler, de magnifiques souvenirs de vacances dans la région de la Mauricie, au bord du lac des Piles, lui seront venus à l'esprit. «Mais là, en l'occurrence, ce n'était aucunement des vacances pittoresques que la chef du Parti québécois me proposait, mais un grand saut dans l'inconnu tant il est vrai que la politique est ce phénomène éphémère, intense par moment, évanescent trop souvent. En avais-je conscience à ce moment-là? Certainement», avoue-t-elle.

Pour cette militante féministe, il était temps d'élire une femme à la tête de l'État québécois. «À vrai dire, c'est ce qui m'a convaincue de la nécessité de quitter mon confort pour foncer tête baissée dans cette aventure. Je voulais plus que tout participer à faire l'histoire, c'est-à-dire faire élire une femme. Comme je ne suis pas du genre à me débiner face aux difficultés, j'ai rappelé madame Marois sous le regard approbateur de mon compagnon. "Go pour Trois-Rivières!" ai-je murmuré», rapporte Mme Benhabib, également séduite par le chantier de la laïcité.

En août 2012, sa valise était à peine défaite que déjà, elle s'apprêtait à la refaire, revenant d'un voyage du Moyen-Orient et du Maghreb où elle avait séjourné en Égypte et en Tunisie pour écrire ce fameux livre Des femmes au printemps.

«Tout s'est passé très vite. Comme je ne suis pas du genre à faire les choses à moitié, j'ai décidé d'aller au charbon pour mes convictions. La veille du déclenchement des élections, je coupais définitivement les ponts avec mon employeur. Je démissionnais de mon emploi pour me consacrer pleinement aux élections», rappelle la conférencière.

Mais, de son propre aveu, les défis étaient grands. Découvrir une ville, en saisir les enjeux et convaincre un électorat n'étaient pas une mince affaire. Pour autant, le symbole qu'incarnerait son élection était tout aussi puissant. «C'était là une occasion inespérée d'envoyer un signal fort à tous ceux qui considéraient que les régions sont fermées et inhospitalières à l'endroit des immigrants contrairement à Montréal. Nous y sommes arrivés, enfin presque. Le résultat de cette élection était loin d'être déshonorable. Tout était possible, jouable. C'est ce qu'il fallait en retenir pour aller de l'avant», croit Djemila Benhabib.

Celle-ci aura ainsi découvert Trois-Rivières en campagne électorale. «Cette ville me plaisait. Sa retenue me convenait. Les gens sont simples et chaleureux. Ses dimensions culturelle, universitaire et historique m'ont charmée et la densité de son réseau communautaire m'a impressionnée. Il y avait là des expériences fortes à faire connaître et des partenariats à consolider et d'autres à bâtir», ajoute celle qui aurait aimé utiliser son réseau à l'international pour faire rayonner sa ville d'adoption.

Or, l'essayiste n'avait pas envisagé pour autant d'y emménager avant le déclenchement des élections. En réalité, sa décision s'est prise dans le feu de l'action au rythme des rencontres et des découvertes.

«Au début du mois d'août, mon compagnon et ma fille ont pris le chemin des vacances pour la France chez mes parents. Et comme la question de mon installation a bondi pendant la campagne électorale, j'ai pris l'engagement de nous y établir sans même les consulter. Nous avons déménagé en décembre 2012, en pleine tempête de neige», se rappelle-t-elle.

La petite famille est installée dans une charmante maison qui donne sur un bois. «Lorsque j'arrête d'écrire et que je lève les yeux sur mon jardin, la forêt m'apaise. J'apprécie cette tranquillité plus que tout au monde ainsi que cette proximité avec la nature. Il y a quelque chose de magique à pouvoir vivre en ville tout en ayant un pied dans la nature. Ma fille fait de l'équitation et nous passons nos fins de semaine dans la splendide campagne mauricienne chez des amis à refaire le monde et à regarder les étoiles. Mon compagnon a trouvé, lui, un milieu culturel fort dynamique, en plus de toutes ses activités politiques et d'écriture en faveur de l'indépendance du Québec», décrit Mme Benhabib.

Dans son bureau, il y a constamment une valise qui traîne avec des tas de trucs à l'intérieur puisqu'elle vit entre le Québec et l'Europe en plus d'enseigner la géopolitique du Moyen-Orient à l'Université Laval. Cette récipiendaire de nombreux prix jongle continuellement avec les horaires. Il lui arrive de prendre l'avion deux ou trois fois par mois pour donner une conférence, participer à un colloque, prendre part à un événement littéraire ou politique ou recevoir une distinction.

«Le fait d'avoir vécu dans plusieurs pays et d'avoir quitté l'Algérie brutalement, sans rien, m'a allégée du poids des départs. Je sais qu'il est possible de se reconstruire si l'on a les valeurs à la bonne place, une détermination à toute épreuve et l'ouverture nécessaire. Il faut y travailler sans cesse. En affirmant cela, je pense, bien entendu, à tous ces gens que le Québec reçoit année après année. Je leur souhaite d'y faire leur place comme j'ai fait la mienne. Certes, j'aime partir. Mais j'aime aussi revenir parmi les miens à Trois-Rivières», a-t-elle conclu.

Lieu de résidence: Trois-Rivières

Se situe où: Mauricie

Depuis combien d'années: quatre ans

Comment s'est fait le choix: une promesse électorale

Un attrait: la ville et la campagne tout en un. De toute beauté!

Un inconvénient: absence d'un aéroport international, absence de train vers Montréal et vers Québec, fréquence des autobus vers Montréal et l'aéroport Dorval

Une idée pour améliorer le sort des régions: laisser tomber l'esprit de clocher pour intégrer des talents venus d'ailleurs




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Re: News Canada

Message non lu par yacoub » jeu. 16 févr. 2017 14:15

Le droit de critiquer l’islam
Au nom de la liberté d’expression, des élus conservateurs s’opposent à une motion dénonçant l’islamophobie
16 février 2017 | Hélène Buzzetti - Correspondante parlementaire à Ottawa | Canada
La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, et une soixantaine de ses collègues libéraux ont manifesté leur soutien à la députée Iqra Khalid, qui a déposé la motion contre l'islamophobie.
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, et une soixantaine de ses collègues libéraux ont manifesté leur soutien à la députée Iqra Khalid, qui a déposé la motion contre l'islamophobie.

Dans la foulée de l’attentat à la mosquée de Québec qui a fait six morts, est-il encore possible de critiquer certaines pratiques se réclamant de l’islam sans se faire taxer d’islamophobie ? Des députés fédéraux se le demandent. Et c’est en partie pour préserver la liberté d’expression qu’ils refusent d’appuyer une motion condamnant la discrimination religieuse systémique.


La motion 103 pilotée par la députée libérale Iqra Khalid enjoint à la Chambre des communes de « reconnaître qu’il faut endiguer le climat de haine et de peur qui s’installe dans la population » et de « condamner l’islamophobie et toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques ». La motion demande aussi qu’un comité parlementaire entame une étude pour suggérer à Ottawa une approche « pangouvernementale » de lutte contre l’islamophobie.


La motion a été déposée en décembre, mais la récente fusillade à Québec lui donne une nouvelle couleur. Elle a été débattue pour une première fois mercredi soir à la Chambre des communes et devrait être mise aux voix au printemps. Si les libéraux et les néodémocrates ont annoncé qu’ils voteront en bloc en sa faveur, les conservateurs sont déchirés et une grande majorité d’entre eux voteront contre. Le Bloc québécois s’y oppose aussi. Peu ont accepté de prononcer le mot, mais le niqab occupe les esprits.


Maxime Bernier est du lot des opposants. « Il y a un courant dans l’islam, qui ne se limite pas nécessairement aux islamistes radicaux, qui dit que personne ne devrait critiquer cette religion ou s’en moquer. Rappelez-vous juste la controverse entourant les caricatures du prophète Mahomet il y a quelques années », écrit-il sur son blogue. Il confirme au Devoir que le voile islamique fait partie des choses qu’il craint de ne plus pouvoir critiquer à cause de M-103.


Certains, comme Pierre Lemieux, un autre conservateur se portant candidat à la succession de Stephen Harper, craignent que le contexte émotif créé par l’attentat de Québec pousse des élus à appuyer aveuglément la motion. Plusieurs déplorent que le concept d’islamophobie n’y soit pas défini, d’où leurs craintes qu’elle ait pour effet de limiter la liberté d’expression.


Ainsi, M. Lemieux écrit dans une lettre à ses partisans que « la motion 103 [suppose] que toute critique de l’islam est du discours haineux ». Sa rivale Lisa Raitt se demande si la motion pourrait un jour déboucher sur une loi interdisant le fait de « critiquer la charia ou les mutilations génitales ». Pour sa part, Andrew Scheer juge la motion inutile, car le Code criminel interdit déjà l’incitation à la haine.


Au Bloc québécois, on rejette les prémisses de la motion quant à l’existence d’un « climat de haine ». « Si on amendait cette motion pour en retirer ces irritants, on serait d’accord avec le fait de condamner l’islamophobie », explique le chef par intérim Rhéal Fortin. Thomas Mulcair se dit pour sa part en faveur, car « la priorité, c’est de dénoncer une évidence, soit qu’il y a une recrudescence de haine contre les musulmans ».


La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, ainsi qu’une cinquantaine de députés libéraux se sont présentés mercredi midi devant les caméras en compagnie d’Iqra Khalid pour dire haut et fort leur appui à sa motion. « Nous sommes plus que jamais déterminés à bâtir une société ouverte, inclusive, avec comme principe le vivre-ensemble, le respect et la lutte contre la discrimination », a plaidé Mme Joly. Mme Khalid a assuré que « ce n’est pas vrai » que M-103 ferait taire les critiques de l’islam.


Lors du débat, elle a répliqué à ses détracteurs tels que Kellie Leitch, qui lui reprochent d’accorder un traitement différencié à l’islam : « On m’a demandé de changer le libellé de ma motion pour en retirer le mot “islamophobie”. Je ne le ferai pas, pas plus que je ne parlerais de l’Holocauste sans dire que la vaste majorité des victimes étaient des Juifs et que l’antisémitisme en était la racine. On ne peut pas s’attaquer à un problème sans l’appeler par son vrai nom. »


Liberté d’expression


L’histoire démontre que les conservateurs sont allergiques à toute mesure légale visant à limiter la liberté de parole. En 2013, ils ont abrogé l’article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne qui interdisait de disséminer des propos « susceptibles d’exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable ». Les conservateurs estimaient cette notion trop floue et préféraient l’article 319 du Code criminel qui interdit le discours haineux s’il « est susceptible d’entraîner une violation de la paix ».


Les conservateurs avaient en tête la mésaventure du commentateur de droite Ezra Levant, qui après avoir reproduit dans le Western Standard les caricatures danoises de Mahomet avait fait l’objet d’une plainte d’un imam en vertu du pendant albertain de l’article 13. La poursuite avait finalement été abandonnée.


Ezra Levant est d’ailleurs un des instigateurs d’un rallye tenu hier soir à Toronto pour dénoncer M-103 et auquel quatre aspirants chefs du Parti conservateur ont assisté : Brad Trost, Chris Alexander, Pierre Lemieux et Kellie Leitch.


Notons que si le conservateur Michael Chong appuie la motion 103, il abolirait l’article 319 du Code criminel au motif que seule la liberté d’expression totale peut combattre le discours haineux.


Les transgenres aussi


Le malaise conservateur à propos de la liberté d’expression se manifeste aussi ces jours-ci à propos du projet de loi C-16, qui établit l’identité sexuelle comme un motif illicite de discrimination. Adopté à la Chambre des communes, le C-16 poireaute au Sénat depuis novembre parce que les conservateurs ajournent le débat sans arrêt. Seulement sept sénateurs ont pris la parole à ce jour.


Des conservateurs comme Maxime Bernier et Pierre Lemieux reconsidèrent leur appui initial à C-16 à la lumière du cas de Jordan Peterson. Ce professeur de l’Université de Toronto refuse d’utiliser, comme le lui demandent des étudiants rejetant la binarité sexuelle, des pronoms inventés tels que « ze », « zir » ou « zim » ou le pronom pluriel « they » au lieu des pronoms sexués « he » et « she ». Le professeur, qui estime ne pas avoir à bâtarder la langue anglaise, se fait accuser de transphobie. Les deux élus craignent que C-16 soit utilisé pour le punir.


Selon Maxime Bernier, de tels gens ne militent pas pour l’égalité, qu’il dit défendre. Ce sont plutôt des « activistes de la gauche radicale qui tentent de déconstruire les normes sociales traditionnelles et d’imposer leur perspective marginale à tout le monde, y compris en nous forçant à changer notre façon de parler ».



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Re: News Canada

Message non lu par yacoub » mer. 22 févr. 2017 10:54

Le Canada songe à interdire toute critique de l'islam



Par Ludovic Hirtzmann Mis à jour le 21/02/2017 à 18:57 Publié le 21/02/2017 à 18:54

Manifestation contre l'islamophobie et le décret de Donald Trump interdisant l'entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays musulmans, le 4 février à Toronto.

Trois semaines après l'attentat contre la mosquée de Québec, le gouvernement débat d'une motion contre l'islamophobie.

Montréal

Sera-t-il interdit de critiquer l'islam dans les rues de Toronto? Poser un regard critique au Canada sur la religion musulmane entraînera-t-il à terme des poursuites criminelles? S'il est encore trop tôt pour le dire avant que la motion M-103 contre l'islamophobie ne soit votée le mois prochain, les parlementaires canadiens se déchirent à la Chambre des communes depuis la mi-février. Une députée musulmane du Parti libéral au pouvoir, Iqra Khalid, a déposé une motion contre «le racisme et la discrimination religieuse systémiques».

En vertu de ce texte, qui n'aura pas valeur de loi mais fera jurisprudence et que les libéraux ont promis de soutenir, seule la critique de la religion musulmane serait condamnable. La députée d'origine pakistanaise a ainsi libellé sa proposition: «Que, de l'avis de la Chambre, le gouvernement devrait: - reconnaître qu'il faille endiguer le climat de haine et de peur qui s'installe dans la population ; - condamner l'islamophobie…»

 «Haïr une ...



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Re: News Canada

Message non lu par yacoub » jeu. 2 mars 2017 17:56

Rouen : la condition des femmes à l’épreuve de l’islam politique
Benoît MARIN-CURTOUD

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Djemila Benhabib a reçu l’an dernier le prix de la liberté d’expression

Débat. Djemila Benhabib, essayiste installée au Québec, sera à la Halle aux Toiles, mercredi. Femmes et islam politique ne font pas bon ménage.

«On m’a empêché de parler. C’est la première fois que cela m’arrive. Je suis encore sous le choc », raconte Djemila Benhabib, universitaire, essayiste et journaliste née en Algérie et qui propose, mercredi à Rouen, une conférence intitulée « Féminisme et laïcité à l’épreuve de l’islam politique », à l’invitation du Créal 76 (Comité de réflexion et d’action laïque).

« Une attaque contre les droits des femmes »

L’affaire est symptomatique : dans le contexte de l’attentat perpétré à Québec contre une mosquée (six morts), l’intervention de l’essayiste à la maison de la littérature prévue demain a été annulée « sous la pression du centre islamique de Québec ». Pas de raison officielle, bien sûr, mais les prises de position de la conférencière sur l’islam politique et son entrisme dérangent à Québec.

« J’ai passé mon enfance en Algérie, dans une famille ouverte et cultivée », détaille-t-elle. Mais rapidement elle subit « l’endoctrinement » à l’école puis, dès 1984, dans la sphère de la famille via une loi. Les sanglantes années 90, « où on était à deux doigts de devenir un état islamique », ont mené la jeune femme en France puis à Québec. « Déjà en France, j’ai vu l’arrivée de cet islam méprisant les femmes, les détestant même. Au Canada, depuis le 11 septembre 2001, l’ambiance a changé. Les islamistes, comme partout ailleurs, infiltrent les institutions et instrumentalisent les migrants. Ils développent un discours victimaire pour exercer un chantage et obtenir des accommodements ».

« Accommodements » : ce mot désigne les dérogations qu’exigent et obtiennent les groupes religieux se sentant discriminés. Ainsi, une fillette dont la religion des parents interdit la musique peut porter un casque antibruit en cours, des employés peuvent ne pas travailler le vendredi ou certains jours de l’année. « Il n’y a pas de limite et ces accommodements sont souvent des attaques contre le droit des femmes, portent atteinte aux principes d’égalité entre les sexes et sur la séparation du politique et du religieux. Il n’y a plus d’individus, mais des communautés ». À l’inverse du modèle français républicain, souligne la conférencière.

« Féminisme et laïcité à l’épreuve de l’islam politique », mercredi 15 février, à 18 h, à la Halle aux Toiles, à Rouen.

Inscription obligatoire par courriel : creal76@creal76.fr avec le nom des participants pour des raisons de sécurité.
Benoît MARIN-CURTOUD



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Re: News Canada

Message non lu par yacoub » dim. 12 nov. 2017 15:24

La contestation de la loi 62 de quoi est-elle le symptôme?
Djemila Benhabib·jeudi 9 novembre 2017
Marie-Michelle Lacoste, une québécoise pure laine portant le voile intégral, parade ici et là dans les médias pour répéter ad nauseam que sa vie est devenue un cauchemar depuis l’adoption de la loi 62. Juste ça. Elle parle avec gourmandise du Québec comme d'un goulag. La niqabée, insiste. En rajoute. Elle vit, désormais, dans la terreur. Pauvre chouette! La voilà qui part, donc, en guerre contre le gouvernement. Épaulée dans sa missive judiciaire par un lobby intégriste bien connu, le Conseil national des musulmans ainsi que par l’Association canadienne des libertés civiles.
Fondamentalistes musulmans et “chartristes” se retrouvent unis (encore une fois) sous une même bannière partageant la même volonté de faire tomber la loi 62. Pour ces derniers, la liberté de religion est absolue. L'État qui la module en fonction d'autres paramètres est forcément coupable du pire. Attaquons-le!
La loi 62: le serpent se mord la queue
Le 18 octobre 2017, l'Assemblée nationale du Québec adoptait la loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État. Confuse et faible d'un point de vue conceptuel, sur le fond, la loi ne règle rien. L’injonction de donner et de recevoir des services publics à visage découvert, qui dépasse largement le seul cadre de la neutralité religieuse, se trouve nettement amoindrie par de ''possibles accommodements". Le serpent se mord la queue! On a là l'alpha et l'oméga d'un système, les accommodements raisonnables (religieux), totalement obsolète, puisque tout est toujours à recommencer. Quant à la laïcité, érigée en tabou, soumise à mille et une critiques, adjectivée, elle est finalement, jetée aux orties. Chut, pas un mot.
A qui cette mascarade judiciaire rend-elle justice?
A ces femmes? Aliénées d'une idéologie qu'il leur vole leur visage et les dépouille de leur humanité. Aux musulmans? Représentés comme les pires extrémistes. A notre société? appréhendée comme une addition d'individus sans lien les uns avec les autres. Aux yeux de ces jusqu’au-boutistes de la liberté de religion, le monde commun existe-t-il? A-t-il encore un sens ? L’individu n’est-il qu’un simple sujet de droit?
Depuis plusieurs années déjà, l'atomisation de notre société est programmée au nom de la suprématie des droits individuels avec comme toile de fond la mise en place d’un système multiculturaliste plus perméable à la reconnaissance des religions dans le domaine public. Bien entendu, le gouvernement actuel est le premier responsable de cette situation de blocage dans laquelle nous sommes.
En 2012, des Tunisiens résistaient déjà contre le voile intégral
Quand on pense au courage des Tunisiennes et des Tunisiens de l'université de la Manouba en 2012. Voilà un doyen, Habib Kazdaghli qui a pris l’initiative d'interdire le port du voile intégral pendant les examens et les cours sur son campus de la Manouba, appuyé par une écrasante majorité du corps professoral, des syndicats, des travailleurs et des étudiants. Tous ont résisté à la terrible brutalité des salafistes qui mettaient en avant des femmes intégralement voilées pour imposer leur diktat à la Tunisie des lumières. J'y étais. J'ai vu dans leurs yeux la peur. J’ai lu sur leur visage la détermination. Celle qui nous manque cruellement pour défendre nos fondamentaux. ''Ne nous laissez pas tomber'' , imploraient-ils.
Aujourd'hui, en revisitant cette histoire à la lumière de notre actualité, un drôle de sentiment m’habite. Ma question est simple. Le rôle de l’État est-il de satisfaire les caprices des croyants les plus exaltés ? Autrement dit, à long terme, notre démocratie est-elle condamnée à mourir compte tenu de cette puissance irrésistible des intégristes à la retourner contre elle-même et à notre trop grande tolérance à tolérer les intolérants?



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Message non lu par yacoub » jeu. 23 nov. 2017 17:02

Justin Trudeau veut aider les djihadistes à réintégrer la société


D'ailleurs, 60 de ces djihadistes sont déjà de retour au Canada. Les députés du Parti conservateur sont tombés des nues.
Justin Trudeau



Il y a quelques jours, on apprenait que le gouvernement du Canada parlait de « réintégrer » dans la société les djihadistes canadiens de l'État islamique. Lundi, à la Chambre des communes, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a réitéré cette position en expliquant qu'il fallait « aider les gens à se détacher des idéologies violentes ». Plus tard, il a répété que le gouvernement était là « pour les aider à laisser tomber cette idéologie terroriste » liée au groupe État islamique.

De tels propos n'ont pas manqué de faire réagir les députés du Parti conservateur. Son chef, Andrew Scheer, a demandé : « Pourquoi ce premier ministre a-t-il tant de difficulté à soutenir les victimes ? » Quant à la députée Michelle Rempel, elle s'est exclamée : « Ce qu'il aurait dû dire, c'est qu'on doit subir des conséquences lorsqu'on décide de combattre pour une secte sanguinaire terroriste. »

Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a tenté de prêter main-forte au premier ministre. Il a dit que « le SCRS, la GRC et l'ASFC portent une attention très particulière à toutes les personnes qui posent un danger pour la sécurité du Canada. » Il a souligné que « le gouvernement du Canada sait que 60 voyageurs extrémistes sont de retour au pays, et ceux-ci font l'objet d'enquêtes très serrées. »

Le député conservateur Pierre Paul-Hus a dit : « 60 combattants du groupe armé État islamique sont revenus au Canada, après avoir combattu nos soldats canadiens et nos alliés. C'est assez baveux, merci. » Puis, il a enchaîné : « Maintenant, le bureau du ministre nous dit que le retour des voyageurs terroristes étrangers et de leurs familles exige un soutien approprié en matière de désengagement et de réinsertion. C'est à ne plus rien comprendre. Est-ce que le ministre réalise que son travail est d'assurer la sécurité des Canadiens et non pas le confort de ces meurtriers ? »

M. Goodale a répondu que lorsque « des éléments de preuve montrent qu'une personne a commis des infractions à l'endroit du Canada, ces preuves servent à établir un dossier qui est soumis aux tribunaux. Lorsqu'il est possible d'intenter une poursuite, on le fait avec toute la sévérité qu'autorise la loi. »



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Re: News Canada

Message non lu par yacoub » sam. 24 févr. 2018 16:02

Justin Trudeau s’attaque à la haine envers l’islam


Des centaines des personnes ont bravé le froid dans la Vieille Capitale lundi soir pour prendre part à une veillée en hommage aux victimes de l’attentat.
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Des centaines des personnes ont bravé le froid dans la Vieille Capitale lundi soir pour prendre part à une veillée en hommage aux victimes de l’attentat.
Isabelle Porter
à Québec


La population doit se questionner sur son malaise avec le terme « islamophobie », croit le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui a profité de la commémoration de l’attentat à la grande mosquée de Québec, qui a rassemblé des centaines de personnes, pour lancer un appel à un examen de conscience sur le sujet.

« Pourquoi le mot islamophobie nous met mal à l’aise ? » s’est interrogé le premier ministre dans un bref discours. « On a tous peur parfois. Nous avons peur de l’inconnu, de l’étranger. Il faut passer au-delà de cela, mes amis, pour reconnaître nos propres faiblesses en tant que Québécois, en tant que Canadiens. Nos propres craintes, il ne faut pas faire semblant que ça n’existe pas. Il n’y a personne qui se plaint du mot homophobie […] Mais l’islamophobie, ça nous dérange. C’est une réflexion que nous allons devoir avoir en tant que société. Pourquoi ? Pourquoi ça dérange ? »
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Dans une allocution à la Chambre des communes, Justin Trudeau a exhorté tous les Canadiens à se dresser « contre l’islamophobie et contre toute forme de discrimination ».

Dans le même discours, M. Trudeau a aussi écorché le groupe identitaire La Meute. « C’est facile de condamner le racisme, l’intolérance, la discrimination… On sait c’est qui les racistes… C’est l’autre, ce sont les nonos qui se promènent avec des pattes de chiens sur leurs t-shirts », a-t-il lancé, ce qui lui a valu une salve d’applaudissements.

M. Trudeau, le premier ministre Philippe Couillard, le maire de Québec, Régis Labeaume, et de nombreux dignitaires prenaient tous part lundi soir à une cérémonie commémorant la tuerie qui a fait six morts au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) l’an dernier.

L’événement venait clore une longue fin de semaine de commémorations qui avait inclus une rencontre publique avec les familles des victimes à l’intérieur même du CCIQ.

L’anniversaire

Le rassemblement, qui s’est tenu par grand froid, visait aussi à rappeler celui qui avait réuni l’an dernier à pareille date 5000 personnes venues manifester leur solidarité envers les musulmans qui vivent à Québec.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Des participants à la veillée ont profité du rassemblement pour propager un message de paix et de tolérance.

Cette fois-ci, ils étaient plusieurs centaines à s’être réunis. Certains avaient apporté une immense banderole noire sur laquelle on pouvait lire « Ensemble contre la haine et le racisme ». On y avait aussi collé les photos de chacun des hommes tués l’an dernier.

À quelques pieds de là, Muriel Beaulieu sirotait un café avec sa soeur Monique. « C’est tellement terrible ce qui est arrivé l’année passée. […] L’an passé, je n’étais pas assez bien pour venir, alors cette année, je me reprends. »

Résidente du quartier, Mme Beaulieu a été pendant 15 ans la voisine de la famille de Khaled Belkacemi, qui est au nombre des défunts. « Je n’ai pas de mots pour dire comment ça m’a fait mal. »

Comme plusieurs, elle a été touchée par les messages positifs des familles des victimes, notamment les propos tenus dans les médias par Aymen Derbali, l’un des blessés, qui a survécu mais est resté lourdement handicapé. « Il a reçu six balles, dont une à la moelle épinière, et il a encore un discours serein ! Si on est le moindrement humain, il faut les supporter, leur dire qu’ils sont autant chez eux que nous. »

M. Derbali a d’ailleurs reçu des applaudissements particulièrement nourris quand il s’est présenté sur scène. Remerciant les gens pour leur soutien, il a dit vouloir à l’avenir sensibiliser les jeunes au vivre-ensemble parce qu’ils sont, a-t-il dit, l’avenir de la société.

Liens avec Polytechnique

Les organisateurs avaient aussi invité Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique, en 1989. « Je suis frappée par les nombreuses similarités qui nous rapprochent », a-t-elle dit en soulignant l’esprit de solidarité et de dignité des représentants des familles et du Centre culturel islamique de Québec. « Je suis chavirée parce que vous avez raconté, partagé », a-t-elle dit en soulignant qu’elle avait mis beaucoup de temps à comprendre et à surmonter la tragédie.

Avant elle, plusieurs personnes s’étaient présentées au micro, dont deux veuves des victimes. « Je vous remercie du fond du cœur pour votre profonde solidarité », a déclaré Louiza Mohamed Said, épouse de feu Karim Hassane. « Depuis le jour du drame, vous ne pouvez imaginer à quel point toute cette sollicitude nous a aidés à surmonter notre immense peine. »

« Nous voulons lancer un message de paix et d’amour afin de vaincre la haine, le rejet et l’incompréhension », a lancé quant à elle la veuve de M. Belkacemi, Safia Hamoudi, au nom des autres femmes qui ont perdu leur mari l’an dernier. « Ces six hommes dont la vie a été prise étaient tous des hommes pacifiques venus chercher la paix dans ce beau pays, dans cette belle province. Collectivement, ne les oublions pas et faisons tout ce qui est possible pour que de telles tragédies ne se reproduisent jamais. »

Son fils, Amir, s’est quant à lui exprimé au nom des 17 orphelins de la tragédie. « C’est important pour chacun d’entre nous de faire des efforts pour se rapprocher, se connaître, se reconnaître, se dire bonjour dans la rue afin que plus jamais, plus jamais un 29 janvier n’arrive. […] Faites en sorte, s’il vous plaît, qu’on n’ait plus jamais besoin de le dire. »
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Des proches des victimes s’enlacent lors de la soirée commémorative à Québec.

La cérémonie a aussi été marquée par la prestation d’une chorale formée d’un groupe de réfugiés. Réunis dans le cadre d’un projet interculturel piloté par l’Université Laval, ils ont interprété une chanson intitulée La langue de nos âmes.

« Chantons ensemble la langue de nos âmes/Chantons ensemble, célébrons nos différences/Pour apaiser la douleur/À la chaleur du coeur. »

Les organisateurs de l’événement avaient aussi intégré au montage vidéo l’extrait « Ma maison, c’est votre maison » de la chanson Mon pays, de Gilles Vigneault.




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