Happy Birthday Israël !!

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Lilith
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Re: Happy Birthday Israël !!

Message non lu par Lilith » dim. 3 juin 2012 09:35

Dernier message de la page précédente :

sofasurfer a écrit :C'est simplement une dénonciation légitime d'un état illégitime... imagine que des étrangers débarquent chez toi par ce que, selon eux, c'était la maison de leurs ancêtres puis te chassent parce que tu as essayé de résister au squattage de ta maison, tu penses que les squatteurs ont ils raisons ou tort?

Israel a été fondée par une bande de voyous squatteurs, racistes, soutenant l'apartheid, l'esclavage, la déportation, le génocide, le fascisme et la violence
Cites-moi un pays qui a été fondé sur des bases de tolérance et d'amour du prochain. une civilisation qui a été édifiée sur des principes moraux irréprochables...
sofasurfer a écrit : La preuve par les déclarations du principal fondateur dr'Israel :

David Ben-Gourion, le créateur de l'Etat d'Israel en 1948, fut l'un des leaders les plus importants du mouvement Sioniste du siècle dernier. Il a établi la capacité militaire juive (Haganah), et en 1948, il a créé l'Etat d'Israel et a lu sa déclaration.
De 1948 Ã 1963 (sauf pendant une courte période), il fut Premier Ministre et Ministre de la Défense.
J'ai rassemblé ci-dessous quelques citations de Ben-Gourion en espérant que cela nous aidera à comprendre ce qu'il pensait et ce qu'il croyait.

"Si j'étais un leader Arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l'a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n'est pas le leur.
Il y a eu l'antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était ce leur faute ? Ils ne voient qu'une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient t-ils accepter cela ?
là, on est, comme d'habitude chez les humains, sur des déclarations subjectives... "Dieu nous a promis cette terre", "Nous avons volé leur terre", etc... dans ce cas, remontons un peu l'histoire, et on verra que cette "terre" a été bien autre chose qu'arabo-musulmane. donc, même si je n'adhère pas à cette histoire de Dieu qui donne des terres (alors qu'il pourrait filer des planètes, mais c'est un gros radin), il faut reconnaitre que les juifs ont habité cette terre bien avant les palestiniens...
sofasurfer a écrit : David Ben-Gourion (le 1er Premier Ministre israélien) : Cité par Nahum Goldmann dans "le Paradoxe Juif", page 121

"Ne nous cachons pas la vérité…. Politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent. Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. Derrière le terrorisme (des Arabes) il y a un mouvement qui bien que primitif n'est pas dénué d'idéalisme et d'auto-sacrifice."
David Ben-Gourion : Cité page 91 du Triangle Fatidique de Chomsky qui est paru le livre de Simha Flapan "Le Sionisme et les Palestiniens" – page 141-2, citant un discours de 1938.

"Nous devons tout faire pour nous assurer qu'ils (les Palestiniens" ne reviendront jamais."
David Ben-Gourion, dans son journal, 18 Juillet 1948, cité dans le livre de Michael Bar Zohar : "Ben-Gourion : le Prophète Armé", Prentice-Hall, 1967, p. 157.

Ben Gourion prévenait également en 1948 : En assurant à ses copains Sionistes que les palestiniens ne reviendraient jamais dans leurs maisons : "Les vieux mourront et les jeunes oublieront."
évidemment qu'ils vont tenir ce genre de discours, tu as vu les dates?

sofasurfer a écrit : Nous devrions nous préparer à lancer l’offensive. Notre but est d’écraser le Liban, la Transjordanie (Jordanie) et la Syrie. Le point faible c’est le Liban, car le régime musulman y est artificiel et il nous sera facile de le miner.
Nous y établirons un Etat chrétien, puis nous écraserons la Légion Arabe, nous éliminerons la Transjordanie (Jordanie); la Syrie tombera entre nos mains. Nous bombardons alors et avancerons pour prendre Port-Saïd, Alexandrie et le Sinaï." (50)
David Ben-Gourion, mai 1948, au Chef d'Etat-Major. De Ben-Gourion, une Biographie, par Michael Ben-Zohar, Delacorte, New York 1978.
eh ben c'est raté... parce qu'à part les guerres civiles qui desservent Israel, je ne vois pas ce que ça a pu leur apporter...

sofasurfer a écrit : "Si je savais qu'il était possible de sauver tous les enfants d'Allemagne en les emmenant en Angleterre, et seulement la moitié en les transférant sur la terre d'Israël, je choisirais la dernière solution parce que, devant nous, il n'y a pas que le nombre de ces enfants mais la calcul historique du peuple d'Israël."
Ben-Gourion (Cité pages 855-56 du Shabtai Teveth de Ben-Gurion dans une version légèrement différente).

"Il ne s'agit pas de maintenir un statu-quo. Nous devons créer un Etat dynamique, orienté vers l'expansion." - Ben Gourion

"Chaque écolier sait qu'il n'y a pas de chose de ce genre dans l'histoire en tant qu'arrangement final : pas en ce qui concerne le régime, pas en ce qui concerne des frontières, et pas en ce qui concerne des accords internationaux."
Ben Gourion, Journal de guerre, 12/03/1947 suite à l'acceptation par Israël du Plan de partition des Nations-Unies du 29 novembre 1947 (Simha Flapan, "Naissance d'Israël," p.13)

"Nous marchions dehors, Ben-Gourion nous accompagnait. Allon a répété sa question : "Que doit-on faire avec la population palestinienne ?" ‘Ben-Gourion a agité la main dans un geste qui disait : "Conduisez-les dehors!"
Yitzhak Rabin, version censurée des Mémoires de Rabin, publiée dans le New York Times, 23 octobre 1979.

Partition : "Après la formation d'une grande armée à la suite de l'établissement de l'Etat, nous abolirons la partition et nous nous étendrons sur l'ensemble de la Palestine"
Ben Gourion, p.22 "La Naissance d'Israël, 1987" Simha Flapan.


"L'acceptation de la partition ne nous engage pas à renoncer à la Cisjordanie . On ne demande pas à quelqu'un de renoncer à sa vision. Nous accepterons un état dans les frontières fixées aujourd'hui -- mais les frontières des aspirations Sionistes sont les affaires des Juifs et aucun facteur externe ne pourra les limiter."
p.53, " La Naissance d'Israël, 1987" Simha Flapan


En octobre 1936, au cours de la réunion de l'exécutif de l'Agence Juive, plaidant pour une politique du transfert, Ben-Gourion a dit : "Nous ne sommes pas un Etat et la Grande-Bretagne ne le fera pas pour nous..." bien que "il n'y ait rien de mal dans l'idée."
Il a continué :

"s'il était permis de déplacer un Arabe de Galilée vers la Judée, pourquoi est-il impossible de déplacer un Arabe d'Hebron vers la TransJordanie (Jordanie), qui est bien plus proche ? Il y a de vastes étendues de terres là -bas et nous sommes surpeuplés....Même la Haute Commission est d'accord sur un transfert vers la Transjordanie (Jordanie) si nous dotons les paysans de terre et d'argent. Si la Commission Peel et le gouvernement de Londres acceptent, nous enlèverons de l'agenda le problème de la terre."
mais tu reproches à ces gens (que je ne cautionne pas) de réagir comme tous les conquérants... c'est à dire comme la grande majorité des humains.
sofasurfer a écrit : Les Arabes, affirmait Ben-Gourion, ne deviendront pas sans terre en raison de l'acquisition Sioniste de la terre; ils seront transférés en Transjordanie (Jordanie).

Le 29 octobre 1936, les 21 membres de l'exécutif de l'Agence Juive ont approuvé la proposition d'un transfert des fermiers Arabes déplacés vers laTransjordanie (Jordanie). Seuls deux des quatre membres Non-Sionistes ont choisi la dissidence.
Flapan, "Le Sionisme et les Palestiniens", citant les protocoles de la reunion de l'Exécutif, p. 261

Le 12 juillet 1937, Ben-Gourion écrit dans son journal :

"Le transfert forcé des Arabes des vallées de l'Etat Juif proposé pourrait nous donner quelque chose que nous n'avons jamais eue, même lorsque nous y étions nous-mêmes à l'époque du Premier et du Second Temple"
une Galilée affranchie de sa population Arabe
il est peut etre là le point clé. et je me rappelle d'une rencontre au lycée avec des élèves israéliennes qui me disaient "mais pourquoi les arabes ne vont pas dans chez leurs freres? pourquoi ils ne nous laissent pas ce petit bout de terre?"

la réponse étant peut etre parce que ce ne sont pas des arabes, mais des arabisés. seulement voilà, du machrek au maghreb, nous sommes vus comme des "arabes", sans aucune distinction. c'est schizophrène. alors le jour où les palestiniens se forgeront une identité propre, alors, on pourra peut etre commencer à y voir plus clair.
sofasurfer a écrit : Ben-Gourion est allé jusqu'à écrire : “Nous devons nous préparer à le faire” le transfert (emphase dans l'original)

Le 27 Juillet 1937, Ben-Gourion écrivait dans une lettre à son fils, Amos, âgé de 16 ans :

"Nous avons n'avons jamais voulu déposséder les Arabes [ mais ] parce que la Grande-Bretagne leur donne une partie du pays qui nous a été promis, il est juste que les Arabes de notre Etat soient transférés vers la partie Arabe"


Le 5 octobre 1937, Ben-Gourion écrivait dans une lettre à son fils, Amos, âgé de 16 ans :

"Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place.... Et, si nous devons utiliser la force -non pas pour déposséder les Arabes du Negev et de la Transjordanie, mais pour garantir notre propre droit à nous installer dans ces lieux - puis nous avons la force à notre disposition."

"il est très possible que les Arabes des pays voisins viendront les aider contre nous. Mais notre force sera supérieure à la leur. Non seulement parce que nous serons mieux organisés et mieux équipés, mais parce que derrière nous, il y a une plus grande force encore, supérieure en quantité et en qualité... l'ensemble de la génération plus jeune des Juifs d'Europe et d'Amérique."
Ben-Gourion, Zichronot [Mémoires], Vol. 4, p.297-299, p. 330-331.
Voir également : Teveth, Ben-Gourion et les Palestiniens Arabes, p. 182-189
oui bon, il dit tout et son contraire, en plus tu bases tout ton argumentaire uniquement sur l'idéologie de 2 types, qui certainement ne sont plus représentatifs de ce que pensent les israéliens d'aujourd'hui.
sofasurfer a écrit : Ben-Gourion dans un discours au Comité Central de la Histadrut le 30 décembre 1947 :

Dans le secteur assigné à l'Etat Juif, il n'y a pas plus de 520.000 juifs et environ 350.000 Non-Juifs, en grande partie des Arabes. Avec les Juifs de Jérusalem, la population totale de l'Etat Juif à l'époque de son établissement sera d'environ un million, incluant presque 40% de Non-Juifs.
Une telle composition (de la population) ne fournit pas une base stable pour un Etat Juif. Ce fait (démographique) doit être vu dans toute sa clarté et avec finesse. Avec une telle composition de (population), il ne peut même pas y avoir de certitude absolue que le contrêle restera entre les mains de la majorité juive.... Il ne peut y avoir aucun Etat Juif stable et fort sans majorité juive d'au moins 60%.


Le 6 février 1948, pendant un Conseil du parti du Mapai, Ben-Gourion a répondu à une remarque d'un membre de l'assistance que : "Nous n'y avons aucune terre" (dans les collines et les montagnes à l'ouest de Jérusalem) en disant :

"La guerre nous donnera la terre. Les concepts de "nêtre" et de "pas à nous" sont des concepts de paix, seulement, et en temps de guerre, ils perdent leur signification entière "
(Ben-Gourion, Journal intime De Guerre, Vol. 1, date d'entrée le 6 février 1948. p.211)


En s'adressant le jour suivant au Conseil du Mapai, Ben-Gourion a déclaré :

"Depuis votre entrée dans Jérusalem, par Lifta, Romema... il n'y a aucun Arabe. 100% de Juifs. Depuis que Jérusalem a été détruit par les Romains, elle n'a jamais été aussi si Juive. Dans beaucoup de quartiers Arabes de l'ouest, on ne voit pas un seul Arabe. Je ne suppose pas que cela changera... Ce qui s'est passé Ã Jérusalem... est susceptible de se produire dans beaucoup de régions du pays... dans les six, huit ou dix mois de la campagne, il y aura certainement de grands changements dans la composition de la population du pays."
(Ben-Gourion, Journal intime De Guerre, Vol. 1, date d'entrée le 7 Février 1948. p. 210-211)


Et deux mois plus tard, alors que Ben-Gourion parlait au Comité d'Actions Sionistes, le 6 avril, Ben-Gourion a déclaré :

"Nous ne pourrons pas gagner la guerre si, pendant la guerre, nous ne peuplons pas le pays de bas en haut, l'est et l'ouest de la Galilee, le Neguev et le secteur de Jérusalem....Je crois que la guerre apportera également dans son sillage un grand changement dans la répartition de la population Arabe."
[Ben-Gourion, Behilahem Yisrael, Tel Aviv, Mapai Press, 1952, pp. 86-87]

Ben-Gourion a écrit dans son journal intime le 12 juillet 1937 :

"Le transfert forcé des Arabes des vallées de l'Etat Juif prévu.... Nous devons coller à cette conclusion de la même manière que nous avons saisi la Déclaration de Balfour, encore plus que ça, de la même manière que nous avons saisi le Sionisme lui-même."
(Ben-Gourion, Zichronot [Mémoires], Vol. 4, p. 299)
il y a quand meme quelque chose qu'il faut reconnaitre aux israéliens, c'est qu'ils ont "intégrés" des "arabes", en leur donnant une nationalité, une place dans leur société, si peu enviable soit-elle. dans quel pays arabe, cela se fait?

alors j'aimerai bien que tu regardes les choses avec un peu plus de recul et que tu n'oublies pas que même en Israel, il y a des gens qui sont en désaccord avec la manière avec laquelle Israel a été établi et qui essaient de militer pour la paix et améliorer la vie des palestiniens dans les camps.

bref, c'est un débat assez passionnel quand même, et le problème c'est qu'il y eu tellement de morts d'un côté comme de l'autre que je ne vois meme pas comment on va réussir à les apaiser. cependant, du c^poté palestinien, il y a le "cancer" hamas qui détruit la population, peut etre plus que l'état israélien ne le fait.




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sofasurfer
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Re: Happy Birthday Israël !!

Message non lu par sofasurfer » dim. 3 juin 2012 23:30

Hamas a été elu démocratiquement par gaza, et ce cancer est le résultat de 60 ans d’oppression israelienne envers les arabes vivant sur cette terre.De manière globale l’islamisme grimpant dans le monde musulman, qui a des répercutions en Europe, a pour cause l'état d’Israël. Sans celui ci, l'islamisme radical ne serait réduite qu'à une poignée de pauvres malheureux...

Je ne denonce pas les gens, je dénonce les politique menées par Israël depuis a création... Actuellement, le likoud associé a l’extrême droite a pour objectif de chasser les arabes des territoires, la paix ce n'est pas pour demain...

Des pays musulmans ayant intégré des juifs, il y en a, notamment l'Iran soit disant honni par Israel... La communauté juive iranienne vit en paix et bénéficie même d'un statut de protection vis a vis d'éventuels éléments qui voudraient commettre un crime antisémite...

J’aimerais bien voir le rapport de force s'inverser et que Israel disparaisse, ca fera une plaie en moins sur cette terre... Mais les pays voisins sont encore trop divisés pour parvenir a cet objectif.


Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles

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Lilith
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Re: Happy Birthday Israël !!

Message non lu par Lilith » lun. 4 juin 2012 18:14

tu plaisantes ou quoi? élus démocratiquement? avec la sape qu'ils ont fait pour que les gens votent pour eux, plus par crainte que par conviction?

de plus, tu me cites l'Iran, qui est un pays très particulier et en plus, qui n'est pas un pays arabe...

quels que soient les torts des gouvernements israéliens et des politiques menées, ils n'arriveront pas à faire pire que les arabes. ils protestent pour la forme, mais commettent des exactions, pleurent sur le sort des palestiniens, mais ne s'offusquent pas de celui des kurdes (pays occupé depuis des siècles par 4 états arabo-musulmans), ils se plaignent de la politique américaine, mais dès qu'ils peuvent lécher les fesses des ricains, ils sortent la "super langue"...

franchement sofa, il est temps que les arabes balayent devant leur porte avant de dénoncer la merde qui s'accumule devant les portes des autres...



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yacoub
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Re: Happy Birthday Israël !!

Message non lu par yacoub » mer. 25 avr. 2018 15:00

Deux ou trois choses à savoir sur la naissance d'Israël
VIDÉO. À quelques jours des 70 ans de l'État d'Israël, un documentaire, mardi sur Arte, et un livre éclairent quelques points méconnus de son histoire.
Par François-Guillaume Lorrain
Modifié le 24/04/2018 à 16:15 - Publié le 24/04/2018 à 12:04 | Le Point.fr

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Des Juifs combattants en 1948.


Le documentaire en deux parties sur l'histoire d'Israël, signé William Karel et Blanche Finger, Une terre deux fois promise (Arte) est à regarder en parallèle avec un ouvrage très complet, Histoire d'Israël, que Michel Abitbol publie ces jours-ci aux éditions Perrin. Parmi la profusion d'informations, disséminées dans le documentaire et le livre, en voici quelques-unes qu'il nous semble bon de développer.
Ces Juifs qui ne veulent pas d'un État d'Israël

Il y a d'abord cette hostilité de nombreux Juifs au projet initial, politique, d'une terre juive de Theodor Herzl. Ce journaliste autrichien avait été sensibilisé à l'antisémitisme à Vienne, mais le découvre vraiment à Paris en tant que correspondant de Die Neue Freie Presse lorsque l'affaire Dreyfus éclate en 1894. Cette fois-ci, il ne s'agit plus seulement des pogroms de Russie qui s'en prennent aux populations miséreuses depuis 1881, mais d'un pays démocratique, républicain, où les Juifs assimilés de la bourgeoisie sont visés. Germanisé, admirateur de la culture allemande, Herzl n'a qu'une vision très floue de la Palestine et ne professe aucun idéal d'une terre promise, à la différence de certains autres sionistes. Il ne conçoit l'idée nationaliste d'un État juif qu'en creux, par dépit, pour que les Juifs échappent à l'antisémitisme.

La réflexion est la suivante : à la fin de ce XIXe siècle où l'idée de nation s'est imposée, un peuple sans terre, sans État, est naturellement la proie des autres nations, il est le fantôme minoritaire à qui l'on s'en prend. « Le peuple élu de la haine universelle », écrit Léon Pinsker, juif russe qui écrivit dès 1882 un des textes fondateurs du sionisme et créa l'organisation Les Amants de Sion. C'est à la même époque, en 1885, qu'un écrivain juif de Vienne, Nathan Birnbaum, forge le terme de sionisme. « Le Juif est considéré par les indigènes sédentaires comme un clochard, par les gens aisés comme un mendiant, par les pauvres gens comme un exploiteur millionnaire », écrivait Pinsker. Cette haine qui marque la faillite des idéaux des Lumières est centrale dans la décision de Herzl de prendre en main le destin des Juifs qui doivent se trouver « une terre à eux » plutôt que de se laisser enfermer dans de nouveaux ghettos.

Mais il se heurte à plusieurs types d'opposition. Premier adversaire, les bourgeois libéraux qui prônent une assimilation complète, une dissolution de l'identité juive dans les pays où les Juifs sont installés. Pas question pour eux de quitter ce qu'ils considèrent comme leur terre. Par ailleurs, certains Juifs russes, collectivistes, imprégnés des idées marxistes, considèrent ce projet comme une énième émanation de l'esprit colonialiste où les Juifs iraient exploiter la terre des Arabes. Enfin, les rabbins sont farouchement contre ce retour dans la patrie historique. C'est Dieu qui a voulu la diaspora, seul Dieu peut mettre un terme à celle-ci, et non les hommes, qui commettent un grave péché en imaginant un État juif. Mais l'intention de Herzl, avec le premier congrès sioniste de Bâle en 1897, est d'écarter les religieux de la sphère politique pour que s'opère cette reprise en main active de leur sort par les Juifs.
Le mythe d'une terre déserte

« Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » : c'est la formule qui va s'imposer dans les premières années du XXe siècle pour justifier le droit des Juifs de prendre possession de la Palestine en rachetant des terres à des propriétaires ottomans qui n'habitent pas toujours sur place et les louent à des paysans palestiniens. Ces derniers apprennent ainsi du jour au lendemain qu'ils doivent partir, ce qui va provoquer les premières frictions entre Juifs et Arabes en 1909. Mais, dès 1899, le maire arabe de la Ville sainte s'inquiète : « La réalité est que la Palestine fait maintenant partie intégrante de l'Empire ottoman et, ce qui est plus grave, elle est habitée par d'autres que des Israélites. » Réalité géopolitique que des Juifs rappellent eux-mêmes avec ironie comme Itzhak Epstein : « Seule une question négligeable nous a échappé : dans cette terre, qui est notre patrie bien-aimée, vit tout un peuple qui y est établi depuis des siècles et qui n'a jamais songé à la quitter. »

Herzl, qui ne se rendra qu'une seule fois en Palestine avant sa mort en 1904, promeut une vision idyllique d'une terre pacifiste où tous les peuples vivraient en bonne intelligence, mais sous l'influence d'une culture juive européenne. Car il n'a qu'une vision très imprécise du judaïsme en Palestine où l'hébreu, après sa réforme, s'est imposé comme la langue commune au détriment du yiddish. Cette vision quasi biblique d'une terre de désolation que les Juifs, revenus vers leur ancienne activité d'agriculteurs, seraient chargés de faire fructifier est évidemment un mensonge. Mais un mensonge tenace chargé d'occulter la présence des Arabes.
Le livre blanc de 1939

Symptomatique des luttes israélo-arabes à venir et du dialogue de sourds, la première conférence qui les réunit date de mars 1939, lors de la table ronde dite de Saint-James. Les Britanniques, inquiets de voir dériver les Palestiniens vers l'Allemagne sous l'influence du grand mufti de Jérusalem, antisémite notoire, tentent une mission de bons offices dans cette terre sur laquelle ils exercent un mandat mais qui est à feu et à sang depuis les émeutes arabes de 1936. Les attentats se succèdent des deux côtés. Or, à Londres, Juifs et Palestiniens refusent de se saluer, Macdonald, le ministre des Colonies, est obligé d'aller d'une salle à l'autre pour mener les négociations qui durent sept semaines.

Le dernier plan britannique, dit Peel, prévoyait un partage de la Palestine en deux États, l'un arabe, couvrant 75 % du territoire, l'autre juif. Ben Gourion et Weizmann, du côté juif, avaient donné leur accord ; les Palestiniens, sous l'influence du mufti, avaient refusé. Le livre blanc, qui sera le résultat de la conférence de Saint-James, sera bien plus défavorable aux Juifs. Il préconise la création d'un État palestinien où les Juifs ne seraient plus qu'une minorité intégrée, inférieure à un tiers de la population totale, avec une immigration contrôlée par les Arabes. Les Palestiniens ne veulent pas de cette solution qui leur est pourtant favorable. Quant aux Juifs, ils sont furieux, mais, lorsque la guerre éclate, faisant prévaloir la menace de Rommel qui pèse sur la Palestine, ils acceptent de former une brigade juive au sein de l'armée anglaise : « Il faut lutter du côté des Britanniques dans leur guerre contre Hitler comme si le livre blanc n'existait pas. » Une expérience militaire qui sera vitale lorsqu'en 1948 il s'agira de transformer la Haganah et surtout l'Irgoun, spécialisée dans la guérilla anti-britannique, en une véritable armée pour contrer les forces arabes lors de la première guerre israélo-arabe.

Le même échec pour faire dialoguer Juifs et Palestiniens se répétera fin 1946, lorsque les Anglais proposèrent, en vain, un nouveau plan, ce qui les incita à soumettre le problème aux Nations unies.
La résolution de l'ONU du 29 novembre 1947

Abba Eban, ce nom ne dit plus grand-chose. C'est pourtant sur lui que s'ouvre brièvement le long documentaire de Karel et Finger. Officier du comité de liaison des Nations unies pour la Palestine, il est la cheville ouvrière du futur État juif qui tente de convaincre le maximum des 56 États composant alors l'assemblée internationale de voter pour un partage de la Palestine en deux États ainsi que l'internationalisation de Jérusalem. La partie est loin d'être gagnée et Eban, né en Afrique du Sud, pur produit du judaïsme britannique, qui a fait ses études à Cambridge, orateur hors pair, se démène pour faire pencher la balance.

Il a le soutien des États-Unis, qui entendent remplacer la Grande-Bretagne au Moyen-Orient et s'affirmer comme le protecteur du nouvel État. Mais les Juifs reçoivent aussi l'appui, plus étonnant en apparence, des Russes, qui s'apprêtent à mener une politique antisémite chez eux. C'est sans compter sur leur pragmatisme politique. Puisque les Juifs luttent farouchement contre les Anglais pour les inciter à déguerpir au plus vite, ils affaiblissent le camp occidental à l'heure où la guerre froide a déjà débuté. Par ailleurs, les Soviétiques espèrent eux aussi tirer leur épingle du jeu au Proche-Orient et la Tchécoslovaquie sera le principal fournisseur d'armes d'Israël en 1948 lors de la première guerre israélo-arabe, des armes payées grâce à la tournée de Golda Meir en Amérique afin de lever des fonds.

Pour que la cause de l'État juif triomphe, les États-Unis ne reculent devant aucun expédient. Ils promettent des prêts très avantageux à des pays tels que Haïti ou les Philippines. Ils reculent aussi le jour du scrutin à New York au 29 novembre, prétextant Thanksgiving pour gagner du temps et persuader le maximum de votants. La France avait l'intention de s'abstenir, mais Weizmann, qui avait tant fait en 1917 pour obtenir des Anglais la déclaration Balfour et la promesse d'un foyer national juif, écrit une lettre décisive à Léon Blum : « La France peut-elle s'abstenir dans un moment qui restera dans l'histoire de l'humanité ? » Sur l'activité d'Abba Eban, nous reviendrons plus en détail dans quelques jours, sur la base de ses Mémoires, publiés en France en 1979.

Les réparations allemandes à Israël


Au tout début des années 50, Israël est au bord de la faillite économique. Étranglé par l'afflux massif et désordonné de Juifs venus du monde entier – le résultat de la politique controversée de Ben Gourion qui entend opposer le maximum d'Israëliens aux pays arabes voisins –, le pays saisit au vol la proposition des quatre puissances alliées victorieuses de mettre fin à l'état de guerre avec l'Allemagne. Israël accepte à condition qu'une réparation économique lui soit versée qui compense symboliquement le massacre de 6 millions de Juifs et le coût de l'installation de 500 000 personnes déplacées venues d'Europe en Israël après 1945. Au départ, les Israëliens refusent de négocier avec Bonn et espèrent que les alliés s'en chargeront pour eux. Ceux-ci refusent. Israël se voit obligé de discuter directement avec l'ancien bourreau via Nahum Goldmann, le président du Congrès juif mondial. Une somme d'un milliard de marks est demandée à la RFA et de 500 millions à la RDA. Celle-ci ne répondra jamais à cette réclamation.

Finalement, dans une relative indifférence en Allemagne, mais après de nombreuses protestations en Israël où certains refusent ce qu'ils appellent « le prix du sang » (500 marks par Juif massacré), Bonn versera 3 milliards de marks sur douze annuités et sous la forme, majoritairement, de dons de matériels. Sans que la presse en soit avisée, le traité sera signé à Luxembourg en septembre 1952 entre le chancelier Konrad Adenauer et le ministre des Affaires étrangères, Moshe Sharett, qui refusa de lui serrer la main. Mais les relations étaient rétablies entre les deux pays et, aussi gênant que cela puisse sembler, Israël dut en partie son salut économique à la RFA.


À voir : Une terre deux fois promise, Arte, mardi 24 avril à 20 h 50, de William Karel et Blanche Finger. Également, Terres d'Israël, un portrait du pays vu par ses écrivains, de William Karel, mercredi 25 avril sur Arte.

Image
Histoire d'Israël, Michel Abitbol, Perrin, 800 pages, 26 avril 2018.
© DR
À lire: Histoire d'Israël, de Michel Abitbol (800 pages, éditions Perrin). Et aussi : les Guerres d'Israël, de David Elkaïm (éditions Tallandier).




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