Merci Brahim et Alain !
J’ai réfléchi à ce que vous savez dit, et je pense que vous avez mis le doigt sur quelque chose qui nous touche particulièrement : le droit d’être d’un autre avis que les religions, de l’exprimer et de critiquer leurs idées.
Contre ce droit se trouvent différents genres de croyants. Mais ceux-ci ont, je crois, un point commun qui est qu’ils sont convaincus de posséder l’unique vérité et convaincu que les autres ont tort. Je les nommerais des
croyants « exclusifs », car ils pensent avoir l’exclusivité de la vérité et en excluent les autres (

j’ai pas trouvé mieux comme adjectif, si vous avez une proposition, je suis preuneur).
Et souvent, ces croyants sont
prosélytistes : ils déploient un zèle à convaincre les autres, en émettant des idées, pour qu’ils se convertissent à leur croyance. Mais cela fait parti de la liberté d’expression et je crois qu’il faut le tolérer tant que cela ne va pas à l’encontre des libertés des autres.
Mais entre être convaincu que les autres ont tort et passer à un acte liberticide pour forcer les autres à adhérer à leur croyance, il y a une très grande différence. Ils ont naturellement la liberté de penser et d’exprimer ce qu’ils veulent (tant que les propos ne menacent pas les personnes elles-mêmes), mais n’ont pas le droit de bafouer celle des autres.
Parmi ceux qui refusent cette liberté d’expression et de critique des idées, je distinguerais déjà deux genres de personnes :
-
les croyants théocratiques : personnes cherchant à soumettre les pouvoirs politiques (exécutif, législatif, judiciaire…) d’un Etat à leur croyance et à la morale qui y est rattachée (LEUR notion du bien et du mal).
Ces croyants refusent le droit aux autres groupes d’être administrés par un Etat prenant en compte les valeurs et les intérêts de tous (Un Etat aux fondements chrétiens peut refuser la liberté d’expression à une communauté musulmane ou athée, ça s’est déjà vu !). Ces croyants « théocratiques » refusent l’Etat républicain, cette « chose » de « tous » au sens étymologique, qui doit idéalement appliquer des « règles du jeu » reconnues par TOUS les habitants d’un pays (pourvu qu’ils soient suffisamment tolérants, ouverts à l’intérêt général) afin d’assurer les libertés de manière égalitaire.
Vous remarquerez que je n’utilise pas le terme « laïc » pour un tel Etat, car il est synonyme pour moi de « républicain », mais cela n’engage que moi (laïc vient de laos: le peuple en grec ancien)
- les
croyants « expansionnistes » (

là aussi, j’ai pas trouvé d’adjectif correct), je m’explique : ceux-là peuvent s’accommoder d’un Etat républicain, car ce n’est pas ce qui les préoccupe. Ils cherchent en effet à convertir les personnes qui les entourent par des moyens injustes (« juste » et « injuste » sont des termes réservés à ces « règles du jeu » reconnues par tous donc légitimes, alors que « bien » et « mal » sont réservés à la morale relative à un groupe de croyants). Ils imposent leur religion et leur morale par la violence au niveau de la société, et non de l’Etat. Cela peut aller de la simple menace verbale contre une personne, au crime le plus ignoble : meurtre, torture…
Remarque : dans « croyants » j’inclus aussi les athées (et les humanistes, libres penseurs, anti-clericaux, etc…) il faudrait alors remplacer « théocratiques » par quelque chose d’autre exprimant la soumission de la politique aux idéaux athéistes.
Je crois qu’il reste plein de distinctions à faire, suivant quelle liberté refuse un croyant à ses dissidents et ses contradicteurs, suivant quelle liberté une communauté de croyants refuse à ses propres membres (ce qui est intolérable lorsque cette absence de liberté va à l’encontre des droits de l’homme, par exemple).
Bref, y a du boulot!