rawbrol a écrit :Voici en gros les éléments qui pour Mr Bourdieu peuvent clairement définir un clivage entre la droite à la gauche.
Etre de droite, signifie :
- être pour la pérennité d'un ordre établi
- être autoritaire
- être sectaire
- terrorisé les autres grâce à une position de chef
- se targuer d'avoir toujours raison face aux subalternes
- aimer le pouvoir, avoir un tempérament de chef
- prendre des positions de pouvoirs, d'importance sociales
Ces caractéristiques, on les trouve aussi bien à gauche qu’à droite. Elles sont propres à tout corps constitué désireux de conserver ses privilèges. Elles ne reflètent pas du tout un clivage gauche / droite, mais plutôt la position, respectable en soi, d’un anarchiste.
Quant à ce que tu as développé après, ça m’a fait doucement sourire.
- Les chefs :
Un bateau n’a-t-il pas besoin d’un capitaine ? un avion d’un pilote ? un chantier de génie civil d’un ingénieur en chef ? un élève d’un maître ?
- L’élite :
Je ne vois pas comment la "masse" dont tu parles pourrait évoluer sans élites (économiques, scientifiques, artistiques, littéraires, politiques, etc.) Elites qui incarnent les aspirations de cette masse et, de ce fait, sont les plus aptes à concrétiser ses aspirations et à la faire évoluer.
Je traduis "masse" par peuple, ce qui me rappelle les discussions estudiantines de ma jeunesse quand mes camarades petits bourgeois marxisants se masturbaient le cerveau sur la sainteté du peuple et sur les vertus populaires. Dans le pays du Maghreb où je suis né, le peuple est la composante la plus réactionnaire de la société : il demeure attaché - tel une bernique à son rocher - à une religiosité singulièrement obscurantiste, à la servitude des femmes, à l’esclavagisme des enfants et, de manière plus générale, aux valeurs les plus rétrogrades qui soient. Ce peuple, victime à bien des égards mais aussi bourreau impitoyable, je le vomissais.
D’un autre côté, il est indéniable que les élites peuvent se compromettre, se montrer opportunistes, trahir. Mais c’est un autre débat.
L’intérêt du système démocratique est qu’il permet l’émergence d’une contre-élite. L’espace y est relativement ouvert parce qu’il y a débat et le peuple a la possibilité de participer à ce débat – au moins par le vote qu’il exprime.
J’ai l’impression que tu te mêles les pinceaux en assimilant la droite au totalitarisme, sans le nommer. Grave confusion: le totalitarisme peut être aussi bien de droite comme de gauche. La dictature du prolétariat, qui est de gauche, n’a rien à envier à une dictature de type Pinochet, qui est de droite. Tu veux d’autres exemples ?
Balzac92