Mohamed Ali, mort d'une légende de la boxe
Par Guillaume Gendron — 4 juin 2016 à 06:33 (mis à jour à 06:54)
Mohamed Ali en 1966 à Chicago.
Mohamed Ali en 1966 à Chicago. Photo Thomas Hoepker. Magnum Photos
«The Greatest» est décédé à Phoenix à l'âge de 74 ans, terrassé par Parkinson. Vedette planétaire à la verve cinglante, Ali a révolutionné son sport et envahi les champs politique, médiatique et culturel.
Mohamed Ali, mort d'une légende de la boxe
Ding. Dernière reprise, l’arbitre à la grande faux arrête le combat. Ali s’en est allé. Celui qui se disait «si méchant qu’il rend la médecine malade» et ne s’était jamais écroulé avant le gong a dû se résoudre à la finitude des choses. Mais «The Greatest», le plus grand, dans sa deuxième vie d’ex-boxeur rongé par la maladie, s’est accroché. Longtemps. Au-delà de ce qu’on prétendait possible ou raisonnable. Comme il l’avait fait sur le ring à Manille, en 1975, au bout des 14 rounds les plus violents de l’histoire de la boxe face à l’ennemi juré Frazier; ou même dans la défaite, debout malgré sa mâchoire en vrac, en 1973 contre l’oublié Ken Norton. Plus longtemps en tout cas que ce que n’importe quel neurologue aurait prédit, puisque la médecine l’avait déjà enterré debout, le cerveau en miette, au début des années 80.
Hospitalisé à Phoenix (Arizona) depuis jeudi pour des «problèmes respiratoires» annoncés dans un premier temps comme relativement bénins, l’icône pugilistique a vu son état se détériorer dès le lendemain. Vendredi, des «proches» cités par le tabloïd le New York Post et l’agence AP ont confié sous couvert de l’anonymat que la légende était en fait sous assistance respiratoire, au plus mal. Sa mort a été annoncée tôt ce samedi par sa famille dans un communiqué: «Après un combat de trente deux ans contre la maladie de Parkinson, Mohamed Ali est décédé à l’âge de 74 ans», a annoncé son porte-parole Bob Gunnell.
Avec Mohamed Ali disparaît la première vedette à notoriété globale et absolue –le sportif le plus photogénique du XXe siècle fut longtemps le visage le plus reconnu de la planète. Les Beatles étaient peut-être les premières stars planétaires (ou, plus justement, du monde occidental) mais Ali seul était connu de tous, Noir ou Blanc, habitant du tiers-monde ou Américain repu. Avant de devenir l’astre mort vaguement sanctifié des trois dernières décennies, condamné au silence et aux tremblements par Parkinson, le boxeur était tout à la fois: l’athlète ultime, le corps politique, le gentil et le méchant, la radicalité et l’œcuménisme.
Dans une catégorie où il a longtemps s’agit d’être le plus dur, Ali a révolutionné la boxe des lourds en devenant le plus intelligent. Conteur de sa geste allant jusqu’à jouer son propre rôle dans son biopic (The Greatest, 1977), promoteur à la verve inégalée, Ali le rimailleur impénitent a inventé le trash talk, l’insulte comme premier jab. Héraut de la fierté noire des années 60, l’activiste a imposé sa célébrité omnipotente et envahi tous les champs: sportif, politique, médiatique, culturel. Manipulateur roublard mais sincère, il a transcendé tout événement le touchant en histoire (avec et sans majuscule), qu’il s’agisse de multiplier les «combats du siècle» ou de libérer des otages à Bagdad en pleine guerre du Golfe. «La plus grande attraction du monde depuis l’invention du cinéma parlant», dixit l’intéressé, est aussi l’une des premières figures de subversion pop, dont le seul égal est Che Guevara – en témoignent leurs effigies respectives encore affichées dans nombre chambres d’ados.
De Louisville à l’or olympique
Louisville, Kentucky, le 17 janvier 1942. On doit sortir le gamin au forceps tant sa tête est grosse. L’aîné des Clay (il aura un frère cadet) reçoit le nom de son père, Cassius, peintre en bâtiment. Sa mère, Odessa, est domestique. L’enfant est élevé dans l’effroi causé par le lynchage d’Emmet Till, ce double de son âge sauvagement assassiné dans le Mississippi en 1955. Car si Louisville n’est pas l’Alabama, la métropole à cheval entre Midwest ouvrier et Sud raciste applique la ségrégation raciale et Clay se verra refuser plus d’un repas dans les dinners locaux. La légende veut que Cassius Clay se mette à la boxe après la disparition de son vélo. Il a 12 ans et jure d’aller «botter le cul» du voleur, peu importe qui. Joe E. Martin, flic blanc et entraîneur local lui conseille d’apprendre à cogner d’abord. Six ans plus tard, Martin voit son poulain emporter l’or chez les mi-lourds aux Jeux olympiques de Rome en 1960. Cassius Clay a 18 ans, il est temps de passer pro. 1,91 mètre sous la toise et une allonge de quasiment 2 mètres, le visage poupon, «l’insolent de Louisville» comme on l’appelle alors, ne perd aucun combat et boxe comme un poids coq –tout en esquives et piques précises. Le papillon et la guêpe.
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Quatre ans plus tard, Sonny Liston, machine à démolir qui a appris la boxe à l’ombre lui offre sa chance de décrocher le titre de champion du monde des poids lourds. La stupeur emplit la salle bondée de Miami le 25 février 1964 quand «l’ours» Liston reste assis sur son tabouret à la sixième reprise, prétexte une douleur à l’épaule et abandonne son titre à un frêle gamin au visage intact. La thèse d’un combat arrangé, fortement étayée par une note retrouvée dans les archives du FBI en 2014, plane encore aujourd’hui… Aux premières loges, un leader noir et rouquin en costume immaculé, lunettes sévères de prof de fac sur le nez, assiste dans le brouillard des fumées de cigares à la naissance d’un phénomène. Le lendemain, Clay annonce qu’il devient Cassius X, effaçant à jamais son «nom d’esclave», comme l’avait fait avant lui Malcolm X, l’homme discret au bord du ring, «conseiller spirituel» du nouveau champion du monde des poids lourds et porte-voix en disgrâce des Black Muslims.
L’acte de naissance d’Ali
Les deux hommes se connaissent en fait depuis 1962, et ça fait un moment que Clay garde le secret sur ses accointances avec la Nation of Islam, mouvement afro-nationaliste qui file les pires suées à l’Amérique, du FBI à Martin Luther King. Pieux mais non-moins ambitieux, Clay savait qu’il ne deviendrait jamais un challenger s’il affichait ouvertement ses attaches à un groupe si sulfureux. Maintenant champion, il peut bien faire ce qu’il veut, et, un mois après sa double victoire (contre Liston, contre l’Amérique blanche), Cassius X devient Mohamed Ali. Et oublie Malcolm X, renié par les siens et assassiné l’année suivante.
Ali et Liston s’affrontent à nouveau en 1965, dans un bled du Maine –aucune ville majeure ne voulait prendre le risque d’organiser ce combat entre un nationaliste noir dont l’ex-mentor vient d’être dessoudé et un ancien taulard présumé lié à la mafia. Liston s’écroule en deux minutes, touché par un coup si subtil (pichenette disent les uns, «punch fantôme» jurent les autres) que personne ou presque de ne l’a vu. Le public crie «chiqué!». Peu importe, la photo de Neil Leifer est belle et restera gravée dans les mémoires: Ali, bras replié comme s’il promettait une nouvelle trempe, hurle à Liston, étalé les bras ouverts, de se relever. «L’herbe pousse, les oiseaux volent, les vagues mouillent le sable. Moi, je tabasse des gens», se gargarise un Ali toujours plus outrancier, toujours plus narcissique. La légende demande qu’on l’alimente, et l’acte II se joue hors du ring.
«Je n’ai rien contre les Vietcongs»
En 1967, Ali refuse de rejoindre la jeunesse américaine qui se bousille dans une guerre sans fin et sans but au Vietnam. «Je n’ai rien contre les Vietcongs. Aucun Vietcong ne m’a traité de nègre…» se justifie-t-il, invoquant sa religion et sa conscience. La World Boxing Association lui retire son titre, les Etats ses permis de boxer. L’armée le condamne à cinq années de prison, il fait appel. Libre mais interdit de combattre, il l’emporte finalement devant la Cour suprême en 1971, mais ses meilleures années d’athlète sont derrière lui. Reste qu’en quatre ans, inflexible et éloquent, Ali est devenu une figure incontestée de la contre-culture, adorée dans les ghettos comme dans les facs où il vient discourir sur le racisme et le pacifisme.
Entre-temps, un nouveau champion a émergé, invaincu, comme lui, champion olympique, comme lui: Joe Frazier. Celui-ci s’est démené en coulisse, allant jusqu’à supplier le président Nixon (pas encore impeached) pour qu’Ali, qu’il considère comme son rival naturel, retrouve le chemin du ring. Ali lui en sera tout sauf reconnaissant, transformant Frazier le fils de métayer de Caroline du Sud en «Oncle Tom», traître à sa race, dans une démarche qui tient autant de l’idéologie que du marketing –il s’agit toujours avec Ali de dramatiser les enjeux.
Le 8 mars 1971, les deux hommes qui se vouent désormais une haine évidente s’affrontent dans l’enceinte du Madison Square Garden de New York pour le «combat du siècle» –et une bourse de 5 millions de dollars. Un record, évidemment. Autre première: Ali va au tapis, allongé par un crochet du gauche rageur de Frazier. Mais il se relève. Le combat se poursuit jusqu’à la décision des arbitres. Frazier gagne nettement aux points, n’en déplaise à Ali, qui n’accepte pas la défaite. Après deux victoires pour se remettre en selle (contre Ellis et Patterson), Ali se fait briser la mâchoire par Ken Norton en 1973. L’Amérique blanche exulte de voir le fanfaron se faire littéralement casser la bouche. Le champion déchu part se ressourcer à Louisville, du fil de fer plein les dents et une envie terrible d’en découdre à nouveau avec Frazier, ce bon «négro» trop humble et inintelligible. Et même plus champion du monde: il a perdu son titre face à George Foreman en 1973.
Les premiers coups sont échangés sur un plateau télé en 1974, et la suite quelques jours plus tard sur le ring. Victoire sans éclat d’Ali, mais qui lui permet d’être le challenger naturel de Foreman. Pour le vaincre, Ali le boxeur virevoltant, garde basse et menton haut des débuts va devoir se muer en stratège dur au mal, qui encaisse les coups malgré ses arcades toujours lisses en attendant de trouver la faille, en embuscade.
Le rendez-vous de Kinshasa
Hors du ring, le cirque Ali grandit exponentiellement, l’argent aussitôt gagné s’évanouit. Un entourage pléthorique l’accompagne, il entretient deux ex-femmes, couve son épouse –la tempétueuse et ceinture noire de karaté Belinda, épousé à 17 ans en 1967– et ses maîtresses. Il a huit enfants, une ferme dans le Michigan, un palace à Chicago, une villa à Los Angeles et un camp d’entraînement en Pennsylvanie, des Cadillac de toutes les couleurs… Son manager, Herbert Mohamed, trouve une ficelle pour rentabiliser la marque: l’export diplomatique, résumé dans un haïku: «invitez Ali à combattre / et votre pays sera sous les projecteurs du monde entier» (1). C’est ainsi qu’avec l’entregent du promoteur mégalo Don King, Ali débarque à Kinshasa en 1974 pour retrouver son dû, flanqué de James Brown, B.B. King et Norman Mailer (entre autres) pour défier George Foreman devant Mobutu, qui a allongé 10 millions de dollars pour l’occasion, et n’a pas peur de ruiner le pays pour accommoder les deux boxeurs.
Ali (à droite) contre Foreman à Kinshasa, l'un des plus célèbres combats de l'histoire de la boxe.
«The Rumble into the jungle». (Photo AFP)
Ali est accueilli comme un dieu vivant, joue la carte de l’icône panafricaine face à Foreman (25 ans, dans la force de l’âge et invaincu) qu’il façonne en nouvel avatar de l’Oncle Tom, son ennemi favori. Les Zaïrois crient «Ali Bomayé» («Ali tue le») dans les rues, Foreman devient parano et le dictateur à la toque en léopard biche: le «Rumble into the Jungle» («la baston dans la jungle») est «le plus grand événement sportif du XXe siècle». C’était le but. Tout au long du combat, Foreman travaille au corps Ali, réfugié dans les cordes. «Une sauterelle accrochée à son roseau dans la tempête», écrit Mailer. Toujours à la frontière de la ruse et de la fourberie, l’entraîneur d’Ali, Angelo Dundee, a un tantinet détendu les cordes pour permettre à Ali d’y rebondir et d’esquiver –le fameux rope-a-dope (l’«enroule-gogo»). Sous la tempête tropicale, le coup de tonnerre a lieu sur le ring: Ali se réveille au huitième round quand il sent Foreman rincé et le met KO. Ali est à nouveau et plus que jamais «le plus grand».
Trash à Manille
L’année suivante, il pose son dernier jalon mythologique chez un autre autocrate exotique. La belle entre Frazier et Ali a lieu aux Philippines, alors sous la loi martiale décrétée par le président Ferdinand Marcos. A Manille, Ali pousse la dégueulasserie de son trash talk dans ses derniers retranchements. Agitant un singe en plastique devant les journalistes, il compare constamment Frazier à un gorille repoussant, insiste sur ses traits fins en comparaison avec le visage censément simiesque de son adversaire. Ali, bien plus tard, s’en excusera. Frazier ne pardonnera jamais. Le combat est une violence inouïe. Au bout de 14 rounds, les deux boxeurs sont à bout physiquement: Frazier est quasiment aveugle et Ali ne veut pas y retourner, a l’impression qu’il va crever. Il demande à son coach de couper ses gants, Dundee refuse. A l’inverse, Frazier veut retourner coller des parpaings, mais pas son entraîneur, qui a peur qu’il y laisse sa peau et jette la serviette pour son combattant. Ali, chancelant, triomphe modestement.
En 1978, il perd puis regagne son titre la même année face au médiocre Leon Spinks. Il est donc triple champion du monde à 37 ans –un record de longévité que Foreman fera tomber quelques années plus tard. La suite, c’est un crépuscule interminable. Une première retraite en 1979, puis un retour sur le ring l’année suivante pour 8 millions de dollars face à Larry Holmes, son ancien sparring-partner. Holmes, qui pourtant retient ses coups et s’en veut, massacre son mentor, qui montre les plus premiers signes de la maladie de Parkinson en public. C’est le soixantième combat pro d’Ali, c’est trop. «Un suicide» en direct devant des millions de spectateurs. Toujours pour l’argent, Ali remet le couvert en 1981 face à Trevor Berbick et perd dans un simulacre de combat que beaucoup ont préféré oublier.
Une icône malade
En 1984, Mohamed Ali ne peut plus cacher l’évidence: il est «punch drunk», il a trop combattu, Parkinson l’a mis KO. La maladie a affecté ses deux plus grands atouts: ses mains, autrefois précises comme un dard, et sa voix qui n’est plus que murmure monotone. Ali est à peine quadra mais déjà un vieillard marmonnant, monolithique. Son aura est malgré tout intacte, et à l’image d’un Mandela dont même les adversaires oublient la radicalité passée, il devient une icône presque consensuelle. Fin 1990, il passe un mois à Bagdad pour tenter de négocier la libération d’otages américains, rencontre Saddam Hussein. Il repart avec quinze d’entre eux.
Le film When We Were Kings, oscar du meilleur documentaire en 1996, remet l’Ali-mania au goût du jour dans les années 90. On scande à nouveau «Ali Bomayé» dans les cours d’école. La même année, la faiblesse d’Ali tremblotant au moment d’allumer la flamme olympique à Atlanta marque les esprits tant elle contraste avec l’image de l’icône toute puissante du film. Malgré les plus hautes récompenses nationales et humanitaires (messager de la paix pour l’ONU depuis 1998), il disparaît presque complètement de la vie publique par la suite. Il sera toutefois présent lors de l’investiture de Barack Obama en 2009. Le symbole, toujours. Converti à l’islam sunnite en 1975 puis plus récemment au soufisme, Ali était pour la dernière fois sortie de sa réserve pour condamner les propos incendiaires et racistes de Donald Trump sur les musulmans.
Ali n’était pas un saint, il pouvait même carrément être un salaud –Joe Frazier en savait quelque chose-, mais il était le meilleur, et comme il le disait: «Ce n’est pas de la vantardise si tu peux le prouver.» Certaines de ses victoires ont l’odeur de soufre et le flou artistique qui font le sel du sport d’avant les ralentis à la milliseconde et autres palettes graphiques. D’autres triomphes ont la pureté incontestable de son jab, lui qui reste considéré par les spécialistes comme le poid lourd le plus rapide de tous les temps. Le plus grand, le plus cher, le plus vicieux. Une constante: Ali était hors-norme, surhumain dans tout. Forces et faiblesses comprises.
(1) «Invite Ali to fight/And your country will share the world spotlight»
Guillaume Gendron
Mohamed Ali, mort d'une légende de la boxe
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Re: Mohamed Ali, mort d'une légende de la boxe
https://www.youtube.com/watch?v=zrdfmY2VkR0
"Mohamed Ali était The Greatest" : l'hommage de Barack Obama
l'hommage de Barack Obama
Barack Obama dans l'Indiana, le 1er juin 2016. (Brendan Smialowski / AFP)
Le boxeur le plus célèbre de l'histoire est mort à l'âge de 74 ans. Barack Obama lui a rendu hommage.
"Mohamed Ali était'The Greatest'. Point final."
Barack Obama a rendu hommage ce samedi au boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi, saluant un homme qui a "secoué le monde" et "s'est battu pour ce qui était juste".
"Son combat en dehors du ring lui a coûté son titre, lui a valu nombre d'ennemis. Mais Ali a tenu bon", a souligné Barack Obama, évoquant l'implication de "The Greatest" dans la lutte pour les droits civiques.
"Il a été aux côtés de Martin Luther King et Nelson Mandela, il s'est élevé quand c'était difficile, il a parlé quand d'autres ne le faisaient pas."
"Mohamed Ali était 'The Greatest'. Point final. Si vous lui demandiez, il vous le disait clairement. Mais ce qui faisait de lui le plus grand, quelqu'un de complètement à part, est que tous les autres vous disaient la même chose", a souligné Barack Obama dans un texte à la tonalité très personnelle.
Des gants de boxe dans son bureau
Le chef d'Etat, qui a raconté qu'il conservait une photo de Mohamed Ali et une paire de ses gants de boxe dans son bureau personnel, à côté du bureau ovale, a salué la trajectoire hors-norme Cassius Clay et son "parcours spirituel qui allait le mener à l'islam".
"Mohamed Ali était The Greatest" : l'hommage de Barack Obama
l'hommage de Barack Obama
Barack Obama dans l'Indiana, le 1er juin 2016. (Brendan Smialowski / AFP)
Le boxeur le plus célèbre de l'histoire est mort à l'âge de 74 ans. Barack Obama lui a rendu hommage.
"Mohamed Ali était'The Greatest'. Point final."
Barack Obama a rendu hommage ce samedi au boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi, saluant un homme qui a "secoué le monde" et "s'est battu pour ce qui était juste".
"Son combat en dehors du ring lui a coûté son titre, lui a valu nombre d'ennemis. Mais Ali a tenu bon", a souligné Barack Obama, évoquant l'implication de "The Greatest" dans la lutte pour les droits civiques.
"Il a été aux côtés de Martin Luther King et Nelson Mandela, il s'est élevé quand c'était difficile, il a parlé quand d'autres ne le faisaient pas."
"Mohamed Ali était 'The Greatest'. Point final. Si vous lui demandiez, il vous le disait clairement. Mais ce qui faisait de lui le plus grand, quelqu'un de complètement à part, est que tous les autres vous disaient la même chose", a souligné Barack Obama dans un texte à la tonalité très personnelle.
Des gants de boxe dans son bureau
Le chef d'Etat, qui a raconté qu'il conservait une photo de Mohamed Ali et une paire de ses gants de boxe dans son bureau personnel, à côté du bureau ovale, a salué la trajectoire hors-norme Cassius Clay et son "parcours spirituel qui allait le mener à l'islam".

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Re: Mohamed Ali, mort d'une légende de la boxe
Condoléances à sa famille, je crois qu'il avait des filles.
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Re: Mohamed Ali, mort d'une légende de la boxe
Mohamed Ali sera inhumé vendredi dans sa ville natale de Louisville
Les habitants de Lousville, ville natale du boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi à 74 ans, sont venus lui rendre hommage, pour certains en famille. Ses obsèques y seront célébrées vendredi prochain.
Les habitants de Lousville, ville natale du boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi à 74 ans, sont venus lui rendre hommage, pour certains en famille. Ses obsèques y seront célébrées vendredi prochain.
Le boxeur de légende Mohamed Ali sera inhumé vendredi prochain dans sa ville natale de Louisville, dans le Kentucky. L'ancien président Bill Clinton fera l'éloge funèbre du boxeur, mort vendredi à 74 ans.
La ville de son enfance comme dernière demeure. Le boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi à 74 ans, sera inhumé vendredi prochain dans la ville américaine de Louisville, dans le Kentucky, où il est né en 1942. Une procession funéraire traversera la ville pour permettre au plus grand monde de faire ses adieux à The Greatest.
Samedi, non loin de la petite maison de son enfance, fleurie par les passants, le maire de Louisville a présidé une cérémonie d'hommage, saluant un "homme d'action et de principes" qui a grandi dans cette ville encore marquée alors par la ségrégation qui séparait aux États-Unis les Noirs des Blancs. En silence, une garde d'honneur a ensuite mis les drapeaux en berne.
Bill Clinton fera l'éloge funèbre
De Scottsdale, où il s'est éteint, à Louisville, en passant par le théâtre de l'un de ses mythiques combats, Kinshasa, le monde entier a célébré samedi ce boxeur de légende aux poings et convictions en acier. "Ses dernières heures, ils les a passées avec ses proches, il n'a pas souffert", a confié le porte-parole de la famille Ali.
L'ancien président Bill Clinton prononcera l'éloge funèbre de celui qu'il considérait comme son ami. Passionnés de boxe et passants émus se sont relayés samedi devant l'hôpital où Mohamed Ali a passé ses dernières heures, laissant mots, fleurs et ballons pour un monument improvisé à la mémoire de cette légende du sport.
A Lousville, les uns confiaient avoir perdu un "père", les autres pleuraient un "prophète": là aussi, devant la modeste maison où a grandi Mohamed Ali, les habitants sont venus déposer des fleurs, une photo ou une lettre adressée à celui qu'ils n'oublieront jamais.
"Ils nous a rendus forts"
C'est dans cette ville du Kentucky, État situé à la limite du Midwest et du Sud profond, que le boxeur mythique a donné ses premiers coups de poing. Mais ici, tout le monde s'accorde à dire que les victoires sur les rings ne sont qu'une facette d'un géant qui a irradié bien au-delà. "On se focalise sur la boxe. Mais sa dimension est tellement plus grande. Il était en mission. Il avait un message à nous livrer", affirme à l'AFP Sonny Fishback, un ancien camarade de classe de Mohamed Ali.
A l'époque, le futur poids-lourd était plutôt frêle et il s'appelait Cassius Marcellus Clay. Il était élevé selon des préceptes baptistes, dans lesquels la lecture de la Bible prend une place importante. Lui et Sonny revenaient à pied de l'école ensemble. "Il nous disait qu'il deviendrait champion en catégorie poids-lourds. Personne ne le croyait", relate ce Noir de 75 ans, qui lui a fait carrière dans la musique.
"A l'époque, les Noirs n'avaient pas vraiment confiance en eux", ajoute-t-il. "Mais il nous a dit 'vous êtes beaux', il nous a rendus forts".
La stupeur d'une ville
Vénéré par des millions d'anonymes dans le monde entier, Mohamed Ali l'est sans doute encore davantage dans ce quartier, qui n'a pas oublié les heures sombres de la ségrégation raciale.
La maison familiale des Clay est minuscule, mais elle vient d'être rénovée pour servir de musée. Sa façade rose fraîchement repeinte ne compte qu'une fenêtre et une porte. L'annonce de la mort du boxeur légendaire, que chacun ici a au minimum croisé un jour, a plongé la communauté dans la stupeur.
Un casque de boxe, des fleurs sont déposés comme des souvenirs, le 4 juin 2016 devant la maison où a grandi Mohamed Ali à Louisville.
Un casque de boxe, des fleurs sont déposés comme des souvenirs, le 4 juin 2016 devant la maison où a grandi Mohamed Ali à Louisville.
"Les gens ont commencé à venir dès 2h du matin", souligne Evan Bochetto, le commissaire chargé du petit musée. "Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai d'abord ressenti un choc, puis j'ai pleuré toute la nuit. C'est douloureux. C'est comme si c'était mon père", raconte Tony Wickware, venu avec son fils se recueillir sur place.
A côté d'eux, se poursuit un défilé de familles, en majorité noires, dont les enfants déposent des ballons, des dessins, des gants de boxe. Puis ils repartent après une photo immortalisant ce jour de deuil historique.
Boxer pour se venger d'un vélo volé
C'est dans une des rues alentour que le jeune Cassius, à l'âge de 12 ans, a promis de "rosser" l'inconnu qui lui avait volé son vélo rouge. "Tu ferais mieux d'apprendre d'abord à boxer", lui a alors répondu un policier, ignorant que ce conseil allait conduire à une triple couronne de champion du monde.
Ses premiers crochets et uppercuts, Cassius les a échangés avec son petit frère Rahaman. L'homme de 72 ans est présent samedi dans la rue de son enfance, la voix abîmée et le corps tremblant, comme son aîné l'a été avant de mourir.
"Qu'est-ce qu'on s'amusait! On luttait, on jouait au hockey, aux cartes, à tous ces trucs de gosses", se souvient-il. Rahaman Ali a été un sparring partner fidèle pour son frère, même si sa propre carrière d'athlète n'a pas atteint les mêmes sommets.
Arrosée par le fleuve Ohio, Louisville a été ainsi baptisée en hommage au roi de France Louis XVI. La cité a également inspiré l'un des surnoms de Mohamed Ali: "le Bagout de Louisville" ("The Louisville Lip"), pour ses tirades incisives. "A chaque fois que je le vois combattre, à chaque fois que je le vois parler, j'y trouve une source d'inspiration", explique Alex Davis, un assistant dentaire de 25 ans venu rendre hommage au géant disparu. "Il a toujours mis en avant l'amour et la paix, et je pense que ce message lui survivra pour longtemps".
Les habitants de Lousville, ville natale du boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi à 74 ans, sont venus lui rendre hommage, pour certains en famille. Ses obsèques y seront célébrées vendredi prochain.
Les habitants de Lousville, ville natale du boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi à 74 ans, sont venus lui rendre hommage, pour certains en famille. Ses obsèques y seront célébrées vendredi prochain.
Le boxeur de légende Mohamed Ali sera inhumé vendredi prochain dans sa ville natale de Louisville, dans le Kentucky. L'ancien président Bill Clinton fera l'éloge funèbre du boxeur, mort vendredi à 74 ans.
La ville de son enfance comme dernière demeure. Le boxeur de légende Mohamed Ali, décédé vendredi à 74 ans, sera inhumé vendredi prochain dans la ville américaine de Louisville, dans le Kentucky, où il est né en 1942. Une procession funéraire traversera la ville pour permettre au plus grand monde de faire ses adieux à The Greatest.
Samedi, non loin de la petite maison de son enfance, fleurie par les passants, le maire de Louisville a présidé une cérémonie d'hommage, saluant un "homme d'action et de principes" qui a grandi dans cette ville encore marquée alors par la ségrégation qui séparait aux États-Unis les Noirs des Blancs. En silence, une garde d'honneur a ensuite mis les drapeaux en berne.
Bill Clinton fera l'éloge funèbre
De Scottsdale, où il s'est éteint, à Louisville, en passant par le théâtre de l'un de ses mythiques combats, Kinshasa, le monde entier a célébré samedi ce boxeur de légende aux poings et convictions en acier. "Ses dernières heures, ils les a passées avec ses proches, il n'a pas souffert", a confié le porte-parole de la famille Ali.
L'ancien président Bill Clinton prononcera l'éloge funèbre de celui qu'il considérait comme son ami. Passionnés de boxe et passants émus se sont relayés samedi devant l'hôpital où Mohamed Ali a passé ses dernières heures, laissant mots, fleurs et ballons pour un monument improvisé à la mémoire de cette légende du sport.
A Lousville, les uns confiaient avoir perdu un "père", les autres pleuraient un "prophète": là aussi, devant la modeste maison où a grandi Mohamed Ali, les habitants sont venus déposer des fleurs, une photo ou une lettre adressée à celui qu'ils n'oublieront jamais.
"Ils nous a rendus forts"
C'est dans cette ville du Kentucky, État situé à la limite du Midwest et du Sud profond, que le boxeur mythique a donné ses premiers coups de poing. Mais ici, tout le monde s'accorde à dire que les victoires sur les rings ne sont qu'une facette d'un géant qui a irradié bien au-delà. "On se focalise sur la boxe. Mais sa dimension est tellement plus grande. Il était en mission. Il avait un message à nous livrer", affirme à l'AFP Sonny Fishback, un ancien camarade de classe de Mohamed Ali.
A l'époque, le futur poids-lourd était plutôt frêle et il s'appelait Cassius Marcellus Clay. Il était élevé selon des préceptes baptistes, dans lesquels la lecture de la Bible prend une place importante. Lui et Sonny revenaient à pied de l'école ensemble. "Il nous disait qu'il deviendrait champion en catégorie poids-lourds. Personne ne le croyait", relate ce Noir de 75 ans, qui lui a fait carrière dans la musique.
"A l'époque, les Noirs n'avaient pas vraiment confiance en eux", ajoute-t-il. "Mais il nous a dit 'vous êtes beaux', il nous a rendus forts".
La stupeur d'une ville
Vénéré par des millions d'anonymes dans le monde entier, Mohamed Ali l'est sans doute encore davantage dans ce quartier, qui n'a pas oublié les heures sombres de la ségrégation raciale.
La maison familiale des Clay est minuscule, mais elle vient d'être rénovée pour servir de musée. Sa façade rose fraîchement repeinte ne compte qu'une fenêtre et une porte. L'annonce de la mort du boxeur légendaire, que chacun ici a au minimum croisé un jour, a plongé la communauté dans la stupeur.
Un casque de boxe, des fleurs sont déposés comme des souvenirs, le 4 juin 2016 devant la maison où a grandi Mohamed Ali à Louisville.
Un casque de boxe, des fleurs sont déposés comme des souvenirs, le 4 juin 2016 devant la maison où a grandi Mohamed Ali à Louisville.
"Les gens ont commencé à venir dès 2h du matin", souligne Evan Bochetto, le commissaire chargé du petit musée. "Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai d'abord ressenti un choc, puis j'ai pleuré toute la nuit. C'est douloureux. C'est comme si c'était mon père", raconte Tony Wickware, venu avec son fils se recueillir sur place.
A côté d'eux, se poursuit un défilé de familles, en majorité noires, dont les enfants déposent des ballons, des dessins, des gants de boxe. Puis ils repartent après une photo immortalisant ce jour de deuil historique.
Boxer pour se venger d'un vélo volé
C'est dans une des rues alentour que le jeune Cassius, à l'âge de 12 ans, a promis de "rosser" l'inconnu qui lui avait volé son vélo rouge. "Tu ferais mieux d'apprendre d'abord à boxer", lui a alors répondu un policier, ignorant que ce conseil allait conduire à une triple couronne de champion du monde.
Ses premiers crochets et uppercuts, Cassius les a échangés avec son petit frère Rahaman. L'homme de 72 ans est présent samedi dans la rue de son enfance, la voix abîmée et le corps tremblant, comme son aîné l'a été avant de mourir.
"Qu'est-ce qu'on s'amusait! On luttait, on jouait au hockey, aux cartes, à tous ces trucs de gosses", se souvient-il. Rahaman Ali a été un sparring partner fidèle pour son frère, même si sa propre carrière d'athlète n'a pas atteint les mêmes sommets.
Arrosée par le fleuve Ohio, Louisville a été ainsi baptisée en hommage au roi de France Louis XVI. La cité a également inspiré l'un des surnoms de Mohamed Ali: "le Bagout de Louisville" ("The Louisville Lip"), pour ses tirades incisives. "A chaque fois que je le vois combattre, à chaque fois que je le vois parler, j'y trouve une source d'inspiration", explique Alex Davis, un assistant dentaire de 25 ans venu rendre hommage au géant disparu. "Il a toujours mis en avant l'amour et la paix, et je pense que ce message lui survivra pour longtemps".
