Pleure oh pays bien aimé !
- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
Re: Pleure oh pays bien aimé !
Documentaire rare sur la Kabylie1946
DOCUMENTAIRE SUR LA KABYLIE PENDANT LA PÉRIODE COLONIALE 1946
https://www.youtube.com/watch?v=I3LTysiE5xc
https://www.youtube.com/watch?v=I3LTysiE5xc
https://www.youtube.com/watch?v=9ymflq8b1kA
https://www.youtube.com/watch?v=9ymflq8b1kA
DOCUMENTAIRE SUR LA KABYLIE PENDANT LA PÉRIODE COLONIALE 1946
https://www.youtube.com/watch?v=I3LTysiE5xc
https://www.youtube.com/watch?v=I3LTysiE5xc
https://www.youtube.com/watch?v=9ymflq8b1kA
https://www.youtube.com/watch?v=9ymflq8b1kA

- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
Re: Pleure oh pays bien aimé !
Chroniques Algériennes
10 h ·
▬ Amin Zaoui ▬
♦ Le bonheur par la lecture: En hommage à Tahar Djaout
“Quand je l’ai accueilli en invité dans mon émission télévisée « Akwas », quelques mois avant son assassinat, Tahar Djaout était lui-même, courageux, artiste, visionnaire, lucide, transparent, passionné de la lecture… Merci Tahar Djaout tu ne mourras jamais. Merci Tahar on ne t’oubliera jamais. Salut l’ARTISTE !”
La lecture est le sel de la vie.
Un bon écrivain, est d’abord et avant tout un très bon lecteur. L’écriture en elle-même est un exercice continu de la lecture. Une autre lecture qui se fait en souffrance, dans la souffrance pour combattre la souffrance. Les écritures, peu importe le temps ou la langue d’origine, se communiquent entre elles à travers les lectures.
Un bon citoyen c’est d’abord et avant tout un lecteur ! Il n’y a pas de citoyenneté sans la lecture de plaisir, celle qui garantit et renforce la liberté. La lecture est le chemin vers la citoyenneté, vers le vivre ensemble, vers le bonheur partagé, le droit partagé, le devoir partagé, la patrie partagée et protégée!
La lecture de la bonne littérature nous apprend le rêve, nous apprend « le comment rêver ». Le rêve et « le comment rêver » sont la grande leçon, la grande moisson d’une lecture révélatrice. Et le rêve positif produit de la récolte d’une bonne lecture est le soldat éveillé pour la défense de la liberté individuelle ou collective. Il n’y a pas d’homme ou de femme libre sans le jardin de rêves. Une société qui ne rêve pas est condamnée à pourrir ou à mourir. Un pays où le rêve est banni, n’est qu’un morceau de terre morte et infertile. Le rêve enfanté par la lecture a la forme d’un pic qui creuse dans le mur de la noirceur afin d’élargir la lumière sur la réalité morose.
La lecture libère l’écrivain et elle est libératrice du lecteur, en même temps.
La lecture est une jouissance charnelle et spirituelle. Elle est le bonheur dans sa dimension corpo-lettre. Jean Sénac (1926-1973) le poète rebelle et insoumis, l’enfant de Beni-Saf, a créé un terme magique qui est : « corpoème ». Une fabrique d’un poète qui a traversé la vie présent sur tous les fronts, croquant la pomme de la vie et de la poésie. Une imagination d’un acte de fécondation, d’accouplement entre le texte et le corps, le textuel et le corporel. La création poétique s’accorde avec le bonheur charnel.
Érotiser la chair et le mot. Quand le mot glisse dans la chair et la chair remplace son sang par l’encre des mots c’est la nativité du bonheur par la lecture !
Un bon lecteur, ou liseur, qu’importe le mot, mes excuses auprès des Faqih de la langue de Molière, les puritains, ce bon lecteur de cette bonne littérature se voit vivre sa vie au pluriel. Se voit sa personnalité forgée dans la profondeur d’une infinie de miroirs et de mémoires. Se voit sa langue se délier sans handicap aucun dans plusieurs bouches. Se voit sa voix bercée par une multitude de cordes vocales ! La lecture prolonge et multiplie la vie. La lecture fait ouvrir l’œil et le cœur sur d’autres vies, sur d’autres sensualités, sur d’autres envies, sur d’autres fenêtres. Aventures ! En lisant un beau roman, petit à petit, on se trouve glisser dans la peau des autres personnages. Ils nous ressemblent et nous les trouvons semblables à nous. On devient plusieurs ! Le je, devient il ! Moi, devient lui ! Moi-même, devient autrui, la vie prend le sens de la belle folie !
Si l’écrit est un tatouage, quelques lectures le sont de même. On n’oublie jamais ce qu’on a lu dans notre enfance, ces textes qui ont enfanté nos rêves, ont fabriqué nos petits bonheurs. Amin Zaoui / aminzaoui@yahoo.fr / Liberté - Souffles / 27 mai 2016.
10 h ·
▬ Amin Zaoui ▬
♦ Le bonheur par la lecture: En hommage à Tahar Djaout
“Quand je l’ai accueilli en invité dans mon émission télévisée « Akwas », quelques mois avant son assassinat, Tahar Djaout était lui-même, courageux, artiste, visionnaire, lucide, transparent, passionné de la lecture… Merci Tahar Djaout tu ne mourras jamais. Merci Tahar on ne t’oubliera jamais. Salut l’ARTISTE !”
La lecture est le sel de la vie.
Un bon écrivain, est d’abord et avant tout un très bon lecteur. L’écriture en elle-même est un exercice continu de la lecture. Une autre lecture qui se fait en souffrance, dans la souffrance pour combattre la souffrance. Les écritures, peu importe le temps ou la langue d’origine, se communiquent entre elles à travers les lectures.
Un bon citoyen c’est d’abord et avant tout un lecteur ! Il n’y a pas de citoyenneté sans la lecture de plaisir, celle qui garantit et renforce la liberté. La lecture est le chemin vers la citoyenneté, vers le vivre ensemble, vers le bonheur partagé, le droit partagé, le devoir partagé, la patrie partagée et protégée!
La lecture de la bonne littérature nous apprend le rêve, nous apprend « le comment rêver ». Le rêve et « le comment rêver » sont la grande leçon, la grande moisson d’une lecture révélatrice. Et le rêve positif produit de la récolte d’une bonne lecture est le soldat éveillé pour la défense de la liberté individuelle ou collective. Il n’y a pas d’homme ou de femme libre sans le jardin de rêves. Une société qui ne rêve pas est condamnée à pourrir ou à mourir. Un pays où le rêve est banni, n’est qu’un morceau de terre morte et infertile. Le rêve enfanté par la lecture a la forme d’un pic qui creuse dans le mur de la noirceur afin d’élargir la lumière sur la réalité morose.
La lecture libère l’écrivain et elle est libératrice du lecteur, en même temps.
La lecture est une jouissance charnelle et spirituelle. Elle est le bonheur dans sa dimension corpo-lettre. Jean Sénac (1926-1973) le poète rebelle et insoumis, l’enfant de Beni-Saf, a créé un terme magique qui est : « corpoème ». Une fabrique d’un poète qui a traversé la vie présent sur tous les fronts, croquant la pomme de la vie et de la poésie. Une imagination d’un acte de fécondation, d’accouplement entre le texte et le corps, le textuel et le corporel. La création poétique s’accorde avec le bonheur charnel.
Érotiser la chair et le mot. Quand le mot glisse dans la chair et la chair remplace son sang par l’encre des mots c’est la nativité du bonheur par la lecture !
Un bon lecteur, ou liseur, qu’importe le mot, mes excuses auprès des Faqih de la langue de Molière, les puritains, ce bon lecteur de cette bonne littérature se voit vivre sa vie au pluriel. Se voit sa personnalité forgée dans la profondeur d’une infinie de miroirs et de mémoires. Se voit sa langue se délier sans handicap aucun dans plusieurs bouches. Se voit sa voix bercée par une multitude de cordes vocales ! La lecture prolonge et multiplie la vie. La lecture fait ouvrir l’œil et le cœur sur d’autres vies, sur d’autres sensualités, sur d’autres envies, sur d’autres fenêtres. Aventures ! En lisant un beau roman, petit à petit, on se trouve glisser dans la peau des autres personnages. Ils nous ressemblent et nous les trouvons semblables à nous. On devient plusieurs ! Le je, devient il ! Moi, devient lui ! Moi-même, devient autrui, la vie prend le sens de la belle folie !
Si l’écrit est un tatouage, quelques lectures le sont de même. On n’oublie jamais ce qu’on a lu dans notre enfance, ces textes qui ont enfanté nos rêves, ont fabriqué nos petits bonheurs. Amin Zaoui / aminzaoui@yahoo.fr / Liberté - Souffles / 27 mai 2016.

- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
Re: Pleure oh pays bien aimé !
Les internautes algériens lancent une campagne anti-français
28 mai 2016
emmaaba
La dernière nouveauté en vogue sur la toile algérienne est une campagne anti-langue française sous le hashtag: #الفرنسية_ليست_رمز_التقدم حملة ضد اللغة الفرنسية في الجزائر! ( La langue française n’est pas un signe de progrès)
Cette croisade contre la langue de Molière est loin d’être une surprise, c’est le reflet d’une réalité algérienne. Cette haine hypocrite de tout ce qui a un lien de loin ou de près avec la France s’est toujours exprimée de façon continuelle, une constante arabe presque.
Les arguments défendus par les instigateurs de cette campagne pathétique ne pourraient convaincre un être doté de raison: Le français ne serait plus une langue de savoir et de connaissance, déclassée sur le plan international par l’anglais, le français a perdu son prestige et il faut donc s’en débarrasser pour s’en remettre à l’anglais selon certains. Pour les plus chauvinistes d’entre eux, le mot d’ordre est de se contenter seulement de l’arabe, la langue du paradis.
Cette entreprise s’inscrit dans le prolongement du climat de méfiance au meilleur et d’hostilité tenace au pire, de tout temps entretenu par l’État algérien à l’égard de l’ancienne puissance coloniale. Cette instrumentalisation du ressentiment anti-français de la rue algérienne constitue l’un des leviers dont use le système algérien pour pérenniser son emprise sur un peuple qui est déjà dans un état avancé d’endoctrinement grâce à la doublette magique religion-football et bien évidemment la fameuse main étrangère qui manipule l’ennemi de l’intérieur, le peuple Kabyle.
Cela va sans dire que cette campagne connait un franc succès jusqu’à présent et continuera à coup sûr à drainer des sympathisants du côté algérien. Néanmoins, elle n’aura aucun effet en Kabylie qui reconnait, en dépit de notre histoire tumultueuse avec la France, à la langue française le mérite d’avoir permis à notre peuple de recouvrer des pans non négligeables de notre histoire ainsi que la reconquête de notre mémoire longtemps enfouie. La langue française a aussi été aussi un facteur capital de résistance à l’arabisation de notre peuple et donc par conséquent à la sauvegarde de notre langue « Taqvaylit ».
http://resistancekabyle.com/les-interna ... Bl0Dr.dpuf
28 mai 2016
emmaaba
La dernière nouveauté en vogue sur la toile algérienne est une campagne anti-langue française sous le hashtag: #الفرنسية_ليست_رمز_التقدم حملة ضد اللغة الفرنسية في الجزائر! ( La langue française n’est pas un signe de progrès)
Cette croisade contre la langue de Molière est loin d’être une surprise, c’est le reflet d’une réalité algérienne. Cette haine hypocrite de tout ce qui a un lien de loin ou de près avec la France s’est toujours exprimée de façon continuelle, une constante arabe presque.
Les arguments défendus par les instigateurs de cette campagne pathétique ne pourraient convaincre un être doté de raison: Le français ne serait plus une langue de savoir et de connaissance, déclassée sur le plan international par l’anglais, le français a perdu son prestige et il faut donc s’en débarrasser pour s’en remettre à l’anglais selon certains. Pour les plus chauvinistes d’entre eux, le mot d’ordre est de se contenter seulement de l’arabe, la langue du paradis.
Cette entreprise s’inscrit dans le prolongement du climat de méfiance au meilleur et d’hostilité tenace au pire, de tout temps entretenu par l’État algérien à l’égard de l’ancienne puissance coloniale. Cette instrumentalisation du ressentiment anti-français de la rue algérienne constitue l’un des leviers dont use le système algérien pour pérenniser son emprise sur un peuple qui est déjà dans un état avancé d’endoctrinement grâce à la doublette magique religion-football et bien évidemment la fameuse main étrangère qui manipule l’ennemi de l’intérieur, le peuple Kabyle.
Cela va sans dire que cette campagne connait un franc succès jusqu’à présent et continuera à coup sûr à drainer des sympathisants du côté algérien. Néanmoins, elle n’aura aucun effet en Kabylie qui reconnait, en dépit de notre histoire tumultueuse avec la France, à la langue française le mérite d’avoir permis à notre peuple de recouvrer des pans non négligeables de notre histoire ainsi que la reconquête de notre mémoire longtemps enfouie. La langue française a aussi été aussi un facteur capital de résistance à l’arabisation de notre peuple et donc par conséquent à la sauvegarde de notre langue « Taqvaylit ».
http://resistancekabyle.com/les-interna ... Bl0Dr.dpuf

- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
Re: Pleure oh pays bien aimé !
Livre : Je ne pardonne pas à ceux qui ont assassiné mon frère, d’Asma Guenifi
Asma Guenifi vient de publier un ouvrage intitulé, Je ne pardonne pas aux assassins de mon frère, aux éditions Riveneuve, à Paris.
Elle a écrit ce livre à la mémoire de son frère Hichem, assassiné, le 6 juin 1994, à 20 ans, par quatre tueurs du parti islamofasciste, le Front islamique du salut (FIS). Afin de commettre leur forfait, ses assassins l’avaient guetté, en bas du domicile familial, à Bachdjarah, un quartier populaire, à la périphérie sud d’Alger. Hichem Guenifi suivait un stage d’ingénieur du son, à la Radio Chaîne III.
Elle a également écrit ce livre à la mémoire des dizaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens assassinés ou mutilés à vie par les islamoterroristes.
Ce livre se veut enfin un témoignage contre l’oubli, instauré par le président Bouteflika et son clan au pouvoir, de quinze années de barbarie de ces hordes contre le peuple algérien, à travers ses deux lois d’amnistie de milliers terroristes du FIS.
L’auteure rappelle comment le pouvoir répressif et ultra-libéral de l’ancien président Chadli Bendjedid, légalisa le FIS, en violation de la nouvelle Constitution, de 1989, qui interdit la création de formation politique sur une base religieuse.
Ceci d’autant plus que ce parti ne cachait pas, loin s’en faut, son intention d’abolir la démocratie, une fois qu’il aura accédé au pouvoir, grâce à la démocratie, pour lui substituer un État théocratique et ultra-libéral.
Comme dans l’ensemble des pays musulmans, les islamistes algériens s’étaient alliés, dès les débuts des années 1980, aux appareils politico-administratifs et policiers du régime, pour tenter d’affaiblir le courant minoritaire de gauche du parti au pouvoir, le Front de libération nationale, et surtout les communistes du Parti de l’avant-garde socialiste, qui était depuis l’indépendance de l’Algérie, en 1962, le fer de lance des luttes politiques et sociales en Algérie, et contre les mesures ultra-libérales du nouveau pouvoir.
Des fanatiques politico-religieux assassinant au nom de l’islam
Asma Guenifi n’avait que 14 ans, quand elle commença à partir de la fin des années 1980, à faire l’expérience de l’islamofascisme. C’est ainsi que sa meilleure amie, certaines de ses voisines et de ses camarades d’école avaient été violentées par leurs pères ou leurs frères ou bien soumises à l’ignoble chantage aux études ou au travail pour les forcer à porter le hidjab, qui est l’uniforme politico-religieux commun à la droite conservatrice, à l’extrême droite et aux fascistes musulmans. Ce mouvement pratiquait également l’endoctrinement à outrance, grâce aux moyens matériels et financiers considérables, dont il disposent.
Elle raconte comment sa vie était rongée par la peur, la peur pour elle-même, pour sa famille, pour les êtres qui lui sont chers, pour son pays. Comment sa vie d’adolescente fut jalonnée quotidiennement par les nouvelles d’assassinats, au nom de l’islam, de voisins de quartier, d’intellectuels, et de jeunes filles et de jeunes femmes kidnappées, puis violées pendant des nuits et des nuits par tout un groupe, avant d’être égorgées.
A l’immense douleur d’avoir perdu à la fois un frère, un ami, un confident de toujours s’ajoutera bientôt à Asma Guenifi celle de l’exil avec sa famille, en France, en juillet 1994, suite aux menaces des terroristes de s’en prendre à ses proches. Elle avait 19 ans, et poursuivait des études à l’École nationale des Beaux-Arts d’Alger.
Elle ne manque pas dans son ouvrage de rendre hommage aux démocrates français de gauche, pour la solidarité agissante qu’ils lui avaient témoigné à elle et à sa famille pendant plusieurs années.
Elle a longtemps résidé avec ses parents et son jeune frère à Saint-Denis, une ville proche de Paris, une ville connaissant une très forte concentration de migrants ou de cette origine, principalement maghrébins ; une ville sinistrée économiquement et socialement, comme la plupart des autres villes du département, et qui fait que les islamistes se retrouvent comme un poisson dans l’eau. Ce fut le choc pour elle et sa famille qui avaient cru les avoir laissés derrière elles.
Dénoncer l’alliance contre-nature trotskistes-islamistes
Pire, ces intégristes jouissaient du soutien acharné d’une poignée de démocrates algériens, aveuglés par la haine du pouvoir en Algérie, et principalement par une majorité de trotskistes, qu’ils soient encartés dans un parti ou journalistes au Monde, à Libération, à la chaîne de TV Canal +, adhérents à Amnesty Internationale, à la Ligue internationale des organisations des droits de l’homme, à Reporters sans frontières, de pseudo-experts de l’islamisme, et la liste n’est pas exhaustive.
Ces complices du FIS s’empressaient au début de relayer avec zèle la désinformation de ces derniers les présentant comme des victimes d’une « dictature militaire », afin de tenter de légitimer les attentats, les assassinats et les destructions à l’explosif qu’ils commettaient. Puis devant le début de prise de conscience de l’opinion publique française et de la communauté algérienne en France, ils relayaient tout aussi aveuglément l’autre version de la propagande du FIS, qui est de nier que ce dernier soit l’auteur des attentats criminels et des multiples massacres, commis tant en France qu’en Algérie, pour les attribuer systématiquement au pouvoir algérien.
Parallèlement, le FIS et ses sbires de gauche calomniaient honteusement les Algériennes et les Algériens laïques, démocrates, communistes, syndicalistes, féministes, intellectuels, victimes du terrorisme islamiste … Leur seul tort est d’être anti-islamistes. Ce sont souvent les mêmes calomniateurs qui continueront à soutenir les revendications des islamistes, notamment d’attenter à la laïcité de l’École publique par le port du hidjab par de jeunes adolescentes de confession musulmane, manipulées par des associations islamistes et des chaînes satellitaires des pays du golfe.
Face à cette gigantesque désinformation émanant de cette alliance contre-nature, et pour alerter de la montée de l’islamisme en France, Asma Guenifi, ainsi que ses amis algériens et français avaient constitué une association, dénommée, « Groupe Hichem ». D’autres démocrates algériens en France, en Europe et au Canada avaient eux aussi lancé une multitude d’associations et d’actions pour le même objectif.
Asma Guenifi est psychologue clinicienne et psychanalyste. Son père, communiste, était cinéaste et syndicaliste en Algérie ; sa mère, communiste également, était employée dans un musée à Alger, puis au Centre culturel, Georges Pompidou, à Paris.
Hakim Arabdiou
*Asma Guenifi : Je ne pardonne pas à ceux qui ont assassiné mon frère, éditions Riveneuve, 2011 Paris.
Asma Guenifi vient de publier un ouvrage intitulé, Je ne pardonne pas aux assassins de mon frère, aux éditions Riveneuve, à Paris.
Elle a écrit ce livre à la mémoire de son frère Hichem, assassiné, le 6 juin 1994, à 20 ans, par quatre tueurs du parti islamofasciste, le Front islamique du salut (FIS). Afin de commettre leur forfait, ses assassins l’avaient guetté, en bas du domicile familial, à Bachdjarah, un quartier populaire, à la périphérie sud d’Alger. Hichem Guenifi suivait un stage d’ingénieur du son, à la Radio Chaîne III.
Elle a également écrit ce livre à la mémoire des dizaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens assassinés ou mutilés à vie par les islamoterroristes.
Ce livre se veut enfin un témoignage contre l’oubli, instauré par le président Bouteflika et son clan au pouvoir, de quinze années de barbarie de ces hordes contre le peuple algérien, à travers ses deux lois d’amnistie de milliers terroristes du FIS.
L’auteure rappelle comment le pouvoir répressif et ultra-libéral de l’ancien président Chadli Bendjedid, légalisa le FIS, en violation de la nouvelle Constitution, de 1989, qui interdit la création de formation politique sur une base religieuse.
Ceci d’autant plus que ce parti ne cachait pas, loin s’en faut, son intention d’abolir la démocratie, une fois qu’il aura accédé au pouvoir, grâce à la démocratie, pour lui substituer un État théocratique et ultra-libéral.
Comme dans l’ensemble des pays musulmans, les islamistes algériens s’étaient alliés, dès les débuts des années 1980, aux appareils politico-administratifs et policiers du régime, pour tenter d’affaiblir le courant minoritaire de gauche du parti au pouvoir, le Front de libération nationale, et surtout les communistes du Parti de l’avant-garde socialiste, qui était depuis l’indépendance de l’Algérie, en 1962, le fer de lance des luttes politiques et sociales en Algérie, et contre les mesures ultra-libérales du nouveau pouvoir.
Des fanatiques politico-religieux assassinant au nom de l’islam
Asma Guenifi n’avait que 14 ans, quand elle commença à partir de la fin des années 1980, à faire l’expérience de l’islamofascisme. C’est ainsi que sa meilleure amie, certaines de ses voisines et de ses camarades d’école avaient été violentées par leurs pères ou leurs frères ou bien soumises à l’ignoble chantage aux études ou au travail pour les forcer à porter le hidjab, qui est l’uniforme politico-religieux commun à la droite conservatrice, à l’extrême droite et aux fascistes musulmans. Ce mouvement pratiquait également l’endoctrinement à outrance, grâce aux moyens matériels et financiers considérables, dont il disposent.
Elle raconte comment sa vie était rongée par la peur, la peur pour elle-même, pour sa famille, pour les êtres qui lui sont chers, pour son pays. Comment sa vie d’adolescente fut jalonnée quotidiennement par les nouvelles d’assassinats, au nom de l’islam, de voisins de quartier, d’intellectuels, et de jeunes filles et de jeunes femmes kidnappées, puis violées pendant des nuits et des nuits par tout un groupe, avant d’être égorgées.
A l’immense douleur d’avoir perdu à la fois un frère, un ami, un confident de toujours s’ajoutera bientôt à Asma Guenifi celle de l’exil avec sa famille, en France, en juillet 1994, suite aux menaces des terroristes de s’en prendre à ses proches. Elle avait 19 ans, et poursuivait des études à l’École nationale des Beaux-Arts d’Alger.
Elle ne manque pas dans son ouvrage de rendre hommage aux démocrates français de gauche, pour la solidarité agissante qu’ils lui avaient témoigné à elle et à sa famille pendant plusieurs années.
Elle a longtemps résidé avec ses parents et son jeune frère à Saint-Denis, une ville proche de Paris, une ville connaissant une très forte concentration de migrants ou de cette origine, principalement maghrébins ; une ville sinistrée économiquement et socialement, comme la plupart des autres villes du département, et qui fait que les islamistes se retrouvent comme un poisson dans l’eau. Ce fut le choc pour elle et sa famille qui avaient cru les avoir laissés derrière elles.
Dénoncer l’alliance contre-nature trotskistes-islamistes
Pire, ces intégristes jouissaient du soutien acharné d’une poignée de démocrates algériens, aveuglés par la haine du pouvoir en Algérie, et principalement par une majorité de trotskistes, qu’ils soient encartés dans un parti ou journalistes au Monde, à Libération, à la chaîne de TV Canal +, adhérents à Amnesty Internationale, à la Ligue internationale des organisations des droits de l’homme, à Reporters sans frontières, de pseudo-experts de l’islamisme, et la liste n’est pas exhaustive.
Ces complices du FIS s’empressaient au début de relayer avec zèle la désinformation de ces derniers les présentant comme des victimes d’une « dictature militaire », afin de tenter de légitimer les attentats, les assassinats et les destructions à l’explosif qu’ils commettaient. Puis devant le début de prise de conscience de l’opinion publique française et de la communauté algérienne en France, ils relayaient tout aussi aveuglément l’autre version de la propagande du FIS, qui est de nier que ce dernier soit l’auteur des attentats criminels et des multiples massacres, commis tant en France qu’en Algérie, pour les attribuer systématiquement au pouvoir algérien.
Parallèlement, le FIS et ses sbires de gauche calomniaient honteusement les Algériennes et les Algériens laïques, démocrates, communistes, syndicalistes, féministes, intellectuels, victimes du terrorisme islamiste … Leur seul tort est d’être anti-islamistes. Ce sont souvent les mêmes calomniateurs qui continueront à soutenir les revendications des islamistes, notamment d’attenter à la laïcité de l’École publique par le port du hidjab par de jeunes adolescentes de confession musulmane, manipulées par des associations islamistes et des chaînes satellitaires des pays du golfe.
Face à cette gigantesque désinformation émanant de cette alliance contre-nature, et pour alerter de la montée de l’islamisme en France, Asma Guenifi, ainsi que ses amis algériens et français avaient constitué une association, dénommée, « Groupe Hichem ». D’autres démocrates algériens en France, en Europe et au Canada avaient eux aussi lancé une multitude d’associations et d’actions pour le même objectif.
Asma Guenifi est psychologue clinicienne et psychanalyste. Son père, communiste, était cinéaste et syndicaliste en Algérie ; sa mère, communiste également, était employée dans un musée à Alger, puis au Centre culturel, Georges Pompidou, à Paris.
Hakim Arabdiou
*Asma Guenifi : Je ne pardonne pas à ceux qui ont assassiné mon frère, éditions Riveneuve, 2011 Paris.

- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
Re: Pleure oh pays bien aimé !
▬ Rachid Boudjedra ▬
♦ L’Algérie pays guerrier ?!
L’Algérie a été classée 106e pays non pacifique dans le monde, derrière les États-Unis classés eux 102e : tandis que la Suisse est considérée comme le pays le plus pacifique du monde et qui exporte, même, la paix dans toute la planète!
Dommage que ce pays n’exporte pas un peu de l’argent et de l’or que ses banques reçoivent de personnes qui mettent dans les coffres de la Confédération helvétique, l’argent qu’ils ont volé auprès de leurs États ou auprès de leurs concitoyens, grâce à certaines officines privées qui recèlent les deniers de la corruption.
Ainsi l’Algérie qu’on essaye de fourvoyer dans les sales guerres fomentées par les pays de l’OTAN, partout dans le monde (Moyen-Orient, Afrique et Asie) et qui s’y refuse obstinément, est considérée comme un état belliqueux. Bizarre, non ?
On ne sait pas si la paix concerne, aussi, les conflits sociaux, religieux et ethniques ; et dans ce cas on peut dire que le conflit social des chômeurs du Sud et le conflit ethnico-religieux qui s’est déroulé dans le Mzab sont une atteinte à la paix. Mais, dans ce cas, l’Algérie n’est pas le seul pays où se déroulent des luttes sociales et des combats politiques.
À ce moment, tous les pays du monde devraient être sanctionnés par cette ONG US et qui ose publier sa liste des bons et des mauvais élèves, le jour même où en Californie américaine, une trentaine de personnes ont été abattues dans une discothèque par un énergumène pour des raisons que l’on ignore. En fait, pour rien ! Et qu’en est-il de la France où se déroulent des conflits sociaux très durs, depuis trois mois ? Mais le plus amusant, c’est que dans cette liste, le Qatar fomenteur de guerres au Moyen Orient et terriblement belliqueux, est très bien noté!!
Ceci dit nous savons d’où viennent ces classifications saugrenues et non objectives ; mais le pire, c’est qu’un grand journal algérien, paru aujourd’hui, a trouvé que l’Algérie méritait bien la très mauvaise place qu’elle occupe.
Et c’est ce qui est le plus préoccupant ! Rachid Boudjedra / 12 juin 2016 / TSA - Actualité.

http://www.tsa-algerie.com/20160612/lal ... -guerrier/
♦ L’Algérie pays guerrier ?!
L’Algérie a été classée 106e pays non pacifique dans le monde, derrière les États-Unis classés eux 102e : tandis que la Suisse est considérée comme le pays le plus pacifique du monde et qui exporte, même, la paix dans toute la planète!
Dommage que ce pays n’exporte pas un peu de l’argent et de l’or que ses banques reçoivent de personnes qui mettent dans les coffres de la Confédération helvétique, l’argent qu’ils ont volé auprès de leurs États ou auprès de leurs concitoyens, grâce à certaines officines privées qui recèlent les deniers de la corruption.
Ainsi l’Algérie qu’on essaye de fourvoyer dans les sales guerres fomentées par les pays de l’OTAN, partout dans le monde (Moyen-Orient, Afrique et Asie) et qui s’y refuse obstinément, est considérée comme un état belliqueux. Bizarre, non ?
On ne sait pas si la paix concerne, aussi, les conflits sociaux, religieux et ethniques ; et dans ce cas on peut dire que le conflit social des chômeurs du Sud et le conflit ethnico-religieux qui s’est déroulé dans le Mzab sont une atteinte à la paix. Mais, dans ce cas, l’Algérie n’est pas le seul pays où se déroulent des luttes sociales et des combats politiques.
À ce moment, tous les pays du monde devraient être sanctionnés par cette ONG US et qui ose publier sa liste des bons et des mauvais élèves, le jour même où en Californie américaine, une trentaine de personnes ont été abattues dans une discothèque par un énergumène pour des raisons que l’on ignore. En fait, pour rien ! Et qu’en est-il de la France où se déroulent des conflits sociaux très durs, depuis trois mois ? Mais le plus amusant, c’est que dans cette liste, le Qatar fomenteur de guerres au Moyen Orient et terriblement belliqueux, est très bien noté!!
Ceci dit nous savons d’où viennent ces classifications saugrenues et non objectives ; mais le pire, c’est qu’un grand journal algérien, paru aujourd’hui, a trouvé que l’Algérie méritait bien la très mauvaise place qu’elle occupe.
Et c’est ce qui est le plus préoccupant ! Rachid Boudjedra / 12 juin 2016 / TSA - Actualité.

http://www.tsa-algerie.com/20160612/lal ... -guerrier/

- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
Re: Pleure oh pays bien aimé !
Sid Ahmed Ghozali: “On a détruit l’esprit des Algériens”
L'entretien de Mondafrique avec Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre, cinq fois ministres et ex patron de la Sonatrach, mais aujourd'hui privé de parole en Algérie
Par Nicolas Beau -
Fils d’un enseignant arabisant, Sid Ahmed Ghozali représente le meilleur de la technostructure algérienne depuis l’indépendance. Plusieurs fois ministre et patron de la Sonatrach de 1965 à 1979 sous le président Boumedienne, Premier ministre et ministre des Affaires Etrangères sous Chadli, l’homme au nœud papillon devenu légendaire plaide aujourd’hui, face aux lois d’une mondialisation dérégulée, en faveur d’un renforcement de la régulation étatique.
La voix de Sid Ahmed est respectée à l’étranger, notamment en France où il représenta l’Algérie au début des années noires en 1992 et où il est régulièrement invité par les grands médias. Au fil de leurs conversations, une relation singulière et forte naquit entre l’ambassadeur qu’il était et le président français François Mitterrand. Leurs entretiens de l’année 1992 sont retracés dans l’excellent livre qu’il a fit paraître en 2009, « Question d’Etat » (Entretien avec Mohamed Chafik Mesbah, “Casbah Editions”).
Privation de parole
Pour autant, l’ancien ministre de Boumedienne et Chadli n’a plus vraiment, sous le règne de Bouteflika, les moyens de s’exprimer en Algérie. Comme il le regrette, le parti qu’il a fondé en 2000, le Front Démocratique, « est interdit de facto par le pouvoir.» Autant dire qu’un dirigeant de cette qualité est aujourd’hui interdit de parole par les mille tracas d’une bureaucratie autiste et imbécile.
L’état des libertés publiques en Algérie rend peu optimiste aujourd’hui sur l’avenir immédiat du pays. Sid Ahmed Ghozali s’en prend au “système” de pouvoir qui aurait tué jusqu’à “l’esprit des Algériens” et appelle le régime actuel à respecter « l’Etat de droit. » N Be
L’ENTRETIEN DE MONDAFRIQUE AVEC SID AHMED GHOZALI
Mondafrique. Quel était en substance le propos du livre que vous avez publié en 2009, « Question d’Etat » ?
Sid Ahmed Ghozali. Je crois à une impérieuse restructuration, progressive mais vigoureuse, des instruments institutionnels de l’Etat de droit. A savoir la justice, l’éducation, la santé et la sécurité. Mais la construction d’une saine économie de marché ne peut se faire qu’avec une refondation des moyens de régulation de l’Etat.
Ce qui me fait le plus peur aujourd’hui, ce en sont pas la pauvreté ou la corruption, mais le fait que la vérité ne parvienne pas aux Algériens, dont on a détruit l’esprit. Les journalistes travaillent sans matière première. L’Etat ne leur donne que des rumeurs, toujours calculées. « Désinformez un peuple, a dit un journaliste américain, et c’est son système de pensée que vous aurez détruit .»
Mondafrique. Quel aura été le retentissement de vos écrits en Algérie?
Sid Ahmed Ghozali. Hélas, mon livre « Question d’Etat » n’a pas eu l’écho qu’il aurait du avoir. L’édition en arabe n’était pas disponible et celle en français a été peu ou pas diffusée. Mon éditeur m’a expliqué ces insuffisances par les pressions que l’administration a exercées sur lui. Or on peut censurer un brulot diffamatoire, pas un livre d’analyses comme le mien. J’avais même, par esprit de conciliation, renoncé au premier titre choisi : « changer ou disparaitre.»
Mondafrique. Est ce que l’absence d’état de droit n’a-til pas été une constante en Algérie depuis l’indépendance? est ce que vous qui avez exercé d’éminentes fonctions sous Boumedienne pourriez affirmer qu’à l’époque l’Algérie était plus démocratique qu’aujourd’hui?
Sid Ahmed Ghozali Le pouvoir algérien a connu deux régimes fort différents. Le premier sous Boumedienne, le second après sa disparition en 1979. Boumedienne n’a jamais prétendu être un démocrate. Il était un dictateur qui a gelé la constitution et créé la Sécurité Militaire (SM). Mais avec lui aux commandes, la SM n’avait qu’un poids politique relatif dans les décisions qui étaient prises. Le chef politique et militaire, c’était lui, et lui seul.Le peuple algérien pouvait identifier les responsables. Ce n’est plus le cas.
Mondafrique. Le président Boumédienne était-il populaire?
Sid Ahmed Ghozali. Il n’a peut être pas été aimé, mais toujours respecté, car il a promis ce qu’il pouvait tenir. En plus avec lui, l’Algérie est devenue la Mecque des mouvements de libération. Après sa mort, les services qui disposaient disons de 15% des responsabilités ont pris 100% du pouvoir. Il n’y a plus de chef, et tous ceux comme Kasdi Mehbah qui ont eu la prétention de le devenir ont été écrabouillés. Un “système” aussi opaque que clandestin s’est mis en place. Il n’y a pas un fonctionnaire nommé, pas un politique élu sans l’accord des services.
Mondafrique. Des généraux comme Belkheir ou Nezzar ont-ils participé à ce “système” que vous décrivez?
Sid Ahmed Ghozali Pas vraiment, car si le général Nezzar est loyal et si c’est un vrai républicain, il n’a jamais été au cœur du pouvoir, pas plus que Belkheir, un peu vite présenté comme le parrain du système, alors qu’il a été relégué brutalement vers la sortie lorsqu’il est devenu ambassadeur au Maroc. Quand le nom de Bouteflika est apparu comme un possible chef de l’Etat, Nezzar s’est publiquement opposé à cette nomination pour applaudir ensuite, une fois Bouteflika en fonctions.
Mondafrique. L’éviction à l’automne dernier du général Toufik, patron du DRS (services algériens) depuis 1990, n’a-t-elle pas changé la donne? Le pouvoir algérien n’est-il pas désormais divisé?
Sid Ahmed Ghozali. Il s’est produit quelques fissures, mais le système, après trente années de sédimentation, est insécable, comme l’atome. Il conserve la capacité de nomination, d’enrichissement et de répression. Il faut voir tous les terrains qui entre Alger et Blida appartiennent aux militaires, jusqu’au parc zoologique où le DRS s’est installé. L’Etat ne s’est pas disloqué, loin de là. Les larrons restent d’accord entre eux
Mondafrique. Entre 1965 et 1979, vous avez été président de la Sonatrach, la plus grande entreprise algérienne. Comment jugez vous l’action de monsieur Chakib Khelil, ministre du secteur pétrolier pendant douze ans, qui s’est réfugié aux Etats Unis en raison des poursuites judiciaires lancées contre sa gestion, avant de revenir tout récemment en Algérie, blanchi par son ami le président Bouteflika ?
Sid Ahmed Ghozali. Avec un mandat qui a duré douze ans, Chakib Khelil aura été le ministre qui aura duré le plus longtemps de tous les responsables de l’énergie en Algérie. Or des enquètes ont été déclenchée sur des faits qui ont eu lieu sur trois ou quatre ans pendant la période où il était responsable. Sa réaction? “Je n’étais pas au courant”, “je l’ai appris par la presse”, a-t-il prétendu. Ce sont des propos méprisants pour le peuple algérien qui ne s’expliquent que par un formidable sentiment d’impunité.
Mondafrique. Est-ce que la chute du cours du pétrole et la politique d’austérité drastique mettent en danger aujourd’hui le régime algérien?
Sid Ahmed Ghozali Le jour où il n’y aura plus d’argent, le régime s’écroulera. Et ce jour arrivera immanquablement.
Mondafrique. Le pétrole aura-t-il été une malédiction pour l’Algérie?
Sid Ahmed Ghozali. Je réfute absolument l’idée, trop souvent instillée dans les esprits, que le pétrole aurait causé la perte de mon pays. C’est un blasphème économique qui n’est posé que pour s’exonérer d’une impuissance avérée à mobiliser l’énergie créatrice humaine. Si malédiction il y a, elle réside dans le fait de financer par des recettes pétrolières deux tiers du budget de fonctionnement de l’État et toutes les importations destinées à la consommation immédiate.
Il faut utiliser ces richesses comme un catalyseur de développement durable, pour éradiquer le chômage et l’injustice, ce que nous n’avons pas fait. Mais le pétrole n’est pas coupable. Regardez les États Unis, une grand puissance énergétique et la première économie du monde.
L'entretien de Mondafrique avec Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre, cinq fois ministres et ex patron de la Sonatrach, mais aujourd'hui privé de parole en Algérie
Par Nicolas Beau -
Fils d’un enseignant arabisant, Sid Ahmed Ghozali représente le meilleur de la technostructure algérienne depuis l’indépendance. Plusieurs fois ministre et patron de la Sonatrach de 1965 à 1979 sous le président Boumedienne, Premier ministre et ministre des Affaires Etrangères sous Chadli, l’homme au nœud papillon devenu légendaire plaide aujourd’hui, face aux lois d’une mondialisation dérégulée, en faveur d’un renforcement de la régulation étatique.
La voix de Sid Ahmed est respectée à l’étranger, notamment en France où il représenta l’Algérie au début des années noires en 1992 et où il est régulièrement invité par les grands médias. Au fil de leurs conversations, une relation singulière et forte naquit entre l’ambassadeur qu’il était et le président français François Mitterrand. Leurs entretiens de l’année 1992 sont retracés dans l’excellent livre qu’il a fit paraître en 2009, « Question d’Etat » (Entretien avec Mohamed Chafik Mesbah, “Casbah Editions”).
Privation de parole
Pour autant, l’ancien ministre de Boumedienne et Chadli n’a plus vraiment, sous le règne de Bouteflika, les moyens de s’exprimer en Algérie. Comme il le regrette, le parti qu’il a fondé en 2000, le Front Démocratique, « est interdit de facto par le pouvoir.» Autant dire qu’un dirigeant de cette qualité est aujourd’hui interdit de parole par les mille tracas d’une bureaucratie autiste et imbécile.
L’état des libertés publiques en Algérie rend peu optimiste aujourd’hui sur l’avenir immédiat du pays. Sid Ahmed Ghozali s’en prend au “système” de pouvoir qui aurait tué jusqu’à “l’esprit des Algériens” et appelle le régime actuel à respecter « l’Etat de droit. » N Be
L’ENTRETIEN DE MONDAFRIQUE AVEC SID AHMED GHOZALI
Mondafrique. Quel était en substance le propos du livre que vous avez publié en 2009, « Question d’Etat » ?
Sid Ahmed Ghozali. Je crois à une impérieuse restructuration, progressive mais vigoureuse, des instruments institutionnels de l’Etat de droit. A savoir la justice, l’éducation, la santé et la sécurité. Mais la construction d’une saine économie de marché ne peut se faire qu’avec une refondation des moyens de régulation de l’Etat.
Ce qui me fait le plus peur aujourd’hui, ce en sont pas la pauvreté ou la corruption, mais le fait que la vérité ne parvienne pas aux Algériens, dont on a détruit l’esprit. Les journalistes travaillent sans matière première. L’Etat ne leur donne que des rumeurs, toujours calculées. « Désinformez un peuple, a dit un journaliste américain, et c’est son système de pensée que vous aurez détruit .»
Mondafrique. Quel aura été le retentissement de vos écrits en Algérie?
Sid Ahmed Ghozali. Hélas, mon livre « Question d’Etat » n’a pas eu l’écho qu’il aurait du avoir. L’édition en arabe n’était pas disponible et celle en français a été peu ou pas diffusée. Mon éditeur m’a expliqué ces insuffisances par les pressions que l’administration a exercées sur lui. Or on peut censurer un brulot diffamatoire, pas un livre d’analyses comme le mien. J’avais même, par esprit de conciliation, renoncé au premier titre choisi : « changer ou disparaitre.»
Mondafrique. Est ce que l’absence d’état de droit n’a-til pas été une constante en Algérie depuis l’indépendance? est ce que vous qui avez exercé d’éminentes fonctions sous Boumedienne pourriez affirmer qu’à l’époque l’Algérie était plus démocratique qu’aujourd’hui?
Sid Ahmed Ghozali Le pouvoir algérien a connu deux régimes fort différents. Le premier sous Boumedienne, le second après sa disparition en 1979. Boumedienne n’a jamais prétendu être un démocrate. Il était un dictateur qui a gelé la constitution et créé la Sécurité Militaire (SM). Mais avec lui aux commandes, la SM n’avait qu’un poids politique relatif dans les décisions qui étaient prises. Le chef politique et militaire, c’était lui, et lui seul.Le peuple algérien pouvait identifier les responsables. Ce n’est plus le cas.
Mondafrique. Le président Boumédienne était-il populaire?
Sid Ahmed Ghozali. Il n’a peut être pas été aimé, mais toujours respecté, car il a promis ce qu’il pouvait tenir. En plus avec lui, l’Algérie est devenue la Mecque des mouvements de libération. Après sa mort, les services qui disposaient disons de 15% des responsabilités ont pris 100% du pouvoir. Il n’y a plus de chef, et tous ceux comme Kasdi Mehbah qui ont eu la prétention de le devenir ont été écrabouillés. Un “système” aussi opaque que clandestin s’est mis en place. Il n’y a pas un fonctionnaire nommé, pas un politique élu sans l’accord des services.
Mondafrique. Des généraux comme Belkheir ou Nezzar ont-ils participé à ce “système” que vous décrivez?
Sid Ahmed Ghozali Pas vraiment, car si le général Nezzar est loyal et si c’est un vrai républicain, il n’a jamais été au cœur du pouvoir, pas plus que Belkheir, un peu vite présenté comme le parrain du système, alors qu’il a été relégué brutalement vers la sortie lorsqu’il est devenu ambassadeur au Maroc. Quand le nom de Bouteflika est apparu comme un possible chef de l’Etat, Nezzar s’est publiquement opposé à cette nomination pour applaudir ensuite, une fois Bouteflika en fonctions.
Mondafrique. L’éviction à l’automne dernier du général Toufik, patron du DRS (services algériens) depuis 1990, n’a-t-elle pas changé la donne? Le pouvoir algérien n’est-il pas désormais divisé?
Sid Ahmed Ghozali. Il s’est produit quelques fissures, mais le système, après trente années de sédimentation, est insécable, comme l’atome. Il conserve la capacité de nomination, d’enrichissement et de répression. Il faut voir tous les terrains qui entre Alger et Blida appartiennent aux militaires, jusqu’au parc zoologique où le DRS s’est installé. L’Etat ne s’est pas disloqué, loin de là. Les larrons restent d’accord entre eux
Mondafrique. Entre 1965 et 1979, vous avez été président de la Sonatrach, la plus grande entreprise algérienne. Comment jugez vous l’action de monsieur Chakib Khelil, ministre du secteur pétrolier pendant douze ans, qui s’est réfugié aux Etats Unis en raison des poursuites judiciaires lancées contre sa gestion, avant de revenir tout récemment en Algérie, blanchi par son ami le président Bouteflika ?
Sid Ahmed Ghozali. Avec un mandat qui a duré douze ans, Chakib Khelil aura été le ministre qui aura duré le plus longtemps de tous les responsables de l’énergie en Algérie. Or des enquètes ont été déclenchée sur des faits qui ont eu lieu sur trois ou quatre ans pendant la période où il était responsable. Sa réaction? “Je n’étais pas au courant”, “je l’ai appris par la presse”, a-t-il prétendu. Ce sont des propos méprisants pour le peuple algérien qui ne s’expliquent que par un formidable sentiment d’impunité.
Mondafrique. Est-ce que la chute du cours du pétrole et la politique d’austérité drastique mettent en danger aujourd’hui le régime algérien?
Sid Ahmed Ghozali Le jour où il n’y aura plus d’argent, le régime s’écroulera. Et ce jour arrivera immanquablement.
Mondafrique. Le pétrole aura-t-il été une malédiction pour l’Algérie?
Sid Ahmed Ghozali. Je réfute absolument l’idée, trop souvent instillée dans les esprits, que le pétrole aurait causé la perte de mon pays. C’est un blasphème économique qui n’est posé que pour s’exonérer d’une impuissance avérée à mobiliser l’énergie créatrice humaine. Si malédiction il y a, elle réside dans le fait de financer par des recettes pétrolières deux tiers du budget de fonctionnement de l’État et toutes les importations destinées à la consommation immédiate.
Il faut utiliser ces richesses comme un catalyseur de développement durable, pour éradiquer le chômage et l’injustice, ce que nous n’avons pas fait. Mais le pétrole n’est pas coupable. Regardez les États Unis, une grand puissance énergétique et la première économie du monde.

- yacoub
- Être-soi-meme

- Messages : 21935
- Inscription : jeu. 10 nov. 2005 08:00
- Twitter : Paradis d'Allah au milieu des houris
- Contact :
- Status : Hors-ligne
Re: Pleure oh pays bien aimé !
Tollé en Algérie : deux hommes arrêtés pour « blasphème » sur Facebook
Les deux jeunes gens ont été mis en détention pour « actes blasphématoires et prosélytisme anti-musulman sur Internet ».
Par Feriel Kolli journaliste. Publié le 21/06/2016 à 10h21
15 075 visites 178 réactions 2
(D’Alger) Rachid Faudil et son ami ont été arrêtés le 9 juin par une brigade de la gendarmerie de M’Sila (sud-est de l’Algérie) pour « actes blasphématoires et prosélytisme anti-musulman sur Internet ». Un cas inédit dans le pays qui a provoqué des remous sur les réseaux sociaux.
Placés sous mandat de dépôt en plein mois de ramadan, dans cette chaude région du pays, le commerçant de 27 ans et son ami âgé de 28 ans attendent leur procès.
« Dangereux réseau criminel international »
Le 14 juin, la gendarmerie nationale publie un communiqué cinglant. Les deux prévenus sont présentés comme les membres d’un « dangereux réseau criminel international » qui « diffuse des publications, des vidéo publicitaires, des articles et des caricatures blasphématoires contre Allah et offensants à l’égard des envoyés de Dieu et l’islam en général sur un site électronique ». Un contenu qui selon les services de sécurité « dénaturait des versets du Coran et des Hadiths du prophète, des délits punis par la loi ».
Une connaissance de Rachid Faudil, bien au fait des ses activités électroniques, affirme sous couvert d’anonymat que ce dernier est le contributeur actif de deux interfaces Facebook comptant chacune plusieurs milliers de sympathisants :
le groupe privé « Athées algériens » – supprimé par son administrateur suite à des « soupçons d’infiltration par des islamistes et probablement des agents », selon la même source ;
et une page publique arabophone intitulée « Le Coran en dialecte algérien (Derja) ». Signalée à plusieurs reprises, elle a fait l’objet d’une plainte déposée auprès des services de sécurité algériens et est désormais bloquée pour les besoins de l’enquête.
L’internaute proche de Rachid Faudil précise :
« De nombreuses pages algériennes dédiées aux athées existent mais aucune n’avait été visée par un dépôt de plainte et n’avait suscité autant d’indignation publique auparavant. »
L’interpellation de Rachid Faudil dans les locaux de son commerce fait rapidement le tour des réseaux sociaux et provoque un tollé sur le Web.

Une publication de la page Athées algériens (distincte du groupe privé) annonce les premiers détails :
« Rachid Faudil, un jeune très actif sur Facebook, a été arrêté […] Il a été conduit par la suite au siège de la brigade de la gendarmerie où il est maintenu en détention et, depuis, aucune nouvelle n’a filtré sur les conditions de sa détention et sur les faits qu’on lui reproche.
Rachid n’est ni un délinquant ni un criminel, il est jeune, aime les livres et pense au monde actuel en essayant de trouver avec d’autres jeunes des réponses à ses interrogations. En attendant de plus amples informations, d’autres éléments éclairant les circonstances de son arrestation et les faits pour lesquels on l’accuse, nous exigeons sa libération immédiate et de permettre à sa famille de lui rendre visite. Organisons la riposte en exprimant dans un large mouvement notre solidarité avec Rachid. »
Accusations douteuses
Dans la foulée des réactions, d’autres internautes ont appelé à une mobilisation, sans suite pour l’instant. Depuis, des doutes demeurent sur le bien-fondé des accusations des services de sécurité reprises par la presse locale. Dans un entretien publié le 17 juin par le quotidien algérien francophone El Watan Weekend, Maître Bakouri Amirouche, l’avocate de Rachid Faudil, précise :
« Contrairement à ce que raconte la presse, l’affaire n’a rien d’international. Elle est purement locale. Mon client n’est pas un athée convaincu. »
Dans son communiqué, la gendarmerie affirme que « le réseau qui activait dans plusieurs wilayas était en relation avec des ramifications internationales de prosélytisme anti-musulman dans des pays du Proche-Orient, notamment la Syrie et l’Egypte ». Des allégations jugées « absurdes » par la source proche de Rachid Faudil, qui tient un avis nuancé :
« La création de cette page n’a rien à voir avec le crime international, Facebook est un réseau social mondial, pas la plateforme d’un cartel aux ramifications étendues. Je sais que Rachid est athée mais je ne l’ai jamais vu tenir de positions prosélytiques.
Dans sa page, il prenait des versets du Coran dont il faisait la traduction littérale sans se soucier du sens, du contexte de révélation et des subtilités linguistiques de l’arabe académique.
Les mauvaises traductions ont probablement laissé penser que l’auteur distordait délibérément les propos des textes islamiques à des fins que chacun peut interpréter à sa manière. Je ne suis pas croyante, je n’approuvais pas particulièrement sa démarche mais il est aussi connu qu’en Algérie on n’accepte pas la différence des points de vue religieux et des pratiques d’opinions. »
Un propos confirmé par un deuxième internaute proche de Rachid Faudil. Dans une autre version, des amis de Rachid Faudil cités par El Watan Weekend estiment que ce dernier « n’a fait que proposer la traduction du Coran dans la langue algérienne, comme il l’a été déjà fait pour les autres langues. Rachid critique toutes les religions monothéistes et même les autres. »
Manipulation juridique
Selon l’avocate, l’activiste ne sera pas « poursuivi pour appartenance à un réseau international mais pour offense au Prophète et atteinte aux préceptes de l’islam selon l’article 144 bis 2 du code pénal », qui requiert une peine de trois à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 50 000 à 100 000 dinars, ou l’une de ces deux peines seulement, pour « quiconque offense le prophète et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen ».
Ce texte de loi, souvent évoqué pour juger les litiges à caractère religieux impliquant notamment les non-jeûneurs athées et chrétiens, est pourtant en contradiction avec l’article 36 de la Constitution algérienne qui garantit « l’inviolabilité de la liberté de conscience et d’opinion ».
Salah Dabouz, avocat algérien des droits de l’homme et président de la Ligue algérienne des droits de l’homme, commente :
« La justice algérienne a souvent recours à la mauvaise interprétation des lois pour influencer une décision de justice. Si un texte est en contradiction avec la Constitution il ne peut pas être appliqué, c’est un principe fondamental. Pour appliquer ce texte de loi pénal il faudra à la lumière des preuves, être coupable de propos dégradants comme les injures par exemple, qui sont dissociées de la liberté de conscience. Il est dans ce contexte plus question de l’interprétation culturelle de l’élément moral du délit que de vide juridique. »
Les réseaux sociaux, un refuge alternatif de revendications
Depuis l’avènement des réseaux sociaux et la démocratisation de l’accès internet dans les foyers algériens, de plus en plus d’internautes ont trouvé un « refuge » fédérateur d’expression libre et de revendications, qui jusque là contournait les obstacles habituels des services de sécurité.
Hadid Nait Slimane, journaliste originaire de Bejaïa et auteur de posts Facebook critiques à l’égard de la religion, de la politique et de la société algérienne, signés « Le Berger », explique :
« En Algérie, marcher et manifester dans la rue pour réclamer plus de libertés individuelles et de liberté de culte requiert un certain courage. Dans les régimes dictatoriaux et théocratiques, on craint toujours des représailles. »
Menaces de mort
Ancien fervent pratiquant de l’islam, Le Berger se sert aussi de Facebook pour publier des statuts au vitriol contre « la récente percée islamiste à Béjaïa », une ville frondeuse longtemps imperméable à la montée de la doctrine intégriste islamiste, qui a connu un succès fulgurant dans le pays au début des années 1990. Etre actif sur les réseaux sociaux n’est pas pour autant sans risque.
Le Berger témoigne :
« J’ai déjà reçu des menaces de mort par e-mail puis sur mon téléphone personnel dont seuls mes proches connaissaient le numéro. Quand je suis parti porter plainte, les policiers m’ont tout simplement recommandé d’arrêter de publier mes chroniques. »
Les deux jeunes gens ont été mis en détention pour « actes blasphématoires et prosélytisme anti-musulman sur Internet ».
Par Feriel Kolli journaliste. Publié le 21/06/2016 à 10h21
15 075 visites 178 réactions 2
(D’Alger) Rachid Faudil et son ami ont été arrêtés le 9 juin par une brigade de la gendarmerie de M’Sila (sud-est de l’Algérie) pour « actes blasphématoires et prosélytisme anti-musulman sur Internet ». Un cas inédit dans le pays qui a provoqué des remous sur les réseaux sociaux.
Placés sous mandat de dépôt en plein mois de ramadan, dans cette chaude région du pays, le commerçant de 27 ans et son ami âgé de 28 ans attendent leur procès.
« Dangereux réseau criminel international »
Le 14 juin, la gendarmerie nationale publie un communiqué cinglant. Les deux prévenus sont présentés comme les membres d’un « dangereux réseau criminel international » qui « diffuse des publications, des vidéo publicitaires, des articles et des caricatures blasphématoires contre Allah et offensants à l’égard des envoyés de Dieu et l’islam en général sur un site électronique ». Un contenu qui selon les services de sécurité « dénaturait des versets du Coran et des Hadiths du prophète, des délits punis par la loi ».
Une connaissance de Rachid Faudil, bien au fait des ses activités électroniques, affirme sous couvert d’anonymat que ce dernier est le contributeur actif de deux interfaces Facebook comptant chacune plusieurs milliers de sympathisants :
le groupe privé « Athées algériens » – supprimé par son administrateur suite à des « soupçons d’infiltration par des islamistes et probablement des agents », selon la même source ;
et une page publique arabophone intitulée « Le Coran en dialecte algérien (Derja) ». Signalée à plusieurs reprises, elle a fait l’objet d’une plainte déposée auprès des services de sécurité algériens et est désormais bloquée pour les besoins de l’enquête.
L’internaute proche de Rachid Faudil précise :
« De nombreuses pages algériennes dédiées aux athées existent mais aucune n’avait été visée par un dépôt de plainte et n’avait suscité autant d’indignation publique auparavant. »
L’interpellation de Rachid Faudil dans les locaux de son commerce fait rapidement le tour des réseaux sociaux et provoque un tollé sur le Web.

Une publication de la page Athées algériens (distincte du groupe privé) annonce les premiers détails :
« Rachid Faudil, un jeune très actif sur Facebook, a été arrêté […] Il a été conduit par la suite au siège de la brigade de la gendarmerie où il est maintenu en détention et, depuis, aucune nouvelle n’a filtré sur les conditions de sa détention et sur les faits qu’on lui reproche.
Rachid n’est ni un délinquant ni un criminel, il est jeune, aime les livres et pense au monde actuel en essayant de trouver avec d’autres jeunes des réponses à ses interrogations. En attendant de plus amples informations, d’autres éléments éclairant les circonstances de son arrestation et les faits pour lesquels on l’accuse, nous exigeons sa libération immédiate et de permettre à sa famille de lui rendre visite. Organisons la riposte en exprimant dans un large mouvement notre solidarité avec Rachid. »
Accusations douteuses
Dans la foulée des réactions, d’autres internautes ont appelé à une mobilisation, sans suite pour l’instant. Depuis, des doutes demeurent sur le bien-fondé des accusations des services de sécurité reprises par la presse locale. Dans un entretien publié le 17 juin par le quotidien algérien francophone El Watan Weekend, Maître Bakouri Amirouche, l’avocate de Rachid Faudil, précise :
« Contrairement à ce que raconte la presse, l’affaire n’a rien d’international. Elle est purement locale. Mon client n’est pas un athée convaincu. »
Dans son communiqué, la gendarmerie affirme que « le réseau qui activait dans plusieurs wilayas était en relation avec des ramifications internationales de prosélytisme anti-musulman dans des pays du Proche-Orient, notamment la Syrie et l’Egypte ». Des allégations jugées « absurdes » par la source proche de Rachid Faudil, qui tient un avis nuancé :
« La création de cette page n’a rien à voir avec le crime international, Facebook est un réseau social mondial, pas la plateforme d’un cartel aux ramifications étendues. Je sais que Rachid est athée mais je ne l’ai jamais vu tenir de positions prosélytiques.
Dans sa page, il prenait des versets du Coran dont il faisait la traduction littérale sans se soucier du sens, du contexte de révélation et des subtilités linguistiques de l’arabe académique.
Les mauvaises traductions ont probablement laissé penser que l’auteur distordait délibérément les propos des textes islamiques à des fins que chacun peut interpréter à sa manière. Je ne suis pas croyante, je n’approuvais pas particulièrement sa démarche mais il est aussi connu qu’en Algérie on n’accepte pas la différence des points de vue religieux et des pratiques d’opinions. »
Un propos confirmé par un deuxième internaute proche de Rachid Faudil. Dans une autre version, des amis de Rachid Faudil cités par El Watan Weekend estiment que ce dernier « n’a fait que proposer la traduction du Coran dans la langue algérienne, comme il l’a été déjà fait pour les autres langues. Rachid critique toutes les religions monothéistes et même les autres. »
Manipulation juridique
Selon l’avocate, l’activiste ne sera pas « poursuivi pour appartenance à un réseau international mais pour offense au Prophète et atteinte aux préceptes de l’islam selon l’article 144 bis 2 du code pénal », qui requiert une peine de trois à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 50 000 à 100 000 dinars, ou l’une de ces deux peines seulement, pour « quiconque offense le prophète et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen ».
Ce texte de loi, souvent évoqué pour juger les litiges à caractère religieux impliquant notamment les non-jeûneurs athées et chrétiens, est pourtant en contradiction avec l’article 36 de la Constitution algérienne qui garantit « l’inviolabilité de la liberté de conscience et d’opinion ».
Salah Dabouz, avocat algérien des droits de l’homme et président de la Ligue algérienne des droits de l’homme, commente :
« La justice algérienne a souvent recours à la mauvaise interprétation des lois pour influencer une décision de justice. Si un texte est en contradiction avec la Constitution il ne peut pas être appliqué, c’est un principe fondamental. Pour appliquer ce texte de loi pénal il faudra à la lumière des preuves, être coupable de propos dégradants comme les injures par exemple, qui sont dissociées de la liberté de conscience. Il est dans ce contexte plus question de l’interprétation culturelle de l’élément moral du délit que de vide juridique. »
Les réseaux sociaux, un refuge alternatif de revendications
Depuis l’avènement des réseaux sociaux et la démocratisation de l’accès internet dans les foyers algériens, de plus en plus d’internautes ont trouvé un « refuge » fédérateur d’expression libre et de revendications, qui jusque là contournait les obstacles habituels des services de sécurité.
Hadid Nait Slimane, journaliste originaire de Bejaïa et auteur de posts Facebook critiques à l’égard de la religion, de la politique et de la société algérienne, signés « Le Berger », explique :
« En Algérie, marcher et manifester dans la rue pour réclamer plus de libertés individuelles et de liberté de culte requiert un certain courage. Dans les régimes dictatoriaux et théocratiques, on craint toujours des représailles. »
Menaces de mort
Ancien fervent pratiquant de l’islam, Le Berger se sert aussi de Facebook pour publier des statuts au vitriol contre « la récente percée islamiste à Béjaïa », une ville frondeuse longtemps imperméable à la montée de la doctrine intégriste islamiste, qui a connu un succès fulgurant dans le pays au début des années 1990. Etre actif sur les réseaux sociaux n’est pas pour autant sans risque.
Le Berger témoigne :
« J’ai déjà reçu des menaces de mort par e-mail puis sur mon téléphone personnel dont seuls mes proches connaissaient le numéro. Quand je suis parti porter plainte, les policiers m’ont tout simplement recommandé d’arrêter de publier mes chroniques. »

