une piscine suisse réservée aux femmes, monopolisée par...

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spin
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Devinez...
http://www.dreuz.info/2015/10/11/lorsqu ... 28Dreuz%29

Bon, Dreuz, c'est dreuz, avec leurs titres expressifs ("survendeurs" en jargon de journalistes), mais ils n'ont pas inventé l'info.

à+
De quel droit refuserions-nous de faire usage du plus grand don de Dieu ? N'est-ce pas un formidable blasphème que de croire contre la raison ? (Vivekananda)
https://daruc.fr/divers/islamp.htm
https://bouquinsblog.blog4ever.com/blog ... ique_.html
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Fleur2jasmin
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Re: une piscine suisse réservée aux femmes, monopolisée par.

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Coucou spin,

Arf, je suis même pas étonnée, dès que tu fais des compromis avec ces gens ils te bouffent!
C'est un écrivain français qui vient de publier un essai philosophique sur la situation des musulmans en France et envisage un compromis avec eux, mais il a pas compris qu'on se fera bouffer tout cru!
"Gentil, tu seras
Droit dans le cul tu te la prendras"
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yacoub
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Re: une piscine suisse réservée aux femmes, monopolisée par.

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  • Plus elles sont nombreuses, plus elles sont arrogantes
    Au sujet de l’auteur: Mireille Vallette
    Mireille Vallette
    Féministe, journaliste, amoureuse de la démocratie et de ses valeurs. Observe l’avancée de l’islam radical depuis 30 ans et s’alarme de ce courant qui réduit l’égalité des femmes et affaiblit les démocraties. Considère que les religions ont été inventées par les hommes, soit les humains, et parmi eux les mâles. Repères Participation à la création d’un périodique d’extrême gauche, Tout Va bien. Journaliste au défunt Radio TV Je vois tout. Déjà quelques signes de rébellion idéologique. Journaliste durant 11 ans à la Tribune de Genève. Quelques sujets marquants: - Série d’articles lors de la campagne de votation sur les congés-vente (résiliation du bail suivie de la proposition d'acheter l'appartement) qui se solderont par un boycott sévère de la Tribune par les milieux immobiliers genevois. - Les directeur et sous-directeur de l’internat privé de Florimont, tous deux prêtres, trempent dans une affaire de pédophilie et de sorties alcoolisées. Couverts par l’Eglise et l’Etat (1993). - Série de papiers sur l’incompétence du Tuteur général et du service de Protection de la jeunesse et l’inertie des services sociaux face à l’instrumentalisation des enfants lors de divorces. Le Tuteur démissionnera (1995). - Peu avant mon départ de la Tribune: rédaction d’une double page où je pose des questions à des intégristes (Hani Ramadan, Mouhamad Kaba…) sur leur vision des femmes. La régression est déjà en pleine expansion. Lauréate du Prix romand du journalisme local de la Berner Zeitung (1995). Responsable d’un dispositif d’intégration pour chômeurs. Expérience de rédaction, puis de communication dans un organisme social. Publication de Islamophobie ou légitime défiance? aux éditions Favre (2009). Publication de Boulevard de l'islamisme aux éditions Xénia (2012)
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Re: une piscine suisse réservée aux femmes, monopolisée par...

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http://www.letemps.ch/suisse/2016/05/09 ... -islamique

Plongée dans les réseaux sulfureux de Nicolas Blancho et du Conseil central islamique

Des membres du CCIS sont sous le coup de procédures pénales. Financements opaques, supposées connections avec des milieux djihadistes, contradictions: exploration d'une nébuleuse difficile à percer

Ils intriguent. Nicolas Blancho et ses comparses à la tête du Conseil central islamique suisse (CCIS), d’obédience salafiste, aiment la mise en scène et la provocation. Ils ne représentent qu'une infime partie des musulmans de Suisse, mais savent occuper le terrain. Roi de la médiatisation, passé maître dans l’art de la victimisation, Nicolas Blancho passe, à choix, pour un usurpateur, un dangereux gourou capable d’inciter des jeunes à faire le djihad, ou une sorte de cheval de Troie, taupe des Renseignements. Il sait en tout cas faire parler de lui.

Dernière exemple en date: l’annonce d’une manifestation sur la place Fédérale à Berne, le 30 avril, pour «prôner la paix» et se «distancer de l’État islamique (EI)». Mais la ville n’en a pas voulu, craignant des problèmes de sécurité. Peu importe: le CCIS, qui a trouvé une solution de repli, a pu faire sa publicité. Et se plaindre ensuite d’avoir été victime de censure.
Y a-t-il un danger CCIS?

La tactique est connue. Mais la vraie question est: à quel point le CCIS, dont les sources de financement restent opaques, est-il dangereux?

Les faits d’abord. Le Ministère public de la Confédération (MPC) a actuellement des procédures pénales ouvertes contre deux personnes liées au CCIS. Naim Cherni, jeune Allemand au physique de mannequin, le vidéaste de la bande, est, depuis le 9 décembre, soupçonné de propagande en faveur du front Al-Nosra, lié à Al-Qaïda. En cause: une vidéo tournée en Syrie dans laquelle il interviewe Abdallah al-Muhaysini, un leader de l’organisation Jaysh al-Fath. Le MPC a demandé à YouTube de retirer la vidéo.

Le CCIS a immédiatement réagi en convoquant une conférence de presse. Sa ligne de défense: le but du film, dit-il, était de donner la parole à des opposants à l’EI. Une «contribution précieuse» dans le cadre des débats tournant autour de l’organisation terroriste, a insisté la secrétaire générale du CCIS, qui n’est autre que l’épouse de Naim Cherni. Egalement présent, Nicolas Blancho a lui assuré que le CCIS s’engageait pour un «islam du centre». Et qu’il n’entretenait aucun lien avec Al-Qaïda, «que ce soit idéologique ou structurel».

Naim Cherni n’en était pas à son premier voyage en Syrie. En 2013, il s’était déjà mis en scène avec des responsables d’Ahrar al-Sham, groupe djihadiste lié à Jabhat al-Nosra. Le 9 octobre 2013, il avait posté sur son profil Facebook, depuis Raqqa, une photo de l’EI.
Un deuxième membre visé par une procédure

L’autre membre du CCIS visé par une procédure du MPC est Abdullah C., qui a été responsable des stands d’information. Il a ouvertement déclaré sur Facebook que la France avait «mérité» les attentats du 13 novembre 2015.

Qaasim Illi, le bras droit de Nicolas Blancho, a lui aussi des connections troubles. C’est l’idéologue du CCIS. Converti, il a flirté avec l’UDC et plus particulièrement avec l’ASIN, a été organisateur de fêtes techno, avant d’intégrer le CCIS. Il se montre aujourd’hui très actif sur Twitter. Conscient d’être surveillé, il s’est toujours gardé de franchir la ligne rouge de la légalité, mais ses prises de positions sur la Syrie montrent toujours moins de distance d’avec des groupes djihadistes. Ces derniers mois, il a par exemple propagé, sur le réseau social, Dabiq, la revue de l’EI.

En décembre 2005, Qaasim Illi a été condamné, par la justice cantonale schaffhousoise, à un mois de prison et 200 francs d’amendes pour pornographie, violation de la loi sur les armes et discrimination raciale, pour avoir décrit les juifs comme des cochons et s’être réjoui de meurtres, sur son site propalestinien supprimé depuis. Lors d’une perquisition de police en juillet 2003, il était en possession de plus de 1200 images pornographiques violentes et scatologiques. Il s’était déjà converti à l’islam depuis quatre mois. En décembre 2002, Qaasim Illi s’était aussi illustré en allant rencontrer Ahmed Yassine, le fondateur du Hamas, à Gaza. L’affaire de la pornographie a ressurgit le 21 avril dans la Weltwoche, qui a publié sa condamnation. Le CCIS a menacé de porter plainte.

En janvier 2016, Qaasim Illi a fait parler de lui pour avoir appelé sur les réseaux sociaux à la libération de Sven Lau alias Abu Adam, un prédicateur salafiste allemand emprisonné, accusé de soutenir des organisations terroristes en Syrie. Sa femme, la niqabée Nora Illi, a fait de même dans les médias.
L’épisode de l’hommage à Majd N.

Et puis, il y a l’épisode de l’hommage à Majd N., ce jeune djihadiste parti de Bienne combattre auprès de la milice islamiste des Shebabs en Somalie, puis d’organisations terroristes en Syrie, avant d’être tué par l’État islamique. Le 30 juin 2015, Qaasim lli a publié une nécrologie sur le site du CCIS. Plutôt curieux alors que le Conseil a toujours tenu à afficher une distance avec ces milieux.

Majd N. fréquentait la même mosquée prônant un islam rigoriste que Nicolas Blancho: la mosquée Ar-Rahman, à Bienne. Nicolas Blancho y a d’ailleurs fait des prêches. Mais la connection exacte - à quel point se sont-ils fréquentés? - entre les deux individus est difficile à évaluer. Nicolas Blancho aurait eu des contacts avec d’autres jeunes partis faire le djihad depuis Bienne. Il a probablement été en lien avec Lotfi Garsalloui, frère de Moez Garsallaoui qui a fini sa vie dans la hiérarchie d’Al-Qaïda, tué par un drone au Pakistan. Lotfi, qui habiterait encore la région de Bienne, avait été placé en détention préventive en 2005 pendant une vingtaine de jours. Le procureur de la Confédération n’avait finalement rien retenu contre lui, mais la justice bernoise l’a par la suite condamné, en 2009, à 56 heures de travail d’intérêt général pour possession de films de décapitations tournés par Al-Qaïda en Irak.
Nicolas Blancho n'a jamais été sous le coup d'une enquête

Si le nom de Nicolas Blancho apparaît dans des enquêtes judiciaires, il n'a lui-même jamais été sous le coup d'une enquête du MPC, est-on en mesure d'affirmer. Contactés, tant le MPC que le Service de renseignement de la Confédération refusent de s’exprimer sur le CCIS ou ses membres.

Les congrès annuels du CCIS font souvent l’objet de polémiques. Nicolas Blancho et ses sbires, c’est leur arme, portent généralement plainte quand leurs manifestations sont interdites. Fin 2014, c’est contre la décision du préfet de la Sarine que Nicolas Blancho a fait recours, allant jusqu’au Tribunal fédéral. Et il a obtenu gain de cause: le TF a concédé que l’interdiction de tenir sa conférence annuelle à Granges-Paccot contrevenait au principe de la liberté de réunion. Le préfet de la Sarine avait, en 2012, déjà signalé la venue d’un prédicateur saoudien à l’Office fédéral des migrations, à qui Berne avait refusé l’entrée en Suisse. Et en avril 2013, le Tribunal administratif fédéral a déclaré irrecevable un recours déposé contre la venue en Suisse du prédicateur égyptien Mohamed Salah.

Mais le cas le plus connu parmi les invités sulfureux du CCIS concerne Pierre Vogel, un converti allemand, ex-boxeur, qui prêche un islam radical et estime que les femmes peuvent être frappées à titre de mesure éducative et disciplinaire. Invité par l’équipe de Blancho, il a été interdit d’entrée en Suisse en décembre 2009, interdiction valable cinq ans. Surprise, il était de retour le 13 avril en Suisse, comme le prouve une photo postée sur son profil Facebook. Invité par le groupe salafiste Lies!, de distribution gratuite de Corans, ou par le CCIS? Le CCIS assure ne pas l’avoir invité.
Le CCIS en quelques mots

Fondé le 25 octobre 2009, en pleine campagne pour l'interdiction des minarets. D'obédience salafiste. A son siège à Berne. Compterait environ 3500 membres, soit environ 1% des musulmans de Suisse. Un quart seraient des convertis. Fait du prosélytisme actif. Produit des vidéos. Dont une avec des témoignages de musulmans qui dénoncent avoir subi des interrogations policières pour soupçons de radicalisation.

Les autres articles de notre enquête

L'éditorial: Une dérangeante ambiguïté
Nicolas Blancho: «Le dijhad armé fait partie des moyens de légitime défense pour un musulman»
Les responsables du CCIS assurent vouloir s'imposer comme «médiateurs»
Les financements: De l'argent d'Etats du Golfe, «mais pas d'Arabie Saoudite»
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yacoub
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L'islamisme à la conquête du monde

En novembre 2001, lors d'une perquisition, des enquêteurs suisses découvrent le «Projet»: une ambitieuse stratégie destinée à «établir le règne de Dieu» sur toute la terre.

Est-il possible que le développement de l'islamisme dans le monde depuis vingt ans soit, au moins en partie, le produit d'une stratégie occulte, d'un plan délibéré de conquête du pouvoir? C'est la question politiquement incorrecte que pose l'étonnante découverte faite par des policiers suisses et italiens durant une perquisition menée près de Lugano, en novembre 2001.

Dans la villa de Youssef Nada, un banquier égyptien que les autorités américaines accusent d'avoir soutenu le terrorisme, les enquêteurs saisissent alors un document étonnant, demeuré secret depuis presque deux décennies: le «Projet», texte stratégique dont l'ambition suprême est «d'établir le règne de Dieu partout dans le monde».

L'enquête criminelle ouverte contre Youssef Nada, qui dirigeait la banque islamique Al-Taqwa de Lugano depuis sa création en 1988, a été classée en mai dernier. Mais le financier arabe, qui a démenti tout lien avec le terrorisme, a reconnu avoir été durant des années l'un des principaux dirigeants de la branche internationale des Frères musulmans, l'un des plus importants groupes islamistes contemporains. Fondée en Egypte en 1928, l'organisation des Frères musulmans a donné naissance à un vaste «Mouvement islamique» inspiré par ses idées, qui représente aujourd'hui la principale force se réclamant de l'islamisme dans le monde.

Le Projet est un texte de 14 pages, daté de décembre 1982, qui s'ouvre par le passage suivant: «Ce rapport présente une vision globale d'une stratégie internationale pour la politique islamique. Selon ses lignes directrices, et en accord avec elles, les politiques islamiques locales sont élaborées dans les différentes régions.»

Le document préconise d'«étudier les centres de pouvoir locaux et mondiaux, et les possibilités de les placer sous influence», d'«entrer en contact avec tout nouveau mouvement engagé dans le djihad où qu'il soit sur la planète», de «créer des cellules du djihad en Palestine» et de «nourrir le sentiment de rancœur à l'égard des juifs». Tout cela dans le but de «coordonner le travail islamique dans une seule direction pour […] consacrer le pouvoir de Dieu sur terre».

Les enquêteurs suisses qui ont étudié le dossier Al-Taqwa ont consacré plusieurs analyses au Projet et à ce qu'il représente. Un document confidentiel de la «Task Force» antiterroriste mise sur pied après les attentats du 11 septembre 2001 évoque ainsi «un texte fondamental pour comprendre les buts à long terme des Frères [musulmans]»: «Intitulé Le Projet, ce document décrit par le menu la stratégie envisagée pour assurer une prise d'influence grandissante de la Confrérie sur le monde musulman. Il y est stipulé que les [Frères musulmans] ne doivent pas agir au nom de la Confrérie mais s'infiltrer dans les organismes existants. Ils ne peuvent ainsi être repérés puis neutralisés.»

Un second rapport des enquêteurs suisses affirme que le Projet, et les autres documents découverts chez Youssef Nada, «confirment le rôle joué par les Frères musulmans à la fois dans l'inspiration et dans le soutien, direct ou indirect, à l'islam radical dans le monde entier».

Dans cette optique, le Projet a pu jouer un rôle dans la création par les Frères musulmans et leurs héritiers d'un réseau d'institutions religieuses, éducatives et caritatives en Europe et aux Etats-Unis. Le Projet préconise en effet de «construire des institutions sociales, économiques, scientifiques et médicales, et pénétrer le domaine des services sociaux pour être en contact avec le peuple».

Dans ce but, il faut «étudier les environnements politiques divers et les probabilités de réussite dans chaque pays».

Un responsable occidental qui l'a étudié décrit le Projet comme «une idéologie totalitaire d'infiltration qui représente, à terme, le plus grand danger pour les sociétés européennes»: «Le Projet, ce sera un danger dans dix ans, dit-il: on va voir émerger en Europe la revendication d'un système parallèle, la création de «parlements musulmans», ce qui existe déjà en Grande-Bretagne… Commencera alors la lente destruction de nos institutions, de nos structures.» Pour ce fonctionnaire, qui a demandé à ne pas être cité nommément, le Projet n'est pas un simple texte de réflexion, mais une «feuille de route» dont certains éléments ont été mis en œuvre dans le monde réel: il préfigure notamment le début de la guérilla contre Israël dans les territoires palestiniens occupés, et le soutien apporté ces dernières années par les Frères musulmans à divers groupes islamistes armés, de la Bosnie aux Philippines.

La découverte du Projet soulève aussi beaucoup de questions qui, pour l'heure, demeurent sans réponse. L'identité de son auteur, par exemple, reste inconnue. Youssef Nada, le gardien du Projet durant près de vingt ans, a simplement dit aux enquêteurs suisses qu'il n'a pas écrit ce texte. Approché à de multiples reprises par Le Temps, il a fini par expliquer que le document a été rédigé par des «chercheurs islamiques» mais qu'il ne représente pas une position officielle des Frères musulmans. «Je ne suis d'accord qu'avec 15 ou 20% de ce texte», affirme-t-il. Pourquoi, dans ce cas, l'avoir conservé chez lui? «Je ne sais pas. J'aurais dû le jeter.»

L'importance du Projet tient autant à son histoire, et celle des hommes qui l'environnent, qu'à son contenu. Ses origines intellectuelles remontent aux années 1960, lorsque le «théoricien en chef» des Frères musulmans, Saïd Ramadan, trouve refuge à Genève. En septembre 1964, son journal El Muslimoun publie un texte appelant à lancer une «guerre idéologique» contre l'Occident. Il s'agissait alors de répondre à la création de l'Etat d'Israël, considérée par les islamistes comme un élément d'un vaste complot contre la religion musulmane et ses fidèles: «C'est pourquoi nous sommes convaincus que ce plan idéologique élaboré doit être contré par un plan idéologique tout aussi élaboré, et qu'il faut répondre à ses attaques idéologiques, à sa guerre idéologique, par une guerre idéologique.»

L'article fait explicitement référence au «Protocole des Sages de Sion», un document fabriqué par la police tsariste et qui décrit une conspiration juive pour dominer le monde. Bien qu'il s'agisse d'un faux, ce texte antisémite continue d'être pris au sérieux dans les milieux islamistes.

En août dernier, le Wall Street Journal révélait que le «Protocole» a été cité durant une récente séance du «Conseil européen des fatwas et de la recherche» (CEFR), un organisme destiné à conseiller les musulmans d'Europe dans leur vie quotidienne. Selon un participant à la réunion, le Protocole démontre l'existence d'un complot juif destiné à détruire les valeurs morales des familles musulmanes. On comprend qu'animés de telles idées, les islamistes aient voulu réagir en développant leur propre Projet.

Le maître à penser du Conseil des fatwas, Yousouf al-Qaradawi, était l'un des principaux actionnaires de la banque Al-Taqwa de Lugano. Il est sans doute le prédicateur islamiste le plus populaire d'Europe et du monde arabe, et certaines de ses idées s'inscrivent dans la droite ligne du Projet. Ainsi, dans un texte publié en 1990, il proposait de développer la présence du Mouvement islamique au sein des «groupes du djihad», afin d'éliminer «toutes les influences étrangères» des terres d'islam, du Maroc à l'Indonésie.

Malgré ces ressemblances idéologiques évidentes, et les liens historiques de grands penseurs des Frères musulmans avec ce document, l'histoire récente de l'islamisme ne se résume pas au seul Projet. Et l'expansion de l'islam en Occident au cours des dernières décennies n'a été planifiée par personne: elle résulte de l'installation progressive d'immigrés musulmans en Europe et aux Etats-Unis. Mais les héritiers des Frères musulmans ont su profiter de cette évolution pour ouvrir un nouvel espace à leur action et à leurs idées. Leur objectif déclaré a toujours été de «protéger» les communautés musulmanes, selon l'expression du cheikh Qaradawi, du «tourbillon des idées matérialistes qui prévalent à l'Ouest».

Loin de ce discours convenu, le Projet offre un témoignage important de ce que peuvent être les arrière-pensées et les objectifs cachés du Mouvement islamique, au moment où ce dernier tente de renforcer son emprise sur les communautés musulmanes d'Occident.

Le «Projet» est publié pour la première fois dans le livre de Sylvain Besson, «La conquête de l'Occident», qui sera disponible en librairie dès le 7 octobre.
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Les Genevois sans religion sont toujours plus nombreux

Les Genevois sans religion sont toujours plus nombreux

Dieu et ses ouailles La part des habitants sans confession a dépassé celle des catholiques. Les protestants ne forment plus que 10% de la population.

Les catholiques romains, qui forment la première communauté religieuse du canton depuis les grandes migrations italienne, espagnole et portugaise, sont désormais dépassés par les habitants qui s'affichent sans appartenance religieuse mais pas sans spiritualité (ils figuraient sous «Autres religions» avant 1960). Les musulmans étaient jusqu'au recensement de l'an 2000 compris dans la catégorie «Autres religions». Source: OCSTAT et OFS)
Les catholiques romains, qui forment la première communauté religieuse du canton depuis les grandes migrations italienne, espagnole et portugaise, sont désormais dépassés par les habitants qui s'affichent sans appartenance religieuse mais pas sans spiritualité (ils figuraient sous «Autres religions» avant 1960). Les musulmans étaient jusqu'au recensement de l'an 2000 compris dans la catégorie «Autres religions». Source: OCSTAT et OFS)

A la question «Croyez-vous qu'il y a une vie après la mort?», 44% des Genevois répondent par l'affirmative, 30% par la négative et 26% ne savent pas. Croient-ils en un Dieu créateur du ciel et de la terre, comme le raconte la Genèse, le premier livre de la Bible et l'affirme le symbole de Nicée?

La question ne figurait pas en tant que telle parmi celles, nombreuses, que l'Office fédéral de la statistique (OFS) a soumises en 2014 à 1800 Genevois et 16'487 habitants du pays. Leurs réponses ont été publiées ce printemps par l'OFS et, pour le volet genevois, le 12 décembre dernier par l'OCSTAT, soit juste avant Noël, la fête chrétienne la plus populaire du calendrier universel, dont l'an 1 coïncide conventionnellement avec la naissance de Jésus-Christ.

Lire aussi:
A quoi sert Dieu?
Combien sont-ils, les croyants et les incroyants?
Eglises chrétiennes: moins d'adeptes, moins d'argent

L'étude concoctée par l'OFS, sous la direction d'Amélie de Falugerques, révèle que deux habitants du canton sur trois jugent que «la théorie de l'évolution des espèces de Darwin est l'explication la plus cohérente de l'origine de l'être humain». Les autres sont-ils des adeptes des théories créationnistes? Sans doute pas, mais la question n'a pas été spécifiquement posée. Les autres doutent tout simplement, ne croient pas à la théorie de Darwin ou affichent leur méconnaissance en la matière.

Toujours au chapitre des croyances, un Genevois sur cinq dit adhérer à l'idée d'une réincarnation après la mort. La même proportion jure ou presque qu'on peut entrer en contact avec les morts. D'autres, à peine plus nombreux, pensent qu'il n'existe pas d'autre réalité que celle du monde matériel. En revanche, plus d'un habitant du canton sur deux soutient que certaines personnes possèdent un don de guérison ou de voyance.

La Suisse est l'un des rares pays à dresser la carte des croyances et à sonder les âmes sur ce sujet délicat. Le questionnaire a été élaboré par des spécialistes qui ont pris langue notamment avec la Conférence des Départements de l'instruction publique, les Eglises et des experts dans le domaine. «Les personnes sondées ont répondu volontiers à ces questions, indique Amélie de Falugerques, ce qui montre que les questions religieuses ne sont pas taboues.» De nombreux chercheurs sont en train d'exploiter ces données.


Les croyances métaphysiques et scientifiques en 2014

A quoi sert Dieu?
A quoi sert Dieu? A affronter les moments difficiles de la vie. Un Genevois sur deux y pense dans ces situations. Ils sont un peu plus de 40% à l'invoquer lors d'une maladie. La religion ou la spiritualité détermine l'attitude envers l'environnement pour 36% des habitants, l'éducation des enfants (35%), les fêtes de famille (33%), la vie professionnelle (20%). Les Genevois sont peu nombreux à conformer leur alimentation (15%), leur positionnement politique (13%), leur vie sexuelle (12%) ou encore leur habillement (6%) en accord avec des prescriptions religieuses.


Les données du graphique ci-dessus (qui s'agrandit d'un clic) valent pour la Suisse, l'échantillon genevois n'est pas assez grand pour établir le même graphique pour Genève.


Les Suisses et les universitaires moins religieux

Les réponses varient plus ou moins si l'on est croyant ou pas, Suisse ou étranger, jeune ou âgé. Les femmes s'avèrent un peu plus religieuses que les hommes, les jeunes bien moins que les anciens.

La religiosité est nettement liée au niveau de formation, relève l'OCSTAT. A Genève, 54% des personnes n'ayant fréquenté que l'école obligatoire se disent religieuses, la proportion est de 27 % pour celles qui disposent d'un titre universitaire ou assimilé. En Suisse, le constat est similaire. 42% des étrangers se disent religieux contre 30 % des Suisses. Cet écart est moins grand à l’échelon national: 44 % des étrangers et 39 % des Suisses se disent religieux. Les personnes qui se décrivent comme «très» ou «plutôt» religieuses sont 84 % à croire en un Dieu unique.

Les personnes sans religion ne sont pas forcément athées ou indifférentes. Il leur arrive de fréquenter une cérémonie religieuse de temps en temps. L'étude ne révèle pas leurs motivations.

L'enquête de l'OFS 2014 sur laquelle repose le Coup d’œil publié sur quatre pages par l'OCSTAT le 12 décembre reste muette sur la pratique des rites de passage qui scandent la vie humaine (le baptême après la naissance, la confirmation à l'adolescence, le mariage religieux et les obsèques).


Combien sont-ils, les croyants et les incroyants?


Combien de croyants et d'incroyants, de catholiques, de protestants, de juifs et de musulmans à Genève? L'Office cantonal de la statistique ne le sait pas exactement. La faute au mode de recensement des âmes et aux questions posées pour déterminer leur appartenance religieuse.

Selon le relevé structurel, la part des catholiques romains dans la population genevoise est de 36%, celle de ceux qui sont sans appartenance religieuse de 37% et celle des protestants de 10%. Cette source enregistre aussi 6% de musulmans et 1% de juifs. 7,4% des gens déclarent une «autre religion». Cette catégorie incorporait aussi les gens sans religion avant 1960. 3,1% des sondés n'ont pas répondu à cette question.

Cependant, dans le document «Coup d’œil», publié le 12 décembre, on lit que Genève abrite 43% de catholiques romains, 27% de sans-confession et 10% de protestants.

Le diable se cache-t-il dans quelques détails? D'où viennent ces différences?

La première raison dérive du fait que la Suisse a abandonné le décompte systématique des habitants, qui nécessitait l'envoi tous les dix ans à toute la population d'un grand questionnaire. La deuxième raison proviendrait de la manière de poser les questions et d’y répondre.

Depuis l'an 2000, le dénombrement et la connaissance sociologique des habitants résultent de trois sources distinctes.

Les registres des habitants (les derniers chiffres publiés datent du 15 décembre), tenus par l'Office cantonal de la population, livrent vingt et une informations par personne (identifiant AVS, sexe, âge, origine, état civil, etc. et aussi l'«appartenance à une communauté religieuse reconnue de droit public ou reconnue d’une autre manière par le canton». En raison de la laïcité de l'Etat, Genève ne relève toutefois pas ce renseignement. Neuchâtel non plus).

Le relevé structurel est une enquête réalisée chaque année auprès d'une partie de la population. A Genève, l'OCSTAT adresse tous les ans à 20'000 habitants âgés de 15 ans un questionnaire de 33 questions. Sur le site de l'OCSTAT, les chiffres clés publiés sont la moyenne des données récoltées en 2012, 2013 et 2014, en tout quelque 60'000 réponses (en principe, les enquêtes annuelles interrogent des personnes différentes).

Enfin, pour mieux connaître les habitants, leurs us et coutumes, leur santé, etc., l'OFS mène des enquêtes thématiques quinquennales qui approfondissent les sujets abordés dans le relevé structurel, voire en abordent d’autres. En 2013, l'enquête thématique portait sur la famille et les générations, en 2014 la langue la culture et la religion, en 2015 la mobilité et les migrations, en 2016 la formation continue, en 2017 la santé.

L'enquête thématique porte sur un échantillon représentatif de la population de 15 ans et plus. A Genève, les internationaux et leurs familles ne sont pas sondés, pas plus que les personnes vivant dans des EMS ou des foyers. Bref, l'échantillon est représentatif de 360'000 habitants du canton de Genève alors qu'il hébergeait 482'500 âmes à la fin de 2014. Les quelque 110'000 travailleurs pendulaires vivant hors des frontières cantonales, dont une part de Genevois chassés du canton par la crise du logement, ne sont évidemment pas non plus concernés.

La deuxième raison de la différence tient à la manière de poser les questions et d’y répondre. Le relevé structurel demande aux gens d’indiquer, par écrit, quelle est leur appartenance religieuse. L’enquête par sondage 2014 demande, via deux questions distinctes, d’indiquer, spontanément et par oral, sa religion (ou confession) et son appartenance religieuse officielle (voir à ce sujet le questionnaire pages 33 et 34). Il semble, explique Hervé Montfort, chef du Service production et études statistiques de l'OCSTAT, que ces deux modes de questionnement livrent des réponses différentes. Le phénomène frappe surtout les catholiques et les sans-confession, pas du tout les protestants, qui dans les deux enquêtes restent à 10%.

Collaboration mise en cause

Genève a payé pour étendre le nombre des Genevois sondés par l'OFS dans le cadre de l'enquête sur la culture, les langues et la religion à 1800 personnes. Cette option est facultative. Tous les cantons n'ont pas mis la main au porte-monnaie, de sorte que l'OFS ne publie pas de comparaisons intercantonales.

L'échantillon genevois reste cependant encore trop petit. «Dès qu'on veut en savoir plus sur les petites communautés religieuses ou entrer dans le détail des informations, la précision des résultats se réduit fortement (voir le graphique ci-dessous), note Hervé Montfort à Genève. Dans cette situation, il devient difficile, voire impossible, de savoir si, par exemple, les résultats spécifiques au canton de Genève diffèrent ou non de ceux établis pour la Suisse dans son ensemble. L'OCSTAT s'interroge donc sur l'opportunité de reproduire l’exercice.»


Les protestants sont vieux, les musulmans jeunes
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