BAGDAD (Reuters) - Le demi-frère de Saddam Hussein et l'ancien président du tribunal révolutionnaire, qui étaient coaccusés de Saddam Hussein, ont été pendus à leur tour lundi pour crimes contre l'humanité, rapporte la chaîne de télévision officielle irakienne Irakiya, citant une source gouvernementale.

L'ancien président irakien a lui-même été pendu le 30 décembre à l'aube, quatre jours après le rejet de son appel et au premier jour de la fête musulmane de l'Aïd al Adha.
Barzan Ibrahim al-Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein, et Aouad Hamed al-Bander avaient également été condamnés à mort le 5 novembre dernier pour le meurtre de 148 chiites de Doudjaïl en 1982. Leur exécution avait été reportée.
Cité sur CNN, un avocat d'Aouad al-Bander a confirmé que les deux hommes avaient été exécutés.
"Il y a une heure de cela, ou moins d'une heure, les Américains ont dit à sa famille de se tenir prête à récupérer son corps", a ajouté Badia Aref, s'exprimant cette fois sur l'antenne de la chaîne de télévision Al Arabiya.
Mais aucune confirmation n'a pu être obtenue dans l'immédiat auprès des officiels impliqués dans le processus.
Le procureur général Djaafar al Moussaoui, qui a dirigé l'accusation lors du procès devant le Haut tribunal pénal irakien, a déclaré à Reuters qu'il n'avait pas connaissance de leur éventuelle exécution.
Son adjoint Mounkis al Faroun, pourtant cité par certains médias comme ayant confirmé la mise à mort des deux hommes, a démenti avoir annoncé la pendaison.
Cette réserve est peut-être le signe que le gouvernement irakien tente de mieux contrôler le flot d'informations qu'il ne l'avait fait il y a quinze jours après l'exécution de Saddam Hussein.
Filmée clandestinement, la pendaison de l'ancien raïs a circulé sur internet, suscitant une vive controverse sur l'atmosphère ayant régné dans les derniers moments de Saddam Hussein, moqué et pris à partie par des chiites.
Une conférence de presse du porte-parole du gouvernement irakien est prévue ce lundi à 10h30 (07h30 GMT). Annoncée dimanche, son sujet n'a pas été précisé.
Ancien chef des services de renseignement, Barzan était l'un des dignitaires les plus craints du régime de Saddam Hussein. Il avait dirigé les Moukhabarats (services de renseignement) de 1979 à 1983.
D'après des témoins entendus au procès, Barzan, de quatorze ans le cadet de Saddam Hussein, avait personnellement assisté à des tortures.
Il avait été capturé en avril 2003 par les forces spéciales américaines à Bagdad.
Bander présidait lui le Tribunal révolutionnaire qui a condamné à mort les 148 chiites de Doudjaïl, un village au nord de Bagdad où Saddam Hussein a échappé en 1982 à une tentative d'assassinat.
D'après l'accusation, il aurait prononcé des condamnations à mort contre des hommes de Doudjaïl déjà exécutés.
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