وَمِنَ النَّاسِ مَنْ يَشْتَرِي لَهْوَ الْحَدِيثِ لِيُضِلَّ عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ بِغَيْرِ عِلْمٍ وَيَتَّخِذَهَا هُزُوًا أُولَئِكَ لَهُمْ عَذَابٌ مُهِينٌ
عن أبي الصهباء البكري أنه سمع عبد الله بن مسعود وهو يسأل عن هذه الاَية {ومن الناس من يشتري لهو الحديث ليضل على سبيل الله} فقال عبد الله بن مسعود: الغناء والله الذي لا إله إلا هو, يرددها ثلاث مرات, حدثنا عمرو بن علي, حدثنا صفوان بن عيسى, أخبرنا حميد الخراط عن عمار عن سعيد بن جبير, عن أبي الصهباء أنه سأل ابن مسعود عن قول الله {ومن الناس من يشتري لهو الحديث} قال: الغناء, وكذا قال ابن عباس وجابر وعكرمة وسعيد بن جبير ومجاهد ومكحول وعمرو بن شعيب وعلي بن نديمة.
وقال الحسن البصري: نزلت هذه الأية {ومن الناس من يشتري لهو الحديث ليضل عن سبيل الله بغير علم} في الغناء والمزامير.
(Ibn Kathir)
والصواب من القول فـي ذلك أن يقال: عنى به كلّ ما كان من الـحديث ملهيا عن سبـيـل الله, مـما نهى الله عن استـماعه أو رسولُه, لأن الله تعالـى عَمّ بقوله لَهْوَ الـحَدِيثِ ولـم يخصص بعضا دون بعض, فذلك علـى عمومه, حتـى يأتـي ما يدلّ علـى خصوصه, والغناء والشرك من ذلك.
(Tabari)
"Tel,parmi les gens,achète de plaisants discours(le passe-temps de la parole),en sorte qu'à son insu il égare du sentier de Dieu que cependant il prend en moquerie.A ceux-là le châtiment avilissant!"(31:6)
Selon de nombreux Compagnons, le terme "plaisant discours" employé par Allah concerne la musique et les chants. Tel est notamment le commentaire rapporté de Ibné Mas'oud et de Ibné Abbâs.
Quelques Hadiths interdisant la musique:
- ليكونن من أمتي أقوام ، يستحلون الحر والحرير ، والخمر والمعازف ، ولينزلن أقوام إلى جنب علم ، يروح عليهم بسارحة لهم ، يأتيهم - يعني الفقير - لحاجة فيقولوا : ارجع إلينا غدا ، فيبيتهم الله ، ويضع العلم ، ويمسخ آخرين قردة وخنازير إلى يوم القيامة
الراوي: أبو مالك الأشعري - خلاصة الدرجة: صحيح - المحدث: البخاري - المصدر: الجامع الصحيح - الصفحة أو الرقم: 5590
Abou Mâlik Al Ach'ari rapporte que le Prophète Mouhammad a dit: "Il y aura parmi ma communauté des gens qui considéreront le vin, le porc, la soie et les instruments de musique comme étant licites.Allah transformera certains d'entre eux en singes et en porcs jusqu'au jour du jugement."
(Boukhâri)
يشرب ناس من أمتي الخمر يسمونها بغير اسمها يضرب على رءوسهم بالمعازف والقينات يخسف الله بهم الأرض ويجعل منهم القردة والخنازير
الراوي: أبو مالك الأشعري - خلاصة الدرجة: [إسناده صحيح أو حسن أو ما قاربهما] - المحدث: المنذري - المصدر: الترغيب والترهيب - الصفحة أو الرقم: 3/255
"Des gens de ma communauté consommeront du vin en lui donnant une autre appellation. Des instruments de musique seront joués devant eux, et des chanteuses (seront également présentes). Allah les ensevelira dans le sol et transformera certains d'entre eux en singes et en porcs."
أن ابن عمر سمع صوت زمارة راع فوضع إصبعيه في أذنيه وعدل راحلته عن الطريق وهو يقول : يا نافع أتسمع ؟ فأقول : نعم فيمضي حتى قلت : لا ، فوضع يديه و أعاد راحلته إلى الطريق وقال : رأيت رسول الله صلى الله عليه وسلم وسمع صوت زمارة راع فصنع مثل هذا
الراوي: نافع مولى ابن عمر - خلاصة الدرجة: إسناده صحيح - المحدث: أحمد شاكر - المصدر: مسند أحمد - الصفحة أو الرقم: 6/246
Nâfi' r.a. raconte que Abdoullah Ibné Oumar entendit (lors d'un voyage) la flûte d'un berger. Il plaça alors ses doigts dans ses oreilles et écarta sa monture de la route en disant: "Nâfi' ! Nâfi' ! Entends-tu encore (le son de la flûte)?" Je répondis: "Oui." Il continua à avancer jusqu'à ce que je lui répondis: "Non." Il leva alors ses mains et ramena sa monture vers la route et dit: "J'étais en présence du Prophète Mouhammad lorsqu'il entendit la flûte d'un berger. Il fit alors exactement la même chose que moi."
صوتان ملعونان في الدنيا والآخرة : مزمار عند نعمة ، ورنة عند مصيبة
الراوي: أنس بن مالك - خلاصة الدرجة: رواته ثقات - المحدث: المنذري - المصدر: الترغيب والترهيب - الصفحة أو الرقم: 4/268
صوتان ملعونان : مزمار عند نعمة ، ورنة عند مصيبة
الراوي: الحسن البصري - خلاصة الدرجة: صحيح مرفوعاً - المحدث: الألباني - المصدر: تحريم آلات الطرب - الصفحة أو الرقم: 12
Des Hadiths où Mohammad avait autorisé la musique:
خرج رسول الله صلى الله عليه وسلم في بعض مغازيه فلما انصرف جاءت جارية سوداء فقالت يا رسول الله إني كنت نذرت إن ردك الله سالما أن أضرب بين يديك بالدف وأتغنى فقال لها رسول الله صلى الله عليه وسلم إن كنت نذرت فاضربي وإلا فلا فجعلت تضرب فدخل أبو بكر وهي تضرب ثم دخل علي وهي تضرب ثم دخل عثمان وهي تضرب ثم دخل عمر فألقت الدف تحت استها ثم قعدت عليه فقال رسول الله صلى الله عليه وسلم إن الشيطان ليخاف منك يا عمر إني كنت جالسا وهي تضرب فدخل أبو بكر وهي تضرب ثم دخل علي وهي تضرب ثم دخل عثمان وهي تضرب فلما دخلت أنت يا عمر ألقت الدف
الراوي: بريدة - خلاصة الدرجة: صحيح - المحدث: الألباني - المصدر: صحيح الترمذي - الصفحة أو الرقم: 3690
Bouraïdah dit: Le Prophète Mouhammad partit une fois pour une campagne militaire. A son retour, une esclave noire vint le voir et dit: "O Envoyé d'Allah ! J'avais formulé le vœu que si Allah vous ramenait sain et sauf, je jouerai du "Douff" (il s'agit d'une sorte de tambourin, qui existait déjà à l'époque du Prophète Mouhammad et qui était employé aussi bien pour la musique que lors des proclamations et annonces publiques) en votre présence et je chanterai." Le Prophète Mouhammad lui dit: "Si tu as réellement fait ce vœu, alors tu peux jouer… Au cas contraire, non." Elle commença alors à le faire. Abou Bakr entra et elle continua à jouer. Puis Ali entra et elle continua encore. Ce fut ensuite au tour de Ousmân d'arriver et elle ne s'arrêta pas. Enfin, Oumar entra: Elle cacha alors son "Douff" sous son vagin et s'assit dessus. Le Prophète Mouhammad fit alors la réflexion suivante: "le diable a peur de toi, O Oumar ! J'étais assis et elle était en train de jouer du "douff". Abou Bakr est entré et elle a continué à jouer. Puis Ali est arrivé et elle a continué encore. Ce fut ensuite au tour de Ousmân d'arriver et elle ne s'est pas arrêtée. Enfin, lorsque tu es entré, O Oumar, elle a jeté le "Douff" ! "
دخل علي رسول الله صلى الله عليه وسلم وعندي جاريتان تغنيان بغناء بعاث ، فاضطجع على الفراش وحول وجهه ، فدخل أبو بكر فانتهرني وقال : مزمارة الشيطان عند رسول الله صلى الله عليه وسلم . فأقبل عليه رسول الله صلى الله عليه وسلم فقال : ( دعهما ) . فلما غفل غمزتهما فخرجتا . وقالت : وكان يوم عيد ، يلعب السودان بالدرق والحراب ، فإما سألت رسول الله صلى الله عليه وسلم ، وإما قال : ( تشتهين تنظرين ) . فقالت : نعم ، فأقامني وراءه ، خدي على خده ، ويقول : ( دونكم بني أرفدة ) . حتى إذا مللت ، قال : ( حسبك ) . قلت : نعم ، قال : فاذهبي ) . قال أحمد ، عن ابن وهب : فلما غفل .
الراوي: عائشة - خلاصة الدرجة: صحيح - المحدث: البخاري - المصدر: الجامع الصحيح - الصفحة أو الرقم: 2906
Abou Bakr est entré chez moi une fois, alors que deux esclaves étaient présentes. Elles étaient en train de chanter les actes (de courage et de bravoure) des "Ansârs" lors de la bataille de "Bou'ath".. Abou Bakr dit alors: "Quoi ? Les instruments du diable dans la maison de l'Envoyé d'Allah ?" C'était le jour de Aïd. Le Prophète Mouhammad dit: "O Abou Bakr ! Chaque peuple a sa fête et c'est aujourd'hui la notre." (Boukhâri,hadith de Aicha)
synthèse des avis juridiques sur la question de la musique et des chants.
* Il y a certains types de musique et de chants au sujet desquels il y a unanimité entre les savants des quatre écoles de jurisprudence (mâlékite, hanafite, châféite et hambalite) * sur leur interdiction (Il est à noter que le mot employé par les juristes sur ce point pour désigner l'interdiction est bien "Harâm" et non pas "Makrouh"). Les voici:
o Tout chant n'ayant pas d'autre cadre et objectif que la distraction et le divertissement, sans aucun but acceptable au niveau religieux ou mondain est interdit, qu'il soit accompagné de musique ou non.
o L'emploi d'instruments crées uniquement dans un but musical et n'ayant pas d'autres fonctions est interdit, qu'il soit accompagné de chants ou non.
o Tout chant ou musique conduisant à la négligence (à l'égard des devoirs religieux) ou au péché est interdit.
o De faire carrière dans la musique et la chanson.
Il y a donc unanimité entre les savants musulmans sur l'interdiction de ces quatre formes de musique et de chants. Les Hadiths qui interdisent la musique s'applique donc à ces quatre éléments.
* Il existe d'autres types de musique au sujet desquels il y a unanimité des savants sur leur caractère licite. Les voici:
o Le chant de celui qui affine sa voix et l'embellit légèrement et de façon naturelle, sans s'efforcer de suivre les rythmes musicaux, et donc d'imiter les chanteurs, à condition que cela ne soit pas seulement par distraction et divertissement. Il faut que le chant soit motivé par une raison valable: comme le fait d'éloigner un sentiment de solitude, pour faciliter un long voyage, pour se donner du courage quand on fait un travail éprouvant, pour endormir un enfant, pour exciter sa monture, pour éloigner sa déprime, à condition également que les paroles prononcées ne contiennent rien d'interdit et à condition que l'on n'en fasse pas une habitude. Ce type de chants est tout à fait permis.
o Il également permis d'accompagner ces chants par le "douff" (qui, rappelons-le, n'est pas un instrument purement musical), en certaines occasions spéciales, comme les mariages, les occasions joyeuses, les jours de fête etc…
Encore une fois, il y a unanimité entre les savants musulmans sur le caractère licite de ces deux choses, comme le rappelle également l'Imâm Ghazâli r.a. dans son ouvrage "Al Ihyâ" (Volume 2 / Pages 238 et suivantes). Les Hadiths qui autorisent les chants s'appliquent donc à ces deux éléments.
* Enfin, il existe certains points sur lesquels les avis des savants divergent:
o L'emploi du "douff" dans des occasions autres que celles mentionnées ci-dessus.
o L'emploi du "douff" auquel sont attachées des clochettes.
o L'emploi du "Qadhîb" (des baguettes de tambour) lors d'un mariage ou autre…
o L'emploi des autres choses qui ne sont pas des instruments purement musicaux et qui ne produisent pas de sons mélodieux ("Moutribah") tant qu'ils ne sont pas accompagnés par des chants. Exemples: le frappement des mains, le battement sur une jarre etc… D'après certains savants de l'école châféite (comme Al Ghazâli r.a.), ces choses sont permises; la majorité des savants des quatre écoles cependant les considèrent comme "Makrouh" (déconseillé, blamâble)







