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Re: TARIQ RAMADAN
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Re: TARIQ RAMADAN
Le prophete était tellement lumineux que la nuit Aicha a retrouvé une aiguille grâce à lui.
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"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928
https://www.facebook.com/georges.hulot.18
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Re: TARIQ RAMADAN
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Re: TARIQ RAMADAN
T'as pas un truc sur le double salto arrière musulman, ou à défaut le triple excel islamique ?Yacoub a écrit :Comment comprendre le double language musulman
Le glossaire indispensable pour comprendre le double langage islamique
Il est tout à fait manifeste qu’en Occident, notre compréhension de l’islam souffre d’un problème fondamental. Tant relativement à l’histoire de l’islam, aux principes qui le guident, et plus encore, à la signification que revêtent certains termes pour les musulmans.
double langue islam
Pour les musulmans, la signification d’un mot est étroitement liée au sens que revêt ce mot dans le Coran et les autres textes saints. Contrairement à la façon dont la plupart d’entre nous considérons la Bible, un musulman ne voit pas dans le Coran un simple recueil de prières mais le guide parfait de sa vie, la ligne directrice absolue que doit suivre le monde, ses habitants, tant sur les plans religieux que politique.
C’est pourquoi en Occident nous sommes souvent stupéfaits de la contradiction entre leurs mots et leurs actes. Pour nous, les mots signifient une chose, pour eux une tout autre chose. Ainsi arrivent-ils à faire croire à un public ignorant de cette réalité qu’ils sont d’accord, lorsqu’en vérité, ils sont en désaccord sur l’essentiel.
Aussi, voici un petit glossaire qui donne le véritable sens des mots qu’utilisent les musulmans.
Glossaire de la langue islamique
Paix - État de cessation de toute résistance à l’égard de l’islam. La paix ne peut exister que lorsque l’islam est la règle tant politique que religieuse, et que tous les principes islamiques ont force de loi dans le pays.
Liberté - La liberté naît lorsque la prédominance de l’islam et de ses principes est absolue, et que toute règle politique et toute croyance religieuse se fondent exclusivement sur eux.
Justice - État dans lequel la charia est la seule source de loi, et constitue l’unique socle sur lequel se basent toutes les décisions judiciaires. La justice, c’est lorsque le non-musulman n’a pas qualité à agir dans un tribunal, et lorsqu’il faut le témoignage de deux musulmanes pour valoir celui d’un musulman.
Égalité - L’état d’égalité implique que les musulmans soient les seuls à diriger la société, et ce dans toutes les institutions politiques et religieuses. Il doit leur être conféré la place qui leur revient car ils forment la meilleure des communautés. Ceci ne s’applique pas aux non-musulmans ou aux apostats.
Tolérance - État dans lequel les non-musulmans sont soumis à la loi musulmane ainsi qu’il convient, acceptent pleinement leur statut de dhimmis, c’est à dire de citoyens de seconde zone, et s’acquittent du paiement de la Jizya auprès de leurs maîtres musulmans.
Vérité - La vérité est la version des événements qu’accepte l’islam, conformément au Coran et à la Sunna. Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre n’est que médisances, et dans bien des cas, propos blasphématoires. (voir Mensonges)
Démocratie - État dans lequel l’islam constitue la loi et la religion absolues, et le peuple obéit à sa loi et à ses usages. (voir Liberté)
Liberté d’expression - Il n’y a de liberté d’expression que lorsque les musulmans, et seulement eux, peuvent promouvoir leur croyance, et qu’il est interdit aux non-musulmans de faire quelque commentaire ou critique sur ce qui est islamique.
Société juste - Une société dirigée par les musulmans selon la loi islamique.
Coran - La parole finale, parfaite et exacte d’Allah. Elle replace toutes les autres, et est le seul et véritable guide de l’humanité, tant sur le plan de la religion que sur celui des lois ou de la vie politique.
Oppression - La loi d’un état qui n’est pas régi par la loi islamique. Également, toute action de résistance contre la mise en place de la loi islamique et de la prédominance musulmane.
Racisme - Critique ou rejet de toute chose ou personne musulmane.
Infidèle - Tout non-musulman. Doit être l’objet de conversion, d’assujettissement, ou de mort pour respecter la loi islamique.
Esclavage - Le statut licite et légitime de tout infidèle capturé alors qu’il combat l’islam.
Traité - Accord temporaire et non-contraignant entre musulmans et non-musulmans. Il expire lorsque les musulmans sont devenus assez puissants pour obtenir par la force ou par tout autre moyen ce qu’il avaient momentanément échoué à obtenir.
Mensonges - L’acte de cacher la vérité. Autorisé par la loi islamique aux musulmans lorsqu’ils craignent pour leur sécurité ou que cela sert la cause de l’islam.
Avec ces définitions à l’esprit, vous serez mieux préparés pour répondre ou débattre aux propos de musulmans.
Source : FrontpageMag : http://www.frontpagemag.com/Articles/Re ... 29CBC8BA9D
Traduction Bivouac-ID : http://www.bivouac-id.com/2008/12/13/le ... islamique/ Texte signalé par Tnr
Mon site internet : http://zad-almouslim.org/
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Re: TARIQ RAMADAN
LETTRE PERSANE LXVIII.
Nestor à Usbek
Je me souviens de ces Noëls de mon enfance, lorsque dans la soirée du 24 décembre, la radio diffusait des contes de circonstance. Mes préférés étaient Les Trois messes basses de Daudet et A Christmas carol de Dickens. Curieusement, deux histoires de fantômes. Dans le second, le spectre du défunt Jacob Marley annonçait à son ex-associé, l’affreux Scrooge, la visite de trois esprits, ectoplasmes qui le confronteraient successivement à un Noël de son passé, de son présent et de son futur. Partant de cette idée, j’ai imaginé pour vous, mon cher Usbek, ce que pourrait être les dépêches de l’AFP dans une vingtaine d’années, en décembre 2029 par exemple, vous laissant le soin de les mettre en perspective avec celles d’hier ou d’aujourd’hui :
Le vizir (ex-premier ministre), Olivier Besancenot, a inauguré une statue de Che Guevara à Neuilly. Le chef de la coalition trotsko- islamique, est à la tête du gouvernement depuis les violentes émeutes de Mai 2028 qui ont conduit à la dissolution du parlement et imposaient la cohabitation au président Delanoë, élu de justesse en 2027.
*
Selon le dernier rapport de l’INSEE sur les trois fonctions publiques (d’Etat, territoriale et hospitalière), la France compte désormais un fonctionnaire pour deux habitants. Ces chiffres ne tiennent pas compte des 1 200 000 mollahs employés dans les mosquées et les madrasas ou des 67 000 muezzins, également payés sur le budget de la nation.
*
La réforme du secondaire ne passe pas. Professeurs, lycéens et parents d’élèves sont vent debout contre Bruno Julliard, le ministre de l’Education nationale, à qui ils reprochent son mépris et sa volonté de casser le service public. Ils réclament davantage de moyens, faute desquels on court à la catastrophe et l’enseignement à deux vitesses. Sur les banderoles des manifestants, on peut lire : « Julliard té foutu, l’ajeunece é dan laru ! » Le ministre a répété son inquiétude à propos des 750 000 avocats, 450 000 professeurs d’Education physique, 1 200 000 psychiatres, psychologues ou conseillers psychologiques, 2 200 000 animateurs socioculturels, etc., produits par le système et pour la plupart sans emploi. Dans le même temps, rappelle-t-il, le pays ne trouve personne pour s’occuper de ses personnes âgées (35 % de la population) alors que l’on recense 6,3 millions de chômeurs.
*
« Nous avons maintenant, s’est réjoui le ministre de l’Environnement, cessé toute production industrielle sur le territoire et nous récoltons les fruits de cette politique visionnaire : Jamais la qualité de l’air n’a été aussi bonne et la vente de nos droits de pollution à la Chine, aux Indes ou au Brésil contribue de manière non négligeable à notre balance commerciale. » Le gouvernement étant plus que jamais déterminé à ramener la semaine de travail de 28 à 25 heures, cette situation, déjà fort remarquable, ne pourra donc aller qu’en s’améliorant.
*
Le président libyen, Hannibal Kadhafi, a dévoilé la plaque à l’effigie de son père apposée sur le fronton de l’aile « Mouammar Kadhafi », récemment ajoutée à l’hôpital Bouteflika (ex-Val-de-Grâce). Cet après-midi, il assistera à la cérémonie durant laquelle le sarcophage de Charles Martel sera retiré de Saint-Denis, basilique qui devrait prochainement être reconvertie en Mosquée. Seulement 0,3 % des derniers catholiques assistent encore à la messe du dimanche.
*
La présentation de « Tchadors & Burkas, slaves to Fashion », la collection d’hiver de Christian Dior s’est déroulée en présence de Tariq Ramadan, ministre DU Culte, et de Catherine Deneuve, toujours aussi belle.
*
A Bègles, Noël Mamère a célébré dans sa mairie l’union d’un de ses administrés avec Lassie, une jeune chienne de race Colley. « Ce premier mariage zoophile, s’est-il hautement réjoui, est une nouvelle avancée de la diversité. »
*
La culture bio de la marijuana a commencé à grande échelle en Beauce. Le ministre de l’Agriculture, José Bové, a garanti que l’herbe produite serait de première qualité et croîtrait sans OGM, nitrates ou pesticides.
*
Le ministre de l’Intérieur (et du Culte) a annoncé le démantèlement d’un important réseau de trafic de foie gras. Ce pâté, interdit par la Commission de Bruxelles en 2013, est produit clandestinement dans des laboratoires, cachés dans les forêts des Landes. Pas moins de 500 kg ont été saisis lors de ce raid qui porte un coup dur à la « Hossegor connection. »
*
La Halde, en association avec le ministre du Culte, vient de rendre publique la liste des nouveaux livres qui seront expurgés de la Bibliothèque Averroès (ex-BNF-François Mitterrand). « Il était grand temps, a déclaré ce dernier, d’en finir avec le répugnant travail de sape commencé par Montesquieu et Voltaire et poursuivi par Orwell et Koestler. » M. Ramadan a profité de l’occasion pour renouveler ses protestations à l’encontre du Louvre d’Abu Dhabi qui, plutôt que de les retourner à Paris où elles devaient être détruites pour « obscénité », a préféré garder et continuer à exposer les œuvres que nos anciens services de la culture lui avait prêtées.
*
L’IPAD, l’Institut de Prévention des Accidents Domestiques, met en garde les parents contre l’augmentation inquiétante du nombre et de la gravité des blessures subies lors des affrontements entre bandes de voisinage. Ce sport, extrêmement violent, rappelle l’IAPD, demande une assurance particulière, ne doit pas être pratiqué avant l’âge de 12 ans, et exige des équipements spéciaux de protection. Voire la liste agréée : casques, gilets pare-balles, cotte de mailles et gantelets « spécial machette », protège-tibias en titane, etc.
*
Bernard Henri-Lévy a publié dans le New Yorker l’interview du « Commandant Philippe » qu’il a réalisée en rencontrant clandestinement et au péril de sa vie ce chef rebelle, dit le « Fou du Puy ». « Du fond de la Vendée, a déclaré le philosophe avec sa passion coutumière, Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, le “ Lion du Bocage ”, livre un combat d’arrière garde contre l’ordre trosko-islamiste qui s’étend progressivement sur l’Occident. Le monde va-t-il laisser les Ayatollahs de Paris lancer de nouvelles colonnes infernales contre l’un des derniers bastions de résistance sur le continent sans broncher ?Je prédis 200 000 morts avant la fin de l’année si rien n’est fait. » L’infatigable « touriste du désastre » a ensuite regagné sa villa de Saint-Barthélemy où il a choisi de s’exiler.
*
Marie-George Buffet a été réélue premier secrétaire du Parti communiste. De son côté, François Bayrou, a fait savoir que, « plus que jamais, il était persuadé qu’il serait le recours de la nation en 2032. » De sa retraite de Melle, où elle met la main à « Sisyphe », le dramatique récit de son cinquième échec aux présidentielles, Ségolène Royal a fait savoir que « ses voix lui disent de se tenir prête pour de nouvelles victoires. »
*
La police traque dans les Catacombes des jeunes hooligans qui s’y réunissent clandestinement pour snifer des canapés de foie gras, en récitant des poèmes de Ronsard ou s’esclaffer grossièrement à des blagues non-politiquement correctes sur les blondes, les femmes, les Arabes, les homos, les juifs, les Corses, les belges, les fonctionnaires, etc. Dans la région de Nîmes, le gang qui organise des corridas clandestines, demeure insaisissable en raison de l’« omerta », pratiquée par une population rétrograde.
*
Joe Starr, le ministre de la culture, s’est félicité du succès rencontré par Rave-Party Paradise, le parc d’attractions qui a remplacé Disneyland à Marne-la-Vallée.
*
Patrick Lozès, le président du CRAN, toujours aussi déterminé dans son combat contre « l’élitisme contre-productif des concours administratifs », s’est scandalisé que, lors d’un QCM de culture générale, on ait encore osé demander à un candidat de catégorie C qui était le « calife Haroun-al-Rachid » ou « la princesse Badroulboudour ».
*
Bruno Julliard a décidé de reporter sa reforme du secondaire, promettant également de supprimer l’étude de l’économie et les cours d’apprentissage. « Le rôle de l’Education nationale, a-t-il déclaré, n’est pas de fournir de la chair à canon aux patrons, mais d’apprendre aux futurs salariés à savoir résister à l’emprise du capital. » Les lycéens qui ne désarment pas pour autant, ont décidé de poursuivre grèves et blocages des établissements. « Pas question de se laisser endormir ! », a expliqué leur porte-parole.
*
La commission sur l’avenir et la modernisation des commémorations publiques, rendant son rapport annuel, a constaté que 87 journées du souvenir ou de repentance sont actuellement observées sur le territoire sans préjudice pour l’activité économique puisque s’intégrant parfaitement à la semaine de 28 heures. Les lois mémorielles font désormais l’objet d’un code séparé.
*
Alors qu’il est devenu impossible de trouver en France un seul plombier, électricien ou peintre en bâtiment, Bercy a décidé d’exonérer d’impôts ces professions. La mesure sera neutre pour le contribuable, le gouvernant la finançant en réduisant les cadeaux fiscaux faits aux footballeurs. L’opposition ne s’est pas privée pour dénoncer ce « nouveau cadeau fait aux riches », rappelant que parmi les exilés fiscaux les plus fortunés, réfugiés en Suisse, les plombiers n’étaient pas les plus à plaindre.
*
Le ministre de l’Intérieur (et du culte) a présenté devant le Majlis al-Oumma, le conseil de la Nation (ex-sénat), son projet de retour aux châtiments corporels (bastonnade, amputation des mains, etc.). Il a souligné que la simple annonce de cette réforme avait fait baisser la criminalité de 30%, rappelant qu’un semblable phénomène avait été observé quand l’installation de radars avait été proposée pour en finir avec les excès de vitesses.
*
A Wall Street, suite au krach d’octobre 2029, survenu en dépit de tous les garde-fous instaurés après celui de 2008, la bourse continue de dévisser, entraînant toutes les corbeilles de la planète. Alain Bocquet, le ministre de l’Economie, s’est félicité que la nationalisation des banques et leur conversion en banques islamiques, la première mesure décrétée par le nouveau gouvernement, aient mis la France à l’abri de la tourmente. « Cette fois, c’est bien la fin du capitalisme. Le communisme est un combat d’avenir », s’est-il exalté. Néanmoins, la France demandera à la commission de Bruxelles de surseoir aux critères de Maastricht en nous accordant (provisoirement) de porter notre déficit de 15 à 18 % du PIB. Le pétrole qui, il y a deux mois encore grimpait à 420 dollars le baril, vient de repasser sous le seuil psychologique des 120. L’OPEP, aux abois, envisage de réduire sa production de 2 milliards de barils par jour.
*
Alain Duhamel, Jean-François Kahn et Serge July, toujours aussi verts, incisifs et rétro-clairvoyants ( il faut dire que critiquer les autres pendant cinquante ans n’est pas très fatigant), rejoignent le comité de rédaction de la « Chaîne chenue », récemment fondée par Philippe Gildas et Michel Drucker « pour les jeunes de 77 à 107 ans ». C’est P.P.D.A qui en présentera le JT.
RMC info a organisé une grande fête pour célébrer le millionième « Bougeons-nous ! », prononcé par Jean-Jacques Bourdin, au cours de sa populaire émission matinale. Rappelons que ce sympathique animateur, inventeur reconnu de la « Michucratie », siège à l’Académie française depuis maintenant trois ans.
Sur RTL, c’est la cinquante et unième année des Grosses têtes que l’on sablait le 6 décembre, jour du centenaire de son fondateur, Philippe Bouvard, toujours aussi pétillant d’esprit. La bonne humeur régnait, même si la plupart des sociétaires historiques avaient, hélas, disparu. De nouvelles recrues (Jamel Debbouze, Jean-Marie Bigard, Marion Cotillard, Loana…) avaient rejoint les derniers « immortels » (L’Amiral, Jean-Pierre Péroni…). Minute émouvante, cependant, quand, avec l’aide d’un médium, les joyeux compères conjurèrent les mânes de Jean-Pierre Coffe : « Esprit de Jean-Pierre es-tu là ? Un pet, oui. Deux pets, non. »
*
Malek Boutih, le président de la Halde, tout en se félicitant que la dernière promotion de l’ENA (« Oussama Ben Laden ») satisfasse maintenant globalement à la plupart des critères de la diversité (parité, ethnie, homosexualité, handicap,…) a regretté l’absence d’obèses (alors que la population en compte désormais plus d’un tiers. Il fait observer par ailleurs que la diminution de candidats « blancs », qui préoccupe certains, n’est pas due à une quelconque discrimination mais reflète seulement l’évolution démographique du pays.
*
Sur les chaînes de télévision publique, la publicité pour l’alimentation Halal et le Mecca Cola sera exceptionnellement autorisée à partir du 1er janvier 2030.
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Dans son discours d’Harare, Robert Mugabe, le centenaire de l’Afrique dont il est le plus vieux chef d’état, a déclaré que, sous sa direction éclairée, le Zimbabwe avait éradiqué la malnutrition, le sida, le choléra et l’analphabétisme. Comment, a-t-il ironisé, les « charlatans politiques » de son opposition, tous « traîtres, vendus et prostitués » à l’ancienne puissance coloniale anglaise peuvent-ils oser prétendre que l’espérance de vie est tombée à trente ans, alors que lui-même a fêté son cent cinquième anniversaire le 21 février de cette année ?
*
Le Canard enchaîné, dont la rédaction se trouve maintenant à Guernesey, révèle qu’aux présidentielles de 2032, le Ministre l’Intérieur et du Culte se présenterait contre Olivier Besancenot auquel il a succédé à la tête de la LRI (Ligue Révolutionnaire Islamique). En cas de victoire, il fusionnerait l’Education nationale avec les madrasas, dernière étape avant le passage à la théocratie.
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Taxi-IV a été désigné par l’Institut Européen du Film comme le meilleur film de tous les temps. Mille cinq cents artistes, critiques et historiens participent au jury de l’IEF pour dresser la liste des 100 meilleurs films continentaux.
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A Nuuk, capitale du Groenland indépendant, l’inauguration du pharaonique hôtel « Polar Star » dans une débauche de feux d’artifices et de champagne a coûté la bagatelle 50 millions de dollars. Une excentricité que peuvent se permettre les Inuits, indifférents à la crise et riches à milliards, depuis que la fonte des glaces due au réchauffement climatique a permis d’exploiter les immenses réserves pétrolières qui se trouvaient sous leur banquise. Ce fabuleux complexe s’enorgueillit d’une bulle de verre de deux mille mètres de diamètre sous la quelle on a reconstitué un morceau de désert et où le soleil tape à plus de 50 degrés. Entre deux méchouis servis par des houris, les touristes, habillés en bédouins, peuvent y cheminer à dos de chameaux en paresseuses caravanes, dormir sur des tapis sous une tente plantée au bord du point d’eau d’une oasis, acheter de l’or dans un caravansérail ou chasser au faucon, quand ils ne vont pas admirer des gravures rupestres.
*
J’arrête là ces fantaisies, mon cher Usbek. Chacun exorcise ses craintes comme il le peut et je veux à tout prix espérer que le pire n’est pas toujours certain, même si mon instinct me souffle qu’il est probable. Aussi me pardonnerez-vous cette pessimiste et grinçante uchronie.
Vous m’annoncez votre intention d’aller prendre quelques jours de congés chez votre oncle à Frankfort. Je vous souhaite donc d’heureuses retrouvailles avec votre famille… avant de me taire. Un de vos proverbes ne dit-il pas que « la véritable amitié, c’est quand le silence entre deux êtres devient confortable » ?
Paris, le 17 décembre 2008 [le 19 de la lune de Dhou-lhijja 1429]
Nestor à Usbek
Je me souviens de ces Noëls de mon enfance, lorsque dans la soirée du 24 décembre, la radio diffusait des contes de circonstance. Mes préférés étaient Les Trois messes basses de Daudet et A Christmas carol de Dickens. Curieusement, deux histoires de fantômes. Dans le second, le spectre du défunt Jacob Marley annonçait à son ex-associé, l’affreux Scrooge, la visite de trois esprits, ectoplasmes qui le confronteraient successivement à un Noël de son passé, de son présent et de son futur. Partant de cette idée, j’ai imaginé pour vous, mon cher Usbek, ce que pourrait être les dépêches de l’AFP dans une vingtaine d’années, en décembre 2029 par exemple, vous laissant le soin de les mettre en perspective avec celles d’hier ou d’aujourd’hui :
Le vizir (ex-premier ministre), Olivier Besancenot, a inauguré une statue de Che Guevara à Neuilly. Le chef de la coalition trotsko- islamique, est à la tête du gouvernement depuis les violentes émeutes de Mai 2028 qui ont conduit à la dissolution du parlement et imposaient la cohabitation au président Delanoë, élu de justesse en 2027.
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Selon le dernier rapport de l’INSEE sur les trois fonctions publiques (d’Etat, territoriale et hospitalière), la France compte désormais un fonctionnaire pour deux habitants. Ces chiffres ne tiennent pas compte des 1 200 000 mollahs employés dans les mosquées et les madrasas ou des 67 000 muezzins, également payés sur le budget de la nation.
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La réforme du secondaire ne passe pas. Professeurs, lycéens et parents d’élèves sont vent debout contre Bruno Julliard, le ministre de l’Education nationale, à qui ils reprochent son mépris et sa volonté de casser le service public. Ils réclament davantage de moyens, faute desquels on court à la catastrophe et l’enseignement à deux vitesses. Sur les banderoles des manifestants, on peut lire : « Julliard té foutu, l’ajeunece é dan laru ! » Le ministre a répété son inquiétude à propos des 750 000 avocats, 450 000 professeurs d’Education physique, 1 200 000 psychiatres, psychologues ou conseillers psychologiques, 2 200 000 animateurs socioculturels, etc., produits par le système et pour la plupart sans emploi. Dans le même temps, rappelle-t-il, le pays ne trouve personne pour s’occuper de ses personnes âgées (35 % de la population) alors que l’on recense 6,3 millions de chômeurs.
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« Nous avons maintenant, s’est réjoui le ministre de l’Environnement, cessé toute production industrielle sur le territoire et nous récoltons les fruits de cette politique visionnaire : Jamais la qualité de l’air n’a été aussi bonne et la vente de nos droits de pollution à la Chine, aux Indes ou au Brésil contribue de manière non négligeable à notre balance commerciale. » Le gouvernement étant plus que jamais déterminé à ramener la semaine de travail de 28 à 25 heures, cette situation, déjà fort remarquable, ne pourra donc aller qu’en s’améliorant.
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Le président libyen, Hannibal Kadhafi, a dévoilé la plaque à l’effigie de son père apposée sur le fronton de l’aile « Mouammar Kadhafi », récemment ajoutée à l’hôpital Bouteflika (ex-Val-de-Grâce). Cet après-midi, il assistera à la cérémonie durant laquelle le sarcophage de Charles Martel sera retiré de Saint-Denis, basilique qui devrait prochainement être reconvertie en Mosquée. Seulement 0,3 % des derniers catholiques assistent encore à la messe du dimanche.
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La présentation de « Tchadors & Burkas, slaves to Fashion », la collection d’hiver de Christian Dior s’est déroulée en présence de Tariq Ramadan, ministre DU Culte, et de Catherine Deneuve, toujours aussi belle.
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A Bègles, Noël Mamère a célébré dans sa mairie l’union d’un de ses administrés avec Lassie, une jeune chienne de race Colley. « Ce premier mariage zoophile, s’est-il hautement réjoui, est une nouvelle avancée de la diversité. »
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La culture bio de la marijuana a commencé à grande échelle en Beauce. Le ministre de l’Agriculture, José Bové, a garanti que l’herbe produite serait de première qualité et croîtrait sans OGM, nitrates ou pesticides.
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Le ministre de l’Intérieur (et du Culte) a annoncé le démantèlement d’un important réseau de trafic de foie gras. Ce pâté, interdit par la Commission de Bruxelles en 2013, est produit clandestinement dans des laboratoires, cachés dans les forêts des Landes. Pas moins de 500 kg ont été saisis lors de ce raid qui porte un coup dur à la « Hossegor connection. »
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La Halde, en association avec le ministre du Culte, vient de rendre publique la liste des nouveaux livres qui seront expurgés de la Bibliothèque Averroès (ex-BNF-François Mitterrand). « Il était grand temps, a déclaré ce dernier, d’en finir avec le répugnant travail de sape commencé par Montesquieu et Voltaire et poursuivi par Orwell et Koestler. » M. Ramadan a profité de l’occasion pour renouveler ses protestations à l’encontre du Louvre d’Abu Dhabi qui, plutôt que de les retourner à Paris où elles devaient être détruites pour « obscénité », a préféré garder et continuer à exposer les œuvres que nos anciens services de la culture lui avait prêtées.
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L’IPAD, l’Institut de Prévention des Accidents Domestiques, met en garde les parents contre l’augmentation inquiétante du nombre et de la gravité des blessures subies lors des affrontements entre bandes de voisinage. Ce sport, extrêmement violent, rappelle l’IAPD, demande une assurance particulière, ne doit pas être pratiqué avant l’âge de 12 ans, et exige des équipements spéciaux de protection. Voire la liste agréée : casques, gilets pare-balles, cotte de mailles et gantelets « spécial machette », protège-tibias en titane, etc.
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Bernard Henri-Lévy a publié dans le New Yorker l’interview du « Commandant Philippe » qu’il a réalisée en rencontrant clandestinement et au péril de sa vie ce chef rebelle, dit le « Fou du Puy ». « Du fond de la Vendée, a déclaré le philosophe avec sa passion coutumière, Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, le “ Lion du Bocage ”, livre un combat d’arrière garde contre l’ordre trosko-islamiste qui s’étend progressivement sur l’Occident. Le monde va-t-il laisser les Ayatollahs de Paris lancer de nouvelles colonnes infernales contre l’un des derniers bastions de résistance sur le continent sans broncher ?Je prédis 200 000 morts avant la fin de l’année si rien n’est fait. » L’infatigable « touriste du désastre » a ensuite regagné sa villa de Saint-Barthélemy où il a choisi de s’exiler.
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Marie-George Buffet a été réélue premier secrétaire du Parti communiste. De son côté, François Bayrou, a fait savoir que, « plus que jamais, il était persuadé qu’il serait le recours de la nation en 2032. » De sa retraite de Melle, où elle met la main à « Sisyphe », le dramatique récit de son cinquième échec aux présidentielles, Ségolène Royal a fait savoir que « ses voix lui disent de se tenir prête pour de nouvelles victoires. »
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La police traque dans les Catacombes des jeunes hooligans qui s’y réunissent clandestinement pour snifer des canapés de foie gras, en récitant des poèmes de Ronsard ou s’esclaffer grossièrement à des blagues non-politiquement correctes sur les blondes, les femmes, les Arabes, les homos, les juifs, les Corses, les belges, les fonctionnaires, etc. Dans la région de Nîmes, le gang qui organise des corridas clandestines, demeure insaisissable en raison de l’« omerta », pratiquée par une population rétrograde.
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Joe Starr, le ministre de la culture, s’est félicité du succès rencontré par Rave-Party Paradise, le parc d’attractions qui a remplacé Disneyland à Marne-la-Vallée.
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Patrick Lozès, le président du CRAN, toujours aussi déterminé dans son combat contre « l’élitisme contre-productif des concours administratifs », s’est scandalisé que, lors d’un QCM de culture générale, on ait encore osé demander à un candidat de catégorie C qui était le « calife Haroun-al-Rachid » ou « la princesse Badroulboudour ».
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Bruno Julliard a décidé de reporter sa reforme du secondaire, promettant également de supprimer l’étude de l’économie et les cours d’apprentissage. « Le rôle de l’Education nationale, a-t-il déclaré, n’est pas de fournir de la chair à canon aux patrons, mais d’apprendre aux futurs salariés à savoir résister à l’emprise du capital. » Les lycéens qui ne désarment pas pour autant, ont décidé de poursuivre grèves et blocages des établissements. « Pas question de se laisser endormir ! », a expliqué leur porte-parole.
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La commission sur l’avenir et la modernisation des commémorations publiques, rendant son rapport annuel, a constaté que 87 journées du souvenir ou de repentance sont actuellement observées sur le territoire sans préjudice pour l’activité économique puisque s’intégrant parfaitement à la semaine de 28 heures. Les lois mémorielles font désormais l’objet d’un code séparé.
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Alors qu’il est devenu impossible de trouver en France un seul plombier, électricien ou peintre en bâtiment, Bercy a décidé d’exonérer d’impôts ces professions. La mesure sera neutre pour le contribuable, le gouvernant la finançant en réduisant les cadeaux fiscaux faits aux footballeurs. L’opposition ne s’est pas privée pour dénoncer ce « nouveau cadeau fait aux riches », rappelant que parmi les exilés fiscaux les plus fortunés, réfugiés en Suisse, les plombiers n’étaient pas les plus à plaindre.
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Le ministre de l’Intérieur (et du culte) a présenté devant le Majlis al-Oumma, le conseil de la Nation (ex-sénat), son projet de retour aux châtiments corporels (bastonnade, amputation des mains, etc.). Il a souligné que la simple annonce de cette réforme avait fait baisser la criminalité de 30%, rappelant qu’un semblable phénomène avait été observé quand l’installation de radars avait été proposée pour en finir avec les excès de vitesses.
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A Wall Street, suite au krach d’octobre 2029, survenu en dépit de tous les garde-fous instaurés après celui de 2008, la bourse continue de dévisser, entraînant toutes les corbeilles de la planète. Alain Bocquet, le ministre de l’Economie, s’est félicité que la nationalisation des banques et leur conversion en banques islamiques, la première mesure décrétée par le nouveau gouvernement, aient mis la France à l’abri de la tourmente. « Cette fois, c’est bien la fin du capitalisme. Le communisme est un combat d’avenir », s’est-il exalté. Néanmoins, la France demandera à la commission de Bruxelles de surseoir aux critères de Maastricht en nous accordant (provisoirement) de porter notre déficit de 15 à 18 % du PIB. Le pétrole qui, il y a deux mois encore grimpait à 420 dollars le baril, vient de repasser sous le seuil psychologique des 120. L’OPEP, aux abois, envisage de réduire sa production de 2 milliards de barils par jour.
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Alain Duhamel, Jean-François Kahn et Serge July, toujours aussi verts, incisifs et rétro-clairvoyants ( il faut dire que critiquer les autres pendant cinquante ans n’est pas très fatigant), rejoignent le comité de rédaction de la « Chaîne chenue », récemment fondée par Philippe Gildas et Michel Drucker « pour les jeunes de 77 à 107 ans ». C’est P.P.D.A qui en présentera le JT.
RMC info a organisé une grande fête pour célébrer le millionième « Bougeons-nous ! », prononcé par Jean-Jacques Bourdin, au cours de sa populaire émission matinale. Rappelons que ce sympathique animateur, inventeur reconnu de la « Michucratie », siège à l’Académie française depuis maintenant trois ans.
Sur RTL, c’est la cinquante et unième année des Grosses têtes que l’on sablait le 6 décembre, jour du centenaire de son fondateur, Philippe Bouvard, toujours aussi pétillant d’esprit. La bonne humeur régnait, même si la plupart des sociétaires historiques avaient, hélas, disparu. De nouvelles recrues (Jamel Debbouze, Jean-Marie Bigard, Marion Cotillard, Loana…) avaient rejoint les derniers « immortels » (L’Amiral, Jean-Pierre Péroni…). Minute émouvante, cependant, quand, avec l’aide d’un médium, les joyeux compères conjurèrent les mânes de Jean-Pierre Coffe : « Esprit de Jean-Pierre es-tu là ? Un pet, oui. Deux pets, non. »
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Malek Boutih, le président de la Halde, tout en se félicitant que la dernière promotion de l’ENA (« Oussama Ben Laden ») satisfasse maintenant globalement à la plupart des critères de la diversité (parité, ethnie, homosexualité, handicap,…) a regretté l’absence d’obèses (alors que la population en compte désormais plus d’un tiers. Il fait observer par ailleurs que la diminution de candidats « blancs », qui préoccupe certains, n’est pas due à une quelconque discrimination mais reflète seulement l’évolution démographique du pays.
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Sur les chaînes de télévision publique, la publicité pour l’alimentation Halal et le Mecca Cola sera exceptionnellement autorisée à partir du 1er janvier 2030.
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Dans son discours d’Harare, Robert Mugabe, le centenaire de l’Afrique dont il est le plus vieux chef d’état, a déclaré que, sous sa direction éclairée, le Zimbabwe avait éradiqué la malnutrition, le sida, le choléra et l’analphabétisme. Comment, a-t-il ironisé, les « charlatans politiques » de son opposition, tous « traîtres, vendus et prostitués » à l’ancienne puissance coloniale anglaise peuvent-ils oser prétendre que l’espérance de vie est tombée à trente ans, alors que lui-même a fêté son cent cinquième anniversaire le 21 février de cette année ?
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Le Canard enchaîné, dont la rédaction se trouve maintenant à Guernesey, révèle qu’aux présidentielles de 2032, le Ministre l’Intérieur et du Culte se présenterait contre Olivier Besancenot auquel il a succédé à la tête de la LRI (Ligue Révolutionnaire Islamique). En cas de victoire, il fusionnerait l’Education nationale avec les madrasas, dernière étape avant le passage à la théocratie.
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Taxi-IV a été désigné par l’Institut Européen du Film comme le meilleur film de tous les temps. Mille cinq cents artistes, critiques et historiens participent au jury de l’IEF pour dresser la liste des 100 meilleurs films continentaux.
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A Nuuk, capitale du Groenland indépendant, l’inauguration du pharaonique hôtel « Polar Star » dans une débauche de feux d’artifices et de champagne a coûté la bagatelle 50 millions de dollars. Une excentricité que peuvent se permettre les Inuits, indifférents à la crise et riches à milliards, depuis que la fonte des glaces due au réchauffement climatique a permis d’exploiter les immenses réserves pétrolières qui se trouvaient sous leur banquise. Ce fabuleux complexe s’enorgueillit d’une bulle de verre de deux mille mètres de diamètre sous la quelle on a reconstitué un morceau de désert et où le soleil tape à plus de 50 degrés. Entre deux méchouis servis par des houris, les touristes, habillés en bédouins, peuvent y cheminer à dos de chameaux en paresseuses caravanes, dormir sur des tapis sous une tente plantée au bord du point d’eau d’une oasis, acheter de l’or dans un caravansérail ou chasser au faucon, quand ils ne vont pas admirer des gravures rupestres.
*
J’arrête là ces fantaisies, mon cher Usbek. Chacun exorcise ses craintes comme il le peut et je veux à tout prix espérer que le pire n’est pas toujours certain, même si mon instinct me souffle qu’il est probable. Aussi me pardonnerez-vous cette pessimiste et grinçante uchronie.
Vous m’annoncez votre intention d’aller prendre quelques jours de congés chez votre oncle à Frankfort. Je vous souhaite donc d’heureuses retrouvailles avec votre famille… avant de me taire. Un de vos proverbes ne dit-il pas que « la véritable amitié, c’est quand le silence entre deux êtres devient confortable » ?
Paris, le 17 décembre 2008 [le 19 de la lune de Dhou-lhijja 1429]

- yacoub
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Re: TARIQ RAMADAN
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- Georges
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Re: TARIQ RAMADAN
Au nom des Palestiniens
Tariq Ramadan
Mardi 30 décembre 2008
Il est surprenant, et au fond révoltant, de voir combien, quand il s’agit des Palestiniens, nous manquons de mémoire et de mises en perspective. Alors que la conscience juive appelle, avec juste raison, tous les pouvoirs et tous les citoyens du monde à un constant travail de mémoire pour ne pas oublier les atrocités, les massacres et les génocides du passé, voilà que nous sommes invités à des évaluations instantanées et sans perspectives quand il s’agit de la politique de l’Etat d’Israël. Ainsi, nous aurions affaire à deux belligérants de puissance égale et après six mois de trêve, un des deux acteurs du conflit (les Palestiniens) aurait donc rompu la trêve en lançant des rockets. L’agressé (Israël) n’aurait eu d’autre choix que de se défendre. C’est ce que vend au monde le pouvoir israélien et que relaient la majorité des médias occidentaux, soutenus par l’administration Bush et de nombreux gouvernements d’Europe. Les plus courageux osent à peine relever, avec maintes réserves de circonstance, une disproportion dans la « réaction israélienne ». Quel courage !
Quels mensonges surtout ! Cela fait des décennies – et bien avant l’arrivée au pouvoir de Hamas – que les Palestiniens voient leur dignité bafouée et leurs droits légitimes niés. Des accords de « paix » d’Oslo aux différentes négociations (et parfois compromissions), des multiples promesses aux mises en scène de retraits « médiatiques », les représentants palestiniens n’ont rien obtenu pour leur peuple. Le gouvernement israélien, de gauche comme de droite, gagne du temps, ment, exécute sommairement des opposants, compte pour rien, ou presque, les morts civils palestiniens (autant de dommages collatéraux à la sécurité d’Israël) alors qu’il continue à autoriser les colonies de peuplement et à pousser toujours plus loin sa politique du fait accompli. De nombreux experts, dont le rapporteur spécial des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Richard Falk, affirment que la politique israélienne ne respecte pas les conventions de Genève, et qu’elle est en train, dans les faits, de rendre impossible la solution des deux Etats.
Le gouvernement israélien a décidé la construction d’un mur qui enferme la population de Cisjordanie (en se moquant des décisions de l’Assemblée des Nations Unies) et a soumis la population de Gaza à un siège et à un embargo qui ont entraîné une situation de famine, une pénurie de médicaments et de soins, un chômage massif et un quotidien misérable et sans espérance. Les associations humanitaires, venues du monde entier, se sont vues empêchées de travailler, de pourvoir aux besoins et de faire parvenir du matériel et des vivres. En sus, il faut rappeler que la trêve du 19 juin au 19 décembre 2008 était soumise à des conditions : la levée du siège et de l’embargo de Gaza et l’ouverture partielle de la frontière avec l’Egypte. Aucune condition n’a été respectée par Israël (et l’Egypte) et la population palestinienne a été livrée à un traitement inhumain depuis des années, des mois et des semaines. Il faudrait oublier ces réalités et voir justifiés les massacres de ces derniers jours !? Les Palestiniens seraient responsables de leur sort parce que des rockets ont été envoyées depuis Gaza !? S’ajoutent aux absences de mémoire coupable, une perte du sens des proportions : le nombre de victimes israéliennes est à multiplier par cent, deux cents, trois cents par rapport aux civils palestiniens tués par les décisions officielles du gouvernement israélien.
Ce dernier se moque des institutions et de la soi disant « communauté » internationales. Ce qui compte, désormais, c’est de s’assurer du soutien unilatéral des Etats-Unis et du silence complice des gouvernements européens. Un travail efficace de communication et de relais médiatiques (avec une dose de désinformation caractérisée) suffisent, par ailleurs, au gouvernement israélien pour gagner du temps et soumettre une population d’un million et demi d’âmes à un siège inhumain puis à un massacre insupportable. Nous sommes tous réduits à l’état de spectateurs que la « neutralité » devrait sauver de la mauvaise conscience. D’autant que le cynisme est à son comble lorsque l’on sait que la mort des centaines de civils palestiniens est aussi liée aux calculs politiciens des leaders israéliens soucieux de montrer leur force et leur détermination avant les prochaines élections. La déroute libanaise en août 2006 devait être rectifiée : qu’importe la vie des innocents, des enfants et des femmes palestiniens, puisque ce qui compte c’est de mobiliser les votants et gagner les élections. Opération réussie s’il en faut : 80% des Israéliens soutiennent les opérations meurtrières à Gaza. Effrayant !
Peut-on encore espérer quelque chose de la « communauté internationale » des Etats et des gouvernements lorsque l’on observe comment ceux-ci réagissent en Orient comme en Occident. Le silence complice, l’hypocrisie, l’attentisme, voire le mépris pour la vie des Palestiniens que d’aucuns aimeraient voir disparaître en Jordanie, au Liban ou dans n’importe quels camps de réfugiés « temporairement définitifs ». Il est l’heure d’engager un mouvement international, global, de résistance non violente à la politique violente, et extrémiste, de l’Etat d’Israël. Il importe de mobiliser l’opinion publique en diffusant une information rigoureuse et permanente sur la situation de la population palestinienne, en multipliant les articles, les conférences et les manifestations de soutien au peuple palestinien tout en développant une meilleure synergie entre les efforts et les activités qui sont déjà menés par de nombreuses organisations à travers le monde. Les Palestiniens, nous le savons, ne céderont pas et continueront à défendre leurs droits légitimes sur le terrain et il importe que, à travers le monde, nous soutenions de façon déterminée et pacifique leur résistance. Israël, contrairement aux apparences et à sa phénoménale puissance militaire, n’a de loin pas gagné ce conflit et sa société est traversée par des crises multiples et profondes. Il est urgent que l’Etat et la population d’Israël comprennent qu’il n’y a pour eux aucun avenir de sécurité, et simplement de survie, sans la reconnaissance des droits et de la dignité des Palestiniens. Gagner du temps, s’aveugler, s’enfermer dans des opérations invraisemblables et d’horribles massacres ne garantit pas la victoire. Au contraire. Bien au contraire.
© Tariq Ramadan 2008
Source : Tariq Ramadan
http://www.tariqramadan.com/...
Tariq Ramadan
Mardi 30 décembre 2008
Il est surprenant, et au fond révoltant, de voir combien, quand il s’agit des Palestiniens, nous manquons de mémoire et de mises en perspective. Alors que la conscience juive appelle, avec juste raison, tous les pouvoirs et tous les citoyens du monde à un constant travail de mémoire pour ne pas oublier les atrocités, les massacres et les génocides du passé, voilà que nous sommes invités à des évaluations instantanées et sans perspectives quand il s’agit de la politique de l’Etat d’Israël. Ainsi, nous aurions affaire à deux belligérants de puissance égale et après six mois de trêve, un des deux acteurs du conflit (les Palestiniens) aurait donc rompu la trêve en lançant des rockets. L’agressé (Israël) n’aurait eu d’autre choix que de se défendre. C’est ce que vend au monde le pouvoir israélien et que relaient la majorité des médias occidentaux, soutenus par l’administration Bush et de nombreux gouvernements d’Europe. Les plus courageux osent à peine relever, avec maintes réserves de circonstance, une disproportion dans la « réaction israélienne ». Quel courage !
Quels mensonges surtout ! Cela fait des décennies – et bien avant l’arrivée au pouvoir de Hamas – que les Palestiniens voient leur dignité bafouée et leurs droits légitimes niés. Des accords de « paix » d’Oslo aux différentes négociations (et parfois compromissions), des multiples promesses aux mises en scène de retraits « médiatiques », les représentants palestiniens n’ont rien obtenu pour leur peuple. Le gouvernement israélien, de gauche comme de droite, gagne du temps, ment, exécute sommairement des opposants, compte pour rien, ou presque, les morts civils palestiniens (autant de dommages collatéraux à la sécurité d’Israël) alors qu’il continue à autoriser les colonies de peuplement et à pousser toujours plus loin sa politique du fait accompli. De nombreux experts, dont le rapporteur spécial des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Richard Falk, affirment que la politique israélienne ne respecte pas les conventions de Genève, et qu’elle est en train, dans les faits, de rendre impossible la solution des deux Etats.
Le gouvernement israélien a décidé la construction d’un mur qui enferme la population de Cisjordanie (en se moquant des décisions de l’Assemblée des Nations Unies) et a soumis la population de Gaza à un siège et à un embargo qui ont entraîné une situation de famine, une pénurie de médicaments et de soins, un chômage massif et un quotidien misérable et sans espérance. Les associations humanitaires, venues du monde entier, se sont vues empêchées de travailler, de pourvoir aux besoins et de faire parvenir du matériel et des vivres. En sus, il faut rappeler que la trêve du 19 juin au 19 décembre 2008 était soumise à des conditions : la levée du siège et de l’embargo de Gaza et l’ouverture partielle de la frontière avec l’Egypte. Aucune condition n’a été respectée par Israël (et l’Egypte) et la population palestinienne a été livrée à un traitement inhumain depuis des années, des mois et des semaines. Il faudrait oublier ces réalités et voir justifiés les massacres de ces derniers jours !? Les Palestiniens seraient responsables de leur sort parce que des rockets ont été envoyées depuis Gaza !? S’ajoutent aux absences de mémoire coupable, une perte du sens des proportions : le nombre de victimes israéliennes est à multiplier par cent, deux cents, trois cents par rapport aux civils palestiniens tués par les décisions officielles du gouvernement israélien.
Ce dernier se moque des institutions et de la soi disant « communauté » internationales. Ce qui compte, désormais, c’est de s’assurer du soutien unilatéral des Etats-Unis et du silence complice des gouvernements européens. Un travail efficace de communication et de relais médiatiques (avec une dose de désinformation caractérisée) suffisent, par ailleurs, au gouvernement israélien pour gagner du temps et soumettre une population d’un million et demi d’âmes à un siège inhumain puis à un massacre insupportable. Nous sommes tous réduits à l’état de spectateurs que la « neutralité » devrait sauver de la mauvaise conscience. D’autant que le cynisme est à son comble lorsque l’on sait que la mort des centaines de civils palestiniens est aussi liée aux calculs politiciens des leaders israéliens soucieux de montrer leur force et leur détermination avant les prochaines élections. La déroute libanaise en août 2006 devait être rectifiée : qu’importe la vie des innocents, des enfants et des femmes palestiniens, puisque ce qui compte c’est de mobiliser les votants et gagner les élections. Opération réussie s’il en faut : 80% des Israéliens soutiennent les opérations meurtrières à Gaza. Effrayant !
Peut-on encore espérer quelque chose de la « communauté internationale » des Etats et des gouvernements lorsque l’on observe comment ceux-ci réagissent en Orient comme en Occident. Le silence complice, l’hypocrisie, l’attentisme, voire le mépris pour la vie des Palestiniens que d’aucuns aimeraient voir disparaître en Jordanie, au Liban ou dans n’importe quels camps de réfugiés « temporairement définitifs ». Il est l’heure d’engager un mouvement international, global, de résistance non violente à la politique violente, et extrémiste, de l’Etat d’Israël. Il importe de mobiliser l’opinion publique en diffusant une information rigoureuse et permanente sur la situation de la population palestinienne, en multipliant les articles, les conférences et les manifestations de soutien au peuple palestinien tout en développant une meilleure synergie entre les efforts et les activités qui sont déjà menés par de nombreuses organisations à travers le monde. Les Palestiniens, nous le savons, ne céderont pas et continueront à défendre leurs droits légitimes sur le terrain et il importe que, à travers le monde, nous soutenions de façon déterminée et pacifique leur résistance. Israël, contrairement aux apparences et à sa phénoménale puissance militaire, n’a de loin pas gagné ce conflit et sa société est traversée par des crises multiples et profondes. Il est urgent que l’Etat et la population d’Israël comprennent qu’il n’y a pour eux aucun avenir de sécurité, et simplement de survie, sans la reconnaissance des droits et de la dignité des Palestiniens. Gagner du temps, s’aveugler, s’enfermer dans des opérations invraisemblables et d’horribles massacres ne garantit pas la victoire. Au contraire. Bien au contraire.
© Tariq Ramadan 2008
Source : Tariq Ramadan
http://www.tariqramadan.com/...
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928
https://www.facebook.com/georges.hulot.18
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928
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Re: TARIQ RAMADAN
Une adepte de Ramadan
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- Georges
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Re: TARIQ RAMADAN
BHL, un Grand Témoin inutile...
Par Philippe Bilger, magistrat. Qui revient sur le sens du témoignage de Bernard henri Lévy au procès de Siné à Lyon.
La Justice a-t-elle vraiment besoin de Bernard-Henri Lévy ? Le sentiment de vérité et de justice aussi bien que l'institution judiciaire elle-même ?
La question doit se poser puisque l'intellectuel préféré des médias, à la fois donneur de leçons, mondain et milliardaire, s'est multiplié à Lyon où il a été témoin - je corrige : Grand Témoin - dans le procès de presse intenté par la LICRA contre Siné et dans une affaire criminelle où il lui était demandé à toute force de convaincre que le crime était raciste. Dans cette double situation, BHL s'est employé à faire ce qu'on attendait de lui : utiliser son intelligence flamboyante, impérieuse et biaisée pour laisser croire qu'il était détenteur par essence du Vrai, du Juste et de l'Ethique, donc irréfutable ! J'espère qu'on saura lui résister.
Le singulier vaut pluriel
Les ministères publics apparemment n'ont pas succombé (Le Monde et Le Parisien) et la cour d'assises du Rhône, avec son jury populaire, n'a pas été conquise non plus.
Sur le débat ayant opposé Philippe Val à Siné et, avec le premier, tous les hémiplégiques de la liberté d'expression - ce qui est bon contre Mahomet n'est pas tolérable pour Jean Sarkozy -, je n'aurais rien désiré ajouter de plus que ce que j'avais déjà mentionné dans un billet sur Siné et Le Monde. Toutefois, comme Fernand Schir, le président du tribunal correctionnel de Lyon, a bien voulu à ce sujet faire part de mon opinion à BHL - j'estimais qu'on avait le droit de dénoncer un comportement singulier mais que l'offense plurielle et globale aurait, elle, pu caractériser le racisme ou l'antisémitisme - et que celui-ci a répliqué, je m'autorise un commentaire.
D'abord je remercie mon collègue de m'avoir fait l'honneur, par son entremise, d'apporter la contradiction à BHL. Ensuite, si j'ai esquissé cette analyse, c'est avec la prudence et la retenue, le doute créatif qui doivent imprégner toute réflexion véritable dans le domaine si compliqué et incertain du droit de la presse. Il va de soi que je n'ai jamais eu l'outrecuidance, parce que précisément je connaissais la matière, d'émettre un avis péremptoire et indiscutable sur cette polémique concernant Siné. Il me semble toutefois que j'ai ouvert une piste sérieuse qui est de nature à favoriser la liberté d'expression. Aussi, quelle n'a pas été ma déception en lisant la réaction du philosophe qui s'est contenté avec assurance de signifier «qu'en cette matière le singulier vaut pluriel». Le tour est joué. Tout est dans tout, l'unique vaut le multiple et l'antisémitisme est partout. J'y reviendrai mais il m'apparaît que c'est déjà une offense au combat légitime contre ce fléau que cette désinvolture de la réponse, cette négligence hautaine dans l'argumentation.
Question de principe ou solidarité de potes ?
Derrière cette intervention de BHL à la demande de la LICRA, je vois moins l'indignation de personnalités moralement affectées que la solidarité d'une confrérie de copains contre "un type" qu'ils n'aiment pas, Siné. Quel bonheur intellectuel j'ai savouré lorsque j'ai appris que notre collègue parquetier lyonnais avait requis la relaxe au bénéfice de Siné ! Je me suis senti confirmé dans mon éloge judiciaire de la province alors qu'à Paris, dans une instance opposant le même Siné à Claude Askolovitch qui l'avait traité «d'antisémite», le ministère public n'a pas hésité à requérir, au nom de la liberté d'expression, la relaxe du second qui l'avait pourtant déniée au premier ! Je choisis la cohérence lyonnaise. En attendant le jugement.
Déni de Justice ?
L'irruption de BHL dans l'espace judiciaire n'était rien à côté de celle qu'il a opérée dans un débat criminel infiniment plus grave que les excellents articles de Patricia Jolly, dans Le Monde, nous ont permis de suivre et de comprendre. Il est vrai que BHL s'était déjà commis, dans une chronique du Point en date du 30 mars 2006, à dénoncer - comme s'il y était ! - le caractère xénophobe du crime. A l'audience, il a fait bien davantage. Contre beaucoup de témoignages, contre les dires de l'accusé lui-même, contre la vérité, pour lui déplaisante, d'un crime qui n'était pas raciste, il a proclamé le contraire au nom d'une argumentation perverse et grosse d'infinis dangers pour tous les innocents de la pensée. Comme l'a justement souligné l'avocat de l'accusé Garcia, «cette terrible théorie venant tout droit de Saint-Germain-des-Prés» fait du silence une infraction. BHL, qui n'en était plus à une outrance près, a osé dire que le refus de reconnaître la nature raciste du crime constituerait «un déni de justice ». Ainsi, le Grand Témoin s'étant prononcé, la cour d'assises n'avait qu'à humblement se soumettre à son diktat ! Heureusement, le procureur général Viout a mis la vérité au centre des débats et notre essayiste à sa place. En attendant l'arrêt de la cour d'assises.
Que la LICRA, faisant racisme de toute parole et de tout écrit - il serait dramatique d'être en retard d'une indignation même si, avec cette précipitation, on détruit une liberté républicaine fondamentale - cite comme témoin BHL, c'est dans l'ordre préoccupant des choses. On ne sait jamais, ce que son argumentation ne démontrera pas, sa réputation peut-être l'établira. Mais que François Saint-Pierre, avocat de la partie civile dans le procès criminel, ait jugé utile de faire venir le philosophe au soutien de sa cause est beaucoup plus étonnant. Cela permet de conclure que même un très grand avocat n'est pas totalement libre dans cette terrible et éprouvante nasse qu'est la défense de partie civile. Que venait donc faire BHL dans cette galère ?
Philippe Bilger (DR) Vérité judaïque ?
Quel gain ce conseil brillant pouvait-il espérer de cette intrusion incongrue et de cette dénonciation accusatrice à proportion de l'ignorance de celui qui la proférait ? Car, enfin, que ce soit pour l'audience correctionnelle ou pour la cour d'assises, quelle compétence particulière avait ce Grand Témoin pour venir offrir ses prétendues lumières ? Il n'était pas juriste, n'avait nulle légitimité pour effectuer une analyse technique de l'écrit de Siné. Certes, comme il l'a dit lui-même, il «pense»mais au risque de le désobliger, une multitude de penseurs, d'intelligences n'ont pas cru nécessaire, au nom de leur seule individualité d'être humain et de citoyen, de s'avancer dans la lumière pour proclamer des certitudes aussi néfastes à la démocratie qu'à l'équité et à la justice.
D'où viendrait alors à BHL cette audace de se croire sans cesse dépositaire de l'universel, mandaté en permanence pour arbitrer et proclamer en notre nom, fondé à décréter sans trembler un tel pur et tel autre raciste ou antisémite ? Faut-il aller jusqu'à cette interrogation risquée : parce que BHL est juif, il se déclarerait investi, bien plus que quiconque, de la mission de séparer le bon grain de l'ivraie et infiniment habile et avisé dans l'identification de l'un ou de l'autre ? On aboutirait ainsi à un privilège qui serait octroyé à un intellectuel non pas en raison de ce qu'il pense mais de ce qu'il est. Quelle dérive que cette présomption si elle existe !
«Le silence est une infraction»
Ainsi, pour BHL, on est raciste ou antisémite parce qu'on affirme qu'on ne l'est pas. En effet, «le silence est une infraction». Qui ne voit l'impressionnant rouleau compresseur de la liberté qui risque de se mettre en branle ? Lorsque BHL répond à un journaliste, qui lui demande «comment faire alors pour démontrer qu'on n'est pas raciste ou antisémite », que lui sait «qui est raciste ou antisémite » et que les médias sont responsables de la vulgarité et de l'effervescence qui accompagnent ses interventions, il demeure avec complaisance dans le registre du totalitarisme personnel. Il impose, par décret, son autorité intellectuelle et espère qu'elle tiendra lieu de tout. Plus personne n'est à l'abri sur le plan du racisme et de l'antisémitisme puisque nous sommes tous coupables de nous taire ou de nous exprimer. Faire silence sur le pire, c'est l'admettre. Dire, c'est forcément du racisme ou de l'antisémitisme. C'est Garcia l'accusé ou Siné le polémiste honni. Notre juge, notre Grand Témoin, c'est BHL. Le monde ainsi est bien ordonné qui l'a offert à ceux qui errent dans le noir et qui n'ont plus qu'à s'en remettre à lui.
Peu de lucidité et tant d'ivresse
Il n'y a pas de quoi rire. Si le judiciaire semble s'être sorti à son avantage des avancées imprudentes de BHL, je suis stupéfié, en revanche, par la complaisance médiatique. Il est vrai qu'au sujet de BHL, on l'a souvent évoquée ; mais dans ces péripéties lyonnaises, elle atteint son comble. Des journaux les ont narrées sans insister mais pour décrire leur caractère à la fois ridicule et dangereux, personne ne s'est levé. Il fait peur apparemment. J'admets ses puissances secrètes, l'étendue de son emprise, les clientélismes qui s'abreuvent à sa source, son aura indéniable et inquiétante. Il n'y a pas qu'en économie que les «maîtres du monde » sont à craindre. Il suffit de lire le récit de son cher ami Enthoven sur la vie festive et occulte de BHL et de son épouse à Tanger pour percevoir qu'on ne fait pas le poids, que les médias, pour la plupart, rampent parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Pas tous les médias heureusement, mais si peu de lucidité pour tant d'ivresse. Un article à la fois informé et d'une pertinente distance critique de Fabrice Arfi dans Mediapart. Un billet percutant de Philippe Cohen dans Marianne 2 qui éclaire la contradiction entre le soutien à Salman Rushdie et la chasse à Siné. C'est tout. Je songe à Marguerite Duras qui, en dépit de son génie, ne s'était jamais vraiment remise de son «forcément sublime» au sujet de Christine Villemin que son intuition erratique sentait coupable. Ce qu'elle a subi, le ridicule qui l'a atteinte, le discrédit dont elle a été victime, BHL, pour bien plus, en est toujours indemne. Pourquoi ?
BHL plus fort que les politiques
Je ne méconnais pas la difficulté du parler libre, du parler vrai. Une récente expérience télévisuelle m'a fait percevoir qu'on vous y incite mais à condition de demeurer dans les limites subtiles qu'on devrait savoir appréhender avec finesse. Et ce n'était pas mon cas. Dans les débats, il y a des participants «plus égaux» que d'autres auxquels il convient de ne jamais toucher. J'imagine, devant la difficulté et le malaise d'un débat apparemment facile, spontané et sans entrave, les problèmes suscités par la mise en cause et la démythification d'une personnalité comme celle de BHL. Beaucoup plus dur que de sortir de la connivence politique. Je constate et je regrette.
Pourquoi, tout de même, BHL demeure-t-il une référence même quand il se trompe, un exemple même quand il faillit, une omniprésence, même quand il lasse ou irrite ?
La Justice va peut-être la première limiter un peu cet inexplicable état de grâce, cette propension à se croire partout nécessaire. Cette anomalie dans un monde qui prétend détester les idoles.
Dimanche 01 Février 2009 - 09:09
Philippe Bilger
Par Philippe Bilger, magistrat. Qui revient sur le sens du témoignage de Bernard henri Lévy au procès de Siné à Lyon.
La Justice a-t-elle vraiment besoin de Bernard-Henri Lévy ? Le sentiment de vérité et de justice aussi bien que l'institution judiciaire elle-même ?
La question doit se poser puisque l'intellectuel préféré des médias, à la fois donneur de leçons, mondain et milliardaire, s'est multiplié à Lyon où il a été témoin - je corrige : Grand Témoin - dans le procès de presse intenté par la LICRA contre Siné et dans une affaire criminelle où il lui était demandé à toute force de convaincre que le crime était raciste. Dans cette double situation, BHL s'est employé à faire ce qu'on attendait de lui : utiliser son intelligence flamboyante, impérieuse et biaisée pour laisser croire qu'il était détenteur par essence du Vrai, du Juste et de l'Ethique, donc irréfutable ! J'espère qu'on saura lui résister.
Le singulier vaut pluriel
Les ministères publics apparemment n'ont pas succombé (Le Monde et Le Parisien) et la cour d'assises du Rhône, avec son jury populaire, n'a pas été conquise non plus.
Sur le débat ayant opposé Philippe Val à Siné et, avec le premier, tous les hémiplégiques de la liberté d'expression - ce qui est bon contre Mahomet n'est pas tolérable pour Jean Sarkozy -, je n'aurais rien désiré ajouter de plus que ce que j'avais déjà mentionné dans un billet sur Siné et Le Monde. Toutefois, comme Fernand Schir, le président du tribunal correctionnel de Lyon, a bien voulu à ce sujet faire part de mon opinion à BHL - j'estimais qu'on avait le droit de dénoncer un comportement singulier mais que l'offense plurielle et globale aurait, elle, pu caractériser le racisme ou l'antisémitisme - et que celui-ci a répliqué, je m'autorise un commentaire.
D'abord je remercie mon collègue de m'avoir fait l'honneur, par son entremise, d'apporter la contradiction à BHL. Ensuite, si j'ai esquissé cette analyse, c'est avec la prudence et la retenue, le doute créatif qui doivent imprégner toute réflexion véritable dans le domaine si compliqué et incertain du droit de la presse. Il va de soi que je n'ai jamais eu l'outrecuidance, parce que précisément je connaissais la matière, d'émettre un avis péremptoire et indiscutable sur cette polémique concernant Siné. Il me semble toutefois que j'ai ouvert une piste sérieuse qui est de nature à favoriser la liberté d'expression. Aussi, quelle n'a pas été ma déception en lisant la réaction du philosophe qui s'est contenté avec assurance de signifier «qu'en cette matière le singulier vaut pluriel». Le tour est joué. Tout est dans tout, l'unique vaut le multiple et l'antisémitisme est partout. J'y reviendrai mais il m'apparaît que c'est déjà une offense au combat légitime contre ce fléau que cette désinvolture de la réponse, cette négligence hautaine dans l'argumentation.
Question de principe ou solidarité de potes ?
Derrière cette intervention de BHL à la demande de la LICRA, je vois moins l'indignation de personnalités moralement affectées que la solidarité d'une confrérie de copains contre "un type" qu'ils n'aiment pas, Siné. Quel bonheur intellectuel j'ai savouré lorsque j'ai appris que notre collègue parquetier lyonnais avait requis la relaxe au bénéfice de Siné ! Je me suis senti confirmé dans mon éloge judiciaire de la province alors qu'à Paris, dans une instance opposant le même Siné à Claude Askolovitch qui l'avait traité «d'antisémite», le ministère public n'a pas hésité à requérir, au nom de la liberté d'expression, la relaxe du second qui l'avait pourtant déniée au premier ! Je choisis la cohérence lyonnaise. En attendant le jugement.
Déni de Justice ?
L'irruption de BHL dans l'espace judiciaire n'était rien à côté de celle qu'il a opérée dans un débat criminel infiniment plus grave que les excellents articles de Patricia Jolly, dans Le Monde, nous ont permis de suivre et de comprendre. Il est vrai que BHL s'était déjà commis, dans une chronique du Point en date du 30 mars 2006, à dénoncer - comme s'il y était ! - le caractère xénophobe du crime. A l'audience, il a fait bien davantage. Contre beaucoup de témoignages, contre les dires de l'accusé lui-même, contre la vérité, pour lui déplaisante, d'un crime qui n'était pas raciste, il a proclamé le contraire au nom d'une argumentation perverse et grosse d'infinis dangers pour tous les innocents de la pensée. Comme l'a justement souligné l'avocat de l'accusé Garcia, «cette terrible théorie venant tout droit de Saint-Germain-des-Prés» fait du silence une infraction. BHL, qui n'en était plus à une outrance près, a osé dire que le refus de reconnaître la nature raciste du crime constituerait «un déni de justice ». Ainsi, le Grand Témoin s'étant prononcé, la cour d'assises n'avait qu'à humblement se soumettre à son diktat ! Heureusement, le procureur général Viout a mis la vérité au centre des débats et notre essayiste à sa place. En attendant l'arrêt de la cour d'assises.
Que la LICRA, faisant racisme de toute parole et de tout écrit - il serait dramatique d'être en retard d'une indignation même si, avec cette précipitation, on détruit une liberté républicaine fondamentale - cite comme témoin BHL, c'est dans l'ordre préoccupant des choses. On ne sait jamais, ce que son argumentation ne démontrera pas, sa réputation peut-être l'établira. Mais que François Saint-Pierre, avocat de la partie civile dans le procès criminel, ait jugé utile de faire venir le philosophe au soutien de sa cause est beaucoup plus étonnant. Cela permet de conclure que même un très grand avocat n'est pas totalement libre dans cette terrible et éprouvante nasse qu'est la défense de partie civile. Que venait donc faire BHL dans cette galère ?
Philippe Bilger (DR) Vérité judaïque ?
Quel gain ce conseil brillant pouvait-il espérer de cette intrusion incongrue et de cette dénonciation accusatrice à proportion de l'ignorance de celui qui la proférait ? Car, enfin, que ce soit pour l'audience correctionnelle ou pour la cour d'assises, quelle compétence particulière avait ce Grand Témoin pour venir offrir ses prétendues lumières ? Il n'était pas juriste, n'avait nulle légitimité pour effectuer une analyse technique de l'écrit de Siné. Certes, comme il l'a dit lui-même, il «pense»mais au risque de le désobliger, une multitude de penseurs, d'intelligences n'ont pas cru nécessaire, au nom de leur seule individualité d'être humain et de citoyen, de s'avancer dans la lumière pour proclamer des certitudes aussi néfastes à la démocratie qu'à l'équité et à la justice.
D'où viendrait alors à BHL cette audace de se croire sans cesse dépositaire de l'universel, mandaté en permanence pour arbitrer et proclamer en notre nom, fondé à décréter sans trembler un tel pur et tel autre raciste ou antisémite ? Faut-il aller jusqu'à cette interrogation risquée : parce que BHL est juif, il se déclarerait investi, bien plus que quiconque, de la mission de séparer le bon grain de l'ivraie et infiniment habile et avisé dans l'identification de l'un ou de l'autre ? On aboutirait ainsi à un privilège qui serait octroyé à un intellectuel non pas en raison de ce qu'il pense mais de ce qu'il est. Quelle dérive que cette présomption si elle existe !
«Le silence est une infraction»
Ainsi, pour BHL, on est raciste ou antisémite parce qu'on affirme qu'on ne l'est pas. En effet, «le silence est une infraction». Qui ne voit l'impressionnant rouleau compresseur de la liberté qui risque de se mettre en branle ? Lorsque BHL répond à un journaliste, qui lui demande «comment faire alors pour démontrer qu'on n'est pas raciste ou antisémite », que lui sait «qui est raciste ou antisémite » et que les médias sont responsables de la vulgarité et de l'effervescence qui accompagnent ses interventions, il demeure avec complaisance dans le registre du totalitarisme personnel. Il impose, par décret, son autorité intellectuelle et espère qu'elle tiendra lieu de tout. Plus personne n'est à l'abri sur le plan du racisme et de l'antisémitisme puisque nous sommes tous coupables de nous taire ou de nous exprimer. Faire silence sur le pire, c'est l'admettre. Dire, c'est forcément du racisme ou de l'antisémitisme. C'est Garcia l'accusé ou Siné le polémiste honni. Notre juge, notre Grand Témoin, c'est BHL. Le monde ainsi est bien ordonné qui l'a offert à ceux qui errent dans le noir et qui n'ont plus qu'à s'en remettre à lui.
Peu de lucidité et tant d'ivresse
Il n'y a pas de quoi rire. Si le judiciaire semble s'être sorti à son avantage des avancées imprudentes de BHL, je suis stupéfié, en revanche, par la complaisance médiatique. Il est vrai qu'au sujet de BHL, on l'a souvent évoquée ; mais dans ces péripéties lyonnaises, elle atteint son comble. Des journaux les ont narrées sans insister mais pour décrire leur caractère à la fois ridicule et dangereux, personne ne s'est levé. Il fait peur apparemment. J'admets ses puissances secrètes, l'étendue de son emprise, les clientélismes qui s'abreuvent à sa source, son aura indéniable et inquiétante. Il n'y a pas qu'en économie que les «maîtres du monde » sont à craindre. Il suffit de lire le récit de son cher ami Enthoven sur la vie festive et occulte de BHL et de son épouse à Tanger pour percevoir qu'on ne fait pas le poids, que les médias, pour la plupart, rampent parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Pas tous les médias heureusement, mais si peu de lucidité pour tant d'ivresse. Un article à la fois informé et d'une pertinente distance critique de Fabrice Arfi dans Mediapart. Un billet percutant de Philippe Cohen dans Marianne 2 qui éclaire la contradiction entre le soutien à Salman Rushdie et la chasse à Siné. C'est tout. Je songe à Marguerite Duras qui, en dépit de son génie, ne s'était jamais vraiment remise de son «forcément sublime» au sujet de Christine Villemin que son intuition erratique sentait coupable. Ce qu'elle a subi, le ridicule qui l'a atteinte, le discrédit dont elle a été victime, BHL, pour bien plus, en est toujours indemne. Pourquoi ?
BHL plus fort que les politiques
Je ne méconnais pas la difficulté du parler libre, du parler vrai. Une récente expérience télévisuelle m'a fait percevoir qu'on vous y incite mais à condition de demeurer dans les limites subtiles qu'on devrait savoir appréhender avec finesse. Et ce n'était pas mon cas. Dans les débats, il y a des participants «plus égaux» que d'autres auxquels il convient de ne jamais toucher. J'imagine, devant la difficulté et le malaise d'un débat apparemment facile, spontané et sans entrave, les problèmes suscités par la mise en cause et la démythification d'une personnalité comme celle de BHL. Beaucoup plus dur que de sortir de la connivence politique. Je constate et je regrette.
Pourquoi, tout de même, BHL demeure-t-il une référence même quand il se trompe, un exemple même quand il faillit, une omniprésence, même quand il lasse ou irrite ?
La Justice va peut-être la première limiter un peu cet inexplicable état de grâce, cette propension à se croire partout nécessaire. Cette anomalie dans un monde qui prétend détester les idoles.
Dimanche 01 Février 2009 - 09:09
Philippe Bilger
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928
https://www.facebook.com/georges.hulot.18
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"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
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Re: TARIQ RAMADAN
Européennes : Un adepte de Tariq Ramadan infiltré sur la liste des Verts
Le porte-parole d’une association musulmane radicale candidat aux élections européennes ? Vous en rêviez : les Verts l’ont fait ! Numéro 4 de la liste Nord-Ouest du pôle créé par Daniel Cohn-Bendit et José Bové, Ali Rahni est fan de Tariq Ramadan, proche du groupe Vert de Roubaix, connu pour ses amitiés dans les cercles musulmans les plus traditionalistes.
Un adepte de Ramadan infiltré sur la liste des Verts
Chez Europe Ecologie, on ne rigole pas avec la parité aux européennes : chaque liste alterne un homme et une femme, un Vert et un associatif. Exemple dans la région Nord Ouest : pour équilibrer la présence de l’eurodéputée verte sortante, Hélène Flautre, les instances ont désigné en numéro 4 un cadre d’association. Mais pas n’importe lequel : Ali Rahni, le porte-parole du Collectif des musulmans de France (CMF). Confirmée par l’Etat major du pôle réuni autour de José Bové et de Daniel Cohn-Bendit, cette nomination a éveillé la vigilance des militants laïcs, mais n’a pas eu l’air d’intéresser les grands médias. A tort.
Ali Rahni : « Tariq Ramadan est notre référence intellectuelle majeure »
Car le CMF est tout sauf une organisation anodine. Selon le site de l’association, le collectif a été créé en 1992, sous le nom de Collectif des jeunes musulmans de France, « à un moment où un nombre croissant de jeunes français éprouvait une grande soif de spiritualité, sans forcément trouver le cadre adéquat pour l’étancher. » Dans une interview au site communautariste Oumma.com, Ali Rahni désigne le très radical Tariq Ramadan comme la « référence intellectuelle majeure » de l’association, par ailleurs signataire de l’appel des Indigènes de la République.
Si on ajoute que l’action du CMF est principalement dirigée vers les quartiers de banlieue sensibles et comporte, selon le site, une dimension éducative, sociale, culturelle et politique, le portrait a de quoi inquiéter. Mais pas Les Verts, à l’évidence.
Les « Verts verts », la frange communautariste de Roubaix
Il faut dire que, dans la région, les Verts ont déjà plusieurs fois montré que l’ultra-communautarisme ne leur fait pas peur, au contraire. Aux dernières législatives déjà, le candidat du groupe écologiste à Roubaix — défendu bec et ongles par Dominique Voynet — avait suscité la polémique : Slimane Tir, président de l’association Rencontre et dialogue et de la radio communautaire de la ville, Pastel FM, avait pris l’habitude d’inviter aux débats qu’il organisait des prêcheurs islamistes voire Tariq Ramadan lui-même, dont les conférences sont d’ailleurs retransmises sur l’antenne de sa radio.
Source : Marianne : http://www.marianne2.fr/Un-adepte-de-Ra ... 74492.html
Le porte-parole d’une association musulmane radicale candidat aux élections européennes ? Vous en rêviez : les Verts l’ont fait ! Numéro 4 de la liste Nord-Ouest du pôle créé par Daniel Cohn-Bendit et José Bové, Ali Rahni est fan de Tariq Ramadan, proche du groupe Vert de Roubaix, connu pour ses amitiés dans les cercles musulmans les plus traditionalistes.
Un adepte de Ramadan infiltré sur la liste des Verts
Chez Europe Ecologie, on ne rigole pas avec la parité aux européennes : chaque liste alterne un homme et une femme, un Vert et un associatif. Exemple dans la région Nord Ouest : pour équilibrer la présence de l’eurodéputée verte sortante, Hélène Flautre, les instances ont désigné en numéro 4 un cadre d’association. Mais pas n’importe lequel : Ali Rahni, le porte-parole du Collectif des musulmans de France (CMF). Confirmée par l’Etat major du pôle réuni autour de José Bové et de Daniel Cohn-Bendit, cette nomination a éveillé la vigilance des militants laïcs, mais n’a pas eu l’air d’intéresser les grands médias. A tort.
Ali Rahni : « Tariq Ramadan est notre référence intellectuelle majeure »
Car le CMF est tout sauf une organisation anodine. Selon le site de l’association, le collectif a été créé en 1992, sous le nom de Collectif des jeunes musulmans de France, « à un moment où un nombre croissant de jeunes français éprouvait une grande soif de spiritualité, sans forcément trouver le cadre adéquat pour l’étancher. » Dans une interview au site communautariste Oumma.com, Ali Rahni désigne le très radical Tariq Ramadan comme la « référence intellectuelle majeure » de l’association, par ailleurs signataire de l’appel des Indigènes de la République.
Si on ajoute que l’action du CMF est principalement dirigée vers les quartiers de banlieue sensibles et comporte, selon le site, une dimension éducative, sociale, culturelle et politique, le portrait a de quoi inquiéter. Mais pas Les Verts, à l’évidence.
Les « Verts verts », la frange communautariste de Roubaix
Il faut dire que, dans la région, les Verts ont déjà plusieurs fois montré que l’ultra-communautarisme ne leur fait pas peur, au contraire. Aux dernières législatives déjà, le candidat du groupe écologiste à Roubaix — défendu bec et ongles par Dominique Voynet — avait suscité la polémique : Slimane Tir, président de l’association Rencontre et dialogue et de la radio communautaire de la ville, Pastel FM, avait pris l’habitude d’inviter aux débats qu’il organisait des prêcheurs islamistes voire Tariq Ramadan lui-même, dont les conférences sont d’ailleurs retransmises sur l’antenne de sa radio.
Source : Marianne : http://www.marianne2.fr/Un-adepte-de-Ra ... 74492.html
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928
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"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
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Re: TARIQ RAMADAN
Parler de l'islam est-il devenu un tabou ?
L'intégralité du débat avec Tariq Ramadan, islamologue et président du European Muslim Network, mercredi 27 septembre, à 15 h .
Malik : Que pense Tariq Ramadan de la réaction des musulmans vis-à-vis des propos du pape ?
Tariq Ramadan : J'ai eu l'occasion de m'exprimer à ce sujet à plusieurs reprises.
Les réactions ont été à mon sens excessives. Je pense qu'il fallait écouter très précisément ce que disait le pape.
Sa citation était certes maladroite, mais il n'a fait que reposer la question de la relation de l'islam et de la violence à laquelle les musulmans se doivent de répondre clairement.
Ce qui était plus problématique dans son propos, c'était sa réflexion sur la relation privilégiée du christianisme et de la tradition philosophique grecque, disqualifiant ainsi l'islam dans son apport à la construction de l'identité européenne. Sur ce sujet, il est nécessaire d'ouvrir un débat, et non pas de réagir émotionnellement.
Mocherka : Parler de l'islam ou de l'islamisme est-il devenu tabou ?
Tariq Ramadan : Il ne faut pas que ça le devienne, même si aujourd'hui les sensibilités à fleur de peau font que nous n'arrivons plus à discuter sereinement de questions essentielles. J'ai souvent répété que les musulmans devaient prendre une distance intellectuelle critique vis-à-vis des questions qui leur sont posées ou de l'ironie à laquelle ils doivent faire face.
De la même façon, je pense que toutes les questions qui proviennent de l'Europe ou de l'Occident sont légitimes. La seule chose qui me paraît aujourd'hui faire partie de l'approche raisonnable, c'est d'éviter les provocations inutiles. Des questions sérieuses nécessitent des réflexions sérieuses, et la provocation ou l'insulte ne nous aideront pas à avancer.
Flavius : Pensez-vous que l'islam devrait être réformé pour pouvoir promouvoir un islam du XXIe siècle comme le déclarent certains ?
Tariq Ramadan : Je pense que la tradition théologique et légale islamique porte en elle les moyens d'une réforme continuée. Ce qui pose problème aujourd'hui, c'est la frilosité de certains savants musulmans, la connaissance trop superficielle des objectifs de la tradition musulmane chez beaucoup de ses fidèles, ajoutées à une approche souvent superficielle des problèmes contemporains (économie, sciences, progrès).
Ce qu'il faut donc absolument réformer, c'est l'approche que les savants et les intellectuels musulmans ont de leurs références, afin d'apporter de nouvelles réponses à de nouveaux défis.
Made : Un pouvoir religieux en islam comme la papauté favoriserait-il le dialogue entre l'islam et les autres religions ?
Alain : Pensez-vous qu'il serait bon que l'islam ait son "pape", qui puisse s'exprimer au nom de l'islam ?
Tariq Ramadan : Je crois que le fait de ne pas avoir de pouvoir central ou d'autorité unique offre un potentiel de diversité et de pluralité à l'intérieur de l'islam qui a fait sa richesse dans l'Histoire.
Ce qui fait problème aujourd'hui, ce n'est pas l'absence d'une autorité centrale, c'est l'incapacité des musulmans à gérer sereinement leur diversité. En d'autres termes, ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'un débat intracommunautaire qui permette la diversité dans le dialogue et qui ne produise pas la division dans les accusations respectives. Nous avons fait d'une qualité (pas de pouvoir central) un défaut (division entre les tendances).
Emilie : Pensez-vous que l'islam soit compatible avec la démocratie occidentale ?
Tariq Ramadan : La première des choses qu'il faut dire, c'est qu'il y a déjà de l'islam dans la tradition occidentale et il y a déjà de l'Occident dans la tradition musulmane : il me paraît faux de proposer une approche binaire.
Cela étant, il n'y a absolument aucune contradiction entre les principes sur lesquels se fonde la démocratie et les références islamiques. L'Etat de droit, la citoyenneté égalitaire, le suffrage universel, le fait pour l'élu d'avoir à rendre des comptes devant ses électeurs et la séparation des pouvoirs, qui sont les principaux éléments qui définissent la démocratie, sont tout à fait compatibles avec l'islam.
Ce que nous devons espérer, c'est que ces principes soient appliqués partout, mais que chaque société trouve son modèle de démocratie correspondant à son histoire, à sa culture et à sa psychologie collective, comme cela est le cas dans chacune des différentes sociétés européennes ou américaines.
Gilaz : Monsieur Ramadan est-il pour l'application de la charia ?
Tariq Ramadan : Ma définition du concept de charia se traduit par : "la voie qui mène à la fidélité." Or pour moi, la voie de la fidélité, c'est l'application de la justice, la reconnaissance de l'égalité des citoyens et le droit pour chacun, femme et homme, d'être respecté dans son être et sa dignité.
Quant à l'application de ce qu'on dit être la "charia", et qui serait l'application des peines et des châtiments, je me suis clairement opposé à cette application en affirmant qu'elle trahissait l'esprit même du message de l'islam.
J'ai demandé à ce qu'un débat s'ouvre sur cette question dans le monde musulman, persuadé que c'est la peur des populations musulmanes qui empêche aujourd'hui les savants musulmans de s'exprimer clairement sur cette question.
Vincent : Que faites-vous de l'inégalité homme-femme, latente dans le Coran ?
Pentas : Qu'en est-il de l'égalité entre les hommes et les femmes ?
Tariq Ramadan : Le texte coranique a été révélé entre 610 et 632 de l'ère chrétienne à une population particulière. Le message pour les musulmans est éternel, mais il ne peut être compris qu'à la lumière du contexte qui lui donne sens.
En d'autres termes, le Coran parle à des populations qui, au moment du début de la révélation, tuaient les jeunes filles, considérant que c'était par déshonneur, et la révélation se termine vingt-trois années plus tard en affirmant que parmi les signes de la présence du créateur, il y a l'amour, l'affection qui s'établit entre la femme et l'homme dans un rapport d'égalité dans le couple.
Nous assistons donc sur vingt-trois années à une pédagogie divine qui cherche à transformer les mentalités et à les mener à l'idéal de l'égalité : toute lecture littéraliste du texte pourrait effectivement mener à justifier des discriminations.
Mais ce qui est impératif, c'est de comprendre le texte dans son contexte et avec les objectifs de sa pédagogie. Raison pour laquelle j'appelle véritablement à une mobilisation des femmes pour la reconnaissance de leurs droits légitimes et contre les deux types de discriminations auxquels elles font face aujourd'hui : la discrimination produite par les lectures littéralistes et qui ne contextualisent rien ; et les lectures strictement culturelles qui justifient par le texte religieux des pratiques culturelles qui, en fait, ne sont pas islamiques.
Il faut absolument s'opposer au mariage forcé, à la violence domestique, à l'excision. Quant à la polygamie, elle est exprimée dans le Coran comme une tolérance et non comme une règle à laquelle la première épouse peut s'opposer clairement et catégoriquement. Ce que la majorité des femmes musulmanes ignorent aujourd'hui.
DenisFrancois : Pourquoi a-t-on tué cette nonne de 70 ans en Somalie ? Les intellectuels musulmans ne peuvent-ils pas diffuser dans le monde de l'islam qu'il s'agit d'une lâcheté monstrueuse d'abattre une femme de cet âge, sans défense, et pire de le faire au nom d'un Dieu ? Ne peuvent-ils pas diffuser dans le même monde que se faire sauter au milieu de femmes, d'enfants, de vieillards ne ressemble en aucune façon à un acte dont un Dieu peut être fier ? En un mot, pouvez-vous amener les fous de religion à la raison ?
Tariq Ramadan : J'aimerais qu'on entende à travers le monde musulman les voix des savants et des intellectuels qui ont condamné les attentats terroristes, la mort des innocents et à plus forte raison la mort de cette religieuse, comme d'ailleurs la mort des trois chrétiens en Indonésie récemment.
On répète souvent que les musulmans ne condamnent pas assez. J'ai quand même l'impression qu'on ne cesse de leur demander de répéter et de répéter encore une même condamnation, comme si on ne l'avait jamais entendue. Nous sommes nombreux à avoir répété, clarifié les termes de cette condamnation, et chaque jour qui passe, on me redemande de redire ce que j'ai maintes fois dit.
Cela étant, il faut effectivement, plus que la simple dénonciation de ces comportements, que les savants et intellectuels musulmans fassent un travail de terrain, et exposent avec clarté les principes du comportement musulman et de l'éthique musulmane en situation de conflit.
Rien, absolument rien, ne peut justifier le fait de s'en prendre à des innocents, à des femmes, à des enfants, quelle que soit la situation de guerre.
Sepid : Pensez-vous que l'islamisme soit une maladie de l'islam ?
Tariq Ramadan : Ce qu'on a traduit par islamisme, c'est la dimension de l'islam comme référence à l'acte politique. Je pense qu'il faut avoir une approche profonde d'un phénomène complexe. Il ne viendrait à l'esprit de personne de dire que tous les chrétiens ont un rapport à la politique qui soit de même nature.
Nous trouvons dans le paysage de la relation entre le christianisme et la politique des positions aussi diverses que la théologie de la libération, la démocratie- chrétienne ou l'intégrisme le plus obtus.
Dans le monde musulman, nous trouvons des femmes et des hommes qui s'engagent en politique avec les mêmes nuances. Vous avez des intellectuels qui ne retiennent en politique que l'éthique musulmane. Vous en avez d'autres, comme en Turquie, qui ont un engagement politique qui accepte la laïcité et tient à se rapprocher de l'Europe. Vous avez en Malaisie ou en Indonésie, ou dans le courant réformiste iranien, des penseurs qui élaborent une pensée politique réformée, même si elle se nourrit des principes de l'islam.
Vous avez enfin des lectures littéralistes, fermées, dogmatiques, qui veulent imposer au nom de l'islam des modèles historiques dépassés. Cette dernière compréhension est à mon sens effectivement une dérive qui va à l'encontre des principes mêmes de l'islam. Et je pense qu'il faut absolument ouvrir un débat avec toutes les autres compréhensions d'un engagement dans la politique pour qu'il demeure ouvert et en phase avec son époque, comme il est bon de le faire avec la démocratie-chrétienne ou les théologiens de la libération. L'islamisme est une réalité bien plus complexe que ne l'exprime sa frange radicale.
Lynce : A vous lire, l'islam et ses fidèles sont profondément et universellement pacifiques. Au regard de l'actualité de ces dernières années, il faut bien admettre que cette analyse n'est pas recevable. Concrètement, pourquoi l'islam a-t-il accouché (contre son gré, certes) de l'islamisme et comment peut-il s'en débarasser ?
Tariq Ramadan : Je ne crois pas que ce que j'écris ou ce que je dis traduise l'idée que l'islam est aujourd'hui un message pacifique. Ce que je veux dire, c'est que l'idéal de l'islam, les idéaux auxquels il faut s'attacher, sont ceux de la paix, de la justice et de la fraternité humaine.
Je suis conscient que nous en sommes loin aujourd'hui, et que nous avons un sérieux travail d'autocritique à produire pour nous réconcilier avec le sens de ce message. Dans le monde musulman contemporain, de nombreuses causes peuvent expliquer les dérives auxquelles nous assistons : le manque d'éducation, la situation sociale extrêmement difficile, l'absence de démocratie, la réalité d'une domination perçue ou entretenue, ou tout simplement réelle, par rapport aux sociétés occidentales, peuvent expliquer un certain nombre de ces phénomènes.
Il reste que c'est à la conscience musulmane contemporaine de se prendre en charge et de réaliser les réformes sociales et politiques qui s'imposent à sa propre régénérescence. Il est à noter quand même que les citoyens occidentaux ont un rôle déterminant dans l'avenir de ce processus.
Soit ils deviennent les partenaires de processus de réforme constructifs, soit ils se contentent d'être les juges de la défaillance de l'autre (ce que, soit dit en passant, certains musulmans font de la même façon vis-à-vis de l'Occident).
C'est finalement à nous de savoir si nous voulons être les partenaires d'un monde pluriel où nous vivrons ensemble, ou s'il s'agit simplement de choisir son camp et de condamner les manquements de l'autre.
Gideon : Dans ses dérives, n'oubliez-vous pas les agressions et occupations par des puissances occidentales ? celles-la mêmes dont se plaignent des fondamentalistes musulmans !
Tariq Ramadan : La réalité de la domination de la politique occidentale, ce qui demeure aujourd'hui de l'ordre économique qui s'impose aux sociétés du Sud sont des éléments absolument impératifs dans l'analyse de notre situation. Je refuse néanmoins la posture victimaire qui consisterait à réduire tous les problèmes du monde musulman à ces réalités objectives.
Je pense qu'il est nécessaire que les peuples, les intellectuels et les politiciens des sociétés majoritairement musulmanes se mobilisent pour élaborer une résistance fidèle au principe de justice et au principe de démocratisation.
Ma critique de la domination économique, de la politique américaine actuelle, du désordre dans la politique étrangère européenne, est permanente, et je ne cesse de mettre ces dimensions en évidence. C'est aussi un appel aux citoyens d'Occident de faire face aux réalités sur lesquelles ils peuvent avoir prise, et de se mobiliser là où ils sont pour plus de justice et pour la dignité des êtres humains.
Cela veut dire refuser les programmes d'ajustement structurel qui dépouillent les peuples, cela veut dire s'opposer à des invasions comme celle de l'Irak, ou au silence lors de la guerre comme ce fut le cas au Liban, comme c'est encore le cas vis-à-vis de l'oppression des Palestiniens, cela veut dire aussi s'opposer à l'usage de la torture ou à l'établissement de prisons secrètes à travers le monde.
C'est cela aussi qui permettra de changer les réalités et les perceptions négatives vis-à-vis de l'Occident qui ont cours dans le monde musulman.
Pierre_P : Une partie du monde musulman considère que la laïcité est une attaque à l'existence même de l'islam, alors qu'au contraire il s'agit de l'acceptation de toutes les religions mais en dehors du champ public et politique. Comment pouvons-nous réconcilier l'islam et la laïcité ?
Tariq Ramadan : Nous sommes en face d'un énorme malentendu : la laïcité telle qu'elle est perçue dans le monde musulman est liée à une histoire qui est tout sauf démocratique et ouverte. La laïcité dans les sociétés majoritairement musulmanes a été l'apanage de régimes peu démocratiques, comme celui d'Atatürk, comme celui de Saddam Hussein, comme celui de Hafez Al-Assad en Syrie, qui ont apporté avec eux l'idée d'un Etat non confessionnel, laïque, qui avait tout de la laïcité occidentale sauf la démocratie. Dans le monde musulman, la laïcité a voulu dire tout à la fois absence de religion et absence de liberté.
En Occident, la laïcité a été exactement le contraire : accès à la liberté de conscience et à la liberté de culte, sans disparition de la religion. L'Etat devenait neutre, mais la religion continuait à jouer un rôle dans la vie privée et spirituelle des citoyens.
C'est ce nœud qu'il faut absolument discuter, cette incompréhension née de deux expériences historiques différentes. A l'étude, les musulmans se rendront compte qu'ils peuvent tout à fait accéder à la réalité de deux sphères distinctes dans la gestion de leur espace social et politique.
Il existe dans l'islam l'exposé d'une éthique qui oriente la femme et l'homme dans leur comportement social et politique, mais qui ne s'impose pas de façon dogmatique. C'est donc d'un double travail que nous avons besoin : revisiter l'histoire et se réapproprier la tradition légale musulmane.
Permettez-moi d'ajouter qu'un certain nombre d'intellectuels qui transforment la laïcité en un instrument idéologique antireligieux ne nous aident pas à clarifier les termes du débat. Je suis content d'entendre, en France comme en Europe, des femmes et des hommes qui précisent les contours d'une laïcité qui dit la neutralité de l'espace public, mais qui affirme le respect égalitaire de toutes les religions.
Doums : Quelle est votre opinion concernant le voile en France ?
Tariq Ramadan : Je suis de l'opinion de la très grande majorité des Européens, qui pensent que la loi de mars 2004 n'était ni nécessaire, ni utile, ni juste. Ma position sur la question du foulard est celle unanimement reconnue par les principes des droits humains : il est interdit islamiquement d'imposer à une femme de porter le foulard, il est interdit à la lumière des droits humains de lui imposer de l'enlever.
La loi de 1905 respectait totalement les termes de ces principes. La loi de mars 2004 est une loi de la peur qui, sous couvert de s'en prendre aux signes religieux, était essentiellement dirigée contre le foulard. Parce qu'il s'agit d'une loi de la peur, qui a produit un régime d'exception, le débat démocratique devra continuer dans les prochaines années. Pour l'heure, la loi a été votée, et si une jeune femme doit faire le choix entre porter le foulard et aller à l'école, il faut qu'elle aille à l'école et qu'elle puisse terminer ses classes normalement.
Cette position n'est pas exclusivement la mienne, elle n'est pas non plus exclusivement celle des musulmans, et il faut que la France entende que 95 % de ceux qui s'expriment sur la scène européenne autour de la question de la législation n'ont pas suivi la France dans sa politique restrictive quant à l'accès des jeunes filles à l'école.
Phil : De nombreux groupuscules islamistes utilisent l'appel au djihad contre l'Occident/chrétiens/juifs. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? le djihad a-t-il uniquement un sens belliqueux dans l'islam ?
Tariq Ramadan : Pas du tout. Le djihad veut dire littéralement l'effort, la résistance. Et il est à comprendre à la lumière du message global de l'islam. Pour faire court, l'idéal de l'islam est la promotion de la paix : dans islam, il y a salam, qui veut dire paix et qui est l'un des noms de Dieu.
Pour atteindre cette paix, la femme et l'homme doivent faire de nombreux efforts, intimes autant que collectifs. Pour accéder à la paix intérieure, par exemple, une femme ou un homme doit apprendre à maîtriser les dimensions les plus négatives de son caractère : violence, cupidité, colère, etc. Ce travail de résistance intime aux aspects les plus sombres de sa personnalité est ce qui s'appelle le djihad, dont l'objectif suprême est de maîtriser le négatif dans l'intimité pour accéder à la paix de l'équilibre.
Il en va de même sur le plan collectif : lorsqu'on fait face à des oppresseurs, ou à de la dictature, ou à une attaque militaire, le seul droit est la légitime défense. Cette résistance à l'oppression, à l'agressivité de l'autre, c'est ce qui s'appelle djihad, en d'autres termes, une légitime défense face à l'oppresseur. Dans le but de parvenir à une paix entre les nations.
Tout autre usage du concept de djihad est une distorsion fondamentale de son enseignement, et il appartient aux musulmans de le dire et de le condamner.
Marcoles : L'islam du monde musulman (sunnite) actuel me paraît être vécu d'une facon, excusez-moi du terme, très brouillonne. L'islam que vous décrivez ne se retrouve ni en Egypte ni au Soudan. Il n'est ni celui des imams des mosquées ni celui des oulémas. Et si l'islam d'Europe donnait l'exemple ?
Tariq Ramadan : Cela fait quinze ans que j'ai écrit un livre dans lequel j'annonçais que l'expérience européenne, et plus largement occidentale, des Occidentaux musulmans allait avoir un impact très important sur le monde musulman en général.
Je pense aujourd'hui que les questions que nous posons, que les réponses que nous apportons, que les développements qui ont cours sur le terrain occidental sont extrêmement enrichissants et ont une influence sur le monde musulman en général.
Il faut néanmoins ne pas réduire les expériences dans le monde musulman à des brouillons, à des échecs, ou à des dérives. Nous assistons aussi dans les sociétés majoritairement musulmanes (au Sénégal, en Indonésie, en Malaisie, et non pas simplement dans les sociétés arabes) à des évolutions extrêmement intéressantes autour de la question de la démocratie, autour de la question des femmes, autour de la question des relations avec le monde occidental. Je crois qu'il faut aussi être à l'écoute de ces dynamiques.
La distinction fondamentale entre le chiisme et le sunnisme était d'abord historique et liée à la succession, après la mort du Prophète. Les chiites pensant que la succession devait se faire par le lien de la famille, et les sunnites, majoritaires, pensant que cette succession devait se faire sur la base de la compétence et de la reconnaissance par la communauté.
Par la suite, de divergences politiques, ces divergences sont devenues théologiques, sur le rôle des imams, sur le statut des théologiens et de leur organisation et sur les textes de référence. Les distinctions théologiques ne sont pas fondamentales, mais elles ont amené certains savants sunnites à considérer que les chiites étaient sortis de l'islam. Ce qui n'est pas l'opinion majoritaire.
Ce que nous observons aujourd'hui de division en Irak est circonstancié et tout à fait lié à des considérations politiques et politiciennes. L'intervention américano-britannique a creusé un gouffre qui n'existait pas auparavant, ou en tout cas pas selon les termes sous lesquels il se présente aujourd'hui.
Kachermi : Êtes-vous toujours favorable à un moratoire sur la lapidation des femmes ?
Tariq Ramadan : Depuis sept ans, j'appelle à un moratoire dans le monde musulman sur la peine de mort, les châtiments corporels et la lapidation. J'ai été vertement critiqué dans le monde musulman par des savants ou des intellectuels qui pensaient que je voulais plaire à l'Occident. J'ai été non moins vertement critiqué en France (et non pas du tout en Europe ou aux Etats-Unis) pour n'avoir proposé qu'un moratoire sur ces châtiments.
Ma position est claire : des textes de référence existent dans le corpus culturel musulman, la réponse des savants musulmans est peu claire et souvent défensive. J'ai donc posé trois questions aux savants musulmans : 1) que disent les textes ? 2) quelles sont les conditions d'application ? 3) dans quel contexte cela peut-il se produire ?
J'aimerais donc que l'on ouvre un débat fondamental dans le monde musulman et au moment où j'appelle à ce débat, je propose que nous cessions toutes ces peines, et donc pas seulement la lapidation, mais aussi les châtiments corporels et la peine de mort. J'ai condamné la lapidation au Nigeria, en Arabie saoudite, ou les châtiments corporels contre les pauvres Pakistanais ou les femmes, ou la récente lapidation, dont personne n'a parlé, en Afghanistan.
Ma position est claire, et ce que je veux, c'est qu'une réflexion se fasse de l'intérieur du monde musulman par rapport à ce silence, et surtout par rapport à l'acceptation de peines qui ont lieu toutes les semaines encore dans certaines pétromonarchies (comme l'Arabie saoudite) et vis-à-vis desquelles tout le monde se tait, et qui touchent exclusivement les femmes et les pauvres. Je considère ce silence de la part des musulmans comme inadmissible, et ce silence de la part de l'Occident comme hypocrite.
Amnesty International, en s'opposant à la peine de mort aux Etats-Unis, propose aux Etats américains qui appliquent la peine de mort un moratoire afin de pouvoir discuter plus avant de la question. Cette attitude ne choque absolument personne, elle est même comprise dans le but de faire évoluer les mentalités. Ma position est en droite ligne de cette pédagogie, avec l'intérêt premier qu'au moins toutes les peines extrêmes doivent cesser immédiatement, selon les termes de mon appel.
Un dernier mot : beaucoup de téléspectateurs ont été choqués par la formulation de ce moratoire lors de mon débat avec Nicolas Sarkozy. J'ai toujours défendu l'idée du moratoire et je n'ai fait à cette occasion que répéter ce que j'avais dit, loin de tout double discours.
Le double discours et l'hypocrisie n'étaient pas dans le camp qu'on leur avait assigné ce soir-là : Nicolas Sarkozy n'a pas hésité, quelques semaines après notre débat, à recevoir une délégation saoudienne, pays dans lequel la lapidation et les châtiments corporels sont appliqués de façon permanente, et qu'il n'a pas eu en l'occurrence le courage de dénoncer en leur présence. Notez au passage que je suis interdit d'entrée en Arabie saoudite...
Chat modéré par Constance Baudry
L'intégralité du débat avec Tariq Ramadan, islamologue et président du European Muslim Network, mercredi 27 septembre, à 15 h .
Malik : Que pense Tariq Ramadan de la réaction des musulmans vis-à-vis des propos du pape ?
Tariq Ramadan : J'ai eu l'occasion de m'exprimer à ce sujet à plusieurs reprises.
Les réactions ont été à mon sens excessives. Je pense qu'il fallait écouter très précisément ce que disait le pape.
Sa citation était certes maladroite, mais il n'a fait que reposer la question de la relation de l'islam et de la violence à laquelle les musulmans se doivent de répondre clairement.
Ce qui était plus problématique dans son propos, c'était sa réflexion sur la relation privilégiée du christianisme et de la tradition philosophique grecque, disqualifiant ainsi l'islam dans son apport à la construction de l'identité européenne. Sur ce sujet, il est nécessaire d'ouvrir un débat, et non pas de réagir émotionnellement.
Mocherka : Parler de l'islam ou de l'islamisme est-il devenu tabou ?
Tariq Ramadan : Il ne faut pas que ça le devienne, même si aujourd'hui les sensibilités à fleur de peau font que nous n'arrivons plus à discuter sereinement de questions essentielles. J'ai souvent répété que les musulmans devaient prendre une distance intellectuelle critique vis-à-vis des questions qui leur sont posées ou de l'ironie à laquelle ils doivent faire face.
De la même façon, je pense que toutes les questions qui proviennent de l'Europe ou de l'Occident sont légitimes. La seule chose qui me paraît aujourd'hui faire partie de l'approche raisonnable, c'est d'éviter les provocations inutiles. Des questions sérieuses nécessitent des réflexions sérieuses, et la provocation ou l'insulte ne nous aideront pas à avancer.
Flavius : Pensez-vous que l'islam devrait être réformé pour pouvoir promouvoir un islam du XXIe siècle comme le déclarent certains ?
Tariq Ramadan : Je pense que la tradition théologique et légale islamique porte en elle les moyens d'une réforme continuée. Ce qui pose problème aujourd'hui, c'est la frilosité de certains savants musulmans, la connaissance trop superficielle des objectifs de la tradition musulmane chez beaucoup de ses fidèles, ajoutées à une approche souvent superficielle des problèmes contemporains (économie, sciences, progrès).
Ce qu'il faut donc absolument réformer, c'est l'approche que les savants et les intellectuels musulmans ont de leurs références, afin d'apporter de nouvelles réponses à de nouveaux défis.
Made : Un pouvoir religieux en islam comme la papauté favoriserait-il le dialogue entre l'islam et les autres religions ?
Alain : Pensez-vous qu'il serait bon que l'islam ait son "pape", qui puisse s'exprimer au nom de l'islam ?
Tariq Ramadan : Je crois que le fait de ne pas avoir de pouvoir central ou d'autorité unique offre un potentiel de diversité et de pluralité à l'intérieur de l'islam qui a fait sa richesse dans l'Histoire.
Ce qui fait problème aujourd'hui, ce n'est pas l'absence d'une autorité centrale, c'est l'incapacité des musulmans à gérer sereinement leur diversité. En d'autres termes, ce dont nous avons besoin aujourd'hui, c'est d'un débat intracommunautaire qui permette la diversité dans le dialogue et qui ne produise pas la division dans les accusations respectives. Nous avons fait d'une qualité (pas de pouvoir central) un défaut (division entre les tendances).
Emilie : Pensez-vous que l'islam soit compatible avec la démocratie occidentale ?
Tariq Ramadan : La première des choses qu'il faut dire, c'est qu'il y a déjà de l'islam dans la tradition occidentale et il y a déjà de l'Occident dans la tradition musulmane : il me paraît faux de proposer une approche binaire.
Cela étant, il n'y a absolument aucune contradiction entre les principes sur lesquels se fonde la démocratie et les références islamiques. L'Etat de droit, la citoyenneté égalitaire, le suffrage universel, le fait pour l'élu d'avoir à rendre des comptes devant ses électeurs et la séparation des pouvoirs, qui sont les principaux éléments qui définissent la démocratie, sont tout à fait compatibles avec l'islam.
Ce que nous devons espérer, c'est que ces principes soient appliqués partout, mais que chaque société trouve son modèle de démocratie correspondant à son histoire, à sa culture et à sa psychologie collective, comme cela est le cas dans chacune des différentes sociétés européennes ou américaines.
Gilaz : Monsieur Ramadan est-il pour l'application de la charia ?
Tariq Ramadan : Ma définition du concept de charia se traduit par : "la voie qui mène à la fidélité." Or pour moi, la voie de la fidélité, c'est l'application de la justice, la reconnaissance de l'égalité des citoyens et le droit pour chacun, femme et homme, d'être respecté dans son être et sa dignité.
Quant à l'application de ce qu'on dit être la "charia", et qui serait l'application des peines et des châtiments, je me suis clairement opposé à cette application en affirmant qu'elle trahissait l'esprit même du message de l'islam.
J'ai demandé à ce qu'un débat s'ouvre sur cette question dans le monde musulman, persuadé que c'est la peur des populations musulmanes qui empêche aujourd'hui les savants musulmans de s'exprimer clairement sur cette question.
Vincent : Que faites-vous de l'inégalité homme-femme, latente dans le Coran ?
Pentas : Qu'en est-il de l'égalité entre les hommes et les femmes ?
Tariq Ramadan : Le texte coranique a été révélé entre 610 et 632 de l'ère chrétienne à une population particulière. Le message pour les musulmans est éternel, mais il ne peut être compris qu'à la lumière du contexte qui lui donne sens.
En d'autres termes, le Coran parle à des populations qui, au moment du début de la révélation, tuaient les jeunes filles, considérant que c'était par déshonneur, et la révélation se termine vingt-trois années plus tard en affirmant que parmi les signes de la présence du créateur, il y a l'amour, l'affection qui s'établit entre la femme et l'homme dans un rapport d'égalité dans le couple.
Nous assistons donc sur vingt-trois années à une pédagogie divine qui cherche à transformer les mentalités et à les mener à l'idéal de l'égalité : toute lecture littéraliste du texte pourrait effectivement mener à justifier des discriminations.
Mais ce qui est impératif, c'est de comprendre le texte dans son contexte et avec les objectifs de sa pédagogie. Raison pour laquelle j'appelle véritablement à une mobilisation des femmes pour la reconnaissance de leurs droits légitimes et contre les deux types de discriminations auxquels elles font face aujourd'hui : la discrimination produite par les lectures littéralistes et qui ne contextualisent rien ; et les lectures strictement culturelles qui justifient par le texte religieux des pratiques culturelles qui, en fait, ne sont pas islamiques.
Il faut absolument s'opposer au mariage forcé, à la violence domestique, à l'excision. Quant à la polygamie, elle est exprimée dans le Coran comme une tolérance et non comme une règle à laquelle la première épouse peut s'opposer clairement et catégoriquement. Ce que la majorité des femmes musulmanes ignorent aujourd'hui.
DenisFrancois : Pourquoi a-t-on tué cette nonne de 70 ans en Somalie ? Les intellectuels musulmans ne peuvent-ils pas diffuser dans le monde de l'islam qu'il s'agit d'une lâcheté monstrueuse d'abattre une femme de cet âge, sans défense, et pire de le faire au nom d'un Dieu ? Ne peuvent-ils pas diffuser dans le même monde que se faire sauter au milieu de femmes, d'enfants, de vieillards ne ressemble en aucune façon à un acte dont un Dieu peut être fier ? En un mot, pouvez-vous amener les fous de religion à la raison ?
Tariq Ramadan : J'aimerais qu'on entende à travers le monde musulman les voix des savants et des intellectuels qui ont condamné les attentats terroristes, la mort des innocents et à plus forte raison la mort de cette religieuse, comme d'ailleurs la mort des trois chrétiens en Indonésie récemment.
On répète souvent que les musulmans ne condamnent pas assez. J'ai quand même l'impression qu'on ne cesse de leur demander de répéter et de répéter encore une même condamnation, comme si on ne l'avait jamais entendue. Nous sommes nombreux à avoir répété, clarifié les termes de cette condamnation, et chaque jour qui passe, on me redemande de redire ce que j'ai maintes fois dit.
Cela étant, il faut effectivement, plus que la simple dénonciation de ces comportements, que les savants et intellectuels musulmans fassent un travail de terrain, et exposent avec clarté les principes du comportement musulman et de l'éthique musulmane en situation de conflit.
Rien, absolument rien, ne peut justifier le fait de s'en prendre à des innocents, à des femmes, à des enfants, quelle que soit la situation de guerre.
Sepid : Pensez-vous que l'islamisme soit une maladie de l'islam ?
Tariq Ramadan : Ce qu'on a traduit par islamisme, c'est la dimension de l'islam comme référence à l'acte politique. Je pense qu'il faut avoir une approche profonde d'un phénomène complexe. Il ne viendrait à l'esprit de personne de dire que tous les chrétiens ont un rapport à la politique qui soit de même nature.
Nous trouvons dans le paysage de la relation entre le christianisme et la politique des positions aussi diverses que la théologie de la libération, la démocratie- chrétienne ou l'intégrisme le plus obtus.
Dans le monde musulman, nous trouvons des femmes et des hommes qui s'engagent en politique avec les mêmes nuances. Vous avez des intellectuels qui ne retiennent en politique que l'éthique musulmane. Vous en avez d'autres, comme en Turquie, qui ont un engagement politique qui accepte la laïcité et tient à se rapprocher de l'Europe. Vous avez en Malaisie ou en Indonésie, ou dans le courant réformiste iranien, des penseurs qui élaborent une pensée politique réformée, même si elle se nourrit des principes de l'islam.
Vous avez enfin des lectures littéralistes, fermées, dogmatiques, qui veulent imposer au nom de l'islam des modèles historiques dépassés. Cette dernière compréhension est à mon sens effectivement une dérive qui va à l'encontre des principes mêmes de l'islam. Et je pense qu'il faut absolument ouvrir un débat avec toutes les autres compréhensions d'un engagement dans la politique pour qu'il demeure ouvert et en phase avec son époque, comme il est bon de le faire avec la démocratie-chrétienne ou les théologiens de la libération. L'islamisme est une réalité bien plus complexe que ne l'exprime sa frange radicale.
Lynce : A vous lire, l'islam et ses fidèles sont profondément et universellement pacifiques. Au regard de l'actualité de ces dernières années, il faut bien admettre que cette analyse n'est pas recevable. Concrètement, pourquoi l'islam a-t-il accouché (contre son gré, certes) de l'islamisme et comment peut-il s'en débarasser ?
Tariq Ramadan : Je ne crois pas que ce que j'écris ou ce que je dis traduise l'idée que l'islam est aujourd'hui un message pacifique. Ce que je veux dire, c'est que l'idéal de l'islam, les idéaux auxquels il faut s'attacher, sont ceux de la paix, de la justice et de la fraternité humaine.
Je suis conscient que nous en sommes loin aujourd'hui, et que nous avons un sérieux travail d'autocritique à produire pour nous réconcilier avec le sens de ce message. Dans le monde musulman contemporain, de nombreuses causes peuvent expliquer les dérives auxquelles nous assistons : le manque d'éducation, la situation sociale extrêmement difficile, l'absence de démocratie, la réalité d'une domination perçue ou entretenue, ou tout simplement réelle, par rapport aux sociétés occidentales, peuvent expliquer un certain nombre de ces phénomènes.
Il reste que c'est à la conscience musulmane contemporaine de se prendre en charge et de réaliser les réformes sociales et politiques qui s'imposent à sa propre régénérescence. Il est à noter quand même que les citoyens occidentaux ont un rôle déterminant dans l'avenir de ce processus.
Soit ils deviennent les partenaires de processus de réforme constructifs, soit ils se contentent d'être les juges de la défaillance de l'autre (ce que, soit dit en passant, certains musulmans font de la même façon vis-à-vis de l'Occident).
C'est finalement à nous de savoir si nous voulons être les partenaires d'un monde pluriel où nous vivrons ensemble, ou s'il s'agit simplement de choisir son camp et de condamner les manquements de l'autre.
Gideon : Dans ses dérives, n'oubliez-vous pas les agressions et occupations par des puissances occidentales ? celles-la mêmes dont se plaignent des fondamentalistes musulmans !
Tariq Ramadan : La réalité de la domination de la politique occidentale, ce qui demeure aujourd'hui de l'ordre économique qui s'impose aux sociétés du Sud sont des éléments absolument impératifs dans l'analyse de notre situation. Je refuse néanmoins la posture victimaire qui consisterait à réduire tous les problèmes du monde musulman à ces réalités objectives.
Je pense qu'il est nécessaire que les peuples, les intellectuels et les politiciens des sociétés majoritairement musulmanes se mobilisent pour élaborer une résistance fidèle au principe de justice et au principe de démocratisation.
Ma critique de la domination économique, de la politique américaine actuelle, du désordre dans la politique étrangère européenne, est permanente, et je ne cesse de mettre ces dimensions en évidence. C'est aussi un appel aux citoyens d'Occident de faire face aux réalités sur lesquelles ils peuvent avoir prise, et de se mobiliser là où ils sont pour plus de justice et pour la dignité des êtres humains.
Cela veut dire refuser les programmes d'ajustement structurel qui dépouillent les peuples, cela veut dire s'opposer à des invasions comme celle de l'Irak, ou au silence lors de la guerre comme ce fut le cas au Liban, comme c'est encore le cas vis-à-vis de l'oppression des Palestiniens, cela veut dire aussi s'opposer à l'usage de la torture ou à l'établissement de prisons secrètes à travers le monde.
C'est cela aussi qui permettra de changer les réalités et les perceptions négatives vis-à-vis de l'Occident qui ont cours dans le monde musulman.
Pierre_P : Une partie du monde musulman considère que la laïcité est une attaque à l'existence même de l'islam, alors qu'au contraire il s'agit de l'acceptation de toutes les religions mais en dehors du champ public et politique. Comment pouvons-nous réconcilier l'islam et la laïcité ?
Tariq Ramadan : Nous sommes en face d'un énorme malentendu : la laïcité telle qu'elle est perçue dans le monde musulman est liée à une histoire qui est tout sauf démocratique et ouverte. La laïcité dans les sociétés majoritairement musulmanes a été l'apanage de régimes peu démocratiques, comme celui d'Atatürk, comme celui de Saddam Hussein, comme celui de Hafez Al-Assad en Syrie, qui ont apporté avec eux l'idée d'un Etat non confessionnel, laïque, qui avait tout de la laïcité occidentale sauf la démocratie. Dans le monde musulman, la laïcité a voulu dire tout à la fois absence de religion et absence de liberté.
En Occident, la laïcité a été exactement le contraire : accès à la liberté de conscience et à la liberté de culte, sans disparition de la religion. L'Etat devenait neutre, mais la religion continuait à jouer un rôle dans la vie privée et spirituelle des citoyens.
C'est ce nœud qu'il faut absolument discuter, cette incompréhension née de deux expériences historiques différentes. A l'étude, les musulmans se rendront compte qu'ils peuvent tout à fait accéder à la réalité de deux sphères distinctes dans la gestion de leur espace social et politique.
Il existe dans l'islam l'exposé d'une éthique qui oriente la femme et l'homme dans leur comportement social et politique, mais qui ne s'impose pas de façon dogmatique. C'est donc d'un double travail que nous avons besoin : revisiter l'histoire et se réapproprier la tradition légale musulmane.
Permettez-moi d'ajouter qu'un certain nombre d'intellectuels qui transforment la laïcité en un instrument idéologique antireligieux ne nous aident pas à clarifier les termes du débat. Je suis content d'entendre, en France comme en Europe, des femmes et des hommes qui précisent les contours d'une laïcité qui dit la neutralité de l'espace public, mais qui affirme le respect égalitaire de toutes les religions.
Doums : Quelle est votre opinion concernant le voile en France ?
Tariq Ramadan : Je suis de l'opinion de la très grande majorité des Européens, qui pensent que la loi de mars 2004 n'était ni nécessaire, ni utile, ni juste. Ma position sur la question du foulard est celle unanimement reconnue par les principes des droits humains : il est interdit islamiquement d'imposer à une femme de porter le foulard, il est interdit à la lumière des droits humains de lui imposer de l'enlever.
La loi de 1905 respectait totalement les termes de ces principes. La loi de mars 2004 est une loi de la peur qui, sous couvert de s'en prendre aux signes religieux, était essentiellement dirigée contre le foulard. Parce qu'il s'agit d'une loi de la peur, qui a produit un régime d'exception, le débat démocratique devra continuer dans les prochaines années. Pour l'heure, la loi a été votée, et si une jeune femme doit faire le choix entre porter le foulard et aller à l'école, il faut qu'elle aille à l'école et qu'elle puisse terminer ses classes normalement.
Cette position n'est pas exclusivement la mienne, elle n'est pas non plus exclusivement celle des musulmans, et il faut que la France entende que 95 % de ceux qui s'expriment sur la scène européenne autour de la question de la législation n'ont pas suivi la France dans sa politique restrictive quant à l'accès des jeunes filles à l'école.
Phil : De nombreux groupuscules islamistes utilisent l'appel au djihad contre l'Occident/chrétiens/juifs. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ? le djihad a-t-il uniquement un sens belliqueux dans l'islam ?
Tariq Ramadan : Pas du tout. Le djihad veut dire littéralement l'effort, la résistance. Et il est à comprendre à la lumière du message global de l'islam. Pour faire court, l'idéal de l'islam est la promotion de la paix : dans islam, il y a salam, qui veut dire paix et qui est l'un des noms de Dieu.
Pour atteindre cette paix, la femme et l'homme doivent faire de nombreux efforts, intimes autant que collectifs. Pour accéder à la paix intérieure, par exemple, une femme ou un homme doit apprendre à maîtriser les dimensions les plus négatives de son caractère : violence, cupidité, colère, etc. Ce travail de résistance intime aux aspects les plus sombres de sa personnalité est ce qui s'appelle le djihad, dont l'objectif suprême est de maîtriser le négatif dans l'intimité pour accéder à la paix de l'équilibre.
Il en va de même sur le plan collectif : lorsqu'on fait face à des oppresseurs, ou à de la dictature, ou à une attaque militaire, le seul droit est la légitime défense. Cette résistance à l'oppression, à l'agressivité de l'autre, c'est ce qui s'appelle djihad, en d'autres termes, une légitime défense face à l'oppresseur. Dans le but de parvenir à une paix entre les nations.
Tout autre usage du concept de djihad est une distorsion fondamentale de son enseignement, et il appartient aux musulmans de le dire et de le condamner.
Marcoles : L'islam du monde musulman (sunnite) actuel me paraît être vécu d'une facon, excusez-moi du terme, très brouillonne. L'islam que vous décrivez ne se retrouve ni en Egypte ni au Soudan. Il n'est ni celui des imams des mosquées ni celui des oulémas. Et si l'islam d'Europe donnait l'exemple ?
Tariq Ramadan : Cela fait quinze ans que j'ai écrit un livre dans lequel j'annonçais que l'expérience européenne, et plus largement occidentale, des Occidentaux musulmans allait avoir un impact très important sur le monde musulman en général.
Je pense aujourd'hui que les questions que nous posons, que les réponses que nous apportons, que les développements qui ont cours sur le terrain occidental sont extrêmement enrichissants et ont une influence sur le monde musulman en général.
Il faut néanmoins ne pas réduire les expériences dans le monde musulman à des brouillons, à des échecs, ou à des dérives. Nous assistons aussi dans les sociétés majoritairement musulmanes (au Sénégal, en Indonésie, en Malaisie, et non pas simplement dans les sociétés arabes) à des évolutions extrêmement intéressantes autour de la question de la démocratie, autour de la question des femmes, autour de la question des relations avec le monde occidental. Je crois qu'il faut aussi être à l'écoute de ces dynamiques.
La distinction fondamentale entre le chiisme et le sunnisme était d'abord historique et liée à la succession, après la mort du Prophète. Les chiites pensant que la succession devait se faire par le lien de la famille, et les sunnites, majoritaires, pensant que cette succession devait se faire sur la base de la compétence et de la reconnaissance par la communauté.
Par la suite, de divergences politiques, ces divergences sont devenues théologiques, sur le rôle des imams, sur le statut des théologiens et de leur organisation et sur les textes de référence. Les distinctions théologiques ne sont pas fondamentales, mais elles ont amené certains savants sunnites à considérer que les chiites étaient sortis de l'islam. Ce qui n'est pas l'opinion majoritaire.
Ce que nous observons aujourd'hui de division en Irak est circonstancié et tout à fait lié à des considérations politiques et politiciennes. L'intervention américano-britannique a creusé un gouffre qui n'existait pas auparavant, ou en tout cas pas selon les termes sous lesquels il se présente aujourd'hui.
Kachermi : Êtes-vous toujours favorable à un moratoire sur la lapidation des femmes ?
Tariq Ramadan : Depuis sept ans, j'appelle à un moratoire dans le monde musulman sur la peine de mort, les châtiments corporels et la lapidation. J'ai été vertement critiqué dans le monde musulman par des savants ou des intellectuels qui pensaient que je voulais plaire à l'Occident. J'ai été non moins vertement critiqué en France (et non pas du tout en Europe ou aux Etats-Unis) pour n'avoir proposé qu'un moratoire sur ces châtiments.
Ma position est claire : des textes de référence existent dans le corpus culturel musulman, la réponse des savants musulmans est peu claire et souvent défensive. J'ai donc posé trois questions aux savants musulmans : 1) que disent les textes ? 2) quelles sont les conditions d'application ? 3) dans quel contexte cela peut-il se produire ?
J'aimerais donc que l'on ouvre un débat fondamental dans le monde musulman et au moment où j'appelle à ce débat, je propose que nous cessions toutes ces peines, et donc pas seulement la lapidation, mais aussi les châtiments corporels et la peine de mort. J'ai condamné la lapidation au Nigeria, en Arabie saoudite, ou les châtiments corporels contre les pauvres Pakistanais ou les femmes, ou la récente lapidation, dont personne n'a parlé, en Afghanistan.
Ma position est claire, et ce que je veux, c'est qu'une réflexion se fasse de l'intérieur du monde musulman par rapport à ce silence, et surtout par rapport à l'acceptation de peines qui ont lieu toutes les semaines encore dans certaines pétromonarchies (comme l'Arabie saoudite) et vis-à-vis desquelles tout le monde se tait, et qui touchent exclusivement les femmes et les pauvres. Je considère ce silence de la part des musulmans comme inadmissible, et ce silence de la part de l'Occident comme hypocrite.
Amnesty International, en s'opposant à la peine de mort aux Etats-Unis, propose aux Etats américains qui appliquent la peine de mort un moratoire afin de pouvoir discuter plus avant de la question. Cette attitude ne choque absolument personne, elle est même comprise dans le but de faire évoluer les mentalités. Ma position est en droite ligne de cette pédagogie, avec l'intérêt premier qu'au moins toutes les peines extrêmes doivent cesser immédiatement, selon les termes de mon appel.
Un dernier mot : beaucoup de téléspectateurs ont été choqués par la formulation de ce moratoire lors de mon débat avec Nicolas Sarkozy. J'ai toujours défendu l'idée du moratoire et je n'ai fait à cette occasion que répéter ce que j'avais dit, loin de tout double discours.
Le double discours et l'hypocrisie n'étaient pas dans le camp qu'on leur avait assigné ce soir-là : Nicolas Sarkozy n'a pas hésité, quelques semaines après notre débat, à recevoir une délégation saoudienne, pays dans lequel la lapidation et les châtiments corporels sont appliqués de façon permanente, et qu'il n'a pas eu en l'occurrence le courage de dénoncer en leur présence. Notez au passage que je suis interdit d'entrée en Arabie saoudite...
Chat modéré par Constance Baudry
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Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
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Re: TARIQ RAMADAN
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Re: TARIQ RAMADAN
Tariq Ramadan a refusé de débattre avec Philippe Val
Il y a deux semaines, Le Nouvel Observateur a dû annuler à la dernière minute un dossier autour de la liberté d'expression... Il devait s'articuler autour d'un débat entre Tariq Ramadan et Philippe Val, le directeur de publication de Charlie, mais Ramadan l'a fait capoter.
A l'origine, il était question de parler du procès de Charlie Hebdo avec un contradicteur. L'équipe du Nouvel Obs, qui a invité plus de trois fois Tariq Ramadan à "chater" avec ses internautes sur le nouvelobs.com ces dernières années, impose alors Tariq Ramadan comme contradicteur. Val hésite puis se voit contraint d'accepter. Mais le matin même, surprise, après avoir donné son accord, Tariq Ramadan se désiste. Plus grave, au lieu de lui trouver un remplaçant, Le Nouvel Obs annule purement et simplement le débat (permettant à Ramadan de dicter ses choix au débat public) et le remplace par un dossier mi figue mi raisin, de loin le plus critique, sur le procès de Charlie Hebdo (edition du 8-14 février 2007).

Il y a deux semaines, Le Nouvel Observateur a dû annuler à la dernière minute un dossier autour de la liberté d'expression... Il devait s'articuler autour d'un débat entre Tariq Ramadan et Philippe Val, le directeur de publication de Charlie, mais Ramadan l'a fait capoter.
A l'origine, il était question de parler du procès de Charlie Hebdo avec un contradicteur. L'équipe du Nouvel Obs, qui a invité plus de trois fois Tariq Ramadan à "chater" avec ses internautes sur le nouvelobs.com ces dernières années, impose alors Tariq Ramadan comme contradicteur. Val hésite puis se voit contraint d'accepter. Mais le matin même, surprise, après avoir donné son accord, Tariq Ramadan se désiste. Plus grave, au lieu de lui trouver un remplaçant, Le Nouvel Obs annule purement et simplement le débat (permettant à Ramadan de dicter ses choix au débat public) et le remplace par un dossier mi figue mi raisin, de loin le plus critique, sur le procès de Charlie Hebdo (edition du 8-14 février 2007).


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Re: TARIQ RAMADAN
Rotterdam lance une enquête sur Tariq Ramadan, son conseiller sur “l’intégration des musulmans”, pour ses propos homophobes et misogynesPar Yann le 21 mars 2009
Se payer les services d’un pyromane pour lutter contre l’incendie, il fallait y penser ! À noter que jusqu’à aujourd’hui, Ramadan a coûté à la ville de Rotterdam la bagatelle de 1,79 million d’euros tout compris, dont 420 000 euros en 2007 et 2008 pour son activité de conseil, et 150 000 euros en 2009. De cette somme, 55 000 vont à Ramadan, le reste servant à payer l’organisation des débats et rencontres dans le cadre du projet sur «la citoyenneté, l’identité, et le sentiment d’être chez soi». De plus, la ville paye 200 000 euros par an pour ses activités professorales, somme qui inclut ses trajets et son logement, ainsi que ceux de ses trois assistants de recherche. (source : islam in Europe)
Glané sur Point de Bascule
LA HAYE, 20/03/09 – Le conseil de la ville de Rotterdam lance une enquête sur les déclarations prétendument anti-gays et anti-femmes de Tariq Ramadan. Ce scientifique islamique conseille la ville sur sa politique d’intégration.
Hier, le magazine gay Gay Krant a publié une traduction d’enregistrements sonores des déclarations que Ramadan aurait faites dans un discours. Il a dit que l’homosexualité est « un désordre, un dysfonctionnement et un déséquilibre » et que les femmes doivent éviter d’attirer l’attention sur leur apparence. « Sur la rue, dit la loi, les femmes doivent garder les yeux fixés sur le trottoir », écrit le magazine, citant Ramadan.
Rotterdam veut accéder aux enregistrements le plus rapidement possible. Cela permettra à la municipalité elle-même d’évaluer les déclarations de Ramadan, selon un porte-parole du conseiller municipal-Participation Rik Grashoff.
« Ces déclarations soulèvent des questions sur des déclarations que Ramadan a faites en tant que conseiller de la municipalité de Rotterdam et comme professeur invité à l’Université Erasmus de Rotterdam », selon Gay Krant.
Ramadan, « qui facture un tarif horaire de 290 euros », a récemment été reconduit pour deux ans comme conseiller pour Grashof, selon le magazine
Source : Point de Bascule (traduction de NisNews)
Se payer les services d’un pyromane pour lutter contre l’incendie, il fallait y penser ! À noter que jusqu’à aujourd’hui, Ramadan a coûté à la ville de Rotterdam la bagatelle de 1,79 million d’euros tout compris, dont 420 000 euros en 2007 et 2008 pour son activité de conseil, et 150 000 euros en 2009. De cette somme, 55 000 vont à Ramadan, le reste servant à payer l’organisation des débats et rencontres dans le cadre du projet sur «la citoyenneté, l’identité, et le sentiment d’être chez soi». De plus, la ville paye 200 000 euros par an pour ses activités professorales, somme qui inclut ses trajets et son logement, ainsi que ceux de ses trois assistants de recherche. (source : islam in Europe)
Glané sur Point de Bascule
LA HAYE, 20/03/09 – Le conseil de la ville de Rotterdam lance une enquête sur les déclarations prétendument anti-gays et anti-femmes de Tariq Ramadan. Ce scientifique islamique conseille la ville sur sa politique d’intégration.
Hier, le magazine gay Gay Krant a publié une traduction d’enregistrements sonores des déclarations que Ramadan aurait faites dans un discours. Il a dit que l’homosexualité est « un désordre, un dysfonctionnement et un déséquilibre » et que les femmes doivent éviter d’attirer l’attention sur leur apparence. « Sur la rue, dit la loi, les femmes doivent garder les yeux fixés sur le trottoir », écrit le magazine, citant Ramadan.
Rotterdam veut accéder aux enregistrements le plus rapidement possible. Cela permettra à la municipalité elle-même d’évaluer les déclarations de Ramadan, selon un porte-parole du conseiller municipal-Participation Rik Grashoff.
« Ces déclarations soulèvent des questions sur des déclarations que Ramadan a faites en tant que conseiller de la municipalité de Rotterdam et comme professeur invité à l’Université Erasmus de Rotterdam », selon Gay Krant.
Ramadan, « qui facture un tarif horaire de 290 euros », a récemment été reconduit pour deux ans comme conseiller pour Grashof, selon le magazine
Source : Point de Bascule (traduction de NisNews)
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"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
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Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
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Re: TARIQ RAMADAN
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"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
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"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
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Re: TARIQ RAMADAN
États-Unis - L’administration Obama suit la même politique que Bush. Refuse un visa à l’islamiste "modéré" Tariq Ramadan
mercredi 25 mars 2009
Ramadan est celui qui enseigne entre autres que l’homosexualité est une maladie, que les femmes doivent marcher en fixant le trottoir, et que c’est un grand péché pour les hommes de fréquenter les piscines mixtes... Il est connu pour son double discours, l’un pour les occidentaux et l’autre pour les musulmans. Il fait d’ailleurs présentement l’objet d’une enquête par la ville de Rotterdam aux Pays-Bas pour ses enseignements misogynes et homophobes. Ça en dit long sur ses groupies, dont le New York Times !
Pour Point de Bascule, lui interdire l’accès au territoire américain n’est pas une bonne stratégie. Mieux vaut le faire venir, confronter ses idées et, surtout, pointer du doigt ceux qui appuient les islamistes et leur avilissante vision du monde.
***
WASHINGTON - Même si elle s’est démarquée de nombreuses politiques de la guerre à la terreur auto-déclarée par George Bush et qu’elle a promis de tendre la main aux musulmans, l’administration Obama a décidé d’endosser une décision de Bush de refuser l’entrée au pays à un important intellectuel musulman européen.
« Les décisions consulaires ne sont pas sujettes à contestation devant les tribunaux », a plaidé le procureur adjoint des États-Unis, David Jones, devant la Cour d’appel du deuxième circuit.
Il a demandé au tribunal de confirmer une décision d’interdire à Tariq Ramadan, un professeur de l’Université d’Oxford, d’entrer au pays. Jones a plaidé que si le tribunal intervient dans la décision d’un agent consulaire d’interdire Ramadan, cela plongerait l’administration dans un « bourbier », car d’autres personnes aussi en appelleraient de ces décisions.
...
mercredi 25 mars 2009
Ramadan est celui qui enseigne entre autres que l’homosexualité est une maladie, que les femmes doivent marcher en fixant le trottoir, et que c’est un grand péché pour les hommes de fréquenter les piscines mixtes... Il est connu pour son double discours, l’un pour les occidentaux et l’autre pour les musulmans. Il fait d’ailleurs présentement l’objet d’une enquête par la ville de Rotterdam aux Pays-Bas pour ses enseignements misogynes et homophobes. Ça en dit long sur ses groupies, dont le New York Times !
Pour Point de Bascule, lui interdire l’accès au territoire américain n’est pas une bonne stratégie. Mieux vaut le faire venir, confronter ses idées et, surtout, pointer du doigt ceux qui appuient les islamistes et leur avilissante vision du monde.
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WASHINGTON - Même si elle s’est démarquée de nombreuses politiques de la guerre à la terreur auto-déclarée par George Bush et qu’elle a promis de tendre la main aux musulmans, l’administration Obama a décidé d’endosser une décision de Bush de refuser l’entrée au pays à un important intellectuel musulman européen.
« Les décisions consulaires ne sont pas sujettes à contestation devant les tribunaux », a plaidé le procureur adjoint des États-Unis, David Jones, devant la Cour d’appel du deuxième circuit.
Il a demandé au tribunal de confirmer une décision d’interdire à Tariq Ramadan, un professeur de l’Université d’Oxford, d’entrer au pays. Jones a plaidé que si le tribunal intervient dans la décision d’un agent consulaire d’interdire Ramadan, cela plongerait l’administration dans un « bourbier », car d’autres personnes aussi en appelleraient de ces décisions.
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