résurrection partielle de la gnose dans l'islam

Critique du Coran et ses versets - Chronologie - Histoire - Versets abrogés, Critique constructive des hadiths - quel apport dans la vie d'un musulman ? La réalité de la charia et de ses horreurs un peu partout dans le monde. Comment l'islam règle la vie des gens - comment les religieux oppressent le peuple
caius
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résurrection partielle de la gnose dans l'islam

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La résurrection partielle du gnosticisme dans l’islam
Mahomet, le nouveau Marcion de l’Arabie

Par Masud Masihiyyen

La négation de la crucifixion de Jésus dans le Coran (Sourate 4:157) qui vise l'un des dogmes fondamentaux du christianisme ne peut être considérée ni comme une doctrine intrinsèquement islamique ni comme originale.
(…)
certains groupes hérétiques qui se formèrent dés le début de la période apostolique et acquirent une grande diffusion au cours du second siècle refusaient de croire à la réalité de la crucifixion. Malgré des variantes mineures, les adeptes de ces groupes étaient connus sous le terme collectif de "gnostiques" et affirmaient que la crucifixion du Messie n’était qu’une hallucination.
(…)
certains musulmans se réfèrent au rejet de la crucifixion dans les premiers temps de l'Eglise pour étayer historiquement leurs allégations concernant la crucifixion de Jésus dans le Coran. C'est pourquoi il est nécessaire d'analyser à la fois les doctrines gnostiques et islamiques sur la mort de Jésus et pour juger si le gnosticisme tient la négation de la crucifixion du Christ de l'Islam.
(…)

Le mot «gnostique» est dérivé du mot grec "gnosis" qui signifie "connaissance". Les adeptes de la gnose 4 rejetaient la doctrine fondamentale du christianisme du salut à travers la mort expiatoire du Christ en faveur de l'acquisition du secret de la «connaissance» comme véritable source de la rédemption. L'idée que les croyants puissent acquérir le salut par la connaissance de certaines doctrines secrètes de Jésus non seulement séparait officiellement les gnostiques des membres de l'Eglise universelle mais faisait également du gnosticisme une philosophie élitiste sanctifiant plus la connaissance que le sacrifice de Jésus.
(…)
L'une des courants incontournables du Gnosticisme était le docétisme qui niait avec véhémence la réalité de la crucifixion du Sauveur en présentant sa mort comme une illusion. (…)le refus de la réalité de la crucifixion de Jésus découlait naturellement de l'aversion gnostique envers le corps humain 6 . Ce dégoût du corps humain était incompatible avec la doctrine chrétienne de l'Incarnation qu’ils méprisaient et rejetaient avec celle de la mort du Sauveur:
(…)

Les Gnostiques affirmaient que Jésus n'avait jamais pris une vraie enveloppe corporelle car, si cela avait été le cas, il aurait été corrompu par le mal intrinsèque de la matière et que son existence corporelle n'avait été qu'une illusion. Quand il fut crucifié, son esprit s’était envolé de sorte qu'il n'avait en réalité jamais connu la mort.7.

Au cœur du Gnosticisme (…) la matière était assimilée au mal par opposition à l’esprit. Cet enseignement conduisit les gnostiques à adopter une doctrine selon laquelle le corps humain est lui-aussi intrinsèquement impur et mauvais parce qu'il ressort du domaine de la matière. Par conséquent, les gnostiques commencèrent à percevoir Jésus comme un Esprit suprême qui avait libéré ses disciples de leur prison corporelle par la révélation de certains secrets :

Le Dieu inconnaissable était bien trop pur et parfait pour avoir quoi que ce soit de commun avec l'univers matériel qui était considéré comme le mal. C’est pourquoi Dieu générait des divinités inférieures ou émanations. L’une de ces émanations, la sagesse, voulut connaître le Dieu inconnaissable. Cette frustration engendra un dieu malveillant, le démiurge, et c’est ce dieu du mal qui créa l'univers. Avec l’aide des archontes, il réduisit les mortels en esclavage en les enfermant dans la matière et s’efforçait depuis d'empêcher les esprits purs de l’âme de remonter à Dieu après la mort du corps physique. Puisque, selon les gnostiques, la matière est le mal, la délivrance de la forme matérielle n’était réalisable que par la connaissance secrète révélée par les enseignements des maîtres gnostiques. Le Christ était le Divin Rédempteur, qui descendit du royaume spirituel pour révéler les connaissances nécessaires à ce rachat. En conclusion, le gnosticisme est dualiste. Autrement dit, il enseigne qu’il y a le bien et le mal, l’esprit et la matière, l’ombre et la lumière, etc. que l'univers est dualiste.8.

Il est évident qu'aucun des enseignements gnostiques n’a de lien avec l'Islam ou ses allégations concernant la crucifixion de Jésus. L'argument selon lequel le gnosticisme témoigne d’une l'influence de l'islam en particulier dans le cas du déni de la crucifixion de Jésus n'a aucune base historique ou théologique. Plus précisément, les gnostiques ne considéraient pas Jésus comme un prophète ordinaire qui aurait miraculeusement été sauvé de la mort alors qu’il était entre les mains de ses adversaires, mais liaient théologiquement leur refus de la doctrine chrétienne de la crucifixion à l’avilissement du corps humain. Ceci conduisait naturellement à la négation de l'humanité de Jésus et à le présenter comme un esprit divin sauveur. En bref, le gnosticisme accentuait la divinité de Jésus, dont le corps humain n'était qu'une illusion, contraste frappant avec l'Islam qui veut dépeindre Jésus comme l'un des simples prophètes humains du passé.
(…)

Pourquoi l'islam a-t-il adopté l'hérésie gnostique ?

Pourquoi le Coran reprend-t-il la théorie de l'illusion des gnostiques tout en soulignant l'humanité de Jésus au détriment de sa divinité? Il s'agit d'une question rationnelle et difficile qui expose les liens cachés entre les hérésies gnostiques et le déni islamique de la crucifixion. A première vue, il n'est pas évident de comprendre pourquoi Mahomet a choisi de reprendre les vues gnostiques répudiant la passion de Jésus. Tout en commentant les sources chrétiennes du Coran, le Révérend Clair Tisdall remarque que l'adoption par Mahomet de l'hérésie gnostique concernant la crucifixion de Jésus fut un peu le fruit du hasard, le produit d’une réaction émotionnelle envers les Juifs :
Le déni par Mahomet de la mort du Christ sur la croix ne peut trouver son origine dans l'autorité, aussi indigne de confiance soit-elle, de son Évangile apocryphe favori. Il est inutile de préciser qu'il contredit à la fois les prophètes de l'Ancien Testament et les Apôtres du Nouveau Testament, quoique sans doute simplement par ignorance. Il lui semblait probablement contraire à la dignité du Christ d'avoir été crucifié et mis à mort par ses ennemis et Mahomet en fut d'autant plus convaincu quand il réalisa que ses propres ennemis, les Juifs, se réjouissaient d'avoir tué Jésus. C'est pourquoi il reprit avec enthousiasme les affirmations de certains hérésiarques dont, à d'autres égards, les opinions avaient peu de points communs avec les siennes. 9.
Alors que les hérésies gnostiques avaient des raisons à la fois théologiques et philosophiques de décrocher Jésus de la croix, on ne peut pas en dire autant de l'islam. Pour la gnose, qui séparait radicalement la matière (et la chair) de l'âme à cause de son mode de pensée dualiste, l'acceptation de la crucifixion aurait représenté une contradiction majeure, une auto-négation même. Dans le Coran, il est par contre impossible de trouver le moindre motif théologique ou philosophique qui implique le rejet de la passion de Jésus et son sauvetage de la croix puisque que l'Islam n’adopte pas le point de vue gnostique que la chair est mauvaise.
(…)

Pour être honnête, l'Islam contredit ouvertement le gnosticisme quand il met l'accent sur la nature humaine de Jésus tout en rejetant la croyance chrétienne en la divinité de Jésus. Pour rejeter le principe d'un Jésus divin, le Coran affirme que le Messie Jésus n’est rien de plus qu'un prophète et se concentre sur la nature humaine de Jésus en faisant abstraction de la doctrine chrétienne de l'incarnation. Selon les auteurs du Coran, le simple fait que Jésus mangeait suffit à prouver qu'il était un homme puisqu’il éprouvait les faiblesses de la chair :

Le Messie, fils de Marie, n'était qu'un Messager. Des messagers (comme lui) sont passés avant lui. Et sa mère était une véridique. Et tous deux consommaient de la nourriture. Vois comme Nous leur expliquons les preuves et puis vois comme ils se détournent . (Sourate 5:75)

En outre, le Coran contient deux récits de la naissance de Jésus et de son enfance qui sont tous deux des plagiats des Évangiles apocryphes de l'enfance. Le récit sur Marie et Jésus du chapitre 19 du Coran est une version déformée et retravaillée des récits enregistrés dans l'Evangile du Pseudo-Matthieu et dans l'Évangile arabe de l'Enfance alors que la source du récit du chapitre 3 des écritures islamiques est l'évangile de l'enfance de Jacques. 10. L'incorporation de récits non canoniques sur la Nativité de Jésus dans le Coran est dans ce contexte assez contradictoire étant donné que, par ces histoires, Mahomet trahit les doctrines fondamentales gnostiques. Si un adepte de la gnose revenait et lisait ce que le Coran enseigne à propos de la crucifixion de Jésus, il collerait certainement à Mahomet l’étiquette de traître dépouillant le gnosticisme de son essence et le déformant pour ses intérêts personnels.
(…)

Il ressort clairement des enseignements gnostiques que pour eux la mort physique de Jésus était naturellement impossible et impensable puisqu’ils considéraient qu’il n’avait pas de corps réel. En d'autres termes, le rejet de la crucifixion dans le gnosticisme découle tout naturellement du dogme de base que Jésus n'était pas véritablement humain. Si l'on compare cela avec le rejet de la passion de Jésus dans le Coran, nous voyons que Mahomet a agi arbitrairement et a choisi de borner son refus à la réalité de la mort de Jésus sur la croix. La stratégie de Mahomet se limita donc à promouvoir la théorie gnostique de l'illusion, ce qui prouve de l'adaptation de certains enseignements gnostiques à la religion fabriquée par Mahomet. Le Gnosticisme était le fruit de la déformation de la foi chrétienne, le rejet islamique de la mort de Jésus est le fruit de la déformation des enseignements gnostiques.

(…)

Tout en cherchant une réponse à la question de savoir pourquoi Mahomet a choisi de nier la mort de Jésus sur la croix alors que ce déni allait tout de même lui donner beaucoup de peine, nous constatons que le refus islamique ne prit forme qu’assez lentement et, étonnamment, que les versets coraniques reprenant la théorie gnostique de l'illusion ne furent formulés que tardivement après la migration de Mahomet à Médine. Fait intéressant, les versets coraniques qui appartiennent à la première période de l'Islam ne font pas plus référence à la crucifixion de Jésus qu’à son supposé sauvetage de la croix même s’ils soulignent l'incrédulité des juifs envers Jésus et la division religieuse d’Israël :

Et quand Jésus apporta les preuves, il dit : "Je suis venu à vous avec la sagesse et pour vous expliquer certains de vos sujets de désaccord. Craignez Allah donc et obéissez-moi. Allah est en vérité mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-Le donc. Voilà un droit chemin. Mais les factions divergèrent entre elles . Malheur donc aux injustes du châtiment d'un jour douloureux! (Sourate 43:63-65)
Tel est Issa (Jésus), fils de Marie : parole de vérité, dont ils doutent. Il ne convient pas à Allah de S'attribuer un fils. Gloire et Pureté à Lui ! Quand Il décide d'une chose, Il dit seulement : "Soi! " et elle est. "Certes, Allah est mon Seigneur tout comme votre Seigneur. Adorez-le donc. Voilà un droit chemin". [Par la suite,] les sectes divergèrent entre elles. Alors, malheur aux mécréants lors de la vue d'un jour terrible ! (Sourate 19:34-37)

Il est très probable que Mahomet fut d'abord réticent à nier la crucifixion de Jésus car il ne la voyait pas comme un danger pour sa nouvelle idéologie louant Jésus comme un messager et le Messie. L'idée de rejeter la réalité de la crucifixion de Jésus lui vint graduellement à cause de la dégradation progressive de ses relations avec les Juifs de son époque. Plus Mahomet rencontrait de résistance auprès des Juifs, plus il avait besoin de les dénigrer. C’est de cette résistance à laquelle il ne s’attendait pas que datent les sentiments anti-juifs de Mahomet, sentiments qui prirent diverses formes. Par exemple, juste après la migration à Médine Mahomet lança ² officiellement sa campagne anti-juive par quelques versets qui accusaient les Juifs de fausser à dessein les Saintes Ecritures. C’était lié à son nouvel objectif de présenter les juifs comme des gens peu fiables et dangereux qui ne respectent même pas leurs propres Écritures et leur foi. Oubliant qu’à La Mecque son Dieu lui avait pourtant ordonné de consulter les «Juifs» en tant que lecteurs du «Livre» (Sourate 10:94), Mahomet affirmait maintenant que les Juifs étaient des gens malhonnêtes qui dissimulaient la vérité dans leurs écritures et pervertissaient leur livre :

Eh bien, espérez-vous [Musulmans], que des pareils gens (les Juifs) vous partageront la foi ? Alors qu'un groupe d'entre eux, après avoir entendu et compris la parole d'Allah, la falsifièrent sciemment. (Sourate 2:75)
Malheur, donc, à ceux qui de leurs propres mains composent un livre puis le présentent comme venant d'Allah pour en tirer un vil profit! - Malheur à eux, donc, à cause de ce que leurs mains ont écrit, et malheur à eux à cause de ce qu'ils en profitent! (Sourate 2:79)
Et il y a parmi eux certains qui roulent leur langues en lisant le Livre pour vous faire croire que cela provient du Livre, alors qu'il n'est point du Livre ; et ils disent : "Ceci vient d'Allah", alors qu'il ne vient pas d'Allah. Ils disent sciemment des mensonges contre Allah. (Sourate 3:78)

Par la suite, Mahomet aggrava encore ses accusations en stigmatisant de façon récurrente les Juifs comme une communauté d’incroyants qui persécutaient et assassinaient les serviteurs élus de Dieu (les messagers comme les prophètes). Bien que Mahomet ne soit jamais parvenu à citer un seul messager Israélite qui aurait été assassiné par les Juifs 12, il se complaisait à dépeindre les Juifs comme des infidèles assoiffés du sang des messagers:

Certes, Nous avions déjà pris l'engagement des Enfants d'Israël, et Nous leur avions envoyé des messagers. Mais chaque fois qu'un Messager leur vient avec ce qu'ils ne désirent pas, ils en traitent certains de menteurs et ils en tuent d'autres. (Sourate 5:70)
Allah a certainement entendu la parole de ceux qui ont dit : "Allah est pauvre et nous somme riches". Nous enregistrons leur parole, ainsi que leur meurtre, sans droit, des prophètes. Et Nous leur dirons : "Goûtez au châtiment de la fournaise. (Sourate 3:181)
Certes, Nous avons donné le Livre à Moïse; Nous avons envoyé après lui des prophètes successifs. Et Nous avons donné des preuves à Jésus fils de Marie, et Nous l'avons renforcé du Saint-Esprit. Est-ce qu'à chaque fois, qu'un Messager vous apportait des vérités contraires à vos souhaits vous vous enfliez d'orgueil? Vous traitiez les uns d'imposteurs et vous tuiez les autres. (Sourate 2:87)

Il est frappant de constater que cette campagne de diffamation nous rapproche de la solution du puzzle islamique du rejet de la crucifixion de Jésus et révèle les liens obscurs entre les hérésies gnostiques et l'islam.
(…)

Toutes ces références répétées à un prétendu martyre infligé aux messagers de Dieu par les Juifs n’empêchèrent pas Mahomet de prendre vis-à-vis de la communauté juive une attitude diamétralement opposée dès que la mort de Jésus était évoquée. La seule déclaration du Coran qui nie ouvertement la crucifixion de Jésus et fasse sienne la théorie de l'illusion semble avoir été proférée lors d'un débat houleux entre Mahomet et des Juifs qui se vantaient de la mort de Jésus des mains de leurs ancêtres :

« et à cause leur parole : "Nous avons vraiment tué le Christ, Jésus, fils de Marie, le Messager d'Allah...»(Sourate 4:157)

Évidemment, cette pique verbale exaspéra Mahomet : les Juifs qu’il invitait à l'islam lui rétorquaient que la crucifixion était le signe de l’échec de Jésus et de la fausseté des doctrines relatives à sa naissance miraculeuse et à son identification au Messie. Cet argument amena Mahomet à la conclusion qu’admettre la mort humiliante de Jésus sur la croix reviendrait à concéder une défaite face aux Juifs. En d'autres termes, Mahomet se convainquit facilement que la crucifixion de Jésus représentait une faiblesse et un obstacle pour son idéologie. Mahomet rejoignit donc tout naturellement le camp de ceux qui jugeaient que la croix de Jésus était une folie et une honte qui devait être cachée. L'apôtre Paul avait prédit ce genre d'approche du message de la croix et réprimandé les gens qui avaient honte de la crucifixion :

Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu. Aussi est-il écrit: Je détruirai la sagesse des sages, Et j'anéantirai l'intelligence des intelligents. Où est le sage? où est le scribe (l'expert dans la loi mosaïque)? Où est le disputeur de ce siècle? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : mais nous prêchons un Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens. Mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, le Christ est la puissance et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. (1 Corinthiens 1:18-25)

En tant que leader essentiellement politique de son époque, Mahomet n'a pas compris que la croix représentait la sagesse et la force de Dieu. Ironiquement, il se rapprocha des Juifs en ce qu'il convenait avec eux que la crucifixion de Jésus était une honte et un déshonneur pour sa foi.
(…)

Mahomet pouvait bien être reconnaissant envers les hérésies gnostiques et leur réserva une place dans son Coran, bien qu'il ait dénaturé la doctrine fondamentale gnostique basée sur la dualité entre la matière et l'esprit. Fait intéressant, cette nouvelle version coranique du docétisme gnostique remplace la lutte éternelle entre la matière et l'âme par celle entre les Juifs et les Musulmans. En fait, ce qui convainquit Mahomet d’adopter le refus gnostique de la crucifixion était que lui et les gnostiques avaient un ennemi commun : les juifs.

Le mode de pensée dualiste de la gnose lié à l'affrontement constant entre les couples d’opposés (la chair contre l'âme, l'obscurité contre la lumière, la mort contre la vie, etc) stigmatisait inévitablement les Juifs comme la communauté du mal par excellence à cause de leur inféodation à la Loi et au corps. La projection de la lutte des contraires sur le plan de la race et de la politique aboutit à la thèse selon laquelle les Juifs correspondaient au mal et à la chair mortelle parce qu'ils suivaient obstinément la loi mosaïque au détriment d’une soi-disant rédemption par l'acquisition de la connaissance secrète de Jésus. Cette dangereuse tendance à associer les Juifs avec un monde matériel «pécheur et mortel» adorant la chair et haïssant l'âme engendra de nouvelles formes d’hérésies gnostiques abhorrant non seulement les Juifs en tant que tels mais aussi leur religion et leur Dieu.


Il est vrai que les chrétiens, en tant que disciples de Jésus le Messie, s’étaient radicalement démarqués des Juifs, suite à cette rupture on commençait à cibler la foi des Juifs au point même de rejeter le Dieu d'Israël avec sa nation au moment où le gnosticisme menaçait de prendre le dessus sur le christianisme traditionnel. Au cours du second siècle après Jésus-Christ, un homme nommé Marcion mis en grave danger la foi chrétienne en tentant de distinguer Jésus, le Dieu bon, du soi-disant Dieu mauvais de l'Ancien Testament. Le Marcionisme 13 fut le nom donné à cette redoutable nouvelle hérésie à laquelle l'Eglise dût faire face à ses débuts. L’objectif de Marcion était d’éliminer la Torah des Ecritures chrétiennes et sa farouche opposition au Dieu des Juifs illustre à quel point la structure dualiste du gnosticisme avait assimilé les juifs avec la matière et la prétendue corruption du corps humain. Cette tendance à stigmatiser les Juifs en tant que communauté vicieuse et pécheresse devint un élément incontournable des enseignements gnostiques. C’est ainsi que le gnosticisme en vint à refléter des idées et des doctrines antisémites 14. .

Il ne fait aucun doute que Mahomet n’appréhendait pas le moins du monde la logique théologique du Gnosticisme. Cependant, il reprit la théorie gnostique de l'illusion qui lui permettait de laisser la négation de la crucifixion de Jésus faire son chemin dans son Coran : il avait bien compris que les implications anti-juives des hérésies gnostiques étaient parfaitement appropriées à sa nouvelle idéologie nommée islam. Aux yeux de Mahomet, les Juifs étaient de dangereux et perfides adversaires politiques. C'est pourquoi il mit les Juifs au même niveau que les « cruels païens », tandis qu'il faisait l'éloge des chrétiens pour leurs bonnes relations avec les musulmans :

Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des croyants. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent : "Nous sommes chrétiens." C'est qu'il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu'ils ne s'enflent pas d'orgueil. (Sourate 5:82)

La haine anti-juive de Mahomet à partir de l'époque médinoise du Coran allait cependant au-delà d’une simple rivalité politique et cette inimitié reflète les effets de certaines doctrines gnostiques sur la façon dont Mahomet voyait les Juifs. Par exemple, il ajouta au Coran un verset soulignant la distinction entre les Juifs et les chrétiens en matière de miséricorde, ce qui implique que ceux qui suivaient Jésus (les chrétiens) étaient plus cléments et plus doux que ceux qui ne croient pas en Jésus (les Juifs). Cette description pourrait remonter aux hérésies gnostiques (le Marcionisme par exemple) qui stigmatisaient les juifs comme un peuple cruel :

Ensuite, sur leurs traces, Nous avons fait suivre Nos [autres] messagers, et Nous les avons fait suivre de Jésus fils de Marie et lui avons apporté l'évangile, et nous avons mis dans les coeurs de ceux qui le suivirent douceur et mansuétude.

(…)

Le parallélisme entre la propagande antisémite de Mahomet et certains des enseignements gnostiques qui visaient les juifs devient évident dans le récit de la vie de Jésus apparut pendant la période Médinoise du Coran. Comme nous l’avons énoncé auparavant, le choix de Mahomet de démentir la mort de Jésus dérive et se nourrit du Docétisme gnostique qui avait désigné les juifs comme l'ennemi maudit bien avant que Mahomet vienne au monde et se soit fait prophète. Poursuivant son alignement sur les hérésies gnostiques sur la mort de Jésus, Mahomet, pour la première fois, enseigna que l'incrédulité juive allait bien au-delà d’une simple résistance et que les juifs avaient réellement essayé de massacrer Jésus. Il argua que cette tentative avait échoué parce qu'Allah avait répliqué par une bien meilleure machination et avait sauvé Jésus de ses adversaires :

Et ils [les juifs] se mirent à comploter. Allah a fait échouer leur complot. Et c'est Allah le meilleur des comploteurs ! (Sourate 3:54)

Bien que dans la Sourate 3 Mahomet ait clairement nié que Jésus ait été massacré par les juifs, il n'expliqua la réalité historique de la passion de Jésus par une illusion qu’une fois qu’il eut concocté la 4ième sourate. Une fois encore, le verset rejetant la réalité de la crucifixion de Jésus de la 3ième sourate montre l'influence des enseignements gnostiques de plusieurs manières. D'abord, le fait que l'affirmation que Jésus n'a pas été massacré par les juifs soit directement associée à l'élévation de Jésus. En second lieu, les phrases censément adressées par Dieu à Jésus correspondent parfaitement aux enseignements anti-Juifs propagés par le Gnosticisme :

C’est alors que Dieu dit : "Ô jésus ! Je vais mettre fin à ta mission sur Terre, t’élever vers Moi, te purifier, te débarrasser des négateurs (ceux qui n’ont pas cru) … (Sourate 3:55)

Le dieu de Mahomet explique dans ce verset que c’était pour « purifier » Jésus de ceux qui ne crurent pas en Lui qu’il l’a ramené au ciel. Sachant que « les négateurs » sont les juifs, la question de savoir pourquoi c’est le verbe « purifier » qui est spécifiquement employé dans ce verset s’explique. L'élévation de Jésus dans les textes sacrés islamiques correspond à sa purification des juifs parce que le dieu de Mahomet a pensé que les juifs étaient des personnes impures qui souillèrent Jésus en ce monde. Cela correspond parfaitement avec ce que certaines hérésies gnostiques - par exemple le Marcionisme - enseignaient au sujet des juifs.

De plus, l’allégation islamique d’un Jésus purifié des juifs par son élévation est également liée à la description gnostique de la création de l’homme comme un emprisonnement de l'âme dans le corps néfaste. En conséquence, en théologie gnostique la mort est équivalente à la libération de l’âme de la prison du corps mortel et du monde matériel. La haine et la politique anti-juive de Mahomet ont déformé cette théologie et engendré la présentation des juifs comme une malsaine communauté d’incroyants qui voulurent humilier et tuer Jésus. (…)



Il est probable que Mahomet n’eut jamais connaissance de la théologie chrétienne de la passion de Jésus ni du sens de la crucifixion dans le dogme chrétienne du salut.(…)
En analysant le contexte du démenti islamique de la crucifixion, il faut également envisager que Mahomet entendit et sut au moins partiellement ce que les chrétiens croyaient de la mort de Jésus des mains des juifs mais qu’il ne se sentit pas concerné par la doctrine chrétienne du salut par le sacrifice de Jésus parce que ce principe ne le servirait pas sa lutte politique contre les juifs.
(…)
Puisque la priorité de Mahomet était de flétrir les juifs en se servant de Jésus, expliquer que la crucifixion avait échoué grâce à une duperie servait parfaitement le dessein islamique de faire passer les juifs pour une communauté d’égarés qui subissait le châtiment d’avoir voulu crucifier Jésus.

Le résultat de cette stratégie fut un basculement fondamental transformant le credo du salut universel dans le christianisme en un avilissement des juifs dans l'Islam. Mahomet se complaisant à transformer Jésus de Nazareth en une arme politique anti-juive étonnamment puissante et maniable, il devait pour ce faire dissocier Jésus de la croix et de la doctrine chrétienne fondamentale du salut. En conséquence, dans l'écriture sainte de Mahomet la crucifixion de Jésus cessa de représenter l'amour divin et la grâce prodiguée par le père Miséricordieux pour se transformer en principal instrument de la haine divine contre la communauté juive. C'est pourquoi dans le Coran, Jésus n'est pas l'Agneau de Dieu offert pour l'alliance éternelle entre Dieu le Père et ses enfants, mais est un sacrifice offert pour satisfaire le désir de revanche Mahomet sur les juifs, les meurtriers de tous les anciens messagers.

La reprise par Mahomet de la théorie gnostique de l'illusion fut certainement liée à sa haine des juifs. L’allégation que la crucifixion de Jésus n’était qu’une illusion optique crée par le pouvoir et la sagesse d'Allah est le point culminant d'une campagne politique islamique à long terme qui voulait faire du mot « juif » un synonyme du mot « fou». Cet objectif est évident dans la supposition islamique qu'Allah, en dépit de son honnêteté primordiale, a réussi à tromper les Juifs en leur faisant tuer quelqu'un d'autre à la place de Jésus. La duperie des juifs alléguée par le Coran prend la forme d'une malédiction éternelle qui condamne la race juive à l'ignorance et à l’égarement. En bref, le dieu de Mahomet a sacrifié son honnêteté pour que Mahomet puisse punir et se moquer des juifs tandis que Mahomet devenait le Marcion moderne de l'Arabie.

source : http://answeringislam.net/authors/masih ... ixion.html
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Georges
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Re: résurrection partielle de la gnose dans l'islam

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"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928

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La duperie des juifs alléguée par le Coran prend la forme d'une malédiction éternelle qui condamne la race juive à l'ignorance et à l’égarement.
En bref, le dieu de Mahomet a sacrifié son honnêteté pour que Mahomet puisse punir et se moquer des juifs tandis que Mahomet devenait le Marcion moderne de l'Arabie
c'est vrai que la haine du juif nous l'avons reçu dans le berceau. :twisted:
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Georges
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Re: résurrection partielle de la gnose dans l'islam

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Le spectacle a été diffusé sur la chaîne de télévision Al-Aqsa du Hamas, le 4 mars 2009 :

« Un père juif : Nous, Juifs, haïssons les musulmans. Nous aimons tuer les musulmans. Nous, Juifs, aimons boire le sang des musulmans et le sang des Arabes. Êtes-vous Arabes ? Êtes-vous musulmans ? Je vous hais. Oui, je vous hais. Je vous hais afin de plaire à Dieu. Afin de plaire à Dieu… Afin de plaire à Dieu…

(…)

Le père : (…) Shimon, mon fils, je voudrais t’apprendre quelque chose. Tu dois haïr les musulmans.

Shimon, son fils : Bien sûr que je les hais.

Le père : Tu dois boire le sang des musulmans. (…) J’ai parlé au rabbi : tu dois haïr les musulmans, afin de plaire à Dieu.

Shimon : Ne t’inquiète pas, papa. (…)

Le père : Nous devons nous laver les mains avec le sang des musulmans.
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Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
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Re: résurrection partielle de la gnose dans l'islam

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MAHOMET ET LES JUIFS


Sensible à la théologie juive, le Prophète s'en inspire au commencement dans ses recommandations sur le jeûne et les interdits alimentaires relatifs au porc.
Il adopte le calendrier lunaire des juifs, avec des mois réglés sur les cycles de la Lune.
Il fixe le jeûne pendant la fête juive de l'Expiation.
Et il prescrit à ses fidèles de se tourner vers Jérusalem pour la prière.
Il n'empêche que trois des quatre communautés juives de Médine persistent dans leur refus de se convertir à la nouvelle foi.
Ces juifs reprochent en particulier à Mahomet de détourner le sens des textes bibliques et osent même se moquer de lui (1).

Le 11 février 624, une révélation divine enjoint à Mahomet et à ses disciples de modifier la prière rituelle : elle se fera désormais en se tournant non plus vers Jérusalem mais vers la pierre noire de la Kaaba (2), le sanctuaire des idolâtres de La Mecque.

Au printemps 624, à l'approche d'une caravane particulièrement riche en provenance de Syrie, Mahomet décide de l'attaquer.
Mais ses plans sont déjoués par un espion.

Les Mecquois du clan des riches Koraishites dépêchent une armée au secours de leur caravane.
C'est la bataille du puits de Badr, qui voit la victoire des musulmans malgré leur infériorité numérique. À son retour triomphal de la bataille de Badr,
Mahomet ordonne l'exécution de deux prisonniers mecquois qui s'étaient montrés particulièrement virulents à l'égard du Prophète et de ses disciples.

Mahomet remarque par ailleurs que les juifs de Médine se sont tenus à l'écart de la bataille.
Son dépit à leur égard n'en devient que plus grand. C'est ainsi que de nouvelles révélations divines l'amènent à remodeler le calendrier.
Elles précisent en particulier que le jeûne musulman se pratiquera pendant le mois de ramadan, celui durant lequel se déroula la bataille de Badr. Les interdits alimentaires exprimés dans les révélations faites au Prophète restent quand à eux assez semblables à ceux des juifs.

Le fossé se creuse entre les juifs de Médine et la communauté des croyants.
Trahisons, violences et médisances alimentent la zizanie, malgré le code de bonne conduite établi lors de l'arrivée de Mahomet.

Peu après la bataille de Badr, un incident met le feu aux poudres. Une ou plusieurs musulmanes sont molestées au marché par des juifs de la tribu des Banu-Kainuka. Échauffourée, meurtres de part et d'autre. Le chef de la tribu mise en cause refuse de payer l'amende réglementaire aux parents des victimes musulmanes. La tribu est assiégée par le Prophète et ses disciples et, au bout de deux semaines, contrainte de leur livrer ses immenses biens et d'émigrer.

Un peu plus tard, le 21 mars 625, lors de la fameuse bataille d'Ohod entre Mecquois et Médinois, la deuxième tribu juive, celle des Banu-Nadhir, se voit reprocher de soutenir les habitants de La Mecque. Elle est chassée vers le nord après un long siège et une violente bataille contre les musulmans.

Tandis que les musulmans poursuivent la guerre contre les Koraishites de La Mecque, Mahomet s'irrite de plus en plus du manque de soutien des juifs de Médine à son égard. La crise arrive à son terme en 627, après la « bataille du fossé » qui met une dernière fois aux prises Mecquois et musulmans de Médine.

Sorti vainqueur du siège, Mahomet décide d'en finir avec les juifs de la troisième et dernière tribu de Médine, les Banu-Kuraiza, qu'il accuse (ce qui est vrai) d'avoir soutenu les assaillants. Sur son ordre, les musulmans décapitent 600 à 700 hommes et les ensevelissent dans une grande fosse de la place du marché de Médine. Ils se partagent les biens de la tribu, ainsi que les femmes et les enfants.


Notes

(1) L'islam se range de façon incontestable parmi les trois grandes religions monothéistes (fondées sur la foi en un Dieu unique), aux côtés du judaïsme et du christianisme. Mais ce n'est pas, comme on le prétend parfois, une «religion du Livre» (le Livre en question étant la Bible). Selon l'islam, la Révélation divine tient en quatre livres successifs : la Torah de Moïse, les Psaumes de David, les Évangiles de Jésus, enfin le Coran de Dieu lui-même. Chaque livre complète... et annule les précédents.
Le seul livre que l'islam considère donc comme valide est le Coran. Celui-ci évoque les grandes figures de la Bible, Abraham, Moïse et même Jésus et Marie, mais dans des termes qui n'ont rien à voir avec le texte biblique. «Dans l'islam, le corpus biblique est totalement remanié pour lui faire dire autre chose que son sens initial. La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s'appuie», rappelle le philosophe René Girard (La Vie, n°3039, 27 novembre 2003, page 50).

(2) Kaaba : le mot signifie en arabe construction cubique. Il a la même origine que le mot grec kubos, dé à jouer, qui a donné cube en français. La Kaaba a fini par désigner un édifice sacré, à la Mecque, dans la péninsule arabe, qui renferme une pierre noire d'origine mystérieuse (probablement une météorite).

Avant la prédication de Mahomet, la Kaaba contenait aussi plusieurs idoles dont une représentation du dieu Allah et de ses trois filles, al-Uzza, al-Lat et Manat (qualifiées parfois de déesses sublimes).

Selon les musulmans orthodoxes, qui révèrent toujours la pierre noire, la Kaaba aurait été initialement construite par des anges puis reconstruite par Adam, par son fils Seth, ensuite par Abraham et son fils Ismaël,... C'est un édifice de 13 mètres de long, 12 de large et 17 de haut au centre d'un enclos bordé de portiques, le Masjid al-Haram, ou mosquée sacrée. C'est autour de lui que se déroule le pèlerinage annuel des musulmans et c'est vers lui que les musulmans se tournent pour la prière, depuis le 11 février 624.
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
Mustafa Kemal, discours de 1928

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Rajai
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Re: résurrection partielle de la gnose dans l'islam

Message non lu par Rajai »

Georges a écrit :Le spectacle a été diffusé sur la chaîne de télévision Al-Aqsa du Hamas, le 4 mars 2009 :

« Un père juif : Nous, Juifs, haïssons les musulmans. Nous aimons tuer les musulmans. Nous, Juifs, aimons boire le sang des musulmans et le sang des Arabes. Êtes-vous Arabes ? Êtes-vous musulmans ? Je vous hais. Oui, je vous hais. Je vous hais afin de plaire à Dieu. Afin de plaire à Dieu… Afin de plaire à Dieu…

(…)

Le père : (…) Shimon, mon fils, je voudrais t’apprendre quelque chose. Tu dois haïr les musulmans.

Shimon, son fils : Bien sûr que je les hais.

Le père : Tu dois boire le sang des musulmans. (…) J’ai parlé au rabbi : tu dois haïr les musulmans, afin de plaire à Dieu.

Shimon : Ne t’inquiète pas, papa. (…)

Le père : Nous devons nous laver les mains avec le sang des musulmans.
Tu sors ça d'ou ?
Quand la loi et le devoir ne font qu'un dans une religion nul n'est plus vraiment conscient.
Alors on est toujours un peu moins qu'un individu.

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Georges
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Re: résurrection partielle de la gnose dans l'islam

Message non lu par Georges »

Je sors ça de ce site:
http://www.memri.org/bin/french/article ... ID=FD10109

La haine du juif est cultivé dans dar el islam :shock:
Mouloud Aounit aura du boulot là bas pour les débarasser de leur racisme.*
Mais comme il a dit qu' il n'est plus musulman, il sera tué conformément à la charia.
"La où l'islam passe, la civilisation trépasse" Ibn Khaldoun
"l' islam est une loi pour les pourceaux" Ibn Roshd
"Je suis le prophète du carnage. Je suis le rieur sanglant" Mahomet
"le paradis est à l' ombre des épées" Mahomet
Les peuples non civilisés sont condamnés à rester dans la dépendance de ceux qui le sont.
Et la civilisation, c'est l'Occident, le Monde Moderne, dont la Turquie doit faire partie si elle veut survivre.
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OLD
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La Gnose et les Gnostiques

Message non lu par OLD »

Introduction

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Sans commencement, sans fin,
sans passé ni avenir,
sans cause et sans contingence,
l’Esprit transcende l'espace et le temps,
car il réside dans le seul présent
et trouve son essence et sa réalité
dans son propre et constant
perfectionnement.


En raison de l'ambigüité du terme, il est difficile de parler de la Gnose. Il n'est pas facile non plus de parler des Gnostiques tellement est élevé le nombre des groupes ou mouvements qui revendiquent cette appartenance. Aux débuts du Christianisme, on en dénombrait déjà plus de quatre-vingt, et bien d'autres sont apparus depuis. Il peut paraître intéressant de se pencher sur les causes ou les conséquences de cette multiplicité. Beaucoup de chercheurs ont travaillé en ce sens et nous en parlerons, mais le sujet de la présente recherche portera essentiellement sur les fondements communs des diverses doctrines. Le terme Gnose, quant à lui, est initialement issu du grec antique "gnôsîs" qui signifiait "connaissance". Il est souvent utilisé pour désigner l'attitude philosophique initiale sur laquelle sont fondés les divers mouvements gnostiques, mais on appelle aussi Gnose le mouvement historique de rivalité ou d'opposition au Christianisme qui s'est constitué quand la nouvelle religion devenait hégémonique. Cependant, au sein même des groupes gnostiques, le mot Gnose désigne tantôt le contenu de la connaissance inspirée, (c'est à dire une conceptualisation explicative des mystères divins), tantôt la source même de cette nouvelle connaissance, la grâce active et sanctifiante de l'Esprit. Dans sa période préchrétienne, la particularité du Gnosticisme est déjà de nier la bonté souveraine du Créateur en attribuant l'organisation cruelle du monde physique à une entité secondaire, le "Démiurge". La relation entre les deux entités, leurs natures et la position de l'Homme dans le système varient selon les doctrines mais, en dépit des nombreuses variantes, cette cosmogonie dualiste semble pouvoir être considérée comme la caractéristique fondamentale du Gnosticisme. Mais la Gnose se définit aussi comme une connaissance sotériologique, (salvatrice), capable d'opérer la métamorphose intérieure de l'Homme afin de mettre un terme au drame universel qu'apportent sa chute hors du monde originel de Lumière, son exil dans le monde obscur de l'ignorance, et le combat qu'il doit mener jusqu'à sa rédemption finale.

Les Gnostiques
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La Gnose n’est pas une hérésie née du Christianisme, elle est initialement un système de pensée indépendant issu de diverses sources antiques, indo-iraniennes en particulier. Au début de l'ère, cependant, en tant qu'attitude philosophique, la Gnose cohabitait avec le Christianisme et avec l’Hermétisme et le Néo-platonisme. Malgré la parenté des sources irano-esséniennes du Christianisme et des racines indiennes de la Gnose, les deux courants professaient des idées différentes. La Gnose qui n'était initialement qu'une vision métaphysique et intellectuelle du Monde tolérait tous les cultes. Les Gnostiques disaient que le Monde divin et le Monde où nous vivons appartiennent à deux natures parfaitement distinctes. Cette dualité fondamentale suffit encore aujourd'hui pour caractériser une pensée de type gnostique. Á l'époque, interdits d'existence puis menacés de mort par les arrêts de l'empereur chrétien Théodose II et de ses successeurs, les métaphysiciens pré-gnostiques, initialement informels, constituèrent des communautés de survie, autonomes et distinctes. Après son apparition, la dualité professée par la Gnose s'éloigna nettement du polythéisme antique et des mythes indo-iraniens. Elle devint une démarche personnelle vers la connaissance totale (surtout salvatrice), la découverte de l’Esprit, et la compréhension de la nature réelle du monde auxquelles elle tendait par l’illumination intérieure. Fondée originellement sur une simple attitude mentale sans être religieuse, elle se développait sur un plan intérieur, ésotérique, en préconisant une liaison directe avec le plan divin. La Gnose pouvait encore accepter que les néophytes puissent connaître des initiations, mais elle se passait de prêtres médiateurs et d'intercesseurs intervenant entre l'homme et la divinité. Le système entra donc en concurrence avec les organisations chrétiennes structurées et les cultes et mythes spécifiquement chrétiens. La puissante Église décida alors de détruire la Gnose dangereusement concurrente, laquelle, pour survivre, s'organisa en petites chapelles clandestines.
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La coexistence forcée des deux courants de pensée, gnostiques et chrétiens, provoqua des influences mutuelles et même quelques tentatives de mise en commun tendant à réaliser un rapprochement doctrinal. Au deuxième siècle, les Gnostiques désiraient en effet intégrer le paléo-christianisme ésotérique dans leur démarche globale car il leur paraissait enraciné dans les autres cultes à Mystères. Ils tentèrent donc une synthèse entre la foi des Chrétiens en un dieu souverain unique et leurs idées gnostiques et néo-platoniciennes. Pour la distinguer de l'antique Gnose païenne dualiste et indo-iranienne, l'Église appela "orthodoxe" la nouvelle Gnose christianisée qu'ils tentaient d'élaborer. Néanmoins, repoussant ces efforts, elle la condamna et en fit même une hérésie majeure promettant ses adeptes aux feux des bûchers en ce monde et aux flammes de l'enfer dans l'autre. Les évolutions "hérétiques" de la pensée gnostique ont ensuite été multiples. Rappelons que, pour les Gnostiques, le monde n’est pas bon et son créateur non plus. La création est le résultat d’une catastrophe cosmique provoquée par une divinité inférieure. L’homme est le résultat d’un autre désastre dont il doit sortir par le seul moyen qu'est l'apprentissage du savoir secret donné par la Gnose. L'homme doit reconnaître sa nature maudite et savoir comment la détruire pour s’en libérer. Les hérésies chrétiennes allant du 1er au 4ème siècle environ étaient, pour la plupart, d’inspiration gnostique. Rappelons que le Gnosticisme n’était pas originellement une religion, et que nous évoquons surtout ici le Gnosticisme chrétien, ce courant idéologique qui voulait rapprocher la Gnose et le Christianisme. Imprégné des paganismes grecs et iraniens, ce Gnosticisme pouvait présenter une forme ésotérique du Christianisme. Celui-ci se fonde cependant sur la foi en la Parole et en l’Écriture, tandis que la Gnose prétend non seulement qu’il faut « connaître », mais « se connaître soit même », et elle fait souvent du Christ non plus un fils de Dieu, mais seulement un guide.
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Entre Christianisme, Hermétisme et Gnose, certaines synthèses furent pourtant réalisées, montrant que divers courants étaient tellement proches les uns des autres qu’on ne les distinguait pas formellement et qu'ils étaient parfois traités comme un fond culturel commun et très précieux. Chaque philosophe ou penseur conscient développait sa propre interprétation en retravaillant, à la lumière spirituelle de la Gnose, les thèmes traditionnels et sa révélation intérieure et personnelle de la Vérité. De l’extérieur, les courants pouvaient apparaître divergents, mais, sous ces habillages diversifiés, les Gnostiques retrouvaient leurs principes, leurs mythes traditionnels, et les révélations initiatiques transmises du plus haut des Cieux. Voyez ci-après ci-après une liste de groupes que les hérésiologues chrétiens ont identifiés et reconnus comme plus ou moins teintés de gnosticisme, (Ici environ quatre vingt, sans compter les nombreux modernes). On y trouve les Abeloïtes, les Adamites, les Aériens, les Aétiens, les Aloges, les Angéliques, les Antidicomarites, les Apellites, les Apolinaristes, les Apostoliques, les Aquatiques, les Arabiques, les Archonticiens, les Ariens, les Artotyrites, les Ascites, les Bardesanistes, les Basilidiens, les Caïnites, les Carpocratiens(libertins), les Cataphrygiens les Célicoles, les Cerdoniens, les Cérinthiens et les Mérinthiens, les Cléobiens, les Colluthiens, les Colorbasiens, les Donatistes, les Ebionites, les Elcésaïtes, les Encratites ou atianites, les Floriniens, les Helvidiens, les Hiéracites, les Héracléonites, les Jovinianistes, les Macédoniens, les Marcionites, les Marcites, les Marcosiens, les Malchisédéciens, les Méléciens, les Ménandriens, les Manichéens, les Messaliens, les Métangismonites, les Naasseniens, les Nazaréens, les Nestoriens, les Nicolaïtes, les Noëtiens, les Novatiens, les Ophites, les Origénistes, les Passalolynshites, les Paterniens, les Paulinianistes, les Pélagiens, les Pépuziens, les Perates, les Phibionites, les Photiniens, les Priscillianistes, les Ptolémaïtes, les Sabelliens, les Saturniens, les Sécundiens, les Séleuciens (ou Hermiens), les Séthiens, les Sévériens, les Simoniens, lesTatianites, les Tessarescédécatites, les Théodotiens, les Vadiens, les Valentiniens.
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Pour les Gnostiques, L'Homme est trinitaire

Confrontés à ce foisonnement, les exégètes ont tenté d'ordonner les doctrines en fonction des préceptes qu'elles proposaient. Ils ont d'abord utilisé le concept banal de dualité et d'opposition de deux principes universels. Sur le plan éthique, l'un des principes est souvent "bon" et l'autre "mauvais", constituant les sources d'une "bonne" ou d'une "mauvaise" création. La distinction apparait lorsque l'on considère l'un des principes comme second, ou pas, par rapport à l'autre, que le Mal, par exemple, est, ou n'est pas, coéternel d'un principe transcendant unique et fondamental. Ainsi caractérise-t-on deux dualismes, l'un dit "radical" impliquant deux principes égaux, l'autre, dit "mitigé", où le principe du Mal n'apparait que dans des conditions particulières. Cette spécificité a engendré les Bogomiles et les Cathares. D'autres distinctions partent du Monde, œuvre de Dieu ou du Démiurge, antécédent ou consécutif à l'Homme, et aussi de l'Homme créé comme le Monde (microcosme), ou le Monde créé pour l'Homme (principe anthropique biblique et chrétien), ou parfois contre lui. On a aussi usé du péché, soit originel, (précédent la création de l'Homme), soit antécédent, (celui des premier parents, Adam et Ève). De nos jours, la Gnose adapte souvent son message à la culture occidentale traditionnellement chrétienne. Elle se déclare souvent christique mais en redéfinissant la nature et la mission du Christ, et elle tente de montrer toute la richesse des mythes du Christianisme originel en dévoilant leur véritable signification cachée. Refusant toute discussion sur l’historicité des fondements chrétiens, elle présente les personnages et les événements évangéliques comme des représentations mythiques du chemin qui conduit l’Homme à son salut. Ce décryptage des mythes relie le Christianisme originel aux antiques Cultes à Mystères dont il était contemporain, et on y retrouve leurs principales caractéristiques tels les concepts d’immortalité de l’âme, de salut et de résurrection. Ces cultes évoquaient toujours la passion, la mort salvatrice et la résurrection triomphante d’un dieu ; leurs pratiques et leurs rites conduisaient au salut dans un autre monde.
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Le caducée, symbole gnostique

Les "Pères" du Gnosticisme
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Pour donner une idée des contenus des enseignements et doctrines des groupes que les hérésiologues classaient dans le gnosticisme, je citerai quelques uns de leurs initiateurs et résumerai leurs idées. Le premier hérétique classé comme gnostique aurait été Simon le Magicien, un contemporain des apôtres dont l'existence paraît plus légendaire que réelle. Il se faisait appeler "La grande puissance de Dieu". Il est cité dans les Actes des apôtres qui rapportent que le diacre Philippe rencontra à Samarie un devin-sorcier du nom de Simon le Mage. Après avoir reçu le baptême, Simon aurait demandé aux apôtres Pierre et Jean, l'autorisation de conférer le Saint Esprit, en l'achetant à prix d'argent. De là viendrait le mot Simonie, (trafic des choses saintes). Cette proposition rejetée, Simon aurait créé une nouvelle religion intégrant certains aspects des religions à mystères et de la doctrine chrétienne, Il l'appela d'ailleurs "religion chrétienne", et elle se répandit fort rapidement. Pus tard, à Rome, Pierre aurait confondu Simon sur le Forum en présence de Néron. Elevé dans les airs, Simon volait autour d'une tour, mais l'apôtre Pierre aurait rompu le charme, provoquant sa chute et sa mort. La légende des relations de Simon et Pierre semble cependant liée aux livres intitulés "Homélies pseudo-clémentines". Ces écrits résument la doctrine que professait Simon : Le Dieu suprême est un dieu autre que celui qui a créé le ciel et la terre, il est inconnu et ineffable et il pourrait être appelé le Dieu des dieux. Cette position pourrait donc faire de lui l'un des pères du gnosticisme, et le fondateur de la religion gnostique des Simoniens. Chose étrange, il aurait aussi été connu sous le nom de Saül et confondu avec l'apôtre Paul. Autre acteur, Ménandre de Samarie voulait sauver les âmes captives ici-bas et proclamait l'absolue transcendance de la divinité. Ce disciple de Simon modifia un peu ses enseignements et fonda la secte des Ménandriens. Personne ne pouvait être sauvé, s'il ne recevait son baptême particulier, une immersion censée rendre immédiatement immortel et préserver de la vieillesse. Son disciple Saturnin d'Antioche, (ou Satornil), enseignait que sept anges (les Archontes) avaient créé le Monde et tenté vainement de façonner l'Homme à l'image de Dieu. Saisi de pitié pour l'ouvrage manqué, Dieu l'anima d'une étincelle d'esprit qui remonte jusqu'à Lui après la mort.
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La chute de Simon le Mage

Le gnostique égyptien Carpocrate pensait que Jésus n'était pas un "Sauveur" mais simplement un homme qui avait réalisé son idéal de justice et avait ensuite rejeté les créateurs inférieurs de la matière avant de remonter vers le Père inengendré. Les Carpocratiens honoraient Jésus à l'égal de Platon. Ils enseignaient que l'âme humaine devait traverser une série de transmigrations avant de s'affranchir des illusions du Monde et de regagner finalement son lieu originel divin. Cérinthe originaire d'Antioche comme Satornil, était un mage disciple de Simon. Il vivait à Jérusalem et pensait qu'un Éon céleste, le fils du "Dieu Christos", s'était incarné dans le corps de Jésus, au moment de son baptême initiatique, et l'avait quitté au moment de sa mort. Il disait qu'il existe un Dieu Père sans existence matérielle, souverain du Bien. Le dieu des Juifs, mauvais créateur du Monde matériel et de l'Homme, n'est qu'un archonte, une divinité inférieure. Basilide, dit le Gnostique, naquit à Alexandrie et y enseigna de 125 à 155. C'était un disciple de Satornil. Fondateur de la secte des Basilidiens, il rédigea un Évangile en 24 volumes, une exégèse de l'Ecriture, qui synthétisait aussi les enseignements de Simon et qui fut, hélas, brûlé comme tous les textes gnostiques accessibles à l'époque. Basilide concevait 365 cieux imbriqués les uns dans les autres. Tous seraient hiérarchiquement peuplés d'intelligences variées dont la moins élevée, le Dieu des Juifs, aurait créé notre propre Monde. Le vrai Dieu serait donc infiniment distant de ce Monde placé au dernier niveau de ses émanations. Pêcheur par nature, l'Homme est justement condamné. Il est responsable de ses actions et possède deux âmes qui entrent perpétuellement en conflit et peuvent se réincarner. La résurrection corporelle est impossible car les corps sont totalement corrompus. Les âmes d'un petit nombre d'élus pourraient rejoindre leur source divine en trompant magiquement les Archontes créateurs du Monde. Basilide ne croyait pas à l'incarnation du Christ. Il pensait que l'homme mort sur la croix n'était pas Jésus mais Simon de Cyrène. Il eut de nombreux disciples dont le plus connu fut Marcion.

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L'ange désolé

Marcion dit le Pontique, un riche navigateur, vivait à Rome (85/160). C'était probablement un Juif christianisé de l'Église de Sinope qui l'excommunia. Il n'était pas vraiment tout à fait gnostique mais affirmait que l’Ancien Testament était abrogé pour les Chrétiens. Il fonda une église schismatique fort bien organisée et très importante dans l’histoire du Christianisme dont elle fut la concurrente la plus sérieuse au 2ème siècle plus par son impact intellectuel que par le nombre de ses membres. Les femmes y avaient accès au magistère et tous les fidèles étaient soumis à la même discipline rigoureuse, pratiquant un ascétisme sévère, un végétarisme strict et un encratisme total, (renonçant même au mariage). Adepte du dualisme, Marcion enseignait qu’il existait deux dieux distincts, celui de la Bible et celui des Évangiles. Le premier règne sur la nature matérielle qu’il n’a pas créée. Il n’est ni omniscient ni tout puissant. C’est un dieu sévère, exigeant une obéissance totale. Il asservit l’humanité à la dure Loi de Moïse, punissant durement les écarts et empêchant à l’homme de devenir véritablement bon. Le second est un dieu supérieur inconnu. Essentiellement bon, il prend l’humanité en pitié et lui envoie son fils, sous l’apparence virtuelle de Jésus-Christ, pour révéler son existence et son amour. Le premier dieu s’irrite et le fait périr. La mort gratuite de Jésus accomplit la rédemption de l’humanité. Celle-ci reste cependant soumise à la domination de son Créateur originel et ne peut lui échapper que par diverses privations et mortifications. Mais à la fin, le dieu austère et exigeant disparaîtra, et le dieu bon établira son royaume au bénéfice de ses fidèles, abandonnant les autres hommes à la destruction. Le Marcionisme n’était pas réellement gnostique mais naïvement dualiste. Ici, l’Homme n’est pas originellement supérieur à ses formateurs, ce qui est à l’opposé de la pensée gnostique courante. L'église marcionite connut un succès considérable pendant plusieurs siècles, en raison de sa simplicité et de l’utilisation adroite de Livres Saints spécifiquement adaptés à la doctrine.
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Valentin était un Alexandrin vivant à Rome (135/160). Il enseignait que le Dieu Père, le Propatôr d’amour, ou Bythos, (l’Abîme), avec sa parèdre Sigé, (le Silence), forme de sa Pensée une chaîne composée d’une succession d’émanations de réalités éternelles, les Éons. Leur hiérarchie constitue le Plérôme, ou Plénitude. Il est composé, de haut en bas, de syzygies d’éons décrits comme masculins et féminins. (Entités métaphysiques qu'il convient de les considérer comme des complémentaires, droits et gauches, à la façon symbolique de l’Arbre des Séphiroth des Kabbalistes dont les Gnostiques sont proches). Du féminin vient la substance, du masculin la forme. Les premiers sont Noûs et Aléthéia, (Intellect et Vérité). Ils engendrent Logos et Zoé, (Verbe et Vie). Suivent Anthropos et Ekklesia, (Homme et Église), engendrant Parakletos et Pistis, (Défenseur et Foi), puis toutes les autres puissances du Plérôme. Les derniers éons sont Théléptos, le Vouloir, et Sophia, la Sapience. Mais celle-ci désire créer seule. Pour cela, elle cherche à comprendre la nature du Père, troublant ainsi le Plérôme au sein duquel apparaissent le Mal et les Passions. Pour rétablir l’harmonie, Sophia est exclue du Plérôme avec les éléments du déséquilibre qu’elle a fomentés. Ils forment ensemble le Monde d’en bas, le mauvais monde qui retient prisonniers quelques éléments divins entraînés dans la chute. Pour soulager Sophia, Logos et Zoé émettent une nouvelle syzygie, Christos et Pneuma, (Christ et Saint-Esprit). Lorsque le Plérôme est enfin reconstitué, les éons décident d’émettre ensemble un nouvel éon, Jésus. Ils l’envoient dans le chaos du monde comme un sauveur intemporel. A partir de la Sophia dégradée, Jésus intemporel suscite un petit dieu créateur mais ignorant de la réalité du Plérôme, le Démiurge, le Dieu des Juifs et de la Bible. C’est lui qui organise la matière informe et en tire le monde sensible, régi par le Cosmocrator (le Prince cosmique), et les hommes. Certains d’entre eux renferment toujours en eux les semences divines prisonnières. Pour les libérer, le sauveur Jésus descend, en son temps, dans le monde d’en bas, dissimulé dans un corps d’homme. Sa prédication et celle de ses successeurs visent à révéler aux égarés divins leur origine véritable, ainsi que la possibilité du retour au Père, et lorsque tous les éléments perdus auront regagné le Plérôme, ce monde temporaire sera détruit.

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l'Apocalypse Gabor Urban

Autres dualismes d'Occident.
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Origène naquit en 185, à Alexandrie où il resta jusqu’en 230 avant de se fixer à Césarée. On sait qu’il se castra lui-même pour éviter toute tentation, ce qu'il regretta plus tard. Son père avait été décapité par Celse. Origène mourut à Tyr, en 254, à la suite des tortures infligées sous Decius. On retrouve bien des idées gnostiques et néo-platoniciennes dans ses théories inspirées des enseignements d’Ammonius Saccas, un Alexandrin néoplatonicien, maître de Plotin. Elles nous ont été transmises par Grégoire le Thaumaturge, l'un de ses élèves, car la plupart de ses écrits, condamnés par le concile de Constantinople, furent détruits. Origène accordait une importance extrême à la prière et proposait un système nouveau et complet du Christianisme, intégrant les sources bibliques et les idées néo-platoniciennes. Il représente bien ce que l’on a appelé la Gnose orthodoxe, (en opposition avec la Gnose dite païenne). Dans les thèses d’Origène, on trouvait les notions d’un Dieu Tout-Autre, éternel et créateur. Il est le Père qui engendre éternellement le Fils, ou Logos, lequel reçoit le rôle de médiateur entre Dieu et le Monde, aussi bien dans la création universelle que dans la révélation individuelle. Tous les êtres divins sont doués de raison et participent à la lumière divine. Jouissant du libre arbitre, ils peuvent se tourner vers Dieu, ou vers le néant, devenant alors des âmes chutant vers l’animalité. Cela établit la préexistence des âmes qui pèchent avant d'animer les corps. Mais la condamnation infernale n'est pas éternelle, et l’âme peut retrouver le royaume de l’esprit si elle s’oriente activement vers le Bien. Dieu ne veut pas la contraindre et recourt seulement à l’éducation par le Logos dont les agents sont les philosophes, les prophètes, et surtout Jésus. L’âme de Jésus a servi de lien entre son corps et le Logos. Au jour de sa Résurrection, le corps physique ayant disparu, elle s’est réunie au Logos. Chaque Chrétien est appelé à suivre la même voie. Le véritable idéal religieux est la connaissance complète du divin, la Gnose, que les fidèles peuvent atteindre en se détachant de la matière. Cette connaissance totale, cette Gnose, embrasse tous les mystères du Monde et de Dieu. Finalement, l’histoire du salut s’achèvera dans la soumission et le retour de toutes les âmes à Dieu, par le rétablissement universel de ce monde et des autres, dans ce cycle et les autres, avec des successions constamment renouvelées de chutes et de retours des créatures à Dieu.
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Origène et la prière
La religion Mandéenne, (les Sabéens), d’origine incertaine, apparaît entre le 1er et le 3ème siècle. Elle semble liée aux Nasoréens d’Israël qui se seraient temporairement réfugiés en Médie (Iran). Sa cosmogonie est marquée par le dualisme gnostique oriental qui oppose un Monde lumineux à un Monde ténébreux. Le Monde de la Lumière est dirigé par un grand dieu inconnu, le Seigneur de Vie, le Mänä, Roi de Lumière, entouré d’un nombre infini d’êtres lumineux habitant d’innombrables mondes faits de lumière. Tout naît de l’être suprême, par émanations successives, dans une création progressive. Le Monde des Ténèbres est de même structure. Il est formé à partir du Chaos, l’eau ténébreuse qui existait à l’origine de toutes choses. Le Seigneur des Ténèbres provient de l’Esprit déchu. Il produit ses propres mondes peuplés de démons et de créatures malfaisantes. Les sept planètes et les douze constellations du Zodiaque sont également dans son domaine. La Lumière et les Ténèbres entrent en conflit. Un dieu créateur hybride, le démiurge Ptahil, organise l’existence du Monde terrestre avec l’aide des puissances obscures. L’opposition de la Lumière n’aboutit qu’à l’enchaînement momentané du Seigneur des Ténèbres et à la condamnation du Démiurge. Mais l’hybride Ptahil a créé le corps extérieur et visible d’Adam dont l’âme intérieure et invisible vient de la Lumière, et l’homme est double et participe aux deux natures. Les Adam terrestres sont des copies ou des reflets des Adam célestes et ils ont, dans chacun des deux mondes, des épouses, (Ève et Nuage de Lumière), et des fils parmi lesquels Abel, Seth, Enos, qui sont des messagers de lumière. Les messagers instruisent les croyants pour libérer leurs âmes. Après la chute de l’Adam céleste dans la matière, Mabdä dHaiyë, la Gnose de Vie, la connaissance libératrice, vient le visiter et l’éclairer pour l’aider à parvenir à la libération et au retour vers sa source. Opprimés successivement par le Christianisme et l’Islam, et parce qu'ils pratiquent le baptême par immersion dans les eaux d'un fleuve, les fidèles mandéens vivent proches de l'eau. Réfugiés dans des régions marécageuses du Sud de l’Irak, ils y sont encore persécutés aujourd’hui. Au début du 3ème siècle, une communauté mandéenne, ou proche des Mandéens, avait en charge un jeune enfant qui y préparait sa propre illumination. Il s’appelait Mani.
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Baptême mandéen par immersion
Le Manichéisme est fondamentalement une religion gnostique qui affirme un dualisme radical. On y retrouve tous les principes gnostiques fondamentaux, la théorie des deux natures, la chute de l’homme originel, et la participation ardente et désintéressée des fidèles au salut des parcelles de lumière spirituelle perdues. Mani, né à Babylone en 216, fut élevé dans une communauté mandéenne. Il a d’abord prêché sa doctrine en Perse. En 241, l’esprit Divin lui serait apparu pour lui révéler « La doctrine des trois temps », le début, le milieu, et la fin du Monde. A l’origine, la création est double, à la fois "Lumière bonne" et "Ténèbres mauvaises", et les deux principes précèdent l’existence du Monde et s’affrontent. Au cours du combat, le Procanthrope, (Homme divin primordial), tombe dans les Ténèbres. Sauvé par l’Esprit, il abandonne des étincelles de Lumière dans les corps d’Adam et d’Ève, (parents de tous les hommes naturels et mortels), qui ont été créés sur cette terre. Les Manichéens doivent participer au retour de cette Lumière au Royaume. Entre les deux empires, il y a un conflit fort compliqué que je vais essayer de présenter. Le Père de Grandeur règne sur les cinq demeures du Pays de Lumière, (Intelligence, Raison, Pensée, Réflexion, Volonté). Le Roi des Ténèbres habite les cinq Mondes Ténébreux, (Fumée, Feu, Vent, Eaux, Obscurité). Convoitant l’éclat du Pays de Lumière, le Roi des Ténèbres veut le conquérir. Le Père de Grandeur le combat, d’abord en évoquant la Mère des Vivants qui évoque à son tour le Procanthrope, et ses cinq fils, (les Élémentaux), mais ils sont tous engloutis. Le Père procède alors à une seconde création et évoque l’Esprit-Vivant et ses cinq fils. Ils sont vainqueurs des Ténèbres et, avec la Mère des Vivants, créent l’Univers pour séparer les deux domaines. Ils utilisent pour cela les corps des ennemis capturés. De la matière des démons ténébreux, ils forment le ciel et la terre, et des parcelles de lumière qu’ils leur font régurgiter, ils fabriquent les astres et les étoiles. Le troisième fils, (le Messager), habitant le Soleil, règle leur course. L’Esprit-Vivant appelle l’Homme Primordial qui lui répond. Le tirant des Ténèbres par la main, l’Esprit le libère. Comme les Mithriastes, en témoignage de ce sauvetage manuel par l’Esprit, les Manichéens se saluent en se serrant la main droite. Nous avons conservé leur signe. Mais le Procanthrope a perdu des parcelles de Lumière qui ont été récupérées par Ashaqloun, fils du Roi des Ténèbres. S’unissant à sa femme Namraël, il engendre Adam et Ève, et y enferme ces semences lumineuses pour les dissimuler. La mission des Fils de l’Esprit est difficile car ils doivent récupérer toutes les étincelles perdues. Le système cosmique est l’appareil destiné à ce travail. Le Soleil et la Lune sont des vaisseaux réservoirs alimentés par d’immenses norias ou roues cosmiques qui remontent aux cieux la lumière et déversent dans l’abîme les débris des vaincus.
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Mani ou Manes
Contrairement au Gnosticisme traditionnel, la vision cosmogonique manichéenne est délibérément pessimiste. Le monde est entièrement mauvais car il est créé à partir de la substance ténébreuse, « provenant des cadavres des puissances du Mal » (Jonas). Il en est de même pour la race des hommes naturels, les descendants d’Adam et Ève. Leur seule chance de salut est d'entendre l’appel du Messager de Lumière. Aucun homme n’est bon, mais certains appelés peuvent prendre conscience d’être tombés dans l’état insupportable du corps matériel. Se ressouvenant de leur origine, ils cherchent à se libérer en expulsant d’eux-mêmes les ténèbres et travaillent à se connaître mieux, reconnaissant dans leur être cette partie consubstantielle à Dieu, leur âme de lumière immortelle. Le Manichéisme est une religion toute intérieure, avec une morale élevée et un culte dépouillé. Les fidèles recherchent une grande pureté par la pratique des cinq vertus, amour, foi, perfection, patience (ou endurance), et sagesse. Ils instituent la confession des péchés, l’absolution mutuelle et la pénitence. Ils pratiquent la prière, le jeûne, l’aumône, et la continence, ne tuent aucun animal, s’abstiennent de viande et de vin, renoncent même à la propriété individuelle et au mariage. Les Élus appliquent strictement ces règles, jusqu’à renoncer à rompre eux-mêmes leur pain. Elles sont plus souples pour les Auditeurs qui les servent. Pour aider les appelés dans leur quête de salut, Dieu leur envoie des prophètes comme Zoroastre, Bouddha, Jésus, et maintenant Mani qui est leur successeur. Celui-ci considère que sa tâche prophétique est d’accorder leurs dogmes. Pour propager la religion, les Manichéens envoient des missionnaires, hommes et femmes, dans des régions parfois fort éloignées des pays d’origine. Cette volonté missionnaire est spécifique du Manichéisme, car les autres Gnostiques se contentaient généralement de constituer des élites relativement limitées d’initiés. Le destin des missionnaires manichéens fut souvent tragique. Vers 275, Mani lui-même, contesté par les mages persans, est emprisonné sur les ordres du roi Bahrâm 1er, et chargé d’énormes chaînes. Il meurt d’épuisement en quelques jours. Son cadavre est écorché, et sa peau empaillée est suspendue aux remparts de Gundêshâpuhr pour décourager les fidèles. Ses successeurs seront persécutés par toutes les religions influentes, tant à cette époque qu’au Moyen Âge, en ces lieux autant qu’ailleurs. Malgré cela, le Manichéisme se répand très largement, en Chine, en Occident, et en Afrique du Nord. Il persiste plus de 1000 ans, jusqu’au 14ème siècle, trouvant des prolongements divers chez les Gnostiques et les Chrétiens conservateurs. (Mazkadites iraniens, Zandaqa musulmans, Pauliciens byzantins, Bogomiles bulgares, Patarins rhénans, et Cathares italiens et occitans français).
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St Augustin, Manichéen repenti
Si nous voulons nous en tenir à la vérité, nous reconnaîtrons que la persécution injuste est celle des impies contre l'Église du Christ, et que la persécution juste est celle de l'Église du Christ contre les impies. Elle est donc bienheureuse de souffrir persécution pour la justice, et ceux-ci sont misérables de souffrir persécution pour l'iniquité. L'Église persécute par l'amour, les autres par la haine; elle veut ramener, les autres veulent détruire; elle veut tirer de l'erreur, et les autres y précipitent. (Citation de St Augustin)

Les dualismes après Mani
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Vers le milieu du 7ème siècle, les Pauliciens constituaient une secte dualiste rattachée au manichéisme, formant le début d'une chaîne conduisant aux Bogomiles, puis aux Cathares. Elle aurait été fondée par Constantin de Manalis sur la base doctrinale des écrits de St Paul, mais cela reste douteux. La secte avait beaucoup de succès. Son fondateur, condamné à mort en 687, fut lapidé sur l'ordre de Constantin IV (empereur de Byzance). La persécution dura jusqu'à la fin du siècle et beaucoup se réfugièrent en Arménie musulmane. La doctrine paulicienne était fondée sur l'existence de deux principes, un Dieu mauvais et obscur, archonte de la matière, créateur et souverain du bas monde actuel, et un Dieu bon et lumineux, maître de l'esprit et du monde à venir. L'un règne sur les hommes, ses créatures, l'autre sur les anges et les autres vivants. Les pauliciens estimaient que Marie n'était ni vierge (au sens charnel du terme), ni la mère charnelle du Christ, dont le corps (par définition diabolique et incapable d'emprisonner l'esprit divin du Christ) était donc irréel et illusoire. L'esprit divin du Christ se serait donc "paré de l'image d'un corps humain" afin que les hommes le reçoivent. Dieu l'aurait adopté, à trente ans, lors de son baptême. Sa conception n'aurait donc pas été immaculée ni sa naissance, virginale. Les mœurs des Pauliciens étaient austères. Ils rejetaient l'Ancien Testament, le symbole de la croix, le mariage et tous les sacrements. Leur rejet de l'eucharistie était lié à celui du dogme de la transsubstantiation, le corps phantasmatique et irréel du Christ ne pouvant accepter sa présence réelle dans un morceau physique de pain.
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Influences des spiritualités dualistes en Europe

Les Pauliciens n'avaient pas de prêtres, et prônaient la méditation, la prière, et une lecture intérieure et personnelle des Écritures. Dans celles-ci, ils ne reconnaissaient que les quatre évangiles, les épitres de Paul et quelques uns de Jacques, de Jean, de Jude, les Actes des Apôtres et les écrits de leur réformateur "Sergios" dit le Tychique). Le Pater Noster était pour eux la seule prière légitime. Ils se nommaient eux-mêmes "chrétiens" et appelaient les orthodoxes des "romains". Ils ne croyaient pas en la virginité de Marie, certifiant qu'elle avait eu d'autres enfants, nés de Joseph. Il y avait deux familles de Pauliciens. En Arménie, on considérait que le Christ était adopté par Dieu. En Grèce, Dieu était un double principe créateur du monde, mauvais pour l'esprit humain à travers le monde matériel, mais bon à travers le ciel. Les Pauliciens furent de nouveau persécutés par les Byzantins dès 813 malgré le soutien des empereurs de l'époque pour l'iconoclasme byzantin. Après la fin définitive de cet iconoclasme, en 843, la persécution s'efforça d'éradiquer la secte. Cent mille Pauliciens auraient été massacrés, les survivants fuyant en Anatolie centrale et orientale et trouvant à nouveau refuge chez les Musulmans. Grâce au soutien de l'émir Omar al-Aqta, ennemi des Byzantins, le chef paulicien Karbéas fonda une principauté séparée de Byzance. La bataille de Bathys Ryax, en 872 opposa l'Empire byzantin aux Pauliciens qui furent vaincus. Leur chef Chrysocheir fut capturé et décapité, évènement qui entraîna la destruction définitive de la principauté paulicienne.
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Les Bogomiles sont repérés dés le 10ème siècle, en Asie Mineure puis en Bulgarie. Leur dualisme n'est pas radical mais en quelque sorte mitigé car, dans leur doctrine, Sathanas, (ou Samaêl), n'est pas le créateur du monde matériel mauvais mais seulement son organisateur. Très puissant, à l'origine, il était l'intendant du Cosmos entier, et à ce titre, il pouvait circuler depuis le trône du Père, tout en haut du Royaume, qui comporte sept cieux supérieurs administrés par des anges, et sept inférieurs, jusqu'aux enfers, tout en bas. L'orgueilleux Sathanas voulait régner sur son propre univers. Visitant tous ces étages, il découvrit que les deux plus bas, quoique préexistants, n'étaient pas contrôlés et il s'en déclara le chef, essayant de persuader les anges de le suivre. Le Père enleva alors aux rebelles la lumière et les signes de leur dignité. Installé dans ses cieux, Sathanas demanda au Père un répit qui, par pitié, lui fut accordé. Avec son aide, Sathanas y construisit son propre monde, dont il était seulement l'architecte, puisque c'était Dieu qui en exécutait la mise en forme. La doctrine donne le détail de cette construction, depuis les oiseaux et les astres du ciel jusqu'à l'homme que Sathanas aurait façonné du limon de la Terre, à sa ressemblance, (les différentes sources diffèrent un peu sur ce point). Il aurait ordonné à des anges du 2ème ciel d'animer les corps d'Adam et Eve, les y enfermant et les contraignant à s'accoupler, à leur grand désespoir.

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Tombe Bogomile

Il y avait aussi chez les Bogomiles des courants faisant référence aux deux fils de Dieu, Jésus et Sathanas, sans que l'aîné soit bien défini. Une autre référence trinitaire fait même intervenir distinctement l'Esprit Saint pendant les trente trois ans de la manifestation christique. Pour préparer le salut des hommes, le Père envoie son fils, Verbe de Dieu qui, entrant par l'oreille de Marie, l'imprégna, engendrant un Jésus irréel et phantasmatique, entrant dans la monde par le même chemin. Le seul baptême qui peut sauver les âmes humaines celui de Jésus, (baptême d'Esprit). Les Bogomiles étaient encratiques (abstinents sexuels), rejetant le mariage et les sacrements (dont l'eucharistie pour dénier la transsubstantiation), le culte de la Vierge, des saints et de la Croix, les icones et reliques, la liturgie et les prêtres. Comme prière, ils n'acceptaient que le Notre Père, et croyaient que le monde en son état durera jusqu'à ce que toutes les âmes justes (qui sont des anges déchus) soient sauvées. Ensuite surviendra l'Apocalypse (celle de Jean), et le Christ descendra en Juge suprême. Fuyant la richesse et les honneurs, ils disaient que les Eglises étaient des repaires du démon et incitaient les fidèles à la désobéissance. Il y eut même en 1223, semble-t-il, un antipape slave, bulgare ou croate, qui se disait Cathare., et qui aurait été l'Aïeul, le fondateur de l'Eglise des Patarins Bosniaques.

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Écu d'or portant l'image d'un Patarin

Le courant des Patarins existait déjà à Byzance, où leur chef, le pieux Basile, fut capturé et brûlé au 11ème siècle. Les Patarins croyaient an deux dieux dont le plus grand avait créé tous les êtres spirituels invisibles, et le moins grand, Lucifer, toutes les choses matérielles et visibles. Ils niaient l'humanité du Christ dont le corps, fantastique et aérien, non charnel, n'était pas vraiment mort ni ressuscité. Ils condamnaient toutes les Écritures et pensaient que les âmes de hommes étaient des démons déchus qui retourneraient au Royaume après s'être purifiés par le baptême et avoir fait pénitence dans une, ou plusieurs, vies terrestres. La doctrine dualiste radicale des Patarins diffère donc nettement du dualisme mitigé des Bogomiles. Ici, certains anges étaient par nature mauvais, ne pouvant éviter le péché. Sathanas (Satanaël) est bien un dieu, appelé Lucifer. Prince des Ténèbres, il est monté dans le Royaume pour combattre le grand Dieu et séduire les mauvais anges. Il régnait donc déjà sur le monde visible qu'il avait créé, alors qu'il n'était que l'ordonnateur tardif chez les Bogomiles. Comme Origène, mais sans que cela soit certain, les Patarins semblent également avoir cru en une forme de métensomatose (réincarnation des défunts dans des corps successifs), en vue de purification des âmes. Les Bogomiles et les Patarins pourraient être à l’origine (mais cela reste douteux) des deux courants du Catharisme qui fonda trois églises en Italie à la même époque.

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Cathares - Gravure d'époque

Les Cathares apparaissent en Italie du Nord et dans le Midi de la France mais aussi en Flandre, en Angleterre, et en Allemagne, en réaction contre le laxisme du clergé catholique, bien avant la Réforme protestante du 16ème siècle. Ils ont fait l'objet d'autres développements conséquents dans mes ouvrages auxquels je renvoie le lecteur. Je rappellerai simplement que l'on comptait alors environ quatre mille parfaits pour l’ensemble de l’Europe dont deux mille pour la seule Italie, (et seulement deux cents dans le Midi de la France). Les Cathares bogomiles de l’Est de l’Europe avaient adapté les enseignements dualistes manichéens à leur culture chrétienne. Ils révéraient deux dieux, l’un bon et lumineux, l’autre mauvais et ténébreux. Ils croyaient que le Diable a fait le corps de l’Homme en y emprisonnant de force un ange de lumière. La procréation est un acte condamnable car elle perpétue la démoniaque race humaine. Le Christ est un ange de Dieu. Le corps de Jésus était un fantasme immatériel. Jésus n’a pas souffert, n’est pas mort ni ressuscité. Le jugement des hommes a déjà eu lieu. Ce monde-ci est leur lieu de punition et il n’y en a pas d’autre enfer. La doctrine des Cathares patarins du Sud, les Albanenses, les Albigenses ou Albigeois, dérivait de celle d’Origène. Ils étaient attachés au Christianisme originel. Ils s'opposaient aux dérives du culte catholique. Ils croyaient en un seul Dieu créateur de la matière, des éléments et les anges. Le fils des Ténèbres était pour eux le simple intendant du Monde et y a créé toutes choses. Le libre arbitre a causé la déchéance de Lucifer séducteur d’autres anges. Il est le Dieu de la Bible et l’artisan qui organise le monde visible.
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Croix Cathare

Regard sur la Gnose
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Nous savons comment la Gnose interprète aujourd’hui le Christianisme. Dans notre société occidentale actuelle, elle adapte son message en se référant aux traditions chrétiennes. C’est souvent maintenant une Gnose Christique qui voudrait montrer toute la richesse des mythes du Christianisme originel, (comme celui de la fuite en Égypte qui le relie aux traditions égyptiennes), en dévoilant leur véritable signification cachée. Se dégageant de toute discussion concernant l’historicité des fondements chrétiens, elle présente les personnages et les événements évangéliques comme des représentations mythiques du chemin qui conduit l’Homme à son salut. (Voir ici un exemple concret). Cette vision de décryptage des mythes permet de relier le Christianisme originel aux Cultes à Mystères dont il est contemporain et dont il présente les caractéristiques. On y retrouve les concepts d’immortalité de l’âme, de salut et de résurrection, et le culte évoque la passion d’un dieu. Les pratiques comportent des prières, des privations, des émotions violentes et des rites pénitentiels, et les liturgies conduisent au salut dans un autre monde. Nous n'avons présenté ici que quelques exemples des nombreuses variations engendrées par les grands thèmes gnostiques. Il faudrait évidemment y ajouter toutes celles qui sont apparues au delà de l'Occident, et tout particulièrement en Orient. Accroitre l'étendue de cet exposé déjà bien lourd ne servirait pas mon propos. De façon générale, et au delà du cas particulier des diverses expressions du Gnosticisme, il est évident que la multitude des religions et des doctrines démontre que chacune ne contient qu'une parcelle de vérité. Pourtant, dans tous les temps et tous les lieux de leurs établissements, les hommes se sont durement affrontés pour assurer la suprématie de leur propre croyance. C'est que, selon Val et Péroni, "Une religion ne peut être qu'intégriste sinon ce n'est plus une religion". L'intégrisme, c'est le refus de toute évolution à partir du passé. Les intégristes religieux désirent farouchement maintenir la tradition sans souci de leurs adversaires. C'est cette redoutable intolérance que les Gnostiques ont toujours rencontrée, qu'ils rencontrent encore aujourd'hui, et à laquelle ils devraient constamment se garder eux-mêmes de se laisser aller.

L'intolérance est de tous les temps.
Il n'est pas de religion qui n'ait eu ses fanatiques
Anatole France (Le jardin d'Epicure)

Et l'Ange dit : " Je vais te révéler un secret".
"Il y a une chose que le Trompeur ne sait pas,
Une chose qu'il ignore : le nouveau,
Il ne peut se vêtir qu'avec l'ancien,
Á ce signe vous pouvez le reconnaître".
Gita Mallaz (Dialogues avec l'Ange)

La création, livrée au pouvoir du néant depuis la chute,
ne joue plus son rôle à l'égard de l'Homme,
c'est à dire ne lui révèle plus Dieu.
(François-Édouard Denys -La voie du paysage)


Nous savons qu'au sein même des groupes gnostiques, le mot Gnose peut prendre plusieurs sens, et qu'il désigne tantôt le contenu de la connaissance inspirée, (c'est à dire une conceptualisation explicative des mystères divins), tantôt la source même de cette nouvelle connaissance, la grâce active et sanctifiante de l'Esprit. Souvenons- nous qu'à l'origine, la Gnose était essentiellement une attitude philosophique, une façon ouverte et duale de concevoir le monde et l'homme, simple attitude libre de tout dogme, mais absolument pas une religion. Car, comme je l'ai dit en introduction, la Gnose, "la connaissance", opère singulièrement à partir de découvertes ou de révélations intuitives, donc fondamentalement personnelles, hors du champs habituel de la conscience raisonnable. Ce qui veut dire sans véritable possibilité de partage faute de mots précis pour exprimer ce perçu. Cependant, pour communiquer ce qu'il a compris des mystères divins, le Gnostique va élaborer une doctrine, et fonder des bases religieuses qu'il voudrait partageables, donc rationnelles. Il effectuera alors une construction intellectuelle privilégiant la relation de cette inspiration spirituelle, par rapport aux autres sources de connaissance. Délaissant sa dualité essentielle, il voudra favoriser cette forme irrationnelle et incommunicable de connaissance, ou reprendre ou revendiquer l'antique héritage d'expressions passées de cette inspiration. Il me semble qu'en fondant ces multiples doctrines, les admirables penseurs inspirés par la Gnose ont pu tomber dans le piège religieux classique, lequel implique toujours une forme plus ou moins rigoureuse d'intégrisme. Devenant religion, le Gnosticisme a pu s'enfoncer dans le domaine matériel qu'il prétendait fuir. "Faire ou Dire implique toujours l’erreur, puisque penser c’est se tromper". J'ai montré dans d'autres écrits comment le cerveau filtre et modèle l'information collectée par les organes des sens avant de la transmettre au mental, (donc à la conscience). Ce que nous percevons ou concevons est toujours irréel et artificiel, car ce n'est qu'une image chimio-électrique synthétique combinant ce que perçoivent les sens avec tout ce qui nous vient du passé ou de l'inconscient. Cette image sera toujours une production corporelle. Souvenons-nous que nous finirons notre chemin terrestre en voyageur sans bagage.

Jan Van Rickenborgh, fondateur de la Rose-Croix d'Or, (dite Rose-Croix de Harlem), mort en 1968, affirmait sa foi gnostique mais ne rejetait cependant pas les réalités de l’existence terrestre.

« La Fama du vivant Christianisme gnostique, disait-il, ne peut se tenir à l’écart ni de la science, ni de la religion, ni de la politique, car c’est toujours l’intention du Logos que les trois manifestations de l’humanité véritable, art, science, et religion, s’unissent et finissent dans l’acte, dans la communauté de la vraie vie, afin qu’il en résulte un champ formateur de forces libératrices et réalisatrices ».
(Appel de la Fraternité de la Rose-Croix - Jan van Rickenborgh - Voyage en Espagne
).

Il est évident que la philosophie gnostique a été fortement altérée par sa transformation en ces diverses religions par les nombreux groupes de pensée qui se proposaient de la diffuser, mais le faisaient, souvent douloureusement et parfois fort dangereusement, sous de sévères contraintes, tant politiques que culturelles. Si un chercheur actuel désire véritablement retrouver la vision gnostique originelle, il devra d'abord tenter de libérer le champs de sa pensée en méditant avec profondeur et sincérité sur quelques thèmes métaphysiques fondamentaux. Á partir du constat que l'on peut faire de l'existence de la matière, j'évoquerai d'abord ici l'idée d'un être premier placé à l'origine de l'univers, et donc le thème de Dieu. De ce simple mot, il conviendra de faire, ou pas, le fondement d'une conviction. Le chercheur peut-il placer un principe fondamental, et un seul, (quel que soit le nom qu'il lui donne), à la base causale de l'apparition de l'univers ? Plusieurs idées se présentent alors : Cet unique principe a créé l'univers en dehors de lui-même et demeure à l'extérieur, c'est le dogme du "théisme" judéo-chrétien. Ou bien le principe est lui même tout cet univers et toutes choses sont identifiables à lui, "panthéisme", ou , d'une certaine façon, "panenthéisme". Mais la science moderne révèle peu à peu l'incroyable immensité de l'univers et l'extrême complexité de ses mécanismes. Faudrait-il rejeter ces découvertes en fonction des convictions (ou révélations) des chercheurs du passé ? Allons plus avant. Constatant qu'à l'évidence la matérialité s'établit sur l'opposition constante des contraires, nous pouvons concevoir que deux entités distinctes en assument le fonctionnement. Ce concept de dualité constitue la base même du Gnosticisme, quelle que soit la relation doctrinale entre les parties. Constatons bien que c'est là un virage idéologique majeur qui met en cause le concept de l'unicité originelle du Monde. Et concevons aussi que Deux est l'amorce de la multiplicité, ouvrant sur l'éventualité du polythéisme, hiérarchisé ou non, option très souvent adoptée en Orient.

Dans les doctrines traditionnelles de l'Inde, la hiérarchie des facultés de la pensée, la seule raison ou pensée individuelle n'qu'une position inférieure à l'intuition intellectuelle ou intellect transcendant (Bhuddi des Hindous) qui seule permet l'accession à la connaissance des principes universels La raison et la logique ne sont que des reflets, sur le plan des choses sensibles, de principes qui leurs sont supérieurs, et qu'elles ne peuvent expliquer, étant trop limités par leur nature même. Le gonflement de la pensée logique et l'éloignement progressif de la pensée intuitive en occident furent à l'origine d'une coupure entre le sujet, "l'homme" et l'objet qu'était devenu pour lui l'univers. ce qui paraissait absolu devint essentiellement relatif.
(François-Édouard Denys -La voie du paysage)

La réalité, le cosmos, la matière, l'univers ou de quelque nom qu'on l'appelle, ne se réduit pas au monde corporel ou matériel, même quand on l'envisage dans toute son ampleur... La création comporte en vérité deux autres mondes ou degrés de réalité que la "philosophia pérenis" désigne sous les termes de monde subtil, ou psychique, ou animique, ou vital, ou encore "intermédiaire" pour le premier ou de monde intelligible, ou spirituel, ou angélique, ou même "sémantique", pour le second. (NDLR - donc trois en tout, dont ce monde intermédiaire dans lequel, à mon avis, se tiendrait le chercheur gnostique)

(La charité profonde - D Bouère- Ed. du cèdre).

Notez qu'un exposé sur les trois mondes qui constituent l'ensemble de la manifestation a également été fait par René Guénon dans " La grande triade", au chapitre "L'homme et les trois mondes"


On voit rapidement qu'à titre personnel, cette forme de quête intellectuelle, ne me parait pas être la meilleure voie à la rencontre de la Gnose. La philosophie gnostique ne peut être dogmatique ou doctrinaire. Comme je l'ai dit en introduction, elle se fonde sur une révélation personnelle, et ne se réfère à rien de terrestre. Sur ce plan, la pensée gnostique intellectualisée ouvre sur un désert. On ne va pas vers la Gnose, c'est elle qui vient à vous, on ne la force pas, on ne la conquiert pas, mais on l'accueille, on la reconnait, car la Gnose est dans l'homme comme hors de l'homme. Elle n'est ni en haut ni en bas, elle est tout à la fois le haut et le bas. Et elle n'est ni d'hier ni de demain mais de l'instant présent qui relie continument le passé à l'avenir. La Gnose est en même temps la force sauvage et la douceur extrême, elle est comme le monde et comme l'homme, ni tout le bien, ni tout le mal, mais à la fois l'un et l'autre selon le choix qui en est maintenant fait. C'est pourquoi nous ne pouvons jamais nous poser en juge ou en prophète, mais demeurerons toujours de simples témoins, porteurs de l'inquiétude et de la souffrance humaine. Par conséquent, sur les fondements de leur corporéité et de toutes les sciences, convictions, religions, expressions et philosophies humaines, et de toutes les révélations passées et à venir, les chercheurs vraiment gnostiques laisseront leur pensée s'élever librement vers l'infini de tous les mystères. Ils ouvriront simplement leurs âmes particulières à l’image de la Totalité telle qu'ils l’ont construite, chacun dans sa pensée personnelle. Dans leur propre temple corporel, revêtus ici de la dignité de la conscience, ils se tiendront debout, non pas dressés à l’assaut des éternels mystères du Ciel mais tournés par l’Esprit vers les réalités temporelles de la Terre, ils ouvriront leur cœurs à la pluie de savoir, de sagesse et d’amour personnellement et mystérieusement donnée et reçue par grâce. Ils la recevront alors sacramentellement dans leur être total, corps de chair, âme de feu, esprit de lumière, et mains ouvertes, ils répandront ces dons sur tous leurs frères les hommes, partout dans le Monde.
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Commentaires et iconographie.
Le Roi du Monde
Ce premier poème de l'auteur propose l'interprétation gnostique des mystères chrétiens

Jésus, Dionysos,
Divins sauveurs des hommes. Osiris ou Krisna,
Tous ces dieux venus du Cosmos,
Pour dire à tous les hommes, l’universelle saga,
Et révéler l’appel en nous, l’histoire d’Adam,
Que d’autres, en d’autres temps, racontent autrement.

Jean est, chez nous, celui
Qui reconnaît ce cri dans le désert de l’âme,
Entend les pleurs de l’autre en lui,
Et permet que s’allume, dans son cœur, une flamme.
Puis le Baptiste va. A l’autre il laisse place,
Après avoir frayé le chemin de la grâce.

L’âme vierge secrète,
Nous l’appelons Marie. Son cœur humain berceau
Accueille ici le nouvel Être,
Enfantant, dans la chair, pour l’Autre, un corps nouveau
Qu’elle chérit, nourrit, et fait grandir en elle,
Et donne, librement, pour une vie nouvelle.

Le tout-petit enfant,
Á Noël, est l’image de la vraie renaissance,
Le moment du réveil d’Adam,
Si longtemps attendu, l’espoir de délivrance
De l’animalité, et du sang, et des chaînes,
Dans notre sombre, et sale, et triste étable humaine.

Jésus le pèlerin,
C’est l’étonnant miracle de cette incarnation,
Dans chaque homme, sur le chemin,
Étroit et difficile, vers la transmutation,
Par l’éternel Esprit et dans le libre choix
De la mort de son Moi, par amour, mis en croix.

Et la résurrection
Á l’aube d’or de Pâques, c’est soudain le retour,
D’Adam, la transfiguration,
Du corps en Christ. Et l’étincelle en ce seul jour
Devient brillant soleil. L’Homme éternel renaît
Dans la restauration du Royaume parfait

Osiris ou Krisna,
Ces êtres merveilleux ne sont que des symboles,
Jésus, Ba’al, Attis, Bouddha,
Dont nous sommes tentés de faire des idoles.
Ces mythes composés pour nous ouvrir les yeux,
D’autres, en d’autres lieux, les transforment en Dieux.

Le Roi du Monde (poème de l'auteur)
(Le Ciel, la Vie, le Feu - extrait)

Pour les Gnostiques, Dieu est au-delà de tout concept raisonnable et de toute dénomination théorique. Il est l’absolu en tout et la source des bons esprits qui forment ensemble le Plérome ou le domaine de la Lumière. Je m’adresserai donc à votre sensibilité irrationnelle par la poésie pour tenter de vous faire approcher, par l’intérieur, un premier aspect de cette révélation, l'idée de l'éveil, de la prise de conscience de l'homme esprit divin, Adam Kadmon, tombé, (par amour selon Hermès), dans la matière et emprisonné depuis dans nos corps biologiques.



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N° 00035434
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