Tout d'abord qu'est ce que l'ethnopsychanalyse ?
Voila ce que nous dit wiki:
http://fr.wikipedia.org/wiki/EthnopsychanalyseLe terme ethnopsychanalyse renvoie assurément à l’œuvre de Georges Devereux, pour autant sa définition et de ses usages sont d'une appréhension difficile. L’ethnopsychanalyse se situe en effet dans une nébuleuse où gravitent dans des orbites croisées l’ethnopsychiatrie, la psychanalyse, l’anthropologie culturelle, le culturalisme, la psychologie des peuples, la psychiatrie transculturelle, l’anthropologie psychanalytique, voire l’ethnomédecine. Deux livres majeurs de Devereux illustrent cette complexité terminologique : Essais d’ethnopsychiatrie générale et Ethnopsychanalyse complémentariste.
Dans Totem et tabou, Freud avait déjà appliqué la psychanalyse à des matériaux ethnologiques mais il reviendra à Géza Róheim d’être le premier à systématiser cette approche et à y consacrer sa vie et son œuvre. Cependant, il n’utilisa pas le terme d’ethnopsychanalyse, bien qu’il fut tenté à un moment de créer une revue hongroise appelée ethnopsychologie. Devereux a repris le terme d’ethnopsychiatrie au psychiatre haïtien Louis Mars alors que celui d’ethnopsychanalyse semble lui revenir en propre. Si l’on s’en tient aux travaux de Devereux, on peut dire que l’ethnopsychanalyse se définit comme l’application de la psychanalyse à des matériaux anthropologiques, aussi bien dans le domaine du normal que du pathologique. Le terme d’ethnopsychiatrie paraît mieux correspondre à ce qui rassemblerait les théories relatives aux perturbations psychologiques que des indigènes élaborent pour eux-mêmes. L’ouvrage Ethnopsychiatrie des Indiens Mohaves en serait l’exemple type. On peut aussi historiquement y ranger L'interprétation et la thérapie traditionnelles du désordre mental chez les wolof et les lebou d’András Zempléni.
Cette discipline est apparu en France dans les années 50 avec les premiers flues migratoire.
Pour faire simple, dans cette discipline on part du principe que nous sommes tous le produit de notre culture.
Cette culture a une influence tres large sur notre inconscient et peu provoquer des traumatismes en fonction de certains déclencheur extérieur.
Par exemple si on prend le cas de la culture africaine, on pourrait dire que les éléments de la culture pouvant déclencher un trauma seraient ce qui est axé autour du Vaudou, et l'élément déclencheur du trauma serait un sorcier qui vient jeter un sort.
Dans des cas comme celui-ci l'ethnopsychologue utilisera un traitement construit avec les éléments de la culture africaine :
des talissements, des rites etc.
Bref les gens qui pratiquent cette discipline ne rejettent pas les éléments culturel mais s'immiscent dedans pour les utiliser.
Ce qui est intéressant c'est qu'en fonction des cultures on peut arriver a définir des pathologies propre à chaque société.
Bref ici je vous présente un exemple d'étude de Tobi Nathan c'est une des grandes figure de cette discipline en france et sa double culture en fait quelqu'un de taillé pour l'étude sociologique européenne et musulmane.
Tobie Nathan est né en Egypte, au Caire, en 1948. Études en France. Doctorat en Psychologie (1976), Doctorat ès Lettres et Sciences Humaines (1983).
D'abord assistant, puis maître-assistant à l'Université de Paris 13, il est, depuis 1986, Professeur de psychologie clinique et pathologique à l'Université de Paris 8.
Toujours concerné par les liens entre psychopathologie, pratiques cliniques et environnement social, il a également une pratique d'expertise – il est expert près la cour d'appel de Paris.
http://www.ethnopsychiatrie.net/TNbio.html
Voila un exemple qui reflète certains problèmes liés a la culture musulmane et que je ne pensais même pas trouver un jours !
Les mots :Corps d'humains // corps de djinns
Observation n°1 : Un étranger dans la maison [2]
D’entrée, après quelques minutes d’entretien, les parents nous brossent un tableau de la situation. Souleyman, l’aîné des enfants, serait possédé par une djenneya – une femme-djinn – qui le distrait sans cesse, l’empêchant d’étudier, qui verse sur lui de l’urine et des matières fécales ou, quelquefois, lui presse les entrailles afin de le faire lui-même uriner ou déféquer, n’importe où, n’importe quand.
Elle lui modifie son comportement, l’incitant à commettre des dépradations ou à se montrer agressif envers d’autres enfants ou envers sa propre famille – "elle le contraint à courir et à taper sur les voitures…", dit le père.
Elle le réveille en pleine nuit pour le menacer. Elle lui parle également et il l’entend dans sa tête et parfois dans ses oreilles.
Elle commet elle-même des détériorations. Elle fait couler de l’urine ou des matières fécales du plafond, déplace la télévision en pleine nuit, cache des chaises ou les brise. Elle se présente également aux autres membres de la famille. La maman l’a déjà vue en rêve. Quant aux autres enfants, Leïla et Chams, ils commencent à leur tour à être perturbés par la djenneya .
Leïla : _ je vois des fois des yeux, des lunettes ; des fois je vois un homme…
Depuis le début de ces manifestations, les parents ont consulté un très grand nombre de guérisseurs, tant maghrébins que français. Ils ont également fait appel à la psychiatrie et aux services sociaux avant, finalement, et en désespoir de cause, de s’adresser à la justice.
M. ´Hok : _ … le satan de mon fils s’est manifesté… l'enfant il faisait peur… Un français magnétiseur a dit je sens qu'il y a quelqu'un sur ses nerfs. Après l’intervention du magnétiseur, l'enfant est devenu normal. Puis, il y avait des traces à la maison, de l'eau sur les murs, autour des WC… un jour, dans la classe il y avait de l'urine par terre… Le maître a dit à l'enfant c'est toi ? J'ai fait l'enquête l'enfant avait été travaillé par le diable, par le sheytan. Parce qu’on se demande qui déchire les feuilles… Ma belle sœur, elle a consulté… on lui a dit que la cause de tout, c’était l’Italien… En fait, les Italiens, les voisins, avaient fait appel à un Malien. Le guérisseur marocain a dit "ce n'est pas l'enfant, c'est le diable ! Il le prend par la main et le frappe avec une lumière blanche. Il faut dire que cet enfant, Dieu le protège… Sans cela, il serait déjà mort depuis longtemps… Nous sommes allés consulter un spécialiste, un fkih marocain, chez lui, là bas, dans l'Atlas. Il n’a pas pu faire entrer Souleyman en transe parce qu’il était trop jeune. Pour faire sortir l’esprit, il faut que la djenneya soit là… il n'arrivait pas à déclencher la transe pour parler avec la djenneya… il a essayé, pourtant.
D’après la famille, tout aurait commencé à cause d’une querelle de voisinage. Les locataires de l’étage supérieur, une famille d’origine italienne faisaient perpétuellement du tapage. À plusieurs reprises, M. et Mme ´Hok leur auraient demandé de cesser ce bruit insupportable, obsédant, jour et nuit. Finalement, la famille ´Hok a porté plainte. Les gendarmes sont intervenus et les Italiens, pour se venger, auraient fait un premier sort (en arabe s’hur ) contre Souleyman, un second contre toute la famille.
Le sort aurait comporté l’envoi d’un esprit – un djinn – sur Souleyman. Pourquoi sur lui, précisément ? Pour la simple raison qu’il était là au moment de l’agression sorcière.
M. ´Hok : _ … Mon enfant a été attaqué… il avait 7 ans. Il va avoir 12 ans. Maintenant, il ne travaille plus à l'école… avant il était premier, maintenant dernier.
Djinn : êtres surnaturels susceptibles de s'emparer du corps et du fonctionnement psychique d’une personne afin d'obtenir une compensation de la part des humains : une offrande, un sacrifice, un autel.
Djinn – est un mot arabe provenant d’une racine prolifique.
La matrice, janna , évoque l’idée d’obscurité, de voile, surtout de dissimulation. Djinn désigne avant toute chose un "être invisible" .[3]
Le pluriel, jenoun ou jnoun a donné junan ou jenan qui signifie "la folie" – car être pris, capturé par un être invisible implique l’aliénation de la personne.
Majnoun signifie être sous l’emprise d’un djinn – donc, littéralement : "endjinné" – mot généralement utilisé pour désigner la folie.
Cependant, cette même racine a produit d’autres mots permettant de faire ressortir vivement la polysémie intrinsèque du terme :
janin , "le fœtus", sans doute du fait qu’il est toujours caché – ou peut-être le long d’une sorte de métaphore : le djinn caché dans la nuit comme un fœtus dans la matrice…
jénéna , "le jardin" ;
jennat , "le paradis" ;
janan , "le cadavre, le tombeau".
En arabe courant, pour dire fou, on utilise le mot majnoun. Cependant, on peut presque indiféremment dire:
majnoun : "pris par un djinn", "endjinné"
madroub : "frappé" [par un djinn]),
markoub : "monté" [par un djinn]),
maskoun : "habité" [par un djinn]),
mamlouk : "possédé" – au sens où l'on "possède", l'on est "propriétaire" d'un terrain ou d'un appartement – [par un djinn]),
masloukh : "frotté jusqu'au sang" [par un djinn]),
malbouss "porté" [par un djinn] – comme on enfile un vêtement), etc.
La richesse du vocabulaire décrivant la relation entre les esprits et les humains suffirait à démontrer combien cette interprétation est investie par la culture maghrébine. En tout état de cause, l'attaque par le djinn n'est pas un événement simple et bénéficie dans le vocabulaire et dans les pratiques culturelles d'un surinvestissement de significations parfois contradictoires. Quoiqu'ils vivent dans "le monde de l'envers" – la nuit, le désert, la forêt, la brousse, les ordures, les ruines, les canalisations d'égout, le sang des animaux – les jnoun sont à l'image des humains: il en existe des mâles et des femelles; ils se reproduisent de manière sexuelle. Tout commes les humains, ils peuvent avoir une religion. Les jnoun musulmans sont les moins dangereux parce qu'on peut facilement "négocier" avec eux en invoquant le nom d'Allah. Les Chrétiens sont plus difficiles, mais moins que les Juifs qui sont quasiment irrécupérables. Quant aux jnoun païens (kafrin), ce sont les plus craints, car totalement inaccessibles aux "arguments" des humains et les plus violents de tous. Le diagnostic d'existence d'un djinn "kafar" (païen) signale une grave inquiétude pour la vie du malade.
Les djinns sont donc des êtres invisibles dont l’existence est largement admise y compris par le prophète qui tente même de les convertir. En vérité, si l’on analyse le phénomène d’un point de vue historique et culturel, les djinns sont un terme générique désignant sans doute les divinités des populations soumises à l’Islam avant leur conversion (un peu comme le diable désignait l’ensemble des pratiques païennes des populations christianisées). Il n’en demeure pas moins que plus de douze siècles plus tard, les djinns sont tout aussi présents dans les pays du Maghreb. Ils servent de matrice d’interprétation aux négativités de l’existence. Ils constituent également l’âme des procédures thérapeutiques "traditionnelles". La maladie est très souvent interprétée comme la conséquence de l’action de cet invisible, le djinn , et traitée selon cette logique. Les méthodes de traitement sont innombrables, cependant quelques grands principes peuvent être distingués :
1. Dans les thérapies coraniques, l’on ne peut en aucune manière négocier avec le djinn . Il s’agit dans tous les cas de le chasser. Le thérapeute (cheikh , fkih , taleb ) prie, appelle Dieu contre l’être invisible, l’impressionne, le menace, le bat, afin d’obtenir son départ. L’on pourrait assimiler ce type de traitement à l’exorcisme chrétien .
Exemple : Mr E.A. (un patient maghrébin, décrivant les soins qu'un taleb a prodigué à son fils) :
_… il prend le pouce de l’enfant et prie jusqu'à ce qu’il tombe. Il jette de l’eau avec le Coran sur la femme ou l’homme et le diable peut sortir. Il parle avec le diable. Le diable qui a pris mon fils est allé chez lui, pas en rêve mais en réel ! Il est même apparu à ma femme et lui a dit : " Vous avez fait mal à moi et à l’enfant ". Il a commencé à appeler les siens, les autres diables…
2. D’autres types de thérapies, surtout pratiquées par les femmes, cherchent au contraire à "apprivoiser" le djinn. La malade, investie par l’être invisible, peut ici être comparée à une élue. On cherchera donc à l’initier, en général au sein d’une confrérie. Dans ce cas, les patients sont en vérité de futurs voyants qu’il s’agira de préparer au sein de congrégations. Le rite thérapeutique ressemble ici à une sorte de rituel religieux.
3. Une troisième catégorie pourrait comporter les thérapeutes qui travaillent avec les djinns et non pas contre eux. Ceux là ont des sortes d’esprits auxiliaires (également djinns ) à leur service et les envoient pour lutter ou pour convaincre le djinn responsable de la maladie de quitter le malade. Il semble que ces thérapeutes capturent les djinns qui ont rendu la personne malade et les utilisent ensuite à leur propre bénéfice.
Lorsque l'on dit "fou" en arabe – que l'on utilise Majnoun , "endjinné", markoub , "monté", madroub , "frappé", maskoun , "habité", mamlouk , "possédé", masloukh , "écorché", etc…, c'est tout l'univers des interprétations, des actes, des objets, des pratiques, qui se profile derrière le mot utilisé.
Ce mot, comme on l'a vu, du fait de ses parentés, établit des ponts sémantiques avec des notions comme "fœtus", "mort", "cadavre", "paradis", "jardin" qu'il ne possède évidemment pas dans d'autres langues.
De plus, tous ces mots véhiculent des nuances, des précisions, des localisations géographiques, des appartenances…
Source: http://www.ethnopsychiatrie.net/index.html
Note perso :
Je trouve intéressant le contenu de l'article ça mets bien en évidence jusqu'a quel point le langage arabe est emprunt de superstitions !
Dans la suite de l'article on decouvre un peu plus le monde des djinn et tout ce qui s'articule autour d'eux.
Comme on ne peut pas poster de liens directe vers les textes je pourrait poster la suite si vous voulez.
Ce que je trouve intéressant c'est de voir les trauma que peu provoquer une culture et ainsi appréhender les trauma que peut provoquer un changement de culture voir une mutation de culture comme c'est le cas en europe actuellement.
Ca m'a paru évident un jours ou sur un forum j'ai vu un chrétien prétendre que Mahomet cherchait a détourner les chrétiens de la foi et faisait de lui un antichrist.
Quelque part c'est une réponse agressive par des armes culturelles chrétienne a une agression culturel musulmane par prosélytisme.
Je suis vraiment pas sur que ce topic intéresse tout le monde alors je le continuerai que si les intéressés se manifestent !
Rajai













