Amour islamique
- phileas
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Re: Le féminisme islamique
A vrai dire, il y a une véritable ambiguïté autour de ce mouvement :
Tout d'abord, il faut savoir que les livres de cette dame sont édités par les éditions Tawhid, organe de propagande de Tariq Ramadan.
Deuxièmement j'ai pu lire un article d'une de ces féministes où elle n'hésitait pas à qualifier les mouvements islamistes d'Irak et Afghanistan comme des mouvements populaires de résistance au colonialisme. Bref, un discours très similaire aux frères musulmans...
Ne serait-ce pas un mouvement créé pour contrecarrer l'influence du féminisme universaliste???
Après tout, pointe en filigrane de son discours un rejet du féminisme classique qu'elle semble accuser d'islamophobie...
Tout d'abord, il faut savoir que les livres de cette dame sont édités par les éditions Tawhid, organe de propagande de Tariq Ramadan.
Deuxièmement j'ai pu lire un article d'une de ces féministes où elle n'hésitait pas à qualifier les mouvements islamistes d'Irak et Afghanistan comme des mouvements populaires de résistance au colonialisme. Bref, un discours très similaire aux frères musulmans...
Ne serait-ce pas un mouvement créé pour contrecarrer l'influence du féminisme universaliste???
Après tout, pointe en filigrane de son discours un rejet du féminisme classique qu'elle semble accuser d'islamophobie...
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Re: Le féminisme islamique
Si c'est Tarik Ramadan c'est sûr que ce n'est pas du féminisme mais son instrumentalisation à des fins de récupération.
De toutes façons le sort des musulmanes en occident n'est pas vraiment aussi grave que celles qui vivent en terre musulmane.
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- phileas
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Re: Le féminisme islamique
Cet étrange 'féminisme islamique'
Rédigé par Martine Gozlan le Samedi 12 Novembre 2005
Un congrès très respectable, mais très ambigu, vient de se tenir à Barcelone. Les observateurs ont, en effet, salué le courage des participantes à la rencontre internationale du « féminisme islamique » . On y a vu l'Américaine Amina Wadud, qui avait osé conduire un prêche dans une mosquée de Manhattan, s'attaquer aux interprétations machistes du Coran. Les participantes, venues de Malaisie et même d'Iran, l'ont soutenue avec vigueur. Pourtant, les commentaires tissés à cette occasion laissent rêveurs. Car la notion de « féminisme islamique » est précisément revendiquée par ceux-là mêmes qui réclament toujours plus d'islam dans la modernité occidentale. L'expression est l'un des « musts » de Tariq Ramadan. Cela fait belle lurette que des prédicateurs branchés affirment à leurs chères soeurs qu'un féminisme authentique se love à l'ombre du Coran. En réplique, d'autres voix musulmanes dénoncent ce concept touchant. En France, l'universitaire Leila Babès n'y voit qu'hypocrisie. L'écrivain Taslima Nasreen, qui a fui le Bangladesh il y a dix ans - on menaçait de châtier cette rebelle athée en la jetant aux cobras-, soutient que l'islam, comme toute religion, est par essence hostile à l'émancipation des femmes. Au Maroc, les féministes qui ont réussi à obtenir du pouvoir une transformation de leur statut personnel (réforme qui, du reste, peine à s'imposer) se sont effectivement appuyées sur une lecture moderniste des textes. Mais parce qu'elles n'avaient pas d'autre choix! Parce que la revendication laïque, seule à défendre la place de l'individu, les aurait condamnées ! En Turquie, la sociologue Nulifer Göle a fait un tabac (surtout dans les médias parisiens) en lançant la notion de femmes « musulmanes et modernes » . On se doute bien qu'au congrès de Barcelone les Malaisiennes et les Iraniennes se seraient senties coincées aux entournures si elles avaient court-circuité la religion pour faire passer leur vraie révolte. Ne confondons pourtant pas le légitime hommage à ces battantes, mais toujours sous tutelle religieuse, et le satisfecit décerné par des voix occidentales à cette mystification bigote que constitue le « féminisme islamique » !
http://www.marianne2.fr/Cet-etrange-fem ... 13131.html
Rédigé par Martine Gozlan le Samedi 12 Novembre 2005
Un congrès très respectable, mais très ambigu, vient de se tenir à Barcelone. Les observateurs ont, en effet, salué le courage des participantes à la rencontre internationale du « féminisme islamique » . On y a vu l'Américaine Amina Wadud, qui avait osé conduire un prêche dans une mosquée de Manhattan, s'attaquer aux interprétations machistes du Coran. Les participantes, venues de Malaisie et même d'Iran, l'ont soutenue avec vigueur. Pourtant, les commentaires tissés à cette occasion laissent rêveurs. Car la notion de « féminisme islamique » est précisément revendiquée par ceux-là mêmes qui réclament toujours plus d'islam dans la modernité occidentale. L'expression est l'un des « musts » de Tariq Ramadan. Cela fait belle lurette que des prédicateurs branchés affirment à leurs chères soeurs qu'un féminisme authentique se love à l'ombre du Coran. En réplique, d'autres voix musulmanes dénoncent ce concept touchant. En France, l'universitaire Leila Babès n'y voit qu'hypocrisie. L'écrivain Taslima Nasreen, qui a fui le Bangladesh il y a dix ans - on menaçait de châtier cette rebelle athée en la jetant aux cobras-, soutient que l'islam, comme toute religion, est par essence hostile à l'émancipation des femmes. Au Maroc, les féministes qui ont réussi à obtenir du pouvoir une transformation de leur statut personnel (réforme qui, du reste, peine à s'imposer) se sont effectivement appuyées sur une lecture moderniste des textes. Mais parce qu'elles n'avaient pas d'autre choix! Parce que la revendication laïque, seule à défendre la place de l'individu, les aurait condamnées ! En Turquie, la sociologue Nulifer Göle a fait un tabac (surtout dans les médias parisiens) en lançant la notion de femmes « musulmanes et modernes » . On se doute bien qu'au congrès de Barcelone les Malaisiennes et les Iraniennes se seraient senties coincées aux entournures si elles avaient court-circuité la religion pour faire passer leur vraie révolte. Ne confondons pourtant pas le légitime hommage à ces battantes, mais toujours sous tutelle religieuse, et le satisfecit décerné par des voix occidentales à cette mystification bigote que constitue le « féminisme islamique » !
http://www.marianne2.fr/Cet-etrange-fem ... 13131.html
Dernière modification par phileas le sam. 21 août 2010 20:41, modifié 1 fois.
- phileas
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Re: Le féminisme islamique
Naissance d’un féminisme musulman
par Tariq Ramadan
Extrait de Les musulmans d’Occident et l’avenir de l’islam, Sindbad, 2002
Un chapitre sur la réforme de l’éducation islamique en Occident ne serait pas complet sans comprendre une réflexion sur le statut de la femme dans les communautés musulmanes et le rôle qu’il leur est dévolu. Nous avons relevé plus haut combien de nombreuses femmes de la seconde génération et des suivantes (auxquelles s’ajoutent de nombreuses converties) se sont engagées dans les organisations musulmanes dans lesquelles elles ont un rôle de plus en plus important dans le leadership. Cela ne veut pas dire pour autant que les mentalités aient toujours évolué en conséquence et beaucoup de musulmans, et d’ailleurs de musulmanes, subissent ces effets du temps plus qu’ils ne les acceptent et dans leur for intérieur ils ne sont pas tout à fait convaincu que « tout cela » est réellement islamique. La question de la femme est sensible dans pratiquement toutes les communautés islamiques d’Occident et il semble souvent que la question entière de la fidélité se joue sur ce chapitre. Par ailleurs, les allusions ou interpellations récurrentes des concitoyens, des intellectuels ou des medias sur « les femmes en islam » exercent une sorte de pression psychologique qui pousse les musulmans à adopter une posture défensive souvent apologétique pas toujours objective. Penser que rien dans le message de l’islam ne justifie la discrimination des femmes est une chose, affirmer que celles-ci ne subissent aucune discrimination en est une autre. Une observation un tant soit peu objective des communautés musulmanes d’Occident révèle que nous sommes loin de l’idéal de l’égalité devant Dieu, de la complémentarité familiale et sociale et de l’indépendance financière derrière lequel de nombreux ulémas ou intellectuels se cachent à coups de citations de versets et de traditions prophétiques. La réalité n’a rien à voir avec cela : ne pas le dire est mentir.
Nous avions vu dans notre première partie que le travail de catégorisation des méthodologies en matière de fondements du droit et de la jurisprudence (usûl al-fiqh) nous a appris à faire la différence entre les principes et prescriptions universels et les modalités de leur actualisation dans une culture donnée. Si, comme nous l’avons expliqué, le principe d’intégration permet de considérer comme islamique tout ce qui ne s’oppose pas à l’islam, il est néanmoins erroné et méthodologiquement incorrect de confondre a posteriori le principe islamique avec la façon dont une culture donnée l’a habillé. En toutes circonstances c’est le principe extrait et fondé sur les sources scripturaires qui est la référence ultime. Sans doute est-ce à propos des femmes et de leur statut qu’il faut le plus souvent rappeler ces principes de méthodologies tant la confusion est grande : dans l’esprit de beaucoup de musulmans encore être fidèle aux enseignements islamiques en matière d’éducation des femmes, d’accès aux mosquées, de mariages et de divorces, d’indépendance sociale et financière, de participation politique, c’est faire comme on faisait dans le pays d’origine ou comme disaient les ulémas de là-bas. Ainsi voit-on des parents justifier des traitements différenciés tout à fait inégalitaires entre leurs fils et leurs filles (et clairement discriminatoires pour ses dernières) en termes de permissions, de sorties ou autres. D’aucuns, en Europe et aux Etats-Unis, leur interdisent l’entrée dans les mosquées et si, par un bienheureux hasard, il existe une place pour elles, elle est le plus souvent délabrée et souvent même sans une bonne sonorisation. Des imams légitiment « islamiquement » des mariages « à la va vite », sans aucune démarche administrative officielle préalable, qui laissent des femmes sans assurance et sans droits, abusées et trompées par des individus peu scrupuleux. L’accès au divorce est rendu des plus difficiles quand il paraît clair pourtant que la femme défend ses droits les plus élémentaires. Au su de tous, certaines femmes subissent des violences et des traitements avilissants dans le silence et la complicité coupable d’une communauté musulmane qui justifie son inaction et sa lâcheté caractérisée par la recommandation islamique « de ne pas s’occuper de ce qui ne nous concerne pas ». Il y a loin pourtant entre exiger un traitement digne pour les femmes et la curiosité malsaine : la première est notre honneur, la seconde – dont parle la recommandation prophétique – notre indignité. On trouve encore toutes sortes de restrictions comme l’interdiction « islamique » de travailler, de s’engager socialement, de parler en public ou encore de faire de la politique. Et que n’a-t-on pas entendu sur l’impossible « mixité » ! Certes, on a parfois affirmé et cautionné ces pratiques dans les pays d’origine et on trouvera bien sûr des ulémas des courants traditionalistes ou littéralistes (que nous avons présentés plus haut) affirmant que tels sont les enseignements islamiques ; il demeure pourtant qu’un retour aux sources scripturaires afin d’évaluer ces pratiques et opérer une nette différence entre des pratiques culturellement fondées et les principes islamiques est impératif. En verra que la marge interprétative est grande et que certains en ont sciemment ou non réduit les limites.
Il faut même aller plus loin. L’influence culturelle ne se trouve pas seulement en aval de l’extraction des règles, à savoir dans leur seule mise en application. Une lecture attentive des travaux des spécialistes des fondements du droit et de la jurisprudence (usûl al-fiqh) et du fiqh lui-même sont eux-mêmes baignés dans un espace culturel et une société qui influence leur propre démarche. Impossible, pour eux comme pour tout être humain, de s’abstraire totalement de son environnement social et humain : d’une façon ou d’une autre ceux-ci façonnent notre intelligence et notre regard sur le monde. Dire que seules les sources scripturaires sont la référence, cela veut dire qu’il faut se donner le droit d’étudier et de questionner les lectures produites par les savants classiques afin de savoir si oui ou non il existe une marge d’interprétation que notre nouveau contexte nous aurait fait découvrir. Etre en accord avec nos principes islamiques dans ces domaines, c’est accepter d’aller au bout de cette étude fondamentale. On ne peut pas faire dire aux textes n’importe quoi (et c’est en cela qu’il existe un cadre normatif de lecture) mais ce que le texte permet de dire, il faut pouvoir le dire même si cela bouscule nos vieilles habitudes culturelles.
C’est à cela qu’il faut s’engager en ce qui concerne la question de la femme musulmane. Leur accès aux études et le renouveau de leur engagement est en train de leur permettre d’étudier plus profondément les sources islamiques et de s’engager dans une réflexion profonde qui questionne les vieilles évidences nées de pratiques culturelles ancestrales. Il ne s’agit néanmoins pas d’un processus qui mettrait en opposition les femmes contre l’oppression des hommes. Dans la réalité c’est une autre dynamique que l’on observe : des savants, des intellectuels et des femmes, ensemble sont en train de donner naissance à un mouvement de libération de la femme dans et par l’islam lui-même. S’éloignant des interprétations les plus restrictives, c’est au nom de l’islam lui-même qu’elles revendiquent, avec de nombreux hommes, leur opposition aux pratiques culturelles discriminatoires, au caractère faussement islamiques de certaines pratiques, à la violence conjugale, au nom respect du droit des femmes en matière de divorce, de biens, de parenté, etc. Lorsque nous avons pour la première fois nommé ce mouvement « féminisme islamique », beaucoup de musulmans nous l’ont reproché et certains de nos interlocuteurs non musulmans n’étaient pas convaincu : une étude de terrain, aux Etats-Unis comme en Europe, comme d’ailleurs dans le monde musulman de l’Afrique à l’Asie en passant par le Moyen-Orient et l’Iran, un mouvement est en marche qui exprime clairement le renouveau de la place de la femme dans les sociétés islamiques et une libération qui revendique sa totale fidélité aux principes de l’islam.
Ce que nous observons concrètement en Occident en terme de réforme (et qui aura nécessairement des incidences sur le monde musulman) tourne autour de trois axes essentiels. Le premier tient à la conception de la femme elle-même : si jusqu’alors la majorité des travaux classiques se concentraient sur les fonctions de la femme en tant que « enfant », « épouse » ou « mère », il s’agit désormais de parler de la femme en tant que « femme ». Ce déplacement d’angle n’est pas un détail : c’est bien un transformation de la conception de la femme qui se joue dans la révision de notre façon d’en parler. Désormais, on s’intéresse à son être, sa psychologie et sa spiritualité et on lit le Coran avec ce nouveau regard. Nous sommes loin encore d’être allé au bout des travaux en ce sens, mais nombreux sont les hommes et les femmes qui travaillent en ce sens aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Espagne pour ne citer que quelques pays. Il faut noter également le rôle influent de nombreuses femmes converties qui, souvent rigoureuses dans leur maîtrise des instruments juridiques, questionnent judicieusement l’héritage légal musulman auquel se sont mêlés subrepticement de nombreux traits arabes ou asiatiques . Dans le prolongement de ce travail, on en vient à discuter des droits de la femme, de la gestion du couple (autrement qu’en terme de confrontation sur la base des droits et des devoirs respectifs des époux), de son engagement social et de sa participation aux débats académiques comme politiques
Le second axe de la réforme en cours est la conséquence directe de ce que nous venons de présenter puisqu’il s’agit de l’émergence d’un discours nouveau, fortement ancré dans les sources islamiques mais ouvrant des perspectives nouvelles pour les femmes. Ce qui est nouveau surtout, c’est que ce discours est de plus en plus porté par les femmes elles-mêmes qui étudient, s’expriment et de plus en plus enseignent. Elles s’affichent musulmanes critiquent les interprétations erronées et utilisent les marges interprétatives offertes par les textes, les avis des ulémas de la tradition réformiste et construisent un discours sur la femme musulmane qui les invitent à une fidélité active, intelligente et juste : une fidélité islamique qui libère devant Dieu et qui ne les soumet pas aux imageries machistes ni de l’Orient ni d’ailleurs de l’Occident.
Le dernier axe est quant à lui la conséquence des deux autres puisqu’il s’agit d’une reconnaissance de la nécessaire visibilité des femmes. Leur présence dans les mosquées, aux conférences ou aux séminaires, dans les organisations islamiques, dans l’espace public, à l’université, sur les lieux de travail est devenue de plus en plus massive et cette visibilité est une revendication claire de leurs droits autant à être, à être là et à s’exprimer. Beaucoup de femmes d’ailleurs affichent en Occident leur droit à être respectées dans leur pratique en portant le foulard ou en exprimant les marques visibles de la pudeur par laquelle elles désirent être approchées : leur fidélité aux prescriptions islamiques ne les empêchent d’ailleurs pas d’adopter un goût tout à fait occidental quant à leur tenue vestimentaire, son style ou ses couleurs. Engagées dans un mouvement dans et par l’islam, elles promeuvent un « féminisme islamique » qui ne signifie pas l’acceptation sans regard critique de toutes les modes et les façons d’être des autres femmes d’Occident. Si elles se battent pour la reconnaissance de leur statut, pour l’égalité, le droit au travail, à l’égalité des salaires, etc. cela ne veut pas dire qu’elles désirent s’éloigner ou oublier des exigences de leur foi. Elles sont musulmanes occidentales, elles respectent les principes de leur religion et les habillent selon le style et le goût de leur culture. Il est intéressant de noter, par ailleurs, que de nombreuses femmes musulmanes, voilées et non voilées, travaillent ensemble dans de nombreuses organisations et ce dans respect des choix de chacune : cette évolution est importante parce qu’elle est un pas important vers l’acceptation des opinions et la promotion d’un dialogue interne grandement nécessaire.
Ce féminisme est en route même si l’on peine en Occident à accepter l’idée qu’une femme musulmane puisse se libérer de l’intérieur même du champ de référence islamique ou encore qu’une femme portant le foulard puisse en une quelconque façon être effectivement libre et libérée. La voix des femmes de plus en plus audibles et leur visibilité devraient à terme changer ces représentations et, espérons-le, proposer un autre modèle de femme occidentale, moderne, libre et toujours profondément musulmane. Ce ne sera pas le modèle classique de la « femme occidentale libre » mais nous avions dit plus haut que ce qui établit la liberté n’est pas la forme particulière que celle-ci peut avoir dans une ère civilisationnelle donné ou pour une population donnée mais l’existence réelle des principes qui la fondent : une conscience autonome qui fait ses choix au nom de ses convictions. Il faudra bien, Occident, respecter cette autre façon d’être libre.
Pour les femmes et les hommes musulmans, il restera à gérer des défis communs de première importance dans les sociétés occidentales et qu’il ne faudra pas, au nom de la seule promotion du féminisme, relativiser ou minimiser. Les hommes comme les femmes doivent se souvenir que les prescriptions islamiques insistent fortement sur la centralité de la famille, sur le rôle des mères comme des pères, sur l’éducation et l’accompagnement des enfants, sur la transmission du savoir et de tout ce dont il a été questions dans les sections précédentes. Vouloir la liberté et les droits, pour les hommes comme pour les femmes, ne peut pas vouloir dire oublier ses responsabilités individuelles, familiales et sociales. Tout porte à croire que sans une vigilance accrue, les citoyens occidentaux de confession musulmane vont, de plus en plus, vivre les mêmes déroutes que certaines des familles de leurs concitoyens : divorces, violences, abandons d’enfants, fractures entre les générations, délaissement des parents âgés, et tout à l’avenant. Nous n’en sommes pas là mais tous les indices statistiques montrent que les familles musulmanes tentent à se normaliser vers le pire. Cet état de fait devrait éveiller leur conscience à la nécessité d’un engagement social réfléchi et conséquent.
Disons encore, en terminant cette section, que l’on doit entendre et comprendre les réticences affichées par certaines musulmanes et musulmans quant à l’appellation « féminisme islamique » pour des raisons historiques (mémoire de la colonisation) ou idéologiques (crainte d’une occidentalisation de la terminologie). Dans les faits, la mobilisation intellectuelle et sociale destinée à promouvoir une nouvelle lecture des sources scripturaires et à déterminer un statut d’autonomie pour la femme est bien de nature « féministe » (en terme de revendication de droits) dans et par l’islam. Ce ne sera d’ailleurs qu’un moment de l’affirmation des femmes et de l’expression du refus des discriminations dans les communautés musulmanes en Orient ou en Occident. Au-delà de ce combat, il faudra promouvoir la « féminité islamique »en englobant tous les aspects de la question : la dignité et l’autonomie de l’être féminin, l’égalité en droit, la complémentarité par nature. Cette féminité islamique devra déterminer une certaine façon d’être, de se sentir femme devant Dieu et parmi les êtres humains : spirituellement, socialement, politiquement, et culturellement. Libres, autonomes et engagées comme l’exigent les Textes et doivent le garantir les sociétés.
http://www.islamlaicite.org/article103.html
par Tariq Ramadan
Extrait de Les musulmans d’Occident et l’avenir de l’islam, Sindbad, 2002
Un chapitre sur la réforme de l’éducation islamique en Occident ne serait pas complet sans comprendre une réflexion sur le statut de la femme dans les communautés musulmanes et le rôle qu’il leur est dévolu. Nous avons relevé plus haut combien de nombreuses femmes de la seconde génération et des suivantes (auxquelles s’ajoutent de nombreuses converties) se sont engagées dans les organisations musulmanes dans lesquelles elles ont un rôle de plus en plus important dans le leadership. Cela ne veut pas dire pour autant que les mentalités aient toujours évolué en conséquence et beaucoup de musulmans, et d’ailleurs de musulmanes, subissent ces effets du temps plus qu’ils ne les acceptent et dans leur for intérieur ils ne sont pas tout à fait convaincu que « tout cela » est réellement islamique. La question de la femme est sensible dans pratiquement toutes les communautés islamiques d’Occident et il semble souvent que la question entière de la fidélité se joue sur ce chapitre. Par ailleurs, les allusions ou interpellations récurrentes des concitoyens, des intellectuels ou des medias sur « les femmes en islam » exercent une sorte de pression psychologique qui pousse les musulmans à adopter une posture défensive souvent apologétique pas toujours objective. Penser que rien dans le message de l’islam ne justifie la discrimination des femmes est une chose, affirmer que celles-ci ne subissent aucune discrimination en est une autre. Une observation un tant soit peu objective des communautés musulmanes d’Occident révèle que nous sommes loin de l’idéal de l’égalité devant Dieu, de la complémentarité familiale et sociale et de l’indépendance financière derrière lequel de nombreux ulémas ou intellectuels se cachent à coups de citations de versets et de traditions prophétiques. La réalité n’a rien à voir avec cela : ne pas le dire est mentir.
Nous avions vu dans notre première partie que le travail de catégorisation des méthodologies en matière de fondements du droit et de la jurisprudence (usûl al-fiqh) nous a appris à faire la différence entre les principes et prescriptions universels et les modalités de leur actualisation dans une culture donnée. Si, comme nous l’avons expliqué, le principe d’intégration permet de considérer comme islamique tout ce qui ne s’oppose pas à l’islam, il est néanmoins erroné et méthodologiquement incorrect de confondre a posteriori le principe islamique avec la façon dont une culture donnée l’a habillé. En toutes circonstances c’est le principe extrait et fondé sur les sources scripturaires qui est la référence ultime. Sans doute est-ce à propos des femmes et de leur statut qu’il faut le plus souvent rappeler ces principes de méthodologies tant la confusion est grande : dans l’esprit de beaucoup de musulmans encore être fidèle aux enseignements islamiques en matière d’éducation des femmes, d’accès aux mosquées, de mariages et de divorces, d’indépendance sociale et financière, de participation politique, c’est faire comme on faisait dans le pays d’origine ou comme disaient les ulémas de là-bas. Ainsi voit-on des parents justifier des traitements différenciés tout à fait inégalitaires entre leurs fils et leurs filles (et clairement discriminatoires pour ses dernières) en termes de permissions, de sorties ou autres. D’aucuns, en Europe et aux Etats-Unis, leur interdisent l’entrée dans les mosquées et si, par un bienheureux hasard, il existe une place pour elles, elle est le plus souvent délabrée et souvent même sans une bonne sonorisation. Des imams légitiment « islamiquement » des mariages « à la va vite », sans aucune démarche administrative officielle préalable, qui laissent des femmes sans assurance et sans droits, abusées et trompées par des individus peu scrupuleux. L’accès au divorce est rendu des plus difficiles quand il paraît clair pourtant que la femme défend ses droits les plus élémentaires. Au su de tous, certaines femmes subissent des violences et des traitements avilissants dans le silence et la complicité coupable d’une communauté musulmane qui justifie son inaction et sa lâcheté caractérisée par la recommandation islamique « de ne pas s’occuper de ce qui ne nous concerne pas ». Il y a loin pourtant entre exiger un traitement digne pour les femmes et la curiosité malsaine : la première est notre honneur, la seconde – dont parle la recommandation prophétique – notre indignité. On trouve encore toutes sortes de restrictions comme l’interdiction « islamique » de travailler, de s’engager socialement, de parler en public ou encore de faire de la politique. Et que n’a-t-on pas entendu sur l’impossible « mixité » ! Certes, on a parfois affirmé et cautionné ces pratiques dans les pays d’origine et on trouvera bien sûr des ulémas des courants traditionalistes ou littéralistes (que nous avons présentés plus haut) affirmant que tels sont les enseignements islamiques ; il demeure pourtant qu’un retour aux sources scripturaires afin d’évaluer ces pratiques et opérer une nette différence entre des pratiques culturellement fondées et les principes islamiques est impératif. En verra que la marge interprétative est grande et que certains en ont sciemment ou non réduit les limites.
Il faut même aller plus loin. L’influence culturelle ne se trouve pas seulement en aval de l’extraction des règles, à savoir dans leur seule mise en application. Une lecture attentive des travaux des spécialistes des fondements du droit et de la jurisprudence (usûl al-fiqh) et du fiqh lui-même sont eux-mêmes baignés dans un espace culturel et une société qui influence leur propre démarche. Impossible, pour eux comme pour tout être humain, de s’abstraire totalement de son environnement social et humain : d’une façon ou d’une autre ceux-ci façonnent notre intelligence et notre regard sur le monde. Dire que seules les sources scripturaires sont la référence, cela veut dire qu’il faut se donner le droit d’étudier et de questionner les lectures produites par les savants classiques afin de savoir si oui ou non il existe une marge d’interprétation que notre nouveau contexte nous aurait fait découvrir. Etre en accord avec nos principes islamiques dans ces domaines, c’est accepter d’aller au bout de cette étude fondamentale. On ne peut pas faire dire aux textes n’importe quoi (et c’est en cela qu’il existe un cadre normatif de lecture) mais ce que le texte permet de dire, il faut pouvoir le dire même si cela bouscule nos vieilles habitudes culturelles.
C’est à cela qu’il faut s’engager en ce qui concerne la question de la femme musulmane. Leur accès aux études et le renouveau de leur engagement est en train de leur permettre d’étudier plus profondément les sources islamiques et de s’engager dans une réflexion profonde qui questionne les vieilles évidences nées de pratiques culturelles ancestrales. Il ne s’agit néanmoins pas d’un processus qui mettrait en opposition les femmes contre l’oppression des hommes. Dans la réalité c’est une autre dynamique que l’on observe : des savants, des intellectuels et des femmes, ensemble sont en train de donner naissance à un mouvement de libération de la femme dans et par l’islam lui-même. S’éloignant des interprétations les plus restrictives, c’est au nom de l’islam lui-même qu’elles revendiquent, avec de nombreux hommes, leur opposition aux pratiques culturelles discriminatoires, au caractère faussement islamiques de certaines pratiques, à la violence conjugale, au nom respect du droit des femmes en matière de divorce, de biens, de parenté, etc. Lorsque nous avons pour la première fois nommé ce mouvement « féminisme islamique », beaucoup de musulmans nous l’ont reproché et certains de nos interlocuteurs non musulmans n’étaient pas convaincu : une étude de terrain, aux Etats-Unis comme en Europe, comme d’ailleurs dans le monde musulman de l’Afrique à l’Asie en passant par le Moyen-Orient et l’Iran, un mouvement est en marche qui exprime clairement le renouveau de la place de la femme dans les sociétés islamiques et une libération qui revendique sa totale fidélité aux principes de l’islam.
Ce que nous observons concrètement en Occident en terme de réforme (et qui aura nécessairement des incidences sur le monde musulman) tourne autour de trois axes essentiels. Le premier tient à la conception de la femme elle-même : si jusqu’alors la majorité des travaux classiques se concentraient sur les fonctions de la femme en tant que « enfant », « épouse » ou « mère », il s’agit désormais de parler de la femme en tant que « femme ». Ce déplacement d’angle n’est pas un détail : c’est bien un transformation de la conception de la femme qui se joue dans la révision de notre façon d’en parler. Désormais, on s’intéresse à son être, sa psychologie et sa spiritualité et on lit le Coran avec ce nouveau regard. Nous sommes loin encore d’être allé au bout des travaux en ce sens, mais nombreux sont les hommes et les femmes qui travaillent en ce sens aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Espagne pour ne citer que quelques pays. Il faut noter également le rôle influent de nombreuses femmes converties qui, souvent rigoureuses dans leur maîtrise des instruments juridiques, questionnent judicieusement l’héritage légal musulman auquel se sont mêlés subrepticement de nombreux traits arabes ou asiatiques . Dans le prolongement de ce travail, on en vient à discuter des droits de la femme, de la gestion du couple (autrement qu’en terme de confrontation sur la base des droits et des devoirs respectifs des époux), de son engagement social et de sa participation aux débats académiques comme politiques
Le second axe de la réforme en cours est la conséquence directe de ce que nous venons de présenter puisqu’il s’agit de l’émergence d’un discours nouveau, fortement ancré dans les sources islamiques mais ouvrant des perspectives nouvelles pour les femmes. Ce qui est nouveau surtout, c’est que ce discours est de plus en plus porté par les femmes elles-mêmes qui étudient, s’expriment et de plus en plus enseignent. Elles s’affichent musulmanes critiquent les interprétations erronées et utilisent les marges interprétatives offertes par les textes, les avis des ulémas de la tradition réformiste et construisent un discours sur la femme musulmane qui les invitent à une fidélité active, intelligente et juste : une fidélité islamique qui libère devant Dieu et qui ne les soumet pas aux imageries machistes ni de l’Orient ni d’ailleurs de l’Occident.
Le dernier axe est quant à lui la conséquence des deux autres puisqu’il s’agit d’une reconnaissance de la nécessaire visibilité des femmes. Leur présence dans les mosquées, aux conférences ou aux séminaires, dans les organisations islamiques, dans l’espace public, à l’université, sur les lieux de travail est devenue de plus en plus massive et cette visibilité est une revendication claire de leurs droits autant à être, à être là et à s’exprimer. Beaucoup de femmes d’ailleurs affichent en Occident leur droit à être respectées dans leur pratique en portant le foulard ou en exprimant les marques visibles de la pudeur par laquelle elles désirent être approchées : leur fidélité aux prescriptions islamiques ne les empêchent d’ailleurs pas d’adopter un goût tout à fait occidental quant à leur tenue vestimentaire, son style ou ses couleurs. Engagées dans un mouvement dans et par l’islam, elles promeuvent un « féminisme islamique » qui ne signifie pas l’acceptation sans regard critique de toutes les modes et les façons d’être des autres femmes d’Occident. Si elles se battent pour la reconnaissance de leur statut, pour l’égalité, le droit au travail, à l’égalité des salaires, etc. cela ne veut pas dire qu’elles désirent s’éloigner ou oublier des exigences de leur foi. Elles sont musulmanes occidentales, elles respectent les principes de leur religion et les habillent selon le style et le goût de leur culture. Il est intéressant de noter, par ailleurs, que de nombreuses femmes musulmanes, voilées et non voilées, travaillent ensemble dans de nombreuses organisations et ce dans respect des choix de chacune : cette évolution est importante parce qu’elle est un pas important vers l’acceptation des opinions et la promotion d’un dialogue interne grandement nécessaire.
Ce féminisme est en route même si l’on peine en Occident à accepter l’idée qu’une femme musulmane puisse se libérer de l’intérieur même du champ de référence islamique ou encore qu’une femme portant le foulard puisse en une quelconque façon être effectivement libre et libérée. La voix des femmes de plus en plus audibles et leur visibilité devraient à terme changer ces représentations et, espérons-le, proposer un autre modèle de femme occidentale, moderne, libre et toujours profondément musulmane. Ce ne sera pas le modèle classique de la « femme occidentale libre » mais nous avions dit plus haut que ce qui établit la liberté n’est pas la forme particulière que celle-ci peut avoir dans une ère civilisationnelle donné ou pour une population donnée mais l’existence réelle des principes qui la fondent : une conscience autonome qui fait ses choix au nom de ses convictions. Il faudra bien, Occident, respecter cette autre façon d’être libre.
Pour les femmes et les hommes musulmans, il restera à gérer des défis communs de première importance dans les sociétés occidentales et qu’il ne faudra pas, au nom de la seule promotion du féminisme, relativiser ou minimiser. Les hommes comme les femmes doivent se souvenir que les prescriptions islamiques insistent fortement sur la centralité de la famille, sur le rôle des mères comme des pères, sur l’éducation et l’accompagnement des enfants, sur la transmission du savoir et de tout ce dont il a été questions dans les sections précédentes. Vouloir la liberté et les droits, pour les hommes comme pour les femmes, ne peut pas vouloir dire oublier ses responsabilités individuelles, familiales et sociales. Tout porte à croire que sans une vigilance accrue, les citoyens occidentaux de confession musulmane vont, de plus en plus, vivre les mêmes déroutes que certaines des familles de leurs concitoyens : divorces, violences, abandons d’enfants, fractures entre les générations, délaissement des parents âgés, et tout à l’avenant. Nous n’en sommes pas là mais tous les indices statistiques montrent que les familles musulmanes tentent à se normaliser vers le pire. Cet état de fait devrait éveiller leur conscience à la nécessité d’un engagement social réfléchi et conséquent.
Disons encore, en terminant cette section, que l’on doit entendre et comprendre les réticences affichées par certaines musulmanes et musulmans quant à l’appellation « féminisme islamique » pour des raisons historiques (mémoire de la colonisation) ou idéologiques (crainte d’une occidentalisation de la terminologie). Dans les faits, la mobilisation intellectuelle et sociale destinée à promouvoir une nouvelle lecture des sources scripturaires et à déterminer un statut d’autonomie pour la femme est bien de nature « féministe » (en terme de revendication de droits) dans et par l’islam. Ce ne sera d’ailleurs qu’un moment de l’affirmation des femmes et de l’expression du refus des discriminations dans les communautés musulmanes en Orient ou en Occident. Au-delà de ce combat, il faudra promouvoir la « féminité islamique »en englobant tous les aspects de la question : la dignité et l’autonomie de l’être féminin, l’égalité en droit, la complémentarité par nature. Cette féminité islamique devra déterminer une certaine façon d’être, de se sentir femme devant Dieu et parmi les êtres humains : spirituellement, socialement, politiquement, et culturellement. Libres, autonomes et engagées comme l’exigent les Textes et doivent le garantir les sociétés.
http://www.islamlaicite.org/article103.html
Dernière modification par phileas le sam. 21 août 2010 20:38, modifié 1 fois.
- Yi Sun-sin
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Re: Le féminisme islamique
Salut.
Est-ce que tu ne devrais pas rajouter un lien vers la source du texte ?
Sinon, c'est long. Résumé de ce que j'ai compris, en lisant en diagonale : «Moi, je ne veux pas être traité comme une sous-chose, mais je ne veux surtout pas être considérée comme occidentale». Parce que, dans la tête de cette cruche, il n'y a dans le monde que deux forces qui s'affrontent : l'Occident et l'Islam.
C'est risible.
Est-ce que tu ne devrais pas rajouter un lien vers la source du texte ?
Sinon, c'est long. Résumé de ce que j'ai compris, en lisant en diagonale : «Moi, je ne veux pas être traité comme une sous-chose, mais je ne veux surtout pas être considérée comme occidentale». Parce que, dans la tête de cette cruche, il n'y a dans le monde que deux forces qui s'affrontent : l'Occident et l'Islam.
C'est risible.
- phileas
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Re: Le féminisme islamique
Sans problème...Yi Sun-sin a écrit :Salut.
Est-ce que tu ne devrais pas rajouter un lien vers la source du texte ?
Sinon, c'est long. Résumé de ce que j'ai compris, en lisant en diagonale : «Moi, je ne veux pas être traité comme une sous-chose, mais je ne veux surtout pas être considérée comme occidentale». Parce que, dans la tête de cette cruche, il n'y a dans le monde que deux forces qui s'affrontent : l'Occident et l'Islam.
C'est risible.
Sinon, on retrouve en effet des accents identitaires musulmans...En fait plus je m'informe plus mon impression se renforce...
- phileas
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Re: Le féminisme islamique
Féministes et musulmanes
Le féminisme musulman, un paradoxe ? Une réalité ? à l’heure où le mouvement féministe traditionnel perd du terrain, des féministes musulmanes s’affirment dans différents pays en s’appuyant sur une relecture de l’islam. Ce travail inaugure, peut-être, la promotion de valeurs communes entre la civilisation arabo-musulmane et celle occidentale.
Imaginez une femme, convertie à l’islam, portant un voile et dirigeant la prière du vendredi dans une mosquée, devant une assemblée mixte. Dans son prêche, elle rappellerait que le Coran considère les hommes et les femmes comme des êtres égaux, que la femme musulmane doit surmonter le conflit entre la cellule familiale et son autonomie propre, que la famille ne doit pas être tout pour elle et que les hommes et les femmes sont coresponsables de leur famille. Incroyable… mais vrai. Amina Wadud, professeure d’études islamiques à l’université du Commonwealth de Virginie, une des figures majeures du féminisme islamique, l’a fait à New York en 2005.
Musulmanes modernes, féministes islamiques, elles sont de plus en plus nombreuses, d’Iran au Nigeria, du Maroc au Canada… à vouloir montrer un autre visage des femmes musulmanes. Des femmes instruites, ni recluses, ni formatées dans le « modèle unique » de la femme occidentale « libérée » et athée. Autant dire que ces femmes mènent un combat difficile.
Prises entre deux feux, entre les fondamentalistes islamistes et ceux hostiles à l’islam, les féministes musulmanes prennent tout de même de la voix. Un premier colloque sur le féminisme musulman a été organisé à Barcelone en octobre 2005, pour débattre du besoin d’un islam libérateur, pluraliste, égalitaire et émancipateur. Les 18 et 19 septembre derniers, une conférence réunissant des militantes et des chercheuses venues du monde entier s’est tenue à Paris, à l’Unesco. En novembre 2006, La « Junta islamica Catalan » a organisé un second colloque à Barcelone…
Etre féministe et musulmane, qu’est-ce à dire aujourd’hui ? Valentine Moghadam, sociologue et organisatrice du récent colloque de l’Unesco, distingue féminisme musulman («muslim feminism ») et féminisme islamique («islamic feminism »). « Pour promouvoir les droits des femmes, le féminisme musulman se réfère autant aux conventions internationales qu’aux arguments religieux.Quant au féminisme islamique, il participe avant tout d’un débat théologique. C’est une pratique et un discours de réinterprétation de l’islam, proche du réformisme islamique »,Valentine résume Moghadam (cf interview).
Ces féministes islamiques revisitent donc le Coran et l’histoire de l’islam pour défendre l’égalité des sexes et les droits des femmes. Selon les nouvelles penseuses de l’islam – des universitaires et des théologiennes, telles que la Marocaine Fatema Mernissi, l’Afro-Américaine Amina Wadud ou encore la Pakistanaise Riffat Hassan – c’est la lecture traditionnelle machiste du Coran et la mise à l’écart des femmes des espaces religieux, publiques et démocratiques qui a sacralisé l’idée de la supériorité de l’homme.
Relecture des sources
Pour appuyer leurs argumentations, ces féministes s’engagent activement dans l’ijtihad (l’examen indépendant des sources religieuses) en utilisant des méthodes et outils de la linguistique, de l’histoire, de l’analyse littéraire, de la sociologie, de l’anthropologie… Elles invitent à cesser de prendre le texte sacré au pied de la lettre et à le resituer dans son contexte historique.
« En dévoilant une histoire cachée et en relisant les sources textuelles, elles prouvent que les inégalités ancrées dans la loi islamique ne sont pas des manifestations de la volonté divine, mais bien des constructions humaines », soutient Ziba Mir-Hosseini, sociologue iranienne.
En suivant cette relecture, la polygamie, les répudiations, etc, n’ont plus aucune raison d’être, puisque ces droits ne leur ont pas été accordés par Dieu, mais par des juristes musulmans en des temps anciens.
C’est en s’appuyant sur ce genre d’arguments que les féministes musulmanes, militant en terre d’islam, sont arrivés à défendre le droit des femmes. La théologienne Amina Wadud s’est par exemple engagée avec l’association malaisienne Sisters in islam, fondée en 1988, pour obtenir une réforme du code de la famille et que la charia soit en harmonie avec le droit civil et constitutionnel du pays, et non l’inverse.
De la même façon, l’association nigériane Baobab for Women, créée en 1996, a été soutenue par des défenseurs des droits humains, des avocats et des féministes islamiques pour obtenir l’acquittement de deux musulmanes accusées d’adultère au nord du Nigeria et condamnées à mort par lapidation.
Revendications diverses
Même s’il reste minoritaire au sein de l’islam, ce mouvement de féministes musulmanes et islamiques se propage à l’échelle mondiale aujourd’hui, grâce au web, la « galaxie islamique digitale » pour reprendre l’expression de Fatema Mernissi.
Peut-on pour autant décerner des revendications communes ? Probablement pas. Si toutes ces femmes musulmanes s’inspirent du texte sacré pour revendiquer une autre place au sein de la société et se défendre de l’interprétation patriarcale de l’islam, elles évoluent dans des pays extrêmement différents et les enjeux de leur lutte ne se ressemblent pas.
Dans les pays musulmans, il s’agit de faire évoluer la législation. Dans les sociétés occidentales, les féministes musulmanes suivent un autre chemin. Le retour aux textes sert aussi à combattre l’islamophobie. Cet enjeu identitaire n’est pas sans poser problème, notamment en France où il conduit parfois à un nouvel enfermement sur les textes interprétés de façon littérale, bien loin de l’ijtihad (examen indépendant des textes) revendiqué par le féminisme islamique ailleurs dans le monde. « Oublier que toute interprétation du texte provient toujours d’une expérience humaine, empêche d’admettre que la compréhension du Coran dépend toujours du contexte historique. Au lieu de cela, nous avons sacralisé notre histoire et notre compréhension de l’islam » regrette la sociologue Dounia Bouzar, auteure de Monsieur islam n’existe pas.
Nouveau dogmatisme ?
C’est cet écueil qu’auront à éviter les mouvements féministes musulmans en France : ne pas se figer dans un nouveau dogmatisme où la vérité, si féministe soit-elle, serait unique. L’exercice n’est pas facile : « Le débat public français nous pousse constamment dans cette contradiction en nous demandant “ce que dit l’islam”», fait remarquer la sociologue.
L’évolution du mouvement en France sera probablement déterminée par cette question de la relation aux textes. Se laissera-t-il enfermé dans un nouveau dogmatisme ? Déjà, la réflexion d’une Fatema Mernissi est réfutée par certaines, sous prétexte qu’elle n’est pas voilée, celle d’une Amina Wadud remise en cause parce qu’elle a dirigé la prière devant une assemblée mixte. La définition de ce qu’est une « vraie musulmane » (re) pointe déjà son nez…
Pour sortir de cette impasse, certains mouvements féministes que le « combat » sur le voile n’a pas totalement divisés proposent des voies en élaborant des projets passerelles. Elles refusent de céder à la division et réfléchissent ensemble, femmes croyantes ou athées, voilées ou non, sur ce qui demeure les questions essentielles pour les femmes aujourd’hui. « Nous sommes dans une démarche féministe, avec des musulmanes notamment, explique Monique Crinon du collectif féministe pour l’égalité (CFPE). Nous travaillons sur la question de l’avortement, la contraception, les rapports filles-garçons… Nous menons une réflexion sur l’essence du voile et aussi un travail de réappropriation de la mémoire des luttes dans les pays musulmans. »
Le féminisme musulman saura-t-il éviter une crispation identitaire pour relever le défi d’un combat ambitieux sur deux fronts ? A savoir lutter à la fois contre la radicalisation de l’islam et contre l’islamophobie de la société occidentale. Pour l’instant, rien ne permet de l’affirmer. Mais une chose est sûre : il a déjà permis de bousculer quelques certitudes.
1er novembre 2006 - Sabrina Kassa et Taina Ternoven
http://www.regards.fr/article/?id=2439&q=category:1188
Le féminisme musulman, un paradoxe ? Une réalité ? à l’heure où le mouvement féministe traditionnel perd du terrain, des féministes musulmanes s’affirment dans différents pays en s’appuyant sur une relecture de l’islam. Ce travail inaugure, peut-être, la promotion de valeurs communes entre la civilisation arabo-musulmane et celle occidentale.
Imaginez une femme, convertie à l’islam, portant un voile et dirigeant la prière du vendredi dans une mosquée, devant une assemblée mixte. Dans son prêche, elle rappellerait que le Coran considère les hommes et les femmes comme des êtres égaux, que la femme musulmane doit surmonter le conflit entre la cellule familiale et son autonomie propre, que la famille ne doit pas être tout pour elle et que les hommes et les femmes sont coresponsables de leur famille. Incroyable… mais vrai. Amina Wadud, professeure d’études islamiques à l’université du Commonwealth de Virginie, une des figures majeures du féminisme islamique, l’a fait à New York en 2005.
Musulmanes modernes, féministes islamiques, elles sont de plus en plus nombreuses, d’Iran au Nigeria, du Maroc au Canada… à vouloir montrer un autre visage des femmes musulmanes. Des femmes instruites, ni recluses, ni formatées dans le « modèle unique » de la femme occidentale « libérée » et athée. Autant dire que ces femmes mènent un combat difficile.
Prises entre deux feux, entre les fondamentalistes islamistes et ceux hostiles à l’islam, les féministes musulmanes prennent tout de même de la voix. Un premier colloque sur le féminisme musulman a été organisé à Barcelone en octobre 2005, pour débattre du besoin d’un islam libérateur, pluraliste, égalitaire et émancipateur. Les 18 et 19 septembre derniers, une conférence réunissant des militantes et des chercheuses venues du monde entier s’est tenue à Paris, à l’Unesco. En novembre 2006, La « Junta islamica Catalan » a organisé un second colloque à Barcelone…
Etre féministe et musulmane, qu’est-ce à dire aujourd’hui ? Valentine Moghadam, sociologue et organisatrice du récent colloque de l’Unesco, distingue féminisme musulman («muslim feminism ») et féminisme islamique («islamic feminism »). « Pour promouvoir les droits des femmes, le féminisme musulman se réfère autant aux conventions internationales qu’aux arguments religieux.Quant au féminisme islamique, il participe avant tout d’un débat théologique. C’est une pratique et un discours de réinterprétation de l’islam, proche du réformisme islamique »,Valentine résume Moghadam (cf interview).
Ces féministes islamiques revisitent donc le Coran et l’histoire de l’islam pour défendre l’égalité des sexes et les droits des femmes. Selon les nouvelles penseuses de l’islam – des universitaires et des théologiennes, telles que la Marocaine Fatema Mernissi, l’Afro-Américaine Amina Wadud ou encore la Pakistanaise Riffat Hassan – c’est la lecture traditionnelle machiste du Coran et la mise à l’écart des femmes des espaces religieux, publiques et démocratiques qui a sacralisé l’idée de la supériorité de l’homme.
Relecture des sources
Pour appuyer leurs argumentations, ces féministes s’engagent activement dans l’ijtihad (l’examen indépendant des sources religieuses) en utilisant des méthodes et outils de la linguistique, de l’histoire, de l’analyse littéraire, de la sociologie, de l’anthropologie… Elles invitent à cesser de prendre le texte sacré au pied de la lettre et à le resituer dans son contexte historique.
« En dévoilant une histoire cachée et en relisant les sources textuelles, elles prouvent que les inégalités ancrées dans la loi islamique ne sont pas des manifestations de la volonté divine, mais bien des constructions humaines », soutient Ziba Mir-Hosseini, sociologue iranienne.
En suivant cette relecture, la polygamie, les répudiations, etc, n’ont plus aucune raison d’être, puisque ces droits ne leur ont pas été accordés par Dieu, mais par des juristes musulmans en des temps anciens.
C’est en s’appuyant sur ce genre d’arguments que les féministes musulmanes, militant en terre d’islam, sont arrivés à défendre le droit des femmes. La théologienne Amina Wadud s’est par exemple engagée avec l’association malaisienne Sisters in islam, fondée en 1988, pour obtenir une réforme du code de la famille et que la charia soit en harmonie avec le droit civil et constitutionnel du pays, et non l’inverse.
De la même façon, l’association nigériane Baobab for Women, créée en 1996, a été soutenue par des défenseurs des droits humains, des avocats et des féministes islamiques pour obtenir l’acquittement de deux musulmanes accusées d’adultère au nord du Nigeria et condamnées à mort par lapidation.
Revendications diverses
Même s’il reste minoritaire au sein de l’islam, ce mouvement de féministes musulmanes et islamiques se propage à l’échelle mondiale aujourd’hui, grâce au web, la « galaxie islamique digitale » pour reprendre l’expression de Fatema Mernissi.
Peut-on pour autant décerner des revendications communes ? Probablement pas. Si toutes ces femmes musulmanes s’inspirent du texte sacré pour revendiquer une autre place au sein de la société et se défendre de l’interprétation patriarcale de l’islam, elles évoluent dans des pays extrêmement différents et les enjeux de leur lutte ne se ressemblent pas.
Dans les pays musulmans, il s’agit de faire évoluer la législation. Dans les sociétés occidentales, les féministes musulmanes suivent un autre chemin. Le retour aux textes sert aussi à combattre l’islamophobie. Cet enjeu identitaire n’est pas sans poser problème, notamment en France où il conduit parfois à un nouvel enfermement sur les textes interprétés de façon littérale, bien loin de l’ijtihad (examen indépendant des textes) revendiqué par le féminisme islamique ailleurs dans le monde. « Oublier que toute interprétation du texte provient toujours d’une expérience humaine, empêche d’admettre que la compréhension du Coran dépend toujours du contexte historique. Au lieu de cela, nous avons sacralisé notre histoire et notre compréhension de l’islam » regrette la sociologue Dounia Bouzar, auteure de Monsieur islam n’existe pas.
Nouveau dogmatisme ?
C’est cet écueil qu’auront à éviter les mouvements féministes musulmans en France : ne pas se figer dans un nouveau dogmatisme où la vérité, si féministe soit-elle, serait unique. L’exercice n’est pas facile : « Le débat public français nous pousse constamment dans cette contradiction en nous demandant “ce que dit l’islam”», fait remarquer la sociologue.
L’évolution du mouvement en France sera probablement déterminée par cette question de la relation aux textes. Se laissera-t-il enfermé dans un nouveau dogmatisme ? Déjà, la réflexion d’une Fatema Mernissi est réfutée par certaines, sous prétexte qu’elle n’est pas voilée, celle d’une Amina Wadud remise en cause parce qu’elle a dirigé la prière devant une assemblée mixte. La définition de ce qu’est une « vraie musulmane » (re) pointe déjà son nez…
Pour sortir de cette impasse, certains mouvements féministes que le « combat » sur le voile n’a pas totalement divisés proposent des voies en élaborant des projets passerelles. Elles refusent de céder à la division et réfléchissent ensemble, femmes croyantes ou athées, voilées ou non, sur ce qui demeure les questions essentielles pour les femmes aujourd’hui. « Nous sommes dans une démarche féministe, avec des musulmanes notamment, explique Monique Crinon du collectif féministe pour l’égalité (CFPE). Nous travaillons sur la question de l’avortement, la contraception, les rapports filles-garçons… Nous menons une réflexion sur l’essence du voile et aussi un travail de réappropriation de la mémoire des luttes dans les pays musulmans. »
Le féminisme musulman saura-t-il éviter une crispation identitaire pour relever le défi d’un combat ambitieux sur deux fronts ? A savoir lutter à la fois contre la radicalisation de l’islam et contre l’islamophobie de la société occidentale. Pour l’instant, rien ne permet de l’affirmer. Mais une chose est sûre : il a déjà permis de bousculer quelques certitudes.
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http://www.regards.fr/article/?id=2439&q=category:1188
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Re: Le féminisme islamique
je cite: "un mouvement est en marche qui exprime clairement le renouveau de la place de la femme dans les sociétés islamiques et une libération qui revendique sa totale fidélité aux principes de l’islam."
n'importe quoi!, quelle tentative de récup.!
les principes de l'islam sont une insulte à la femme! il y a une analyse assez poussée la dessus( http://islamla.com/coran-est-une-insult ... t4847.html)
n'importe quoi!, quelle tentative de récup.!
les principes de l'islam sont une insulte à la femme! il y a une analyse assez poussée la dessus( http://islamla.com/coran-est-une-insult ... t4847.html)
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Re: Le féminisme islamique
L'islam est foncièrement misogyne, il y a une dizaine de hadiths qui traite la femme comme si c'était une truie.
Une musulmane féministe est obligée de les rejeter. Même le coran dit texto que la femme est inférieure à l'homme
qu'on peut épouser jusque à 4 femmes. Seule une femme agnostique ou athée peut être féministe en pays islamique.
Le féminisme de TR est ridicule. Sa femme sort voilée. Et dans ces conférences on sépare les femmes des hommes.
Une musulmane féministe est obligée de les rejeter. Même le coran dit texto que la femme est inférieure à l'homme
qu'on peut épouser jusque à 4 femmes. Seule une femme agnostique ou athée peut être féministe en pays islamique.
Le féminisme de TR est ridicule. Sa femme sort voilée. Et dans ces conférences on sépare les femmes des hommes.
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Re: Le féminisme islamique
SORRY POUR LE LONG POST
En effet, ce genre de féminisme peut être très ambiguë, tout comme peut l'être le féminisme chrétien, surtout un féminisme chrétien de la veine fondamentaliste.
D'une part, il est vrai que les combats féministes diffèrent, et doivent l'être, selon la culture et la religion auxquelles on appartient, et surtout des idéaux que l'on adopte : une féministe de gauche à un point de vue différent sur les rapports de genres qu'une féministe de droite ou une féministe écologiste, une féministe identitaire/essentialiste est à l'extrême opposée d'une adhérente au courant des gender studies, une chrétienne féministe ne voit pas les rapports famille-état de la même manière qu'une féministe hédoniste-anarchiste qui elle-même peut être en désaccord avec les affirmations de certaines féministes radicales etc. Ainsi, même si l'objet du combat est le même, à savoir une certaine amélioration de la "condition des femmes" (je mets entre-guillemets), leurs objectifs peuvent différer largement, à tel point que certains mouvements peuvent ainsi paraître antiféministes selon certains points de vue (comme le fait de ne pas remettre en cause certains points que d'autres féministes considèrent comme reliques du patriarcat, et donc à combattre/abolir/changer, e.g., la sacralisation du statut de la mère chez certaines bouches).
Toutes les cultures ne partent pas de conditions égales, et se développent donc différemment. Ce qui a pour conséquence que le progrès de ces cultures doivent trouver des méthodes différentes pour avancer, et ce, même si le but est le même que celui d'une autre culture. D'ailleurs, les mouvements féministes "mainstream" en Occident oublient souvent que les femmes d'origine immigrée ou immigrées subissent aussi une variable supplémentaire dans leur oppression qui est le racisme ou discrimination raciale et/ou culturelle. Cela me fait penser à un débat mis par écrit entre une féministe et une femme afro-américaine, qui prétend que "l'identité féminine" (hum) devrait les rapprocher plus que les différences raciales, ce avec quoi la femme afro-américaine n'était pas d'accord avec : elle se sentait afro-américaine avant d'être femme. Il en serait ainsi de même concernant les identités religieuses.
Et je dois avouer que j'ai souvent du mal à comprendre comment une femme peut défendre en même temps le féminisme, et une religion qui possède des racines patriarcales et qui reste encore du moins phallocratre. Puis, je crois avoir saisi une chose : ces genres de femmes utilisent un de leurs maîtres (leur religion) contre l'oppression des hommes (le mâle, cet autre maître). En gros, elles ne font que retourner l'arme contre leurs oppresseurs. C'est aussi l'avantage d'avoir deux maîtres qui peuvent parfois rentrer en désaccord : on utilise l'un contre l'autre pour avoir l'espace de liberté souhaité (c'est la même chose avec les parents d'autorités presque égales (ce qui est possible en Occident aujourd'hui), et certains enfants le savent très bien). D'où peut-être l'explication pour laquelle ces femmes veulent porter le voile, alors que le voile est, selon Mohamed KACINI, un symbole de la domination masculine sur les femmes.
(D'où aussi le fait qu'en Occident encore, certaines femmes utilisent des arguments sexistes à rebours pour justifier le féminisme (ex : la guerre, la violence (voire représente le mal) a surtout été le fait des hommes, les femmes sont douces, sensibles, vecteurs de paix et de développement humain etc. (voire représente le bien). Bref, tout un discours mièvre et stupide rempli de clichés et sont contraire à la perspective individualiste de l'être humain (les Droits de l'Homme notamment), qu'il soit homme ou femme. Ces femmes doivent plutôt se souvenir de la citation de Balzac le misogyne (pour être gentille) : “La femme est une propriété qu’on acquiert par contrat. Elle n’est à proprement parler qu’une annexe de l’homme. C’est une esclave qu’il faut savoir mettre sur un trône. “ Bref, faut la mettre sur un piédestal, comme l'islam le fait si bien, si on veut la dominer. Je ferme la parenthèse.)
Dans les versions fondamentalistes, les féminismes chrétiens ou islamiques ne peuvent qu'être tout d'abord chrétien fondamentaliste ou islamistes, et si l'on est ni l'un ni l'autre, ce serait dur de soutenir de tels mouvement, sauf si l'on fait preuve d'un relativisme extrémiste vide de sens pour dire que par exemple tous les féminismes se valent.
Pour les versions plus modérés, je reste sur un point d'interrogation, mais si cela permet d'améliorer les conditions des femmes et les rapports des genres, je ne vois pas ce qu'il y a de mal là-dedans.
Je peux concevoir que tout n'est pas noir et blanc, et que, même si les églises était phallocrate, machiste, voire misogyne envers les femmes, ces dernières se sont servis de la religion pour s'émanciper, je reste malgré tout sceptique vis-à-vis du féminisme islamique (que je distingue du féminisme musulmans et des musulman(e)s féministes) tout comme vis-à-vis du féminisme chrétien (différente des chrétien(ne)s féministes) ou je ne sais quoi d'autre, de tels féminismes qui peuvent mener à des dérives identitaires et qui, de toute manière, vont dans des sens contraires à ma vision du monde actuelle et à mes idéaux.
------------------------------------------------------------------
A propos, j'avais téléchargé il y a deux ans le texte suivant :
Existe-t-il un féminisme musulman?
C'est dommage qu'il soit payant aujourd'hui, car j'ai lu ainsi les raisons pour lesquelles ces femmes deviennent féministes musulmanes ou féministes islamiques. Comme les discours d'Amina Wahud par exemple dont je vous donne un extrait :
En effet, ce genre de féminisme peut être très ambiguë, tout comme peut l'être le féminisme chrétien, surtout un féminisme chrétien de la veine fondamentaliste.
D'une part, il est vrai que les combats féministes diffèrent, et doivent l'être, selon la culture et la religion auxquelles on appartient, et surtout des idéaux que l'on adopte : une féministe de gauche à un point de vue différent sur les rapports de genres qu'une féministe de droite ou une féministe écologiste, une féministe identitaire/essentialiste est à l'extrême opposée d'une adhérente au courant des gender studies, une chrétienne féministe ne voit pas les rapports famille-état de la même manière qu'une féministe hédoniste-anarchiste qui elle-même peut être en désaccord avec les affirmations de certaines féministes radicales etc. Ainsi, même si l'objet du combat est le même, à savoir une certaine amélioration de la "condition des femmes" (je mets entre-guillemets), leurs objectifs peuvent différer largement, à tel point que certains mouvements peuvent ainsi paraître antiféministes selon certains points de vue (comme le fait de ne pas remettre en cause certains points que d'autres féministes considèrent comme reliques du patriarcat, et donc à combattre/abolir/changer, e.g., la sacralisation du statut de la mère chez certaines bouches).
Toutes les cultures ne partent pas de conditions égales, et se développent donc différemment. Ce qui a pour conséquence que le progrès de ces cultures doivent trouver des méthodes différentes pour avancer, et ce, même si le but est le même que celui d'une autre culture. D'ailleurs, les mouvements féministes "mainstream" en Occident oublient souvent que les femmes d'origine immigrée ou immigrées subissent aussi une variable supplémentaire dans leur oppression qui est le racisme ou discrimination raciale et/ou culturelle. Cela me fait penser à un débat mis par écrit entre une féministe et une femme afro-américaine, qui prétend que "l'identité féminine" (hum) devrait les rapprocher plus que les différences raciales, ce avec quoi la femme afro-américaine n'était pas d'accord avec : elle se sentait afro-américaine avant d'être femme. Il en serait ainsi de même concernant les identités religieuses.
Et je dois avouer que j'ai souvent du mal à comprendre comment une femme peut défendre en même temps le féminisme, et une religion qui possède des racines patriarcales et qui reste encore du moins phallocratre. Puis, je crois avoir saisi une chose : ces genres de femmes utilisent un de leurs maîtres (leur religion) contre l'oppression des hommes (le mâle, cet autre maître). En gros, elles ne font que retourner l'arme contre leurs oppresseurs. C'est aussi l'avantage d'avoir deux maîtres qui peuvent parfois rentrer en désaccord : on utilise l'un contre l'autre pour avoir l'espace de liberté souhaité (c'est la même chose avec les parents d'autorités presque égales (ce qui est possible en Occident aujourd'hui), et certains enfants le savent très bien). D'où peut-être l'explication pour laquelle ces femmes veulent porter le voile, alors que le voile est, selon Mohamed KACINI, un symbole de la domination masculine sur les femmes.
(D'où aussi le fait qu'en Occident encore, certaines femmes utilisent des arguments sexistes à rebours pour justifier le féminisme (ex : la guerre, la violence (voire représente le mal) a surtout été le fait des hommes, les femmes sont douces, sensibles, vecteurs de paix et de développement humain etc. (voire représente le bien). Bref, tout un discours mièvre et stupide rempli de clichés et sont contraire à la perspective individualiste de l'être humain (les Droits de l'Homme notamment), qu'il soit homme ou femme. Ces femmes doivent plutôt se souvenir de la citation de Balzac le misogyne (pour être gentille) : “La femme est une propriété qu’on acquiert par contrat. Elle n’est à proprement parler qu’une annexe de l’homme. C’est une esclave qu’il faut savoir mettre sur un trône. “ Bref, faut la mettre sur un piédestal, comme l'islam le fait si bien, si on veut la dominer. Je ferme la parenthèse.)
Dans les versions fondamentalistes, les féminismes chrétiens ou islamiques ne peuvent qu'être tout d'abord chrétien fondamentaliste ou islamistes, et si l'on est ni l'un ni l'autre, ce serait dur de soutenir de tels mouvement, sauf si l'on fait preuve d'un relativisme extrémiste vide de sens pour dire que par exemple tous les féminismes se valent.
Pour les versions plus modérés, je reste sur un point d'interrogation, mais si cela permet d'améliorer les conditions des femmes et les rapports des genres, je ne vois pas ce qu'il y a de mal là-dedans.
Je peux concevoir que tout n'est pas noir et blanc, et que, même si les églises était phallocrate, machiste, voire misogyne envers les femmes, ces dernières se sont servis de la religion pour s'émanciper, je reste malgré tout sceptique vis-à-vis du féminisme islamique (que je distingue du féminisme musulmans et des musulman(e)s féministes) tout comme vis-à-vis du féminisme chrétien (différente des chrétien(ne)s féministes) ou je ne sais quoi d'autre, de tels féminismes qui peuvent mener à des dérives identitaires et qui, de toute manière, vont dans des sens contraires à ma vision du monde actuelle et à mes idéaux.
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A propos, j'avais téléchargé il y a deux ans le texte suivant :
Existe-t-il un féminisme musulman?
C'est dommage qu'il soit payant aujourd'hui, car j'ai lu ainsi les raisons pour lesquelles ces femmes deviennent féministes musulmanes ou féministes islamiques. Comme les discours d'Amina Wahud par exemple dont je vous donne un extrait :
Je n'aime pas sa qualification de "djihad des genres". Le concept de soumission en islam me semble toujours ambigu. umain = agents ou khalifah de Dieu sur terre. Je vois mal comment une tel khalifah pourrait se passer de hiérarchie entre les genres.Amina Wahud : Pour un djihad des genres a écrit : En quoi le féminisme islamique est–il « islamique » et en quoi est–il « féministe » ?
L’islam est issu d’un héritage intellectuel qui s’est développé, parfois de manière cohérente et systématique, au cours des quatorze derniers siècles et, parfois, de manière contradictoire non seulement au cours des générations précédentes mais également au sein d’une même génération. Comprendre l’islam est particulièrement difficile pour la génération actuelle, dans la mesure où celui–ci est caractérisé par de grandes contradictions dans son développement, son expression et ses pratiques. La génération actuelle est également confrontée à la politisation généralisée de l’islam, exacerbée par la diversité et la lourde influence des concepts occidentaux de mondialisation, de militarisme et d’économie. Il en résulte une telle diabolisation de l’islam que l’étude profonde et la compréhension sont reléguées au second plan au profit d’une approche sensationnaliste. La pluralité et la diversité sont largement admises de nos jours et les contradictions
au sein du monde musulman ne sont pas une surprise, mais la montée de l’extrémisme, de l’exclusion, de l’intolérance
et de la violence au nom de l’islam a créé la nécessité d’une réflexion critique sur la nature et la pratique de ce que
l’on considère être l’islam.
Dans mon nouveau livre Inside the Gender Jihad (Pour un djihad des genres)1, j’attire l’attention sur les choix politiques qu’implique la définition même du terme « islam ». Celui–ci recouvre toutes les significations que chacun veut bien lui donner. En Occident, y compris ici en France, comme aux Etats–Unis, il est synonyme de terrorisme. Il importe peu à certains que cette grossière généralisation soit fondée de toute évidence sur des actions perpétrées par une infime partie du milliard et demi de musulmans répartis dans le monde. Si je condamne la violence, même d’un seul individu, je ne peux non plus accepter de réduire toute l’histoire musulmane et toute la contribution culturelle des musulmans à ceux qui, parmi nous, pourraient pratiquer la violence, notamment au nom de leur vision de la religion. Ceux–là le font parce qu’ils ont, eux aussi, une vision réductrice de l’islam.
Ma conception de l’islam a évolué et je le considère aujourd’hui comme une soumission engagée à la volonté de Dieu. Ici,
la volonté de Dieu est ce qui amène l’harmonie dans toute la création. La volonté de Dieu est la totalité de la réalité cosmique et Dieu a donné aux êtres humains dotés du libre arbitre la faculté de préserver ou de détruire cette harmonie qui se reflète partout dans l’univers connu. La soumission engagée est la conscience de vivre dans cette harmonie en se soumettant au grand ordre cosmique. Si l’on s’en tient à cette définition de l’islam, beaucoup de prétendus musulmans n’acceptent pas la soumission et ceux qui ne se soucient guère de la dimension historique et culturelle de l’islam peuvent être plus musulmans que d’autres nés ou éduqués dans des cultures considérées comme musulmanes. Selon cette définition de l’islam, on ne nait pas musulman, on le devient. Cette soumission doit être un acte pleinement consenti et réfléchi, un engagement, sinon il ne peut exister d’adéquation entre ce qui existe au nom de l’islam et le grand ordre cosmique ordonné par Dieu, seigneur de tous les mondes, manifeste ou caché, connu ou inconnu. Par conséquent, le féminisme islamique ne peut être « islamique » que s’il agit pour faire régner l’harmonie, notamment entre tous
les membres de la création humaine, hommes ou femmes, riches ou pauvres, adultes ou enfants, hétérosexuels ou homosexuels, instruits ou ignorants, oppresseurs ou opprimés. L’oppression des sexes est donc contraire à l’islam et il incombe à ceux qui sont conscients de la complexité même de l’existence humaine de créer une réalité vivante qui défie l’oppression des sexes ou toute autre forme d’oppression fondée sur la race, la classe sociale, l’ethnie ou l’orientation sexuelle.
(...)
Quant à savoir ce qu’il y a de féministe dans le féminisme islamique, je commencerai par rappeler cette citation de Simone
de Beauvoir : « Le féminisme est une notion radicale faisant des femmes d’abord des êtres humains. » Pour comprendre ce
que signifie être humain, je remonterai aux premières sources de l’islam, le Coran. Les êtres humains sont des agents ou khalifah de Dieu sur terre. Un khalifah est à la fois un serviteur et un agent de Dieu au service de la grande harmonie cosmique, ou de la volonté d’Allah et, il agit en toute conscience pour renforcer cette harmonie, même s’il doit s’opposer à
des individus auxquels il est attaché par les liens du sang ou du mariage. Tout individu qui cherche à se détourner du service de Dieu pour satisfaire ses propres besoins, appétits, faiblesses et désirs de puissance égocentriques viole sa pleine humanité. Car il est contraint par sa soumission à Dieu de s’incliner uniquement devant ce qui renforce son action comme représentant d’Allah, dans ce monde et dans le prochain.
"L'esprit est comme le bois et la pierre. C'est comme si quelqu'un peignait de sa propre main des dragons et des tigres, et s'effrayait à leur vue."
Traité de Bodhidharma, Mélanges I, L'esprit créateur
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ONG islamique en Haiti
http://www.youtube.com/watch?v=QF-KcdxU ... ded#at=508
Il n'y a pas à dire...Ils ont le sens des priorités...
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Re: ONG islamique en Haiti
Connards. Ils profitent de la misère des gens pour leur faire avaler LEUR merde. Connards.
"Il est un remède pour tout sauf la mort, un espoir pour tout sauf pour la perversité, tout sera détruit sauf la vertu." (Avesta).
"[...]-La sagesse est-elle bonne, ou [bien] le talent, ou [bien] la bonté? L'Esprit de Sagesse répondit ainsi: "La sagesse avec laquelle il n'y a pas de bonté n'est pas à considérer comme de la sagesse; et le talent avec lequel il n'y a pas de sagesse n'est pas à considérer comme du talent."
Menog-i Khrad (L'Esprit de Sagesse), chap. 11.
"[...]-La sagesse est-elle bonne, ou [bien] le talent, ou [bien] la bonté? L'Esprit de Sagesse répondit ainsi: "La sagesse avec laquelle il n'y a pas de bonté n'est pas à considérer comme de la sagesse; et le talent avec lequel il n'y a pas de sagesse n'est pas à considérer comme du talent."
Menog-i Khrad (L'Esprit de Sagesse), chap. 11.
- phileas
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Re: ONG islamique en Haiti
Ce que je trouve surtout déplorable c'est qu'il semble qu'il a paru bien plus important aux yeux de cette "ONG" d'apporter des livres vantant l'islam et de financer la construction d'une mosquée plus grande (sic) que d'aider cette population à sortir de la misère noire dans laquelle elle vit...Elblid a écrit :Connards. Ils profitent de la misère des gens pour leur faire avaler LEUR merde. Connards.
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Re: ONG islamique en Haiti
Il semble quand même n'avoir pas fait que cela...
http://www.youtube.com/watch?v=CbTGW5aW ... ed#at=3140
http://www.youtube.com/watch?v=CbTGW5aW ... ed#at=3140
