La milice du Hezbollah, une menace pour la paix régionale », souligne le Conseil de sécuritéNew York, de notre correspondante aux Nations unies, Sylviane ZEHIL
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.a ... &id=371546
New York, de notre correspondante
aux Nations unies, Sylviane ZEHIL
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni hier en consultations ouvertes, sous la présidence de John Sawers, représentant du Royaume-Uni dont le pays assure ce mois-ci la présidence tournante du Conseil de sécurité, pour entendre l’exposé de Terjé Roed-Larsen, qui présentait le septième rapport semestriel du secrétaire général sur l’application de la résolution 1559. La séance a été suivie d’un débat à huis clos. À la lumière de la gravité de la situation sécuritaire au Liban, qualifiée d’extrêmement « dangereuse » par le Conseil de sécurité, ce dernier a publié une déclaration à la presse lue par son président, John Sawers.
M. Sawers a fait part de l’inquiétude profonde du Conseil de sécurité au sujet des deniers affrontements, et mis l’accent sur la nécessité de sauvegarder la souveraineté et les institutions du pays.
« Les membres du Conseil de sécurité sont profondément préoccupés par les affrontements et les troubles actuels au Liban, y compris par les blocages de routes et de l’aéroport international de Beyrouth », a-t-il dit.
Les membres du Conseil « sont fermement convaincus que le meilleur moyen de désamorcer les tensions et d’éviter d’aggraver l’instabilité est de résoudre l’actuelle crise politique », poursuit la déclaration.
Ils exhortent les parties à « œuvrer d’urgence ensemble pour élire un nouveau président » et « rappellent que la stabilité à long terme du Liban repose sur la mise en œuvre complète de la résolution 1559 du Conseil et d’autres textes pertinents », conclut la déclaration.
M. Sawers a fait cette déclaration, non contraignante mais qui nécessitait l’unanimité des quinze membres du Conseil, à l’issue de consultations sur la situation au Liban consécutives à un compte rendu de Terjé Roed-Larsen, représentant spécial du secrétaire général chargé du suivi de la mise en œuvre de la résolution 1559.
Dans son rapport présenté au Conseil de sécurité, M. Larsen a indiqué que « les Nations unies restent en contact étroit avec les deux parties en vue de réduire la tension. Nous demeurons gravement préoccupés par l’éventualité d’une escalade future ».
« De nombreuses capitales de la région et d’autres ont lancé un appel pour mettre fin à ces combats. Le secrétaire général de l’ONU exhorte toutes les parties à cesser immédiatement ces combats et à rouvrir toutes les routes du pays. Le climat politique tendu a constitué un obstacle significatif pour la mise en œuvre de la résolution 1559 », a averti M. Roed-Larsen.
Dans un long exposé, l’envoyé spécial de Ban Ki-moon a effectué un bilan de la dégradation sécuritaire progressive au Liban, qu’il attribue en grande partie à l’impuissance à élire un chef d’État, « une situation qui a exacerbé la polarisation politique et empêché le fonctionnement normal des institutions dans le pays », relève Roed-Larsen.
Ce dernier a relevé que depuis la remise de son rapport au secrétaire général, « plusieurs incidents ont eu lieu », citant au passage l’assassinat de deux partisans Kataëb à Zahlé et les incidents du 5 mai qui ont opposé les partisans de la majorité à ceux de l’opposition, faisant 5 blessés.
Reprenant dans tous les moindres détails les événements d’hier, notamment les « manifestations dirigées par le Hezbollah qui ont conduit au blocage des routes menant à l’aéroport » et les clashs qui ont suivi entre les deux protagonistes dans certaines quartiers de Beyrouth, M. Roed-Larsen a relevé que les Nations unies sont « restées en contact avec les deux parties, en vue de réduire les tensions. Nous sommes sérieusement concernés par l’éventualité d’une escalade de la situation », précise le rapport, soulignant que « le secrétaire général exhorte toutes les parties en présence à mettre immédiatement fin aux émeutes ».
M. Roed-Larsen a affirmé que « le climat de tension politique a constitué un obstacle significatif à la mise en application de la résolution 1559. Dans ce contexte, l’existence de milices libanaises et non libanaises, et les allégations portant sur un réarmement généralisé et des entraînements paramilitaires bénéficiant à l’ensemble des partis politiques constitue un défi majeur pour le gouvernement du Liban ».
Le rapport précise que « le Hezbollah, l’une des milices libanaises les plus importantes, continue d’entretenir une infrastructure militaire séparée de l’État. Ce qui va à l’encontre des efforts du gouvernement visant à bénéficier du monopole de la force légitime, et imposer la loi et l’ordre dans le pays. Elle constitue également une menace pour la paix régionale et la sécurité ».
M. Roed-Larsen, qui a en outre évoqué la question des décisions gouvernementales concernant le réseau téléphonique du Hezbollah et les caméras de surveillance installées à l’aéroport de Beyrouth, a indiqué que « ces développements ont suscité des craintes parmi les Libanais qui redoutent le fait que le Hezbollah ne soit en train de construire des structures institutionnelles parallèles, concurrentes et distinctes des celles de l’État ».
« En même temps, relève le rapport, le secrétaire général est conscient du rôle négatif joué par les forces externes qui ont interféré dans la dynamique libanaise interne (...) ainsi que des ramifications régionales de cette crise. Il appelle, par conséquent, toutes les parties qui maintiennent des relations étroites avec le Hezbollah, et qui ont un pouvoir d’influence sur lui, en particulier la Syrie et l’Iran, à soutenir le processus de sa transformation en un parti politique uniquement. »
Le rapport précise en outre que le secrétaire général appuie totalement les décisions prises par le sommet de la Ligue arabe. Il rappelle par ailleurs que le secrétaire général de la Ligue n’a « cessé d’encourager le lancement d’un processus de règlement » de la crise entre le Liban et la Syrie, une initiative qui « pourrait éventuellement conduire à l’établissement de relations diplomatiques ».
« La Syrie s’attend à une coopération totale dans cette direction qui sera dans l’intérêt de la stabilité de la région », conclut le rapport.
-----------------------------------------------------------------------------------
http://www.lorient-lejour.com.lb/page.a ... &id=371549
....
Pour M. Hamadé, la création d’un réseau téléphonique parallèle, l’installation de caméras d’observation sont « des atteintes à l’autorité de l’État ».
M. Hamadé a rappelé qu’au départ l’État a fermé l’œil sur une partie du réseau parallèle du Hezbollah, réclamant simplement qu’il ne s’étende pas à Beyrouth. Pour constater qu’aujourd’hui il s’étend « de façon tentaculaire » avec une capacité de 99 000 lignes numériques.
« Il s’agit non seulement d’un risque sécuritaire et militaire, mais aussi d’un empiètement sur le monopole de l’État libanais. Ainsi, ceux qui critiquaient la privatisation, et nous leur avons prêté l’oreille, installent aujourd’hui un réseau Iran-Télécoms pour leur propre compte, sans avoir obtenu une autorisation de l’État. Toutes leurs campagnes étaient donc destinées à camoufler leur projet, par le biais duquel ils veulent provoquer la faillite de l’État », a-t-il dit.
Pour M. Hamadé, le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, « observe la situation et ne laissera pas la situation se dégrader ».
Le ministre a enfin affirmé que l’État n’abandonnera pas l’aéroport Rafic Hariri, même si un autre aéroport international est ouvert à la navigation aérienne.
En soirée, répondant aux accusations de Nasrallah contre la majorité, M. Hamadé a rappelé au chef du Hezbollah qu’il a été la cible d’un attentat en octobre 2004 et que six députés du 14 Mars ont, depuis, été assassinés sans que le Hezbollah ne s’élève contre ces assassinats politiques.