lkm a écrit :Oui c’est ton choix de ne pas aimer le texte et de le comprendre selon ta logique
Je suis pourtant sûre que j'ai donné mes commentaires de la manière la + objective qui soit. Je trouve qu'il est assez faible, c'est tout. En plus, je ne me suis pas proposée de commenter l'oeuvre entière de Ibqal, mais juste cet extrait.
Dis-moi où je me suis trompé quand j'ai évoqué le désenchantement, un antagonisme civilisationnel stéréotypé, et le messianisme sous-jacent, qui à mon sens sont des idées éculées. Je suis sûre que je ne suis pas hors-sujet.
Le 2ème extrait est un peu mieux, même si je regrette un peu que l'auteur ne sorte pas d'une dialectique de l'être et du paraître (turban/costume VS âme/pensée). L'idée principale ne sauterait peut être pas aux yeux des lecteurs inattentifs : Ibqal dit surtout que le dar-al-islam a juste imité la technique,
mais n'a pas compris/promu l'esprit qui permettait l'accouchement de cette technique, à savoir le luxe de TOUT remettre en question, toutes les idées (tiens "accoucher des idées" c'est un conseil qui date de l'Antiquité...). Et qu'est-ce qui permet ce luxe ? Tindiiiiiiiin : c'est la liberté de conscience, d'expression et d'entreprise pardi !
Bien qu’Iqbal s’est exprimé avec le langage de l’Orient. Son message s’adresse aux Orientaux. Il veut leur dire d’associer la raison à leur héritage et d’abandonner le suivisme. Le langage de l’Orient utilise souvent cette méthode indirecte pour inciter les gens à avancer.
Tu veux une liste des écrivains occidentaux qui sont friands du style indirect ? ça n'a rien de particulièrement oriental, c'est un style littéraire comme un autre.
En disant "associer la raison à leur héritage", je perçois encore des prétentions d'autarcie et de l'orgueil. Pourquoi prétention ? Parce que j'ai l'impression que pour toi, "l'héritage" tant vanté, est strictement endogène, et c'est là que les musulmans nostalgiques d'un âge d'or révolu se plantent. C'est quand l'islam a été perméable (aux hindoux, perses, chinois, etc) qu'il y a pu avoir richesse.
D'ailleurs, diablotin a reçu ce message 5/5, vu qu'il véhicule encore ce cliché selon lequel l'Europe se serait développée grâce aux arabes.
Par exemple, on ne dit pas à un enfant de travaille mais on lui dit que le voisin a réussi en travaillant. Il n’a pas plus capable que toi. Tu peux le dépasser si tu travailles. Ce qui ne veut pas dire qu’il insulte le voisine mais tout simplement incite l’enfant à travailler et l’encourage. C’est de cette façon qu’il faut comprendre le message d’Iqbal pas plus.
Ibqal dans l'extrait 1 n'utilise aucun style indirect pour stéréotyper des peuples entiers, et c'est pour moi une faute professionnelle de la part d'un penseur (d'où ma déception). A ton avis, un écolier musulman qui lit ça, tu crois qu'il va accorder le bénéfice du doute à des peuples entiers qualifiés "au coeur mort" ?
Dans l'extrait 2, il est tellement indirect (il se perd dans les exemples de différences visibles à l'oeil nu : "mais non, leur richesse n'est pas leurs vêtements, leur détachement vis-à-vis de la théologie, leur coiffure, blablabla !") que j'ai l'impression que même toi tu n'as pas réellement saisi où il voulait en venir : l'agilité de l'esprit, c'est ça son idée principale et ce qu'il faut promouvoir. Et ça rejoint ce que je dis plus haut : il faut promouvoir des esprits créatifs et le luxe de remettre en question toutes les certitudes établies.
C'est ça qui a fait le succès de la démarche scientifique, qui se base sur des hypothèses, certaines confirmées par l'expérience, d'autres infirmées, mais jamais sur des DOGMES.
J'ai vraiment l'impression que tu l'as compris au sens propre, à savoir garder son apparence et ne pas "se trahir". ça rejoint tout ce que tu as pu dire ailleurs sur "limitations des importations, nature, valeurs, etc". Donc à mon sens, tu passes un peu à côté du message de Ibqal qui est la la promotion de l'esprit qui permet le progrès. Il dit bien qu'un turban n'est pas un obstacle à la remise en question des idées prémachées, il ne dit pas qu'il faut que les peuples musulmans gardent leurs turbans. Mais c'est vrai que cette accumulation d'indices visibles sur les "occidentaux" et les "orientaux" brouillent les pistes, j'ai l'impression qu'il cherche avant tout à rassurer son peuple, dont il sait qu'ils sont obsédés par la dénaturation. Dès qu'un penseur dit aux "siens" ce qu'ils ont envie d'entendre, il peut continuer à précher dans le désert.
Par exemple quand il dit "qu'il n'y a pas d'obstacles à la connaissance", j'aurais aimé qu'il précise QUI a mis ces obstacles dans le dar-al-islam, et là il aurait touché du doigt le fonds du problèmes. 80 % du 2ème extrait ne fait que rassurer l'égo des lecteurs qui seraient de la même origine que Ibqal (cf intervention de diablotin), et je ne suis pas surprise que l'idée principale soit tout juste efleurée.
Je ne fais que du commentaire de texte comme quand on en faisait à l'école, la réputation d'un auteur n'a pas à m'être opposable. J'ai jamais eu de prof de français qui m'ait traité de petite morveuse si j'étais pas tout à fait d'accord avec une idée de tel ou tel auteur, ou si je trouvais qu'il fallait compléter ou nuancer.
Alice