A Alia d'Arrakis et Phil29,
@ Alia,
> Le texte de St Paul est dans 1 Co 13, 1-13. Il prend appui sur la propre Foi de Paul de Tarse à qui l'on prête pourtant tous les crimes, il est autorisé par la règle d'or de jésus que vous rappelez "Aimez-vous....", et trouve son ton dans les psaumes de l'Ancien Testament.
> Je vous remercie de me considérer comme un chrétien modéré, je m'y efforce.
Quand je dis que je me sens solidaire de l'institution catho, ça veut dire très concrètement que j'accepte d'endosser toute les pages noires de son histoire dont je ne suis pourtant pas responsable, mais je tiens à les garder en mémoire de façon à baliser mon parcours.
> Je m'aligne sur ce que vous reprochez aux textolâtres, qu'ils soient Bibliolâtres ou Coranolâtres, parce qu'il n'y a rien de plus détestable que ces gens qui vivent le nez collé à des lettres mortes. Si les textes sacrés sont Parole Vivante, alors ils doivent être confrontés à ce que chaque génération qui passe sur Terre propose en terme de modes de vie.
Et non l'inverse !
J'illustre ce que je dis à l'aide d'un exemple : le voile.
St Paul semble le recommander dans certaines circonstances et il le justifie avec les propos que vous soulignez, vous et Phil29.
Et pourtant, très rapidement le voile a disparu de la zone d'influence du christianisme. Il s'est assez rapidement transformé en coiffes diverses portées par les "bonnes dames" des sociétés du Moyen-Age.
Tiens ! Le Moyen-Age, période passionnante s'il en est, et que les historiens ne qualifient pas d'époque moyenâgeuse (seuls les ignares continuent, par intégrisme politique ou a-religieux

).
Les transformations qui se sont opéré là en matières de moeurs, vie sociale, vie familiale, "habitus", vie économique, vie spirituelle sont d'une richesse telle qu'elles remplissent des bibliothèques entières.
Pour ce faire, il a certainement été nécessaire de passer au crible la Bible avec ce que proposait chaque génération.
Comment relire ce texte en fonction de chaque nouveau chamboulement ?
Comment chaque nouveau chamboulement a-t-il été autorisé par les textes sacrés ?
Le Moyen-Âge ne s'arrête pas à l'image négative de la féodalité et de la ceinture de chasteté !
Le Moyen-Âge ne se résume pas à ce qu'en dit le film "Le nom de la rose".
Le Moyen-Âge fait rêver les enfants à grand coup de chevaliers, de princesses et de châteaux-forts, au même titre que les pyramides égyptiennes.
Certainement parce que ce Moyen-Age nous parle très profondément.
> Si on me dit un jour que je suis, de par ma nature d'homme, le chef de la femme que je rencontrai, ou de la mère de mes enfants, je quitte le christianisme !
Comment ne pas voir, au XXIè siècle, une vision allégorique dans le récit de la Genèse qui oblige les hommes à voir les femmes comme leurs semblables, en inversant les rôles : L'homme accouche de la femme d'une de ses côtes !
Dieu manierait-il l'ironie ?
En tout état de cause, si on a réussi à lire la Genèse jusqu'en 2, 24 sans avoir balancé la Bible à travers la pièce, on peut y lire que l'homme et la femme ne forment "qu'une seule chair" lorsqu'ils se marient.
Une seule chair : Y-a-t-il des parties plus nobles que d'autres dans la chair ou bien doit-on voir là une stricte égalité de représentation ?
Qu'il soit évangéliste, baptiste, catho ou musulman, l'homme qui prend son petit livre sacré d'une main, sa petite famille, femme comprise, de l'autre et qui se pose en pater familias, est le même, en noir et blanc ou en couleur et il n'a rien compris.
> Maintenant, attention ! égalité ne veut pas dire identité.
Oui, nous sommes
FONDAMENTALEMENT différents, hommes et femmes. Notre but sur Terre est le même, nos aspirations identiques, nous sommes tous deux, par nature, des êtres désirants, mais les déclinaisons concrètes des moyens d'arriver à nos aspirations ne sont
RADICALEMENT pas les mêmes.
Vous ne vous en êtes pas personnellement aperçue ?
Alors, je ne crois pas que nous ayons des "missions" particulières sur Terre, mais je pense que nous pouvons viser l'excellence et la singularité en fonction de notre regard si particulier (je parle ici de nos deux sexes).
Je viens de lire la définition de l'hétérosexisme et je veux reprendre deux passages :
- Nos sexes ne sont pas complémentaires : En fait, ils se recoupent à l'identique à 95%, voire 98%, mais ils sont radicalement différents sur les 2% qui restent.
Ces 2% (de séduction ?

) font tout le piment des échanges entre nous, ils agrémentent les longues soirées où nous essayons de comprendre nos points de vue

.
Un jour, j'ai proposé à la mère de mes enfants de prendre des décisions en tirant à la courte paille !
Non, j'déconne.
C'est juste un joke pour dire que maintenant que nos deux sexes sont en capacité de se regarder dans une stricte égalité, nous devons affronter de nouveaux problèmes, au même titre que n'importe quelle démocratie.
Voilà pour dire pourquoi certain(e)s préfèrent dire qu'elles s'en remettent à leur mari.
- J'ai déjà dit dans un post précédent, que vous avez lu, que pour moi la norme reste l'hétérosexualité.
Mais en aucune manière l'hétérosexuel n'est supérieur à l'homosexuel.
Nos générations proposent aux textes sacrés ce nouveau comportement, nouveau dans la mesure où il ne veut plus vivre caché et dans la honte.
Nous sommes typiquement en ce domaine dans ce dont je parle plus haut, à savoir la lecture de ce que propose une génération au regard de ce que j'appelle la Parole Vivante.
Et non pas la critique des moeurs actuelles au regard de Sodome et Gomorrhe.
Des réponses ?
Je n'en ai pas bien sûr, en tant que chrétien, puisque nous sommes "le nez dans le guidon", à essayer de brouillonner quelque chose en réponse à ce qui se présente depuis peu.
Mais elles viendront certainement si nous gardons ces valeurs théologales dont parle St Paul : Foi, Espérance et Amour.
Espérance dans l'être humain.
Maintenant, je ne vous cacherai pas que certaines actions Gai(e)s et Lesbiennes ont une "fierté" mal placée et font montre du plus mauvais des lobbying, notamment en matière d'appel à plus d'humanité.
Ca tient parfois du moquage de figure !
> Vous êtes désespérée (je fais référence à votre aveu de pessimisme que vous n'auriez pas du m'avouer, hiark, hiark) que la révolution des Béatitudes n'ait pas eu lieu.
Moi, je vous dis que si, elle a eu lieu mais que vous vous trompez dans sa manifestation.
Comme beaucoup, et sans le savoir, vous voulez des signes, des manifestations grandioses, des bouleversements immédiats, des "révolutions coperniciennes" survenues du jour au lendemain.
Mais enfin, la vie ne marche pas comme ça...
Elle est faite d'Hommes qui font ce qu'ils peuvent avec leurs convictions dans un rapport de forces et des conflits d'intérêts permanents. Regardez ce qui se passe ici, pensez-vous avoir fait changer d'un iota l'avis de quelqu'un ?
On n'est pas des anges, on brouillonne, on cafouille, on grandit mais le Paradis ne sera jamais sur Terre.
Et pourtant, et j'en reviens encore au Moyen-Âge qui a quand même duré 1000 ans, des choses de l'ordre des Béatitudes se sont accompli(es), un Homme nouveau est né à la Renaissance, non pas contre mais, malgré tout, grâce à ce christianisme historique que je défends malgré l'Inquisition.
> Enfin, on dit que le bouddhisme est une religion pessimiste, cherchez-vous en m'en donner la preuve par votre propre aveu ? [smilie=to funny.gif]
Tendrement.
@ Phil29,
> Je ne reviendrai pas sur les propos de St Paul car je pense y avoir répondu dans mon post précédent ainsi que, en filigrane, dans ma réponse à Alia d'Arrakis.
Je ne dis pas que St Paul fut le précurseur du féminisme, en effet, qui aurait pu prévoir ce mouvement ainsi que sa concrétisation précise 2000 ans avant qu'il n'apparaisse ? En revanche, c'est dans le giron de la société judéo-chrétienne si honnie soit-elle, qu' a eu lieu l'émergence d'une nouvelle force : la femme.
Pourquoi là et pas ailleurs ?
C'est la base de mon questionnement (scientifique ?) et là encore, je vous renvoie à ma réponse à Alia concernant le Moyen-Âge.
> J'ai souvent entendu dire que le baptême était une violence faite à l'enfant parce qu'on lui impose, entre autres, l'idée de Dieu, et qu'il vaudrait mieux attendre sa pleine adhésion, en pleine conscience.
Et les gens qui tiennent ces propos ne parlent jamais de Dieu à leur enfant.
Pour moi, c'est une violence similaire, mais par défaut.
Comment pourront-ils exercer leur pleine capacité au choix sur un sujet dont ils n'auront jamais entendu parler ?
Mon interprétation du baptême, à l'heure actuelle (je précise pour vous qui me remettez systématiquement sous le nez toutes les pages noires de l'histoire catho

) : En tant que parent et parce que je l'aime, je veux que mon enfant fasse son premier pas vers Dieu. Ensuite, accompagné par moi, il prendra a décision (confirmation, communion, car quand on parle de baptême, il ne faut pas oublier que c'est juste une première étape.)
De fait, j'ai deux enfants de 24 et 21 ans, baptisés et confirmés en même temps vers 10 ans, tous les deux sont athées ou agnostiques mais ça ne me soucie pas beaucoup.
Ils sont essentiellement porteurs de "valeurs" fondamentalement tournées vers l'autre, et puis ils sont jeunes.
Vous parlez du baptême d'adultes, ou, devrait-on plutôt dire, d'une décision mature de devenir théiste.
Pourquoi pas, mais alors, il faut que les parents, même athée, jouent le jeu et donnent à leur enfant un minimum d'éducation à Dieu, ou qu'ils en chargent quelqu'un.
Dans la mesure où je pense que ne pas permettre l'éventualité de Dieu à un enfant est une forme de violence passive, je dis bien que même les parents athées doivent s'y mettre.
Car de nos jours, le lieu commun en France, visite du Pape ou pas, est l'athéisme et non le théisme. (Vous avez publié un sondage édifiant à ce sujet, non)
Je crois avoir même compris que vous vous félicitez de la perte d'importance du fait religieux car ce serait un recul de la crédulité.
Ben oui, mais là on va pas être d'accord car je trouve qu'il y a de la condescendance dans ce terme, et que je ne peux pas l'accepter :
J'accepterais que vous parliez d'absurdité dans la mesure où pour vous, croire en Dieu relève de l'Absurde (au sens littéraire ou philosophique du terme) puisque je ne peux prouver son existence.
De même que pour moi, votre position relève de l'Absurde puisque vous êtes dans l'incapacité de me prouver sa non-existence.
Mais dire que je suis crédule, non, je ne l'accepte pas.
Alors, je sais que vous ne m'avez pas traité personnellement de "crédule" et je vais tout faire pour vous prouver mon incrédulité

mais mon petit coup de sang est destiné à faire changer votre regard porté sur les théistes et faire l'honneur de les mettre sur un pied d'égalité avec vous.
Sinon la discussion est impossible.
> Croyez-vous sérieusement que dès l'origine le mouvement monachique (l'an 1000) se destinait à héberger les fils de famille du XVIè siècle, pratiquer une charité de circonstance et de béni oui-oui ?
Ne pouvez-vous accorder, au moins dans le principe, qu'il fut impulsé par des gens de bonne volonté, aux idées nobles et généreuses, et qu'il fut porteur de fruits ne serait-ce qu'en se posant comme ilôts de culture dans une Europe dévastée. Je ne vais pas détailler ici puisqu'il suffit de surfer sans oeillères sur Wikipédia à partir des termes St Bernard, St Benoît, visiter un ou deux monastères romans pour voir que les moines furent bien les défricheurs de notre continent.
Cordialement.
@ Georges,
Pouvez-vous mettre en ligne ce prône de l'Adieu dont vous parlez, je ne le connais pas.
D'avance merci.
A tous,
je sais que je vais me répéter mais cette réponse m'a pris quatre heures. (mais j'ai mangé devant l'écran).
Si je vous dis ça ce n'est pas pour faire le beau mais pour vous faire part de ma frustration de ne pas pouvoir, par voie de conséquence, participer à d'autres débats que je trouve tout aussi passionnants.
Mais je vais quand même aller y faire un petit tour.