Attaques israéliennes à Gaza
Publié : ven. 9 juin 2006 22:12
GAZA (Reuters) - A la veille du jour prévu par le président Mahmoud Abbas pour prendre un décret organisant contre le gré du Hamas un référendum sur la reconnaissance implicite d'Israël, l'Etat juif a lancé à Gaza une série d'attaques aéronavales meurtrières.
Une de ces attaques visait un responsable non identifié du Hamas, qui, selon des sources palestiniennes, a été grièvement blessé dans l'explosion de sa voiture. La veille, un missile israélien avait coûté la vie à un activiste issu du Fatah d'Abbas, Djamal Abou Samhadana, que le Hamas avait chargé de coordonner les forces de sécurité.
La marine israélienne a ouvert le feu vers la côte de Gaza, tuant au moins six Palestiniens, dont trois enfants, et en blessant une vingtaine d'autres sur une plage où Tsahal affirme que des activistes se préparaient à tirer des roquettes en représailles de la mort de Samhadana. Tsahal a ouvert une enquête sur les circonstances de ce carnage.
Tsahal a également pris pour cibles d'autres activistes qui se préparaient à tirer des roquettes du nord de Gaza, également en représailles de la mort du responsable des Comités de résistance populaire, tuant trois civils. Des missiles israéliens ont en outre visé deux autres voitures, faisant des blessés.
Cette offensive coïncide avec l'approche d'un bras de fer aux conséquences encore incalculables entre Mahmoud Abbas et le Hamas, qui l'a conjuré une nouvelle fois vendredi "au nom de l'islam" de ne pas mettre en oeuvre son projet de référendum alors que les Palestiniens doivent "affronter un danger imminent".
"L'AVIS DU PEUPLE"
Dans une lettre de 40 pages adressée à Abbas, le Premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, récuse non seulement l'opportunité mais aussi la légalité d'une telle consultation et
prône la poursuite du dialogue pour former un gouvernement d'union nationale, comme le recommande le plan soumis à référendum.
Ce document, qui émane de responsables palestiniens de diverses factions - y compris du Hamas - détenues en Israël prévoit la création d'un Etat palestinien sur les seuls territoires occupés par Israël depuis 1967 et donc la reconnaissance de l'Etat juif dans ses frontières antérieures.
"Quand il y a conflit, les décideurs demandent leur avis au peuple", a rétorqué à Haniyeh, un des principaux collaborateurs d'Abbas en ajoutant, faisant référence aux tensions entre le Fatah et le Hamas: "Nous espérons que M. Haniyeh nous laissera aller au référendum et acceptera l'initiative des prisonniers."
A Paris, le porte-parole du Quai d'Orsay a déclaré dans un communiqué que "la France déplore les bombardements israéliens sur une plage de la bande de Gaza dont le caractère disproportionné a coûté la vie à plusieurs civils et blessé de nombreux autres. (...) Nous appelons les deux parties à la retenue et à mettre un terme à l'engrenage de la violence".
Des dizaines de milliers de Palestiniens sont descendus vendredi dans les rues pour rendre un dernier hommage à Abou Samhadana, frappé la nuit précédente par un missile israélien dans le camp de réfugiés de Khan Younès. "Nos candidats au martyre vont se faire exploser dans les profondeurs de l'entité sioniste", scandait la foule.
Bien qu'issu des rangs du Fatah, ce responsable des Comités de résistance populaire, qui se spécialisent dans les tirs de roquettes sur Israël, avait été chargé en avril par le ministre de l'Intérieur du Hamas, Saïd Seyam, de superviser les services de sécurité officiels, une nomination jugée illégale par Abbas.
http://fr.news.yahoo.com/09062006/290/a ... -gaza.html









