Turquie : Une goutte de science dans un océan d'islam

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phileas
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Turquie : Une goutte de science dans un océan d'islam

Message non lu par phileas » ven. 17 mai 2013 07:28

Une goutte de science dans un océan d’islam mars 14, 2013
Posted by Acturca in Religion, Turquie.
Tags: Can Dündar, Science
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Courrier international (France) no. 1167, jeudi 14 mars 2013, p. 22 Türkçe

Can Dundar, Milliyet (Istanbul)

Que doit faire en principe un ministre responsable de la recherche scientifique ? Normalement, il est censé créer toutes les conditions pour trouver des fonds permettant le développement de la recherche scientifique. En tout cas, en Turquie, ce ministre s’est permis de critiquer publiquement les "darwinistes" en déclarant qu’"il ne fallait pas faire de Darwin une croyance car il y a une différence entre la croyance religieuse et la science. Pour que quelque chose soit scientifique, il faut pouvoir en douter. Or une croyance ne suppose pas le doute". On peut être d’accord avec cette affirmation, sauf que le problème de la Turquie aujourd’hui, c’est plutôt que la croyance religieuse empêche la discussion scientifique. On l’a vu lorsque [en mars 2009] le numéro de la revue du Tübitak [équivalent turc du CNRS] consacré à Darwin a soudain été censuré et ceux qui en avaient fait le sujet de couverture ont été démis de leurs fonctions.

La religion est désormais intégrée aux manuels scolaires de biologie. Le ministre de la Recherche scientifique ne devrait-il pas s’opposer à cela ? Si, sauf que celui-ci, plutôt que de s’opposer à ceux qui veulent faire passer la religion pour une science, critique ceux qui transformeraient la science en religion…

Il y a cinq ans, j’avais publié les résultats d’une étude établissant qu’il y avait dans notre pays 1 200 hôpitaux, 67 000 écoles et 85 000 mosquées. Aujourd’hui, alors que le budget du ministère de la Culture est de 1,85 milliard de livres turques [790 millions d'euros], que celui du ministère du Commerce et de l’Industrie, chargé également de la recherche scientifique, est de 1 milliard d’euros, celui de la Direction des affaires religieuses est de 1,97 milliard d’euros ! Lorsque le Parti de la justice et du développement [AKP] est arrivé au pouvoir, après les élections de novembre 2002, le nombre d’écoles primaires en Turquie était de 32 000. Dix ans plus tard, il est inchangé. Sur la même période, le nombre de mosquées est passé de 76 000 à 93 000 !

Pendant ces dix années, le nombre d’imams a grimpé de 74 000 à 128 000 ; la Direction des affaires religieuses a même promis qu’ils seraient 150 000 pour la fin de cette année. Le nombre de médecins travaillant dans des hôpitaux liés au ministère de la Santé est passé en dix ans de 57 000 à 73 000. Il y a donc en Turquie, dans la fonction publique, deux fois plus d’imams que de médecins.

Une dernière chose : en dix ans, le nombre de facultés de théologie a triplé, passant de 27 à 83. Vous me direz que c’est normal puisque nous vivons dans un pays dont la majorité de la population est musulmane. Certes, mais en Iran, dont le nombre d’habitants est pourtant plus ou moins équivalent à celui de la Turquie, on ne compte que 68 000 mosquées, et 67 000 en Egypte.

Jetons un oeil sur la société civile, à présent. Il y a en Turquie environ 100 000 associations. Parmi elles, 863 organisations de défense des droits civils des citoyens, 308 associations étudiantes, une association des artistes d’opéra et… 16 000 associations liées à une mosquée ou à l’organisation d’un cours de lecture coranique. Faisons également remarquer qu’on recense 11 300 bibliothèques en Allemagne, contre 1 500 en Turquie.

Ces chiffres le montrent très clairement : le problème de la Turquie, ce n’est pas que la science se transforme en un dogme religieux, mais bien plutôt que des fonds n’y soient plus débloqués en faveur de la science, de la culture et de la santé. Depuis dix ans, les ressources ont surtout été consacrées au budget de la Direction des affaires religieuses, à la construction de mosquées et à la formation d’imams. Dans ces conditions, nous attendons du ministre responsable de la recherche scientifique qu’il nous laisse décider nous-mêmes à qui et à quoi nous devons croire et surtout qu’il défende la science, augmente le nombre de bibliothèques et encourage la recherche.

http://acturca.wordpress.com/2013/03/14 ... an-dislam/




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Re: Turquie : Une goutte de science dans un océan d'islam

Message non lu par nexus » ven. 17 mai 2013 23:27

Édifiant et très bon article sur la réalité de la ré-islamisation progressive de ce pays.


L'islam n'est pas la révélation de dieu a l'homme mais celle de l'homme sur dieu.
La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi, et en ce sens l'athéisme est une purification
L'athéisme est une négation de Dieu, et par cette négation, il pose l'existence de l'homme.

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Re: Turquie : Une goutte de science dans un océan d'islam

Message non lu par yacoub » sam. 18 mai 2013 11:49

Au secours, Mustafa Kémal, réveille toi, les Turcs sont devenus mahbouls.



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Re: Turquie : Une goutte de science dans un océan d'islam

Message non lu par yacoub » mer. 27 mai 2015 15:07





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Re: Turquie : Une goutte de science dans un océan d'islam

Message non lu par Georges » ven. 9 févr. 2018 16:10

Islam : la leçon turque

La volonté de construire une nation laïque sans le peuple n'a pas survécu à la disparition d'Atatürk. C'est parce qu'Erdogan est plus démocrate qu'Atatürk qu'il peut fermer la parenthèse kémaliste en se servant de l’État fort qu'il lui a laissé.

Recep Erdogan a inauguré le plus grand pont d'Europe sur le Bosphore. La prouesse a été souvent rapportée sans préciser qu'il l'avait baptisé «Selim Ier le Conquérant», du nom du premier calife ottoman, et qu'il avait exigé d'en poser la première pierre un 29 mai, jour anniversaire de la prise de Constantinople mettant fin à l'Empire chrétien d'Orient. Erdogan s'amuse. Et parle clairement.

Mais, depuis que Bernard Guetta et Alexandre Adler ont cessé de nous faire croire que cet «islamiste modéré» était une sorte de Robert Schuman instaurant le «pendant musulman de la démocratie chrétienne», les méprises s'accumulent à propos du talentueux président turc. On nous parle d'un dictateur détruisant la Turquie laïque d'Atatürk. Alors qu'il s'agit de l'inverse : c'est parce que le projet de désislamisation du grand leader républicain a échoué qu'Erdogan est plébiscité par une Turquie profonde ayant résisté au kémalisme. La preuve par Atatürk de la force de l'emprise musulmane.

Une révolution islamophobe sans équivalent dans l'Histoire

C'est un paradoxe français que cette méconnaissance du projet démiurgique d'Atatürk et de son échec, tant la France était son modèle. Ayant reçu dans des collèges progressistes de Salonique une éducation française et prussienne, ce militaire débuta en rebelle comme de Gaulle, sauvant une Turquie condamnée par le dépeçage de l'Empire ottoman des vainqueurs de 14-18. Il se mua ensuite en Robespierre, abolissant le califat et lançant une révolution islamophobe sans équivalent dans l'Histoire.

Ce grand lecteur des Lumières, de Rousseau, de Durkheim et de Renan tenait l'islam pour «une calamité qui s'[était] abattue sur la nation turque» du fait de la colonisation ottomane, et expliquait l'échec oriental par ses «traditions archaïques» hostiles au progrès. Ce despote éclairé adulé par Edouard Herriot imposa une rupture culturelle d'une brutalité inouïe : fermeture des écoles coraniques, imposition du calendrier grégorien, vendredi férié remplacé par le dimanche, alphabet latin substitué à l'alphabet arabe, fin des tribunaux islamiques et de la charia au profit du code commercial allemand, du code pénal italien et du code civil suisse. Et, sous l'invocation de «laïcité» inscrite dans la Constitution, c'est un concordat dominateur qu'imposa Atatürk : non pas la séparation de la Mosquée et de l'Etat, mais la soumission autoritaire de la religion, réduite à une activité privée contrôlée. Le gouvernement imposa le thème des prêches dans les mosquées dont les imams devenaient des fonctionnaires formés par l'Etat...

Cette volonté de construire une nation laïque sans le peuple ne survivra pas à la disparition d'Atatürk. (...) C'est parce qu'Erdogan est plus démocrate qu'Atatürk qu'il peut fermer la parenthèse kémaliste en se servant de l'Etat fort qu'il lui a laissé. C'est parce qu'il a gagné toutes les élections depuis 2002 qu'il redonne sa place à un islam majoritaire. Mais, une fois de plus, il avait été clair : «La démocratie est un moyen, non une fin : c'est comme un tramway, on en descend quand on est arrivé à destination.»



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Re: Turquie : Une goutte de science dans un océan d'islam

Message non lu par nexus » sam. 10 févr. 2018 01:23

Erdogan finira comme tous les dictateurs .La ficelle nationaliste teinté de religion est grosse et dés que les fissures apparaitront ce qui est deja le cas . L'édifice s'écroulera.
Son copain Poutine est un manipulateur il le lachera et lui fera payer l'avion abttu le moment venu.
La technique est simple, isoler limiter les soutiens internationaux en créeant une dépendance pour ensuite sanctionner.
Poutine a certaineent appris ces techniques au FSB reminiscence du KGB.


L'islam n'est pas la révélation de dieu a l'homme mais celle de l'homme sur dieu.
La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi, et en ce sens l'athéisme est une purification
L'athéisme est une négation de Dieu, et par cette négation, il pose l'existence de l'homme.


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