Tunisie : Accuser son chien d’avoir la rage, c’est bien ! La lui inoculer, c’est mieux !
Le carnage qui vient de se produire en Tunisie, et qui a coûté la vie à neuf jeunes militaires, dont certains ont été égorgés et émasculés post-mortem, est on ne peut plus éloquent sur ce qui se trame, depuis quelques mois, à l’insu des peuples de la région, mais aussi avec leur large, très large adhésion.
Une troupe, constituée de commandos d'élite, a été prise en embuscade, par un groupe de terroristes salafistes, en fin d''après-midi du lundi 29 juillet, à l'entrée de gorges très accidentées, dans les monts Chaambi, en Tunisie, à quelques kilomètres du territoire algérien. Neuf militaires tunisiens y ont laissé la vie, et d'autres ont été blessés, dont certains grièvement. Les survivants ont dû se replier en catastrophe, abandonnant les corps sans vie de leurs camarades à leurs assaillants, qui ont en profité pour les dépouiller de leurs armes et de leurs tenues, avant de les profaner.
Le pays est mûr, désormais...
L'opinion publique tunisienne a été fortement choquée par cet événement tragique, à fortiori qu'il a eu lieu à un moment où une crise d'envergure secoue la scène politique de ce pays, après l'assassinat du député Mohamed Brahmi, par le même tueur salafiste qui avait assassiné, en février passé, le leader politique Chokri Belaïd.
La société tunisienne était donc en pleine effervescence. Des manifestations de rue avaient succédé à des Sit-In, où les appels à la démission du gouvernement, et à la dissolution de la troïka, se font de plus en plus pressants.
Et ainsi, c'est donc dans cette albiance explosive, en pleine crise politique majeure, directement alimentée par les événements égyptiens, et plus particulièrement le coup d'Etat contre le Président Morsi, que survient cette mortelle embuscade, ô combien opportune pour une certaine dynamique anti-islamiste, qui se déploie de façon massive, ces derniers temps, dans toute la région , et plus particulièrement dans les pays qui ont vécu le printemps des peuples.
C'est précisément cela qui rend la lecture de cette embuscade tendue à l'armée tunisienne plus ardue qu'il n'y paraît.
L'opposition tunisienne à la troïka, qui ne cache pas, ou qui ne cache plus sa farouche animosité contre le courant islamiste, aussi paisible et aussi convivial puisse-t-il être, refuse farouchement de faire une quelconque distinction entre les salafistes armés et le mouvement En Nahdha, pourtant démocratiquement élu. Elle fait désormais feu de tout bois, et met les bouchées doubles, pour créer le climat idoine à un Tamarrod bis. Certaines voix de la gauche tunisienne n'ont pas hésité à saluer l'armée égyptienne pour avoir pris ses responsabilités, après avoir manifesté leur vibrante admiration pour la résistance héroïque de la Syrie contre l’invasion islamo-atlantiste qui a changé la donne aux pays dits du "printemps arabe". De là à appeler les généraux tunisiens à suivre l'exemple de leurs héroïques homologues égyptiens, parions que le pas ne tardera pas à être allègrement franchi. Si ce n'est déjà fait.
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