Dix ans après avoir noué un "partenariat stratégique" avec Ryad, le président français a rendu hommage au "rôle modérateur" du royaume dans les crises régionales et internationales, dont celle de l'Irak.
Le roi "s'emploie avec sagesse et expérience à doter son pays des moyens de répondre aux défis qui s'annoncent pour les prochaines décennies", a-t-il estimé dans l'hémicycle tout en marbre et dorures, où les délégués siègent face à des écrans d'ordinateur dernier cri.

"Des développements tels que l'introduction du suffrage pour le renouvellement des conseils municipaux, dans un esprit de démocratie, ou l'arrivée des femmes dans les organes directeurs des Chambres de commerce, ont été suivis avec sympathie en France et dans le monde", a assuré Jacques Chirac.
Sous l'impulsion d'Abdallah, considéré comme moins rigoriste qu'une partie de son entourage, le royaume a connu l'an dernier ses premières élections municipales au suffrage universel, quoique exclusivement masculin.
Pour faire bonne mesure, le souverain a ajouté d'autres femmes nommées par ses soins aux élues des conseils des chambres de commerce. Cependant, les Saoudiennes ne peuvent toujours pas conduire et non pas le droit de vote.
Le Majlis, dont les membres sont nommés par le roi, est parfois considéré comme un embryon de Parlement sur lequel Abdallah pourrait s'appuyer pour poursuivre l'ouverture de la vie politique de son pays à la société civile.
"CHOC DES IGNORANCES"
Parce qu'elle observe "avec intérêt" l'impulsion donnée par Abdallah au premier producteur mondial de pétrole et en apprécie les "résultats prometteurs", la France souhaite "accompagner ses efforts", a expliqué Jacques Chirac, qui est accompagné par une délégation d'hommes d'affaires français.
"Nous pouvons et nous devons faire beaucoup mieux pour contribuer au développement spectaculaire" du pays, a-t-il dit avant de se muer en "VRP", vantant les qualités d'une quinzaine d'entreprises françaises en les citant une à une.
Les P-DG du groupe d'électronique de défense Thales et de Dassault Aviation font notamment partie du voyage. Tous deux espèrent le déblocage de gros contrats, négociés d'Etat à Etat : le projet de surveillance des frontières Miksa, estimé à sept milliards de dollars et la vente éventuelle de chasseurs Rafale.
Devant le Majlis, dont les avis ne sont que consultatifs, Jacques Chirac n'a pas hésité à leur adresser un clin d'oeil, alors que, de source diplomatique française, on doute de toute signature au cours du week-end.
Dans un contexte régional marqué "par tant d'incertitudes", le président français a insisté sur la "disponibilité" de la France "à s'engager plus avant pour contribuer à la sécurité" de l'Arabie saoudite.
Au nom d'une meilleure "stabilité du monde", qui passe par une lutte accrue contre la grande pauvreté, il a glissé une allusion aux "mécanismes internationaux de financements innovants", moins d'une semaine après la conférence qui s'est tenue à Paris sur ce thème, qu'il défend de longue date.
Un mois après la crise des caricatures de Mahomet, qui a vu se dresser une partie des musulmans contre l'Occident, Jacques Chirac a repris un autre de ses thèmes fétiches, le "dialogue des cultures", seule issue possible, selon lui, face au terrorisme qui se nourrit des "incompréhensions".
"Fortes d'une identité forgée par l'histoire et la culture, l'Arabie saoudite et la France peuvent unir leurs efforts pour faire échec à ceux qui, en attisant le feu des fanatismes, provoquent un triste 'choc des ignorances' qualifié de 'choc des civilisations'", a-t-il souligné.
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