Election présidentielle française: Bayrou, l’homme qui monte
Publié : mar. 13 mars 2007 11:42
La France vit au rythme de la campagne pour l’élection présidentielle et des résultats des sondages ; les derniers en date font ressortir un resserrement entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal au profit de celle-ci, qui a su rentabiliser les effets de sa prestation sur TF1 au cours de laquelle elle a donné l’image d’une candidate qui maîtrise ses dossiers et dispose de réponses précises et chiffrées aux questions que se posent les Français quant à son programme qui a fait l’objet au cours des dernières de nombreuses critiques de la part de ses adversaires, il est vrai facilitées par certains ratages au sein de son équipe. Le fait marquant demeure cependant la percée de François Bayrou qui engrange entre 14% et 17% des intentions de vote ; celui auquel on prêtait un rôle de figuration apparaît de plus en plus comme pouvant sérieusement prétendre au statut de troisième homme de l’élection présidentielle. Le cheminement qui a conduit François Bayrou à cette position est la consécration d’une volonté et d’une conception renouvelée de la politique et des clivages traditionnels droite-gauche. Cette volonté qu’il a exprimée malgré les réserves, les critiques et les abandons de certains des dirigeants de l’U.D.F. n’est pas récente ; en effet Bayrou, depuis quelques années, est convaincu que pour s’affirmer, le courant qu’il représente et qu’il veut de rénovation doit se démarquer de l’U.M.P, car sans cela il ne disposera d’aucune marge de manœuvre pour se positionner au sein de l’échiquier politique français autrement que comme un supplétif du parti majoritaire. La tâche n’était pas aisée car la plupart des élus centristes l’ont été suite à des arrangements avec l’U.M.P. et que l’on ne pouvait pas appartenir à la majorité tout en s’opposant à elle. François Bayrou a su dépasser cette contradiction et affirmer l’autonomie de son parti comme une force de proposition crédible.
La position actuelle de François Bayrou dans les sondages est également la consécration d’une conception de rénovation de l’action politique. Il s’est en effet voulu porteur d’un discours différent qui s’est articulé autour de trois axes principaux. D’abord, le parler vrai par une rupture avec la langue traditionnelle sans occulter aucun des problèmes qui préoccupent les Français et auxquels on a souvent apporté des réponses idéologiques ou partisanes. Ensuite le refus du clivage traditionnel droite-gauche et enfin la critique du pouvoir exorbitant que les médias veulent exercer sur la vie politique et on peut dire que ses analyses sur cette prétention et sur les connivences entre les puissances d’argent qui possèdent les médias et certains candidats, dont plus particulièrement Nicolas Sarkozy, ont sans doute contribué à rendre son image plus positive auprès des Français. Il apparaît, certes, comme un homme seul, ne disposant pas de l’appui d’un parti et marginalisé par les grands pôles de la vie politique française, mais quand on voit ce qu’il a réalisé en termes d’image et d’audience, on ne peut que reconnaître qu’il a dépassé ces points faibles et qu’il a même pu les rentabiliser.
Cependant, François Bayrou n’est pas seulement un effet ni un phénomène d’image et on a souvent évoqué à ce propos le statut particulier du mouvement centriste en France, incapable de s’affirmer de façon autonome et condamné à s’allier à la droite pour pouvoir avoir une représentation parlementaire, locale ou régionale. Ce handicap est réél et François Bayrou a dû lutter pour s’en affranchir. Y est-il parvenu ? Il semble qu’il soit prématuré de répondre à cette question mais on peut déjà dire que le programme qu’il a présenté est cohérent et qu’il est susceptible d’attirer de nombreux Français.
Avec l’image qu’il est parvenu à forger, son discours de rénovation et son programme, François Bayrou pourra-t-il venir à bout des pesanteurs et des blocages de la vie politique française, du pouvoir des deux grands partis, l’U.M.P. et le P.S. qui ont tendance à vouloir monopoliser le débat et des relais médiatiques dont ils disposent ? Il semble qu’il est peu probable qu’il puisse le faire en si peu de temps mais il aura au moins posé de vrais problèmes et proposé des solutions qui, au-delà de son destin personnel, peuvent ouvrir la voie à une autre approche de la politique et de l’avenir de la France.
Ali Ben Samir
www.realites.com
La position actuelle de François Bayrou dans les sondages est également la consécration d’une conception de rénovation de l’action politique. Il s’est en effet voulu porteur d’un discours différent qui s’est articulé autour de trois axes principaux. D’abord, le parler vrai par une rupture avec la langue traditionnelle sans occulter aucun des problèmes qui préoccupent les Français et auxquels on a souvent apporté des réponses idéologiques ou partisanes. Ensuite le refus du clivage traditionnel droite-gauche et enfin la critique du pouvoir exorbitant que les médias veulent exercer sur la vie politique et on peut dire que ses analyses sur cette prétention et sur les connivences entre les puissances d’argent qui possèdent les médias et certains candidats, dont plus particulièrement Nicolas Sarkozy, ont sans doute contribué à rendre son image plus positive auprès des Français. Il apparaît, certes, comme un homme seul, ne disposant pas de l’appui d’un parti et marginalisé par les grands pôles de la vie politique française, mais quand on voit ce qu’il a réalisé en termes d’image et d’audience, on ne peut que reconnaître qu’il a dépassé ces points faibles et qu’il a même pu les rentabiliser.
Cependant, François Bayrou n’est pas seulement un effet ni un phénomène d’image et on a souvent évoqué à ce propos le statut particulier du mouvement centriste en France, incapable de s’affirmer de façon autonome et condamné à s’allier à la droite pour pouvoir avoir une représentation parlementaire, locale ou régionale. Ce handicap est réél et François Bayrou a dû lutter pour s’en affranchir. Y est-il parvenu ? Il semble qu’il soit prématuré de répondre à cette question mais on peut déjà dire que le programme qu’il a présenté est cohérent et qu’il est susceptible d’attirer de nombreux Français.
Avec l’image qu’il est parvenu à forger, son discours de rénovation et son programme, François Bayrou pourra-t-il venir à bout des pesanteurs et des blocages de la vie politique française, du pouvoir des deux grands partis, l’U.M.P. et le P.S. qui ont tendance à vouloir monopoliser le débat et des relais médiatiques dont ils disposent ? Il semble qu’il est peu probable qu’il puisse le faire en si peu de temps mais il aura au moins posé de vrais problèmes et proposé des solutions qui, au-delà de son destin personnel, peuvent ouvrir la voie à une autre approche de la politique et de l’avenir de la France.
Ali Ben Samir
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